
Un sous-préfet suspendu en France pour être » sorti de sa réserve » … Un site internet néerlandais suspendu par un fournisseur d'accès américain pour l'empêcher de diffuser un film anti-islam… Un journaliste converti par le pape en Italie, provoquant un tollé dans la communauté musulmane. Aucun rapport entre ces trois événements ? Pas si sûr…
Le point commun, c'est évidemment le débat croissant en Europe sur les limites de la liberté d'expression dès lors qu'on touche à la sphère communautaire. Il est d'ailleurs significatif que ces trois affaires ne concernent pas toutes la même communauté, car si l'on dit l'islam particulièrement sensible à sa représentation publique, il n'est pas le seul. Reprenons les séparément.
L'affaire du sous-préfet de Saintes, Bruno Guigue limogé par la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, est assez paradoxale. Le porte-parole du ministère expliquait dimanche soir sur France 2 que ce n'était pas le fond de ce qu'avait écrit Bruno Guigue qui était en cause, mais le fait de ne pas avoir respecté le sacro saint » devoir de réserve » . Mais il est évident que si le sous-préfet avait contribué à un forum internet sur la crise économique mondiale, sur l'avenir de l'art contemporain ou sur les nouvelles tendance de la mode masculine, personne n'y aurait trouvé à redire.
Il se trouve que le sous-préfet a exercé sa plume sur Israël, sujet dit » sensible » . Il est d'ailleurs l'auteur d'un livre (que je n'ai pas lu) intitulé » Proche-Orient, la guerre des mots » , publié en 1998 par les éditions l'Harmattan, et il écrit régulièrement sur le site Oumma.com, » premier site de l'islam francophone sur Internet » , comme il se décrit lui-même. Sur ce site (qui n'est pas l'annexe d'Al Quaeda comme certains voudraient le croire…), pas moins de 18 articles sont référencés sous son nom et sa fonction de sous-préfet n'est pas mentionnée.
L'article incriminé, intitulé » Quand le lobby pro-israélien se déchaîne contre l'ONU » , constitue en fait une réponse à une tribune publiée dans Le Monde par des intellectuels comme Claude Lanzmann, Pascal Bruckner, Elie Wiesel, etc. Une réponse qui ne fait pas dans la nuance et qui se laisse aller à certaines formules plus que douteuses, comme cette ironie sur le fait qu'en Israël, » grâce à la loi religieuse, on s'interrompt de torturer durant le shabbat » . Dans un autre article, Bruno Guigue écrit :
« Il n'est nul besoin d'accréditer la thèse négationniste pour saper la légitimité d'un Etat qui drape son propre fascisme dans la tenue rayée des déportés. »
Avec ces formules douteuses, ce normalien et énarque à la plume trop facile est souvent » border line » , à la limite d'un antisémitisme ou d'un négationnisme qui le feraient tomber sous le coup de la loi. Mais, on l'a dit, le ministère de l'Intérieur ne lui reproche paradoxalement pas le fond de ce qu'il écrit, mais le simple fait de s'exprimer en violation de ce droit de réserve. Le ministère est évidemment hypocrite car c'est de la question israélienne qu'il s'agit d'abord, de la » question juive » en France aussi. On est là dans le tabou, le malaise, le non-dit, la zone grise de la liberté d'expression en France, et le ministère de l'Intérieur a tort de se cacher derrière une clause administrative pour réduire au silence un haut fonctionnaire dissonnant.
Zone grise encore, s'agissant cette fois de l'islam en Europe. Où se trouve la limite acceptable du débat public, de la critique ou de la satire de la religion musulmane ? On se souvient évidemment de la crise suscitée par les caricatures, pour la plupart nulles rappelons-le, du prophète Mohammed dans la presse danoise, qui semble d'ailleurs revenir en deuxième saison.
Cette fois, c'est un » provocateur » néerlandais, le député d'extrême droite Geert Wilder, qui est au centre du débat, avec l'annonce, à grand renfort de publicité, de la prochaine diffusion sur Internet de son film » Fitna » (« la discorde » en arabe), présenté comme un document très provocant sur l'islam, suivie d'un coup de théâtre avec la suspension de son site internet par son fournisseur d'accès, l'américain Network Solution. La société américaine dit avoir reçu » un certain nombre de plaintes » .
Personne n'a évidemment vu ce film et certains se demandent s'il existe réellement. Mais il a plongé les Pays-Bas dans un débat douloureux sur les limites de la liberté d'expression. Débat qui avait déjà entouré le personnage, également sulfureux, de Théo Van Gogh, ce cinéaste finalement assassiné en 2004 par un intégriste marocain vivant aux Pays-Bas.
Le gouvernement néerlandais, déjà critiqué dans l'affaire de la protection de l'ancienne députée Ayaan Hirsi Ali, n'a pas voulu, cette fois, transiger à la liberté de ce député de produire un film incendiaire. Dont le résultat sera de rendre les musulmans furieux, ce qui permettra à ce député de les montrer du doigt comme une communauté dangereuse et intolérante… L'interdire serait, dans le même raisonnement, faire la preuve qu'on ne peut pas » tout dire » dès lors qu'il s'agit d'islam : le piège est complet, et le débat public sur la place de l'islam en Europe en sort perdant.

Dernier dossier, celui du journaliste italien Magdi Allam, 56 ans, ex-musulman baptisé par le pape et qui a publié dimanche, dans le grand quotidien Corriere della Sera, dont il est le directeur adjoint, un pamphlet contre son ancienne religion. Il écrit :
» J'ai dû prendre acte que, au-delà du phénomène des extrémistes et du terrorisme islamique au niveau mondial, la racine du mal est inhérente à l'islam, qui est physiologiquement violent et historiquement conflictuel. »
Cette prise de position frontale, intervenant au-lendemain de son baptême par nul autre que le pape, s'accompagne d'une critique de la timidité de l'église dans son prosélytisme vis-à-vis des musulmans. On touche là à un domaine explosif, réminiscence des croisades du passé dont le discours intégriste s'inspire et s'abreuve. Magdi devenu Christian Allam sait ce qu'il fait quand il allume cette mèche.
Dans ces trois affaires, de nature très différente, on touche au poids des mots dans un contexte, qu'on le veuille ou pas, de plus en plus communautarisé. La société laïque française ou le communautarisme néerlandais sont confrontés à différentes versions du même problème, auquel il n'y a pas de réponse claire ni évidente. Comment » Vivre ensemble » , selon le beau slogan de la journée à laquelle Rue89 s'est récemment associé, sans pour autant renoncer à ce qu'on est et à ses valeurs ? Un cap difficile à tenir en ces temps troublés.




















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à caro
De .gwen.
irreversiblement destructuré | 09H19 | 25/03/2008 |
Bonjour Caro et thierry,
je m'immisce dans votre discussion, pour faire une petite remarque et une petite critique.
la critique, d'abord. Il ne me semble pas que vous répondiez à la question de Thierry. plus précisemment vous renvoyer la pierre, avec cette phrase :
« Eviter de s'essuyer les pieds sur ce qu'autrui a de plus sacré ? Jolie phrase si elle était universelle. Hélas, elle est loin de l'être et les radicaux religieux de toutes les religions ont comme une tendance à vouloir imposer leurs idées à tout le monde. »
Ce qui est sous-tendu est que vous ne faites pas comme ces religieux, qui eux ont « comme une tendance » à ne pas le faire ! En tres gros, vous faites bien et eux mal. Je caricature volontairement vos propos, non pas pour vous offensez, mais juste pour souligner ce que j'y lis. Au final, vous ne dites pas si vous respectez ce qu'il y a de sacré chez l'autre, par exemple sa croyance en Dieu et ce qui en découle.
Pour la remarque, le sujet est épineux et je croix que je vais user de mon droit d'expression en esperant etre entendu.
La critique n'a pas la meme valeur et le meme role selon le contexte. Ainsi je compare volontier, tous comme d'autre l'ont fait avant moi, les critiques actuelles envers l'islam, aux critiques du debut du 20ieme faites envers les juifs. Je veux juste souligner le fait, qu'indépedamment de ce qu'est la religion musulmane, elle sert aujourd'hui de bouc-emissaire.
Ainsi par exemple la critique de l'islam est facile et toujours bien acceuilli en france. Elle est d'autant mieux acceuilli si par chance quelques extremistes condamme virulamment ses propos. Auquel cas, on peut se venter d'avoir fait mouche et on en profite pour defendre la liberte d'expression !
La liberté d'expression à defendre, n'est pas celle qui consiste à dire comme son voisin, mais plutot celle qui permet à son voisin de ne pas dire la meme chose que soit ! je rejoins ainsi les propos de Thierry (18h22). Pas facile d'admettre que l'autre a aussi quelque chose à dire !
A bientot
à .gwen.
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 12H40 | 25/03/2008 |
Quoi ? Ils se jettent des pierres ?
La lapidation est de retour ? nom de Dieu !
Fabien
http://menilmontant.noosblog.fr/
à FabiendeMénilmontant
De .gwen.
irreversiblement destructuré | 15H11 | 25/03/2008 |
Je vais me jetter la premiere pierre ! je crois qu'il faut parler de balle dans ce cas la, c'est plus fair play ! Un lapsus ? !
à caro
De Aziz Thuram né en mai 68
18H33 | 24/03/2008 |
Méa culpa pour mon procés d » intention.
Mais je persiste a penser que c » est un raccourcis mal venu, vu la gravité du sujet.
Je crois que ce sont des sujets suffisamment douloureux et difficiles pour que l » on évite ce genre d » entrée en matière.
Néanmoins je vous représente mes excuses.
à Aziz Thuram né en mai 68
De caro
délinquante avérée | 19H41 | 24/03/2008 |
bin c'est sympa quand on peut dialoguer ; -) Ce sont, hélas, des moments bien rares.
Bien à vous
à Aziz Thuram né en mai 68
De Aziz Thuram né en mai 68
18H15 | 24/03/2008 |
Pas réussi a éditer comme sur d » autres forums, donc je me réponds
je précise « si ce n » est toi (le juif) c » est donc ton frere (le musulman) »
à Aziz Thuram né en mai 68
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 18H24 | 24/03/2008 |
Pas possible d'éditer le message après que quelqu'un y a répondu.
à thierry reboud
De Aziz Thuram né en mai 68
18H37 | 24/03/2008 |
Merci pour ta réponse. Caro devait me répondre au meme moment.
à Aziz Thuram né en mai 68
De Aziz Thuram né en mai 68
20H43 | 24/03/2008 |
C » est rigolo ça, y a des gens qui notent meme quand on se dit merci. Moi meme je me suis noté ( bien évidemment 5)
à Aziz Thuram né en mai 68
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 20H55 | 24/03/2008 |
Parfois ce petit mot si difficile á prononcer devient magique. : -D
à Aziz Thuram né en mai 68
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 20H57 | 24/03/2008 |
Mais non, voyons ! J'ai apprécié le remerciement, mais ça ne va pas intéresser grand monde : donc je vote naze à nos deux messages pour qu'ils soient repliés plus vite. Histoire de ne pas encombrer, quoi…
Et surtout ne me remercie pas : -))) !
à caro
De Spirou
17H55 | 24/03/2008 |
Non, vous vous trompez volontairement. La question ne se réduit pas à cela. Vous avez oublié que le dernier scandale concerne Israël et non l'Islam. A moins que vous soyez en train d'opérer un glissement volontaire révélateur d'une obsession de l'Islam.
à caro
De peuapeu
19H20 | 24/03/2008 |
Caro,
L´article du Monde, qui est une petition de la LICRA, est inquiétant à plus d´un titre.
Dans son texte on y lit que le Président Ahmadinejad renouvelle son « appel à la destruction d´Israel »
Je cite l´extrait :
« Bien pire, dès le lendemain de cette visite, vingt et un Iraniens, dont plusieurs mineurs, furent pendus en public. C'est en sa présence que le président Ahmadinejad a renouvelé son appel à la destruction d'Israël, pays membre de l'ONU, créé par cette dernière. Interrogée sur son silence, la haut-commissaire a justifié sa passivité par le respect de la loi iranienne, auquel, en tant que juriste, elle s'estimait tenue, et par souci de “ne pas offenser ses hôtes”. Charbonnier est maître chez soi… C'est le docteur Goebbels qui utilisait cet argument d'opportunité, à la tribune de la Société des nations en 1933, pour se soustraire à toute critique d'une institution internationale impuissante, mais dont les principes n'étaient au moins pas dévoyés comme ceux de l'ONU aujourd'hui.
»
Il me semble que nous avions débattu sur rue89 à propos des declarations prétées à Mr Ahmadinejad de « rayer Israel de la carte ».
Les traducteurs s´etaient exprimés pour corriger la mauvaise tradution des commentateurs de la BBC - laquelle institution (entendre vieille dame) avait reconnu sa précipitation à traduire.
La traduction correcte étant plus proche de « faire disparaitre des pages de l´histoire le gouvernement d´Israel »
Bref, una attaque du sionisme pur et dur regnant à Tel-Aviv et non un nouvel holocauste contre le peuple juif vivant en Israel, toute une nuance en tout cas.
Qu´elle soit article du journal Le Monde ou petition de la LICRA, la desinformation est manifeste lorsque l´on continue à véhiculer cette mauvaise traduction.
Qui plus est l´allusion à Goebbels vient à continuation dans le même paragraphe.
Una association de bien mauvais goût en effet.
Avec le vice ajouté que Mr Goebells déclarait que repeter un mensonge conduisait à la faire admettre comme vérité à la fin.
Je me rappelle avoir lu alors en fevrier cet article du Monde, et comme à chaque fois que je rencontre l´expression détruire Israel prêtée à Mr Ahmadinejad je déplore le manque de rigueur informative et intellectuelle de ceux qui l´emploient. Plusieurs s´en étaient même ému sur rue89 même quelques joiurs à peine après l´article sur la traduction…
Toute l´analyse que fait Mr Guigue consiste à défaire les amalgames et la désinformation intérressée de cette pétition, avec certes une virulence dans les exemples qui choque le lecteur, peu habitué à un tel franc-parler.
j´ai en tout cas été immédiatement choqué par le ton, et en particulier par l´histoire des snipers par exemple, qu´hélas un peu de recherche dans la presse internationale semble confirmer.
Mais en même temps ravi de lire que par la raison et les faits on peut encore encore accéder à la vérité.
Cela compte…
C´est toute la force et l´interêt de rue89 même.
Alors je ne trouve pas que le premier sujet peut se transfomer en « as-t´on le droit de critiquer l´Islam »
à peuapeu
De caro
délinquante avérée | 20H13 | 24/03/2008 |
a peuapeu
Je te propose d'écouter le discours d'Ahmahdinejab à l'ONU
http://www.dailymotion.com/related/5862513/video/x32vgz_discours-dahmadi…
le début sur les femmes est un régal quand on sait comment elles sont traitées en Iran. Sur Israël, il faut aller vers 5mn50. Quand il parle d'occupation illégale depuis 60 ans, cela ne veut pas dire qu'il refuse tout état israélien ?
A quelle vérité veux-tu accéder ? Celle que la Loi religieuse doit tenir lieu de gouvernance ? celle qui permet de revisiter l'Histoire ?
Excuse-moi, très peu pour moi
à caro
De peuapeu
22H09 | 24/03/2008 |
J´ai ecouté l´intègrale du discours à l´instant, merci pour le link.
Le début auquel vous faites allusion à propos des femmes est je suppose le point nº1, qui traite de la famille.
Permettez moi de vous dire que mon impression a été la même que lorsque j´écoute le discours sur la famille du Pape actuel, et plus particulièrement les declarations de la conference episcopale espagnole. Les différence sont faibles bien que le ton de mr Ahmadinejad paraisse même plus tempéré (je suppose que cela se doit aux différences culturelles et à la situation diplomatique aussi).
Et il faut voir la ferveur déployée dans la ville de Valencia en Espagne lors de la réunion internationale sur le thème de la famille, alors que de nombreux aspects de la condition feminine espagnole restent assez discutables.
En tout état de cause, je ne vois pas matière à régal. Car si dans un cas les déclarations de Mr Ahmadinejad sur le thême des homosexuels inexistants en Iran le discalifient, la réalité sociale de la condition féminine espagnole est un sujet bien délicat aussi, en particulier dans la Communauté Valencienne.
Mais bon je serais très attentif dans l´avenir sur ce qui se passe en Iran, pour peu qu´une information soit disponible.
sur Israel vers 5mn50 effectivement Mr Ahmadinejad affirme que la création d´Israel il y a 60 ans s´est faite de manière illégale.
Mais il n´y a pas de menaces, ni même voilées.
Et si vous allez au point 5 à partir de 12mn40 il ya des precisions sur son analyse de la légalité internationale qui se poursuivent avec un pic explicatif en mn18.
Aucune piste sur la destruction d´Israel, mais une remise en cause des moeurs politiques internationales et de la gestion du conseil de sécurité.
Je crois me rappeller qu´à la suite du scandale volontairement monté en épingle du « rayer Israel de la carte » Mr Ahmadinejad avait précisé qu´il visait le gouvernement actuel d´Israel et non l´existence d´Israel. Je vais chercher les links, qui doivent ètre publiés dans les commentaires sur rue89 si je ne me trompe pas.
À quelle vérité voudrais-je accéder ?
Probablement plus à une vérité qui se manifesterait d´elle-même qu´à une vérité décidée à l´avance, catégorie dans laquelle je range personnellement toutes les religions.
Cela ressemble furieusement au débat sur les vrais maìtres et les faux-maìtres qui singent les vrais maîtres sinon…
En attendant que la vérité sorte nue de son puits, il me semble heureux que certains rois soient nus aujourd´hui.
à peuapeu
De caro
délinquante avérée | 22H30 | 24/03/2008 |
n'oubliez pas qu'Ahmahdinejab parlait à l'ONU ! il ne pouvait donc demander la destruction d'un état ! c'est bien pourtant ce qu'il sous-entend en parlant d'occupation illégale depuis 60 ans (= 1948, date de la création de l'état israélien). De plus, il a à plusieurs reprises, dans des conférences, employé l'expression « un monde sans le sionisme ». A votre avis, qu'est-ce que cela veut dire ?
à caro
De peuapeu
22H47 | 24/03/2008 |
Que la logique de guerre du sionisme ne fait pas l´unanimité en tout cas.
à peuapeu
De caro
délinquante avérée | 23H08 | 24/03/2008 |
ce n'est pas la logique de guerre du sionisme, mais du gouvernement israélien, sauf si vous aussi ne reconnaissez pas à Israël le droit à l'existence (dans les frontières de 67, je précise)
à caro
De peuapeu
23H54 | 24/03/2008 |
Je suis pour les frontières de 67, et pour l´honnêteté aussi.
Tiré de Rue89 :
http://www.rue89.com/2007/09/25/ahmadinejad-a-columbia-au-nom-de-la-libe…
commentaire de 17h54 :
AHMADINEJAD
Des experts confirment que le président iranien n'a pas appelé à ce qu'Israël soit « rayé de la carte ». Des rapports disent qu'il a servi à renforcer les faucons occidentaux. -------------------------------------------------------------------------------- Mon récent commentaire, expliquant comment les propos du président iranien avaient été salement déformés lorsqu'il a prétendument appelé à ce qu'« Israël soit rayé de la carte », a causé une petite tempête bienvenue. Les faucons occidentaux et israéliens se sont saisis de cette phrase pour redoubler leurs suspicions sur les intentions du gouvernement iranien. Il est donc important de faire la lumière sur ce qu'il a réellement dit. J'ai pris ma traduction sur le site internet de l'infatigable Professeur Juan Cole, « le régime qui occupe Jérusalem doit disparaître de la page du temps », où elle se trouvait depuis des semaines. Mais il semble que ce soit surtout grâce au Guardian, qui lui a donné de l'importance, que le New York Times, qui fut l'un des premiers journaux à déformer les propos de Mahmoud Ahmadinejad, est sorti dimanche dernier avec un article défensif tentant de justifier la traduction d'origine de son journaliste : « rayer de la carte ». (Soit dit en passant, pour ceux qui parlent le farsi, la version originale se trouve ici.) Parmi ceux qui ont rejoint la foule des « rayer de la carte », on retrouve David Aaronovitch, un éditorialiste du Times (de Londres), qui a attaqué hier mon analyse. Je ne perdrai pas mon temps avec lui puisque sa connaissance du farsi est aussi minimale que son latin. Le pauvre homme pense que le pluriel de casus belli est casi belli, inconscient que casus est la quatrième déclinaison et que son pluriel est casus (avec un u long). Ethan Bronner, du New York Times, et Nazila Fathi, qui travaille pour le bureau de Téhéran, ont une argumentation plus sérieuse. Ils ont consulté plusieurs sources à Téhéran. « Sohran Mahdavi, l'un des traducteurs les plus en vue en Iran, et Siamak Namazi, le PDG d'une firme de consultants à Téhéran, qui est bilingue, disent tous deux que “rayer” ou “balayer” sont plus corrects que “disparaître”, parce que le verbe persan est actif et transitif, écrit Bronner. Le New York Times poursuit : “Le deuxième problème de traduction concerne le mot ‘carte'. Les mots de Khomeyni étaient abstraits : Sahneh roozgar.’ Sahneh signifie les pages du temps ou l'histoire. Personne n'a remarqué ce changement et les agences de presse ont à nouveau utilisé le mot ‘carte'. Ceci, de mon point de vue, est le point crucial et je suis heureux que le NYT accepte de dire que le mot carte’ n'a pas été utilisé par Ahmadinejad. […]. Si le président iranien a fait une erreur et utilisé le mot ‘safheh’ plutôt que ‘sahneh’, ce ne serait pas de grande importance. […] La question significative est que les deux phrases se réfèrent au temps plutôt qu'à l'endroit. Ainsi que je l'avais écrit dans mon message d'origine, le président iranien exprimait un vague souhait pour le futur. Il ne menaçait pas d'une guerre initiée par l'Iran pour supprimer le contrôle d'Israël sur Jérusalem. Deux autres sources bien établies pour cette traduction confirment qu'Ahmadinejad se référait au temps, pas au lieu. La version du discours du 26 octobre 2005, diffusée par le Middle East Media Research Institute [l'Institut de Recherche des Médias du Moyen-Orient], le MEMRI, et basé sur le texte en farsi communiqué par l'Agence de Presse des Etudiants Iraniens, dit : ‘Ce régime qui occupe al-Qods [Jérusalem] doit être éliminé des pages de l'histoire’. (Notez bien : pas ‘rayé’, bien que ce soit plus long si vous essayez de trouver quatre mots accrocheurs et facilement mémorisables avec lesquels inciter à la colère contre l'Iran). Le MEMRI (sa version du discours est disponible ici) est dirigé par un ancien officier du renseignement militaire israélien et a parfois été attaqué pour des déformations présumées de citations en farsi et en arabe au bénéfice de la politique étrangère israélienne. A cette occasion, ils ont soutenu le point de vue à tendance pacifique qu'a exprimé Ahmadinejad. Enfin, nous en arrivons au service d'écoute de la BBC qui envoie chaque jour des centaines de traductions en anglais hautement respectées d'émissions provenant de partout dans le monde à ses abonnés - surtout des gouvernements, des services de renseignement, des groupes de réflexion et autres spécialistes. Je les ai approchés cette semaine au sujet de cette controverse et un porte-parole de l'unité marketing du service d'écoute, qui n'a pas voulu que son nom soit utilisé, m'a dit que leur version originale était ‘éliminé de la carte du monde’. En résultat de mes enquêtes et de la controverse générée, ils s'étaient retournés vers les présentateurs de langue natale farsi qui avaient traduit le discours à partir d'un enregistrement audio rendu disponible le 29 octobre 2005 par la télévision iranienne. Voici ce que le porte-parole m'a dit à propos de la section ‘rayé de la carte’ : ‘Le permanencier a vérifié à nouveau. C'est une expression difficile à traduire. Ils étaient sous pression pour fournir rapidement une traduction et ils cherchaient la bonne phrase. Avec plus de temps pour penser, ils auraient dit que la traduction devrait être éliminé de la page de l'histoire’. La BBC diffuserait-elle une correction, étant donné que la question était devenue si controversée ? ai-je demandé. ‘Ce serait longtemps après la version d'origine’, fut leur réponse. J'interprète cela comme ‘probablement pas’, mais nous verrons. Enfin, j'ai approché Iradji Bagherzade, le fondateur de naissance iranienne et président de la célèbre maison d'édition, IB Tauris. Il a pensé très fort au mot ‘roozgar’. ‘Histoire’ n'était pas le terme juste, a-t-il dit, mais il ne pouvait pas décider entre plusieurs alternatives meilleures ‘à notre époque’, ‘ces temps-ci’, ‘notre époque’, ‘temps’. Ainsi, nous l'avons. A commencer par Juan Cole, puis par les experts du New York Times, en passant par le MEMRI et les permanenciers de la BBC, le consensus est qu'Ahmadinejad n'a pas parlé de cartes. Il proposait, comme j'insiste dans mon article d'origine, un vague souhait pour le futur. Un tout dernier point. Le fait qu'il ait comparé l'option qu'il désirait - l'élimination du ‘régime occupant Jérusalem’ - avec la chute du régime du Shah en Iran fait qu'il est clair comme de l'eau de roche qu'il parle de changement de régime, pas de la fin d'Israël. Alors écolier opposant au Shah dans les années 70, il n'a sûrement pas été en faveur de l'élimination de l'Iran de la page de l'histoire. Il voulait seulement que le Shah parte. La même chose en ce qui concerne Israël. Le président iranien est sans aucun doute un opposant au sionisme ou, si vous préférez cette phrase, au régime sioniste. Mais un nombre substantiel de citoyens israéliens le sont aussi, des Juifs comme des Arabes. Les traditions antisionistes et non-sionistes en Israël ne sont pas insignifiantes. Donc nous ne devrions pas diaboliser Ahmadinejad sur ces seuls critères. Est-ce que cet ergotage à propos de phrases est important ? Oui, bien sûr ! En quelques jours, après le discours d'Ahmadinejad, le Premier ministre israélien d'alors, Ariel Sharon, appelait à ce que l'Iran soit expulsé des Nations-Unies. D'autres dirigeants étrangers ont cité la phrase contenant le mot carte. Les Etats-Unis mettent de la pression sur leurs alliés pour qu'ils soient durs avec l'Iran. Permettez-moi de donner le dernier mot à Juan Cole, avec lequel j'ai commencé. ‘Je suis entièrement conscient qu'Ahmadinejad est hostile à Israël. La question est de savoir si ses intentions et ses capacités conduiraient à une attaque militaire et si, par conséquent, une guerre préventive est prescrite. Je dis non et cette philologie assommante fait partie de la raison pour dire non’. Traduit de l'anglais par [JFG-QuestionsCritiques]
De Le Yéti
yetiblog.org | 17H17 | 24/03/2008 |
LA CENSURE, KNOCK DOWN
Non, la liberté d'expression n'est en rien une « liberté en voie de disparition ». C'est même le contraire qui se passe.
Oh bien sûr, les tordus du pouvoir, de tous les pouvoirs, continuent de mener leur sale besogne, tentent même de la renforcer. Et les exemples donnés dans l'article sont parfaitement exacts.
Mais le développement des nouvelles technologies — Internet, les blogs et leur fonction de relais ou encore cet outil formidable d'émancipation de l'expression qu'est le téléphone portable (avec en plus une fonction de prise de vue) — échappent à la mainmise des prédateurs.
Exemple : à peine survenus, les actes de censure ici dénoncés sont immédiatement répercutés en chaîne, les actes de répression photographiés ou filmés et mis en ligne ; même les pays les plus répressifs ne parviennent plus à endiguer le flot (cf. le Tibet). Quand les censeurs parviennent à leurs fins, chaque opinion censurée se voit immédiatement montée en épingles et amplifiée, annulant l'acharnement des censeurs pour la faire disparaître. La preuve : l'affaire du sous-préfet.
Alors, oui, vous avez raison de dénoncer la multiplication des actes malveillants des manieurs de ciseaux. Mais non, nous avons tort de trembler. Utilisons à fond ces nouveaux outils de communication pour faire ravaler leur morgue aux malfaisants.
De g-e. d.
17H05 | 24/03/2008 |
C'est la plus vieille spécialisation sociale, la spécialisation du pouvoir, qui est la racine du spectacle. Le spectacle est ainsi une activité spécialisée qui parle pour l'ensemble des autres. C'est la représentation diplomatique de la société hiérarchique devant elle-même, où TOUTE AUTRE PAROLE EST BANNIE. Le plus moderne y est aussi le plus archaïque.
En voie de disparition ? Ne peut disparaitre que ce qui existe.
De riverain désinscrit
17H15 | 24/03/2008 |
Souvenez-vous…
Ferrat, Brassens, Ferré ont eu des chansons interdites de radio et TV (quand ce n'était pas les chanteurs eux-mêmes qui l'étaient),
« La question » d'Henri Alleg était interdit,
…
en France
des livres sont toujours interdits,
des sites sont interdits
des lois promulguées (13/07/90) - contestées par des historiens de tous bords (voir Libération du 13/12/2005 p.35 « liberté pour l'histoire »), suite à des procès engagés,
Une pétition du 24/12/05 dans Marianne s'intitulait « la liberté de débattre »…
il y a bien longtemps que la liberté d'expression est malmenée.
« La liberté d'expression vaut non seulement pour les “informations” ou “idées” accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent : ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l'esprit d'ouverture sans lesquels il n'est pas de “société démocratique” (Jurisprudence constante de la Cour européenne des Droits de l'Homme - voir, parmi beaucoup d'autres, les arrêts Open Door et Dublin Well Woman c. Irlande du 29 octobre 1992, série A n° 246-A, p. 30, § 71, et Vogt c. Allemagne du 26 septembre 1995, série A n° 323, p. 25, § 52).
De Pierre Haski (auteur)
Rue89 | 17H17 | 24/03/2008 |
Le journaliste Luc Rosenzweig nous écrit :
« en réponse à Pierre Haski
Je suis celui par qui le scandale Guigue est arrivé, par le biais d'une chronique que j'ai faite mardi 18 mars sur RCJ, la radio de la communauté juive.(voir url ci dessous) Le préfet de charente Maritime a eu connaissance de cette chronique et en a fait communication au ministère de l'intérieur. A partir de ce moment la sanction était inévitable : l'entorse à l'obligation de réserve était flagrante, constituée incontestable. Voilà pour la forme. Pour le fond, je m'étonne que Pierre Haski trouve somme toute benin qu'un haut fonctionnaire de la République, dépositaire de l'autorité de l'Etat puisse se laisser aller des propos qualifiés par lui » border line » relatifs au négationnisme, à l'antisémitisme sans que l'autorité réagisse. A-t-on jamais vu de haut fonctionnaire favorable aux positions israéliennes - j'en connais, au Quai d'Orsay et ailleurs - se laisser aller à un tel déferlement de haine envers les ennemis de l'Etat juif ? Le cas Guigue est en tout point semblable à celui d'Alain Ménargues, ancien directeur de l'info de RFI, qui n'a pas lui été simplement muté d'office, mais proprement licencié par son employeur pour avoir tenu des propos du même style. Non, Pierre, Madame Alliot Marie n'est pas hypocrite, elle a agi en tant que gardienne du savoir vivre républicain, celui qui permet à une démocratie de ne pas regarder la couleur politique de ses plus éminents serviteurs. Ces dernières années, en France l« Israel bashing » est devenu un exercice sans risque, puisque l'Etat juif a pour principe de ne jamais attaquer en justice ceux qui le diffament allègrement. Dans le cas Guigue Il ne s'agit pas d'une atteinte à la liberté d'expression, mais au contraire d'un rappel salutaire des règles qui permettent son exercice. Enfin, plus généralement, le site rue89 me semble faire bien peu de place, dans les articles qu'il publie, à ceux qui ne sont pas au diapason de la vulgate gauchiste sur la question du proche orient. c'est bien dommage ; http://www.radiorcj.info/reecouter_detail.tpl ? sku_arch=32451366385105235
à Pierre Haski
De Pierre Haski
(auteur)
Rue89 | 17H27 | 24/03/2008 |
Je parlais d'hypocrisie car, selon le porte parole du ministère de l'intérieur, ce n'est pas ce qu'a dit le sous-préfet qui était en cause mais la violation du devoir de réserve. C'est un peu de la tartufferie, s'agissant de quelqu'un qui s'exprime depuis des années sur le sujet avec la même virulence que, personnellement, je ne goutte pas.
Mais je regrette que tu te sois enfermé dans ce rôle de gardien du temple, prompt à dénoncer la « vulgate gauchiste ». Ca ne produit pas de débats très constructifs, je le crains.
à Pierre Haski
De luc rosenzweig
20H08 | 24/03/2008 |
mon cher pierre,
Le vrai problème que tu soulignes avec ton acuité d'esprit habituelle est que l'on ait laissé sévir aussi longtemps un militant antisioniste rabique dans les sphères de la haute fonction publique.Tu devrais dans ton estimable publication, dénoncer l'incurie des services de l'etat. Bruno Guigue a le droit de dire ce qu'il veut, à condition qu'il choisisse un lieu adéquat pour sa parole, hors du temple répubicain, qui est le seul que je révère.
j'ai pour ma part, dans mas carrière journalistique évité de me confronter à des sujets où ma subjectivité aurait pu être préjudiciable à l'organe de presse qui me faisait confiance. j'ai été assez seul dans cette attitude.
à luc rosenzweig
De cooper59
pour la decroissance ! | 22H06 | 24/03/2008 |
si l'etat d'Israel devait attaquer en diffamation (sic) tous les anti sionistes , c'est a dire ceux qui n'apprecie pas la politique du Likoud et des faucons en general , il n'y aurait pas assez de magistrats sur cette planete pour s'occuper de ces dossiers ! c'est absurde ! Sans compter que le sionisme a bien changé depuis quelques temps ! Le sionisme des kibboutz est mort depuis longtemps . Quand a la « vulgate gauchiste » , il reste des hommes de gauche en Israel ? si oui vous devez le deplorer .
à cooper59
De caro
délinquante avérée | 22H13 | 24/03/2008 |
il reste des hommes et même des femmes de gauche en Israël et tout le monde peut s'en réjouir, même si, hélas, pour l'instant, on ne les entend pas beaucoup. En tout cas, ils sont sur le terrain avec les Palestiniens.
à caro
De Ehim
ehim.over-blog.com | 23H19 | 26/03/2008 |
A force de mettre l'anti-sionisme et l'anti-sémitisme à toutes les sauces, c'est non seulement l'Etat d'Israël qui se décrédibilise, mais tous les Juifs avec.
On n'a pas besoin de délateurs zélés en France en 2008, de quelque bord qu'ils soient, on n'en a eu que trop pendant l'Occupation nazie. Rappelez-vous seulement qui ils dénonçaient à cette époque … et tournez sept fois votre langue dans votre bouche avant de dénoncer un fonctionnaire pour ses opinions, Monsieur R.
à cooper59
De Gotch
ancien ouvrier de la banque | 23H49 | 24/03/2008 |
Le sionisme des kibboutz est en perte de vitesse, c'est vrai, pour des raisons économiques et non politiques. En revanche, le sionisme des nouveaux colons, ceux qui vont squatter les terres des Palestiniens, et qui souvent sont de nouveaux arrivants, est particulièrement développé et dangereux. Malheureusement, il semble que les gouvernements successifs ne cherchent guère à les modérer. Ce n'est pas un problème religieux, c'est seulement politique. Déplorer cet état de fait et le dénoncer est un devoir humanitaire. En énonçant ces propos, je ne fais que commenter la gestion d'un Etat, qu'il soit celui d'Israël ou celui de, mettons, le Centrafrique, c'est exactement du même ordre.
à luc rosenzweig
De peuapeu
22H26 | 24/03/2008 |
Et qu´allez-vous dénoncer en lisant cet article publié dans haretz ?
http://www.lapaixmaintenant.org/article1777
Les fonctionnaires français ne sont pas encore des militaires !