Le gouvernement révise sa prévision de croissance à la baisse. Tant mieux!, se réjouissent certains lecteurs de Rue89. Le débat autour de la croissance peut en effet en cacher un autre: celui sur la décroissance, comme le montrent les commentaires sous l'article de Pascal Riché consacré au coup de mou de l'économie.

Skalpa s'interroge:
"Croissance, croissance, jusqu'où irons nous? Vers une décroissance? Qui sait?"
Mieux vaut une décroissance assumée qu'une récession contrainte. Pour Gringo, la décroissance ne peut "fonctionner que s'il y a une politique qui l'accompagne". Il poursuit:
"Aujourd'hui et pour encore au moins quatre ans, on table, qu'on le veuille ou non, sur la politique contraire. Oui, je suis d'accord, il y a d'autres choses à faire que consommer. (...) Oui, je suis pour la défense de l'environnement. Mais aujourd'hui, ce qui va se passer si la croissance continue de chuter, c'est qu'on ne pourra pas boucler le budget (financer le Grenelle [de l'environnement] par exemple) et donc [qu'on devra] augmenter les impôts."
Ugo14 soutient lui aussi une politique de la décroissance:
"Ben le plan, c'est d'accompagner la décroissance par une baisse de la consommation (y a autre chose à faire dans la vie que de consommer, non?). L'autre plan, c'est de croître jusqu'à ce que ça pète et de recommencer à zéro. C'est un choix."
Si Lemuet se réjouit, ce n'est pas seulement pour la préservation de l'environnement mais pour des raisons qui font écho à la rhétorique anti-immigration:
"Enfin une bonne nouvelle: la croissance diminue! Nous aura-t-on rebattu les oreilles avec cette croissance! Qui dit croissance dit: surpopulation, sur-pollution, sur-immigration, sur-agressivité communautariste et religieuse. Voilà les résultats d'un 'bonne (sic) croissance'."
"Déqualifier le travail pour créer de la croisance"
A.V. insiste quant à lui sur les sacrifices consentis pour assurer la croissance:
"Le problème de fond des pays industrialisés, c'est d'avoir déqualifié le travail pour créer de la croissance. Résultat: petits salaires, et aucun atout en matière de compétitivité. Nous donnons du travail à des dictatures qui ne s'embarrassent pas de droits de l'Homme, et le productivisme a réduit presque à néant notre savoir-faire."
Syphys s'amuse à dresser la liste des privations qui seraient liées à une baisse de la consommation:
"Les pensées humanistes de décroissance s'accompagn[e]nt généralement de bon sens dans une réflexion générale sur notre vie: moins de dépenses pour notre santé par exemple, accepter le fait que nous soyons mortels... Mettre un pull ou faire l'amour (...) quand il fait froid... (...) S'associer avec ses voisins pour une connection wi-fi commune... Vivre en co-location si possible."
Et Syphys suggère qu'on commence par prendre en compte d'autres indicateurs pour mesurer le progrès économique. Rappelons que la croissance mesure la progression du PIB (produit intérieur brut), c'est-à-dire de la production d'un pays. Syphys y voit un "indicateur fallacieux" qui exclut la prise en compte du sentiment de "bien-être":
"Il existe d'autres indicateurs: indice du bonheur, indicateur de progrès réel (IPR), indicateur du développement humain élaboré par les Nations unies (IDH), indice de santé sociale de Fordham, indice de bien-être économique durable (IBEED) et indice du bien-être économique élaboré par l’économiste canadien Lars Osberg."
Nicolas Sarkozy a d'ailleurs chargé deux économistes de renom de réfléchir à cette question. De quoi, peut-être, contenter A.V.:
"Le problème, c'est que la sacro-sainte croissance comme indicateur absolu ne veut rien dire. Elle ne reflète pas le déséquilibre croissant de la répartition des richesses. Et surtout, croyez-vous que l'augmentation de la consommation d'énergie, par exemple, ait le même effet sur l'économie que celle des services ou des produits manufacturés? Non, bien sûr."

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Faire contre mauvaise foortune,bon coeur !!!
Je vous conseille la relecture d'un livre
salutaire ,oh combien (ça date de 2006 ...)
de Ghislaine St Pierre Lanctôt,
"QUE DIABLE SUIS-JE VENUE FAIRE SUR CETTE TERRE ? "
Epoustoufflant , c'est publié au Canada ,
cherchez,vous trouverez,si!!!
Quelques idées conviviales : Acheter local (producteurs au marché), choisir sa banque (nef, crédit coopératif), manger moins de bêtes, éteindre les éclairages publics, favoriser la marche, le vélo ou les transports en communs, subventionner le jardinage, rendre gratuites les énergies de base (puis les taxer quand on dépasse la norme vitale), se relier avec des SEL, des coopératives, des banques du temps. Rénover HQE, organiser des fêtes bio sans plastique. Choisir ENERCOOP, demander à sa mairie de planter les fleurs en pleine terre, de ne plus utiliser d'herbicide, de stocker l'eau de pluie, d'aller vers les cantines bio, des WC publics « toilette sèche ».
Doit y avoir d'autres idées simples.
LA CRISE EXPLIQUÉE AUX ENFANTS
C'est drôle, cette fixette sur l'idée de croissance. Et d'abord quelle croissance ? Pour comprendre, mieux vaut connaître les mécanismes qui régissent notre économie... et nous conduisent aujourd'hui dans le mur ! Ils sont d'une simplicité ENFANTINE !
Le système capitaliste, dit aussi libéral ou néo-libéral, est basé sur un postulat qui tient à une "inflammation" de la nature humaine : la croissance, c'est-à dire l'accroissement du PIB (Produit Intérieur Brut) exprimé en valeur monétaire. Là-dessus, je rejoins volontiers l'avis de Syphys. En clair, c'est la philosophie du "toujours plus". La croissance est le moteur de la machine capitaliste. Sans moteur, plus de machine.
Aux lendemains de la Seconde guerre mondiale, l'état du monde était si calamiteux que tout était pratiquement à reconstruire. Du pain-béni pour la machine capitaliste. Le boulot ne manquait pas. Le paradis dura une petite trentaine d'années, les fameuses Trente Glorieuses. Bien sûr, il y eut quelques frottements collatéraux, notamment du côté des ouvriers, et plus généralement des salariés toujours et encore ponctionnés par les margoulins aux manettes. Mais cahin-caha la machine tournait. Du moins pour l'Empire occidental naissant. Pour les autres "peuplades", comme celles du Sud, c'était une autre paire de manches !
Quant à la fin des années soixante, l'on arriva enfin à pouvoir satisfaire peu ou prou le nécessaire vital de tous, il fallut bien répondre aux exigences de maîtresse croissance. Ce fut l'avènement de la société dite de "consommation". Du nécessaire vital, on passa au désir du superflu, à ces "nouveaux besoins" artificiels exacerbés par nos publicitaires déjà en quête de "temps de cerveau disponible" et de fifrelins sonnants et trébuchants. Toujours plus !
Un phénomène apparut. Alors qu'auparavant, les "ménages" pouvaient s'offrir à peu près le nécessaire vital sur leurs propres deniers, les "besoins nouveaux" dépassèrent vite les possibilités du porte-monnaie familial. D'autant que les margoulins piquaient de plus en plus ouvertement dans la caisse commune à leur seul profit et au détriment des populations laborieuses. Qu'à cela ne tienne, on trouva la potion miracle : le crédit.
Nous voici au début des années quatre-vingt dix. Pendant que la population s'endette pour satisfaire les "besoins nouveaux", une nouvelle caste, issue des mornes années quatre-vingt, étend son emprise : les spéculateurs financiers, les rois de la pompe à fric stérile, des bulles aléatoires et des jackpots dévastateurs. On ne produit plus seulement des biens et des services, vitaux ou superflus, on produit du fric pour du fric. Imbécile, n'est-ce pas ?
Dès lors, l'engrenage est irréversible. Les élites s'enrichissent en pure inutilité, commencent à ébranler les garde-fous de la "majorité silencieuse" (syndicats, services publics, presse indépendante...). La population s'appauvrit, se précarise et sur-emprunte, non plus seulement pour consommer, mais pour régler les échéances des premiers emprunts. Cycle infernal du sur-endettement qui ne concerne pas seulement les ménages, mais aussi les États. Avec leur dette astronomique, leur économie bâtie sur un château de sable et leur crise des subprimes, les USA, grands gourous de la secte néo-libérale, en sont un symptomatique exemple.
Consommation en berne (d'ailleurs, consommer quoi de plus ?), croissance durablement en panne (mais produire quoi d'autre, pourquoi et comment ?), fondations financières ébranlées, le jouet est brisé.
Bien d'autres épiphénomènes viennent de surcroît renforcer ce grandiose plantage de gueule : crise énergétique, fracture écologique, réchauffement de la planète, explosions des petites bulles... On est mal !
Vous avez vu, c'est bête comme chou, non ? Notre monde arrogant a tout bonnement autant de mal à terminer sa fin de cycle que certains d'entre nous à boucler les fins de mois.
Alors, à côté de ça, croissance ou décroissance, le problème n'est pas vraiment là. Comme le note justement Syphis, calculer la croissance (ou la décroissance) en valeur monétaire n'a guère de sens si l'on ne prend pas en compte d'autres paramètres : l'indice de satisfaction des consommateurs, le bien être général, la prise en considération écologique... Mais là, on nage hélas encore en pleine utopie!
c'est quand même incroyable que personne ne fasse d'article sur le fait que ce soient les banques privées qui créent l'argent et non pas l'état.
La croissance on s'en fout royalement, de toute façon c'est une fuite en avant, plus vous serez endettés mieux l'économie tournera.
renseignez vous, s'il vous plait.
Est-ce que la notion d'empreinte écologique tourne dans le sens inverse du reste du monde?
Car une meilleure question à se poser, pour sortir du trompe-l'oeil - fort peu baroque - de la Croissance (avec majuscule à l'initiale, comme toutes les grandes baudruches), ce serait plutôt celle-ci: peut-on se permettre de maintenir la taille de notre empreinte?
Ici, chacun est renvoyé à lui-même, et répondra selon ses propres choix de vie.
Quant à savoir si c'est viable, - même réponse, même combat.
FESSÉE
D'accord avec Sexus Empiricus. Nous continuons à parler ici comme si croissance (ou même décroissance) était entièrement dépendante de notre bonne volonté. C'est une présomption assez naïve, je pense. Car au train où nous soumettons notre environnement, il se pourrait bien que celui-ci nous inflige de lui-même la fessée royale que notre arrogance et nos postérieurs n'auront pas volée.
Bonsoir le Yéti.
Cette réponse devrait l'être à votre superbe, - difficile d'expliquer 50 ans d'histoire en si peu de paragraphes - , superbe de clarté commentaire précédent.
Mais je ne voulais pas être le tander qui s'accroche à la locomotive.
De mémoire c'est vers 1955-1960 que la basculement du nécessaire 'vital' vers la consommation a commencé.
Le 'crédit' n'existait pas encore (sauf 'ardoise' chez certains commerçants) et pour les achats plus difficiles, existaient les "bons de la Semeuse", qui s'obtenaient auprès des caisses d'épargne (?) et étaient acceptés en paiement dans certains magasins.
Encore merci et bonne fin de soirée.
Jissé
C'est marrant que l'on parle de décroissance au moment ou "le" sujet n°1 de préoccupation des français c'est leur pouvoir d'achat...
La décroissance, c'est ce que tout le monde essaye en permanence d'éviter à tous les niveaux: Etat, entreprise, foyer, individu: Tout le monde veut de la croissance, de la richesse en plus pour pouvoir être mieux soignés, vivre plus longtemps, se garantir mieux contre les accidents de la vie, s'offrir des divertissements ainsi qu'à sa famille, communiquer avec qui l'on veut en permanence, avoir à sa disposition plus de choses, plus de services, plus de libertés etc. Bizarre ça non ?
Bref la décroissance c'est la nouvelle utopie à la mode! D'ailleurs entre nous et pour preuve, tout le monde la souhaite pour les autres mais dans le fond pas pour soit (sauf je n'en doute pas une partie infime d'entre nous, peut-être tous blogueurs sur ce site).
Et puis c'est pas nouveau, de la décroissance le monde communiste en a déjà fait en masse. Et que je sache il a encore plus pollué les pays dans lequel il s'était installé que les bonnes vieilles économies capitalistes. La route risque d'être difficile pour les tenants de la décroissance, il faudra une révolution camarades!!
Et puis regardez aussi les pays pauvres... En afrique il a un big problem dans les pays semi désertiques ou les populations coupent tout pour faire la cuisine et se chauffer un peu la nuit. Or sans végétation ses terres deviennent vites impropres à la culture. Qu'est ce qu'on fait alors ? Et bien on leur offre des petits fours solaires issues de la téchnologie capitaliste pour qu'il ne brule plus les quelques buissons alentours! C'est pas beau la technologie, le progrès, la croissance ?
Mais au fait vous qui êtes pour la décroissance, mais dépéchez vous de lacher vos bagnoles, ordinateurs, et autres chauffages au fioul et retournez à l'état de nature, voilà de la décroissance! Nous gambaderons ensemble dans les verts paturages et nous vivrons de ce que dame nature voudra bien nous donner, c'est à dire pas grand chose. Et puis on se foutera vite sur la gueule pour un rogaton de pain quand la bise sera venue. Non franchement, les gars, un peu de bon sens.
La machine capitaliste n'est pas si mal faite, pourquoi ? Par qu'elle n'est pas le fruit d'un obscur penseur, elle n'est pas une théorie, elle n'est que le résultat des intérêts économiques des hommes de par le monde. Les matières premières manquent ? leurs prix augmentent sur les marchés, les industriels augmentent le prix de leur produit, mais investissent aussi dans le recyclage qui est devenu rentable car les matières autrefois bonnes à jeter sont aujourd'hui bonnes à récuperrer. Les productions alimentaires sont bourrés de pesticides et menacent notre santé ? les hommes innovent avec les biotechnologies, les OGM pour produire autant voir plus, en nuisant moins à la santé et en préservant l'avenir des ressources (principal souci du capitaliste je le rappelle: l'avenir!).
Aujourd'hui la machine de production internationale fonctionne encore sur un modèle d'abondance des ressources. Mais face à leurs raréfactions (je parle aussi des terres arrables, de l'eau, des ressources en poissons etc.) elle a un formidable challenge a relever: faire autant, et même plus (car les populations mondiales ne cessent de croitre) avec moins et donc recycler, économiser au maximum les matières, les energies, les renouveler etc. Or ce formidable virage que nous sommes en train de connaitre ne pourra se faire au contraire qu'avec de la croissance, c'est à dire plus de travail de la part des hommes qui vont devoir à nouveau innover pour faire de l'appareil de production mondiale un appareil adapté à un monde de pénurie de matière. Voilà le seul enjeu réaliste: innover, transformer nos appareils de production et pour ce faire il faut du progrès, de l'innovation, de l'investissement, bref pour ainsi dire: de la croissance mes bien chers frères.
un peu de décroissance ne peut pas faire de mal...
quand j'entends à la radio "on ne peut pas boycotter les JO de Pékin, car se fâcher avec la Chine, ferait augmenter l'inflation, en effet, le prix des écrans plats augmenterait"... mais qu'est-ce qu'on s'en branle d'avoir un nouvel écran plat ! pourquoi aller s'endetter pour un nouvel écran plat, un nouveau téléphone portable... pourquoi consommer toujours plus???
Bonjour Xtophe,
Je ne sais pas si boycotter les Jeux serait si judicieux que cela car c'est la fete du sport, et il ne faut pas tout melanger. Il fallait commencer par ne pas attribuer les JO a Pekin, mais maintenant que c'est fait, on ne peut faire machine arriere.
Je suis pour un Tibet autonome au sein d'une grande Chine, et espere qu'un jour cela arrivera...peut-etre apres l'entrevue du Dalai Lama et Hun Jintao, si elle devait se faire.
Maintenant punir la Chine n'est pas si simple que cela, n'oublions pas l'affaire Matel: on apprend que les jouets ne sont pas conformes aux normes , voire dangereux pour les enfants (a l'epoque, Aout/Septembre 07, on voyait GW Bush aboyer sur la Chine a propos du Yuan et autres griefs que les USA ont contre les chinois, en majorite griefs economiques parce que les droits de l'homme: Bush s'en contrefout!!).
Puis plus rien pendant un mois...jusqu'au jour ou le patron de Matel monte au creneau pour nous avouer qu'en fait les chinois ont bien fait leur travail et que les problemes sont plutot dus au cahier des charges (fait par Matel)envoye aux usines de fabrication!! (donc en gros Matel aurait note "utilisation de peinture a plomb autorisee":o)
La realite c'est que le president chinois a appele Georges en lui disant: "si tu continues a faire chier avec tes critiques incessantes, c'est pas seulement les jouets Matel que tu vas oublier mais TOUT les jouets, et avec Noel qui approche t'es pas dans la merde!!!", Bubush appelle alors le president de Matel et lui demande de prendre les responsabilites et de s'excuser!!
La societe de (sur)consommation n'apporte pas le bonheur aux personnes que nous sommes mais grace a elle la Chine devient la plus grande puissance de ce bas-monde et viendra bientot reequilibrer la balance geo-politique qui, jusqu'a present, ne dependait que des USA seulement (l'Europe n'ayant plus le poids qu'elle a eu par le passe!).
vous imaginez un ministère des finances qui jubilerait en annonçant : on prévoit 2% de décroissance cette année !! un demi point de plus que l'année précédente.
difficile à croire.
Cher BriceMoulin, je crois que votre argument est à peu près aussi pertinent que celui des pêcheurs de thon rouge que l'on peut caricaturer ainsi: "on s'en fout qu'il n'y ait bientôt plus de poisson, on a besoin de nourrir nos gosses..."
Peut-on parler de décroissance sans parler des besoins et des droits?
(Sinon en se heurtant à l'incompréhension– au mieux_ d'une grande partie de la population précarisée?)
Aujourd'hui, par exemple, chacun sait que ce qui devrait être un droit – le logement_ est le souci numéro un et la plus grosse charge de dépenses de ceux qui sont précarisés.
Une politique de décroissance - à laquelle je suis favorable_ devrait nécessairement s'accompagner d'une politique de sécurisation des besoins fondamentaux (logement, santé, éducation): un toit, des prix bas pour les denrées de bases,des services publics forts et efficaces...
(On n'en prend pas le chemin..)
C'est quand on est assuré d'avoir le nécessaire que l'on peut réfléchir sur l'hyper consommation.. Sinon, le superflu devient un exutoire.(ça n'empêche pas d'ailleurs de réfléchir sur les manières les moins destructrices pour l'environnement d'avoir le nécessaire (nouvelles formes d'urbaisme et de logements, autoconstruction, meilleure gestion de l'eau, politique d'aménagement du territoire et de transports rendant la bagnole moins nécessaire)...
"...un toit, des prix bas pour les denrées de bases,des services publics forts et efficaces."
Vous avez raison, on ne prend pas le chemin. Du reste, même avec beaucoup d'espoir, cela n'arriverait pas avec le gouvernement actuel.
Ils ne savent pas penser comme ça. Ce n'est pas qu'ils ne s'intéressent pas à ces choses, c'est que le concept même de besoin fondamental leur échappe.
http://polemiquons.over-blog.com/
Une chose est sure, le model actuel (qui cherche la croissance) a durablement échoué a garantir un toit pour tous.
Pour que chacun ait un toit, il n'est au fond qu'une chose nécéssaire: le vouloir. Construire une maison viable et durable avec les techniques actuelles coute moins d'un an de RMI. Evidement ce serait un coup bas pour l'industrie du batiment et de la banque, la première ayant standardisé des techniques couteuses, exclusivement industrielles et même pas toujours efficaces comme horizon indépensable de la création d'habitation, la seconde gagnant son beurre a financer celles-ci.
Une fois ceci fait, c'est l'immobilier qui s'effronde car créer un logement de base créera un point de référence dur à dépasser.
Bref, on n'a pas vraiment envie d'avoir un toit pour tous, en vrai. Dans les meilleurs des cas, on a envie que tout le monde ait les moyens de se payer une maison, c'est à dire pas tant un accroissement des richesses qu'une meilleure distribution de celles-ci...
Je suis pour la décroissance. Il faut absolument faire quelque chose pour que la taille des parisiens décroisse. Ils sont trop grands, d'une façon générale, et surtout les jeunes - c'est à cause de leur alimentation qui est prévue pour les faire grandir, pour qu'ils consomment plus quand ils seront bien. Quand je suis dans le métro, c'est tout juste si j'arrive à voir le nom de la station (parce que ma mère s'est trompée dans le dosage de mon biberon ; 5 volumes d'eau pour un de lait en poudre, ou quelque chose, alors qu'elle a dosé le contraire), tellement il y a de grands maintenant.
Je ne sais pas si quelqu'un a une idée pour faciliter la décroissance des gens dans le métro ?
Les talonnettes ?...
Euh la décroissance elle a déjà commencé et pas hier à mon avis (la fracture sociale)!!...
Le superflu, les précaires et les travailleurs pauvres il y a longtemps qu'ils l'ont oubliés. Les petites retraites n'autorisent pas non plus à beaucoup de fantaisies, le salaire des caissières non plus....
Elle n'est pas encore généralisé pour les "classes moyenne" mais c'est les prochains sur la liste, la hausse du prix du pétrole et des matières premières (même si c'est en partie du à la spéculation) devrait continuer à calmer quelques ardeurs.
Comme cela a été dit la croissance calculée sur le PIB peut continuer mais la décroissance peut aussi être déjà amorcé pour nombre de consommateurs.
En fait la croissance ou la décroissance devrait être calculé sur le revenu moyen d'une tranche de revenu par rapport au cout de la vie (Impôts + Taxes + Pannier de la ménagère + coût des déplacements + logements). Pour les petits revenus je pense que la décroissance est amorcé depuis longtemps.
Personnellement je suis pour la decroissance des élus qui nous gouvernent.
explication: , nous avons a peu pres 600 deputes 350 senateurs qui nous coutent en salaire de base 7500 euros x 950= 7 125 000 par mois soit a l année 85 000 000 millions d euros ..... en remplacant ces senateurs et députés par de bon et loyaux chinois et,en etant genereux 1000 euros par mois et par élus cela nous ferait économiser 73 600 000 milions d euros .
voila une belle decroissance!!!!!!
Bien vu.
bizarre, à voir comme je suis noté, on pourrait croire que la démagogie qui veut que "nos élus sont trop payés" a de nombreux clients...
Pas bizare: Lamentable.
l'article qui fait plaisir , bien d'accord avec A.V qui resume parfaitement ma pensée sur l'obsession de croitre . Jusqu'ou ? vaut mieux commencer a y penser maintenant .
Dans peu de décennies, dites vous? Mais cette guerre est là, pas tout à fait à nos portes, encore que, mais elle est là. Je ne sais plus qui avait supperposé la carte des conflits en cours avec celle des ressources naturelles (même sans prendre en compte le pétrole et les énergies), c'était édifiant.
Des métaux rares qui entrent dans la fabrication des écrans de petites tailles (portables, I Pod et autres saloperies du même genre) aux moins coutants mais dont la demande est colossale...
La guerre est là, ne nous y trompons pas.
Alors la décroissance, une utopie?
Peut être.
La "Croissance", un cauchemard?
Absolument et ici et maintenant.
je parle d'une guerre "ouverte" et non de conflits plus ou moins larvés et circonscrits....
en attendant, je ne sais pas pourquoi, mais tout le monde a envie d'un peu de confort, bizarre, non?
"en attendant, je ne sais pas pourquoi, mais tout le monde a envie d'un peu de confort, bizarre, non?"
Bien sur, à commencer par les habitants de RDC, du Darfour...Les conflits larvés ou non, ça fait des morts. Pour les guerres ouvertes, patientez un peu ça devrait venir.
Alors moins de superflus pour "nous", une vie paisible et décente pour les "autres". Qui pourrait être contre?
L'écran super plat est-il l'horizon indépassable du bohneur? Changer de portable tous les ans est-il indispensable à l'épanouissement? Rouler dans de grosses cylindrées pour aller acheter son pain, etc, etc...
Travailler moins, gagner moins (et donc consommer moins), MAIS vivre mieux!
Et pour tout le monde.
Si la totalité de l'humanité consommait comme les plus nantis, il faudrait cinq ou six planètes pour fournir les matières premières. Ce qui veut dire que "nous" spolions la moitié, au moins, de la population mondiale. Un peu comme les actionnaires le font avec les employés de base, si vous voulez.
je ne vais pas donner dans la concurrence à la misère, qui serait plus que déplacée...
juste pour rappeler que de la misère, il y en a aussi ici, et que bien peu s'en soucient véritablement...
manque de soleil ?
La perte de vitesse de l'économie mondiale donnera, je l'éspère, l'occasion au débat sur la décroissance de percer enfin. Ce terme de "décroissance" a trop longtemps été associé a des images cataclysmiques: récession= chômage= inflation= ruine.
Aujourd'hui, avec notre bien modeste croissance, le chômage et l'inflation sont déjà là; preuve peut être que notre économie ne marche plus et qu'une réflexion en profondeur s'impose?
Si la réflexion sur la décroissance est intelligemment menée l'économie mondiale pourrait s'en trouver dynamisée: harmonisation des niveaux de vie, réduction de la fracture entre le Nord et le Sud, naissance de nouveaux pôles de compétences, mais aussi de pouvoir. La décroissance est une chance à saisir!
On va juste attendre que les banques coulent, et puis on paiera de nouvelles taxes parce que bon il faut bien répartir les dettes sur la collectivité.
Et quel sont ces sombres errements de la misère ?
allez , soyons fous , consommons a la plus grande vitesse possible , c'est le but non ? Si le brut n'etais pas aussi cher , on roulerais en V8 comme aux USA il y a dix ans ! allez goinfrons nous , a pied , a cheval et a credit s'il le faut . Vive l'ultra capitalisme qui apportera le bonheur a la planete ! Que nos gosses aillent chercher leur carte bleue et apprennent a pousser un caddie le samedi apres midi . Polluons joyeusement , les masses pauvres d'Afrique ou d'ailleurs ne vont pas nous tomber dessus ? preparez les casques .
Je ne vous comprends pas. Vous dites: " vivre mieux, plus simplement et sans mettre en danger la planète."
Vous venez de donner une bonne description de la décroissance. C'est pas la pierre philosophale.
Concrètement, est ce que ça nous ramène au moyen âge que de ne pas être compulsif dans notre comportement d'achat? N'est ce pas au contraire raisonable que de se contenter de ce qui nous est profitable vraiment? Ne pensez vous pas que les injonctions massives à la consomation de tout et de n'importe quoi (j'ai vu hier que la marque Sholl vends des lingettes à glisser dans les escarpins "pour faire du shoping" sans avoir de brulure aux pieds. Trouvez vous ça raisonable?) est la marque d'une folie collective,iraisonnée et fondamentalement alienante?
Combien de temps travaille t'on pour acheter des choses que l'on jette ou dont on ne sert pas?
Il faut travailler moins et partager et les ressources naturelles, et le travail.
Peut on croitre indéfiniment sans exploser????
Peut on croitre indéfiniment quand les ressources sont elles limitées????
Celui qui croit qu'une croissance exponentielle peut continuer indéfiniment dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste. Kenneth E Boulding
Si tout le monde vivait comme les américains il faudrait 6 planètes. Si tout le monde vivait comme les français il en faudrait 3.
Pour la décroissance il faut un "nouveau projet de socièté" avec des nouveaux droits a conquérir pour sécuriser les plus faibles, comme le droit a un "revenu de citoyenneté" égal au seuil de pauvreté.
Pour avoir plus d'information lire:
-Le pari de la décroissance. Serge Latouche
-Décroissance ou barbarie. Paul Ariès
-Comment les riches détruisent la planète. Hervé Kempf
-Le journal la décroissance dont le sous titre est le jounal de la joie de vivre.
-La revue Entropia qui est la revue d'étude théorique et politique de la décroissance. Le thème du numéro 4 est décroissance et utopie.
-Le site "décroissance.info"
Vivre simplement pour que tout le monde puisse simplement vivre. Gandhi
Il n'y a que la simplicité volontaire qui peut marcher. C'est une question d'attitude.
Merci à vous, sitoihien!
Juste une petite précision : je ne me réjouis pas que la croissance soit à la baisse. Ce que je dénonce, c'est qu'un certain type de croissance soit devenu un dogme économique. L'histoire industrielle, ce n'est pas seulement le taylorisme; c'est aussi l'innovation et la diversification technologiques. Mais ces deux moteurs de croissance sont fondamentalement différents, et même contradictoires. Le premier est d'ordre quantitatif, le second, qualitatif.
Et si on considère l'économie française actuelle, on constate que sa croissance est de moins en moins liée à sa diversification (euphémisme), et de plus en plus à un productivisme forcené.
L'erreur, me semble-t-il, consiste à confondre idéologie et outil, et de vouloir ainsi utiliser une solution même quand elle ne résout plus rien.
Alors, si la décroissance est l'occasion de démystifier la croissance comme philosophie inflationniste, très bien. Si c'est pour pleurer après un âge d'or enfui, très peu pour moi.
C'est pas pour casser l'ambiance mais la décroissance, c'est avant tout une réorganisation de la société et de ses objectifs se manifestant entre autres par une récéssion. Ce n'est donc pas un crash ou la récession malmène l'organisation d'une société construite autour de la recherche de croissance.
Concrètement, une récession telle que celle de 29 a crée de la pauvreté, et la pauvreté, surtout subite, est un nid à extremismes. Historiquement, il me semble convenu de dire que c'est cette crise qui a jeté les bases de la seconde guerre mondiale.
Il nous reste à espérer que les progrès accomplis depuis 29 nous évite au moins les famines...
Une simple remarque, de plus en plus de gens disent crash au lieu de crack , j'avoue que ça m'énerve un peu
Amicalement quand même sur le fond
Parcequ'en ce moment il n'y a pas de famine dans le monde?
On meurt de faim et de soif, là, en ce moment même. Et en France aussi.
la croissance est un problème mathématique simple :
prenons la richesse d'un pays et donnons lui la valeur 100
avec une croissance à 3% , au bout d'un an on obtient 103, facile
mais au bout de 2 ans on obtient pas 106 mais 106.09 puisqu'on ajoute 3% de 103 et non de 100
au bout de 10 ans on obtient 134.39 ... etc
on double la richesse en 24 ans , on triple en 38 ans
Le mythe de la croissance à 3% est donc mathématiquement plus qu'improbable et même des chiffres supérieurs à 2% sont fantaisistes puisqu'à 2% on triple la richesse en 56 ans
donc mathématiquement la croissance devrait être faible, voire nulle , voire négative
les pays d'asie qui ont des chiffres à 6% vont ralentir aussi puisqu'ils multiplieraient leur richesse, à ce rythme , par 5 en seulement 28 ans ...
il va falloir repenser notre économie
Bonjour nono.
Mathématiquement votre démonstration est imparable.
Mais il y a un 'hic'.
En quelle unité compter?
La majorité des monnaies des pays émergeants (ou de l'est de l'Europe) n'étant pas "convertibles" l'économie (et le 'PIB') y est aussi solide que l'enrichissement lors d'une partie de Monopoly.
Les nouveaux riches - il y en a toujours - s'y protègent en dollars, francs suisses ou euros, dans un 'paradis fiscal' mais le reste étant de la "monnaie de singe" que va-t-il arriver?
D'abord un marché noir du "papier" (comme dans les ex 'pays socialistes') mais ensuite?
La Grande muraille de Chine n'est pas le mur de Berlin.
Et, à titre d'exemple, malgré le soutien de l'Allemagne fédérale l'ex 'RDA' est, bien des année après, victime - économiquement et socialement, tjrs victime de son passé.
Je vous souhaite une belle journée.
Jissé
l'unité est simple: c'est la richesse du pays par rapport à l'année précédente et si on la calcule toujours pareil la monnaie n'a rien de plus à y voir que le reste !!
belle journée aussi
C'est incroyable de voir à quel point le mot croissance est devenu un gros mot.
N'est-ce pas la croissance qui a permis de reconstruire le pays en 1945? N'est ce pas celle-ci qui a permis d'offrir un travail à tous ces baby-boomers et finalement un confort (pas simplement matériel)?
N'est-ce pas le principe de la croissance qui permet d'investir dans certains innovations qui auront quand même fait avancer la société? Vous investiriez 100€ dans un projet si on vous disait qu'on vous rendrait 80€ dans 5 ans? Non. Alors au revoir la médecine par exemple, sauf financée par l'Etat, prêt à s'endetter à tout va, selon vos théorie.
En fait, plutôt de décroissance, je parlerais de croissance "saine", c'est à dire une croissance qui n'est pas tirée par des mécanismes risqués telles que les subprimes, et qui se veut raisonnable. Une croissance où l'on entendrait pas parler de procès pour abus de CDD toutes les semaines.
Et finalement, le consommateur y jouerait un rôle important. Plutôt que demander une décroissance qui verrait augmenter les prix (j'ai très envie de consacrer tout mon argent aux besoins fondamentaux et de, comme mes grands-parents, n'avoir ni le temps ni l'argent de partir en vacances), on pourrait "simplement" éduquer les gens et faire en sorte qu'ils arretent de vouloir des 4x4 à tout va pour satisfaire leur égo. Ce n'est pas crier "mort aux cons", mais c'est déjà un "vaste programme".
Et je pense que finalement, là-dessus, je rejoins sur le fond grand nombre d'entre vous.
Je ne crois pas avoir besoin de faire la liste des bienfaits de la croissance pour justifier son existence. Eduquer les gens semble beaucoup plus constructif que de mettre en place des lois ou des budgets pour faire régresser l'économie.
Lisez le commentaire du Yeti (en deuxième en haut), il réponds bien à vos arguments.
Vous dites " Vous investiriez 100€ dans un projet si on vous disait qu'on vous rendrait 80€ dans 5 ans?".
Ben pourquoi pas. D'ailleurs c'est ce que l'on fait à travers l'impot, les prélèvement sociaux. Sauf que ça s'appelle pas un investissement, ça s'appelle la solidarité, ou la mutualisation.
Que des gros mots, je sais.
Le texte du Yeti est intéressant, et je suis plutot d'accord avec. Mais je ne vois pas en quoi il répond à mes arguments.
Et où s'arrêter? La décroissance, jusqu'à quel point?
En outre, les prélèvement sociaux ne sont pas un investissement. C'est effectivement de la solidarité (et je suis vraiment pour) et ce n'est finalement rien d'autre que le prix pour un service rendu par l'Etat (Sécu, retraite etc...).
Mais justement, je donne 100€ à l'Etat en cotisation retraite. Et avec la décroissance, il n'a plus que 80€ à me rendre au moment de ma retraite?!?
Vous dîtes "ben pourquoi pas". Ca veut dire que vous allez trailler, gagner 100€, les investir (pcq le principe d'une banque, ce n'est finalement rien d'autre que d'investir la somme des économies des particuliers) et on vous rendra 80€. Ca ne vous gêne pas, vous qui défendez sûrement le pouvoir d'achat?
Si bien sûr! Et donc vous garderez précieusement votre argent caché sous votre matelas!
Je ne crois pas que les défauts du méchant capitalisme soient dans son mécanisme, mais dans l'utilisation récente que certains en font. Par contre, j'ai du mal à voir la crédibilité des autres alternatives.