Le gouvernement vient d'adopter, le 13 février 2008, un projet de loi visant à favoriser le développement des partenariats public-privé (les fameux « PPP »), près de quatre ans après l'ordonnance du 17 juin 2004 qui leur avait donné le jour. À cette occasion, certaines voix se sont élevées pour dénoncer l'intrusion excessive du privé dans l'univers public, pointant du doigt une extension du capitalisme, regrettant un recul du service public « à la française » et rappelant, pour alimenter la critique, les mauvais souvenirs des années sombres pendant lesquelles les politiques et les grandes entreprises vivaient une relation malsaine, cachée, et moralement condamnable.
Ces discours de défiance trouvent, hélas, facilement leur public tant le mariage public-privé paraît, pour bon nombre de personnes, nécessairement suspect. D'aucuns évoquent le copinage ou l'échange de bons services entre élus et grands patrons. Il est ainsi classique de voir les chiffons rouges s'agiter dès qu'un contrat important est passé, en matière de bâtiment ou d'infrastructure routière, entre un grand groupe et une commune, un département, une région ou l'Etat. Et si, comme cela pourrait être le cas pour Bouygues ou Bolloré, des amitiés personnelles existent entre le sommet du pouvoir politique et les dirigeants d'entreprises, les rumeurs de collusions peuvent courir avant même qu'un contrat ne soit signé ! Une voie raisonnable pour offrir à tous la qualité de prestations propre aux sociétés privées
Ces critiques sont pourtant totalement déplacées et ternissent un monde qui, si on fait l'effort de l'analyser rigoureusement, est bien éloigné des idées reçues et des calomnies dont il est l'objet. On oublie en effet trop souvent combien le partenariat public-privé est, alors que l'Etat est endetté à hauteur de 1 200 milliards d'euros et ne peut, comme l'avait reconnu Lionel Jospin lui-même, « pas tout », une voie raisonnable et efficace pour, tout en garantissant le maintien d'un service (du) public, offrir la qualité de prestations propre aux sociétés privées mises, pour notre bien à tous, en concurrence. Le PPP a ainsi largement fait ses preuves pour la construction d'hôpitaux, de routes ou d'écoles et s'avère être un moyen d'action rationnel alliant une optimisation réelle de l'allocation de l'argent des contribuables et le maintien de prestations respectant un cahier des charges très strict, fixé par les autorités publiques.
Plus précisément, les avantages des contrats de PPP sont indéniables : accélération, par le préfinancement, de la réalisation de projets qui, s'ils étaient demeurés purement publics, auraient pu ne pas voir le jour ; innovations bénéficiant directement à la collectivité par le dynamisme et la créativité du privé ; garantie de performances dans le temps et répartition optimale du risque entre le secteur public et le secteur privé, chacun supportant ceux qu'il maîtrise le mieux.
Les mauvais esprits semblent également méconnaître, consciemment ou non, la remarquable entreprise d'assainissement des relations public-privé qui a eu lieu ces dernières années, notamment depuis l'adoption de procédures très strictes d'attribution des marchés publics prévues par le code du même nom. L'article 1-II du Code des marchés publics dispose ainsi que « les marchés publics (…) respectent les principes de liberté d'accès à la commande publique, d'égalité de traitement des candidats et de transparence des procédures ». La directive 2004/18/CE du 31 mars 2004 va dans le même sens en posant les « principes de la libre circulation des marchandises, de la liberté d'établissement et de la libre circulation des services, ainsi que les principes qui en découlent, comme l'égalité de traitement, la non-discrimination, la reconnaissance mutuelle, la proportionnalité et la transparence ». Les contrats de PPP doivent bien évidemment se plier à ces procédures, dont la transparence est devenue le maître mot.
Le respect de ces principes est strictement vérifié et sanctionné par le juge national et communautaire (CJCE, 7 décembre 2000 – Telaustria), et leur efficacité a été renforcée par une augmentation constante des voies de recours et des garanties accordées aux candidats évincés des procédures d'attribution des marchés publics (CE, 16 juillet 2007, Société Tropics Travaux).
Des exceptions à la règle de l'appel d'offre
Certes, le projet de loi sur les PPP prévoit la possibilité d'écarter la voie de l'appel d'offre et de suivre une simple procédure négociée mais cette exception ne s'applique qu'aux contrats de partenariat inférieurs à un seuil fixé par décret qui correspondra au seuil communautaire et cette technique, qui doit être perçue comme un facteur de dynamisme et non, contrairement à ce qui a pu être évoqué, comme un facteur de corruption, ne sera en conséquence que très rarement mise en œuvre puisque la majorité des projets de PPP dépassent et dépasseront les seuils communautaires.
Nous ne pouvons donc que saluer la volonté gouvernementale d'ouvrir le recours aux PPP, jusqu'à présent limité à deux hypothèses (l'urgence et la complexité), à, d'une part, la démonstration de l'intérêt économique et financier pour la personne publique et à, d'autre part, l'urgence validée par anticipation pour des domaines
identifiés comme prioritaires. Cet heureux mariage public-privé pourra en effet désormais répondre aux attentes de l'enseignement supérieur et de la recherche, aux besoins portant sur la conception, la construction et l'aménagement d'établissements pénitentiaires, à ceux portant sur la conception et la maintenance d'immeubles ou à ceux relatifs aux infrastructures de transport.
La raison et l'analyse objective devraient -enfin- faire taire les mauvaises langues et inviter l'Etat à accélérer, dans un climat de transparence et de confiance, les partenariats avec le privé. De grands Etats comme le Canada s'y sont essayé avec succès. Ne laissons pas les idées fausses nous en priver.




















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De siribulle
11H49 | 22/03/2008 |
Pourquoi pas effectivement s'essayer à cette ouverture ? De toute façon l'Union Européenne nous l'impose en quelque sorte.
Ce qu'on a rarement dit c'est que l'Etat collabore depuis des années avec le privé : les associations. L'Etat sous-traite une grande partie de ces missions en matière d'insertion socio-professionnelle notamment. Il est certain que ce changement pour le secteur non lucratif est radical : en effet les associations sont désormais en concurrence avec le secteur lucratif. Cela risque de bouleverser le fonctionnement, leur organisation voire leurs valeurs d'« économie sociale » : les financements seront obtenus en fonction du projet présenté et de son coût. Déjà affectées par des baisses de subvention (terme en voie d'extinction), comment maintenir leur troupe en place et assurer un minimum de qualité d'accueil sans tomber dans la rationalisation à outrance des publics qu'elles sont censées aider ?
Loin d'être hostile au changement, même dans ce tiers secteur, qui mérite aussi de progresser et se moderniser, néanmoins, il faut rester vigilant. En concurrence avec le privé lucratif, comment les associations résisteront-elles ? Avec ces contraintes de profits, le secteur privé en charge du suivi des demandeurs d'emploi notamment risque d'oublier les intérêts des « clients-usagers » qui se verront instrumentalisés de toute part (public et privé).
De joanici
11H49 | 22/03/2008 |
Bonjour,
Pour que le partenariat marche, encore faut-il que les contrats signés n'affranchissent pas l'entreprise de tout… résultat, précisément. Travaillant dans une collectivité qui externalise pas mal de services, je constate que :
- Les pénalités prévues en cas de dysfonctionnement sont trop limitées pour être efficaces : les entreprises partenaires ont d'ailleurs tendance à les inclure dans leur budget prévisionnel. Et qu'arrive-t-il ensuite ? L'entreprise touche sa rémunération, et les employés municipaux repassent pour corriger les problèmes --> perte d'argent et de temps de travail.
- C'est parfois cher, bien plus que si le service était effectué par les employés municipaux déjà formés à l'emploi en question. Surtout lorsque le conseil municipal prépare un appel d'offres personnalisé pour favoriser une entreprise « amie ».
(Au passage, si toutes les « sociétés privées » garantissaient réellement une « qualité de prestation » nous vivrions dans un joli monde)
De siribulle
11H50 | 22/03/2008 |
Pourquoi pas effectivement s'essayer à cette ouverture ? De toute façon l'Union Européenne nous l'impose en quelque sorte.
Ce qu'on a rarement dit c'est que l'Etat collabore depuis des années avec le privé : les associations. L'Etat sous-traite une grande partie de ces missions en matière d'insertion socio-professionnelle notamment. Il est certain que ce changement pour le secteur non lucratif est radical : en effet les associations sont désormais en concurrence avec le secteur lucratif. Cela risque de bouleverser le fonctionnement, leur organisation voire leurs valeurs d'« économie sociale » : les financements seront obtenus en fonction du projet présenté et de son coût. Déjà affectées par des baisses de subvention (terme en voie d'extinction), comment maintenir leur troupe en place et assurer un minimum de qualité d'accueil sans tomber dans la rationalisation à outrance des publics qu'elles sont censées aider ?
Loin d'être hostile au changement, même dans ce tiers secteur, qui mérite aussi de progresser et se moderniser, néanmoins, il faut rester vigilant. En concurrence avec le privé lucratif, comment les associations résisteront-elles ? Avec ces contraintes de profits, le secteur privé en charge du suivi des demandeurs d'emploi notamment risque d'oublier les intérêts des « clients-usagers » qui se verront instrumentalisés de toute part (public et privé).
De François Doutriaux
Juriste et enseignant chercheur | 14H10 | 22/03/2008 |
Votre article me laisse, monsieur, un sentiment mitigé.
Je partage votre point de vue sur la nécessité de partenariats croissants entre le public et le privé.
Je m'étonne néanmoins que vous en limitiez la survenance aux avatars de la récente ordonnance de 2004, et que vous les présentiez comme une nouveauté.
En effet, de tels partenariat existaient bien avant la mise en place des PPPs.
Vous citez l'exemple de la construction du structures pénitentiaire : est-il nécessaire de rappeller que la majorité des dernières prisons construites dans notre pays l'ont été par un groupe privé (les fameuses « prisons bouygues » ou celles du groupe effage), dont le construction remonte au projet Chalendon en 1987 puis au projet Méhaignerie-Guigou de 1994, étendu en 2002) suite à une longue et pertinente étude de Bouygue, sans pour autant que l'état abdique systématiquement ses fonctions régaliennes quant à l'administration de ces structures.
Ce « partenariat » ne pose guère de probléme lorsqu'il se limite à la construction. En revanche, la gestion mixte est édifiante : loyers et frais de gestions confortables pour les sociétés privées, bénéfices sur la « cantine » et les servcies secondaires tel que la télévision(le prix des produits achetés par les prisonniers (et fournis par la société privé) y est infinimement plus cher qu'à l'extérieur), l'exploitation au rendement du travail de prisonniers sous-payés (et c'est un euphémisme), etc..
Si elle a des effets positifs (modernisation des isntallations, amélioration substantielle des conditions de détention, accés facilité au personnel médical (notamment dentiste) : notons que les spécialistes du groupe Bouygues furent effarés par le résultat de l'audit qu'ils réalisérent sur les prisons françaises et que la construction des 9 premières structures par le groupe aboutit à une élévation géénrale des conditions de vie en prison par effet de contagion), cette gestion mixte présente également des risques pour le moins substantiels.
Depuis Perben, les entreprises concernées par le partenariat carcéral sont dispensées de la procédure prévue au code des marchés publics et ont obtenu des crédit-bail avec droit d'occupation du terrain public de 20 ou 30 ans…
On peut donc rester dubitatif sur le contrat de partenariat qui prévoit la construction de trois nouveaux sites (Nantes, Lilles et Réau) dont la construction, la maintenance et la gestion des services seront assurées par Bouygues, moyennant un loyer annuel de 48 millions d'euros. Contrat renouvellable sur 27 ans, pour un montant global de 1,8 milliards d'euro.
Bouygues y assurera la restauration, la blanchisserie, l'entretien et le nettoyage…mais aussi la formation professionnelle et surtout la gestion du travail pénitentiaire.
Eut égard aux récents égarements de notre pays dans ce domaine (le nombre croissant de prisonniers exercant une activité professionnelle dans des conditions de rémunération pour le moins discutables), on peut légitimement craindre une américanisation de notre systéme carcéral.
Dois-je vous rapeller que la direction pénitentiaire américaine est devenue le premier employeur des états-unis, et que les conditions de travail (bien souvent quasi-obligatoire, sauf à vouloir passer 22 heures sur 24 dans une pièce de quatre métres carrés) des prisonniers y sont dénoncées par les organisations de défense des libertés civiles depuis quinze ans comme abominables (sans même évoquer une rémunération plus proche de celle d'un travail indien qu'américain) ?
Est-il nécessaire également de relever que la « bonne idée » de la privatisation du systéme carcéral américain a abouti à un gouffre finançier béant ? L'augmentation progressive des coûts des services par des entreprises côtées en Bourse (n'est ce pas le cas de Bouygues ? ) alors même que la construction des prisons est amortie depuis des années saigne à blanc l'administration pénitentiaire américaine…
Certes, nous ne sommes pas l'amérique, mais feindre de ne pas voir le risque inhérent à une telle pratique dans des domaines relatifs aux libertés individuelles me surprend de la part d'un juriste. La situation de nos prisons est désatreuse, tant en termes de surpopulation carcérale que de vétusté des installations. Les « privatiser » est certes moins coûteux, mais présente des risques de dérives qui se sont déjà concrétisés.
Quant à la transparence alléguée des offres de marché public, elle prête plutôt à rire. Considérer l'attribution des marchés publics comme un modèle de transparence relève au mieux d'un aveuglement volontaire. La pratique est assez éloignée des textes que vous citez, et je vous invite à cet égard à consulter les divers rapports de la cour des comptes dénonçant sans suite notable les dérives du systéme…
L'exemple de la construction du stade de France (entente illicite des acteurs nationaux, dépassement colossaux des budgets prévisionnels, etc…) illustre la réalité de cette transparence.
L'exemple de la sous-traitance partielle du suivi Assedic à une société privée (dont, rapellons-le, les résultats lors de la phase expérimentale furent légérement inférieurs à ceux des assedics pour un côut nettement supérieur) et de son extension récente en dépît d'un bilan pour le moins mitigé est également parlant.
Il l'est plus encore lorsque l'on découvre, comme l'indiquait le Canard enchaîné, les liens étonnants qui lient la société (basé en norvége me semble-t-il) et l'UMP.
La France souffre au contraire d'un manque de transparence certain dans l'attribution des marchés publics, et la chose ne date pas d'hier.
Dernier point, votre sous-titre « Une voie raisonnable pour offrir à tous la qualité de prestations propre aux sociétés privées » laisserait à supposer que les qualités de prestation du privé sont supérieures à celle du public.
Je gage, pour ne prendre que cet exemple, que vous avez rarement mangé dans un hôpital ou une prison, dont les services de restauration sont depuis longtemps privatisés. Pour un coût trés élevé, la qualité de la prestation y est pour le moins discutable (et c'est un euphémisme).
En guise de conclusion, je souhaite simplement m'associer à votre louable mise en avant des partenariats privés : ils existent depuis bien longtemps et peuvent, dans certains domaines, donner d'excellents résultats. Ils sont même nécessaires dans des domaines où l'expertise des services publics est insuffisante. Dés lors qu'il ne correspondent pas à une privatisation larvée d'une fonction par définition étatique. Dés lors qu'ils n'introduisent pas dans des domaines qui relèvent des libertés fondamentales des notions de profit ou de rendement par définition destructrices.
La gestion mixte par nos voisins (ex : le rail au royaume-uni) ou même en France (ex : l'eau, la gestion carcérale mixte) donne souvent des résultats aussi probants que la mise en concurrence (ex : l'énergie en France).
Feindre de ne pas perçevoir les dangers inhérents aux PPP, lorsque leur logique est poussée à son terme dans des domaines qui devraient rester le précaré de l'étât reléve au mieux de l'aveuglement idéologique.
Plutôt que de présenter les textes, il eut été préférable que vous mettiez en balance des expériences réussies et des domaines qui ont vu les PPP aboutir à des situations proprement scandaleuse (on ne manque pas d'exemples dans un cas comme dans l'autre).
Une approche objective, et non idéologique, de la réalité de ces partenariats ne nuit pas…
« La raison et l'analyse objective devraient -enfin- faire taire les mauvaises langues et inviter l'Etat à accélérer, dans un climat de transparence et de confiance, les partenariats avec le privé. »
Désolé d'être une « mauvaise langue » mais une approche « bisounours » (pour paraphraser mes étudiants) de cette question ne me paraît relever ni de la raison, ni de l'analyse objective.
Un climat de transparence et de confiance ne fait pas que se créer. Il s'impose.
Or, le recours actuel aux PPPs dans des domaines sensibles (telle l'institution carcérale) est dépourvu de tout contrôle effectif.
Est-il acceptable socialement, politiquement et moralement que l'univers carcéral devienne une « pompe finançière » au même titre que l'eau ou les autoroutes le sont devenus ?
Il est permit d'en douter…
De Infovite
Plébéien. | 11H54 | 22/03/2008 |
« Nous ne pouvons donc que saluer la volonté gouvernementale d'ouvrir le recours aux PPP. »
Saluons,saluons…
Manque plus que la musique pour que ça… marche !
http://info-espress.over-blog.com/
De layote
13H50 | 22/03/2008 |
Un PPP éloquent.Un centre hospitalier délègue l'entretien de ses ascenceurs à une société privée .Cela permet de ne pas remplacer ceratins ouvriers de l'hopital qui partent en retraite ou ne pas renouveller les précaires de plus en plus nombreux.L'économie porte sur les salaires sachant qu'à l'hopital il y a une astreinte assurant la prise en charge des problémes liés à la plomberie, électricité ascenceurs.L'astreinte est toujours financée mais exclut les ascenceurs.
Qu'à cela ne tienne : panne le wek end.Pb la dite société dépanne les asececeurs mais pas le week end sauf personne coincée dedans.Imaginez la désorganisation induite sans parler des délais d'interventions allongés alors qu'auparavant ce service était assuré par une équipe multidisciplinaire ….
Je ne vous citerai pas tous les cas de surcouts induits par la privatisation de certains secteurs à l'hopital (et cela ne garantit même pas un salaire décent ex : société de nettoyage)
Autre exemple : en organisant le transport du sang par le personnel de l » hopital jai généré une économie de 100 euros par course et surtout je maitrise le process donc la qualité.Car auparavant la société prestataire avait décroché le marché sans respecter les engagements de délai et de conformité la règlementation.En effet une fois le marché signé , difficile de revenir en arrière sans parler du cout et du temps passé pour ces marchés alors que nous disposons d'un potentiel en interne….
De pene-r
14H07 | 22/03/2008 |
Il est ainsi classique de voir les chiffons rouges s'agiter dès qu'un contrat important est passé, en matière de bâtiment ou d'infrastructure routière, entre un grand groupe et une commune, un département, une région ou l'Etat
Il serait peut être temps que les grands « réformistes » sortent de ce genre de clichés idiots ! !
Comme si les citoyens locaux étaient contre une baisse du coût de telle ou telle prestation simplement par principe (pour défendre le service public). Les chiffons rouges s'agitent parceque passé une certaine période au cours de laquelle les citoyens ont gobés (et acceptés) le principe du PPP, ils se rendent compte qu'ils ont souvent été floués (voir les exemples cités dans les comments ci dessus). Alors le bon citoyen a appris à lire et comprendre les contrats PPP et il les dénonce avant.
Donc l'origine des chiffons rouges est à rechercher parmi les escrocs du privé (et ce n'est heureusement pas le cas de tous les PPP), pas parmi ceux que vous raillez et rangez dans les rangs des anti-réformistes ou je ne sais trop quoi ! !
De Tophee
en haut a gauche | 15H05 | 22/03/2008 |
Pour tout ce qui concerne les « progres » du liberalisme, il n'est pas inutile de jeter un coup d'oeuil sur ce qui se passe en Grande-Bretagne. Regarder l'aventure de metronet, un PPP londonien qui devait renover certainne lignes de metro. Le budget a ete siphoner vers des societes privees qui on vendus des service a des prix bien superieur au marche a cete societe, souvent avec des complicites internes (on as vu des employer de metronet creer leur propre societe et signer des contrats avec celle-ci), et seulement une petite partie du travail a faire a ete effectuer avant que l'argent paye par le gouvernement soit epuise. Maintenant, le contribuable Anglais reste avec une facture sur les bras estimee a 1 milliard de livres, soit 1,5 milliards d'euros.
http://news.bbc.co.uk/1/hi/business/6992811.stm
Mais c'est vrais, les PPP, c'est fantastiques, enfin, tant que votre but est de tondres les contribuable comme s'ils etaient des moutons !
Il est vrais que quand on est maitre de conference a Science-po, pourquoi se laisser pas distraire par les vilaines reallitees du terrain quand on les theorie sont si belles ?
à Tophee
De joanici
15H10 | 22/03/2008 |
Le métro londonien a donc été rénové ? J'y ai fait un tour le mois dernier et j'ai pensé que les usagers qui se plaignent de la RATP ne connaissent pas leur bonheur…
à joanici
De Tophee
en haut a gauche | 13H38 | 23/03/2008 |
Vous avez du mal me comprendre. Les fonds pour sa renovation on ete debloque puis se sont volatilises dans des montages complexes. Quand a la renovation, quelques station ont ete repeintes, dans dautres on a refait le carrelage, mais c'est tout.
Vous avez totalement raison, les parisiens ne connaisse pas leur bonheur avec la RATP. C'est bon marche et sa marche tout le temps. A Londres, vous etes en retards plusieur fois par semaine a cause des metro en panne. Cela coute des milliard aux compagnie dont les employes arrivent en retard. Mais bob, celle-ci paye moins d'impots , alors elle sont contentes. Peut on le courage de dire quelle gagneraient plus si elle payait un peu plus de taxe pour avoir un systeme de transport qui fonctione.
Enfin, faut pas se plaindre, la modernisation des transport britanique est en route : J'ai lu il y as quelques annees que le dernier signal lumineux qui fonctionait grace a une lampe a huile avait ete remplace. (Et on ne voit pratiquement plus ces horrible wagon en bois avec une porte a chaque bout de chaque compartiment..)
De layote
15H12 | 22/03/2008 |
Autre exemple : une étude a montré que la gestion de « eau par les communes (par des fonctionnaires, oh qulle horreur ! ! ! est moins couteuse pour l'usager que lorsque c'est géré par de grands groupes qui se partagent le marché.Car la concurrence n'existe pas et une fois le marché confié au secteur public , c'est la course au profit (normal ceci étant , société à but lucratif…)Dommage pour notre pouvoir d'achat.
Autre exemple (toujours véridique° / Un CHU a eu la bonne idée d'être alléché par les nouveaux fournisseurs d'électricité car les tarifs étaient alors forts bas.Il en résultat la nécessité de changer certains matériels (exigence de la dite société) : pb depuis les tarifs ont augmenté au point de dépasser EDF.Conclusion rappel en urgence d'EDF qui accepte de revenir mais voyez vous il faut à nouveau changer certains matériels…Ell est pas belle la pensée simpliste qui consiste à prendre le moins disant ? ? ?
Et puis concernant EDF , quand j'entends dire que Po…. est moins cher , qui gère les infrastructures ? ? En cas de tempête comme en 1999 , qui sera mobilisé pour remettre en état le réseau ? ? ?
De Toby E
15H21 | 22/03/2008 |
Pour démontrer le théorème « Les PPP, c'est vachement bien », 2 axiomes sont nécessaires et suffisants :
1) le privé, c'est bien.
2) le public, c'est mal (et les fonctionnaires sont des fainéants).
Nota : ne pas confronter avec la réalité.
De sinclair
16H34 | 22/03/2008 |
On va finir à force de rabâcher des contre vérités a les faire passer pour des évidences.
Réfléchissez le secteur prive a pour but de gagner un maximum d'argent pour un minimum de cout, la qualité dépendant de la patience du client avant d'aller voir ailleurs. Pour limiter cette fuite du client on fait des ententes.
Donc si pas profit pas partenariat. L'état gardant les charges et les pertes le prive gardant les bénéfices. Grand classique a pleurer mais que l'on oublie rapidement devant ce prive si merveilleux panacée a tout le problèmes.
Nationalisons les pertes privatisons les profits, plus que jamais d'actualité
à sinclair
De compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09
bye bye.... | 16H41 | 22/03/2008 |
D'accord sur tout sauf sur le temps d'un verbe que je me permets de corriger en majuscules pour la clarté du propos : « On A FINI à force de rabâcher des contre-vérités par les faire passer pour des évidences ».
à compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09
De sinclair
17H54 | 22/03/2008 |
Euh ! ! je suis plus optimiste que vous j'espérais que cela n'est pas encore fait. Mais vous avez certainement raison a ce sujet
Merci !
à sinclair
De compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09
bye bye.... | 14H12 | 24/03/2008 |
Vous avez raison et moi aussi (si ce n'est pas du consensus ! ). J'aurais dû écrire « on a fini par les faire passer pour des évidences auprès de beaucoup ».
De léo solo
17H06 | 22/03/2008 |
Vous aurez beau mettre en fond la musique de la marche nuptiale et des bouquets de phrase comme celle ci :
« Cet heureux mariage public-privé pourra en effet désormais répondre aux attentes de l'enseignement supérieur et de la recherche, aux besoins portant sur la conception, la construction et l'aménagement d'établissements pénitentiaires,… »
Toujours est-il que les proposition d'un baccalauréat made in Mac Donald a été acceptée par le gouvernement britannique.
Si ça ne vous pose pas problème, c'est que vous avez hissé le chiffon blanc de la reddition.
On ne perdra pas de temps à ouvrir le dossier des armmées privées supplétives de l'armée américaine en Irak.
Vous êtes avocat.
Vous aurez beau affiner votre argumentaire, il a un défaut de fabrication dès le départ.
De galeazzo
18H21 | 22/03/2008 |
Ce Mathieu Laine, c'est le faux-nez de Marseille ou de Kervasdoé ?
Celui qui devine gagne 1 montre en or de 3,500 kg ou un gigot à l'ail pommes sautées.
à galeazzo
De léo solo
18H44 | 22/03/2008 |
isufidelire encliquantsursonom
« M L est avocat d'affaires et maître de conférences de droit privé et de philosophie politique à Sciences-Po.
Il dirige la collection “Idées fausses, vraies réponses” chez JC Lattès et a notamment publié “La Grande Nurserie, en finir avec l'infantilisation des Français” (JC Lattès - 2006).
Un spécialiste de l'infantilisation.
Y croit qu'on se croit au pays des bisounours.
De lopierron
20H30 | 27/03/2008 |
@François Doutriaux :
Rare sont les commentaires plus long que l'article qu'il commente, bravo ! : D
Puisque, je suis curieux, je viens de lire le dossier de presse officiel sur le dernier PPP prisons :
http://www.presse.justice.gouv.fr/index.php ? rubrique=10097&ssrubrique=10…
Du coup je me permet juste de remettre en cause votre phrase « la construction, la maintenance et la gestion des services seront assurées par Bouygues »
Car Bouygues n'est qu'un des actionnaires du consortium gagnant THEIA :
« Le titulaire du contrat sera la société THEIA, société de projet ad hoc dont les sociétés du groupement dont la société Norpac est mandataire seront actionnaires. Les actionnaires sont les sociétés suivantes :
Norpac (1,5%), GFC Construction (1,1%), DV Construction (1,1%), GTB Construction (1,1%), Quille (1,1%), Pertuy Construction (1,1%), Bouygues Bâtiment Ile-de-France (7%), Exprimm (5%), Dexia Crédit Local (7%), SEIEF (34,5%) et Royal Bank of Scotland (39,5 %). »
Et qu'il ne gère donc pas seul les services :
« Pour la réalisation des prestations de conception construction prévues au contrat, THEIA passera un contrat avec un groupement constitué :
- d'un groupement de conception, constitué de Synthèse Architecture, d'Alain Derbesse Architecte, d'IGREC Ingénierie, Norpac et Egis Aménagement
- d'un groupement de construction constitué des sociétés Quille, GFC Construction, GTB
Construction, Norpac, DV Construction, Pertuy Construction et Bouygues Bâtiment Ile-de-France.
Pour la réalisation des prestations de service prévues au contrat, THEIA passera :
- un contrat d'entretien et de maintenance, de prestation de transport et de fourniture des énergies et fluides avec une société ad hoc THEIA FM rassemblant les sociétés Exprimm et Idex.
- un contrat portant sur les services à la personne hors transport avec un groupement conjoint constitué des sociétés THEIA FM, Sogeres (restauration, hôtellerie, cantine) et Préface (formation professionnelle). »
Voilà ma petite pierre, sans rentrer dans le débat, que je trouve bien complexe à cerner.
à lopierron
De François Doutriaux
Juriste et enseignant chercheur | 00H12 | 28/03/2008 |
Vous avez parfaitement raison en ce qui concerne ce PPP spécifique : Bouygues n'est qu'un acteur parmi d'autres. Ce qui par ailleurs ne change pas grand chose au sens de mes propos : le consortium THEIA va se partager un contrat colossal et bénéficier de concession étendues dans le temps.
J'ignore par ailleurs quelle est la part exacte qui va revenir à BIDF, la ventilation des actionnaires ne reflétant que la répartition des bénéfices réalisés, et en aucun cas celle des contrats d'équipement, de construction, d'entretien et de service, qui absorberont l'essentiel du budget.
Ceci étant, je faisais avant tout référence aux « Prisons Bouygues » construites à partir années 90 lors du « premier tour » de collaboration public/privé dans ce domaine (dans le cadre des projets suscités).
Encore une fois, je n'y suis pas hostile sur le principe : ces « prisons privées » ont considérablement amélioré les conditions de détention quotidiennes de l'ensemble des détenus, les auditeurs ayant été trés choqués par ce qu'ils avaient vu : l'effet de contagion a entraîné un réhaussement notable des standarts de l'ensemble de l'administration pénitentiaire.
En revanche, les dérives actuelles (salaires des détenus ayant une activité professionnelle, tarifs du « cantinage », etc…) ainsi que les risques illustrés par l'expérience américaine en la matière (dont on doit certes limiter la portée : la France n'en est pas encore au stade dramatique de l'amérique dans le domaine carcéral) nécessite un contrôle étroit en amont et en aval du processus collaboratif.
Un contrôle quasi inexistant à l'heure actuelle, et en tout cas largement insuffisant.
L'approche de l'auteur de l'article (que l'on pourrait résumer par un « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ») fait preuve à cet égard d'une effarante naïveté.
La fréquentation des rapports de la cour des comptes est riche d'enseignement sur la transparence et l'efficacité de certains partenariats public/privé…
Quant à considérer les PPP comme une « nouveauté », cela revient à considérer que la recodification du Code du travail applicable au 1° mai va introduire en France une législation sociale.
Changer l'emballage, fut-ce de manière positive, ne revient pas à inventer un nouveau produit…