A debattre

« Moins grave » et cher : faut-il encore assurer le diabète ?

Mesure d'économie pour la Sécurité sociale, certains diabétiques pourraient ne plus être remboursés à 100% dès 2009.



Infirmière à l'Hôtel Dieu, Paris (Thierry Ardouin).

Les diabétiques coûtent cher. Pour l'heure, dix milliards d'euros par an. Mais les projections montrent que la facture du diabète grimpera à vingt milliards d'euros par an dès 2015. Faut-il les assurer à la baisse dans la mesure où l'impact du comportement et de l'hygiène de vie est importante sur cette pathologie ? C'est un médecin généraliste, internaute de Rue89, qui ouvre le débat. Parce qu'aux yeux de l'Assurance maladie, le diabète peut donner accès à ce qu'on appelle une prise en charge en « ALD », ou « affection de longue durée », ce praticien s'interroge sur le bien-fondé de cette couverture, qui implique une prise en charge par la Sécurité sociale à 100% des dépenses de santé liées à la pathologie.

Au total, un diabétique sur quatre est en ALD aujourd'hui. Sachant que l'ALD représente 60% des dépenses de santé. Le médecin riverain de Rue89 s'interroge :

« Pourquoi quelqu'un qui a mangé et picolé toute sa vie sans faire attention serait mieux pris en charge que des patients atteints d'arthrose qui, eux, ne sont pas à 100% ? “

En fait, il y a deux types de diabète. C'est au diabète de type 2 que ce médecin fait référence, qu'on appelle ‘diabète gras’ et qui concerne des adultes, ‘souvent de pléthoriques bons vivants peu soucieux d'une hygiène de vie minimum pendant une bonne partie de leur vie’, poursuit ce praticien internaute.

Le 19 février dernier, sur Canal+, Roselyne Bachelot-Narquin, la ministre de la Santé, a tiré dans la même direction, déclarant :

‘Les affections de longue durée regroupent des maladies très diverses. Des maladies très graves, comme le cancer, le sida, alzheimer… et des maladies moins graves comme le diabète ou l'hypertension.’

Les premiers signes avant-coureurs d'une évolution à la baisse de la prise en charge de certains diabètiques ? C'est ce que dénoncent en tous cas les associations, qui estiment les propos de la ministre ‘médicalement aberrants’.

Gérard Raymond, président de l'Association française des diabétiques, est outré de voir qu'on hiérarchise les pathologies donnant accès à l'ALD. A ses yeux, les propos de Roselyne Bachelot-Narquin sont ‘culpabilisants’ alors que c'est en termes de prévention qu'il faut doper le message :

Pour l'association de malades, qui compte 130 000 adhérents, les diabétiques seraient dans le collimateur des pouvoirs publics depuis deux ans et la création de la Haute autorité de Santé, ‘qui multiplie les recommandations contre la prise en charge du diabète’.

Lorsque l'on consulte le site de l'HAS, on trouve en effet un certain nombre de pistes de réflexion qui montrent que l'Autorité n'excluerait pas complètement que le diabète de type 2 sorte de la liste des pathologies qui donnent accès à l'ALD. Un préambule à une réforme en profondeur pilotée par le ministère ? Du côté du cabinet de Roselyne Bachelot-Narquin, on cherche pour l'heure à temporiser, depuis l'intervention de la ministre sur Canal+ :

‘Nous n'en sommes qu'au stade d'une réflexion globale sur les affections longue durée, dont le diabète. Mais pour l'instant il n'est pas question de supprimer la prise en charge à 100% des diabétiques. Cette réforme de l'ALD interviendrait au plus tôt au premier semestre 2009.’

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Portrait de vol19

De vol19

awash | 22H51 | 22/03/2008 | Permalien

Le déremboursement d'affections dans lesquelles le patient peut avoir une part de responsabilité est une idéologie qui circule actuellement en Europe.
L'Allemagne est allée le plus loin pour le moment (comme les jobs à 1 euro). Un article relayé sur rezo.net il y a quelques mois a présenté le cas d'une patiente contaminée par l'hépatite C dont la sécu a refusé la prise en charge du traitement. L'information serait venue à l'assurance maladie que la patiente avait eu un piercing… et pour l'assurance, celui-ci aurait été directement attribué à la contamination et menant à la décision de refuser la prise en charge. L'affaire fit grand bruit, et finallement l'assurance recula.

Ce cas de figure montre un principe qui consisterait a dérembourser si le patient a pris un risque. La question est : ou est la limite ? Qui tranche ? Surpoids, tabac, alcool sont dans le collimateur. On peut imaginer les fractures liés aux activités de loisirs, accidents dans laquelle la responsabilité est engagée, tentatives de suicides, sexualité etc…
Responsabilité mais d'un autre côté l'Etat, la société a encouragé à un moment donné, le tabac (l'ex seita fût même une ex administration rattachée aux douanes), la consommation…
La stratégie est de culpabiliser le patient.
Un article sur rue89 il y a quelques temps relayait une étude Hollandaise prouvant que les diabétiques ne coutaient pas plus cher sur le long terme car décédaient plus tôt… Cynique comme raisonnement. Certes, on essaye de nous faire rentrer dans le raisonnement qu'avec la mondialisation, nos « concurrents » Chinois n'ont pas d'assurance maladie, et les américains non plus (c'est même une des causes de faillites ou surendettement personnel-payer une opération comme tout acte médicaux très chers aux US)et comme la durée de vie augmente (à défaut de la qualité), « il faut » dérembourser et transférer l'assurance maladie au privé comme ailleurs. En poussant le raisonnement à l'absurde, l'euthanasie coutera toujours moins cher que le traitement… Assurément.
Dérembourser, privatiser, un bon business en perspective pour les assurances surtout et essentiellement … qui se feront un plaisir de titriser les risques sur la santé des personnes et les vendre les marchés internationaux… comme les subprimes,vous savez, on développera des questionnaires médicaux, des tests adn, imposera des hygiènes de vie strictes, autant dire que la vie ne vaudra plus grand chose. On soignera certains, et « apaisera provisoirement » d'autres.

Par contre un développement de « médecine préventive » associé à une meilleure qualité de vie sociale et de travail…l'environnement, pourraient permettre de réduire la facture médicale de manière significative (cf Suède par ex)

Attention à la sympathique Roselyne Bachelot, sa franchise à soi-disant 4 euros par mois…mais en fait qui tombe souvent à 58 euros par mois à payer sur janvier/février justement avec toutes les charges les plus lourdes, ce qui n'est pas évident du tout pour les bas revenus. La formulation était une tromperie, il faudra s'en souvenir.

Attention à ce principe qui consiste à faire payer les petits et à surtout rien remettre en causes des structures et dysfonctionnements sociaux et des rapports sociaux (manque d'inspecteurs du travail, relations au travail, urbanisme, transports, pollution…)qui poussent les individus à « compenser ».
C'est comme laisser faire ce casino financier et en dernier ressort solliciter le contribuable pour boucher le trou des banques…et après… on dérembourse vos soins. Vous laissez faire ?

Quand à la prévention au travail, étant très allergique à des produits et pour avoir creusé le sujet, je suis atteré dans le secteur du batiment, d'ouvriers, peintres qui travaillent sans masques, sans protections et qui ne sont même pas informés des risques qu'ils prennent à manier des solvants toute la journée ou respirer des particules. Lorsqu'ils auront 50/60 ans, l'assurance maladie acceptera t-elle de reconnaitre les risques professionnels ? Qu'est-ce que vous faites aujoud'hui ?

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