
On sait la communauté des chercheurs très attachée à la notion d'intégrité scientifique et aux mécanismes internes censés la maintenir. Mais la dernière occurrence d'article retiré en catastrophe d'un journal innove en la matière et scandalise la communauté scientifique à plus d'un titre.
L'histoire commence le 23 janvier dernier, date à laquelle un respectable journal de biologie moléculaire, Proteomics, pré-publie sur son site internet un article intitulé « Mitochondria, the missing link between body and soul : Proteomic prospective evidence », c'est-à-dire Les mitochondries, le chaînon manquant entre le corps et l'âme : perspective de preuves protéomiques.
Les auteurs, Mohamad Warda et Jin Han, respectivement égyptien et coréen, le présentent comme une « review », c'est-à-dire un article de synthèse des données actuelles, sur les protéines des mitochondries, ces organites (structures intracellulaires) participant entre autres à la production d'énergie dans la cellule eucaryote.
Flagrant délit de créationnisme
Moins d'une semaine plus tard, Attila Csordas, biologiste de la Nouvelle-Orléans, met en ligne sur son blog une courte note expliquant que, bien qu'il n'ait pas eu accès au texte complet de l'article, le titre retenu son attention : on ne peut pas dire que l'âme fasse partie du vocabulaire biologique courant… Le résumé de l'article est lui aussi intriguant puisqu'il annonce des données permettant d'infirmer la théorie actuelle de l'origine des mitochondries au profit « d'une alternative plus réaliste ». Cette promesse suffit à surprendre : un article de synthèse ne sert normalement pas à apporter de nouveaux résultats ou des théories originales, mais à présenter et évaluer ceux déjà existant.
C'est le 7 février que l'affaire apparaît vraiment au grand jour, quand P.Z. Myers, professeur de biologie à l'université du Minnesota (Morris), entreprend de démonter l'article sur son blog à grande audience Pharyngula.
Il le décrit comme étant à 90% un exposé précis et correct de l'état des connaissances sur le sujet. Mais les dix pourcents restants sont une autre paire de manche. Entre deux paragraphe pleins de données techniques et consensuelles, les auteurs s'en prennent à la théorie endosymbiotique, pourtant communément admise et bien étayée, qui fait descendre les mitochondries de bactéries en symbiose à l'intérieur des cellules. Dans un anglais maladroit, ils expliquent l'alternative promise dans le résumé :
Plutôt que de sombrer dans un marécage de débats sans fin sur l'évolution des mitochondries, il est mieux de trouver une hypothèse unifiée. (…) Plus logiquement, les points qui montrent une ressemblance protéomique entre différentes formes de vie sont plus probablement interprétés comme le reflet une empreinte unique commune issue d'un puissant créateur, plutôt qu'en se basant sur une cellule unique qui est, de façon douteuse, à l'origine de toutes les autres sortes de vie. »
La marque d'un puissant créateur, sans plus d'arguments ni de données ? Voilà l'article pris en flagrant délit de créationnisme ! Après quoi, on repasse à l'analyse de résultats récents sur le métabolisme mitochondrial, comme si de rien n'était. Mais dans la conclusion, c'est bien la métaphysique qui reprend le dessus :
« De nombreuses controverses sont encore à résoudre (…). La réponse pourrait être la contribution des protéines du cytosquelette, ou la présence de transporteurs spécifiques, ou même des variations du pH, etc. Cela pourrait être vrai, mais nous avons toujours besoin de connaître le secret derrière cette sagesse disciplinée et organisée. Jusqu'ici, nous nous rendons compte que les mitochondries pourraient être le lien entre le corps et cette sagesse préservée de l'âme, consacrée à garantir la vie. »
Ce raisonnement fait rire jaune les lecteurs de Pharyngula : voilà qui est tellement facile ! Il n'y a pas à se préoccuper d'hypothèses qui pourraient être vraies mais qu'il faudrait tester, évaluer, comparer, puisqu'il suffit d'invoquer un « puissant créateur », source de cette sagesse disciplinée de nos mitochondries. Cela confère-t-il une âme à tous les porteurs de mitochondries, champignons, végétaux et protistes ? Les auteurs n'en pipent mot.
Un plagiat révélé par les internautes
Les internautes, au contraire, ont la langue bien pendue : deux heures après la mise en ligne de cette critique, l'un d'eux remarque que la différence de style entre les parties techniques et celles plus théologiques suggère un plagiat. Encore deux heures, et une première occurrence de plagiat est identifiée : un plein paragraphe, copié mot à mot.
Moins de 24 heures après la publication de l'analyse du professeur Myers, au terme d'une curée d'une redoutable exhaustivité, les commentateurs auront prouvé qu'au moins 20% de cet article de quinze pages est un collage de passages, tirés d'une demi-douzaine d'articles non crédités dans la liste de références.
Des courriers indignés sont envoyés aux auteurs de l'article et aux responsables de la revue, ainsi qu'aux victimes pillées par ces « copier-coller » intempestifs. Le lendemain, Proteomics annonce le retrait de l'article incriminé pour cause de « redondance substantielle de son contenu avec d'autres articles ». Il n'apparaîtra donc pas dans la version papier.
Face à cette levée de boucliers, la position adoptée par les deux auteurs diffère drastiquement. Pour l'un, contrition : dans une courte réponse à P.Z. Myers, Jin Han s'excuse platement, explique avoir envoyé par erreur une version antérieure non corrigée et jure qu'on ne l'y prendra plus.
Pour l'autre, véhémence : Mohamad Warda persiste dans ses opinions sur « la nature disciplinée de ce qui se passe dans nos cellules ». Il nie en bloc tout plagiat et maintient qu'il ne s'agit que d'un mauvais procès dû à l'hostilité soulevée par ses théories :
« Ils veulent nous détruire parce que nous disons la vérité. »
Il pousse même l'ironie jusqu'à se comparer à Galilée…
La faute au système d'évaluation par les pairs ?
Mais aujourd'hui, un mois après ce retrait, ce n'est plus aux auteurs, sérieusement décrédibilisés, que les blogueurs demandent des comptes : c'est à la revue.
Que des scientifiques peu scrupuleux profitent du nombre énorme d'articles publiés chaque mois pour parasiter les travaux de leurs collègues et concurrents, cela n'a rien de neuf, et l'on ne reprochera pas aux membres, souvent bénévoles, des comités de lecture de ne pas connaître mot pour mot toute la littérature publiée. La solution, si elle existe, viendra plutôt du développement de logiciels capable d'exploiter les banques d'articles disponibles, comme eTBlast.
Mais comment ces rapporteurs, censés contrôler la pertinence et la rigueur scientifique des manuscrits qui leur sont soumis, ont pu laisser passer des énormités aussi flagrantes, voilà ce que la communauté des chercheurs aimerait comprendre. Michael Dunn, directeur de la publication, a reconnu que des erreurs avaient été faites, et que le système de « peer-review » (évaluation par des pairs en comité de lecture) n'aurait pas dû laisser passer cet article. Il n'a toutefois pas fait de communication sur la nature des erreurs commises. Il lui faudra pourtant s'y résoudre, s'il tient à conserver la réputation de respectabilité de sa revue.
Car le système du « peer-review » constitue l'un des piliers des conventions académiques internationales, et les biologistes américains, pour beaucoup impliqués dans la réfutation des thèses créationnistes qui prospèrent aux Etats-Unis, comptent sur son intégrité pour maintenir une barrière hermétique entre la science et les théories métaphysiques comme l'Intelligent design, qui cache mal ses racines créationnistes.
Certes, ces internautes pas comme les autres, pour la plupart chercheurs en biologie, sont satisfaits d'avoir vérifié l'adage informatique qui veut qu'avec assez d'yeux toutes les erreurs soient évidentes. Mais malgré l'efficacité de ce travail collectif, tous s'accordent à reconnaître que leur vigilance ne devrait pas avoir à s'exercer sur des cas aussi caricaturaux, qui auraient dû être détectés immédiatement par le filtre de la revue. Ils appellent donc les publications à une rigueur accrue, sans toutefois remettre en cause la structure elle-même. Car, pour citer un commentaire fort churchillien : « le peer-review est le pire des systèmes, à l'exception de tous les autres »…





















190
(Pour réagir, connectez-vous)
à PonG
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 13H32 | 23/03/2008 |
Vous n'allez pas me donner la leçon, non : -) ?
Je dois dire que je fais une sorte d'allergie au manque de rigueur et à l'incohérence du raisonnement. (Et pourtant, ma formation scientifique a été un désastre retentissant ! ) La faculté ne peut rien pour moi, je le crains.
à expat
De PonG
rationaliste fondamentaliste à Pari... | 12H19 | 23/03/2008 |
>« Si vous y croyez c'est parfait. »
Contre-sens total. Il s'agit de tout SAUF de CROIRE.
C'est très précisément ce point qui constitue le noeud gordien entre l'approche scientifique et l'approche religieuse. Je me répète mais ça il faut le marteler : en science on ne CROIT jamais. On SAIT ou on ne SAIT PAS. Et MEME quand on sait, on ne sait que JUSQU'A PREUVE DU CONTRAIRE. Point barre.
C'est donc évidemment le fait que vous ne compreniez pas ce principe élémentaire qui vous fait répéter des énormités comme cet oxymore à succès de « religion science ».
à PonG
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 22H16 | 23/03/2008 |
« Cet oxymore à succès » porte un nom, le positivisme, et vous semblez d'ailleurs apprécier ce culte de la Raison, à en croire que votre surnom humoristique ! Heureusement, nous savons tous, nous autres rationalistes, que le positivisme est une idéologie dépassée… et que règne aujourd'hui la « Fin des idéologies » -- qui a dit qu'on croyait les économistes-théologiens du Marché ?
à NonooStar
De Sacha25
13H25 | 23/03/2008 |
On voit bien là le rôle de la religion. Remplacer un savoir en devenir par une opinion politique : mon prophète a raison lorsqu'il dit que mon dieu s'est trompé (par exemple ici, en ne faisant pas les choses comme le disent les livres religieux, obligeant sans cesse à modifier le contenu des textes (la prétendue parole de dieu) pour l'adapter à la réalité), donc tu dois faire ce que je te dis comme je te le dis
De Claude N
19H12 | 22/03/2008 |
A propos des revues scientifiques
Le système « peer to peer » ( évaluation par un comité de lecture de pairs) serait le le pire des systèmes à l'exclusion de tous les autres comme la démocratie selon Churchill. Ce n'est pas faux mais ce n'est pas tout à fait vrai.
Dans ma spécialité, dont le statut de science est d'ailleurs contesté, la plupart des revues de psychanalyse, très nombreuses, sont la propriété des sociétés ou de petits groupes qui ne promeuvent que leurs propres idées et exercent une censure Force est de constater que des travaux neufs se font difficilement un chemin tandis que des textes répétitifs, longs, ennuyeux, font l'objet d'une publicité liée à la notoriété acquise en d'autres temps par leurs auteurs ainsi qu'à la position universitaire, éditoriale ou à la fortune et à l'entregent des signataires. Il manque à la psychanalyse des « annales » ouvertes à tous sous forme de communications courtes pouvant faire l'objet de la libre discussion orale ou(et) écrite sur le modèle de ce que la psychiatrie s'est donnée avec les « Annales Médicopsychologiques ». Tout étant permis, sauf l'attaque ad hominem , on entend et on lit des choses discutables mais on évite les âneries et les folies dans la mesure où elles feraient aussitôt l'objet de critiques orales et écrites.
Je suis frappé de voir que les sciences reputées plus dures que la nôtre sont fréquemment envahies par des spéculations obscurantistes. Il y a toujours eu des physiciens à la recherche d'un supplément d'âme . mais aujourd'hui, il y a plus : les sectes les plus délirantes et dangereuses cherchent et trouvent des appuis dans le monde politique, la haute administration et les grandes enterprises dès l'instant qu'elles se présentent comme les piliers de la foi et de l'autorité managériale. Les revues scientifiques ne sont pas indemnes, non seulement du fait de la contamination éventuelle de quelques chercheurs, mais du poids des « experts » payés par les industries pharmaceutiques et des subventions versées aux revues complaisantes et pas aux autres.
à Claude N
De PonG
rationaliste fondamentaliste à Pari... | 23H07 | 22/03/2008 |
« Je suis frappé de voir que les sciences reputées plus dures que la nôtre sont fréquemment envahies par des spéculations obscurantistes. »
Qu'est-ce qui vous fait dire cela ?
Qu'il y ait des cas, c'est certain (au moins un, celui de l'article).
Mais que ce soit :
1) plus fréquent qu'avant
2) plus fréquent que dans d'autres domaines intellectuels,
ça, ça reste à voir.
Des références peut-être ? (quantitatives bien sûr)
Quant au « poids des experts », j'ai regretté moi aussi dans un autre post sur ce même sujet que les scientifiques soient loin d'être toujours exemplaires en matière de rigueur intellectuelle. Néanmoins, il me semble indiscutable que c'est (et de loin) dans ce domaine que l'argument d'autorité a le moins de poids (même s'il en a).
Sur le fond, je partage bien sûr votre soucis de vigilance.
De affreuxjojo
21H40 | 22/03/2008 |
L » astrologue Elisabeth Tessier a tenté une assez minable entourloupe pour tenter de donner un début d'essai de caution scientifique à ses divagations astrologiques. Elle a soutenu et obtenu une thèse en Sorbonne (ce qui fait sérieux sur la carte de visite). Evidemment, ce n'était pas une thèse d'astrologie, mais de psychologie. Si ce dernier détail n'est pas précisé, ça peut piéger des gogos, ce qui était bien le but.
C'est une contradiction courante de ce genre de personnage : affirmer que les scientifiques sont des crétins qui n'ont rien compris et, simultanément, courir après des cautions scientifiques.
De son coté, l'écrivain Borges considérait que la théologie était la branche la plus féconde de la littérature fantastique.
Petit appendice (non nouillesque) à l'intention de Thierry Reboud : les thèses fondamentalistes et créationistes défendues par Bush et son entourage néo-conservateur sont totalement anti-scientifiques. Ce même milieu d'illuminés deviendrait subitement crédible et fiable quand il nous explique le 11 sept ? Je reste perplexe.
à affreuxjojo
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 22H48 | 22/03/2008 |
Bonsoir Affreuxjojo.
Le problème, c'est que si on démarre là-dessus, on ne va pas tarder à « troller » comme des bêtes…
Je fais à peu près autant confiance (pour des raisons différentes) à Bush et à son petit cercle qu'à ceux qui nous jouent l'air de la conspiration.
Compte tenu de mes connaissances scientifiques, je suis bien obligé de me fier à des personnes réputées être plus qualifiées que moi dans ce domaine.
La thèse que les complotistes appellent officielle n'a pas été démontrée par l'entourage de Bush mais par des experts dont je n'ai -jusqu'à preuve du contraire- pas de raisons de douter, et elle semble recueillir l'assentiment d'une large majorité de ceux qui sont à même de juger.
La thèse opposée (celle qui défend l'hypothèse d'un complot) ne repose à peu près que sur une logique biaisée, voire pervertie, comparable à celle que Nom Pas Déjà Pris et PonG ont résumée entre 17h42 et 18h24.
à thierry reboud
De PonG
rationaliste fondamentaliste à Pari... | 00H02 | 23/03/2008 |
Je rejoinds tout à fait la position de TR. Je n'accorde qu'un très faible crédit à l'administration Bush dont les mensonges étaient déjà avérés avant même le début du conflit.
Mais sur les thèses conspirationnistes, au delà du trollisme, il y a qqch d'interessant à relever, un élément qui est caractéristique des processus de croyance religieuse.
C'est le fait que la plupart des tenants de ces thèses ne sont absolument pas gênés par le fait que leur scénario « explicatifs » sont souvent encore plus improbables que les thèses officielles qu'ils rejettent justement parce qu'elles le sont.
L'exemple caractéristique est celui qui a mis le feu aux poudres, à asvoir le bouquin de Meyssan. Lorsqu'il disait qu'aucun avion ne s'était écrasé sur le pentagone, il ne lui vennait même pas à l'esprit de se demander où était alors passé le vol (et ses passagers) qui est censé l'avoir fait.
C'est là qu'on revient à l'Intelligent Design (non, non, j'étais pas HS : )) et à la religion plus généralement. Là aussi, l'une des motivations fondamentales de l'adhésion c'est, en gros, l'improbabilité du scénario proposé en raison de sa trop grande complexité (non, un prodige tel que l'oeil humain, ou l'hommme dans son ensemble, ou encore le parfait ajustement des constantes cosmologiques, etc. ne peuvent décidément pas être le fruit du hasard).
Mais, en revanche l'hypothèse d'une « entité » capable de régler tout ça (et donc forcément encore plus complexe) ne gène pas le moins du monde ces mêmes esprits.
Là encore, l'application des principes scientifiques de base suffit pourtant à régler le débat. Et en particulier le principe de parcimonie (ou rasoir d'Occam).
Il est évident que les explications officielles du 911 comportent des failles (et même des grosses).
Il est tout aussi évident que notre connaissance et compréhension du monde et de ses origines est imparfaite (et même sacrément, si s'ose dire).
Mais dans un cas comme dans l'autre (le complot ou Dieu) les alternatives sont des hypothèses ad-hoc encore plus complexes et improbables que ce qu'elles tentent d'expliquer.
Il y a décidément quelques petites choses utiles qu'il faudra un jour se décider à enseigner à l'école.
à PonG
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 00H36 | 23/03/2008 |
Et c'est là aussi qu'on se rend compte que l'Histoire du Cul de Marcel n'est pas seulement une plaisanterie…
Pour tout vous dire, j'ai essayé de faire valoir le principe d'Occam à certains énergumènes au cours d'un fil de commentaires sur Cotillard, actrice qui doute. Eh bien, si l'occasion se représente et si vous voulez bien vous y coller, je ne cracherais pas sur un coup de main de votre part.
Tiens, j'en profite pour répondre à Jac : non mais ça va pas la tête ? Je ferais probablement un dictateur tout à fait excécrable. Un dictateur gentil, encore, je n'aurais pas dit non…
à thierry reboud
De PonG
rationaliste fondamentaliste à Pari... | 20H20 | 24/03/2008 |
« Et c'est là aussi qu'on se rend compte que l'Histoire du Cul de Marcel n'est pas seulement une plaisanterie… »
Je pense en effet que l'histoire du cul de Marcel, outre son côté caricatural et provocateur qui la rend difficile à avaler pour les religieux, est rigoureusement juste. C'est précisément construit et chaque réplique du dialogue renvoit à un élément du discours religieux (qui ne concerne pas seulement les religions, on le voit). C'est quasi bijectif et vraiment, c'est une jolie prouesse. A l'arrivée, c'est quand même assez décapant.
Sinon pour le coup de main, on n'est jamais trop aidé mais je dois tout de même avouer que je renonce de plus en plus souvent à m'aventurer dans ce genre de polémique. Un peu par lassitude et un peu aussi par réalisme. Je le fais qqfois du bout des doigts (comme ici) mais je retire vtite mes billes. L'expérience montre (et je crois comprendre que la vôtre confirme), qu'à de rares exceptions près, c'est précisément parce que des gens ne parviennent réellement pas à saisir ou à intuiter des concepts comme le rasoir d'occam (entre autres) qu'ils sont réceptifs à des raisonnements biaisés. Et ils sont de bonne foi. Ce qui les rend aggréssifs lorsque vous vous opposez même (voire surtout) da manière argumenté aux idées qu'ils défendent avec leur trippes (c'est le pb). Et si en plus, vous en rajoutez une chouche en faisant une leçon méthodologie, vous êtes mort : ). Ca tourne au pugilat et c'est fatiguant. : )
Pour faire court et caricaturer un peu, ceux à qui ces concepts parlent ou sont susceptibles de parler n'ont pas vraiment besoin de nous et les autres sont hermétiques.
Ca parait pessimiste mais en fait je ne crois pas. D'abord, il y a les exceptions dont je parlais. Ensuite sur le fond, ce n'est ni bien, ni mal, c'est ainsi. Et enfin, et je m'arrêterai là parce que ça nous emmennerait trop loin, j'ai cessé de me consterner sur la crédulité. Car il semble que la propention à croire (qui chez tout un chacun cohabite avec la faculté de prouver, seule la proportion de chaque change d'un individu à l'autre) soit absolument nécessaire. Et d'une certaine manière, c'est presque obligé : puisqu'on parle d'évolution, si cette faculté ne présentait pas un avantage adaptatif, elle aurait disparu. Or elle est là et bien là. A mon avis, il faut donc faire avec et tenter d'en limiter les excès.
à thierry reboud
De jac le rat
aventurier | 00H23 | 23/03/2008 |
TR, président ! ! !
(ça m'est venu comme çà)
Voilà, de vieux sages comme toi, appelés à diriger les nations, à condition qu'ils n'aient aucune ambition pour eux-même. Et qu'il faille même aller les chercher au fond de leur tanière-refuge, par la force s'il le faut, pour les obliger à se sacrifier… Au mieux, pour se consacrer au service de la société.
Salut Thierry ! eh eh…
à jac le rat
De MAGENTA
Pesteux génétique | 00H45 | 23/03/2008 |
Moi je voterai pas pour ce type là ,il obligerait à fumer dans les lieux publics !
De C. Creseveur
D'actualité | 22H06 | 22/03/2008 |
Je ne pensais pas qu'il y avait des créationnistes chez les musulmans !
à C. Creseveur
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 22H10 | 22/03/2008 |
Je dirais qu'il y a autant de crétins chez les musulmans que n'importe où ailleurs.
à thierry reboud
De C. Creseveur
D'actualité | 22H23 | 22/03/2008 |
Je dis ça juste parce que ce n'est pas dans leurs méthodes habituelles de jouer l'infiltration sournoise pour tenter d'influer sur une analyse scientifique.
Les fondamentalistes musulmans jouent plutôt la charia quand un truc ne leur convient pas. Au pire ils lancent une fatwah, non ?
D'un autre côté ce Mohammad Warda n'est peut-être pas musulman !
à C. Creseveur
De PonG
rationaliste fondamentaliste à Pari... | 23H53 | 22/03/2008 |
Moi, au contraire et au risque de contrarier un peu les croyants raisonnables sur le sujet, ce que je ne comprends pas c'est qu'on soit religieux sans être créationniste. Franchement, ce n'est même pas de la provocation, ça me dépasse.
Si on croit en un Dieu et que ce n'est pas l'architecte de l'univers, honnêtement, je vois pas bien ce qui lui reste. Mais bon, ça doit être scientiste comme raisonnement.
à PonG
De NonooStar
Informaticien | 01H09 | 23/03/2008 |
Je vous conseille de lire « Une brève histoire du temps » de Stephen Hawkins. Tout le chapitre final est consacré à Dieu, au big-bang et aux lois de l'Univers.
Sa conclusion, c'est que, au niveau de la création, l'espace qui reste à Dieu, c'est le choix des lois qui régissent l'Univers, un choix limité vu qu'à l'heure actuelle on a besoin que d'un petit nombre de lois pour le décrire (et encore, les physiciens ne désespèrent pas de regrouper ça dans une loi unique).
De plus, on se sait pas encore si l'Univers est « sans bord » ou non. Si c'est le cas, Dieu n'aurait eu aucune liberté sur les conditions initiales au moment du Big Bang.
Donc il reste bien encore un petit espace à Dieu, pour ceux qui veulent croire…
à NonooStar
De A.V.
tamagotchi89 | 02H30 | 23/03/2008 |
Depuis les municipales à Neuilly, il ne reste rien. Même pas un petit espace pour un lutin scandinave. Depuis Neuilly, Dieu est mort. Je ne sais pas si l'Univers est « sans bord », mais la connerie, je sais.
à NonooStar
De Un compte supprime
nc | 02H32 | 23/03/2008 |
un ptit coin ?
à PonG
De Un compte supprime
nc | 02H41 | 23/03/2008 |
faut pas chercher de logique la dedans… pauvres heres que nous sommes perdus au coeur du neant infini, du vide icommensurable, du temps irreparable. Espaces infinis, vertiges dimensionnels… inimaginables, innaccessibles a nos sens et nos esprits bornes…
Parfois je regarde mon sexe et je pense : mais au fond, qui suis-je vraiment ? A quoi rime tout cela, enfin, diantre, nul jamais ne sussurera enfin la reponse liberatrice de mes angoisses ontologiques….
Mort enfin, aurais-je LA reponse ? A diantre, quelle malediction ! ! ! !
à Un compte supprime
De A.V.
tamagotchi89 | 03H08 | 23/03/2008 |
Moi, c'est quand je ne vois pas mon sexe que je me demande qui je suis. Tout est tellement plus simple, en-dessous de la ceinture.
De Fabienne Gallaire (auteur)
Journaliste | 13H16 | 23/03/2008 |
Pas de doute, il y a bien un créationnisme musulman.
Ils rentrent pour la plupart dans la catégorie du Old Earth Creationism, c'est-à-dire qu'ils ne prétendent pas, comme c'est la mode chez les littéralistes chétiens américains, que la Terre a été crée il y a 6000.
Celui qui fait le plus parler de lui en Europe et en Amérique est sans doute Harun Yahya (de son vrai nom Adnan Oktar) un prédicateur turc qui prétend démontrer l'origine divine de la création par deux arguments contre l'évolution :
1/ Ceci est un X actuel. Ceci est un X fossile. Regardez comment ils se ressemblent ! Il n'y a donc pas eu d'évolution. (avec X = poisson, grenouille, limule, …) Plus de détails par ici.
2/ La théorie de Darwin prédit des formes intermédiaires. Vous avez déjà vu, vous, un animal moitié poisson moitié étoile de mer ? Ou moitié oiseau, moitié grenouille ? Ah vous voyez bien que Darwin avait tort !
Et un dernier qui peut se résumer par « Ha, c'que c'est bien fichu la Nature ! »
Vous trouverez tout ça sur son site, et dans son fameux Atlas de la Création envoyé à grand frais à de nombreux lycées et universités, tant en France qu'aux Etats Unis.
Comment est financée cette opération de communication qui envoie aux quatre coins du globe des pavés pleine couleur de plus de 700 pages ? Excellente question.
à Fabienne Gallaire
De Les Ln au carré
démocrates sociales convaincues | 13H51 | 24/03/2008 |
Tout à fait, mais il faut souligner qu'il est loin de faire l'unanimité. En fait l'Islam à toujours été très tolérant envers les sciences. Lorsque l'Europe était dans ses pires moments d'obscurantismes, les têtes pensantes étaient encore présentes dans les zones dites « arabes ». C'est tout de même grace à eux que les anciennes « loies » découvertes par les grecs ne se sont pas « perdues » dans l'histoire. C'est le cas des théorèmes de Thalès, Pytagore ainsi qu'un certain nombre de références à de grands philosophes comme Socrate ou Aristote.
à Les Ln au carré
De C. Creseveur
D'actualité | 14H50 | 24/03/2008 |
C'est ce qui me semble aussi. Sans vouloir vous contredire Fabienne Gallaire, il me semble que les musulmans ne sont pas trop regardants d'une manière générale sur ce point. Mais ce n'est vraiment qu'un sentiment. Je n'ai pas de connaissances suffisantes sur le monde de l'Islam pour argumenter.
En revanche je m'étonne parfois que les arabes qui ont quasiment inventé les mathématiques n'aient pas été les premiers à envoyer une fusée dans l'espace !
De athénaïs
22H25 | 22/03/2008 |
Tout à fait Thierry, le problème c'est pas les musulmans, c'est pas les catho, c'est pas les juifs non plus, c'est ceux qui s'en servent pour asservir.
De Un compte supprime
nc | 02H26 | 23/03/2008 |
Et Dieu dans tout ca ?
à Un compte supprime
De MAGENTA
Pesteux génétique | 09H36 | 23/03/2008 |
Oui mon fils ….. ? ? ? ?
Dorment jamais sur rue 89 ? ? ?
Il manque une rubrique rencontre pour trouver l'ÂME SOEUR ! ! ! ! !
Pour Mon Al c'est plié mais il y en a peut être qui seraient intéressées ! !
à MAGENTA
De Arnaud Aubron
Rue89 | 19H34 | 24/03/2008 |
On dort rarement ; -) Pour la rubrique rencontre, on va y penser…
à Un compte supprime
De sûrderien
paresseux | 16H27 | 23/03/2008 |
Demandez à M. Allègre, il a la réponse.