
C'était en 1999, à l'Olympia à Paris, une salle comble mêlant émotion et ferveur. Sur scène, un quasi-octogénaire plus très solide dont la moitié de la salle connaissait par cœur les refrains et pressentait que ça risquait d'être le dernier concert public. Lili Boniche, le dernier survivant d'une culture judéo-arabe, s'est éteint dans la plus grande discrétion le 6 mars à Paris, mais on ne l'a appris que cette semaine.
Lili qui ? Tous ceux qui se poseront cette question faute d'avoir entendu le nom de ce chanteur né en 1921 dans la casbah d'Alger, reconnaîtront immédiatement certaines de ses chansons les plus connues, ne serait-ce que l'air de « Ana al Warka » qui passe chaque soir au générique de l'émission « Des mots de minuit » sur France2. D'autres refrains trottent dans beaucoup de têtes, tel « On m'appelle l'Oriental, parce que je suis sentimental »…
Incroyable destin que celui de Elie Boniche, plus tard « Lili », qui apprend très jeune la musique dans la casbah d'Alger, une musique populaire inspirée par la musique classique arabo-andalouse, qui lui vaut d'être méprisé par la haute société juive d'Algérie, mais adulé par la rue juive et arabe. Sa carrière de musicien s'arrête de manière surréaliste après son mariage avec une comtesse jalouse qui ne supportait pas ses passages sur scène…
Il sera « redécouvert », comme on dit, des années plus tard en France et au Moyen Orient, où ses chansons mêlant des paroles en français et en arabe ont trouvé un nouveau public. D'abord dans des fêtes de famille, avant de terminer avec ce concert à l'Olympia, reconnaissance tardive mais grandiose, un peu à l'image de ces vieux musiciens cubains comme Compay Secundo, adulés à la fin de leur vie. Au passage, il y aura quelques apparitions au cinéma, dont « Le Grand pardon », avec Roger Hanin.
Le même Roger Hanin qui, au début des années 1990, l'invita à chanter au mariage de sa fille en lui disant : « Tonton veut t'écouter, m'a-t-il dit, alors je t'attends chez moi au Trocadéro, il y a deux salons, un pour les invités, un pour nous trois. »
« Le président Mitterrand est arrivé à huit heures. Il m'a demandé “Viens, viens dans mes bras”, “On m'appelle l'Oriental”, un tango et un flamenco. Pour ces quatre chansons, je l'ai tenu pendant une heure ! Et puis, il s'est levé, que Dieu le repose, le pauvre, et il m'a embrassé, heureux comme tout ! “, racontait Lili Boniche dans Télérama.
Il contestait l'appellation ‘judéo-arabe’ : ‘Est-ce qu'on dit d'un musicien musulman qu'il joue de la musique islamo-arabe ? Je joue de la musique arabe, un point c'est tout’, rappelait jeudi Libération. Pour autant, il n'aura jamais pu chanter en Algérie après l'indépendance en 1962. Une page s'était tournée en 1962. Le livre s'est refermé le 6 mars 2008.

► Discographie
Alger Alger (1998) - Lili Live (1998) - Boniche Dub (1998) - Œuvres Récentes (2003) - Boniche Dub II (2003) (tous chez A.P.C., son dernier label). Trésors de la chanson Arabe (date non précisée, en import chez Creon). Il n'y a qu'un seul dieu, live à L'Olympia (date non précisée, en import).





















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De brogilo
in angulo | 13H19 | 21/03/2008 |
Apprenant la triste nouvelle, Haricot Macias aurait déclaré :
« C'est toujours les meilleurs qui partent en premier ».
à brogilo
De songhai
15H27 | 21/03/2008 |
C'est plutôt Roger Hanin qui doit se dire ça. Po po dis, brave Navarro, enfin promu commissaire principal, à un an de la retraite, pour avoir appelé à voter Sarko au 2ème tour.
à brogilo
De Adelyne sur le sable
Si je savais | 15H43 | 21/03/2008 |
Si j'ai bien compris monsieur, c'est que Haricot Machias, ne pouvait même pas être la « boniche » de ce grand musicien !
Qui a porté le « pêt » !
à brogilo
De Ada_Ada
19H37 | 21/03/2008 |
@brogilo
Il est géant le Haricot ! ! !
C'est pas lui qui appelait à voter Sarkozy pour faire régulariser tous ses amis sans-papiers ? lol ! ! !
à Ada_Ada
De Enguerrand
poubellier au Zimbabwe | 22H15 | 21/03/2008 |
LE MEGATUBE D'IL Y A UN AN :
(l'hymne à l'amour des sans-papiers)
J'allais le long des rues
Comme un enfant perdu
J'étais seul, j'avais froid
Toi Paris tu m'as pris dans tes bras
je ne la reverrai pas
La fille qui m'a sourit
Elle s'est seulement retournée et voilà
Et dans ses yeux, j'ai compris
Que dans la ville de pierre
Où l'on se sent étranger
Il y a toujours du bonheur dans Paris
Pour ceux qui veulent s'aimer
Et le coeur de la ville
A battu sous mes pas
De Passy à Belleville
Toi Sarko, je suis bien dans tes bras.
Le long des Champs-Elysées
Les lumières clignent de l'oeil
Quand j'ai croisé les terrasses des cafés
Elles m'ont tendu leurs fauteuils
St Germain m'a dit bonjour
Rue St-Benoît, rue Dufour
J'ai fait danser pendant toute la nuit
Les filles les plus jolies
LA la la la la la la la la la la la la la
Toi Sarko je suis bien dans tes bras
A vous : Toi Sarko je suis bien dans tes bras
Répétez : Toi Sarko je suis bien dans tes bras
Encore, encore : Toi Sarko je suis bien dans tes bras
Et toi Dijon, je suis bien dans tes bras… avec Sarko ! ! ! ohohohohoh ! ! ! ! !
H. Macias, 24 Avril 2007 . Meeting UMP de Dijon.
De patrick114
psychiatre à st anne | 13H40 | 21/03/2008 |
repose en paix même rachid taha chantait tes chansons
De Lo Stesso
Belleville | 00H15 | 22/03/2008 |
Le livre s'est refermé ? Pas d'accord. Du tout. J'ai même plutôt l'impression qu'il s'ouvre. Enfin. Il y a effectivement les deux « Diwans » de Taha, formidable reconnaissance et hommage aux pères (pairs ? ), mais il y a aussi la formation d'El Gusto, l'an passé, qui est bien l'expression d'un Buena Vista Social Maghreb.
Pourvu que ça dure.
http://www.youtube.com/watch ? v=G2IQc6jo4qI&feature=related
http://www.youtube.com/watch ? v=2cFjpqDBcAc&feature=related
De patrick114
psychiatre à st anne | 14H02 | 21/03/2008 |
et j'oubliais
http://www.youtube.com/watch ? v=SAsWA1XGd0I
De francodiac
retraité en AFN | 14H21 | 21/03/2008 |
Il était de la lignée de Raoul Journo,chantre de la chanson arabe que son pays natal, la Tunisie toute entière, officiels en tête, avait tenu à regretter lorsqu'il s'est éteint, il y à quelques mois à Paris. Que vive encore longtemps l'esprit et la culture Méditerranèennes ! ! !
De marie.sauvage
Apatoudi | 15H46 | 21/03/2008 |
J'apprends, en allant écouter Lili Boniche sur youtube, que Samy El Maghribi est décédé le 09/03/2008 à Montreal. Ils nous quittent les doux enchanteurs
à marie.sauvage
De NELEPHANT
16H34 | 22/03/2008 |
Naaan ? Samy El Maghribi ? Celui de « Dor byia, shibani, dor byia ? ? ? ? ?
De messaoud13
16H13 | 21/03/2008 |
Vous me faites rigoler avec vos commentaires. On voit bien que tous ceux qui interviennent ici n'ont aucune idée de ce qu'est la musique arabe authentique.
à messaoud13
De pablico
17H17 | 21/03/2008 |
la musique est belle ou pas. le reste quelle soit authentique ou pas on s'en balance ! Et cette musique est douce, belle et sophistiquée.
à pablico
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 20H51 | 22/03/2008 |
Joliment dit pablico ! Peut-être que messaoud13 veut nous parler de musique religieuse.
à messaoud13
De pfff
12H55 | 22/03/2008 |
et c'est quoi la musique arabe authentique, tu dois etre spécialiste ? merci d'éclairer notre culture
à messaoud13
De compte sup. à la demande du riverain 25.08
chat de garde | 17H55 | 22/03/2008 |
LA musique arabe il n'y en aurait donc qu'une ?
à messaoud13
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 20H47 | 22/03/2008 |
ça ne veut rien dire la musique arabe authentique.
Vous voulez parler de quoi par exemple ?
De l'anthologie de la musique arabe peut-être ?
De marie.sauvage
Apatoudi | 16H45 | 21/03/2008 |
à messaoud13
c'est-à-dire ? tu es le juge de l'authenticité ? Et que sais-tu de ceux qui interviennent ici ?
Tu veux juste ramener ta science estampillée musique arabe authentique
De patrick114
psychiatre à st anne | 18H20 | 21/03/2008 |
merci a marie la sauvage d'essayer de clouer le clapet des chançeux (messaoud)
De marie.sauvage
Apatoudi | 18H52 | 21/03/2008 |
je voulais dire à messaoud13 que la musique est pour tout le monde quelque soit la langue chantée. Et je pensais à un livre d'Abdelfattah Kilito « Tu ne parleras pas ma langue » (Sindbad Acte Sud). Dans la remarque de messaoud13, et à son insu, il y a de ça.
A Patrick : Marie Sauvage est le nom de ma trisaïeul. Je l'ai adoptée pour la vie virtuelle
De léo solo
21H58 | 21/03/2008 |
Merci
à Lili Boniche.
Tu reste un soleil
Une energie
là
sur ce cd
qui brille
et ne lasse pas d'être réécouté.
De bilqis
pr vivre heureux vivons caché | 12H30 | 22/03/2008 |
une cassette audio qui ne quitte pas la voiture, le cd gravé sur le portable, Lili, tu nous quittes par le corps mais ta musique reste pour toujours…
Zirhoncha le braha, repose en paix
De pfff
12H51 | 22/03/2008 |
je garde un super souvenir d'un concert de lili, grand bonhomme, merci et bon voyage
De bidule
23H56 | 22/03/2008 |
Honnêtement on s'en fout un peu . Par contre Chantal Sébire , elle , s'en est allée aussi , dans l'indifférence générale puisque pour les médias le problème est réglé .
Son appartement a été réquisitionné, l'entourage interrogé et pour finir le tout , son corps autopsié .
Mais ou vivons nous, dans quelle sorte de société pour ainsi traiter une famille dans la douleur et une personne morte dans la souffrance et l'abandon .
C'est la procédure disent certains, c'est la loi déclarent d'autres .
Chacun se sent dans son bon droit, du commissaire jusqu'au procureur ; la loi c'est la loi.
Les plus grosses saloperies ont été perpétrées selon ce principe à travers l'Histoire et cela continue .
Faute de s'insurger on pourrait penser que quelques personnes dorment mal depuis quelques jours . Rien n'est moins sûr .
Personne est responsable….c'est la loi .
La plus reculée des tribus d'Amazonie traite mieux ses morts !
Le fascisme tranquille n'est pas à nos portes , il est déja installé dans nos institutions bien-pensantes , appliqué par nos soudards d'Etat .
De Vincentn
13H12 | 23/03/2008 |
Triste d'apprendre cette nouvelle. J'avais découvert totalement par hasard Lili Boniche et sa musique il y a 10 ans, jeune étudiant que j'étais. Sans être un fan absolu de cette musique, j'avoue qu'elle m'accompagnait de temps à temps. Et elle continuera, même après la disparition de son auteur.
Paix à son âme.