La croissance française peut-elle complètement caler?
Les élections passées, le gouvernement accepte de revoir à la baisse ses prévisions de croissance. Explications.

Après avoir, pendant des semaines -préélectorales- soutenu mordicus qu’il n’y avait aucune raison de changer les prévisions de croissance (entre 2 et 2,25% pour 2008), le gouvernement s’est résigné à admettre que celle ci pourrait descendre sous la barre des 2%.
Il faut dire que les hypothèses sur lesquelles étaient fondées ces prévisions (et du même coup le Budget) sont devenues complètement irréalistes: un euro à 1,35 dollar (il est aujourd’hui à plus de 1,50 dollar) et un baril de pétrole à 75 dollars (il flirte aujourd’hui avec la barre des 100 dollars). Les économistes estiment qu’une hausse de 10 dollars du baril de pétrole, sur un an, réduit la croissance de 0,3 point.
Pour le premier semestre, l’Insee table désormais sur une croissance de 0,7%, contre une précédente prévision de 0,9%. L’augmentation de l’inflation, qui dépasse 3% en rythme annuel sous l’effet de la hausse des prix des matières premières et autres produits alimentaires, affecte le pouvoir d’achat, ce qui grippe le moteur de la consommation des ménages.
A Bercy, on prévoit désormais que la croissance en 2008 sera comprise entre 1,6% à 1,8%. Une nouvelle fourchette sera officiellement présentée à la Commission économique de la Nation, mi-avril. Pas de miracle: le méchant nuage, parti du marché immobilier américain, poussé par la hausse de l’euro et du pétrole, n’a pas contourné l’Hexagone.
La France est-elle plus préservée que l’Allemagne ou la Grande-Bretagne?
C’est ce que la ministre de l’Economie et des Finances, Christine Lagarde, a suggéré lundi matin au micro d’Europe 1. L’économie française serait « plutôt plus solide et plus résistante » que ses voisines européennes, et la ministre ne s’apprête donc pas à réviser ses prévisions de façon aussi importante que ne l’ont fait ceux-ci. Une remarque un peu bizarre: l’Allemagne a récemment réduit sa prévision de croissance 2008 de 0,3 point, de 2 à 1,7%, exactement ce que la France s’apprête à faire.
La France peut, certes, se consoler en se disant qu’elle descend de moins haut. Elle tombe d’un tabouret, quand les autres pays chutent d’un escabeau. En 2007, la croissance britannique a ainsi terminé à 3,10%…
Le chômage risque-t-il de repartir à la hausse?
La baisse du chômage était facilitée par la structure démographique de la population (la retraite des baby boomers): il pouvait baisser avec seulement 2% de croissance (contre 3% dans les années 1990).

Mais en deçà de ce niveau, cela devient compliqué. L’Insee annonce que la baisse du chômage (aujourd’hui tombé à 7,5%) devrait s’interrompre au cours du premier semestre. Le taux de chômage se stabiliserait alors pendant l’année 2008.
Que peuvent faire les autorités politiques ou monétaires?
La Banque centrale européenne peut avoir un peu plus d’allant dans sa volonté d’éviter une récession en Europe. La Réserve fédérale américaine, qui a réagi avec hardiesse (une baisse de 3 points des taux d’intérêts) a montré la voie.
Le gouvernement, lui, n’a guère de marge de manoeuvre. S’il veut soutenir la croissance, il doit passer par des dépenses publiques et/ou des réductions d’impôts, et par conséquent, par une hausse temporaire du déficit public, déjà considéré par les partenaires européens de la France comme bien trop élevé. Sarkozy et le gouvernement Fillon ne semblent pas prêts à s’engager dans une telle politique, alors que la France s’apprête à présider l’Union européenne à compter du 1er juillet. L’un des conseillers de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, le regrette.
L’Insee, dans sa note de conjoncture, met en garde contre une stagnation du pouvoir d’achat des ménages, qui gripperait le moteur de la consommation. Après une hausse (statistique) de 3,1% en 2007, il risque de ne progresser que de 0,3% au premier semestre. Pour le soutenir, la gauche a proposé plusieurs mesures: une baisse de la TVA sur les produits de première nécessité, une augmentation des salaires des fonctionnaires, un coup de pouce au Smic… mais le gouvernement considère que de telles mesures seraient irresponsables.
Tout ce qu’il se borne à proposer pour aider la croissance, c’est une loi sur la "modernisation" de l’économie. Elle prévoit une augmentation des aides aux entrepreneurs (déjà nombreuses), une libéralisation des règles concernant le commerce et quelques mesures pour attiser la concurrence. Pas de vitamines immédiates pour aider la conjoncture, donc.
Ce qui est certain, c’est que le gouvernement doit coûte que coûte s’abstenir de tout plan de rigueur, qui ne ferait qu’accroître les difficultés actuelles. Avec le ralentissement, les recettes fiscales ne manqueront pas de diminuer, et les pressions politiques en faveur de mesures de redressement ne manqueront pas de s’exprimer.
Pourquoi les bénéfices des grandes entreprises se sont-ils maintenus malgré la faible croissance?
Les sociétés du CAC40 ont dégagé près de 100 milliards d’euros de bénéfices en 2007, autant qu’en 2006. Ce sont de très grands groupes, tournés vers l’international. Leurs résultats ne reflètent donc pas la santé économique de la France. On estime que les trois quarts de leurs bénéfices sont réalisés à l’étranger. Or, la croissance mondiale a dépassé 5% en 2007. Certains groupes ont orienté leur stratégie vers l’Asie (LVMH, l’Oreal), où la croissance dépassait 7% (et même 11% pour la Chine).
Les groupes pétroliers profitent de la hausse du brut (et ce, malgré la baisse du dollar). C’est le cas de Total, le champion du palmarès avec 13,2 milliards de dollars. De même, Vallourec, qui fabrique des tubes utilisés dans les forages pétroliers, a connu un quasi doublement de ses bénéfices (917 millions d’euros). ArcelorMittal profite, lui, de la forte demande mondiale d’acier: il engrange 7,6 milliards de dollars.
Mais si les bénéfices ont explosé ces cinq dernières années, les salaires ont augmenté de façon très modérée. Les syndicats dénoncent dès lors une situation où seuls les détenteurs de capitaux profitent de ces bons résultats.
Il existe pourtant des zones d’ombre dans les comptes du CAC40: ainsi, à l’exception de la BNP, les banques ont vu décroître leurs bénéfices: c’est le cas de Dexia (-8,9%), du Crédit agricole (-17%) ou de la Société Générale (-82%). Renault n’a pas encore renoué avec la hausse de ses profits (-7%). Quant à Alcatel-Lucent, EADS et STMicroelectronics, qui affichent des pertes, ce sont trois sociétés en pleine restructuration.
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La « croissance » du PIB est générée principalement par les dépenses des ménages, comme l’indique ce tableau de l’INSEE. (entre 50 et 60% suivant les années)
http://www.insee.fr/fr/ffc/chifcle_fiche.asp?tab_id=514
Pour faire redémarrer la « croissance », une seule solution : faire redémarrer les dépenses de consommation. Mais quand la majorité de ces ménages n’a plus un rond, c’est un peu difficile.
Pour y remédier, le gouvernement voudrait baisser les prélèvements obligatoires pour augmenter les revenus disponibles. Oui, mais cela voudrait dire qu’il faudrait baisser les dépenses, et, comme la plupart des dépenses se situent dans le domaine de la protection sociale (santé, retraites, chômage), il y a un gros risque pour nous.
La solution que le gouvernement ne veut pas envisager, c’est de mettre à contribution les entreprises et les revenus du capital. Pourtant les entreprises sont dépendantes de la consommation.
Rien ne sert de produire si personne n’achète.
Les revenus du capital baisseraient, c’est sur. Mais cette solution (qui pourrait n’être que temporaire) aurait l’avantage de relancer la consommation et donc, la croissance du PIB.
Le gouvernement reste ancré sur des positions libérales, très dogmatiques, et absolument plus en phase avec la réalité. Les « marchés » ne se contrôlent plus, ils courent vers la faillite. Les capitalistes n’investissent plus dans la production et pensent à court terme, plutôt que de viser le développement futur.
Alors, pour répondre à la question posée en titre d’article, Oui, la croissance française peut complètement caler et de la faute même de ceux qui la souhaite. Et si nous continuons à nous bercer de douces espérances, à croire que nos frontières vont nous protéger de la crise financière, nous pourrions même rester en crise alors que nos partenaires économiques en sortiraient.
http://polemiquons.over-blog.com/
En fait, la vraie question, c’est
« La croissance française peut-elle complètement redémarrer? »
Dire qu’il y a quelques mois on nous promettait que le pasquet fiscal, les heures sup et les actions entreprises par le gvt à travers les réformes devaient faire rebondir la croissance française. Le pdt n’allait-il pas jusqu’à promettre d’aller chercher la croissance avec les dents ?
Les élections municipales ont mis le feu aux idoles de papier. Un membre de l’UMP a qualifié récemment les fameuses réformes de « réformettes ».
Aujourd’hui on enfonce le clou. La révision tardive des chiffres de la croissance marquent un retour à la réalité et surtout un constat d’impuissance du gvt non seulement face à la conjoncture mais sur sa propre capacité à gérer le pays.
Pire la récession économique qui s’annonce laisse l’image d’un gouvernement déniant la réalité jusqu’a ne plus devenir crédible. Depuis des mois, bon nombre d’observateurs qualifiaient le budget de l’Etat 2008 d’irréaliste.
Cette situation n’est pas sans rappeler la canicule de 2003 qui laissa la vision d’un gouvernement aux abonnés absents quand les français avaient besoin de lui. Le gvt semble en effet davantage se préoccuper de l’équilibre de son budget que d’apporter des réponses concrètes au choc économique qui s’annonce.
Les français seront probablement le seul peuple d’Europe à subir la récession économique abandonné qu’il sera pas un gvt imprévoyant habitué à user des rares marges manoeuvre budgétaire pour maintenir un train de vie que l’on sait dispendieux.
La « libéralisation des régles concernant la concurrence et les mesures pour attiser la concurrence » évoquées dans l’article sont plus ou moins contenues dans le rapport Attali. Ces mesures se fondent sur une idée simple: l’Etat ne pouvant ou ne voulant pas donner un coup de pouce aux salaires, l’amélioration du pouvoir d’achat doit être obtenue autrement, c’est à dire par des baisses de prix. A défaut de pouvoir stimuler la demande, il s’agit de rendre l’offre plus attractive.
Si une telle démarche peut donner quelques résultats sur le court terme, elle présente un sérieux danger à plus long terme. Si la concurrence est plus rude au niveau du commerce, elle sera également plus rude au niveau des fournisseurs. Cette pression accentuée sur les coûts de production peut avoir deux types de conséquences: soit une accélération des phénomènes de délocalisation, soit une pression encore accrue sur les salariés au sein des entreprises ( course à la productivité, stress, stagnation des salaires). Pour rester dans la course, ces entreprises exigeront également des baisses de charges( conduisant à une baisse des prestations sociales).
La population n’est pas faite de deux catégories distinctes d’individus: des consommateurs d’un coté, des producteurs de l’autre. Les mêmes personnes sont alternativement l’un et l’autre. Ce qui sera gagné à la caisse du supermarché sera payé, d’une façon ou d’une autre.
Cette contradiction entre le court terme (qui est le rythme des politiques toujours en campagne) et le plus long terme (qui est le rythme des évolutions plus profondes) est très largement illustrée aux Etats-Unis par le système Wall-Mart. Cette enseigne (premier groupe mondial de distribution) fait effectivement toujours baisser les prix là ou elle s’installe. Ces méthodes commerciales « musclées » et sa puissance d’achat ratiboise également nombre de ses fournisseurs. La baisse des prix est rapidement suivies de faillites, de chômage, et de baisse des salaires. Cette entreprise est également le premier importateur américain de produits made in China. La méthode réussit excellement aux actionnaires de cette entreprise. Beaucoup moins bien à ses salariés (vu l’antisyndicalisme obsessionnel de l’entreprise). Beaucoup moins bien également aux salariés américains dans leur ensemble.
Faire de la France le 53ème état des Etats-Unis d’Amérique est peut-être un phantasme Sarkosien. Ce n’est pas forcément ce que souhaite la majorité des Français
Eh vous avez vu la photo?nicolas qui soutien lagarde.C’est un peu nicolas qui maintien la France dans un fragile équilibre,malade qu’elle est de la politique égoïste de son équipe et qui hésiterait pas à la faire chuter dans un de ces mouvement nerveux qui le caractérisent.Un toubib ,vite!…non,DEUX!