Entendu sur France-inter le 3 mars vers 8h20, dans la bouche de Bernard Kouchner:
« Les Français sont d’accord avec les réformes du gouvernement. La preuve, les syndicats ont signé les accords et aujourd’hui, d’ailleurs, il n’y a pas de grève en France. »
Dans le même temps, le quotidien Les Echos daté du 4 mars titre sur l’inquiétude des DRH devant la multiplication des conflits sociaux et la créativité des salariés qui, pour faire entendre leur mécontentement, inventent des formes de protestation de plus en plus diversifiées, outre la grève, ce « rituel » suranné auquel s’obstinerait à sacrifier un petit carré d’irréductibles rétrogrades, si l’on en croit, sur la même radio, à la veille d’une grève de la fonction publique, le ministre de l’Education nationale.
Pourtant, le mammouth ne devrait pas se plaindre, pourrait continuer un brontosaure, en ce moment sur les starting-blocks pour reprendre du service. Il a si peu été dégraissé, le mammouth, et le sera si peu dans un avenir prochain!
Seul un enseignant sur trois partant à la retraite ne sera pas remplacé à la rentrée 2008… Seulement 11200 postes seront supprimés à la rentrée 2008 dans le second degré… Soit moins de 1% de ce que d’aucuns avaient appelé naguère « l’armée rouge » de près de 1,2 million de personnes.
C’est bien peu en regard de si grandes promesses faites en 2007, mais les Français ne doivent pas s’inquiéter, les réformes vont s’accélérer. Il faut absolument mieux faire et supprimer encore plus de postes de fonctionnaires, donc d’enseignants, le plus vite possible, pour alléger les déficits publics. Notre Président, notre Premier ministre, nos ministres, tout notre gouvernement nous l’ont garanti. Faisons leur confiance, ils le feront. Ce n’est qu’un début…
Leçon de calcul
Au lieu de refuser, protester, jouer encore à la vieille garde des râleurs démodés, faisons quelques comptes. Supposons un professeur agrégé hors classe, en fin de carrière, à la veille de la retraite, soit le salaire le plus élevé de la profession, il a touché en décembre 2007, 4145 euros de salaire brut tandis que la part patronale, c’est-à -dire les cotisations supportées par l’Etat-patron s’élèvent à 2768 euros. Au total ce professeur coûte donc à l’Etat-patron 82956 euros par an.
Supposons que les 11200 postes supprimés correspondent au salaire de ce bienheureux privilégié qu’est l’agrégé hors classe à la veille de sa retraite, il en coûterait à l’Etat-patron 929 millions d’euros, soit environ 2% du montant du déficit public estimé pour 2008, ou encore 6% du paquet fiscal de 15 milliards d’euros (qui représente lui-même 37% du déficit public) offert chaque année aux plus fortunés depuis juillet 2007 pour provoquer un choc de croissance, milliards auxquels on pourrait rajouter les 24 milliards d’euros annuels d’exonérations de cotisations sociales.
Comme chacun sait, ce bienheureux privilégié qu’est l’agrégé hors classe à la veille de sa retraite ne représente que 0,5% des enseignants et 0,3% des personnels de l’Education nationale. Le prof moyen, lui, reçoit 2244 euros bruts par mois soit un salaire annuel brut de 26 933 euros.
A retenir: ce bienheureux privilégié qu’est l’agrégé hors classe qui part à la retraite, c’est donc 82956 euros de moins à supporter par le budget de l’Etat. A comparer avec les parachutes dorés, les salaires des patrons, l’argent injecté pour la survie de la Société Générale après la mésaventure des subprimes, et, enfin, le petit million et demi d’indemnités versés à M. Gautier-Sauvagnac (sur quels budgets? entreprises? provisions pour risques? partenaires sociaux? Etat?)
Si, donc, tous les professeurs étaient payés au même niveau que ce bienheureux privilégié qu’est l’agrégé, l’économie sur le budget de l’Etat serait minime, comparée à l’arsenal mis en oeuvre pour créer le choc de croissance qui doit nous mener vers un avenir radieux.
Du national au local
Après ces considérations, regardons ce que signifie pour le parent d’en bas de l’élève de tout en bas, la réalisation dans la vie de tous les jours des décisions gouvernementales: c’est la suppression de 7 postes de professeurs et la modification de la préparation des baccalauréats professionnels, dans un lycée ZEP de 1500 élèves de la proche banlieue parisienne. Disparaîtront:
- un professeur de français
- un professeur de mathématiques
- un professeur d’économie et gestion administrative
- un professeur d’économie et gestion commerciale
- un professeur d’histoire-géographie et éducation civique
- un professeur d’anglais
- un professeur d’espagnol.
La conséquence: 4 à 5 classes privées de ces enseignements, 4 à 5 classes sans français, sans mathématiques, sans économie et gestion commerciale… La solution: les heures supplémentaires, qui présenteront l’avantage de combler les trous et de satisfaire les professeurs toujours prêts à se lamenter sur le niveau de leurs salaires.
Bonne trouvaille… réalité brutale
Cette bonne trouvaille se heurte cependant à quelques réalités du terrain. Comment répartir autant d’heures sachant que, pour des raisons pédagogiques évidentes, on ne peut fragmenter entre plusieurs professeurs l’horaire d’une même classe dans une matière donnée? Cela signifie que certains professeurs vont être gratifiés d’une, voire de plusieurs demi-journées de cours supplémentaires… heureusement désormais libres de charges sociales et fiscales.
Certes, mais alors comment préparer tous ces cours? Corriger toutes ces copies? Se maintenir au courant des innovations pédagogiques? Respecter les changements de programmes? Accroître la culture nécessaire pour maintenir un niveau d’enseignement raisonnable? Dur… Dur…
Comment aussi, avec tant d’heures, résister au stress, à la tension induits par le calme et l’absolue maîtrise de soi, la totale disponibilité intellectuelle, que l’enseignant doit maintenir devant une classe d’adolescents aux effectifs alourdis par la pénurie?
Tous les oeufs dans le même panier
24 ou 30 élèves par classe, ce que nous avons aujourd’hui dans notre lycée, c’est déjà très difficile. Ne croyez pas que ce soit à cause des incivilités ou de la violence! Non, ce sont là , en ZEP comme ailleurs, des cas extrêmes, heureusement rares quand l’établissement bénéficie d’un taux d’encadrement d’adultes important.
Les professeurs ne sont pas seuls au front: les surveillants, les CPE, les assistants d’éducation, les infirmiers, l’assistante sociale, le personnel administratif, le personnel technique ouvrier et de service (TOS), chacun chez nous fait œuvre éducative non seulement par ses missions spécifiques mais aussi par sa présence et le dialogue qu’il noue avec les jeunes. Nous risquons aussi de perdre une bonne part de tous ces personnels.
La difficulté spécifique de notre lycée vient du fait que nos élèves connaissent dans leur vie des situations de grande précarité, sources d’angoisses majeures: chômage des parents, familles décomposées, pauvreté extrême, violence de la rue dans la cité, la misère et la guerre qui les ont contraints à fuir leurs pays, les menaces d’expulsion du territoire, l’expulsion de leurs maisons… Certains n’ont pas de domicile… Il faut leur trouver des places en foyer et des moyens de subsister.
Une institution en quête de légéreté
Alors, pour alléger et résoudre le problème, le ministère a trouvé une solution. Moins d’heures de cours, moins de cours, moins de sections: 134 sections de BEP supprimées, 224 baccalauréats professionnels à préparer en trois ans désormais, au lieu de quatre dès la prochaine rentrée, dans l’académie la plus difficile de France, Créteil!
Cette nouvelle organisation signifie enlever des possibilités de qualifications reconnues aux élèves les plus difficiles et les plus défavorisés. Ce sont ces derniers qui ont besoin de percevoir concrètement leur évolution en prenant un diplôme, puis de là , en prendre un autre plus qualifiant. Mais il faut du temps… Agir ainsi sur l’enseignement professionnel, cela signifie aussi sanctionner le type d’enseignement le mieux ancré dans l’entreprise, celui où l’entreprise et le service public d’éducation travaillent ensemble pour permettre aux jeunes de mieux s’insérer.
Rien ne se perd, tout ressert
Mais le déficit public commande. Les professeurs de LP libérés par ces suppressions pourront enfin enseigner dans des établissements normaux, dans les collèges où non seulement vont manquer des enseignants mais où il faudra aussi trouver de toute urgence des professeurs bivalents, c’est-à -dire capables d’enseigner deux disciplines, comme le sont les professeurs de lycées professionnels (LP). Et qu’importe si les programmes, les méthodes et les publics d’élèves ne sont pas les mêmes! Le règlement ne dit-il pas qu’un enseignant doit remplir ses obligations de service où l’envoie sa hiérarchie?
Service public qui n’est plus au service du public…
Aujourd’hui, les circulaires ne disent pas encore combien de professeurs vacataires seront supprimés, combien de surveillants et d’assistants d’éducation volatils seront renvoyés vers d’autres cieux. On ne parle pas là de suppressions de postes puisqu’il ne s’agit en fait que de CDD ou de temps partiels précaires. Des postes qui n’existent pas… et qui sont pourtant indispensables pour faire du soutien et assurer le bon fonctionnement de la « vie scolaire », c’est-à -dire de tout ce qui se passe hors de la classe et se situe sous la responsabilité du CPE, espèce elle aussi en voie d’extinction, puisque chaque année il en disparaît 300 exemplaires vivants sur les postes laissés vacants par les départs à la retraite.
Vers l’avenir radieux
Nos lycées ZEP accueillent tous les élèves, tous, d’où qu’ils viennent, et donnent à tous leur chance. Ils constituent la manifestation la plus évidente de l’Ecole de la République, laïque, où les différences ne viennent que du mérite et où nous aidons les élèves à découvrir leurs propres talents. Jusqu’à présent, nous avons eu les moyens humains de combattre les inégalités et les moyens matériels, aussi, lorsque la Région nous a dotés de matériels, de manuels et d’un beau lycée refait à neuf.
Aujourd’hui, nous nous battons pour continuer à mener nos élèves au baccalauréat, à faire d’eux de futurs travailleurs et de futurs citoyens responsables. Nous voulons que leurs études au lycée les amènent à se représenter cet avenir en se construisant une vraie place dans une société démocratique à réinventer, faute de quoi il n’y aura dans nos quartiers que business, violence et répression.
« Ouvrez des écoles, vous fermerez des prisons! », écrivait Victor Hugo.
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« Ouvrez des écoles, vous fermerez des prisons! », très jolie conclusion.
Mais, aujourd’hui, quel dirigeant a intérêt à rendre les gens intelligents?
Alors, je ne m’étonne pas que ce soit la réciproque de Victor Hugo qui est appliquée par notre gouvernement
Allez, pour l’anecdote, à une soirée l’année dernière, pour l’anniversaire de l’un de mes petits frères, ils étaient 5 entre 17 et 19 ans. En pleines campagnes électorales.
1er constat: un seul sur les cinq était inscrit sur les listes électorales, une année de présidentielle et de législatives (quoique j’avais essayé d’influencer mes deux frères pour qu’ils s’inscrivent).
Discutant avec eux de politique, je me rendis compte qu’ils ne savaient que les noms des candidats (et, encore, les principaux). Aucune idée sur les idées, aucune notion sur les orientations politiques.
Décidant de reprendre un peu ‘les fondamentaux’, quelques questions-réponses:
« Qu’est ce que le Parlement? »
« C’est là où on parle des lois »
« Combien y a t’il de pouvoirs en France? »
« Plein »
« Non, mais au sens de la démocratie? »
« La France, c’est pas une démocratie, c’est une République »
« Bon, il y en a 3, lesquels? »
« Liberté, égalité, fraternité »
etc.
Vous voulez faire des citoyens avec des futurs bacheliers aussi intéressés par la chose politique?
Pas d’éducation politique, pas de philosophie, pas d’économie…pour certains élèves qui finiront dans des domaines techniques (ingénieur…).Sans avoir une once de connaissances sur ces sujets fondamentaux, ils sont des citoyens malléables.
L’élite est formée par l’E.N., hélas.
Plutôt que de se plaindre de programmes trop lourds qui imposent de connaitre tous les muscles d’une grenouille ou les mines de charbon de l’ex-urss, les enseignants pourraient faire preuve d’autonomie et d’imagination dans les choix de leurs enseignements.
@ karIM
les enseignants sont obligés de suivre les programme décidés par leur ministère. Ils ne peuvent en aucun cas faire « preuve d’autonomie et d’imagination dans les choix de leurs enseignements. »
C’est donc bien auprès du Ministère de l’EN qu’il faut envoyer vos récriminations. Nul doute que les profs seront d’accord avec vous.
Nous sommes en train d’assister à la mort de l’enseignement pour tous : de moins en moins de profs et de moyens. Les enfants des classes aisées pourront toujours aller dans les écoles privées, les autres pourront toujours croupir dans leur ZUP. Quel avenir leur prépare-t-on ?
respecter les programmes,et réfléchir et osez agir autrement…ou « vanter le rôle positif de la colonisation ».
Pour délinquante à prouver !!
cordialement.
vous prenez un exemple extrême ! vous avez été prof préparant des élèves pour le brevet ou le bac ? Essayez de ne pas suivre les programmes !
Il y a les programmes et l’angle sous lequel les enseignants les abordent. Ne pas tout mélanger.
;-)
@caro : Quel avenir leur prépare-t-on ?
Voyons! >Le choc des civilisations… cela à déjà commencer depuis longtemps, « la france d’en bas et la France des Hauts »… le Nouvel Ordre Mondial auquel le Très Haut représentant à Talonettes sacralisé des latrines, a prêter Serment Mardi 25 septembre 2007, devant la 62ème Assemblée Générale des Nations Unies.
Nicolas Sarkozy manifeste comme prévu son soutien et sa soumission aux Plans Ôccultes du « NOUVEL ORDRE MONDIAL ».
Hic! « La France entend poursuivre avec tous les hommes de Bonne volonté, le COMBAT pour CONSTRUIRE le NOUVEL ORDRE MONDIAL du XXI Siècle. »
Besoin de Muscles EnDogmtrinés, à quand Clonés! ?
Souvenir de Lycée Mai 68 : http://www.paroles.net/chanson/20639.1
Bon printemps 2008 car comme Talonette la dit, le Mamouth aura l’accelérateur au plancher, dormez citoyens l’État Raies+++forme pour vous, il a déjà mis les barbelés à vos écoles POUR VOTRE SÉCURITÉ!
En attendant qu’un sang impur abreuve vos sillons
http://www.dailymotion.com/video/x1e3zh_leo-ferre-il-ny-a-plus-rien_musi…
Et pour finir, comme disait Mr Colucci « les gardiens de la Paix! Au lieu de la garder, ils feraient mieux de nous la rendre… »
Ou alors ne seraient ils que les gardiens de la voyoucratie actuelle et les enseignants-formateurs-conformiteurs… Veaux-Thons Citoyens ?
Pour ma part, j’ai une formation d’ingénieur, et je crois que cela n’empêche rien.
Ceci dit, je ne sais plus si c’était au collège ou au Lycée, mais on avait quelque chose comme 2 heures d’instruction civique par semaine, où l’on nous apprenait que voter est un droit et un devoir, le fonctionnement des institutions, les durées des mandats etc. Nous étions évalués là -dessus, et mine de rien, même si cela ne faisait pas de nous des politologues, on prenait conscience que l’on était avant tout des citoyens (avant d’être ingénieur ou autre). Je ne parle pas d’élite, ni d’école normale.
Après, comme pour chaque matière enseignée, chaque élève s’y intéresse plus ou moins, ce qui est normal. Mais bon, il y a un minimum de tronc commun à connaitre. C’est pour ça que l’école est obligatoire.
Et je ne pense pas non plus que les professeurs soient à blamer pour ce qu’ils enseignent. Ils ne définissent pas les programmes et leur « marge de manoeuvre » au sein des programmes qui sont fixés est infime.
Cher kariM,
Je suis ingenieur moi meme, pourtant tout au long de ma formation, tres bizarement, j’ai recu comme la plupart de mes condisciples une formation citoyenne (et non politique), philosophique, et aussi economique. Mais cher kariM, ne pensez vous pas que ce n’est pas uniquement le role de l’EN de former des citoyens responsables ? Quid des parents, des associations, des autres administrations ?
L’année dernière ma fille à lu en classe de 3ème deux malheureux livres.
On ne veux pas en faire des têtes pensantes… mais des moutons biens dociles acceptant tout et n’importe quoi.
Ma fille en classe de 4ème a déjà etudié en classe deux oeuvres complètes, des nouvelles de Guy de Maupassant et d’Antony Horowitz des extraits de textes de Zola et paul-louis Courier…
En ce moment, sa classe travaille sur la lecture critique des messages publicitaires(intéressant pour entraîner l’esprit critique et ouvrir sur le monde,non?)
Avec la documentaliste, elle participe au comité de lecture dont le rôle est de découvrir les nouvelles parutions en littérature jeunesses (romans, nouvelles, BD..)et de choisir, après la lecture des oeuvres sélectionnées par la documentaliste, celles qui vont etre achetées pour le CDI ( Géniale la documentaliste ,non?)
Ainsi, ma fille lit énormément parfois elle engloutit 2 livres par semaine sur lesquels elle doit ensuite ecrire un bref résumé et une plaidoirie en faveur de l’achat ou non du livre.
C’est un établissement PUBLIC.
Aussi, J’ai une question à vous poser, si vous trouver que le prof de votre fille ne lui a pas fait assez lire de livre qu’est ce qui vous empêchait de l’inscrire à la bibliothèque ou bien de lui acheter des livres pour qu’elle en lise plus?
il y a quelques années, un ami, prof de français en 6e, faisait lire 1 livre par mois. Lors d’une réunion avec les parents d’élèves, il s’était fait engueulé par un père qui lui avait dit, outré : vous vous rendez pas compte, il a fallu que je fasse une étagère à ma fille !
Je connais bien ce prof, et il m’a confié que cette élève, Mireille, avait bien réussi, mais qu’un incendie avait détruit sa bibliothéque.
J’ai donc été voir Monsieur Mathieu, le père de la petite Mireille qui m’a dit qu’effectivement sa fille avait perdu dans un incendie le livre qu’elle possédait et qu’elle était triste parcequ’elle venait juste d’en couper les pages.
Tout n’est pas toujours rose dans cette bonne ville d’Avignon.
Je vois que vous ne savez pas lire les commentaires, encore une fois et j’espère que vous n’allez pas à chaque fois déformer mes propos… ce n’est qu’une réflexion personnelle… Pas d’accusation , juste une constatation.
Quand à la bibliothèque et à l’achat de livres… merci du conseil, mais c’est déjà fait…!
Monsieur
En disant ceci vous êtes la preuve vivante que la France depuis plusieurs décennies a fabriqué une armée d’assistés. En effet, vous attendez tout de l’état et de ses administrations, vous attendez passivement que cela vous tombe tout cuit dans le bec. Mais il y a pire encore, c’est que vous transmettez à vos enfants cette image de passivité. Monsieur il est temps de prendre vos responsabilités, comme nombre de français. L’éducateur de vos enfants c’est vous en premier lieu, c’est votre rôle ainsi que votre femme. Cela aurait dû être votre rôle par exemple, lorsque vos enfants étaient petits, de leur lire une histoire tous les soirs et ainsi sans effort leur donner le goût de la lecture et par là même les éveiller à la curiosité. Les instituteurs et professeurs sont des enseignants, ne renversez pas les rôles, ils n’ont qu’un petit rôle d’éducation, c’est bien à vous de leur apprendre la politesse, la morale et le respect des autres. Là , c’est sûr, pour le respect des autres, c’est très difficile pour de nombreux parents, car ils n’apprennent même pas à leurs enfants à les respecter! Cela passe aussi par l’apprentissage du ”savoir dire non à son enfant” et aussi qu’il y a des limites dans la vie.
Après cela, des livres, lorsqu’on a pas trop de moyen, il existe des bibliothèques dans pratiquement toutes les villes de France, c’est sûrement une démarche plus intelligente et plus responsable que de mettre une télé dans sa chambre, mais là bizarerie on trouve de l’argent pour cet achat!!!!
Sans méchanceté aucune, je désire simplement que le peuple français se ressaisisse, retrouve le chemin du bon sens, de la responsabilité et de l’esprit critique (au sens noble, pas la critique stérile de bas étage qui ne fait pas avancer les choses).
Je ne suis pas ingénieur, je n’ai pas le BAC mais un cerveau qui fonctionne.
QUAND JE DIS MONSIEUR DANS LE MESSAGE PRECEDENT? JE M’ADRESSE A ”EN COLERE”
je m’adresse en fait à travers ”en colère” à la France des assistés.
Et puis quand madame Costantini parle des BEP et BAC Pro en trois au lieu de quatre, elle oublie de parler de l’année de formation en alternance qui est le meilleur gage de réussite pour l’élève et d’ailleurs bien souvent le stagiaire est embouché par l’entreprise. Que voulez-vous madame Costantini? Des formations plus longues qui ne correspondent pas à la demande des entreprises et donc la fabrication de chômeurs à la chaine ou bien des jeunes qui trouvent rapidement un emploi et qui pourront tout au long de leur carrière complèter leur formation. Jai quelques bons exemples de ce type de réussite dans ma famille, deux oncles qui sont devenu ce que l’on appelle des ingénieurs maisons alors qu’ils sont rentré dans leur entreprise avec juste un CAP. Mais évidement ils sont en retraite car cela date de l’époque où l’expression ”avoir du bon sens” avait encore une signification.
si l’on applique le même raisonnement pour l’hôpital et les autres services publics, il nous restera nos yeux pour pleurer… à moins de réagir tous ensemble
sur l’hosto justement :
Objet : non à la privatisation des hôpitaux publics
CGT SOTTEVILLE 17/03/08
Le gouvernement prépare pour l’été un projet de loi de « modernisation de la santé »
NON A LA PRIVATISATION
DE L’HOPITAL PUBLIC
Le gouvernement suivant les indications du président de la république prépare un projet de loi dit de « modernisation de la santé » qui sera débattu au Parlement au cours de l’été, période, comme chacun le sait, propice à tous les « mauvais coups » !
Ce projet de loi prévoit notamment le regroupement en un seul établissement des hôpitaux publics d’un même « territoire » qui pourraient être transformés en « établissements privés à but non lucratif », avec des conséquences désastreuses tant pour les patients que pour les personnels.
1) regroupement de tous les établissements d’un même « territoire » en un seul établissement
Dans une interview au « quotidien du médecin » du 15 Février, la ministre R.Bachelot confirme le regroupement en un seul établissement de « territoire » des différents hôpitaux afin de « permettre à l’hospitalisation publique d’assurer un maillage territorial et de mutualiser les ressources, ce qui signifie des regroupements mais pas des fermetures d’hôpitaux. ».
Exemple : pour le « territoire de santé » de Rouen, cela pourrait aboutir à la fusion en un seul établissement du CHU, du CH du Rouvray, de la maternité du Belvédère, de l’Hôpital d’Elbeuf/Louviers, des hôpitaux de barentin, d’Yvetôt et des établissements de gériatrie publics du territoire (Bois Petit…) !
Comme pour une fusion industrielle, il s’agit en créant un seul établissement d’accroître la « rentabilité » et la « productivité », en regroupant les services, en généralisant la polyvalence des personnels entre établissements, avec pour conséquence pour chaque territoire des dizaines, voire des centaines de suppressions d’emplois hospitaliers en vue d’un « retour à l’équilibre » budgétaire.
Ces objectifs industriels et financiers auraient des conséquences désastreuses
- Pour les patients, une difficulté plus grande d’accéder aux soins (éloignement, circulation entre les différents sites pour être soignés, délais d’attente aggravés).
- Pour les personnels (accroissement des rythmes de travail, polyvalence généralisée entre établissements d’un coté, suppressions d’emplois, voire licenciements de l’autre)
2) Le changement de statut des établissements hospitaliers publics.
L’un des obstacles à ces projets est le statut de fonctionnaire dont disposent les 800 000 agents de la fonction publique hospitalière, ainsi que le statut des médecins hospitaliers
C’est pourquoi, à la demande des directeurs de CHU eux mêmes( !!!) la loi de modernisation de la santé pourrait transformer les hôpitaux publics en établissements « privés à but non lucratif ».
Contrairement aux cliniques privées ces établissements ne font pas de profits et ne versent pas de dividendes à des actionnaires, mais leur personnel est sous contrat de travail de droit privé, : pas de déroulement de carrière garanti par un statut, possibilité de « plans de licenciements. »
Dans le cadre de la concurrence entre public et privé sur le « marché de la santé », les directeurs d’hôpitaux veulent ainsi obtenir les mêmes droits que les patrons du privés et faire sauter les « insupportables rigidités » du statut de la fonction publique.
Ils proposent (comme ce fut le cas chez France-Telecom) que les actuels agents de la fonction publique puissent conserver leur statut « en extinction », mais que tous les nouveaux recrutement se fassent obligatoirement dans le cadre de contrats de travail de droit privé et d’une convention collective !
La privatisation des hôpitaux donnerait aussi la possibilité aux directeurs de s’affranchir des régles du code des marchés publics, et de recruter des médecins hors de tout cadre et de toute grille de rémunération statutaire.
-
C’est maintenant qu’il faut réagir !
Le gouvernement cherche à éviter toute mobilisation, en gagnant du temps. Ses propositions finales ne devraient être connues qu’en Avril 2008.et la loi votée en Juillet, en pleines vacances.
C’est donc dès aujourd’hui qu’il faut réagir, faire circuler l’information contre ces projets qui signifieraient la fin de l’Hôpital Public, informer nos collègues et la population sur la gravité de ce qui se prépare pour les patients et les professionnels.
Le syndicat CGT vous transmettra au jour le jour toutes les informations et mettra toutes ses forces pour mettre en échec cette casse de l’Hôpital Public et la mise en place d’un systéme de santé
Dans le cadre de la concurrence entre public et privé sur le « marché de la santé », les directeurs d’hôpitaux veulent ainsi obtenir les mêmes droits que les patrons du privés et faire sauter les « insupportables rigidités » du statut de la fonction publique.
A marie75
L’état a bien raison, en effet et vous en donnez vous même la justification impérieuse.
Vous me rappelez la petite histoire qui circulait le lendemain de l’élection de F MITTERANT. Il visitait une école et dans ce cadre, l’institutrice avait été attirée par l’histoire d’un de ses élèves lui apprenant que sa chatte avait eu six petits chats socialistes. Elle lui a donc dit que lorsque le président viendra inaugurer les nouveaux locaux, il pourra lui faire plaisir en racontant l’histoire. Quelques jours passent jusqu’au jour de l’inauguration, l’instit explique au président qu’un élève a une chatte extraordinaire qui a eu six petits chats socialistes. Et là coup de théâtre, l’élève fait plusieurs signes….non, non, non. L’institutrice demande alors au petit ce qu’il se passe.
Mais madame, depuis, ils ont ouvert les yeux !
En effet, Marie75, les trente glorieuses c’est fini, nous ne pouvons pas faire abstraction des réalités du moment, je reconnais c’est dure à entendre, tous les sacro-saint petits privilèges obtenus à cette époque révolue, nous devons tous sans exception en faire le sacrifice pour assurer les hémorragies actuelles dans tous les domaines et lorsque le malade ira mieux, mais seulement là , nous pourrons envisager un avenir plus radieux. La politique de l’autruche n’a jamais marché et ne marchera jamais. Nous ne sommes pas propriétaires de la planète mais seulement locataires et nous devons transmettre cet héritage aux générations futures dans le meilleur état possible, nous ne pouvons ni ne devons hypothéquer l’avenir de nos enfants et faire reposer nos dettes d’aujourd’hui sur leurs épaules !!!!!! En tant que parents responsables, nous nous y refusons !!!!
Voila, madame, ce que devrait être nos vrais combats et j’ai des solutions…. qui font appel au plus pur bon sens, dont la société est totalement dénuée dans beaucoup de domaines aujourd’hui, mais pour cela il faut faire des sacrifices, et c’est douloureux un sacrifice, et oser le dire et le faire, en avoir le courage politique!
Sincères salutations.
Félicitations pour votre article, Madame.
Les élections municipales sont passées, il n’y a plus d’échéances politiques à venir.
Tout ce qu’il reste c’est 4 longues années de Monarco-Sarkozysme.
Je travaille dans le secteur privé et je m’imagine difficilement faire grève.
Pourtant je bouillonne de rage quand j’entends ces politicards affirmer que les Français sont d’accord pour que leurs réformes soient poursuivies.
A votre avis de quels moyens disposons nous pour faire passer le message que NON, nous ne voulons pas de leurs réformes, NON, nous ne voulons pas d’une France sociale qui part en lambeaux, NON nous ne voulons plus de tous ces patrons-voyous qui s’enrichissent honteusement alors que la population se pauperise chaque jour un peu plus !!
Pourrions nous écrire par millions au Pseudo-président de la République pour crier notre désapprobation ?
Faire circuler une pétition nationale pour que N.S. comprenne que les 53 % de votants qui l’ont élus ne lui donnent assurément pas tous les droits ?
Qu’il se devait d’être le Président de TOUS les Français et qu’il en est à des années lumière !!
C’est vrai, si on lui écrivait tout ça?
J’aurais presque envie de l’inviter à me suivre une journée type…sauf que je ne supporterais pas de voir sa tronche au fond de ma classe! ;o)
Blague à part, nouc voudrions protester sans perdre trop d’argent, pour que tous les collègues qui le souhaitent puissent participer, et que le mouvement puisse durer.
Félicitation pour votre article il contribue à informer sur la réalité de la situation, je suis mère et j’ai un enfant en seconde l’autre au collège, et, hier je suis allée manifester avec les profs et je précise de mon plein gré (je n’appartiens à aucune fédération ni n’est parent elu dans aucun établissement)je suis assez grande pour savoir ce que j’ai à faire.
Dans le lycée de mon fils c’est 9 suppressions de postes alors que les effectifs augmentent suite à une transformation de la carte scolaire.
Je veux ici témoigner de ce que fait un prof en plus d’enseigner sa matiere:
Le prof de maths de mon fils est passionné de théatre alors il a créé » la classe Malraux » ainsi depuis le debut de l’année mon fils s’est rendu dans une salle de spectacle voir du théatre un ballet, un concert…
lundi dernier il a passé son aprés midi avec le personnel technique de cette salle pour préparer la scène d’un spectacle. C’est fantastique!! et par un prof de maths.
Ce travail et l’accompagnement se fait hors temps scolaire parce que ce sont les séances du soir ouverte au public et pour cela le prof n’est pas rémunéré alors qu’il est en train de transmettre quelque chose de fabuleux à mon fils, à ses élèves.
Pour que les parents comprennent les manipulations du ministere je les invite à se rendre lÃ
http://www.politique.net/2008021902-education-nationale-suppression-de-p…
et lÃ
http://www.politique.net/2008012402-education-national-calcul-taux-de-gr…
Aujourd’hui plus que jamais vous devez dire denoncer. De mon coté j’essaie d’informer et d’alerter les parents.
Parce que mes enfants sont mon trésor et que j’en est marre de voir l’inculte Sarkozy et sa bande les « prendre en otage » guy môquet, la shoah, la modification honteuse et sans bon sens des programmes de primaire et aujourd’hui il porte atteinte aux filières du secondaire.
STOP! CA SUFFIT!!!
Hélas pauvre Thorgal,toutes ces paroles sont du vent…quoi que vous vouliez vous ne pourrez rien faire sans argent.Les socialistes ont donné le signal en vidant les caisses depuis 81 et l’ump a suivi… toutes vos bonnes paroles sont de la cuisine et si les enseignants protestent contre les restrictions budgétaires ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux mêmes;ils ont voté à 70% pour les socialistes et ça leur retombe dessus:ils n’ont pas protesté quand les socialistes ont augmenté la dette et les députés de 128 plus les a-cotés et maintenant il faut payer.L’économie se venge toujours.Pourtant l’un des responsable de l’époque,le vieux Mauroy peu sûr de sa réelection en tant que député s’est réfugié au Sénat où il coule des jours heureux bien payés 12000 euros / mois aussi bien payé qu’un patron indélicat mais lui ne risque aucune poursuite judiciaire.à quand la responsabilité civile et pénale de ces individus ??
Mon cher colbert,
Vous n’êtes point ministre, juste anti-socialiste.
N’auriez-vous point été réélu?
Qu’a donc à faire Mauroy dans ce texte indigent?
Parlez nous plutôt de Fouquet (qui fut membre de l’UIMM 17ème)ou du Fouquet’s.
Je voulais simplement faire remarquer à ce colbert qu’ayant vu les consultations passer de 20 à 21 puis 22 euros en deux ans, soit 10% d’augmentation alors que les salariés n’avaient rien, il devrait s’estimer heureux et fermer son bec.
je vous invite à consulter le rapport de la cour des comptes relatif à la rémunération des médecins et à son évolution sur la période 2003/2006.
Trés édifiant, et c’est un euphémisme :-)
Sur la répartition entre les différents types de consultation, les suppléments d’honoraires, etc…
Les malades sont priés de revoir les dépenses à la baisse, ce n’est manifestement pas le cas des médecins (profession que j’estime par ailleurs, la médecine française ayant sauvé la vie de deux de mes trois enfants, notamment en prenant des risques impensables dans un systéme anglosaxon…mais cela ne change rien au traitement de faveur (et le mot et faible) de la corporation médicale ces dernières années)).
@ colbert (medecin)
Le problème cher doc à collebeurk! ce n’est pas l’UMP ou le PS, c’est l’UMPS et surtout les grands argumentarteurs comme vous dont la cuisine fondamentale est » lorsque tout va mal c’est la faute des autres et quand tout va bien c’est grâce à moi » et comme vous n ous tartinez de mauroy lui aussi fait parti de cette voyoucratie à tendance UMPS, du style de mon buraliste qui m’empoisonne tout en me le disant ouvertement que je suis un pauv’cons (c’est marqué sur le paquet donc c’est Vrai, n’est-ce pas ?)
Ce n’est pas de l’éducation ça, Monsieur!
Comme vous ditent, circulez y a rien à voir, quoique vous vouliez…
A la sarkomode blinblin pour faire inglisch comme le grand sachem US « des oulala ça fait bobo » le dit « there is No Alternative!!!! »
Nous on veut votre bien disent-ils (pas votre bonheur!… votre Bien… quoi, votre blé, votre oseille!!!)
Le seul remède avant la karchèrisation finale
Faites l’Amour plus les allées des supermarchés
Que les désirs de vos corps rejoignent les désirs du corps social !
Ne te contente pas de coucher la révolution sur le papier, couche avec elle.
Après 68, comptez 69 et recommencez.
Avec de tels slogans, pas question d’oublier que c’est le souffle de la vie et du désir qui gonfle les drapeaux rouges et noirs.
Les Voyoucrates gonflent le peuple!!!
Jusqu’où ça ira… ça ira… ça ira…
Bonjour Thorgal46
Une seule question:
Etes vous syndiqué?
Norvège: 70% des actifs sont syndiqués
France: 3% seulement
Cherchez l’erreur, la voie est là , toute tracée, c’est la seule façon pour le peuple de reprendre du pouvoir, mais encore faut-il en avoir la volonté, ne pas rester passif, que tout vous tombe tout cuit dans le bec, pensez aux luttes de vos parents, grands-parents et arrières grands-parents. Peuple d’assistés relève toi!!!!!!
Sincères salutations
A mettre en parallèle des suppressions de postes d’enseignants souhaitées par le gouvernement :
Pour l’année 2007 la SNCF vient d’annoncer un bénéfice de plus d’UN MILLIARD d’euros !!
Je ne suis qu’un pauvre naïf, mais j’aimerais entendre notre Président annoncer :
on va utiliser ce gros magot pour maintenir le maximum de lignes sncf ouvertes, de postes d’enseignants dans les établissements scolaires et de maternités en province !!
la désinformation, Thorgal, cela suffit!
SNCF :
cf les échos du jour (p.33, dossier entreprises et marché) :
résultat net récurrent de la SNCF de 650 millions d’euros et bénéfice net de plus de un milliard d’euros.
Relire les échos d’hier!
L’Etat va même toucher même un dividende de 130 millions d’euros.
Vous jouez à quoi?
Chère Marie,
je suis désolé mais je n’ai rien compris au sens de votre commentaire !!
que vouliez vous me faire comprendre ??
Amicalement
Thorgal46
Ne dites pas n’importe quoi! Vous êtes en colère, moi aussi, ce n’est pas là France comme je la souhaite, pas pour moi mais pour nos enfants qui sont l’avenir de notre pays, prenez le temps de la réflexion. En disant ce que vous dites, avez vous le sentiment de faire avancer les choses? Il manque à ce pays une véritable prise de conscience de la situation dans laquelle nous nous trouvons, c’est exactement l’exercice auquel je me livre dès que ma famille me laisse un peu de temps libre. Après cela nous pourrons agir et avancer tous ensemble dans la bonne direction en commençant par les priorités.
Sincères salutations
Bel article!
Si je peux me permettre, je vais rajouter mon petit calcul personnel à celui de ma collègue.
j’ai la chance d’être agrégée, donc je ne fais « que » 17 heures devant élèves. mais pour en arriver là avec les horaires squelettiques dans ma matière, l’anglais (2 heures par semaine trop souvent, parfois 3), ça veut dire 5 classes, dont un groupe fait d’élèves de deux classes différentes, donc 6.
Avec une moyenne de 27 élèves par classe, et de 5 contrôles par trimestre, je corrige 405 copies par trimestre. En moyenne, entre bacs blancs et interros rapides, je mets 15mn par copie…ce qui veut dire à la louche 101,25 heures, donc 30 par mois, donc 8,5 par semaine.
Comme je régénère mes cours tous les ans, en totalité ou en partie, je compte environ 2h de préparation/remaniement par heure de cours…ça veut dire que, même si je ne vais au lycée que trois jours par semaine, je fais environ 42,5h par semaine…hors conseils de classe (2h pour chacune de mes 6 classes), remplissage de bulletins, rendez-vous avec les parents, entretiens avec les collègues pour l’organisation des contrôles communs ou l’adaptation aux réformes, etc…
Alors, OUI, je ne vais au lycée que 3 jours par semaine, OUI, je peux aller chez le médecin en journée et faire mes courses quand il n’y a pas trop de monde…mais OUI, aussi, il ne se passe pas UN jour dans la semaine ou je ne fasse RIEN!!!! Et je compte le dimanche!
Certes je débute (4ème année), j’ai encore du mal à faire la coupure, et j’espère apprendre, mais c’est épuisant! Et moralement aussi!
Alors, si on m’impose 5 heures sup obligatoires, c’est minimum 2 classes de plus!!!!
Faites le calcul… La solution? Je referai les mêmes cours, sans chercher à les améliorer d’une année sur l’autre, et je ne ferai plus que 3 contrôles par trimestre…
Qui va en souffrir? Moi, parce que je tiens à BIEN faire mon travail, et surtout mes élèves!
Et ces heures sup, qui ne seront pas réévaluées comme celles de tout le reste du service public, ne nous sont payées que d’octobre à juin, (septembre?), et ne sont pas comptabilisées dans nos retraites, etc. L’Etat cherche en fait à augmenter notre service de base obligatoire, à moindre coût pour lui.
Qu’est-ce qu’on a fait pour mériter un tel mépris?
Pour finir, je voudrais rectifier une idée fausse chez pas mal de monde: NON, les profs ne sont PAS payés pour les mois de juillet et août. Notre base est calculée sur 10 mois, puis divisée par 12. Et c’est normal, après tout, on est en chômage technique… Mais que l’on arrête de raconter que les profs sont payés à ne rien foutre pendant 2 mois!! Surtout que beaucoup de collègues dont les programmes changent (lettres, par exemple) préparent leurs cours pendant l’été…gratos!
D’habitude, je n’aime pas faire la prof qui râle. Je savais que mon salaire ne serait pas cosmique en passant le concours, et je ne m’en plains pas. Mais je veux pouvoir continuer à travailler correctement sans devenir folle!
Aidez-nous à protester! Voici la lettre que des collègues d’un collège d’EP1 (ZEP dure, mais vraiment dure) ont rédigée à l’issue d’un assemblée générale hier. Si je n’ai pas encore complètement usé votre patience, lisez-la, elle résume bien les absurdités dangereuses de la réforme programmée…
« les professeurs du collège, réunis en assemblée générale ce mardi 18 mars, ont décidé d’une journée de grève jeudi 20 mars 2008 pour aller en délégation à l’Inspection académique à 10h du matin.
Nous avions voté une motion au conseil d’administration le 18 février 2008 demandant une audience à l’Inspection académique. Cette demande est restée sans réponse…
Nous avions déjà perdu 32,5 heures à la rentrée 2007 ainsi que deux classes. Nous perdons de plus cette année 44 heures et deux nouvelles classes pour des raisons purement financières : la DHG a été calculée pour un nombre d’élèves volontairement sous-estimé, ce qui signifie qu’il faudra procéder à des ajustements à la rentrée 2008 qui seront préjudiciables à une mise au travail sereine à un moment crucial.
Nous regrettons :
- de voir nos conditions de travail dégradées par une augmentation insupportable de la charge de travail, au mépris du travail autonome que chacun de nous fournit,
- de voir arriver de nouveaux collègues affectés à cheval sur plusieurs établissements ne pouvant s’impliquer dans le collège, à cause de conditions d’exercices aussi périlleuses que douloureuses,
- de voir partir de l’établissement des enseignants expérimentés et investis,
- de voir de jeunes collègues, qui souhaitaient rester, quitter l’établissement en dépit des difficultés qu’ils y ont rencontrées,
- de voir bafoué le principe de stabilisation des équipes pédagogiques, notamment dans les collèges EP1,
- de voir ainsi se mettre en place une dégradation inacceptable des conditions d’enseignement, prélude probable à des décisions aussi radicales et spectaculaires que ridicules et inefficientes, telles que la destruction des établissements « les plus évités » que prévoit le volet éducatif du plan banlieue, sous couvert de « casser les ghettos scolaires »,
- d’accepter les conditions de la mise en œuvre du rapport rendu par la commission « Pochard » d’école déréglementée qui n’entérinerait plus seulement la reproduction de classe, mais y participerait activement par la ségrégation scolaire.
Nous nous interrogeons sur l’avenir d’un établissement qui a plus que souffert des réformes précédentes (Allègre, Lang, Fillon, Robien, Ambition Réussite), et qui devra participer à l’effort national de réduction du nombre de professeurs de 80 000 sur quatre ans.
Compte tenu des nombreux départs qui vont avoir lieu l’an prochain : Principale, CPE, Directeur SEGPA, mutation de collègues, l’atmosphère et les conditions d’apprentissage des élèves, toujours fragiles dans notre établissement, risquent d’être catastrophiques dès la rentrée prochaine. Il nous paraît important d’être cohérent avec les objectifs fixés à l’éducation prioritaire.
Nous exigeons :
- que les heures supplémentaires soient transformées en heures postes,
- que l’on revienne sur la suppression des deux classes programmées,
- que tous les postes d’enseignants supprimés soient maintenus,
L’ensemble des enseignants du collège.
Bonjour.
Attention là encore, exerçons notre esprit critique: cette situation dramatique, j’en convient, est loin d’être la situation de tous les lycées de France.
Vous êtes victimes des politiques des trente dernières années, donc tous bords politiques confondus et aussi du rejet quasi systématique de certaines réformes par pure idéologie.
Ouvrons les yeux aussi, soyons honnêtes, pour certains râleurs et grévistes professionnels, il aurait peut-être fallu aller voter, comme en 2001 au premier tour, quel taux d’abstention!!! Et après cela au second, on se permet même de faire la morale aux autres, la France est au bord du péril, il faut la sauver, nous devons tous voter Chirac!!!! D’la merde oui, j’ai voté blanc. Quand je pense que tout la gauche ou presque à voter CHIRAC, quel reniement, aucun amour propre!!! N’oublions pas que l’on a les hommes politiques que l’on mérite!!!
« cette situation dramatique, j’en convient, est loin d’être la situation de tous les lycées de France. »
Potentiellement, si…mon lycée a perdu 7 postes l’an dernier, il en perd encore 4 cette année…et de tous les collègues que je connais, tous ont au moins un poste supprimé.
Euh, et puis, vous savez, ce vieux truc qu’on appelle « solidarité »?
Au lieu de truffer votre discours de « il aurait fallu, » pourquoi voulez-vous nous empêcher de réagir maintenant, avant que ce ne soit trop tard et qu’on s’entende dire « il aurait fallu »!!!!
Combien de « râleurs et grévistes professionnels » connaissez-vous?
Moi je connais mes collègues, profs en général dévoués même si je ne les aime pas tous, qui en ont marre de devoir râler et se battre pour garder un travail POSSIBLE à faire.
Et comment faites-vous le lien entre les grévistes d’aujourd’hui et les absentionnistes de 2001? Pour reprendre vos mots: « soyons honnêtes »…ceux qui sont prêts à sacrifier de leur salaire pour protester SAVENT se bouger pour aller voter!
Arrêtez de nous donner des leçons stériles! Plus de « il aurait fallu » mais des « il faudrait », s’il vous plaît (et si vous savez faire)…
On a fait ce qu’on a pu en 2001, et on continue à faire ce qu’on peut avant de ne plus pouvoir faire quoi que ce soit!
dans l’allier et en auvergne plus largement, des postes disparaissent au profit des heures sup,c’est le cas dans mon LP… et dire que bientôt nous devrons accepter deux heures sup au lieu d’une actuellement (que nous ne pouvons refuser)
A quand la fin des lycées pro ? Belavenir pour des élèves souvent relèvent la tête après une scolarité difficile !
services publics en danger !!!c’est écrit !!la réforme doit passer à moins que !!!il n’y a pas que en france que ça proteste et que ça greve !!refusons ce MARCHE à deux vitesses…voir le système d’éducation anglais !
Services publics en danger ? Vous ne croyez pas si bien, dire : retrouvez les directives de l’OCDE sur la suppression des services publics et vous comprendrez mieux le principe mis en action par nos ultra-libéraux de gouvernants actuels : Il suffit de dégrader petit à petit la qualité du service rendu ( en diminuant les moyens alloués sans diminuer les tâches à accomplir ) jusqu’à ce que la demande d’un service « efficace » par la population soit assez forte. Vous privatisez, ça fonctionne, d’autant mieux que, puisque c’est privé, vous acceptez de payer … L’éducation est un secteur rentable, il n’y a qu’à voir l’explosion des offres de cours privés . Ce n’est malheureusement pas de la politique-fiction . Faites simplement un exercice de mémoire sur les services publics qui existaient il y a 40 ans …
Bonjour
Garp, vous êtes de ceux qui critiquez l’apparition des offres de cours privés (seul les riches y ont accès) mais aussi de ceux qui vous voilez la face en oubliant de dire qu’elle en est la cause, j’oserai même dire par malhonnêteté intellectuelle pour certains. La cause est en fait très simple, la politique systématique du nivellement par le bas de l’enseignement français, pour des raisons d’idéologie politique de bas étage et totalement irréfléchie d’une majorité du peuple de gauche ( car réclamée par beaucoup d’enseignants). La gauche française pense toujours que tous les êtres pourraient un jour être égaux: utopie qui ne mène nulle part sauf à faire exactement l’inverse de ce qu’il faudrait faire et aussi empêche toute réforme indispensable et urgente du système de l’enseignement en France.
Sincères salutations
« La cause est en fait très simple, la politique systématique du nivellement par le bas de l’enseignement français, pour des raisons d’idéologie politique de bas étage et totalement irréfléchie d’une majorité du peuple de gauche ( car réclamée par beaucoup d’enseignants). »
????!!!!!
Expliquez-nous…et donnez vos sources et vos chiffres, s’il vous plaît. « Une majorité de » et « beaucoup de » servent ces on-dit vagues qui finalement ne disent rien.
Les profs (moi et les quelques 400 collègues rencontrés depuis le début de ma carrière) sont les premiers à essayer de freiner les réformes de programmes ou d’épreuves qui semblent trop faire baisser les exigences. Nous avons encore protesté par exmple l’an dernier contre les nouvelles épreuves de langues du nouveau bac technologique. Nous avons écrit à l’IA, puis nous y sommes allés. Pareil avec le rectorat. Peine perdue, certes, mais parce que les programmes ne sont pas décidés par les profs, malheureusement et contrairement à ce que vous avez l’air de penser.
Alors expliquez-moi à nouveau ce qui est « réclamé par beaucoup d’enseignants » ? Sincèrement, je ne vous comprends pas.
Si je corrigeais votre copie, je dirais que vous masquez un contenu non documenté par une argumentation apparemment logique mais creuse. Vous ne nous expliquez rien, et vous ne me convainquez pas.
Sincères salutations quand-même.
l’équation est simple,
moins de profs + dégradation des conditions de travail = baisse de la qualité
quand la qualité sera devenue catastrophique, ce gouvernement aura gagné, tapis rouge au privé et quasi disparition de l’éducation nationale publique
enfin non, elle ne disparaîtra pas, elle sera là réduite à peau de chagrin pour tous ceux qui ne pourront payer et ceux que le privé ne voudra pas
sans faire de misérabilisme, ce boulot devient de plus en plus usant, il y a une grande lassitude et un grand fatalisme chez les collègues
« Mais qu’attendez vous pour démissionner et créer un commerce ? La peur de devenir un salaud de patron du CAC 40, tortionnaire de prolétaires ? »
Ben…un peu, oui. C’est pas notre tasse de thé!
d’une part, une société ne peut se fonder exclusivement sur l’activité commerciale, ne vous en déplaise.
D’autre part, l’éducation nationale doit effectivement être réformée, notamment du fait des déséquilibres de répartition budgétaire entre primaire, secondaire et supérieure, des subsides considérables allouées de manière pour le moins discutable aux écoles privées (notamment religieuses) et des fonds massivement investis dans les grandes écoles (un étudiant y coûté à l’état quatre à cinq fois plus cher dans le meilleur des cas qu’un étudiant en université, alors même ques les grandes écoles percoivent des droits d’entrée parfois considérables, et que l’université - contrairement à l’idée reçue en la matiére - impose une bien plus grande sélection (à formation équivalente)).
Il n’est pas certain que se soit en supprimant des postes d’enseignants (et non de personnel IATOS ou autres. Je vous signale au passage que ce type de personnel a quasi disparu des universités, et que nous devrons bientôt, à ce rythme, y assurer le nettoyage des salles) que l’on y arrive. Notamment dans ces ex-ZEP que Nicolas Sarkozy souhaite si ardemment supprimer, et où l’on persiste à envoyer des novices…
Non plus qu’en procédant à une éniéme modification des programmes au gré des lubies idéologiques de l’exécutif.
La France est devenu un pays de filières courtes, professionnalisantes. Nous y excellons (classés premier de l’OCDE dans ce domaine). En revanche, le % d’une génération qui dispose d’une formation supérieure est extrêmement bas (autour de 50%, 32% si l’on calcule à minima pour le niveau Bac +4 et plus. A comparer avec les 62% des états-unis, alors même que le suivi d’un cursus y coûte 4 à 10 fois plus cher qu’en France).
Or, l’une des forces de notre salariat (outre sa productivité (2° de l’OCDE), la durée hebdomadaire moyenne du travail (nettement supérieure à la moyenne, contrairement à l’idée reçue, du fait notamment de la faible part (pour l’heure…) du temps partiel), son salaire moyen (+4% par rapport à la moyenne européenne mais 10 à 17% (selon les modes de calcul) de la population active au salaire minimum (<1% pour le royaume-uni) et sa fiscalité attractive (30 milliards de défiscalisation pour les heures supplémentaires, les bas salaires, etc…) repose sur sa qualification.
Nous occupons actuellement le 2° rang européen en % de salariés diplomés. De plus en plus du fait de la présence de cycles courts.
Ce n’est pas criticable en soit, mais la pénurie de dîplomé de l’enseignement supérieur qui frappe la France et l’Allemagne va avoir des répercussions économiques, à court et moyen terme, absolument désastreuses.
Tout cela se prépare dans le secondaire.
Le fantasme de la droite actuelle (une masse de salariés peu formés, peu rémunérés et peu susceptibles d’évoluer sur le terrain professionnel mais aptes a des fonctions basiques et immédiatement productifs) est non seulement calamiteux sur le plan social et politique (l’école forme des citoyens, pas seulement une masse corvéable à merci pour le secteur économique), il est également marqué par une vision à la fois archaïque et débilitante de la société.
Archaïque parceque l’industrie (à laquelle se destinent majoritairement les cycles courts) ne représente que 16% de nos salariés, et moins de 13% de notre PIB. Nous préparons aujourd’hui une génération qui sera rapidement inadaptée à la nature des emplois proposés en France (d’où les fameux « emplois non pourvus » qui justifient aux yeux des libéraux la mise à mal des indemntiés chômage (dont nous rapellerons au passage qu’elles sont un droit, la contrepartie de lourdes taxations sur les salaires, et non un privilège)).
Débilitante parceque pour la part destinée au service, elle vise des emplois peu qualifiés et peu rémunérés. Le royaume du temps partiel, du contrat précaire et des salariés taillables ou corvéables à merci.
L’école est un service public qui vise à anticiper les futures évolutions de la société : elle doit permettre un épanouissement maximal de l’éléve en enseignant les fondamentaux mais également en assurant une ouverture d’esprit et une culture générale cruciale sur le plan social ou politique.
Si vous considérez que sa vocation est uniquement de permettre à un éleve de « savoir vaguement écrire sans faute » en arrivant au bac, vous n’avez manifestement pas la moindre idée de ce à quoi elle est destinée…
Continuons sur cette voie.
Nous tarirons la source qui alimente les formations supérieures. Nous formerons des générations dont la culture sera « ressérée sur les fondamentaux » (avec moins d’heures et moins de profs, bonne chance…). Nous mettrons à mal le corpus commun de nos connaissances.
Cela fait sans doute le jeu des élites actuellement au pouvoir. Notamment par l’habile composition d’un renforcement des subsides destinés à l’école privé, à venir (la modification de la loi de 1905 dans les cartons du gouvernement contient un volet à cet égard), et d’une mise à mal de l’école publique.
Les habitants de Neuilly, si chers au coeur de notre président, pratique assez peu l’école publique comme l’université. Ils traitent l’un et l’autre avec un souverain mépris. Ils ne sont cependant qu’une petite minorité, et bien qu’ils constituent le coeur de cible des politiques gouvernementales actuelles, ils ne sont certainement pas le moteur (de consommation comme de production) de notre économie…
Je crains malheureusement que notre pays ait davantage d’idées que de pétrole à proposer au monde.
Voyons donc si en abandonnant le terrain des grandes matrices intellectuelles (la philo, à quoi cela sert-il?), en étiolant la capacité de nos enfants à penser, nous rendrons service - indépendament de toute notion culturelle ou morale - à notre économie…
L’idéologie du mérite tant prônée par le droite française n’est qu’un cache misère pour dissimuler la discrimination de fait qui régne dans notre systéme de formation et la volonté à peine déguisée de modeler le systéme éducatif public selon les critères d’une frange de la population n’y recourt pas.
La république a fait de l’instituteur l’un des piliers de notre systéme social. Nicolas Sarkozy souhaite le remplacer par les curés. Tout cela fleure bon l’ancien régime et la société de classe si précieuse à la « France des rentiers » de la fin du XIX° siécle…
Quant aux patrons de CAC 40 dont vous parlez, je vous invite à aller lire leur CV. Vous verrez d’où sont issus la plupart…et combien le sort de l’éducation publique, du primaire au supÃ