La justice française a refusé la demande de suicide assisté de Chantal Sébire. En Oregon, c'est possible depuis dix ans.
Ray Carnay avait pris ses dispositions pour mourir. Quand je l'avais rencontré l'an dernier, dans son petit pavillon à Eugene en Oregon, il m'avait montré son texte sur son ordinateur. » Je remercie tous ceux qui sont venus… » Un texte minutieusement écrit qu'il voulait enregistrer sur un CD pour qu'il soit diffusé à ses funérailles. » Ça va être une sacrée cérémonie… »
Dans son petit pavillon, il m'avait expliqué toute son organisation. Il voulait que soient présents un rabbin, parce qu'il est juif, et un pasteur » pour tous mes amis chrétiens » … Ses fils et ses amis seraient là, il les préviendrait quatre jours avant sa mort. Il prendrait alors les médicaments que lui aura prescrits un médecin. » Je tomberai dans le coma et je mourrai en quelques heures. »
Un patient sain d'esprit, avec un pronostic vital de moins de six mois
Quand on s'est rencontré, Ray, un veuf de 84 ans, ne pesait plus qu'une cinquantaine de kilos. Un disque passait un enregistrement d'une cérémonie où il avait chanté à Chicago en 1948. Sa voix de baryton avait envahi le salon. Dans son fauteuil, Ray accompagnait l'air en bougeant les lèvres. Aucun son. Un des effets de son cancer de la gorge.
Il avait alors un pronostic vital de moins de six mois, une des conditions pour avoir recours à la loi » mort dans la dignité » de l'Oregon, et pouvoir obtenir d'un médecin une ordonnance pour un cocktail mortel. Le médecin, autre condition, a aussi jugé Ray sain d'esprit, mentalement capable de prendre cette décision.
Votée en 1997, la loi d'Oregon, unique aux Etats-Unis, est entrée en vigueur en 1998. Depuis, elle a permis le décès de plus de 300 habitants de l'état. Près de 500 autres ont demandé les médicaments mais ne les ont pas utilisés.
Beaucoup moins que ce à quoi on s'attendait, d'après George Eighmey de l'association Compassion and Choices qui défend le droit au suicide assisté. » Il n'y a pas eu de morts en masse, comme le prédisaient les adversaires de la loi » . Pas plus qu'il n'y a eu de mouvement massif d'immigration de tous les seniors suicidaires du pays.
Et contrairement à ce que les détracteurs annonçaient, la loi n'est pas devenue la solution de ceux qui ne peuvent pas s'offrir de traitements médicaux : parmi les 46 personnes qui y ont eu recours en 2006, un seul n'avait pas de couverture médicale.
» Ce sont les plus indépendants qui prennent les médicaments »
George Eighmey m'avait expliqué qu'il arrivait » assez bien à deviner quels sont ceux qui prendront les médicaments » . Cela n'a pas grand-chose à voir avec leur niveau de douleur, selon lui, » ce sont les plus indépendants, ceux à qui l'idée d'avoir perdu le contrôle de sa vie est la plus insupportable » . C'est effectivement en ces termes que Ray Carnay parlait du temps qu'il lui restait. » J'ai la possibilité de décider. »
Sur le mur de l'escalier de son petit pavillon, il y avait des photos de George et Barbara Bush, les parents du président américain, des bristols d'invitation à des cérémonies républicaines. Si la loi sur le suicide assisté a d'abord été défendue par des démocrates progressistes, ses partisans sont nombreux aussi dans les rangs du parti républicain.
Dans les efforts que mène Compassion and Choices pour faire adopter des lois similaires dans d'autres états, il y a » une forme de droite avec laquelle on peut travailler » note Florent Morellet, un Français qui préside l'antenne new-yorkaise de l'association : c'est la frange libertaire du parti républicain, formée de gens qui ne supportent pas que le gouvernement mette son nez dans les affaires privées, et ne les laisse pas choisir eux-mêmes les conditions de leur mort.
Malgré une opinion publique favorable, aucun autre état n'a imité l'Oregon
L'Oregon est pour le moment le seul état aux Etats-Unis où cette pratique est autorisée, une première que George Eighmey explique par la présence d'une population peu pratiquante en matière de religion et le goût de cet état pour l'expérimentation (c'est là par exemple que fut autorisé en premier le vote par correspondance, tandis qu'une autre loi oblige tous » les détenus à travailler autant que les contribuables » ).
Malgré une population américaine favorable au droit à mourir, aucun autre état n'a adopté la même loi. Florent Morellet explique ce décalage par la passion qu'inspire le projet de loi chez ses adversaires. » Pour les 25 % de gens qui sont contre, c'est une question qui prime en politique » , alors que les trois quarts d'Américains qui y sont favorables ne choisiront pas un candidat politique en fonction de sa position sur le sujet.
En attendant, les associations de défense du » droit à mourir dans la dignité » ont revu leur communication, d'abord en bannissant le mot suicide. Un sondage Gallup indique que 58% des Américains sont favorables au » suicide assisté médicalement » . Mais quand on leur pose la question en remplaçant la formule par » l'aide médicale à mourir » , le pourcentage passe à 75%.
La loi de l'Oregon s'intitule » la mort dans la dignité » , et l'association Compassion and Choices est née de la fusion de deux groupes militants » Compassion in Dying » (la compassion dans la mort) et » End of Life Choices » (les choix de fin de vie). » On a gardé les mots compassion et choix, et enlevé ceux qui dérangeaient » , ironise Florent Morellet.
» Ce que je vais faire, c'est bien me suicider » , disait Raymond Carnay en mai. Il est mort le 5 octobre 2007. Sans prendre ses médicaments.
Photo : un couloir de l'hôpital Lariboisière, à Paris (Gilles Coulon/Tendance floue).
► Mis à jour le 17/03/2008 à 15h24, après l'annonce de la décision du tribunal de Dijon de rejeter la demande de Chantal Sébire.
► Mis à jour le 17/03/2008 à 16h54, l'association Compassion and Choices nous a précisé que Ray Carnay n'avait pas pris ses médicaments.




























119
(Pour réagir, connectez-vous)
à rwanr
De R2PH
21H27 | 17/03/2008 |
Mme Christ Boutin a conclu qu'on ne pouvait demander à mourir pour des raison « esthétiques »
C'est pire
Mais en fait elle n'est que catho traditionnaliste
Les intégristes, il y en a
C'est pire
à R2PH
De Thomas GREDAT
| 21H59 | 17/03/2008 |
Je n'avais pas eu connaissance des propos ci-dessus de madame Boutin. Je viens de les apprendre en lisant vos posts.
« Difforme », « accepter sa condition », « raisons esthétiques »… Je n'en reviens pas. Madame Boutin a vraisemblablement un problème avec la souffrance humaine, entre autres. Il faut en avoir peur pour tenir des propos qui sont tout simplement indignes de l'humanité.
Et cette personne se dit chrétienne. J'ignore si le Dieu auquel je crois ressemble au sien. Ce dont je suis sûr, c'est qu'il n'exige pas de Chantal Sébire qu'elle souffre pour rien et qu'elle « accepte sa condition ». Dans quel but ? Au nom de quoi ? Pour donner aux pauvres pécheurs que nous sommes l'exemple du martyre et de la sainteté ? Pour tout accepter, tout simplement, comme, d'ailleurs, on nous y encourage ?
Madame Boutin, vous avez déshonoré votre fonction, votre religion et, pire que les deux ensemble, vous avez déshonoré votre humanité. Si vous avez encore une once de dignité, il ne vous reste plus qu'à démissionner.
à Thomas GREDAT
De R2PH
22H33 | 17/03/2008 |
Le fond (dans toutes les acceptations du terme) du problème
Mme Boutin n'a pas déshonoré sa religion qui repose
Sur un monde meilleur au delà de cette vallée de larmes
Mme Boutin n'a « a pas déshonoré sa fonction de ministre de la ville
C'est juste que je pige pas trop en tant que quoi elle s'est permis de la ramener
En tant que ministériellement remaniable ?
Quand on se souvient qu'elle n'est là que parce qu'elle a prétendu
Que “des” sondages lui accordaient 12% d'intentions de vote
Au premier tour ou elle ne fut pas candidate
Contrairement au précédent premier tour
Ou elle ne fit pas mieux que le PCF
Il est manipulable à ce point, l'autre ?
De Thucydide
Bêcheur de fond en Bourbonnais | 15H38 | 17/03/2008 |
quand il s'agit de mettre en place une rétention de sureté qui a toutes les apparences d'être anti constitutionnelle, on n'hésite pas à modifier les lois, et même la constitution ….
Pour le suicide assisté,comme ça ne sert aucun enjeu électoral : on ne fait plus d'effort, alors qu'il ne s'agirait que de la bonne volonté d'accepter d'étudier et de statuer au cas par cas.
Là, d'un coup, notre omniprésident a disparu … serait il dépassé par l'idée de compassion ?
à Thucydide
De R2PH
00H07 | 18/03/2008 |
Cher Thucydiden, bêcheur de fond en bourbonnais
(« Bêcheur de fond », je vous crois sur parolle)
Permetez moi de m'inscrire en faux
Vous pratiquez un amalgamme tant odieux qu'inacceptable
Je vous explique, petite personne, gente de rien
La Loi établissant une rétention de sécirité
(Et non une détention, j'insiste sur ce fait)
Cible, certes 65 millions de personnes
Mais bel et bien à la lueur des ces 35 schizophrènes
Duement répertoriés et condamnés
Par la médecine FRANçaise
(Dont on se demande quel jeu elle joue, à force)
Par la justice indépendante de notre belle nation
Alors que de statistiques
Concernant ces personnées souffrant au jour le jour
Les affres de la vie/souffrance/Stade final
N'ont été dévoilées ni par
- Le parisien (Mieux en vacances qu'en journal)
- Bolloré Matin (+ Soir + 5 à 7)
- TF1
- M6 (Pas même)
POINT N'EN EST ! ! !
Et puis c'est aussi que quand on est mort
Ben… On vote plus
Alors c'est quand même pas trois clampins
Pleurant la misère
Qui vont me faire oublier
Qu'en matière de mal
(Et de bien, par voie de conséquence)
Un curé pédophile est plus ad-hoc qu'un salopard d'instit
J'avais écrit amalgame au début ?
Chacun le sien !
T« as vu, j'ai même pas causé de votre quasiprésent
De daniel
15H51 | 17/03/2008 |
Mais enfin, chacun sait qu'à l'hôpital les médecins prescrivent des médicaments, soit-disant anti-douleur mais qui permettent aux personnes comdamnés et soufrantes de partir dignement.
Donc rejeter un débat sur l'euthanasie est une des pire hypocrisie de notre société.
Je comprends que le problème soit complexe car il faut faire attention aux dérives possibles, mais ignorer le problème est insupportable.
à daniel
De R2PH
01H17 | 18/03/2008 |
C'est selon…
Il y a des médecins qui laissent souffrir
Par épistémê judéo-chrétienne
Par espoir, aussi, pour l'autre
Il y a des professions libérales qui libèrent des lits
En période hivernale de jambes cassées
Le débat global sur l'euthanasie
N'est pas le débat sur la soufrfrance exemplaire et REELLE d'une PERSONNE
Chacun sait : Rien du tout !
C'est la raison pour laquelle c'est si difficile
D'accord avec toi Daniel : Ce débat ne peut plus être rejeté
C'est sur, ça va contraindre nos élus à travailler
Non pas plus, mais…
Travailler tout court
Pour gagner plus ?
C'est à leur seule acceptation
(Si j'avais su, j'aurai collé des affiches plutôt que de bosser en classe - Con que je suis)
De Infovite
Plébéien. | 16H01 | 17/03/2008 |
Que les politiques nous laissent vivre… notre mort en paix !
http://info-espress.over-blog.com/
De steed1
prosateur à mi-temps | 16H04 | 17/03/2008 |
Pauvre chantal…
elle doit se sentir bien seule face à l'autisme de la justice et de notre gouvernement.
retour à la maison avec les douleurs et la certitude de mourir malgré tout, mais quand ? et comment ?
Elle doit être bien fatiguée aussi…
à steed1
De marigae
16H52 | 17/03/2008 |
« la certitude de mourir malgré tout, quand et comment » ! Est-ce que savoir « quand » et « comment » résout le problème ?
à steed1
De Thomas GREDAT
| 22H02 | 17/03/2008 |
Combien faudra-t-il de docteurs Chaussoy ?
De sum sum
16H31 | 17/03/2008 |
Il existe en France une loi relative aux droits des malades et à la fin de vie (la loi Leonetti de 2005) qui permet l'accompagnement thérapeutique d'une personne en fin de vie.
L'article 2 précise que :
» Si le médecin constate qu'il ne peut soulager la souffrance d'une personne, en phase avancée ou terminale d'une affection grave et incurable, quelle qu'en soit la cause, qu'en lui appliquant un traitement qui peut avoir pour effet secondaire d'abréger sa vie, il doit en informer le malade,[…], la famille ou, à défaut, un des proches. La procédure suivie est inscrite dans le dossier médical. «
N'est ce pas ce que l'on appelle l'euthanasie indirecte, c'est-à-dire l'administration d'antalgiques dont l'effet secondaire est la mort ?
J'en parle un peu sur http://respublica-sum.over-blog.com/article-17676168.html
à sum sum
De R2PH
22H37 | 17/03/2008 |
Mr. Léonetti nous expliquait la semaine passée
Sur une radio gouvernementale
Con ne pouvait accéder à la requête de Mme Sébir
Au prétexte que son cas est exemplaire et non général
Ben… Forcément !
La loi et l'esprit des lois…
De Alban
Etudiant | 16H37 | 17/03/2008 |
Sans nier les souffrances de Mm. Sébire,
on ne légifère pas sur base d'un cas particulier, et sous le coup de l'émotion.
Car après, la loi s'applique à tous, sans distinctions.
J'avoue être très réticent sur ce sujet, car cela reste très subjectif : « le médecin, (…), a aussi jugé Ray sain d'esprit, mentalement capable de prendre cette décision ». Sur quelle base ? La médecine n'est pas une sciences exacte !
Je suis pour le débat et une réforme de la loi Leonetti, mais en invitant des personnes spécialisées de différentes convictions autour de la table.
Et sûrement pas « parce que cette pauvre dame souffre et qu'elle doit pouvoir mourir dans la dignité », la ritournelle qu'on nous ressort à chaque cas litigieux… poussé par certains lobbies, de convictions bien spécifiques ?
Heureusement, les politiques francais semblent l'avoir compris, contrairement aux belges…
à Alban
De sum sum
17H00 | 17/03/2008 |
Voila qui doit être remarqué.
Tu dis qu'on ne légifère pas sur base d'un cas particulier, et sous le coup de l'émotion.
Pourtant c'est exactement la façon de faire de Nicolas sarkozy.
Un fais divers --> une émotion --> une loi.
Nicolas Sarkozy reprend très souvent ce schéma pour expliquer telle décision comme lorsqu'il vendait sa loi anti-récidive : « Vous pensez à la mère de famille dont la fille a été violé ? Vous imaginez son désarroi de savoir l'auteur de cet acte remis en liberté ? ». Il s'assure ainsi un soutien de la part de la majorité des français.
Malgré cela, dans ce cas présent, il ne suit pas ce schéma de penser. C'est étonnant puisqu'apparemment une majorité de français comprennent le désir de madame Sébire.
Mon hypothèse est que là, cela touche à la vie, à la mort, au coté sacré de la vie. Et cela est incompatible avec ses convictions religieuses et spirituelles.
-------
http://respublica-sum.over-blog.com/
à Alban
De La Grenouille
17H04 | 17/03/2008 |
Ah oui et quand légifère-t-on ?
Il faut bien qu'il y ait une jurisprudence et une loi qui répondent à des cas avérés.
Le cas de Mme Sébire pose à nouveau le pbm de l'euthanasie et du suicide asssité.
Il est temps que les citoyens et les politiques en discutent vraiment.
à Alban
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 17H05 | 17/03/2008 |
Que vivent les grands principes, liberté, égalité, fraternité.
Mais sans kit et surtout sans garantie de résultat.
Cela se conquiert à la pointe de notre volonté, et pour chacun il y a un effort …
Notre vie n'est pas livrée avec un bon de garantie et un SAV.
La vie peut devenir invivable.
Quand c'est devenu invivable, QUI doit décider en dernier ressort ? QUI ?
à Alban
De elle-vessia
artiste visuelle | 17H11 | 17/03/2008 |
Et contrairement aux Suisses aussi, je suppose ? ? ?
à elle-vessia
De sum sum
17H29 | 17/03/2008 |
Sous réserve, je dirais qu'il y a
-le Danemark(1er octobre 1992),
-les Pays-Bas (depuis le 1 er avril 2002),
-la Belgique (depuis le 23 septembre 2002) et
-certains cantons suisses qui ont légalisé l'euthanasie.
Les autres pays ont des lois assurant un accompagnement des malades en fin de vie mais ne parle nullement d'euthanasie.
------
http://respublica-sum.over-blog.com/
De flixp
16H38 | 17/03/2008 |
une remarque :
Quiconque pouvant empêcher par son action immédiate, sans risque pour lui ou pour les tiers, soit un crime, soit un délit contre l'intégrité corporelle de la personne s'abstient volontairement de le faire est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75000 euros d'amende.
Avoir connaissance de la volonté de suicide d'une personne entrainerait des poursuites judiciaires si l » on s'abstient de toute action préventive ?
à flixp
De françoise.V
p'tite lyonnaise | 18H14 | 17/03/2008 |
Le suicide n'étant ni un crime, ni un délit…
à françoise.V
De R2PH
22H41 | 17/03/2008 |
Le respect palliatif restant un débat à ouvrir
(J'entend pas par là : Un article polémique à rédiger tous les deux ans)
[J'ai pas écrit maronnier non plus, ça va maintenant]
De Impots-utiles.com
www.impots-utiles.com | 16H39 | 17/03/2008 |
Enfin un peu de morale dans ce gouvernement… ça fait du bien , car tellement rare.
« la certitude de mourir malgré tout, mais quand ? et comment ? »
et oui mais c'est notre lot à tous… alors pour vous la dignité c'est le suicide assisté ? ?
étrange… je croyais que c'etait attendre son heure jusqu'au bout avec courage, comme la plupart…
je ne savais pas qu'on avait remis ses lettres de noblesse au suicide depuis quelques temps… cela semble très tendance …mais oui vous avez tous raisons, piquons nos vieux
le problème principal vient manifestement de la peur des gens face à la mort, on ne sait comment réagir alors on s'appitoie face à la souffrance … mais tous les gens souffrent , la plupart de mes proches sont pas partis dans la joie et la bonne humeur … ça a été long mais ils ont été courageux et son restés dignes jusqu au bout ( la piquouze c'est bon pour les animaux)
Il y a grand probleme de morale dans ce pays…
oui suivons donc le bel exemple des états unis , reconnues depuis longtemps comme etant les chefs de file de la haute morale philosophique, ou la peine de mort et la vente d'arme regnent en maitre…
à Impots-utiles.com
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 16H56 | 17/03/2008 |
« je croyais que c'etait attendre son heure jusqu'au bout avec courage, comme la plupart…
… ça a été long mais ils ont été courageux et son restés dignes jusqu au bout » ….Pervers !
Encore un qui mélange tout.
à Impots-utiles.com
De jimmyb
09H16 | 18/03/2008 |
Je vous remets un post que j'avais déjà écrit sur ce sujet, vous me direz où est la dignité, et pourquoi il fallait aller jusqu'au bout.
« J'avais un oncle que j'ai beaucoup aimé, à 57 ans, il a commencé à souffrir de la maladie d'Alzeimer, puis de Parkinson. Au bout de cinq longues années, il se faisait changer ses couches, il fallait lui donner à manger, tout doucement, de même pour boire car il faisait des fausses routes, il souffrait horriblement d'escarres car il ne pouvait plus se déplacer. Plusieurs fois il s'est trouvé en attaque cérébrale, et plusieurs fois un “médecin” l'a ranimé in extrémis. La nuit il hurlait parfois la seule phrase qu'il répétait inlassablement depuis des mois : “Je veux mourir, laisser moi mourir”, il ne disait plus que cela, son esprit s'était focalisé sur la dernière chose importante, sans doute les derniers temps n'avait-il même plus conscience de ce qu'il disait. J'ai vu mon oncle pleurer la première fois que l'aide médicale l'ac changé et lavé. Je l'ai vu pleuré après chacune de ces attaques cérébrales lorsqu'il rouvrait les yeux sur le fait qu'il était toujours en vie. 5 ans de calvaire ininterrompu, pour un homme qui ne se reconnaissait plus dans une glace, mais que la douleur tordait dans son lit. Et il n'est pas mort seul, ma tante est morte d'épuisement en le soignant malgré l'aide que nous avons essayé de lui apporter, son cœur était trop fatigué. J'avoue que plusieurs fois, j'aurais voulu prendre son oreiller et le maintenir sur son visage afin de le soulager enfin. La, même une loi ne lui aurait pas permis de mourir, car il n'avait plus toute sa tête, et pourtant, n'aurait-il pas mérité qu'on le soulage de ce corps qui n'était plus qu'une douleur le condamnant à vivre ? Quelle faute avait-il commis pour être ainsi condamné à souffrir 5 longues années, au nom de quoi, pour quelle raison devait-il souffrir ? »
La loi de l'Oregon n'a concerné depuis son application en 1998 que 300 personnes, à peine 33 personnes par an. Il est déplorable de voir encore des gens accepter la douleur comme si elle était salutaire, rédemptrice, ou je ne sais encore quelle stupidité. Mais la douleur qu'ils acceptent n'est pas la leur, mais celle des autres. C'est un choix personnel de vouloir mettre fin à ses souffrances et cette attitude existe dans la nature, pourquoi refuser ce droit à ces quelques personnes concernées, la mise en coma artificiel et le soulagement des douleurs même si cela abouti à la mort n'est qu'une hypocrisie destinée à se donner bonne conscience. Donner ce droit ne veut pas dire que tous y auront recours, on le voit, c'est même le contraire, on peut choisir de rester en vie comme on devrait pouvoir choisir de mourir. Nul ne peut dire à notre place de quel côté penche la balance entre le poids de la souffrance et l'envie de rester en vie. Certains choisiront de se battre jusqu'au bout, d'autres préfèreront laisser enfin ce corps prison de douleurs.
Mais ce n'est pas à nous d'en décider pour eux, nous devons juste accepter ce choix et les aider du mieux que nous pouvons à franchir ce cap. arrêtons avec ces relents de morale judéo-chrétienne, que ceux qui en sont convaincus se l'appliquent à eux-mêmes, mais pas aux autres, qu'ils leur laissent leur libre arbitre. Au nom de la religion, certains se font sauter dans la foule et trouvent cela formidable eux aussi, leurs parents, amis, leaders, aussi trouvent cela formidable. Alors je ne veux pas me cacher derrière des préceptes religieux pour refuser à un être de le délivrer d'une vie qui n'est que souffrance inutile à chaque heure du jour et de la nuit. Pour ceux qui se réclament de Dieu, qu'ils m'expliquent alors pourquoi des malades incurables ont soit-disant été guéris à Lourdes où ailleurs, si la douleur et la souffrance doivent être subies sans broncher, pourquoi Dieu a-t-il trouvé utile de les guérir ? Pourquoi ne leur a-t-il pas plutôt expliqué que c'était très bien de souffrir et que c'était normal, qu'il fallait l'accepter pour leur bien ?
Lorsque nous avons mal à la tête, n'essayons-nous pas tous autant que nous sommes de nous soulager, ne prenons-nous pas ce qu'il faut pour ça ? Hypocrites que nous sommes, ces personnes qui n'ont plus rien à espérer d'autre que de ne pas voir se lever une journée de plus pour ne plus sentir comme Chantal cette tumeur qui vous ronge chaque jour, chaque minute, chaque seconde, un peu plus, nous voudrions les obliger à subir encore et encore, jusqu'à ce qu'en fin, leur mal daigne les tuer ? Au nom de quel ignominie, de quelle inhumanité devons-nous accepter cela ?
De marigae
16H51 | 17/03/2008 |
Il n'y aura jamais aucune loi pour prendre en charge l'ensemble des cas tant la dimension de la douleur est « subjective ».
Alors au lieu de nous dire que « ailleurs c'est possible », faites du journalisme de terrain et d'investigation ici pour aller voir combien de personnes partent en Euthanasie indirecte sans faire de tapage, sans gros procès ou sans grosse condamnation.
A-t-on perdu la raison, le sujet est-il réellement de rendre l'euthanasie simple dans tous les cas ? Est-ce vraiment le problème qui est posé ? Il semble que cela ne soit pas là le problème.
La « loi », l'inscription dans le marbre, l'institutionalisation, mais de quoi, mais pourquoi !
Personne ne débat réellement de notre peur de la fin de vie et de la douleur ? La majorité projette sa propre peur et sa propre histoire familiale en utilisant opportunément le cas de cette personne.
Personne ne rappelle que la majorité des fins de vie ne sont pas aussi tragiques mais pour autant douloureuses.
Alors si votre seule peur est cette souffrance finale et que vous souhaitez dès maintenant savoir qu'une loi vous donnera le droit de l'abréger…et quelles assurances…si vous souhaitez que la société vous absolve a priori d'une décision dans tous les cas tragiques…soit. Je ne pense pas que cela résoudra réellement le problème, mais je comprends que cela soit difficile.
à marigae
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 17H10 | 17/03/2008 |
Mais c'est l'intéressée saine d'esprit qui le demande, ce n'est pas un tiers et là est toute la différence.
De quel droit on déciderait pour elle ?
à Les Chats
De marigae
18H39 | 17/03/2008 |
Justement « de quel droit » ? Justement pourquoi a-t-elle demandé l'avis de la justice ? Il semble que dans le cas d'espèce elle disposait d'autres alternatives. Il semble que dans le cas d'espèce cette personne ne voulais pas être responsable de cette décision.
En admettant que ces « il semble » soient faux, je ne prends pas l'espace de réaction comme une arène ou comme si j'étais « juré ». Je trouve que l'article propose une opinion sur la base d'une comparaison rapide, mais ne pose pas le problème. Par ailleurs je ne suis pas « ni pour ni contre » une loi, je crois juste qu'il n'y pas de « loi » parfaite pour ce problème. Et , car sur un tel sujet je ne pense pas que personne puisse avoir raison ou tord, j'ai tendance à préfer que la communauté des Hommes ne statuent pas trop loin et trop définitivement sur une affaire aussi floue que celle là.
à marigae
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 19H04 | 17/03/2008 |
Ne jouez pas sur les mots au lieu de « de quel droit » j'aurais pu dire « à quel titre » ou au « nom de quoi ».
Quand vous dites : « Justement pourquoi a-t-elle demandé l'avis de la justice ? » tout simplement pour dédouaner la personne qui lui administrerait la dose nécessaire.
Vous dites « personne ne peux avoir raison ou tors » mais on ne veux pas régler le problème au cas par cas, à défaut de loi ce serait pourtant la meilleure solution.
On n'a pas à avoir tors ou raison, dire cela c'est décider pour elle.
Elle souffre terriblement, elle est en fin de vie due à la maladie, si la souffrance est terrible et constante, on pourrait accéder à son souhait tout simplement.
« je ne suis ni pour ni contre » c'est confortable mais à supposer qu'il faille se prononcer pour l'aider ? On peut ne pas avoir d'opinion effectivement, moi ce n'est pas la loi ou l'abscence de loi qui me gêne le plus, c'est tout simplement qu'on accède pas à sa demande.
Ce n'est pas nous qui comptons dans cette affaire c'est elle, elle et ce qu'elle peut endurer au quotidien.
Faut-il vraiment intellectualiser si la souffrance est si insupportable ?
à Les Chats
De R2PH
23H31 | 17/03/2008 |
Ta-ra-ta-ta !
De quel droit, c'est « De quel droit ? »
En l'espèce, s'il n'existe pas il faut le créer