Temoignage

DVD illégaux vendus à la Fnac : un pirate témoigne

Alain G. a vendu les mêmes DVD illégaux que la Fnac. Mais lui risque la prison. Pour Rue89, il témoigne des pratiques de ce milieu.

Photo d'un DVD pirate à la Fnac par un internaute (DegroupNews)

« Des enregistrements illégaux, oui, j'en ai vendus. Mais par passion, pour partager des choses rares, pas pour me faire de l'argent. […] Même si de l'argent, oui, j'en ai gagné, un peu, pas des millions. » Le milieu des disques pirates, Alain G le connaît bien. Il en a vendu pendant des années. Depuis mai 2006, après une descente de police à 6h00 du matin et 36 heures passées en garde à vue, il est mis en examen pour diffusion de contenus piratés et de produits de contrefaçon.

En connaisseur, il tient avant toutes choses à faire une correction : il ne diffusait pas des contrefaçons, mais des bootlegs. La nuance est de taille : il s'agit d'enregistrements, illégaux, certes, mais inédits et donc très précieux pour les fans :


« Un secret de polichinelle »

Le 27 février, le Canard enchaîné révèle les soupçons de la Sacem qui pèsent sur la Fnac. L'enseigne participerait à la distribution de DVD illégaux. Sont concernés, par exemple, des enregistrements de concerts des Rolling Stones et de Queen, édités par la société WOW. Une accusation bien gênante alors que le PDG de la Fnac, Denis Olivennes, a produit un rapport au gouvernement sur le sujet.

La Fnac plaide la bonne foi, jure ne rien savoir et se retranche derrière ses fournisseurs, qui lui auraient assuré que les produits en question étaient légaux. Mais pour Alain G., tous les fans de rock savaient que la Fnac commercialisait des bootlegs :


Un rapide tour sur les forums Internet confirme cette information. En effet, sur le site DegroupNews, Charles P. poste une brève intitulée : « DVD pirates à la Fnac : les preuves. » Le témoignage est accompagné de photos de produits (voir ci-dessus) et de captures d'écran du site, ainsi que d'une comparaison entre des jaquettes de DVD légaux et illégaux.

Le reste de la grande distribution aussi

Pour Alain G., la quasi totalité des magasins de grande distribution commercialise ce type d'enregistrements. Pour preuve, les DVD pirates que les policiers ont trouvé chez lui provenaient d'une autre enseigne, dont il a conservé le ticket de caisse. Il raconte également cette expérience sur le site Espacerezo's Blogs, sous le pseudonyme Route64 :


Alain G. s'interroge : pourquoi lui serait poursuivi pour quelques DVD alors que des grands magasins ayant écoulé d'énormes quantités de ces mêmes produits auraient droit à un traitement de faveur ?


En attendant son passage au tribunal correctionnel de Nice, Alain G. tente de joindre le fournisseur de la Fnac, qui affirme détenir les droits des enregistrements :

« Si c'est le cas, alors ces produits ne sont pas illégaux et mon accusation n'a plus de raison d'être. Ce serait une nouvelle inouïe ! “

Il appelle également tous les internautes ayant acheté des « live » dans la grande distribution à lui écrire un mail à route64[at]free.fr, afin de préparer sa défense.

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4 commentaires sélectionnés

Portrait de JLS

De JLS

00H00 | 18/03/2008 | Permalien

Dans les années 80, au début de l'avènement du CD, j'ai acheté à la FNAC de Lille, 2 cds live de Bob Dylan, l'un sur Bulldog Records, et l'autre sur Document Records. Le vendeur de la FNAC me les avait conseillés à l'époque…
Quoi de neuf sous le soleil depuis un peu plus de vingt ans ?

Portrait de steed1

De steed1 29140

prosateur à mi-temps | 09H50 | 18/03/2008 | Permalien

alain G tu m'emmerdes !
les gens comme toi sont une vrai plaie car les vrais ammateurs de bootlegs ne les vendent pas mais les distribuent.
il existe de vrai réseaux de fans qui piratent les concerts pour les diffuser sur le net de la manière la plus gratos qui soit (traders).
il existe également des réseaux de fans qui organisent le surfaçage (découverte et diffusion) d'anciens concerts.

la grande plaie des fans c'est ceux qui préfèrent refourguer aux marchands de bootlegs pour se faire de la thune (allemands ou italiens).
tu me diras que sans ça pas mal de bootlegs n'auraient jamais été diffusé mais ça ne tient pas la route comme argument.

enfin le vrai plaisir des vrai fans c'est de contribuer a retrouver des vrais pépites pour une vrai diffusion officiel et se retrouver dans les remerciements d'un vrai livret pas du tout pirate.
comme par exemple dans le coffret « with the lights out » de nirvana(mike ziegler).

pour ce qui concerne la FNAC j'ai effectivement constaté la vente d'un vrai pirate que je connais bien c'est le concert de nirvana au festival de reading en 92. je serais vraiment curieux de savoir comment le fournisseur de la fnac aurait eu les droits de ce concert particulier puisque cette bande vidéo est le fruit d'une fuite de la TV anglaise en janvier 2005 (pro#1e).

je fais court mais je pourrais en faire des tonnes sur le sujet.

Portrait de Nonoche

De Nonoche

12H15 | 18/03/2008 | Permalien

juste quelques bémols, tout de même :

- malgré la distinction qui est faite dans l'article, le « bootleg » est tout autant illicite que la copie servile, et revêt bien légalement l'appellation de contrefaçon, quelle que soit la valeur et la rareté, reconnues ou non, de l'enregistrement.
- le bootleg n'a pas vocation à permettre à certains de se faire de l'argent dessus, comme notre pirate « passionné », d'autant moins qu'aucun droit n'est reversé aux artistes et producteurs, d'une part, et que d'autre part ce commerce est fait sans la moindre autorisation de ceux-ci.
- la qualité des captations est par définition mauvaise. L'acheteur se fait donc avoir si la nature du bootleg n'est pas affichée. (ce qui n'est bien évidemment pas le cas)
- il ne faut pas que cette affaire soit l'arbre qui cache la forêt : l'exploitation commerciale d'œuvres contrefaites (et la réaction inqualifiable du directeur des achats de la Fnac — voir l'article du Canard Enchaîné) ne justifient en rien le piratage « privé » de ces œuvres. Tous ces actes sont illégaux et doivent tout autant être punis par la loi, ce qui ne manquera pas d'être fait concernant la Fnac comme en témoigne l'enquête diligentée par la SACEM. N'y voyez donc pas une excuse pour vos propres forfaits…

Portrait de Gringo

De Gringo

| 14H46 | 18/03/2008 | Permalien

Pour faire clair, mais je ferai quand même quelques vérifications (je n'ai pas mes ouvrages sur moi) :

M. AlainG. n'étant responsable, ni de la production (c'est à dire de l'enregistrement, qui est la seule étape de production d'un bootleg), ni de l'édition, ni de la reproduction, ni de la diffusion (c'est à dire la primo-diffusion) sort du cadre de la protection légale de l'oeuvre musicale.

Il est passible de poursuites pour avoir réalisé un profit (des revenus, qui plus non déclarés) sur des produits vendus dans le commerce et revendus à l'état neuf. Que ce soit du négoce de tétines, de DVD ou de n'importe quel produit vendu dans le commerce, c'est la même chose juridiquement.

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