Quand la hausse des prix fait des heureux... et modifie notre société

L’accélération de la hausse des prix est à la une ! Accusées, les hausses du prix du pétrole et des denrées alimentaires. De 62 dollars par baril en moyenne 2005/2006, le pétrole est aujourd’hui à près de 110 dollars. Sur la base 100 à la même période, les denrées agricoles sont à 187.

Ces hausses ne peuvent évidemment pas rester sans conséquences sur les prix à la consommation. A entendre la plupart des analyses, il s’agirait d’un phénomène sur lequel personne ne peut rien, et dont, finalement tout le monde pâtit sans que personne en profite. Une sorte de catastrophe naturelle !

Il convient d’y regarder de plus près. Ce regain d’inflation ne masque-t-il pas une nouvelle répartition des revenus et l’accélération d’un véritable changement de société ?

Qui profite de l'augmentation des prix du brut ? Prenons d’abord le pétrole. Sa hausse tient à la conjonction de trois phénomènes :

  • L’augmentation rapide de la demande en provenance des pays émergents, Chine, Inde, Brésil, dont les taux de croissance évoluent à des rythmes de 7% à 10% !
  • L’épuisement progressif de la ressource, qui rend de plus en plus coûteuses les nouvelles découvertes et l’exploitation
  • Des capacités de raffinage limitées, qu’il faut du temps pour augmenter

Mais cette hausse ne s’évapore pas ; elle alimente, au passage, diverses cassettes :

  • Les pays producteurs : les uns en ont un réel besoin pour se développer, mais d'autres sont les rentiers du pétrole qui, aujourd’hui, à travers leurs fonds souverains, s’adjugent des pans entiers du capital des grandes banques ou entreprises euro-américaines.
  • Les compagnies pétrolières, qui extraient, transportent, raffinent et distribuent le pétrole, prennent, aux diverses étapes des marges, la plupart en pourcentage, et qui correspondent donc à quelques milliards de dollars sonnant et trébuchant ; il suffit d’examiner les hausses de leurs bénéfices (total : 13,2 milliards d'euros, en hausse de 12%)
  • Les actionnaires et les dirigeants de ces entreprises (avec bonus) , sont aussi de grands bénéficiaires de la hausse du prix du précieux liquide.
  • Les Etats, via les impôt sur ces sociétés, profitent des mêmes hausses.

Prenons maintenant les denrées alimentaires, notamment les céréales , et les produits des animaux nourris avec elles : lait, œufs, viande. En un an, le prix du blé a augmenté de 70%, celui du soja de 60% , celui du maïs de 58%. A l’origine, on retrouve encore la demande en forte croissance des pays émergents. Leurs citoyens devenant plus riches, consomment plus de viande, ce qui accroît la demande de bétail, donc de céréales pour les nourrir.

Ajoutons à cela l’affectation de surfaces croissantes à la production de plantes susceptibles de fournir du bioéthanol et du biodiesel, comme substitut au pétrole dans les carburants. Erreur écologique massive car, compte tenu des engrais utilisés, l’empreinte écologique de ces cultures est mauvaise, et les carburants correspondants sont loin d’être sans gaz à effet de serre...

Les experts s’accordent de plus en plus souvent à dire que l’équilibre alimentaire mondial est menacé par cette ruée vers les carburants verts. Remarquons aussi, au passage, que le colonialisme, puis le néo-colonialisme, ayant fait leur œuvre, les cultures vivrières de nombreux pays ont été abandonnées, au profit de cultures d’exportations tropicales, et les populations des pays correspondants amenées à consommer nos céréales à la place de leurs céréales traditionnelles.

Le Sénégalais et le Malien ne portent peut-être pas le béret basque, mais mangent baguette et croissants ! Ce qui ne fait qu’augmenter encore plus la demande de blé ! Toujours est-il qu’aujourd’hui, avec une augmentation de la demande et limitation (voire une baisse) de l'offre, les prix des denrées agricoles se sont envolés.

Qui profite de la hausse des prix alimentaires ?

Mais là encore quelques cassettes ont été approvisionnées :

  • Les céréaliers, d’abord, qui ne sont pas tous, loin de là, de petits polyculteurs-éleveurs au bord de la faillite
  • Les grands céréaliers des autres pays producteurs, notamment les terra teñentes » d’Amérique latine, dont on peut douter que les peones profitent largement de cette manne nouvelle.
  • Les grands négociants internationaux qui émargent, eux aussi, en pourcentage.

Mais poursuivons sur le chemin qui va des cales des navires et silos à l’assiette des consommateurs. En 2006, il fallait 2 centimes d’euro de blé (au prix producteur) pour une ficelle vendue 0,60 euro . En 2007, il fallait compter 3 centimes d’euro de blé soit une augmentation de 1 centime d’euro représentant une hausse de 1,7% du prix de la ficelle de 150 grammes.

C’est dire que la hausse de 50% du prix du blé n’a eu qu’une très faible incidence sur le coût de fabrication. Et ce raisonnement vaut évidemment pour l’ensemble des produits manufacturés à base de céréales.

Coté lait, la Confédération paysanne souligne d’abord que le prix payé à la production avait baissé avant la hausse récente de 69 euros/1000 litres, entre 2002 et 2006, soit une perte de revenu annuelle équivalant à deux mois de revenu pour l’éleveur.

Avez-vous constaté, sur cette période, une baisse de prix sur les yaourts et autres camemberts ? Il est vrai que le lait ne représente que 20% du coût de ces produits. Mais le même syndicat ajoute que les producteurs, depuis que le marché mondial a affiché la pénurie de lait, n’ont bénéficié que d’une hausse de 7% du prix à la production en France ; cette hausse de prix ne correspond qu’à 1,5% à 2% du prix d’un camembert.

Nous sommes loin des 10% ou 15% constatés ou annoncés sur les produits laitiers. Comme pour les produits à base de céréales, les fabricants ont donc largement surfé sur la hausse de la matière première pour augmenter leurs revenus.

L'exemple de la carotte

TFI , jeudi soir, révélait une enquête intéressante sur la carotte, qui a le mérite de mettre en évidence les marges successives sur produits frais . Payée 0,15 euro au producteur, le conditionneur-expéditeur la revendait 0,31 euro, prenant donc une marge de 0,16 euro , dont on peut admettre qu’elle couvre correctement ses frais salariaux et ses amortissements.

L’enquête continuait alors en suivant la carotte à Rungis d’où elle ressortait à 0,41 euro, pour finalement aboutir à 0,90 euro, voire 1 euro au consommateur , après une TVA de 5,5% soit 0,5 euro environ. Et la conclusion semblait être que chacun n’avait pris, au passage, que le juste prix de son travail. Tiens donc !

Reprenons : 0,10€ pour le mandataire de Rungis, cela représente, 32% sur son prix d’achat. 32% comme marge du grossiste ! En admettant même qu’il ait 20% de déchets, quelques salariés, et des frais de réfrigération, reste quand même une marge nette de 20% à 25% ! Voila une première cassette » qui profite assez bien de la hausse.

Et le ou les commerçants qui , ensuite, pour passer de 0,41 à 0,90 s’adjugent , avant TVA, plus de 100% sur le prix d’achat ? On peut admettre que les petits , au final , n’ont pas cette marge et que, pour eux, le déchet de 20% pèse lourd. D’où d’ailleurs les prix élevés des marchés.

Mais les centrales d’achat ? Qui ne payent certainement pas le prix de gros de 0,41 euro , mais s’alignent sur le petit commerce. Voici encore des cassettes bien alimentées, et , derrière elles leurs dirigeants et actionnaires, tandis que les caissières sont payées au Smic, souvent pour moins de trente heures par semaine, quand leur emploi n’est pas menacé par l’installation absurde de caisses automatiques à scan ou lecture optique.

La hausse des prix profite à ceux qui sont payés au pourcentage

Inutile de préciser que ce qui vient d’être calculé pour la carotte vaut aussi pour les pommes de terre et les divers fruits. Sans parler des fruits bio , promus aujourd’hui, par une campagne justifiée sur la santé, mais qui, produits en trop faibles quantités, sont vendus 50% de plus que les autres (pommes à 2,95 euros) , alimentant aussi la cassette des commerçants spécialisés , qui surfent sur la belle image de leur métier, mais n’en profitent pas moins.

Ce qui est ainsi établi pour les carottes , l’est pour tous les autres produits alimentaires frais qui transitent par un certain nombre d’intermédiaires. C’est l’effet des marges en pourcent. Simple à comprendre :

Supposons un produit qui vaut 10 ; un intermédiaire qui l’achète à ce prix et prend sur lui une marge de 20%, le revend donc 12. Sa marge est de 2.

Supposons maintenant que le produit augmente de 50% ; la même marge de 10%, donne, à l’intermédiaire en question, une marge de 3. Sa marge aussi, son revenu a donc augmenté du seul fait de la hausse du prix d’achat , de 50%, sans qu’il ait aucunement fourni une prestation supplémentaire. Augmentation de pouvoir d’achat à comparer à celle du salarié : au mieux 1% ou 2% l’an.

Au terme de ce raisonnement , on saisit donc que la hausse récente des prix n’est pas une catastrophe devant laquelle tous sont égaux ; elle transfère du pouvoir d’achat des salariés, pris en groupe, aux commerçants, actionnaires et dirigeants d’entreprises dont les revenus sont liés aux résultats.

Une société actionnariale

Bénéficiaires aussi d’un tel transfert, les dirigeants et actionnaires des entreprises qui, n’étant pas soumises à la concurrence internationale, augmentent librement leurs prix, bien plus d’ailleurs que les salaires de leurs employés. Appartiennent à cette catégorie, par exemple, les ascensoristes, auxquels les Pouvoirs publics ont ouvert un nouvel énorme marché avec la mise à niveau des ascenseurs et qui affichent des hausses annuelles de prix de leurs prestations de 5%. Ou encore les sociétés autoroutières ! Et , bien entendu, les entreprises du grand commerce concentré, qui n'encaissent peut-être pas autant que la somme des intermédiaires qui conduisent du producteur au petit commerce, mais qui le font quand même au pourcentage, et bénéficient, de plus, des fameuses marges arrières imposées aux industriels.

Enfin , en nombre croissant , des médecins spécialistes s’adjugent des dépassements » d’honoraires en augmentation, et la marge des pharmaciens a été largement préservée de la baisse qu’elle aurait pu subir du fait de la multiplication des génériques, par une décision de marge compensatrice généreusement accordée en contrepartie.

Entre les années 70/80 , et aujourd’hui, la part des salariés dans le partage de la valeur ajoutée a baissé d’environ 9%. Notre société que d’aucuns qualifiaient alors de salariale , en raison de ce partage, devient peu à peu actionnariale , commerciale et libérale, et la hausse récente du pétrole et des matières premières, notamment agricoles, précipite cette transformation.


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PMB | Lecteur écriveur
15H54 16/03/2008

Simplifions : ces hauses font que les riches sont encore plus riches, les pauvres encore plus pauvres.

« Ah mais, c’est démago, de dire ça ! »

Dans les pauvres plus pauvres, chez nous : les rmistes etc. partis s’installer en campagne pour fuir les loyers trop élevés, et qui ont le choix entre foutre leur argent dans les voitures et se terrer dans leur isolement.

 
marie 75
18H41 16/03/2008

tu ne simplifies malheureusement pas.
C’est la vérité. On tue la classe moyenne. On affame les plus pauvres. Et ceux qui vivent du revenu du capital vont de mieux en mieux.
Le plus dramatique, ce sont les produits alimentaires qui deviennent inabordables : 2Euros le kg de pommes de terre…
Le logement, n’en parlons pas!
Travailler de plus en plus, pour gagner de moins en moins.

 
pablico
20H22 16/03/2008

je ne comprend plus rien.
Normalement un ‘riche’ devient riche grâce aux pauvres, il leur vend des produits.
Donc si les ‘pauvres’ ont des moyens, tout va bien pour ses affaires.
Mais si les ‘pauvres’ sont exsangues, personne ne va lui acheter ses produits.
Ne parlons pas de ceux qui vendent des services, car un ‘pauvre’ va commencer à s’en passer, bien obligé.

Se suicideraient-ils?? à vouloir faire des grands profits immédiats? Veulent-ils une révolution?
je ne comprend pas grand chose à ce capitalisme.

 
Marcus-Aurelius | Cadre Paris
10H45 17/03/2008

La réalité c’est que le volume d’argent provenant de personnes ayant un salaire supérieur à 2000 euros net, est beaucoup plus important que ceux qui gagnent en dessous mais pas en nombre.
Exemple sur 100 : 60 gagnent un salaire net mensuel moyen de 1500 = 90.000; 40 gagnent un salaire net mensuel moyen de 2.800 = 112.000.
De plus et c’est beaucoup plus parlant !! la majorité des 100, vivent à crédit en permanence (prêts à la consommation, débit différé, cartes de paiement carrefour-bhv-galléries-monoprix-auchan…) ce qu’il leur permet (pas tous) de surconsommer et donc faire encore des heureux !
Mais là, encore une fois, on en parle très peu (…sic…) et personne ne propose de légiférer afin que les ménages français ne s’endettent à outrance !!

Bonne journée

 
Marcus-Aurelius | Cadre Paris
10H28 17/03/2008

Tout à fait d’accord, mais la pomme de terre on la trouve encore entre 0,85 et 1,05 le kilo.
Ces prix concernent la BF15, la bintje, la roseval, la franceline, la romano, la monalisa…

J’ai constaté moi même ces prix dans différents marchés à Paris, dont certains sont prés du centre.
Bien évidemment, dans les quartiers « arrivistes » et bourgeois, les prix sont bien sur beaucoup plus chers.

Bien à vous

 
marie 75
12H29 17/03/2008

sur les marchés du 13ème … pas vu ces prix!
La Rosenval? quasi 2 euros…(et c’est de la patate!)
et ce n’est pas de la rate du Touquet ou de la bonotte….

 
Marcus-Aurelius | Cadre Paris
14H26 17/03/2008

j’en ai vu près de la place rungis (1,05 euros / kg) et prés du périph (1,00 euro / kg) il y a 5 jours…..

 
Jean Matouk | Economiste
19H58 17/03/2008

Cher MonsieurJe vous remercie de ces chiffres. En ce qui me concerne , à Nîmes au marché ou je vais une ou deux fois par semaine, je ne trouve guère de pdt à moins de 1,5€.Mais de toutes façons, ce qu’il faut arriver à savoir c’est le prix auquel ce détaillant l’a acheté et , en amont le pmrix auquel le grossiste ou le mandataire à qui il l’a achetée, l’a lui-même acyeté au producteur. Cordialement

 
Marcus-Aurelius | Cadre Paris
00H39 18/03/2008

Cher vous, j’ai trouvé de la BF15 prés de Cesaire et direct chez l’exploitant à 1,15 euros le KG il y a deux semaines environ……

Bonne soirée

 
Numerosix | Prisonnier dans le village global
16H07 16/03/2008

Résumé:
En gros, c’est encore une fois 95% des salariés qui en prennent de plus en plus encore plus plein la gueule ..

 
re-belle | mère au foyer
16H13 16/03/2008

pour la majorité d’entre nous, elle modifie surtout la façon de consommer!!!…
il suffit de regarder les rayons des magasins pour s’apercevoir que les gens prennent les premiers prix ou des articles discounts où ils attendent certaines promotions!!!…
de toute façon, l’écrasante addition est toujours pour les memes »le consommateur »!!!…
avec des réformes ou modification des lois,l’effet sur le pouvoir d’achat n’est que minime ou plutot quasiment nul!!!…il suffit de se souvenir des ententes illicites entre les grandes enseignes pour ainsi annuler la véritable concurence!!!…
on peut garantir dans les mois, meme dans les années à venir « LE SERRAGE DE CEINTURE », mais là on est limite dans la taille de guèpes!!!…
ce systhème nous montre ses limites!!!…il est vraiment temps de faire autrement!!!…il y a des solutions!!!…

 
joker
18H16 16/03/2008

C’est vrai que la ruée vers les discount existe. La hausse des prix et la baisse du pouvoir d’achat crée une consommation à deux viteses : ceux qui ont les moyens de se nourrir correctement en choisissant des produits de qualité et ceux qui ne les ont pas et doivent se contenter de sous-produits ou d’aliments de base au mépris de la variété alimentaire garantie d’une bonne santé.

 
NouNouiLL
16H23 16/03/2008

Pff…. Moi qui croyait qu’on parlait des décroissants et des peakistes …

Sinon je partage pas vraiment l’analyse, un peu trop binaire entre gentil consommateur salarié et méchant producteur/actionnaire/commercants.
Même si elle est interessante, elle ne veut pas remettre en question en quoi ce soit le comportement des consommateurs parce que outre, le bio, il y a des gaspillages de consommations absolument consternants entre le tourisme, le high-tech, l’immobilier.
Bref pour moi le consommateur occidental moyen a beaucoup trop de ressource depuis bien longtemps.

J’en retiendrais donc que chacun a l’impression ne se faire avoir… Tout le monde en veut plus. L’état est un mort-debout depuis des lustres.
Et l’inflation va galopés … (Ouf il y a la BCE :p )
Et grace à cette mini… euh micro-crise, de cette déstabilisation perpetuelle des cours, la concentration augmente (voir secteur des minerais en particuliers.)

Donc en deux mots Inflation et concentration.

 
re-belle | mère au foyer
16H39 16/03/2008

pourquoi pas la décroissance!!!…
vaut mieux quelle soit choisit que subit, mais la façon de vivre dans une économie qui se base sur des matières épuisables, nous irons tout droit dans le « subit »!!!…
et là, cela fera très mal!!!…

 
Compte supprimé 5 | Locataire du 35370
20H47 16/03/2008

- « Supprimons la misère, cultivons la pauvreté… »

Lanza del Vasto

 
Infovite | Plébéien.
16H32 16/03/2008

Prix en hausse, misère en hausse : la société se transforme ?
Une transformation qui dure autant que l’« Histoire » du capitalisme…
http://info-espress.over-blog.com/

 
oomu
17H10 16/03/2008

vous l’avez mérité. vous avez voté successivement qui il fallait pour laisser tout s’emballer et aller dans les poches de quelques personnes seulement.

vous l’avez voulu, vous aimez cela. vous aimez le pays tel qu’il est, vous aimez ces riches rentiers, vous aimez qu’on renforce l’oppression, surtout quand c’est un autre que vous qui paye, vous aimez les libéraux, vous aimez les gens qui vous rotent à la figure leur richesse et leur mépris pour vous. Vous aimez être bafoué et rabaissé continuellement.

vous n’êtes que des consommateurs et vous aimez cela. Vous aimez qu’on vous rappelle que vous êtes rien, tout juste bon à vomir des opinions, que vos enfants sont plus nuls que ceux d’avants, vous aimez cela.

ne le niez pas. même mon message vous l’adorez.

 
efji
19H20 16/03/2008

Il y a presque 460 ans, La Boetie écrivait ceci :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Discours_de_la_servitude_volontaire_ou_le_Contr’un
et rien n’a changé depuis.

 
DidierB63 | Devant un écran
17H57 16/03/2008

Encore une fois, on en revient à la question : Quel doit être le rôle de l’état?

Doit-il se désengager et laisser faire la « main invisible » ou doit-il réguler?

Pour ma part, je pense qu’il devrait réguler, particulièrement dans une période de crise. Mais, pour cela, il ne faut pas élire un président libéral et une assemblée à sa botte.

http://polemiquons.over-blog.com/

 
Jean Matouk | Economiste
20H15 17/03/2008

Cher DidierOn ne peut pas revenir au contrôle des prix. Aucun pays n’y est revenu. Même pas la Chine! Par contre on peut augmenter la concurrence entre grandes surfaces et favoriser les implantations multiples de GD « discounts ». On peut aussi revenir vers une idée trop vite abandonnée, de circuits plus courts, de coopératives de producteurs vendant directement.

 
cooper59 | pour la decroissance !
21H39 17/03/2008

la concurence est un mythe , tout le monde s’entend sur tout , de temps en temps une asso de consommateurs leve un liévre et c’est assez rare pour que l’entente tous azimuths continue !

 
joker
18H11 16/03/2008

C’est un détail mais personnellement, je ne sais pas pour vous autres, je n’ai jamais acheté des carottes à 90 centimes ni à 1 euro. Leur prix se situe plus autour de 1,3 euro. Encore une fois, c’est un détail car qui regarde le prix du kilo de carottes?

 
hagen | retraité à Annecy
19H01 16/03/2008

Nos grands penseurs économistes néo et ultra libéraux, ont fini par persuader tout le monde que pour juguler l’inflation, il fallait avant tout empêcher que les salaires s’alignent sur la hausse des prix, le meilleur moyen étant de lutter contre le pouvoir des syndicats (voir Reagan et Tatcher), ils y sont arrivés.
L’article de jean Matouk met l’accent sur un autre aspect du problème : le maintien par les intermédiaires des coefficients multiplicateurs, qui les rendent automatiquement bénéficiaire de toute hausse des produits de base.
Or comme l’a fait remarquer fort pertinemment Jean Matouk, ces braves intermédiaires se trouvent dans la situation très confortable de ne pas trop craindre la concurrence. Et l’on se garde bien d’y toucher, même quand on se plaint, comme Monsieur Sarkozy, de l’augmentation du prix du jambon, quand le prix du porc baisse, on se garde bien d’aller plus loin (le brave monsieur Attali est lui aussi remarquablement discret sur ce sujet).
Volà une piste intéressante pour qui s’intéresse au problème du pouvoir d’achat.

 
Pierre973 | désanusseur de porcs
20H25 16/03/2008

En effet, le vrai problème se situe bien au niveau des intermédiaires qui sont les seuls à profiter des tensions sur les marchés agricoles en augmentant leurs marges.
Les producteurs, eux, en tout cas les plus petits, ne bénéficient pas de ces tensions. Prenons l’exemple du 1er intermédiaire que sont les centrales d’achat: elles continuent à leur imposer une politique d’achat à meilleur compte, à des prix souvent bien inférieurs aux prix de revient des producteurs. Ces derniers se paupérisent de jour en jour alors que ces mêmes centrales explosent leurs marges et leurs bénéfices au détriment de ces producteurs.
Comme dans tout système capitaliste, c’est la vision à court terme qui l’emporte. Bientôt, il n’existera plus en France de petits producteurs capables d’affronter ces centrales. Quotidiennement, les plus fragilisés d’entre-eux déposent leur bilan. Et les suicides se multiplient… Bientôt, les centrales d’achat auront enterré le système de production agricole raisonnée, favorisant, par leur politique d’achat, le développement d’une agriculture intensive, productiviste et polluante à l’échelle mondiale. D’ailleurs, la diversification géographique des achats (pommes du Chili etc…) est en marche en dépit de l’hérésie qu’elle constitue d’un point de vue environnemental.
Dans le système capitaliste que nous avons construit, il est malheureusement probable qu’aucun scrupule ne viendra enrayer cette belle mécanique, destinée uniquement à enrichir quelques uns au détriment de tous les autres.

 
Servais-Jean | Psychanaliste orphelin
19H10 16/03/2008

Démonstration assez convaincante, un seul petit ajout à faire, le rôle des « traders » qui font gagner (ou perdre) des milliards aux banques en spéculant sur des paris de hausse de prix qu’ils arrivent à faire monter en dépit de tout bon sens et cela au détriment des consommateurs.
Lorsque ça marche personne n’en parle, les actionnaires se remplissent les poches. C’est le cas général.
Lorsque ça couince c’est l’hallali contre le pauvre trader, on trouve toujours un motif pour l’incriminer.
Mais à qui feront-ils croire qu’un employé de banque peut disposer à sa guise de cinquante milliads pour jouer à la roulette sur les marchés mondiaux, à part leurs actionnaires?
Même Sarko a tenté de le faire comprendre en demandant la démission de Bouton!

Qui parlait de veaux?

 
Compte supprimé 5 | Locataire du 35370
20H58 16/03/2008

- Qu’on m’explique…
- Pourquoi lorsque j’achète les légumes au marché de mon village, donc directement au producteur, ils ne sont, ni moins chers qu’en grande surface et à peine de meilleures qualités?

- C’est qui les enfoirés dans ce cas-là?

 
Efel
23H27 16/03/2008

Article très juste qui exprime en termes posés ce que nous sentons quotidiennement.

 
re-belle | mère au foyer
02H42 17/03/2008

un documentaire à voir!!!…
surplus-la consomation par la terreur:
http://video.google.fr./videoplay?docid=-6265290247873039570

 
Compte supprimé 5 | Locataire du 35370
12H11 17/03/2008

Il y a bien longtemps que j’ai foutu ma télé à la poubelle, je rate donc ce genre de film…
- Haaa, Arte!

- Merci pour le lien.

PS:

- Gratiné le PDG de MICROSOFT, cà donne envie de LINUX!

 
déluge | menuisier
10H35 17/03/2008

Les actionnaires sont les fermiers généraux d’aujourd’hui. Le problème est que ça va être coton pour les coincer…

 
guerzit
11H04 17/03/2008

La conclusion de cet article, c’est qu’en plus des grandes entreprises, de leurs saints patrons et des humanistes actionnaires qui profitent et abusent sereinement, les petits commercants aussi se sucrent…

Et ces mêmes petits commerçanst viennet sourire et nous nourissent de salamalecs coincés entre leurs quatre petits murs…

C’est donc bien le négoce qui rend crasseux, qu’il soit grand ou petit… N’éreintons pas que Carrefour et Monoprix… N’oublions pas la notre gentil boulanger et ses baguettes de tradition à 1 euro, le boucher et ses steaks à 5 euros… Crasseux vendeurs aux horizons si bouchés…

 
cooper59 | pour la decroissance !
12H28 17/03/2008

A quoi ça sert de reflechir sur ces derives tout en acceptant parfaitement le systeme qui les produit ? Encore que ce ne sont pas des derives pour tout le monde , puiqu’on apprends dans toutes les ecoles de commerces que le profit se fait toujours au detriment de quelqu’un , mais que c’est la regle du jeu . Alors dans ces conditions ça sert a rien de pleurer , l’amour du Dieu Pognon etant arrivé a maturité , on est passé du capitalisme a papa au capitalisme speculatif , prochaine etape : dereglementation totale et loi de la jungle ! preparez les casques ou installez vous sur une autre planete .

 
déluge | menuisier
16H28 17/03/2008

D’où la necessité d’une arche cher Cooper. Plus prosaïquement: Une maison bien isolée, un potager, qqs poules et une bonne bibliothèque. Et surtout refaire de la solidarité LA vertue cardinale.

 
sushi_destroy
01H53 21/03/2008

tiens, l’arrivée des survivalistes en France ?

Pour l’instant ce ne sont que des mots.

 
Impots-utiles.com | www.impots-utiles.com
17H54 17/03/2008

les seuls à qui la hausse des prix ne profitent pas sont les contribuables! comme d’habitude , ce sont les memes qui trinquent… quand verrons nous les prix baisser au lieu d’augmenter sans cesse? en plus ça a pas l’air d’etre pour tout de suite ( http://www.impots-utiles.com/prix-alimentaires-pas-damelioration-avant-2… )
si l’etat profite de la hausse des prix, comment va - t il gerer la crise que subissent les consommateurs ces derniers temps ?? si les prix baissent l’etat ira t il gratter ailleurs ?? (taxes ou impots divers?)

 
cooper59 | pour la decroissance !
21H43 17/03/2008

bah ouais ! l’etat est pas là pour mettre des batons dans les roues du capitalisme triomphant ! ya des limites a la competence .

 
Marc_S | Ingénieur
12H45 18/03/2008

C’est un système très bien conçu puisque d’un coté on veux tout payer moins cher… mais alors on ne peut plus le fabriquer chez nous, ou alors avec quels salaires.
Nous sommes tous un peu schizophrènes… des bas prix… des bons salaires… des usines chez nous.
Je ne connais pas la solution mais je nous vois tous assez mal partis…

 
fred85 | miam miam glou glou
21H41 18/03/2008

on remarque que c’est le premier et dernier maillon de la chaine alimentaire qui paient les pots cassés

je travaille dans le métier de la restauration et je peux vous dire que mes fournisseurs profitent bien de cette pub sur le pouvoir d’achat

exemple mon fournisseur d’épicerie m’a augmenté de 10% le prix des maquereaux en boite pretextant la hausse du prix du céréale !!! (véridique)