
Après Arrêt sur images il y a quelques semaines et MediaPart ce dimanche, un nouveau journal satirique, Detoxinfo, se lancera en avril. Tour d'horizon de ces sites d'information qui font le pari du payant.
Il y a ceux qui en reviennent, comme le New York Times, qui rendent progressivement leur contenu gratuit. Et il y a ceux pour qui le modèle économique d'une information payante sur Internet est viable.
En France, outre les déclinaisons web d'« anciens » (Lesechos.fr, Capital.fr…), le plus emblématique de ces médias sera sans doute MediaPart, lancé dimanche à 13 heures par l'ancien patron de la rédaction du Monde, Edwy Plenel, entouré de 25 autres journalistes et de 5 administratifs.
Le cofondateur du site l'a déclaré ce samedi, lors d'une présentation à la presse : « Si les abonnés sont au rendez-vous, on se passera de publicité. » Car la une du site, les pages d'accueil de rubriques et l'ensemble de la partie communautaire seront gratuits, et pourraient, pour cette raison, accueillir de la publicité. MediaPart entend cependant faire sans, revendiquant « le choix de l'indépendance véritable : vivre grâce au soutien des seuls lecteurs, ne pas dépendre de la manne publicitaire ».
Le capital de MediaPart est détenu à 60% par ses fondateurs
Avec trois formules d'abonnement (5, 9 et 15€/mois), le site espère avoir recruté entre 20 000 et 25 000 abonnés d'ici la fin de l'année, et atteindre son seuil de rentabilité début 2011 (52 000 ou 62 000 abonnés, selon que la TVA à 2,1% dont bénéficient les sociétés de presse est appliquée ou non).
Avant même le lancement du site, 3 500 lecteurs ont adhéré. L'autre socle économique de MediaPart est le capital de la société, qui s'élèvera dans quelques mois à 3,7 millions d'euros, détenus à 60% par les fondateurs et 40% par des investisseurs, majoritairement issus du monde de l'informatique.
A Arretsurimages.net, dernier site majoritairement payant à s'être lancé, le capital de départ était plus réduit : 18 000 euros selon son fondateur, Daniel Schneidermann. La réussite du site repose donc totalement sur son nombre d'abonnés (de 0 à 30 euros par an). « Nous en avons actuellement 39 000, mais je ne peux pas vous donner une répartition précise selon les différentes formules », explique-t-il :
« Deux épreuves de vérité nous attendent cette année : la fin des abonnements de trois mois, et la fin des abonnements d'un an, fin décembre. Je pourrai donc vous dire si c'est satisfaisant début 2009. »
Schneidermann refuse la pub, « pour ne pas entrer dans une logique d'audience »
Le spécialiste des médias assure n'avoir « pas calculé » combien il faut d'abonnés pour assurer la pérennité de son site. Il explique simplement avoir « fait le raisonnement inverse à celui d'Edwy Plenel : voir ce que ça donne avant d'embaucher. » @si.net tourne actuellement avec six permanents et cinq chroniqueurs pigistes, sans compter le fondateur. « Si nous avons refusé la publicité, ce n'est pas par crainte de la censure des annonceurs, mais pour ne pas entrer dans une logique d'audience », ajoute Daniel Schneidermann.
Pour « Achille », c'est une question de « crédibilité » : « Comment voulez-vous être crédibles et ironiques avec des annonceurs ? “ Achille ne veut pas dévoiler son identité car, comme les cinq autres fondateurs de Detoxinfo.fr, il s'apprête à quitter un média ‘de la presse nationale ou internationale’, et négocie son départ avec son employeur.
Ces journalistes, qui ont ‘tous bossé pour Le Canard'’ à un moment de leur carrière, lancent pendant la deuxième semaine d'avril ‘la première revue satirique en ligne sans publicité’. Avec une dimension participative, puisque les contributions d'internautes feront partie du journal. Qu'on pourra lire pour 3 euros par mois, 15,5 euros par semestre ou 30 euros par an, avec une dizaine d'articles en ligne chaque jour.
Chez Bakchich, 50 ventes de la version papier pour 55 000 visiteurs
Detoxinfo annonce un ton ‘moins badin’ que Bakchich.info, site satirique… avec publicité. Pour 10 euros par trimestre ou 35 euros par an, les lecteurs de Bakchich peuvent aussi lire une version papier hebdomadaire. ‘Ça nous a rapporté 25 000 euros sur quatre mois, ce qui n'est pas négligeable puisque ça paye deux salaires’, raconte le directeur de la rédaction, Nicolas Beau :
‘Mais quand on a lancé un scoop sur Kadhafi qui ne nous a rapporté que 50 ventes à l'unité sur 55 000 visiteurs ce jour-là, on a eu la preuve que le payant ne pouvait pas marcher. Pour nous, en tous cas.’
Bakchich compte donc principalement sur la pub pour faire vivre ses 12 salariés et ses 15 pigistes réguliers.
Photo : Emmanuel Parody (Ecosphere).
► Rectifié le 15/03/2008 à 21h00 : le Wall Street Journal a décidé de conserver le modèle payant, contrairement à ce qui était initialement indiqué dans l'article.
► Lire aussi : Internet, le gratuit, le payant et la logique du bouquet


























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De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 19H59 | 15/03/2008 |
Je me suis abonné à a@i et à MediaPart, plutôt par soutien qu'autre chose au départ : il me semblait que l'internet pouvait être le lieu où se constitue une alternative à la presse que nous connaissons, et qu'elle pouvait (peut-être) s'y constituer à moindres frais.
Concernant ces deux sites, il serait intéressant de connaître le chiffre d'affaire que représentent les abonnements, et en parallèle avoir une idée des coûts de fonctionnements (salaires, coûts liés aux questions techniques, etc.)
Enfin, et je me le demande souvent en fréquentant Rue89, je me pose la question du coût de la gratuité. La gratuité n'existe que pour le visiteur. Elle n'existe certainement pas pour vous. C'est la raison pour laquelle je refuse de lire les journaux-papier dits gratuits.
La question est double, en fait. D'une part, dans quelle mesure ce choix de la gratuité influe (ou risque d'influer) ou non sur le contenu rédactionnel ? D'autre part, comment vous en sortez-vous ? Si vous nous en disiez plus ?
De Fuel_Injected
20H20 | 15/03/2008 |
Salut Thierry,
on va bien voir si Rue89 va te répondre car on doit être un bon paquet à se poser ces questions !
Evidemment que c'est la pub qui leur sert de socle et surtout quand ils font un bon coup avec la BNP comme il y a peu. Je pense que plus leurs articles seront bons et bien fouillés et plus l'audience/publicité augmenteront aussi fort !
Maintenant, la question se posera tjrs sur l'intégrité même d'un tel média gratuit et j'ai d'ailleurs un peu peur quand je vois dati'dior s'exprimer ici !
Bref, je me sens bien dans la Rue et peut-être qu'il faudrait que nous pensions à leur apporter d'autres soutiens que de simples contributions !
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 20H28 | 15/03/2008 |
Salut Fuel, d'accord avec toi sur le fait q'on se sente bien dans la Rue (sans ça, dis-moi un peu, pourquoi y traînerions-nous autant ? ).
Pas d'accord avec toi sur le nouveau mannequin vedette de Dior : il est utile que Dati puisse s'exprimer, y compris si elle choisit la langue de bois la plus épaisse parce qu'il est au moins utile de connaître son discours, ne serait-ce que pour le contester. (Idem pour Apparu, d'ailleurs.)
Sans compter que sur les interventions de Dati ou Apparu, les commentaires ne sont peut-être pas toujours très fins, mais il en reste quand même quelques uns que j'ai trouvé intéressants.
Ce n'est pas mon boulot de définir ce que doit être Rue89, mais je trouve que sans Dati, Apparu ou certains commentateurs, elle serait sans doute moins intéressante.
à thierry reboud
De Fuel_Injected
20H34 | 15/03/2008 |
Apparu, nickel ce gars, il a joué le jeu avec beaucoup de hauteur et c'est même remis en question sur cette toile. Ce doit être un bon député même si je n'aspire pas du tout à l'Ump !
Dati c'est autre chose, le choix de cet article avant élection m'a paru bizarre et surtout la gravité du sujet ! J'ai bien peur que Rue89 lui est filé un coup de main involontairement !
Bref, pas sectaire pour un sou, je sais m'effacer quand un sujet me laisse perplexe ou douteux !
à thierry reboud
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 20H38 | 15/03/2008 |
« il est utile que Dati puisse s'exprimer »
Franchement Thierry je ne vois pas en quoi l'intervention de Dati (ou autres) est utile dans la mesure ou elle pratique la langue de bois. De toute façon cette femme ne parle que la langue de son maître qu'on entend suffisamment sur les ondes.
C'est certes une ouverture d'esprit de la part de Rue89, mais utile ?
à Les Chats
De déluge
menuisier | 21H57 | 15/03/2008 |
Bonsoir,
C'est utile je crois pour plusieurs raisons.
La plus évidente tient en ce que certaine personne n'ont pas accès au médias dominant (TV, radio), soit par choix (mon cas), soit du fait d'un handicap.
Ensuite, ce n'est pas parceque j'ai mon opinion sur cette dame et ce qu'elle dit (je l'ai lu dans la presse et j'y ai réfléchi) que les réactions à son discour me sont indifférentes. Parfois, des réactions de riverains éclairent d'un jour auquel je n'avais pas pensé, me stimulent par mon opposition à elles, bref font tourner la reflexion.
De plus, il me semble que beaucoup ici aspirent à une vraie république démocratique et ouverte, dans cette perspective ne perdons pas de vue que nous aurons toujours, et tant mieux, des adversaires. Parlons avec eux, critiquons les, combattons les dans le champs politique, mais ne les excluons pas car ce serait le plus court chemin pour passer de forum citoyen à groupuscule autocentré, je pense.
De pablico
22H30 | 15/03/2008 |
si l'on achète un journal, on reste dans la même famille de pensée.
Moi cela ne me plait pas, ça risque de s'appauvrir et de tourner à un genre de militantisme qui tendra à être stérile.
C'est pour cela que RUE89 est devenu mon « journal d'idées » préféré, on peut réagir, pas dans le vide comme sur libé, mais l'on peut répondre et être interpelé par d'autres « posteurs » c'est ce qui fait la richesse de rue89. Un « café du commerce » en quelque sorte.
De Pierre Haski
Rue89 | 22H04 | 15/03/2008 |
@Thierry Reboud,
Nous avons choisi ce modèle « gratuit » qui, comme vous le dites très justement, n'est pas gratuit pour nous… Mais nous voulons être un site d'informations accessible au plus grand nombre, pas à une petite élite, et il me semble qu'on oublie, quand on parle de gratuité sur le net, toute la culture de l'échange et du partage que représente le mouvement du logiciel libre. Rue89 a ainsi été construit sur un CMS libre, Drupal (tout comme Médiapart d'ailleurs), et cette culture conserve une place très importante sur le net : par exemple le navigateur Firefox développé par la fondation Mozilla. Il y aurait un certain paradoxe à bénéficier des avantages du libre pour construire notre rue, et à instaurer ensuite un péage à l'entrée.
Nous sommes en phase de construction, et même si nous avons un peu de pub (il y en a eu pas mal en novembre-décembre, moins depuis janvier, c'est très saisonnier), nous ne nous attendons pas à équilibrer nos comptes après à peine dix mois. A vous de juger si la recherche de pub a influencé le contenu de Rue89 : personnellement, je sais que ce n'est pas le cas, et nous n'en prenons pas la direction.
Et surtout, nous ne faisons pas de la publicité notre seule source de revenus. Nous avons une activité de prestation de service, c'est-à-dire que nous vendons notre « savoir faire ». Nous avons fait l'an dernier le site Bibliobs pour le Nouvel Observateur, et nous venons de terminer un webmag pour un autre client. C'est une activité rémunératrice intéressante et sans contraintes.
Nous tiendrons tous les riverains de Rue89 plus amplement informés prochainement des développements du site, car nous avons beaucoup de projets dans les cartons. Merci de votre soutien et de votre fidélité !
à Pierre Haski
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 09H55 | 16/03/2008 |
Merci pour vos explications détaillées.
J'apprécie particulièrement votre cohérence, comment dire, idéologique à propos de l'économie libre de l'internet. J'imagine que vous en mesurez (sans aucun doute mieux que moi) les enjeux ou les risques.
Ce n'est pas pour cafter, mais votre réponse ne s'affiche pas dans la tête de gondole.
à Pierre Haski
De jissé
Ingé retraité | 23H04 | 16/03/2008 |
A Pierre Haski.
Bonsoir, presque bonne nuit.
Je « débarque » pour la première fois sur cet article.
Constatation immédiate : AUCUN « 5 ronds rouges ».
ZARBI.
En allant plus loin je constate que « St Pierrrrre » est aussi là.
Ce qui expliquerait en partie cela.
Une suggestion, hors sujet, - allez sur l'article les jeunes menacés d'expulsion.
Ne serait-il pas envisageable de limiter le nombre d'interventions par « commentateur » à tant par jour et par sujet ?
Trois ou quatre interventions suffisant pour exprimer une opinion. Quand elle est argumentée.
Sinon c'est la galère pour renvoyer « dans le noir » une petite bande d'importuns qui renaissent « vierges » deux lignes plus loin. Sans rien apporter de nouveau au débat.
Ce n'est pas Thierry qui me contredira,
I presume my dear Watson.
Et aussi d'assurer une meilleure « gestion » des interventions « signalées'.
A présent c'est en pure perte.
>>>>>>>>>>>>>>>>
Pour en revenir au sujet, j'achetais tous les jours “Le Monde”.
C'est fini, n-i=ni.
Je ne verrais pas d'inconvénient majeur, si nécessaire à payer un abonnement “rue89”.
Bon, je vais “voir” le St cité plus haut .. Et sa confrérie.
Vive la rue.
Amicalement.
Jissé
à thierry reboud
De Le Yéti
yetiblog.org | 23H26 | 15/03/2008 |
Cher Thierry Reboud.
Vous dites : « Je me pose la question du coût de la gratuité. La gratuité n'existe que pour le visiteur. Elle n'existe certainement pas pour vous [les journalistes de Rue 89].
Pourtant si Rue 89 existe grâce à ses créateurs et à ses animateurs (sincères remerciements, vraiment, à eux), je pense qu'elle n'existe pas non plus sans les apports des commentateurs comme vous, moi, le “visiteur”.
Ces derniers doivent-ils être rémunérés pour leurs contributions ? Et tous ceux qui, sur leur blog, relaient ou dévoilent en exclusivité des infos de leur crû ? Qui seront reprises et relayées par d'autres bénévoles ? Ou d'autres supports comme Rue 89 ou Médiapart ? Que penser aussi de tous ceux qui offrent au public leurs logiciels libres ? Quel est le coût de leur gratuité à eux ?
On touche ici, je pense, un des apports essentiels d'un support comme l'Internet : l'apparition d'un outil d'échange économique qui se dispense de son intermédiaire obligé : l'argent.
Je conçois que cela invite à bien des remises en cause, à bien des obligations d'adaptation, sans doute à de grands bouleversements dans nos rapports économiques et sociaux. Mais c'est aujourd'hui un fait patent, illustré par la victoire des échanges de fichiers musicaux sur l'industrie du disque. Cela pénalisera-t-il la création artistique, comme le clame la profession bafouée ? Je vous parie que non.
De la même façon, je ne crois pas un instant à l'émergence d'une information payante sur le web. Un bien, un mal ? Franchement je ne sais pas. Mais cela peut-il être pire que la situation insupportable à laquelle sont parvenus aujourd'hui nos médias du microcosme ?
à Le Yéti
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 10H07 | 16/03/2008 |
Bonjour Le Yéti.
Comme souvent, je souscris assez largement à votre point de vue (Rue89 est le fruit des concepteurs ET des utilisateurs) et aux perspectives que vous envisagez (l'émergence, difficile sans doute, de nouveaux rapports économiques et sociaux). J'ignore si vous aurez raison à la fin, tout au moins pouvons-nous l'espérer.
Sur la question des logiciels libres utilisés par Médiapart, il me semble que la gratuité de ces logiciels a pour contrepartie la mise en commun des améliorations apportées. Pour autant que Médiapart remplisse cette part du contrat, j'ai l'impression qu'il n'y a pas de détournement de la fonction première des logiciels libres. (Cela dit, le monde du logiciel n'est pas vraiment mon genre de beauté, et il est très possible que je me trompe.)
Au sujet de la viabilité d'une presse payante sur l'internet, ma foi, je n'ai réussi à me faire une religion en la matière. C'est pour cela que j'ai préféré les soutenir au début. Je verrai bien à l'usage. D'autant plus que le caractère payant de l'information ne constitue pas ipso facto un gage de qualité.
à thierry reboud
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 04H39 | 16/03/2008 |
On ne peut vendre l'information que si elle procure un avantage à celui qui y accède le premier - c'est le cas de certains renseignements spécialisé - ou si le prix en est si dérisoire que le PLAISIR d'être le premier au courant vaut qu'on consente à le payer. C'est une fourchette étroite et l'avenir verra un marché à deux paliers :
1) l'information brute - fils de presse - gratuite, sans doute subventionnée par l« État comme élémnet d'un droit à l'information, et
2) le commentaire/interprétation - du domaine de la littérature - et qui vaudra ce qu'en donnera le lecteur, motivé en grande partie par un certain snobisme à être le premier, puisque RIEN ne restera longtemps caché.
http://nouvellesociete.org/5153.html
http://nouvellesociete.org/5174.html
Pierre JC Allard
De DBL8
Retraité | 20H07 | 15/03/2008 |
Je pense que c'est avec les pub de google qui sont sur la colonne de gauche.
à moins qu'il ne batte monnaie. ; ))
à DBL8
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 20H26 | 15/03/2008 |
Putain de moi, je ne les avais pas vues !
(Merci pour le tuyau. Maintenant que je sais qu'elles sont là, qu'est-ce qu'il faut faire ? )
à thierry reboud
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 20H41 | 15/03/2008 |
Tu cliques dessus pour leur filer un peu d'oseille.
Ceci dit elles ne sont pas trop envahissantes leurs pub, on peu bien cliquer dessus de temps en temps pour les aider.
à Les Chats
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 21H15 | 15/03/2008 |
Visiblement certains ne sont pas d'accord. C'est pas très sympa pour Rue89, il y a quand même du boulot sur ce site. Vous préférez que ce soit payant ? Pas moi.
à Les Chats
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 10H09 | 16/03/2008 |
Merci pour le mode d'emploi, Les Chats. Je m'en vais de ce clic garnir les coffres suisses de Rue89.
Et tu as raison, elles ne sont pas trop envahissantes : je ne les avais pas vues.
à thierry reboud
De Fuel_Injected
20H42 | 15/03/2008 |
Tu bouches tes yeux et tu fermes tes oreilles !
Et encore, elles passeront quand même dans ton cerveau
à thierry reboud
De pene-r
21H15 | 15/03/2008 |
Maintenant que je sais qu'elles sont là, qu'est-ce qu'il faut faire ?
Tappes adblock sur google tu devrais trouver ton bonheur (si tu utilises firefox du moins ! ).
De Infovite
Plébéien. | 20H16 | 15/03/2008 |
Au sein de notre société, l'indépendance de l'information a malheureusement un prix.
Mais pour les plus démunis que reste-t-il ?
Après la fracture sociale voici l'avènement de la fracture numérique.
Les pauvres n'auront donc plus accès à l'information qui se veut libre ?
Rue89, maintenez le cap car les pauvres se chargeront de « faire l'actualité » par les luttes sociales !
http://info-espress.over-blog.com/
à Infovite
De nieuwendammerdijk
bilig et crayon | 12H12 | 16/03/2008 |
Les pauvres n'auront donc plus accès à l'information qui se veut libre ?
L'ont ils maintenant,l'acces ? Ont ils le fric pour s'acheter des ordinateurs,des abonnememts ?
De Boris Eigti
20H30 | 15/03/2008 |
Pour le moment, la publicité n'est pas vraiment une solution. Elle rapporte, certes, mais pas suffisamment. Qu'en est-il exactement pour Rue89 ?
Par ailleurs, il faut préciser que contrairement à ce que laisse entendre l'article, le Wall Street Journal n'a finalement pas abandonné l'accès payant de sa zone premium.
Selon un court article du Monde.fr du 25.01.2008, il est dit que finalement « le site Internet du Wall Street Journal restera largement payant, et l'abonnement deviendra probablement plus cher, a déclaré jeudi 24 janvier à Davos (Suisse) le PDG de News Corporation, Rupert Murdoch. »
Je ne pense pas m'abonner à MediaPart tout simplement car je ne sais pas quel contenu sera proposé, ni si la qualité sera au rendez-vous.
Et puis, même si les tarifs paraissent raisonnables en comparaison de ceux des journaux papier, ça pose un problème de taille : j'aime suivre les infos à partir de différentes sources (Rue89, @si, Backchich, France24, RFI, France Info, LeMonde, Libération, LeFigaro, Le Canard enchaîné, Marianne, L'express, Le Point, etc.). Et donc je me dis qu'il me serait impossible de m'abonner à tout.
De plus, je ne souhaiterais pas faire un choix (pourquoi m'abonner à MediaPart et pas au Monde.fr, etc.). Plus il y aura d'acteurs, mieux ce sera, mais plus complexe seront les choix à faire en terme d'abonnement (dans le cas de modèles payants).
Mais d'un autre côté, la pub ne m'apparaît pas viable du fait des extensions comme AdBlock, ou tout simplement parce que je ne la regarde pas et ne clique pas dessus…
Bref, le problème du modèle n'est pas prêt d'être réglé. Mais il est naïf de croire que l'avenir est au tout payant ou tout gratuit. Nous verrons bien…
à Boris Eigti
De Pierre Haski
Rue89 | 21H24 | 15/03/2008 |
Dont acte pour le Wall Street Journal, nous l'avions d'ailleurs nous même signalé à l'époque.
Pour répondre à votre question : la pub ne permet pas encore à Rue89 de vivre, c'est évident, mais il aurait été extraordinaire que ce soit le cas après seulement dix mois d'existence. Nous travaillons à développer nos recettes publicitaires, mais notre modèle n'en fait pas la seule source de revenus. Nous vendons également notre « savoir faire », en faisant de la prestation de service, c'est-à-dire en construisant des sites ou des web mag pour d'autres clients.
à Pierre Haski
De Fuel_Injected
21H58 | 15/03/2008 |
Merci pour clarification simple, comme ça maintenant on sait et puis, on pourra peut-être vous aider !
De Charles Mouloud
Bras gauche de la Vénus de Millau | 20H33 | 15/03/2008 |
Y a donc plus personne qui fauche les journaux et les bouquins au Tabac Presse du gros moustachu réac du quartier !
Les valeurs se perdent !
Un malabar de payé, vingt euros de journaux et magazines dans la fouille !
à Charles Mouloud
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 20H45 | 15/03/2008 |
Chut Charles ! !
Mais chez les plus réac il faut y aller avec une jolie fille ………..mdr
à Charles Mouloud
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 21H13 | 15/03/2008 |
Déjà qu » on écoute plus ses conneries , vu qu'on ne prend plus de café ou d » apéro chez lui a cause des lois anti-fumeurs !
Et qu » on s » informe et discute sur Rue89 au lieu de lui acheter la presse !
Il se sent de plus en plus seul , le gros moustachu réac du Tabac Journaux Bar du quartier ..
à Numerosix
De jissé
Ingé retraité | 05H25 | 17/03/2008 |
Salut prisonnier.
Dans mon « village » et aux alentours il n'y a plus qu'UN bistro-tabac-PMU-loto-journaux-revues (sur cinq) qui soit tenu par un « moustachu'.
Les autres ?
Remplacés par de jolies asiates.
Dont un super “petit-lot”.
Mais le plaisir de la regarder ne remplace pas la cigarette avec le “petit noir” sur le zinc.
Sur lequel depuis belle lurette on ne casse plus d'oeuf dur.
Pire : La plus proche ferme le mercredi, jour sacré du “Canard”.
Amicalement.
Jissé (insomniaque)
à Charles Mouloud
De Tinhinane
Médiatrice scientifique | 14H23 | 17/03/2008 |
Les valeurs se perdent depuis que certains petits plaisirs sont contrariés.
Cadeau clin d'œil, 1 extrait de « Chenille rouge au train bleu » (c'est de moi je peux donc reproduire)
« Arrivée au bistrot - tabacs, l'odeur d'un Epresso me tente. Je pose mon dossier sur le comptoir, je retire le ruban rouge de mon paquet de Gauloises blondes. Le serveur s'approche.
- Bonjour. Un italien s'il vous plaît.
- Pardon ?
- Un noir serré.
C'est au tour de la partie Cellophane d'échouer parterre. Elle s'accroche à ma cuisse. Je lui redonne de l'énergie et me déplace pour observer sa trajectoire et suivre son laborieux atterrissage jusqu'au sol. Mes mains s'activent encore, je dois jeter le papier gris métallisé prédécoupé. Celui-là a plus de masse. Il rejoindra les tickets de la loterie et autres mégots sans mon aide. Il cheminera sans étapes et échouera par terre. Mes voisins de zinc élèvent la voix pour attirer mon attention. Je n'ai pas encore décidé de les regarder.
Une sous-tasse, une petite cuillère et un morceau de sucre sont déjà posés devant moi, signe que ma commande est prise. L'Epresso suivra. En attendant que la baveuse de nectar aromatique finisse d'égoutter, le serveur s'active. Il récupère de l'eau chaude pour un thé ou une tisane, réchauffe le lait dans un pichet en inox pour un chocolat. Il verse une larme de lait dans un café pour une noisette et un peu plus pour un crème. Il remplit un ballon de rouge, sert un petit blanc, un demi-panaché et un perroquet. Puis il distribue sa collecte tout au long du comptoir. Mon café est dans le lot. J'ai juste le temps de préparer une cigarette, la vingtième de mon nouveau paquet, celle qui est au milieu du groupe des sept de la troisième rangée vers moi. L'arôme de mon café s'élève, dilate mes narines. Je défais le papier autour de mon morceau de sucre, encore du papier à jeter. Des portraits d'écrivains sont imprimés en monochrome sur le papier d'emballage. Le hasard m'attribue Boris Vian. Je suis née un an avant son décès. Ce vieux copain m'est aussi familier qu'Humphrey Bogart idole de ma jeunesse avec laquelle je n'ai jamais siroté un café en parlant de l'air du temps. Mon cube de sucre se dissout au fond de ma tasse. Je le frôle à peine avec ma cuillère. J'aime l'imparfait mélange de l'amer et du sucré. Ils cohabitent en conservant chacun leur identité. “ Au goûter, du lait froid, sucré. Il y avait au fond du vieux bol blanc un défaut de faïence ; on ne savait si la cuillère, en tournant, touchait ce défaut ou une plaque de sucre mal fondu ou mal lavé. ” magnifique anamnèse de Barthes… Je n'ai pas regardé les dates qui délimitent l'existence de Boris. La vie d'un poète et de ceux que j'aime est intemporelle. Il est avec moi dans une parfaite irréalité, comme ces voisins de zinc dont j'ignore tout et que je n'ai toujours pas regardé. Je cherche mon briquet, ma cigarette émerge à peine hors du paquet. Quand je suis seule dans un bistrot de hasard, je cherche mon feu avant d'insérer ma cigarette entre mes lèvres. En groupe, j'empoche souvent le briquet disponible. J'allume ma cigarette posément et j'aspire tout à loisir une bouffée qui se mêle au café dans mon palais. J'avale la gorgée et rejette la fumée. Je fixe le bout incandescent de ma cigarette. Il sera cendre. Je regarde mes voisins et, me décide enfin à rejoindre ceux qui m'attendent ailleurs.