en images

La photo au Salon du livre : « L'Usure du monde », hommage à Bouvier

Sur la route de Bam, en Iran (Frédéric Lecloux).

En 1953, l'écrivain voyageur suisse Nicolas Bouvier (1929-1998) quitte Genève avec le Thierry Vernet, dessinateur, en petite voiture Fiat. Destination : l'Inde. Quatre ans plus tard, cette pérégrination, forme distanciée du voyage, se terminera au Japon. Le récit de ce périple devient un livre dit culte, guide initiatique et boussole existentielle : « L'Usage du monde ».

En 2004-2005, le photographe Frédéric Lecloux refait cette route. En voiture et en famille. Direction l'Afghanistan. L'auteur se défend d'être « sur les traces de Bouvier » ». Il ne le pourrait pas, de toutes façon. Le monde a pris un demi-siècle de plus. Les traces sont perdues.

Dans ces pays traversés, (Croatie, Serbie, Turquie, Iran, Pakistan…) élimés par les crises et clashs quasi permanents, les photographies de l'auteur (portraits, paysages) nous en expose pudiquement, poétiquement, leur épuisement. De l'usage à l'usure.

L'Usure du monde textes et photos de Frédéric Lecloux - préfacé par Eliane Bouvier - éd. Le Bec en l'air (une jeune maison d'édition de Manosque (Alpes-de-Haute-Provence) - 29x24 cm, 132 photos - 240p., 45€.

Cet éditeur à également conçu une nouvelle collection de poche intitulée « Collatéral » (14,50€). Elle associe à parité de talent et d'espace littérature et photographie.

Kemal, photographe de studio à Tokhai, en Turquie (Frédéric Lecloux).

4 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

  • Téléchargez votre photo sur votre page perso. Elle apparaitra à côté de vos réactions.
  • Merci de respecter la charte des commentaires, sans quoi nous nous réservons le droit de supprimer votre réaction.
  • Les commentaires sont fermés après quatre jours.
Portrait de re-belle

De re-belle

mère au foyer | 14H01 | 14/03/2008 | Permalien

à voir cette image, me donne envie de faire une sieste en plein nature ; les yeux rivés au ciel en comptant les nuages commes des moutons faisant leur transhumance dans un bleu infini ! ! ! …

Portrait de Pierre Esselinck

De Pierre Esselinck

Etudiant ingénieur nomade | 18H45 | 14/03/2008 | Permalien

Merci pour cet article. Va falloir que je fasse une rude sélection dans les achats potentiels de livres d'art de l'année !

Portrait de Sexus Empiricus

De Sexus Empiricus

23H43 | 14/03/2008 | Permalien

De Nicolas Bouvier - un type vraiment exquis -, on cite souvent L'Usage du monde, à juste titre.
Mais, enfin, « usage » en duo ou « usure » en famille (sic ! ), c'est comme si on effaçait l'oeuvre de Blaise Cendrars (l'ami suisse lui aussi) derrière Bourlinguer, et à mon goût, je ne crois pas que le récit publié en 1963 (avec les dessins de Thierry Vernet) soit la meilleure porte d'entrée (c'est-à-dire de sortie) dans l'oeuvre de cet « étonnant voyageur ».

Le charme de son Journal d'Aran et autres lieux est plus immédiat, et plus durable peut-être. On y trouve trois récits des voyages d'un « journaliste, de surcroît photographe » : 1) Irlande, 2) Corée, 3) Chine.

1) L'hiver de 1985. Sur la côte ouest de l'Irlande, les îles d'Aran, battues par des vents, noyées dans la nuit, sont désertes. Il n'y a rien. Rien à voir ? Rien à faire ! Nicolas Bouvier écoute et regarde ce lieu où il n'y a « rien »…

2) Les Chemins du Halla-san, sous titré The Old shittrack again (« retour sur la vieille piste de merde »), est le récit d'un voyage en Corée, en 1970, avec Eliane, « la femme qui me plait », dans un pays à l'époque sans étrangers, ce qui explique que « les Coréens viennent […] regarder le voyageur sous le nez, avec une sorte d'urgence. Le regarder d'aussi près qu'un dentiste puis, leur curiosité satisfaite, s'éloignent avec parfois un bref salut du menton, ou alors en pouffant. » La vitalité des Coréens est remarquable : frénétiques, sensibles, extravertis, violents et joviaux. Au sommet du volcan, la vie est parfaite.

3. Xian, le troisième récit (très court), fait le portrait d'un guide pour touristes, dans une « Chine bruegelienne ». Le guide est un humaniste, « un clou qui dépasse » et que personne n'a réussi à enfoncer.

Quand on a goûté 1 ou 2 (3 est une toute petite pièce), on est bien parti pour explorer le reste, - et notamment Les Chroniques japonaises, que je place quant à moi bien au-dessus de L'usage du monde.

Mais laissons. Il y a d'autres pistes à suivre
en cliquant ici.

Portrait de rackamlerouge

De rackamlerouge

00H04 | 15/03/2008 | Permalien

L'usage du monde est un merveileux livre . Mais je conseille aussi « le poisson scorpion » récit halluciné du séjour à Ceylan en crise amoureuse et existentielle.

Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89

Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)

Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)

En savoir plus

Accrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.

123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque

Connectez-vous pour entrer votre code