Après les profs, le Net veut noter les médecins et les plombiers
Après, les profs, c'est au tour des médecins, des avocats ou encore des plombiers d'être soumis au jugement des internautes. Même si la justice a forcé le site Note2be -qui permettait aux élèves de juger leurs professeurs- à retirer toutes ses données nominatives, les sites de notation se multiplient sur le Net.


« Les internautes font part de leur ressenti selon certains critères, et laissent des commentaires, qui sont modérés. Nous ne voulons pas tomber dans la caricature du bon ou mauvais médecin, avec un système de notes. Notre but est simplement de vulgariser le bouche à oreille. »
Même si le fondateur de Note2bib estime respecter la loi Informatique et libertés, ce dernier a reçu une lettre du fondateur de Note2be, Stéphane Colas, l'accusant de plagiat :
« Note2bib surfe sur la vague médiatique de notre site, pour créer une confusion. Je reconnais que le jeu de mot est bien trouvé, mais cela s'apparente à du parasitisme et de la contrefaçon. Imaginez que vous appeliez une boisson Borangina ! “
Si Jean Claude Fargialla reconnaît s'être inspiré du nom, il considère que son site n'est pas comparable à Note2be, puisque ‘Note2bib rend un service aux gens, celui de les orienter vers le médecin qui leur correspond’.
Payer pour supprimer son nom du site

Finalement, le tarif est passé à 20 euros pour ceux qui exercent leur demande par courrier recommandé, et gratuit si la demande se fait par mail ou par fax. Une formalité que Jean Claude Fargialla -concurrent direct avec son site Note2bib- considère comme du racket. Mais David Vindaloo, porte-parole du site, estime simplement relayer un ‘super bouche-à-oreille’, et assure que personne n'a dû payer les 100 euros.
‘Le but est de réaliser un annuaire collaboratif permettant aux internautes de donner leur avis, et de calculer des notes moyennes, sur la base de la vie des autres. L'idée de faire payer 100 euros aux professionnels qui voulaient voir leur nom retiré du site a vité été abandonnée. Même si c'est inscrit sur dans la procédure de notification, nous n'avons jamais demandé les 100 euros requis aux personnes concernées.’
‘La santé n'est pas un spectacle’
Après les plaintes des syndicats enseignants contre Note2be, ce sont maintenant ceux de la médecine qui expriment leur indignation et envisagent même de poursuivre en justice le futur site de notation. Michel Chassang, président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) s'indigne face à ce mode d'évaluation :
‘La santé, c'est tout sauf un spectacle. Choisir un médecin est une affaire sérieuse. Les critères du site sont totalement subjectifs et déplacés. Ce bouche-à-oreille généralisé peut devenir très dangereux, encore plus pour les patients que pour les médecins. Des instances indépendantes sont là pour nous évaluer. Si le site persiste, nous n'en resterons pas là.’
Un argument repris par le Conseil national de l'ordre des médecins, dans un communiqué :
‘L'évaluation des pratiques professionnelles a été mise en place à l'initiative de la profession avec l'implication déterminante de l'Ordre sous l'autorité technique de la HAS.Dès lors le Cnom s'interroge quant à la validité et la pertinence de la notation qui serait annoncée faute de fondement sur des données sérieuses et une méthodologie rigoureuse.’
Contourner le droit français

Une alternative qui n'a pas échappé à Note2be, après la censure du site. Une nouvelle version doit être lancée dans les jours à venir. Le fondateur Stéphane Colas assure ne pas vouloir en rester là :
‘Les noms seront inscrit d'une autre manière… Avec le buzz, commercialement, Note2be ne peut pas mourir. Surtout lorsque l'on voit que les sites étrangers échappent aux lois françaises, à l'exemple du site allemand Spickmich. L'application de la loi française va obliger les sites à s'expatrier. C'est un choix sociétal qui dépasse les frontières d'Internet’.
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Décidément, il y en a qui sont prêt à tout pour gagner de l'argent.
Stephane Colas confirme que son but est uniquement financier et que cela n'a rien à voir avec la « liberté d'expression » des élèves ! C'est son pognon d'abord et la vie des autres ensuite.
Et comme ça ressemble furieusement à de la délation, je ne peux pas m'empêcher de penser à... non, je ne le dirais pas, ça pourrait me couter 800 euros !
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