Revue de blogs

Le calvaire de Chantal Sébire relance le débat sur l'euthanasie

Elle dit vouloir mourir. Sur les photographies diffusées par les médias, une femme fragile pose. Défigurée par une tumeur, elle regarde l'objectif. Quelques centimètres de son visage ont été épargnés. Le reste n'est plus que boursouflure monstrueuse.

Chantal Sébire a 52 ans. Elle a déposé une requête auprès du président du tribunal de grande instance de Dijon pour pouvoir « terminer sa vie dans le respect de sa dignité ». Elle souffre trop et attend de la justice qu'elle autorise un médecin à lui administrer la dose médicamenteuse qui la soulagera définitivement.

Nicolas Sarkozy, destinataire d'un courrier douloureux, a raisonnablement confié à des médecins de hauts niveau le soin de vérifier si toutes les ressources de la médecines étaient épuisées.

Sur son blog, l'ex secrétaire national UMP, Jean-Luc Roméro raconte le combat de Chantal Sébire :

« En attendant, Chantal souffre de plus en plus. Alors que je l'ai vu vendredi dernier, j'ai été frappé hier par la violence de ses douleurs. Alors que j'ai tant envie d'arrêter bien des combats inutiles, et me replier sur ma petite vie sans intérêt, son combat, son humour, sa générosité me bouleversent et m'obligent à agir à ses côtés pour qu'elle obtienne enfin le soulagement.

“Cette femme diffuse un amour incroyable et c'est pourquoi il faut lui obtenir ce geste d'amour qu'elle réclame. Pour elle. Pour les siens.”

Jean-Luc Roméro renvoit à la lecture de l'argumentaire de l'avocat Gilles Antonowicz.

Gilles Devers, également avocat, clarifie d'emblée le débat : “Mourir n'est pas un droit”. Si, pénalement, se suicider n'est pas répréhensible, aider quelqu'un à mourir est puni par la loi car considéré comme un assassinat. Reste la question des soins palliatifs :

“Le législateur a confirmé les pratiques par la loi du 22 avril 2005 dont on retrouve les termes dans le Code de la santé publique aux articles L 1111-10 et suivants.

‘Cette loi reprend les principes les plus anciens de la déontologie médicale : le médecin ne peut pas provoquer directement la mort ; en revanche et face aux situations difficiles, il doit conserver une attitude thérapeutique, c'est-à-dire agir là où il peut être efficace ; et lorsque le traitement direct de la maladie devient inefficace, il s'oriente vers le relationnel et la prise en charge de la douleur.’

Maître Devers rappelle alors un cas antérieur à celui de Chantal Sébire, celui de Diane Pretty : ‘Celle-ci demandait également l'autorisation que soit pratiqué un geste euthanasique. La Cour européenne des droits de l'homme avait rejeté cette demande.’

La loi à laquelle se réfère l'avocat-blogueur est également évoquée par Ça dérange. Dans son post, il l'estime dépassée. Il republie pour l'occasion un précédent texte rédigé pendant la campagne présidentielle :

‘Le procès aux assises de la Dordogne d'un médecin et d'une infirmière qui ont aidé à mourir une malade du cancer en phase terminale fait ressurgir ce problème dans l'actualité.

Il s'agit en l'occurence d'euthanasie active puisque le docteur Tramois et l'infirmière agissante Chantal Chanel ont provoqué la mort de la malade par une injection léthale.

La question réapparaît donc dans l'actualité de savoir si la loi Leonetti n'est pas déjà dépassée et si, sous certaines conditions très encadrées, l'euthanasie active ne devrait pas être dépénalisée.’

Le blogueur rappelle les positions des uns et des autres. Celle, prudente, de Nicolas Sarkozy, pour qui ‘la fin de vie devait peut être être considérée du point de vue de la souffrance et de ses limites, plutôt que du point de vue des principes.’ Celle du PS, qui envisageait une ‘loi sur l'assistance médicalisée pour mourir dans la dignité’ et celle de François Bayrou, qui considérait alors la loi Leonetti suffisante.

Le blogueur, plutôt défaitiste, conseille à Chantal Sébire de se rendre à l'étranger : ‘ Allez en Suisse, madame, nos politiques ne bougeront pas…’

Ne leur parlez pas d'‘eutha-nazi’. Sur le blog conservateur, Le bal des dégueulasses, estimant que les structures de soins palliatifs pratiquent suffisamment bien la bonne euthanasie”, le blogueur se fait tranchant :

“Personnellement, je suis opposé à l'euthanasie de manière encore plus brutale qu'à l'IVG. Ne vous méprenez pas sur ce que je vais dire. L'IVG c'est souvent une (jeune) mère en détresse qui ne sait pas ce qu'elle fait, d'où les regrets fréquents.

‘En revanche, l'euthanasie est quelque chose de beaucoup plus dramatique. Posons-le directement : un hôpital où l'on tue n'est pas un hôpital où l'on peut soigner. Soigner, prendre soin, care’ et pas ‘cure'.’

Dans un paragraphe accusateur, il pointe un certain mois de mai :

‘Les soixante-huitards veulent un monde aseptisé, un monde sans entre deux, un monde sans part maudite. Sexualité sans grossesse (et son corollaire la grossesse sans sexualité) et quarante ans plus tard, mort sans agonie.

Ce n'est pas tant la souffrance qui les dérange, encore moins l'énigmatique atteinte à la dignité (se faire piquer comme un chien mourrant, c'est étonant comme dignité, non ? ). Ce qui les dérange dans leur idéologie, c'est l'agonie.’

Le blogueur de Nouvelles de Ruritanie demeure perplexe face à cette demande émanant d'une personne ‘consciente’. Chantal Sébire est, écrit-il, emblématique d'une époque de déresponsabilisation :

‘L'Occident christianisé condamne et réprime le suicide à rebours des Anciens païens’ qui magnifiaient Caton et Socrate. Le suicide n'a pas bonne presse, c'est la fausse solution des dépressifs et des adolescents…

‘Les pouvoirs publics s'inquiètent de son taux important en France et loin d'être compris comme une acte de liberté, le suicide est vu comme un échec et souvent depuis Durkheim comme une pathologie sociale.

Plutôt que de réfléchir à une véritable dépénalisation du suicide et surtout de son aide, les militants de l'euthanasie veulent mettre en demeure les médecins de tuer leurs patients. Fini la démarche individuelle, il nous faut un dispositif socialisé, euphémisé… la mort coocoonée. L'injection douce plutôt que la corde, le pistolet ou la mort au rat.’

L'avis de Samuel, moins polémique, correspond à une opinion courante sur l'euthanasie :

‘Légaliser l'euthanasie, c'est faire sauter une digue, et prendre le risque de se retrouver avec des comportements abominables. Imaginez, dans les maisons de retraite, la toute vieille, qu'en finit plus de vibrer, et qu'on attend qu'elle crève, vu que c'est elle qui a l'oseille’, qu'on pousse à ‘choisir’ de partir sereinement. Parce qu'elle gêne, parce que la maison de retraite, ça coûte cher, et qu'il ne va rien rester en héritage. C'est sordide, mais des situations comme celle-là sont bien plus fréquentes qu'on ne le pense.

‘Il y a aussi ces malades, qui sont parfois touchés par des passages à vide où la souffrance donne envie d'en finir définitivement, et qui finalement, surmontent la maladie et guérissent. Si l'euthanasie est légale, et même si elle est encadrée strictement, il y aura des dérives.’

Il suggère également le suicide. Plus simple et moins politique.

Entre la mort de Lazare Ponticelli, dernier poilu et cette demande d'euthanasie, pour Riton de Cannes, c'est la grande confusion, les curieux parallèles :

‘La juste mort demandée et cette vie terrible accordée. Je ne peux m'empêcher de me souvenir de mon grand-père qui me racontait sa guerre, toutes ses années passées, perdues, sa jeunesse volée, ses souffrances.

Verdun, le chemin des Dames, il ne reste que sa médaille militaire, pieusement conservée, un numéro matricule et une vie gâchée. Et cette femme qui demande, qui supplie qu'on abrège ses souffrances, qu'on lui ôte cette vie qui n'en est plus une.

Qui sommes nous pour juger ? A-t-on demandé à tous ces hommes qu'on a envoyé à l'abattoir s'ils acceptaient cette sentence, s'ils étaient d'accord avec cette même loi qui les envoyait se faire tuer ? Des millions sont partis dans une certaine indifférence et une seule veut s'en aller que les passions sont déchaînées.’

Il appelle à respecter sa dernière liberté.

240 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

  • Téléchargez votre photo sur votre page perso. Elle apparaitra à côté de vos réactions.
  • Merci de respecter la charte des commentaires, sans quoi nous nous réservons le droit de supprimer votre réaction.
  • Les commentaires sont fermés après quatre jours.
Portrait de survivant

à argiope Portrait de argiope De survivant

20H44 | 13/03/2008 | Permalien

@argiope,

Je ne vois pas ce que l'intellect vient faire là dedans l'euthanasie est un état d'esprit il n'y a pas besoin de sortir de saint-cyr l'école pour donner son avis. Qui d'ailleurs à part pour vous de porter un jugement sur mon commentaire n'en dit pas long sur votre avis.

Portrait de argiope

à survivant Portrait de survivant De argiope

chatouille ou pique, c'est selon | 21H33 | 13/03/2008 | Permalien

1. La Suisse n'a pas « accepté l'euthanasie », ni ne l'a légalisée ; il y a simplement exploitation d'un « flou juridique » du code pénal.
http://www.jeantet.ch/forums/assistancesuicide/qr.html

L'exploitation de ce flou permet de n'être pas punissable quand le motif d'aider qqn à mourir n'est pas égoïste ; mais cet acte n'est toujours pas légal. C'est l'association privée EXIT qui a oeuvré pour amener les milieux médicaux et politiques à prendre position de manière relativement tolérante.
http://www.exit-geneve.ch/accueilF.html

2. EXIT ne peut aider que des personnes domiciliées en Suisse, il est impensable que les bénévoles (aucun service officiel dans ce domaine) de cette association gèrent un mouroir pour les citoyens des pays d'Europe à la législation bornée dans ce domaine.

Autre remarque : trois pays d'Europe (la Suisse n'est pas en Europe) ont légalisé l'euthanasie : les Pays-Bas, le Luxembourg et la Belgique. Les trois des monarchies… en avance sur les républiques ?

Portrait de survivant

à argiope Portrait de argiope De survivant

22H07 | 13/03/2008 | Permalien

@ argiope,

La preuve que le sujet porte à polémique car vous-même ne donnez pas d'avis personnel vous rapportez des faits.
Relisez mon commentaire en prenant soin de lire entre les lignes. L'euthanasie est un problème qui peut en entraîner d'autres. Remise en cause sur la loi sur l'avortement, peine de mort, voire pour les plus conservateurs remise en cause de la contraception. L'euthanasie est réalisée officieusement. Toutes les personnes ayant dans son entourage un proche atteint d'une maladie incurable le sait. Cessons de nous donner bonne conscience. Que va changer la loi ? les dérives existeront toujours avec ou sans loi. Les médecins qui soignent des incurables n'ont pas d'autres choix que d'écourter leurs souffrances. Maintenant, la chose qui pourrait être faite mais seulement à la demande du patient et non pas de la famille ni de l'entourage sans passer par une loi se serait que le patient signe une décharge qui serait portée dans un registre des décès. En quelque sorte une dépénalisation de l'euthanasie sans pour autant la légiférer et l'accepter mais la tolérer.

Portrait de argiope

à survivant Portrait de survivant De argiope

chatouille ou pique, c'est selon | 00H27 | 14/03/2008 | Permalien

@ survivant
J'aime votre dernier mot : TOLERER. Votre dernière proposition est exactement la démarche suivie par EXIT en Suisse.
http://www.exit-geneve.ch/accueilF.html

Ce qui n'est pas interdit est par définition autorisé ; on n'a pas besoin de décréter une loi qui autorise de respirer l'air. Le problème, c'est que la loi française interdit de disposer de son propre corps.
Mon avis tout de même si vous ne l'avez pas encore compris : je dénie à quiconque le droit de s'immiscer dans ce que j'ai de plus personnel, ma propre vie : j'en suis le seul maître. Chacun doit pouvoir décider de son destin. On a le droit de penser autrement, par exemple qu'un Dieu a inventé la souffrance pour la Rédemption de l'Homme : mais pas d'imposer cette vision à travers la législation d'une république laïque.

Portrait de Pépé

à argiope Portrait de argiope De Pépé

Ecoeuré | 18H50 | 14/03/2008 | Permalien

EXIT n'accepte pas les demandes de suicide assisté venant de l'étranger, mais il y a une autre association, en suisse allemande, DIGNITAS, qui elle les accepte.

Ce n'est peut-être pas parce que ce sont des monarchies qu'on reconnait le droit de mourir autrement que de mort violente en CH, et en BE, mais plutôt, je crois, parce que le Pouvoir y a moins de pouvoirs. CH : démocratie directe ; B : déchirement entre la Flandre et les Wallons….. Par contre je ne connais pas assez la ND pour juger.

Portrait de Les Chats

à survivant Portrait de survivant De Les Chats

En grève du zèle contre le nettoyeu... | 22H15 | 13/03/2008 | Permalien

Ah oui survivant va faire chez les autres ce que je n'ai pas le courage d'appliquer chez moi. Quel manque de vision. Et vous avez pensé aux problèmes que cela engendre, ce que ça coûte de ramener un cercueil d'un autre pays ?
Votre propre pays vous refuse le droit de mourir dignement et vous n'y reviendrez que les pieds devant ?
Vous avez lu les réactions des autres internautes ? Pourtant ils ont des débats très pertinents.
La fin de votre intervention dénote un individus égoïste et froid.

Portrait de survivant

à Les Chats Portrait de Les Chats De survivant

09H06 | 14/03/2008 | Permalien

@ les chats,

On ne donne pas la mort comme on va boire un coup au bistrot du coin où en claquant des doigts. Demander à un tiers de donner la mort est une lourde responsabilité et une prise de conscience qui peut-être irréversible pour les plus fragiles. Pour la médecine donner la mort est un échec. Pour réagir aussi légèrement mon cher « le chat » c'est que vous n'avez jamais été confronter à la mort. L'euthanasie peut s'interpréter comme un crime. Imaginez-vous que demain une personne vienne vous voir avec un shoot dans le bras et vous dise appuis sur le piston j'ai envie de crevé car je suis condamné je n'ai pas le courage de le faire moi-même. Autoriser l'euthanasie pourrait devenir à terme une façon de mourir pour x raison et non plus pour un échec thérapeutique.

Portrait de Russell Crowe Show

à survivant Portrait de survivant De Russell Crowe Show

Linguiste | 09H52 | 14/03/2008 | Permalien

Choqué par ce post ! Comment peut-on parler de l'euthanasie comme d'un crime ? Avez-vous le visage de cette pauvre femme ? Avez-vous entendu parler du lourd traitement qu'elle doit supporter au quotidien ? Dans de tels cas, je vois plus l'euthanasie comme une libération et un ultime geste de solidarité que comme un crime. Cette femme demande le droit de mourir, que préferez-vous ? Qu'on lui accorde le droit de s'en aller dignement ou qu'on la pousse au suicide ? Le crime, c'est de ne pas l'aider et de lui tourner lâchement le dos en lui disant « désolé mais c'est une trop lourde responsabilité ». Autorisons l'euthanasie une bonne fois pour toute et donnons le droit à ces gens de mettre un terme à leurs souffrances.

Portrait de survivant

à Russell Crowe Show Portrait de Russell Crowe Show De survivant

13H04 | 14/03/2008 | Permalien

@ russell crowe show,

Ai-je dis personnellement que l'euthanasie était un crime ? Pour des personnes oui l'euthanasie peut-être interprété comme un crime. En ce qui me concerne je ne suis ni pour ni contre et lorsque j'aurai envie de crevé je ne ferai pas prendre la responsabilité à quiconque de ma mort. Il y a un bon film qui pourrait vous intéresser comme vous êtes un étudiant qui sortez de votre coquille « soleil vert » de richard Fleisher 1973 Sur ce je vous tire ma révérence et bon film.

Portrait de larissaD

à survivant Portrait de survivant De larissaD

11H32 | 14/03/2008 | Permalien

Oui, c'est génial de partir en suisse pour aller mourir… fuir pour garder un peu de dignité…
alors pas de problème, si tu as l'argent tu peux partir seul pour aller crever en suisse au lieu de t'éteindre chez toi, avec ta famille et tes proches… « moi ça me convient comme ça »
bah pas moi

Portrait de survivant

à larissaD Portrait de larissaD De survivant

13H12 | 14/03/2008 | Permalien

@ larissaD,

L'un n'empêche pas l'autre vous pouvez vous éteindre en Suisse avec vos proches. En revanche qu'est-ce que l'argent vient faire dans l'euthanasie vous allez mourir. L'argent n'a plus aucune signification. A moins que vous emportiez vos comptes en banque dans l'au-delà ?

Portrait de monika

à survivant Portrait de survivant De monika

ex secrétaire médicale | 15H53 | 14/03/2008 | Permalien

A survivant : vous en faites un bon de survivant !
Vous dites n'importe quoi. Réfléchissez un peu, il faut non seulement payer le voyage, l'ébergement, l'euthanasie, car ce n'est pas gratuit, le rapatriement du corps (extrêmement coûteux) et tout le monde n'a pas les moyens de se payer « ce luxe » si je puis m'exprimer.

« l'argent n'a plus aucune signification, à moins que vous emportiez vos comptes en banque dans l'au delà » Stupidité de votre part. Il y a des familles modestes qui sont obligées parfois de faire un prêt bancaire pour payer les obsèques d'un des leurs ! tout le monde n'a pas un compte en banque gonflé à bloc, loin de là étant donné la conjoncture actuelle. Vous ne devez pas connaître les fins de mois difficiles ! pour parler de la sorte ! ………….

Portrait de survivant

à monika Portrait de monika De survivant

17H56 | 14/03/2008 | Permalien

@ monika,

Vous êtes pour ou contre la peine de mort ?

Portrait de monika

à survivant Portrait de survivant De monika

ex secrétaire médicale | 11H03 | 15/03/2008 | Permalien

Cela n'a rien à voir avec la peine de mort. Vous êtes hors sujet. L'euthanasie permet à des personnes en fin de vie de partir tranquillement, de réduire l'échéance d'une mort certaine dans d'affreuses douleurs.
Je suis contre la peine de mort, mais l'euthanasie n'est pas une peine de mort, c'est un allègement des souffrances lors d'une issue fatale.

En résumé vous ne pouvez pas comparer la peine de mort avec l'euthanasie

Portrait de survivant

à monika Portrait de monika De survivant

14H21 | 15/03/2008 | Permalien

@ monika,

Attention ! vous vous prenez les pieds dans le tapis. Car en remettant le droit à l'euthanasie sur la scène publique, des conservateurs et fervents défenseurs de la peine de mort vous dirons la peine de mort soulagera les familles qui auront subis un acte criminel. Revoir la loi sur l'euthanasie pourrait tant que nous y sommes : pourquoi pas l'euthanasie pour les délinquants, les drogués, les petits vieux, les chômeurs, les pauvres, qui sont des boulets pour cette belle société démocratique qui ne pense qu'à l'argent. Alors arrêtez 5 minutes de me faire le coup de la dame très affectée par les souffrances. L'euthanasie est déjà pratiquée depuis belle lurette certes hors la loi mais pratiquée quand même. Vous étiez ex secrétaire médicale d'après la lecture de votre pseudo vous devez en savoir quelque chose. La déontologie médicale peut avoir bon dos en me disant le contraire je serai dans l'obligation de vous traiter de menteuse. Maintenant, cette brave dame pouvait partir dignement comme des milliers d'autres le font sans pour autant alerter l'opinion publique.

Portrait de monika

à survivant Portrait de survivant De monika

ex secrétaire médicale | 16H52 | 15/03/2008 | Permalien

Je ne vous fait pas le coup de la dame très affectée, je pense simplement à cette dame et à sa famille qui vivent un cauchemar et je pense que l'on ne peut pas rester insensible à une telle situation à moins d'avoir une pierre à la place du coeur.
Oui l'euthanasie est pratiquée par certains médecins, d'autres s'y refusent.
Je ne vois pas en quoi vous mélez les drogués, les pauvres, les chômeurs, les petits vieux (et notre dernier poilu dans tout ça : 11O ans ? ) etc… que viennent-ils faire dans ce sujet ? Ou je suis trop idiote pour comprendre. Ce ne sont pas des morts en sursis que je sache.
Mon beau frère qui a eu une maladie incurable ne demandait qu'à partir tant les douleurs étaient intenses, il ne voulait plus vivre dans ces conditions d'autant qu'il se savait condamné. Son départ nous a causé un immense chagrin en même temps qu'un soulagement pour lui car il ne souffrait plus.

Portrait de survivant

à monika Portrait de monika De survivant

17H41 | 15/03/2008 | Permalien

@ monika,

Moi, je ne mêle rien du tout. je défend la loi sur l'abolition de la peine de mort. En sachant la droite dure qui nous gouverne depuis 2002 et le ralliement de l'extrême droite depuis l'élection de sarkozy. Le spectre de la peine de mort est sur le point de ressurgir, nous l'avons d'ailleurs entendus avec des militants ump et des citoyens pendant la campagne présidentielle de sarkozy à propos de la montée de la délinquance et les émeutes des banlieues. L'euthanasie, est un pas vers le retour à la peine de mort. Chantal Sébire souffre comme des milliers de personnes atteintes de maladies incurables. Imaginez que la loi soit changée. Demain, des personnes qui sont atteintes de maladies incurables qui elles ont envie de vivre et de se battre parce que si les médecins sont défavorables à l'euthanasie c'est que du jour au lendemain un traitement peut éclore. Le recours à l'euthanasie pourrait injustement atterrir sur des sociétés ou des associations à but lucratif à des fins de se faire de l'argent sur le dos des malades et les inciter à avoir recours à l'euthanasie. Vous parliez d'argent dans votre première réponse, lorsque j'avais répondu qu'une personne allant à la mort l'argent n'avait à ses yeux plus aucune signification. Vous m'aviez répondu les frais à propos de la suisse. En France si cette loi était modifiée dites vous bien serait loin d'être gratuite.

Portrait de monika

à survivant Portrait de survivant De monika

ex secrétaire médicale | 13H36 | 16/03/2008 | Permalien

A survivant :
Définition du mot euthanasie : fait de procurer une fin indolore avec ou sans leur assentiment (là je ne suis pas d'accord c'est au malade de choisir) à des sujets frappés d'une maladie à évolution fatale et torturés par des douleurs physiques dont les moyens thérapeutiques sont actuellement impuissants à atténuer le caractère intolérable. On parle d'une maladie à évolution fatale, toutes les personnes atteintes d'un cancer n'ont pas une issue fatale systématiquement. Je pense que Mme Sébire ne demanderait pas l'euthanasie si elle avait l » espoir de guérir : je ne sais pas depuis combien de mois voire années elle est atteinte par cette maladie. Il est sûr que la science progresse et que peut être un médicament miracle fera son apparition sur le marché et sauvera des milliers de personnes. Mais pour Mme Sebire je pense qu'il est trop tard.
Je suis contre l'édifice de « cliniques de la mort » excusez moi cette expression mais pour moi ces cliniques en Suisse ne servent qu'à faire de l'argent. J'ai vu un reportage sur une telle clinique en Suisse, vous êtes reçus comme un pacha, on vous sert un dernier repas en famille digne des grands chefs de la restauration, le lendemain on vous euthanésie et tout cela moyennant monnaie et cela n'est pas donné ! Non je suis contre ce principe, pas besoin de cliniques de luxe pour être euthanasié.

Quant à la définition du mot peine : Punition, sanction appliquée à quelqu'un pour une faute commise, châtiment.

Personnellement je ne vois pas de corrélation entre la peine de mort et l'euthanasie. Ce sont deux sujets bien distincts.

Là où je suis également d'accord avec vous c'est que nous sommes gouvernés par une droite dure et tout comme vous j'ai peur que la peine de mort ne ressurgisse.

Portrait de kookaburra

De kookaburra

19H52 | 13/03/2008 | Permalien

Les initiatives en faveur de l'euthanasie se sont multipliées. Dans les faits, l'euthanasie peut recouvrir plusieurs formes :

- l'euthanasie active, c'est-à-dire l'administration délibérée de substances létales dans l'intention de provoquer la mort, à la demande du malade qui désire mourir, ou sans son consentement, sur décision d'un proche ou du corps médical ;

- l'aide au suicide, où le patient accomplit lui-même l'acte mortel, guidé par un tiers qui lui a auparavant fourni les renseignements et/ou les moyens nécessaires pour se donner la mort ;

- l'euthanasie indirecte, c'est-à-dire l'administration d'antalgiques dont la conséquence seconde et non recherchée est la mort ;

- l'euthanasie passive, c'est-à-dire le refus ou l'arrêt d'un traitement nécessaire au maintien de la vie.
Lorsque des patients en phase terminale de maladie subissent des souffrances constantes et intolérables sans espoir de voir leur situation s'améliorer et qu'ils en font la demande de manière répétée, volontaire et mûrement réfléchie, certains médecins et d'autres membres du corps soignant sont prêts à mettre un terme à leur vie (« euthanasie active volontaire ») ou à les aider à mettre fin à leurs jours (« suicide assisté »). Les médecins peuvent aussi être amenés à décider d'interrompre un traitement de survie en sachant qu'ils provoquent ainsi le décès du patient (« euthanasie passive »). Ces pratiques médicales largement connues ont le plus souvent un caractère très discret, voire secret ; bien qu'illégales dans la plupart des Etats membres du Conseil de l'Europe, elles sont rarement sanctionnées. Je considère que c'est cette réalité qui comporte le plus haut risque d'entraîner des abus et qu'il faut combler l'écart entre la loi et la pratique si l'on veut maintenir le respect de la primauté du droit.

Portrait de Machiavel

De Machiavel

voisin oisif | 20H09 | 13/03/2008 | Permalien

Avec autant de médecins à l'assemblée nationale, on pourrait penser que le sujet serait conduit devant le parlement. Pourquoi faut-il toujours un martyr pour être considéré ?

Je suis également étonné qu'aucune confédération, syndicat ou organisation médicale ne pose le sujet sur la table, y comprit en soutenant cette personne.

Là encore il faut que ce soit une victime qui entreprenne seule des démarches légale, quand c'est la société entière qui est interpellée.

Portrait de Pépé

à Machiavel Portrait de Machiavel De Pépé

Ecoeuré | 00H03 | 15/03/2008 | Permalien

Le médecin de famille de Chantal Sebire a dit « qu'il le ferait » si c'était autorisé.
85% des français sont « pour » une dépénalisation de l'aide à mourir.
70% des médecins sont « favorables » ou « plutôt favorables ».
8,7% - des enfants naturels de Christine Boutin, probablement - sont franchement défavorables.
C'est le résultat d'un sondage.
Ceci dit, il en est des médecins comme de tous les autres français : les « contre » militent pendant que les « pour », désabusés de la politique, font ce qu'ils peuvent pour soulager les souffrances…..
Il y a de quoi être désabusé. Vous vous souvenez comment Chirac a réglé la question après l'affaire Vincent Humbert ? Il n'a pas interrogé les Français, il a confié le problème à une commission, la commission Léonetti. Maintenant allez voir sur Internet quelle fut sa composition, quelle a été la liste des personnes auditionnées, et quelle était leur opinion sur la question avant la première réunion….. C'est du travail, mais ça vaut le coup. La France est une république, mais ce n'est pas une démocratie.

Portrait de Bardamu

De Bardamu

difficile | 20H18 | 13/03/2008 | Permalien

C'est quand même incroyable de penser même à demander l'autorisation de l'Etat pour se supprimer…

Qu'est-ce que c'est que cette inflation législative ridicule ?

On ne peut plus mettre un pied devant l'autre en France sans demander que ça s'inscrive dans un cadre juridique ?

« De la servitude volontaire ». A relire d'urgence.

Portrait de le corvidé

De le corvidé

En mission expiatoire | 20H36 | 13/03/2008 | Permalien

Merci,
Enfin du bon sens.
Cette inflation legislative est vraiment navrante. Nous en sommes rendu a un tel degré d'assistanat que c'en est désespérant.
A chaque problème = une loi. Etant donné que le nombre de problèmes est infini, on n'ose même pas imaginer la suite…
Avant, on laissait mourir et on aidait un petit peu à mourir. Cela se faisait en accord avec la famille (si cette dernière n'était pas d'accord, le médecin pouvait être accusé de meurtre - ce qui est grave. Donc le médecin pesait son geste et ne faisait pas n'importe quoi CQFD)

Portrait de William Tel

à le corvidé Portrait de le corvidé De William Tel

à Lille | 22H03 | 13/03/2008 | Permalien

Je pense que tous ceux qui ont eu à expérimenter des situations comparables apprécieront votre retenue et votre sens de la nuance.

Portrait de le corvidé

à William Tel Portrait de William Tel De le corvidé

En mission expiatoire | 06H36 | 14/03/2008 | Permalien

C'est toujours très facile de se placer sous le coup de l'émotion.
Il n'y a pas besoin d'ameuter tout le monde pour dire que l'on veut mourir. Les choses peuvent se faire en petit comité réduit au silence par une sorte de pacte.
Tuer un être humain est un acte très grave dans notre société.
La pression de la peine juridique pèse sur les personnes qui « aident à mourir » et les oblige à ne pas faire n'importe quoi. La justice peut être d'airain si elle considère l'abus ou clémente s'il s'agit d'un geste d'amour (cf cas Imbert). A la cour d'assise, c'est un jury populaire qui décide…
Voyons les choses autrement :
Comment faire une loi sur l'euthanasie ?
Jusqu'à quel degré de soufrance pourra t'on y accéder ?
Combien de temps prendra la procédure ?
Qui devra composer la commission chargée d'examiner les cas (techniciens de la santé ? Prêtres ? Familles ? Voisins ? ).
Si une telle loi devait passer, c'est le bureaucratisme qui gagnerait. La commission plancherait sur les cas qui lui sont soumis avec un tampon « Approuvé » et l'autre « Rejeté ».
Je trouve qu'il est assez pathétique de remettre son destin entre les mains d'une commission…

Jusqu'alors, nous n'avions pas besoin de loi pour régler ce cas car les choses se réglaient d'elles-mêmes, avec amour et pudeur.

Portrait de Dr. Goulu

à Bardamu Portrait de Bardamu De Dr. Goulu

chercheur... d'emploi à genève ;-) | 16H09 | 14/03/2008 | Permalien

Pas besoin de légiférer tant que ça. Il vous suffit, cher voisins :

1) d'adopter une loi calquée sur celle de la Suisse qui dit : « (Art. 114) Meurtre sur la demande de la victime : Celui qui, cédant à un mobile honorable, notamment à la pitié, aura donné la mort à une personne sur la demande sérieuse et instante de celle-ci sera puni d'une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d'une peine pécuniaire. » (donc, l'euthanasie est interdite en Suisse aussi ! )

2) que les familles ne déposent pas plainte, ou que les procureurs ne poursuivent pas, ou que les tribunaux acquittent lorsque l'euthanasie a eu lieu dans les conditions optimales.

Ainsi la France pourra elle aussi « tolérer » l'euthanasie tout en gardant le contrôle : tout début de dérapage pourra être condamné immédiatement.

Portrait de Claude PELLETIER

De Claude PELLETIER

Retraité dans son jardin | 20H19 | 13/03/2008 | Permalien

—> 4 % … et 14 %.

Ce sont les taux de suicide. Le premier nombre, 4 %, correspond au tout venant, vous et moi… Le second, 14 %, est le taux chez les médecins. J'avais trouvé ces chiffres dans le journal régional qui domine le sud-est.

L'article expliquait que la différence (considérable) est liée à la pénibilité du travail de médecin. Quelle plaisanterie !

Comment ne pas comprendre que face à ce problème,
existe une profonde inégalité
entre l'ensemble des médecins
et les non-médecins.
Les médecins (et peut-être les membres du corps médical)
possèdent le savoir, une connaissance précise du corps et des fonctions vitales
et les moyens matériels
pour arriver à leurs fins quand le désir de fin devient l'issue.
Tout le monde de faire semblant de s'étonner
quand un médecin prend un billet aller sans retour.
Il sait quoi faire, il sait comment faire sans souffrance supplémentaire.
Il sait où trouver les seringues, les produits qui correspondent à son projet.

Le non-médecin est privé de tout cela. Il ne sait pas, il ne peut pas, il bafouille. Que voilà une inégalité sociale … inhabituelle.
Comment faire pour gommer cette inégalité ?

Portrait de Bardamu

à Claude PELLETIER Portrait de Claude PELLETIER De Bardamu

difficile | 20H35 | 13/03/2008 | Permalien

Ah bon ? Si on décide d'en finir avec la vie, on ne sait pas quoi faire ? Il faut encore que quelqu'un vienne vous tenir la main ?

Mais à quel niveau de déresponsabilisation sommes-nous arrivés ?

Qu'est-ce que c'est que cette société d'assistés même dans le suicide ! ! !

On croit rêver…

Portrait de Claude PELLETIER

à Bardamu Portrait de Bardamu De Claude PELLETIER

Retraité dans son jardin | 21H03 | 13/03/2008 | Permalien

Nous sommes plongés dans une cette obscurité du bout de la nuit
et nous pensons à la fin du voyage, monsieur Bardamu.

Sidéré par votre réaction ! Je me demande si vous avez lu mon message.
Ou si vous n'en êtes pas à stigmatiser les vélléités de cette malade ?
C'est cela ?

Portrait de compte supprimé 22

à Bardamu Portrait de Bardamu De compte supprimé 22

Lecteur écriveur | 21H54 | 13/03/2008 | Permalien

Pouvez-vous lâcher la grappe à l'Etat, et faire une chose une seule : penser à Mme Sébire ?

C'est tout

(Nul ne pourra dire que vous n'avez pas de cerveau. Mais on se demande si vous avez autre chose)

Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89

Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)

Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)

En savoir plus

Accrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.

123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque

Connectez-vous pour entrer votre code