Elle dit vouloir mourir. Sur les photographies diffusées par les médias, une femme fragile pose. Défigurée par une tumeur, elle regarde l'objectif. Quelques centimètres de son visage ont été épargnés. Le reste n'est plus que boursouflure monstrueuse.
Chantal Sébire a 52 ans. Elle a déposé une requête auprès du président du tribunal de grande instance de Dijon pour pouvoir « terminer sa vie dans le respect de sa dignité ». Elle souffre trop et attend de la justice qu'elle autorise un médecin à lui administrer la dose médicamenteuse qui la soulagera définitivement.
Nicolas Sarkozy, destinataire d'un courrier douloureux, a raisonnablement confié à des médecins de hauts niveau le soin de vérifier si toutes les ressources de la médecines étaient épuisées.
Sur son blog, l'ex secrétaire national UMP, Jean-Luc Roméro raconte le combat de Chantal Sébire :
« En attendant, Chantal souffre de plus en plus. Alors que je l'ai vu vendredi dernier, j'ai été frappé hier par la violence de ses douleurs. Alors que j'ai tant envie d'arrêter bien des combats inutiles, et me replier sur ma petite vie sans intérêt, son combat, son humour, sa générosité me bouleversent et m'obligent à agir à ses côtés pour qu'elle obtienne enfin le soulagement.“Cette femme diffuse un amour incroyable et c'est pourquoi il faut lui obtenir ce geste d'amour qu'elle réclame. Pour elle. Pour les siens.”
Jean-Luc Roméro renvoit à la lecture de l'argumentaire de l'avocat Gilles Antonowicz.
Gilles Devers, également avocat, clarifie d'emblée le débat : “Mourir n'est pas un droit”. Si, pénalement, se suicider n'est pas répréhensible, aider quelqu'un à mourir est puni par la loi car considéré comme un assassinat. Reste la question des soins palliatifs :
“Le législateur a confirmé les pratiques par la loi du 22 avril 2005 dont on retrouve les termes dans le Code de la santé publique aux articles L 1111-10 et suivants.‘Cette loi reprend les principes les plus anciens de la déontologie médicale : le médecin ne peut pas provoquer directement la mort ; en revanche et face aux situations difficiles, il doit conserver une attitude thérapeutique, c'est-à-dire agir là où il peut être efficace ; et lorsque le traitement direct de la maladie devient inefficace, il s'oriente vers le relationnel et la prise en charge de la douleur.’
Maître Devers rappelle alors un cas antérieur à celui de Chantal Sébire, celui de Diane Pretty : ‘Celle-ci demandait également l'autorisation que soit pratiqué un geste euthanasique. La Cour européenne des droits de l'homme avait rejeté cette demande.’
La loi à laquelle se réfère l'avocat-blogueur est également évoquée par Ça dérange. Dans son post, il l'estime dépassée. Il republie pour l'occasion un précédent texte rédigé pendant la campagne présidentielle :
‘Le procès aux assises de la Dordogne d'un médecin et d'une infirmière qui ont aidé à mourir une malade du cancer en phase terminale fait ressurgir ce problème dans l'actualité.Il s'agit en l'occurence d'euthanasie active puisque le docteur Tramois et l'infirmière agissante Chantal Chanel ont provoqué la mort de la malade par une injection léthale.
La question réapparaît donc dans l'actualité de savoir si la loi Leonetti n'est pas déjà dépassée et si, sous certaines conditions très encadrées, l'euthanasie active ne devrait pas être dépénalisée.’
Le blogueur rappelle les positions des uns et des autres. Celle, prudente, de Nicolas Sarkozy, pour qui ‘la fin de vie devait peut être être considérée du point de vue de la souffrance et de ses limites, plutôt que du point de vue des principes.’ Celle du PS, qui envisageait une ‘loi sur l'assistance médicalisée pour mourir dans la dignité’ et celle de François Bayrou, qui considérait alors la loi Leonetti suffisante.
Le blogueur, plutôt défaitiste, conseille à Chantal Sébire de se rendre à l'étranger : ‘ Allez en Suisse, madame, nos politiques ne bougeront pas…’
Ne leur parlez pas d'‘eutha-nazi’. Sur le blog conservateur, Le bal des dégueulasses, estimant que les structures de soins palliatifs pratiquent suffisamment bien la bonne euthanasie”, le blogueur se fait tranchant :
“Personnellement, je suis opposé à l'euthanasie de manière encore plus brutale qu'à l'IVG. Ne vous méprenez pas sur ce que je vais dire. L'IVG c'est souvent une (jeune) mère en détresse qui ne sait pas ce qu'elle fait, d'où les regrets fréquents.‘En revanche, l'euthanasie est quelque chose de beaucoup plus dramatique. Posons-le directement : un hôpital où l'on tue n'est pas un hôpital où l'on peut soigner. Soigner, prendre soin, care’ et pas ‘cure'.’
Dans un paragraphe accusateur, il pointe un certain mois de mai :
‘Les soixante-huitards veulent un monde aseptisé, un monde sans entre deux, un monde sans part maudite. Sexualité sans grossesse (et son corollaire la grossesse sans sexualité) et quarante ans plus tard, mort sans agonie.Ce n'est pas tant la souffrance qui les dérange, encore moins l'énigmatique atteinte à la dignité (se faire piquer comme un chien mourrant, c'est étonant comme dignité, non ? ). Ce qui les dérange dans leur idéologie, c'est l'agonie.’
Le blogueur de Nouvelles de Ruritanie demeure perplexe face à cette demande émanant d'une personne ‘consciente’. Chantal Sébire est, écrit-il, emblématique d'une époque de déresponsabilisation :
‘L'Occident christianisé condamne et réprime le suicide à rebours des Anciens païens’ qui magnifiaient Caton et Socrate. Le suicide n'a pas bonne presse, c'est la fausse solution des dépressifs et des adolescents…‘Les pouvoirs publics s'inquiètent de son taux important en France et loin d'être compris comme une acte de liberté, le suicide est vu comme un échec et souvent depuis Durkheim comme une pathologie sociale.
Plutôt que de réfléchir à une véritable dépénalisation du suicide et surtout de son aide, les militants de l'euthanasie veulent mettre en demeure les médecins de tuer leurs patients. Fini la démarche individuelle, il nous faut un dispositif socialisé, euphémisé… la mort coocoonée. L'injection douce plutôt que la corde, le pistolet ou la mort au rat.’
L'avis de Samuel, moins polémique, correspond à une opinion courante sur l'euthanasie :
‘Légaliser l'euthanasie, c'est faire sauter une digue, et prendre le risque de se retrouver avec des comportements abominables. Imaginez, dans les maisons de retraite, la toute vieille, qu'en finit plus de vibrer, et qu'on attend qu'elle crève, vu que c'est elle qui a l'oseille’, qu'on pousse à ‘choisir’ de partir sereinement. Parce qu'elle gêne, parce que la maison de retraite, ça coûte cher, et qu'il ne va rien rester en héritage. C'est sordide, mais des situations comme celle-là sont bien plus fréquentes qu'on ne le pense.‘Il y a aussi ces malades, qui sont parfois touchés par des passages à vide où la souffrance donne envie d'en finir définitivement, et qui finalement, surmontent la maladie et guérissent. Si l'euthanasie est légale, et même si elle est encadrée strictement, il y aura des dérives.’
Il suggère également le suicide. Plus simple et moins politique.
Entre la mort de Lazare Ponticelli, dernier poilu et cette demande d'euthanasie, pour Riton de Cannes, c'est la grande confusion, les curieux parallèles :
‘La juste mort demandée et cette vie terrible accordée. Je ne peux m'empêcher de me souvenir de mon grand-père qui me racontait sa guerre, toutes ses années passées, perdues, sa jeunesse volée, ses souffrances.Verdun, le chemin des Dames, il ne reste que sa médaille militaire, pieusement conservée, un numéro matricule et une vie gâchée. Et cette femme qui demande, qui supplie qu'on abrège ses souffrances, qu'on lui ôte cette vie qui n'en est plus une.
Qui sommes nous pour juger ? A-t-on demandé à tous ces hommes qu'on a envoyé à l'abattoir s'ils acceptaient cette sentence, s'ils étaient d'accord avec cette même loi qui les envoyait se faire tuer ? Des millions sont partis dans une certaine indifférence et une seule veut s'en aller que les passions sont déchaînées.’
Il appelle à respecter sa dernière liberté.





















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De Francois Toulouse
17H26 | 13/03/2008 |
Ce qui me dérange, derrière le cas tragique de cette femme, c'est qu'il y a une vraie campagne demandant l'instauration d'une aide médicalisée au suicide : finalement, on se sent presque obligé, en écoutant le cas de cette personne, d'être favorable à l'instauration de lieu d'aides au suicide, d'une nouvelle profession : suicideur, de formations ad-hoc aussi. On dira peut-être que j'exagère, en disant qu'elle ne demande qu'à ce que son médecin ne soit pas poursuivi, mais je pense qu'au vu de ce qu'est notre société, c'est l'industrialisation du suicide assisté qui est en jeu, et qu'alors un nouveau changement de société se profile.
Et au vu du nombre de personnes très âgées qu'il y aura dans quelques années chez nous, j'ai un peu peur que ce changement se transforme en « dis-donc pépé, t'as bientôt 100 ans et tu coûte cher avec tout tes soins… Tu sais que l'hôpital à coté a ouvert un bon service d'aide au suicide ? »
Je n'ai guère de solution à proposer. Peut-être une simple dépénalisation de la vente de solution mortelle pour les personnes condamnées par la médecine ?
Je ne suis pas fermé à ce que l'on entrouve quelques portes à l'euthanasie, mais pas à ce qu'elles soient complètement ouvertes, sans réfléchir, à partir de cas rares et extrêmes.
à Francois Toulouse
De Xa_chan
(nippon ni mauvais) | 17H31 | 13/03/2008 |
ce qui me choque, moi, c'est de voir que certains croient que le législateur n'est pas capable de mettre au point une loi qui encadre tellement ce « suicide médicalisé » que toute dérive est impossible.
Comme si en fait, c'est la question elle-même qu'ils considéraient tabou…
En revanche, certains autres pays d'Europe (Pays-Bas, Belgique, Suisse) ont mis au point des protocoles légaux et médicaux. Conclusion : pas d'augmentation de morts, juste des personnes totalement incurables qu'on a aidé à mourir dans la dignité plutôt que dans la déchéance totale d'un jusqu'au-boutisme médical mal placé…
à Xa_chan
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 20H58 | 13/03/2008 |
Dans beaucoup de domaines j'entends, la France est en retard. Elle se croit toujours plus maligne que tous les autres pays.
Oui il serait possible de mettre en oeuvre une loi qui impose des limites claires et précises, à commencer par accepter le choix d'une personne saine d'esprit, incurable et qui souffre douloureusement. Elle n'a plus 20 ans et il me semble que les conditions essentielles sont là.
Ceci dit je ne comprends pas pourquoi la loi en cours ne suffit pas.
à Les Chats
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 04H20 | 14/03/2008 |
Tout adulte sain d'esprit doit avoir le droit de mettre fin à ses jours quand et comme il l'entend. Il doit pouvoir compter pour l'y assister sur les ressources de la science et la collaboration des professionnels de la médecine. Prétendre le contraire est indigne d'un être humain.
Pierre JC Allard
http://nouvellesociete.org/120.html
http://nouvellesociete.org/5112.html
à Francois Toulouse
De jimmyb
17H32 | 13/03/2008 |
Pourquoi nos voisins suisses chez qui cela existe ne subissent alors pas de dérives ? Il faut simplement un cadre juridique très strict comme le leur pour éviter ce genre de choses. On ne laisse pas le malade seul décider de son suicide assisté, au contraire tout est fait pour l'en dissuader et pour essayer de trouver d'autres solutions. Mais si il n'y a rien qui puisse le soulager, pourquoi refuser cela à quelqu'un en pleine possessions de ses facultés intellectuelles ?
à jimmyb
De françoise.V
p'tite lyonnaise | 17H56 | 13/03/2008 |
En suisse est pratiquée l'aide au suicide au sens strict : le contenu d'un verre doit etre bu par la personne qui souhaite mourir.
Ici cette seule aide est déjà interdite et assimilée à un assassinat.
Alors l'euthanasie sur demande, qui n'est plus un suicide, n'est pas à mon avis près d'etre réglementée chez nous…
Revoir la reglementation de l'aide serait déjà un progrès considérable…
à Francois Toulouse
De el loco
éducateur spécialisé | 18H05 | 13/03/2008 |
vous savez l'euthanasie existe déjà mais n'as pas réellement d'existence légale
la seule arme légale de la médecine pour euthanasié quelqu'un c'est le refus de soin et la mise dans le coma
cela revient au même que d'injecter des barbituriques le résultat est le même : la mort de la personne
mais dans la façon légale la personne peut mettre jusqu'à 8 jours pour mourir
pour la famille qui (je peu vous l'assurez pour l'avoir vécue) est associé et d'accord avec la décision que prend la personne l'attente est pénible et destructeur !
alors arrêtons juste de nous voiler la face et laissons aux malade leur liberté de choix
De jimmyb
17H25 | 13/03/2008 |
Quand j'étais petit, et même avant, l'euthanasie passive existait. Qu'est-ce que j'entends par là ? Que la médecine ne s'acharnait pas à maintenir en vie des personnes pour lesquelles, il n'y avait plus aucun espoir. Bien souvent, les médecins de campagne se gardait bien d'envoyer à l'hôpital des malades victimes d'affections tel le cancer, ils préparaient doucement la famille à l'inévitable, il n'y avait alors rien à faire, et il n'y avait pas de dérives. Aujourd'hui, au nom de la science, des jusqu'auboutistes prétendent maintenir en vie des hommes et des femmes qui souffrent le martyr, sans aucun égard pour eux, en s'accrochant à la vie pour la vie. Est-ce faire preuve d'humanité que de s'acharner ainsi ? Oui la vie doit être respectée, non, on ne peut pas faire n'importe quoi, mais il y a des limites, ce que l'on fait par compassion aux animaux, on n'est même pas capables de le faire pour nos semblables. Sarkosy veut un second avis, et qu'est ce que cela changera si Chantal est vraiment incurable ? N'a-t-elle pas le droit de mourir dans la dignité ? Que tous ceux qui se disent qu'il n'est pas question de lui accorder ce qu'elle implore, se demandent, « que ferais-je à sa place ? », que ferions-nous en vérité si nos souffrances ne nous laissaient plus de repos, que ferions-nous si chaque jour de plus n'est qu'un calvaire de plus et que rien ne peut nous soulager, que ferions-nous si nous savions que la mort va venir de toute façon et qu'il n'y a plus aucun espoir ? Accepterions-nous de voir souffrir pour rien notre enfant, notre mère, notre frère, accepterions-nous de souffrir nous-même pour rien, juste pour justifier du fait que la vie est sacrée ? J'ai du mal à le croire.
Humanité, as-tu donc perdu le sens du respect de l'être en trouvant celui du respect de la vie ?
De Xa_chan
(nippon ni mauvais) | 17H26 | 13/03/2008 |
Et pendant ce temps-là, en Suisse, en Belgique, aux Pays-Bas, le droit a mourir a été mûrement pesé, organisé, encadré par des lois drastiques qui empêchent au maximum les dérapages et les « bon on l'euthanasie parce que c'est elle qui a l'oseille, la vieille ».
Alors quoi ? Les belges, suisses et hollandais sont des monstres ? Je ne crois pas. Je crois simplement que ce sont des gens (et les législateurs qu'ils ont désigné) qui ont eu assez de courage pour regarder cette épineuse question en face et pour agir dans le but de sauvegarder la dignité humaine.
Je suis outré, sur le blog ultra conservateur, de lire ce parallèle entre l'euthanasie et le chien qu'on pique ! ! A ce qu'il me semble, le chien ne demande JAMAIS à ce qu'on le pique, c'est l'homme qui prend la décision « pour son bien ». Et là, bizarrement, ça ne semble plus déranger personne… Mais le droit d'un être humain de sauvegarder sa dignité quand la médecine ne peut absolument plus rien et que la douleur est insoutenable, ça non, au grand jamais, hein ! C'est pas de bol, mais il faut qu'elle souffre, cette personne…
De snipoza
décroissant sang d'Angers antipyram... | 17H29 | 13/03/2008 |
mourir soi-même dignement par choix personnel reste interdit.
heureusement, travailler dans une usine d'armement, produire du pyralène, tuer pour la raison d'un Etat… sont des actes parfaitement préhensibles
on peut donc tuer autrui c'est encadré légalement par l'Etat, on ne peut se tuer soi-même, l'Etat l'interdit, mais avons-nous besoin de la caution de l'Etat pour une décision strictement personnelle ? je ne le crois pas, je crois même que l'on peut se passer de l'Etat bien au-delà du pouvoir sur sa propre vie
De cinghiale
17H35 | 13/03/2008 |
Bon c'est compliqué… donc c'est politique. Je veux dire que moralement on ne va pas s'en sortir et l'article résume bien les débats éthiques du droit à la mort. Mais avec l'IVG on a su faire : moralement j'étais contre (la suppression d'un foetus viable m'horrifie) mais politiquement j'étais pour : les drames connus par les candidates à l'avortement nécessitaient une loi. La loi Veil fut ainsi le meilleur compromis. Qu'une loi décide qu'un comité d'éthique statue sur des cas extrêmes comme celui de cette malheureuse, ce sera aussi le meilleur compromis ; et d'avoir un président pragmatique et non idéaliste, ça devrait faciliter cette prise de décision.
à cinghiale
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 21H17 | 13/03/2008 |
- »…et d'avoir un président pragmatique et non idéaliste, ça devrait faciliter cette prise de décision. »
Avec l'église derrière dont il a souhaité et souhaite toujours les voix ? ça m'étonnerait beaucoup.
En plus sarko aimerait bien privatiser la sécu, alors envoyer un expert de plus et l'hospitaliser pour un coma c'est toujours ça pour les dépenses.
Vous trouvez cela cynique ? Eh bien oui les politiques sont plus cyniques qu'ils ne le laissent paraître, mais ça bien sur aucun d'eux ne vous le dira.
De compte supprimé 22
Lecteur écriveur | 17H39 | 13/03/2008 |
Sur le blogue conservateur :
- un truc EXRAORDINAIRE : deux messages cinglants de Robert Marchenoir avec lesquels je suis TOTALEMENT d'accord.
- Chantal Sébire est appelée « la dame défigurée ». Pas de nom, « la dame ». CQFD sur la capacité d'empathie de cette sinistre grenouille de bénitier. Et ça prétend défendre l'humain ! Sale tradi-catho d'une Eglise dont la partie tradi-catho* sut, en son temps, protéger les nazis en fuite !
- Et c'est encore un coup de Mai 68 ! Décidément, l'alpha et l'omega de tout ce qui ne va pas sur terre, ils sont là ! Les jours allongent : Mai 68 ! Il pleut : Mai 68 ! Il ne pleut pas : Mai 68 !
- Et on ne peut pas commenter. Qui a dit intolérance ? A moins qu'il ne se soit pris une rafale de coups de crosse sur le bénitier.
(Qui a entendu Mme Dati sur Inter, parler de ça sur le même ton que des élections ? Glacial.)
* Donc : pas toute l'Eglise, pas tous les chrétiens. Suis-je clair ?
à compte supprimé 22
De papiper
instit retraité | 18H15 | 13/03/2008 |
Merci PMB, je souscris des quatre fers ,oui ce sont toujours les mêmes… et je n'hésite pas à affirmer qu'ils n'hésitent jamais à faire un bout de chemin avec un « Chat botté » avec un Nazillon moderne ou plus ancien.
De jimmyb
17H57 | 13/03/2008 |
J'avais un oncle que j'ai beaucoup aimé, à 57 ans, il a commencé à souffrir de la maladie d'Alzeimer, puis de Parkinson. Au bout de cinq longues années, il se faisait changer ses couches, il fallait lui donner à manger, tout doucement, de même pour boire car il faisait des fausses routes, il souffrait horriblement d'escarres car il ne pouvait plus se déplacer. Plusieurs fois il s'est trouvé en attaque cérébrale, et plusieurs fois un « médecin » l'a ranimé in extrémis. La nuit il hurlait parfois la seule phrase qu'il répétait inlassablement depuis des mois : « Je veux mourir, laisser moi mourir », il ne disait plus que cela, son esprit s'était focalisé sur la dernière chose importante, sans doute les derniers temps n'avait-il même plus conscience de ce qu'il disait. J'ai vu mon oncle pleurer la première fois que l'aide médicale l'ac changé et lavé. Je l'ai vu pleuré après chacune de ces attaques cérébrales lorsqu'il rouvrait les yeux sur le fait qu'il était toujours en vie. 5 ans de calvaire ininterrompu, pour un homme qui ne se reconnaissait plus dans une glace, mais que la douleur tordait dans son lit. Et il n'est pas mort seul, ma tante est morte d'épuisement en le soignant malgré l'aide que nous avons essayé de lui apporter, son cœur était trop fatigué. J'avoue que plusieurs fois, j'aurais voulu prendre son oreiller et le maintenir sur son visage afin de le soulager enfin. La, même une loi ne lui aurait pas permis de mourir, car il n'avait plus toute sa tête, et pourtant, n'aurait-il pas mérité qu'on le soulage de ce corps qui n'était plus qu'une douleur le condamnant à vivre ? Quelle faute avait-il commis pour être ainsi condamné à souffrir 5 longues années, au nom de quoi, pour quelle raison devait-il souffrir ?
De papiper
instit retraité | 18H00 | 13/03/2008 |
J'éprouve un immense respect pour la demande formulée par cette infortunée malade abandonnée par la science médicale impuissante.
Certaines réactions m'irritent, m'indignent et me blessent au plus profond de mon humanité…Ainsi les Etats peuvent s'arroger le droit d'ôter la vie (guerre) , peine capitale…et refusent l'acte de charité supprème pour aider un être qui veut encore maîtriser ce qui lui reste de destin et interrompre sa vie de souffrance . Quelle hypocrysie !
ah j'allais oublier l'affirmation de nos bons pères ,pas aussi ancienne que cela : « si Dieu vous envoie de telle souffrance ma fille, c'est parce qu'il vous aime plus que tout “ Telle fut le sermon de réconfort reçu par ma grand-mère lors de son agonie privée de morphine bien sûr…
En ce qui me concerne, j'espère pouvoir maîtriser l'option létale jusqu'à ma fin et agir en conséquence.
De leosam56
chomeur | 18H06 | 13/03/2008 |
cette femme réclame de l'AIDE de la part des médecins .Avons nous tout essayé au niveau traitement de la douleur ? Avons nous été voir à l'étranger s'il existe une solution ? Tout cela a un cout bien sur et je ne peux m'empecher de penser aux 138 000 euros d'Estrosi pour une coupe de champagne.Je suis écoeuré par nos dirigeants qui s'interrogent sur l'euthanasie ,une fois de plus,dans l'urgence.Aucune solution collective n'existe à un probleme qui touche chaque individu dans sa personnalité propre.La société doit tout mettre en oeuvre pour apaiser la souffrance,tout,vraiment tout et son role s'arrete là.Apres ,les personnels soignants qui sont au contact de ces souffrances ont une conscience.Pour ma part(j'ai 54 ans)je leur ferai confiance.
à leosam56
De steed1
prosateur à mi-temps | 18H46 | 13/03/2008 |
« Avons nous tout essayé au niveau traitement de la douleur ? »…
oui, j'ai vu le reportage qui lui était consacré il y a qques jours. son médecin traitant disait que la médecine ne pouvait plus rien pour elle.
la maladie progresse toujours, elle a des crises de douleurs insuportables, etc.
je suis vraiment triste pour elle et ses enfants.
mais j'ai aussi une pensée pour mon ex-beau père, mort des suites de sa leucémie, dans la douleur.
Je n'ai pas personnellement de solution, mais je crois quand même que notre gouvernement devrait arreter de se couvrir les yeux et ferait mieux d'aller s'inspirer de ce qui se pratique en hollande, en belgique et en suisse.
l'état a bien employé des bourreaux pour exécuter des sentences de mort, envoyé des divisions entières à la mort en 14/18 et je suis persuadé que ça ne posait aucun problême de conscience à nos chefs de l'époque.
De plum-o-vent
18H20 | 13/03/2008 |
laches et ignobles, c'est ce qui m'est venu à l'esprit en entendant, ce matin Rachida Dati sur France inter et des sois-disant spécialistes à la télévision.
On propose à cette femme, pour qui les médicaments anti-douleur ne sont plus d'aucun secours, de la plonger dans le coma à l'hôpital pendant une quinzaine de jours avec la mort au bout. C'est monstrueux autant pour elle que pour ses enfants. Elle demande simplement de mourir dignement, au moment ou elle le souhaite. J'avais les larmes aux yeux en l'écoutant, je me demande quelle serait l'attitude de tous ces donneurs de leçons s'ils se trouvaient dans la même situation.
à plum-o-vent
De eelisa
Délinquante au coin de la rue | 18H32 | 13/03/2008 |
D'autant plus choquant que même dans le coma, cette pauvre dame peut tenir de longues années. Son coeur n'a que 52 ans ! elle peut survivre dans le coma au moins 15 ans !
à eelisa
De Adarshini
Idéaliste | 16H58 | 14/03/2008 |
Il me semble que légalement, on peut ne pas mettre de sonde pour la nourrir.
Et dans ce cas, c'est d'autant plus hypocrite.
à Adarshini
De françoise.V
p'tite lyonnaise | 16H31 | 15/03/2008 |
Exact, si le malade (et/ou sa famille) refuse l'acharnement thérapeutique, ce qui est bien le cas ici.
De Servais-Jean 4591
alpha-béta | 18H22 | 13/03/2008 |
Entendu sur France-Info ou Inter cet aprés-midi ;
Christine Boutin s'est déclarée contre l'euthanasie de Chantal Sébire en arguant du fait que ce n'est pas sur des critères esthétiques que l'on peut demander la mort.
Deux médecins ont réagit trés violemment à ces propos.
à Servais-Jean
De steed1
prosateur à mi-temps | 18H48 | 13/03/2008 |
la christine boutin avec ses convictions à deux balles ? celle là ?
quelle plaie…
à steed1
De Themis13
18H51 | 13/03/2008 |
2 balles…donc 1 de trop !
à Servais-Jean
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 21H49 | 13/03/2008 |
Mme Boutin devient de plus en plus bête, c'est l'âge ou le contact avec son supérieur bien aimé ?
D'ici qu'elle pense que Chantal Sébire, fait du chantage pour avoir une chirurgie esthétique.
J'ai envi d'être méchante Servais-Jean : « ce n'est pas sur des critères esthétiques que l'on peut demander la mort. » >>> dans ce cas il faudrait commencer par elle. Ok je sors !
à Servais-Jean
De Tigerente
22H36 | 13/03/2008 |
C'est sûr que côté esthétique… Christine Boutin… est une spécialiste ! Elle est aussi belle qu'elle est intelligente, c'est vous dire !
(Je sais, c'est gratuit, c'est facile et c'est mesquin ! Mais comment réagir autrement face à ses propos ? ! )
De jissé
Ingé retraité | 18H28 | 13/03/2008 |
Bonjour.
Le débat rappelle étrangement celui sur l'avortement.
A quand un « procès de Bobigny » ?
Mais nos « bons cathos » et autres « bien pensants » tolèrent plus facilement la torture incontrôlée (vols secrets de la C.I.A., Bush pour la « baignoire » (comme la milice de Pétain, dans l'Hôtel Lauriston, de sinistre mémoire) etc … que l'euthanasie encadrée.
Ils étaient aussi (et sont encore dans certains pays/états) pour la peine de mort
Au nom du « respect de la vie » ? ? ?
Il y a encore peu leur hiérarchie protégeait les curés pédophiles.
Hypocrisie ..
Jc
à jissé
De Gevrey
18H38 | 13/03/2008 |
Arrêtez avec ce torrent de haine, vous mélangez tout dans unn grand n'importe quoi.
Quel lien que ce sujet avec Bush, Pétain, …Si ce n'est votre bêtise !
Non croyant je me suis, et depuis longtemps, rendu compte que les imbéciles et l'obscurantisme se rencontrent partout !
à Gevrey
De compte supprimé 22
Lecteur écriveur | 19H09 | 13/03/2008 |
Gevrez, je crois que vous confondez la haine et la colère. Colère contre ces gens qui ont le culte de la mort, et de la mort douloureuse.
Et n'allez pas décider de la bêtise des gens qui ne pensent pas comme vous, vous courrez le risque de vous voir retourner le compliment ; -)
[edit] Ce qu'a dit Mme Boutin de Chantal Sébire dépasse l'obscénité. Et on vous aime et vous êtes digne et gnagnagna. Qu'elle aille donc vivre avec Mme Sébire, avec sa famille, sans caméras bien sûr, et ne serait-ce qu'une semaine.
Après, elle pourra peut-être causer.
Tous ces théoriciens/ciennes de la souffrance/ de la pauvreté, de la précarité/de la solitude/du handicap/de la prison/de la différence, envoyons-les pratiquer en stage intensif et longue durée.
Après, ils/elles pourront peut-être causer.