Elle dit vouloir mourir. Sur les photographies diffusées par les médias, une femme fragile pose. Défigurée par une tumeur, elle regarde l'objectif. Quelques centimètres de son visage ont été épargnés. Le reste n'est plus que boursouflure monstrueuse.
Chantal Sébire a 52 ans. Elle a déposé une requête auprès du président du tribunal de grande instance de Dijon pour pouvoir « terminer sa vie dans le respect de sa dignité ». Elle souffre trop et attend de la justice qu'elle autorise un médecin à lui administrer la dose médicamenteuse qui la soulagera définitivement.
Nicolas Sarkozy, destinataire d'un courrier douloureux, a raisonnablement confié à des médecins de hauts niveau le soin de vérifier si toutes les ressources de la médecines étaient épuisées.
Sur son blog, l'ex secrétaire national UMP, Jean-Luc Roméro raconte le combat de Chantal Sébire :
« En attendant, Chantal souffre de plus en plus. Alors que je l'ai vu vendredi dernier, j'ai été frappé hier par la violence de ses douleurs. Alors que j'ai tant envie d'arrêter bien des combats inutiles, et me replier sur ma petite vie sans intérêt, son combat, son humour, sa générosité me bouleversent et m'obligent à agir à ses côtés pour qu'elle obtienne enfin le soulagement.“Cette femme diffuse un amour incroyable et c'est pourquoi il faut lui obtenir ce geste d'amour qu'elle réclame. Pour elle. Pour les siens.”
Jean-Luc Roméro renvoit à la lecture de l'argumentaire de l'avocat Gilles Antonowicz.
Gilles Devers, également avocat, clarifie d'emblée le débat : “Mourir n'est pas un droit”. Si, pénalement, se suicider n'est pas répréhensible, aider quelqu'un à mourir est puni par la loi car considéré comme un assassinat. Reste la question des soins palliatifs :
“Le législateur a confirmé les pratiques par la loi du 22 avril 2005 dont on retrouve les termes dans le Code de la santé publique aux articles L 1111-10 et suivants.‘Cette loi reprend les principes les plus anciens de la déontologie médicale : le médecin ne peut pas provoquer directement la mort ; en revanche et face aux situations difficiles, il doit conserver une attitude thérapeutique, c'est-à-dire agir là où il peut être efficace ; et lorsque le traitement direct de la maladie devient inefficace, il s'oriente vers le relationnel et la prise en charge de la douleur.’
Maître Devers rappelle alors un cas antérieur à celui de Chantal Sébire, celui de Diane Pretty : ‘Celle-ci demandait également l'autorisation que soit pratiqué un geste euthanasique. La Cour européenne des droits de l'homme avait rejeté cette demande.’
La loi à laquelle se réfère l'avocat-blogueur est également évoquée par Ça dérange. Dans son post, il l'estime dépassée. Il republie pour l'occasion un précédent texte rédigé pendant la campagne présidentielle :
‘Le procès aux assises de la Dordogne d'un médecin et d'une infirmière qui ont aidé à mourir une malade du cancer en phase terminale fait ressurgir ce problème dans l'actualité.Il s'agit en l'occurence d'euthanasie active puisque le docteur Tramois et l'infirmière agissante Chantal Chanel ont provoqué la mort de la malade par une injection léthale.
La question réapparaît donc dans l'actualité de savoir si la loi Leonetti n'est pas déjà dépassée et si, sous certaines conditions très encadrées, l'euthanasie active ne devrait pas être dépénalisée.’
Le blogueur rappelle les positions des uns et des autres. Celle, prudente, de Nicolas Sarkozy, pour qui ‘la fin de vie devait peut être être considérée du point de vue de la souffrance et de ses limites, plutôt que du point de vue des principes.’ Celle du PS, qui envisageait une ‘loi sur l'assistance médicalisée pour mourir dans la dignité’ et celle de François Bayrou, qui considérait alors la loi Leonetti suffisante.
Le blogueur, plutôt défaitiste, conseille à Chantal Sébire de se rendre à l'étranger : ‘ Allez en Suisse, madame, nos politiques ne bougeront pas…’
Ne leur parlez pas d'‘eutha-nazi’. Sur le blog conservateur, Le bal des dégueulasses, estimant que les structures de soins palliatifs pratiquent suffisamment bien la bonne euthanasie”, le blogueur se fait tranchant :
“Personnellement, je suis opposé à l'euthanasie de manière encore plus brutale qu'à l'IVG. Ne vous méprenez pas sur ce que je vais dire. L'IVG c'est souvent une (jeune) mère en détresse qui ne sait pas ce qu'elle fait, d'où les regrets fréquents.‘En revanche, l'euthanasie est quelque chose de beaucoup plus dramatique. Posons-le directement : un hôpital où l'on tue n'est pas un hôpital où l'on peut soigner. Soigner, prendre soin, care’ et pas ‘cure'.’
Dans un paragraphe accusateur, il pointe un certain mois de mai :
‘Les soixante-huitards veulent un monde aseptisé, un monde sans entre deux, un monde sans part maudite. Sexualité sans grossesse (et son corollaire la grossesse sans sexualité) et quarante ans plus tard, mort sans agonie.Ce n'est pas tant la souffrance qui les dérange, encore moins l'énigmatique atteinte à la dignité (se faire piquer comme un chien mourrant, c'est étonant comme dignité, non ? ). Ce qui les dérange dans leur idéologie, c'est l'agonie.’
Le blogueur de Nouvelles de Ruritanie demeure perplexe face à cette demande émanant d'une personne ‘consciente’. Chantal Sébire est, écrit-il, emblématique d'une époque de déresponsabilisation :
‘L'Occident christianisé condamne et réprime le suicide à rebours des Anciens païens’ qui magnifiaient Caton et Socrate. Le suicide n'a pas bonne presse, c'est la fausse solution des dépressifs et des adolescents…‘Les pouvoirs publics s'inquiètent de son taux important en France et loin d'être compris comme une acte de liberté, le suicide est vu comme un échec et souvent depuis Durkheim comme une pathologie sociale.
Plutôt que de réfléchir à une véritable dépénalisation du suicide et surtout de son aide, les militants de l'euthanasie veulent mettre en demeure les médecins de tuer leurs patients. Fini la démarche individuelle, il nous faut un dispositif socialisé, euphémisé… la mort coocoonée. L'injection douce plutôt que la corde, le pistolet ou la mort au rat.’
L'avis de Samuel, moins polémique, correspond à une opinion courante sur l'euthanasie :
‘Légaliser l'euthanasie, c'est faire sauter une digue, et prendre le risque de se retrouver avec des comportements abominables. Imaginez, dans les maisons de retraite, la toute vieille, qu'en finit plus de vibrer, et qu'on attend qu'elle crève, vu que c'est elle qui a l'oseille’, qu'on pousse à ‘choisir’ de partir sereinement. Parce qu'elle gêne, parce que la maison de retraite, ça coûte cher, et qu'il ne va rien rester en héritage. C'est sordide, mais des situations comme celle-là sont bien plus fréquentes qu'on ne le pense.‘Il y a aussi ces malades, qui sont parfois touchés par des passages à vide où la souffrance donne envie d'en finir définitivement, et qui finalement, surmontent la maladie et guérissent. Si l'euthanasie est légale, et même si elle est encadrée strictement, il y aura des dérives.’
Il suggère également le suicide. Plus simple et moins politique.
Entre la mort de Lazare Ponticelli, dernier poilu et cette demande d'euthanasie, pour Riton de Cannes, c'est la grande confusion, les curieux parallèles :
‘La juste mort demandée et cette vie terrible accordée. Je ne peux m'empêcher de me souvenir de mon grand-père qui me racontait sa guerre, toutes ses années passées, perdues, sa jeunesse volée, ses souffrances.Verdun, le chemin des Dames, il ne reste que sa médaille militaire, pieusement conservée, un numéro matricule et une vie gâchée. Et cette femme qui demande, qui supplie qu'on abrège ses souffrances, qu'on lui ôte cette vie qui n'en est plus une.
Qui sommes nous pour juger ? A-t-on demandé à tous ces hommes qu'on a envoyé à l'abattoir s'ils acceptaient cette sentence, s'ils étaient d'accord avec cette même loi qui les envoyait se faire tuer ? Des millions sont partis dans une certaine indifférence et une seule veut s'en aller que les passions sont déchaînées.’
Il appelle à respecter sa dernière liberté.


























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De quetzal2012
enseignant précaire | 16H56 | 13/03/2008 |
Si c'est un choix personnel je ne vois pas de quel droit on peut le lui refuser si ce n'est au nom d'une morale chrétienne qui n'a rien à faire là…
à quetzal2012
De pablico
18H11 | 13/03/2008 |
Personne ne s'offusque , qu'on abrège les souffrances d'un animal.
Sommes nous moins qu'un animal ?
devons vous souffrir plus qu'un animal ?
n'est-on pas maitre de notre vie ?
si il n'y a pas d'issues pourquoi faire souffrir au nom d'une morale.
à pablico
De sccber
20H10 | 13/03/2008 |
Le sujet est délicat, lié au refus judéo-chrétien du suicide. Personnellement, si j'étais dans la situation de Chantal Sébire, je choisirais cette solution, en toute liberté. Parce que j'aime la vie, cela fait des années que je réfléchis à la possibilité de choisir ma mort, si les circonstances la rendent préférable à la vie : j'ai d'ailleurs acheté en son temps le livre « suicide mode d'emploi », avant que la polémique ne le fasse retirer de la vente (je crois).
Mais si je n'avais pas le courage ou la force de me tuer ? Pourrais-je compter sur une aide, oserais-je même la demander à des ami(e)s sûr(e)s, avec le risque que cela comporte ?
Finissons-en avec cette morale, luttons pour rester maitre de nos vies, en combattant les préjugés concernant le suicide, qui n'existent pas - faut-il le rappeler - universellement. Mais attention, notre devoir devant des souffrances psychologiques (dépression, par ex.) ou physiques doit d'abord être de soulager, de guérir. N'oublions pas que les nazis ont tué (ils disaient euthanasier) les malades mentaux, bien avant la solution finale.
à sccber
De kestiontoi
travailleur forcé | 20H47 | 13/03/2008 |
Mais si je n'avais pas le courage ou la force de me tuer ? Pourrais-je compter sur une aide, oserais-je même la demander à des ami(e)s sûr(e)s, avec le risque que cela comporte ?
L'aide ne doit-elle pas rester au niveau matériel ?
Si on n'a pas le courage d'abréger son agonie, pourquoi demander ce courage à une autre personne qui devra vivre avec le souvenir de cet acte ?
Et si on n'est plus en état d'abréger son agonie ?
Doit-on être privé de la possibilité de l'abréger ?
Injuste non ?
Le problème de la rédaction d'une loi pour l'euthanasie ne peut être simple.
Pourquoi vouloir la rédiger un bonne fois pour toute ?
Les sessions parlementaires ne sont-elles pas assez nombreuses pour la modifier chaque fois que c'est nécessaire pour éviter les dérives constatées ?
à pablico
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 20H16 | 13/03/2008 |
Le cri de l'animal qui souffre devient humain
Le cri de l'humain qui souffre devient animal
(Je ne sais plus de qui)
à Les Chats
De marie 75
15H02 | 14/03/2008 |
réaction de l'Eglise catholique, écoeurante, comme dab :
« Autre vision, celle que nous a confiée Aymeric Pourbaix, directeur de Radio Notre-Dame, principale station catholique française : “Comme nous tous, je participe à la souffrance de Mme Sébire. Mais ce cas douloureux est exploité par les médias. Introduire l'euthanasie active dans la loi, c'est ouvrir la porte à toutes les dérives. L'émotion est légitime, mais elle ne doit pas nous faire oublier les principes du droit absolu à la vie.”
cf tribune de genève
à marie 75
De Pierrrrre
16H50 | 15/03/2008 |
»….réaction de l'Eglise catholique, écoeurante, comme dab… »
==> l'église se réfère à ses principes : « ne pas oublier les principes du droit absolu à la vie ».
Pour l'Eglise, la vie est un concept sacré et elle ne reconnait à quiconque le droit d'y attenter.
… pour la peine de mort
… pour l'avortement (l'église rappelle que si cet enfant est de vous, il n'est pas à vous)
… pour l'euthanasie
Elle s'exprime sur les principes, et ne se laisse pas emporter par le bien à penser de l'instant.
Je trouve respectable que cette Eglise nous rappelle quelques éléments qui parfois nous échappent. Et que nous mettons trop facilement dans notre poche.
Ecoeurante, d'aprés Marie ?
probablement Marie avait-elle ravallé sa propre salive affectée par la délicatesse de ses déjections.
à Pierrrrre
De Pierre973
désanusseur de porcs | 23H49 | 15/03/2008 |
Que dire de la vôtre, de délicatesse, et de votre pensée chrétienne médiévale …
Les adjectifs ne manqueraient pas mais mes principes de vil agnostique m'empêchent de vous les retourner à la face. Chacun ses principes, gentille grenouille …
à pablico
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 20H35 | 13/03/2008 |
Pablico,
il manque quelque chose à vos remarques. Une donnée.
Elle n'a pas été mise en avant ;
il s'agit de la différence entre le taux de suicide des médecins
et celui des non-médecins.
Les médecins se suicident au moins trois fois plus que les autres …
Cela illustre la profonde inégalité des humains face à ce douloureux problème. Ceux qui savent comment faire et où trouver le moyens, le font plus souvent que ceux qui sont ignorants …
à Claude PELLETIER
De FdT
En pleine décroissance | 07H06 | 14/03/2008 |
Je ne suis absolument pas convaincu par votre conclusion. Inutile d'être médecin pour se balancer du 10 ème étage ou d'un viaduc, pour se tirer une balle dans la tête ou ingurgiter deux ou trois boîtes d'anxiolytiques…si les médecins se suicident plus que les autres cela vient peut être d'une part du fait que leur métier est en crise (la marchandisation de la médecine a détruit les doux idéaux humanistes de certains, beaucoup de désillusions…)et d'autre part être confronté pratiquement quotidiennement à la maladie et à la souffrance doit être quelque peu anxiogène.
à FdT
De Saheyus
Rêveur invétéré | 10H58 | 14/03/2008 |
Vous faites un contre-sens, les médecins se suicident moins que les autres (et non pas plus, comme dans votre argumentation). Mais j'avoue ignorer quelles conclusions on peut au juste en tirer.
à Saheyus
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 12H07 | 14/03/2008 |
Aurais-je bien mal lu l'article de Nice-Matin qui en parlait ?
Je me souviens que les taux annoncés étaient de 4 % et 14 %.
-——> 4 % - pour la population générale ;
-> et 14 % - pour le monde médical…
J'en parlais hier dans un message placé bcp plus loin.
Qui sauRait trouver les bonnes souRces et pas les suppositions ?
à quetzal2012
De Abdelkrim Bourguignon
Bras Gauche de Jeanne Calmant | 21H23 | 13/03/2008 |
Tu veux dire une morale « crétine ». Trop de morale tue la morale. Pour moi, laisser un être vivant souffrir, que ce soit une personne ou un animal, est immoral. La mort n'est qu'un moindre mal face à la souffrance, et qui sommes-nous pour mieux savoir que ces patients et décider à leur place ? Je ne souhaite pas ce genre de maladie à Mme Dati, mais si elle était dans cette situation, peut-être qu'elle regrêterait sa décision. Respectons le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.
à Abdelkrim Bourguignon
De XXXXXXXX
courageux | 22H25 | 13/03/2008 |
« Respectons le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes » ! ! ! … ? ? ?
…Je ne vois pas ce que l'autodétermination des peuples vient voir là dedans ?
Tu prônes l'euthanasie pour le peuple tibétain,corse,ou moldo-angolais ?
à XXXXXXXX
De Abdelkrim Bourguignon
Bras Gauche de Jeanne Calmant | 22H59 | 13/03/2008 |
»…Je ne vois pas ce que l'autodétermination des peuples vient voir là dedans ? »
Respectons la liberté de chacun. Si un jour j'ai une maladie comme ça, je ne veux pas que quelqu'un décide à ma place.
« Tu prônes l'euthanasie pour le peuple tibétain,corse,ou moldo-angolais ? »
Euh, nan.
à Abdelkrim Bourguignon
De Pierrrrre
20H49 | 14/03/2008 |
»…Tu veux dire une morale « crétine »…. »
==> on devine que tu es trés au Coran des problèmes de morale religieuse.
à quetzal2012
De nada
04H07 | 14/03/2008 |
Ce qui me choque c'est qu'il faille qu'une loi autorise ou non les gens qui le demandent à se donner la mort. Comme si notre corps appartenait à la société ! Car c'est bien ça une loi ? une barrière de défence envers la société… Il me semble que sarko disait que le suicide était une maladie mentale, plus ou moins, j'abrège… alors seul les fous sont autorisés à se tuer et bon vent ! ? Ce qui me choque, c'est que partout dans le monde des gouvernements s'autorisent à massacrer à tour de bras des gens qui ne demandent qu'à vivre, ou que dans de grandes entreprises francaises les employés se suicident sans qu'en en haut lieu aucune loi ne soit écrite ou appliquée, pour lutter contre ce fléau !
Quel hypocrisie, quelle lâcheté, qu'est-ce qu'ils sont « cons » les gens qui nous gouvernent !
Je ne veux même pas parler d'amour, de compassion, d'humanité mais juste de liberté, la liberté de pouvoir partir dignement, quand il devient insupportable de vivre, en regardant fièrement devant soi, ne condamnant personne, n'accusant personne - la société- Aucune loi ne devrait se mettre en travers de ce choix personnel, justement parce que c'est intime et individuel et non commun à tous les hommes !
à quetzal2012
De ART MONIKA
08H22 | 14/03/2008 |
Le suicide n'est pas en France un acte illégal. Et cette personne pourrait aisément agir seule pour mettre fin à sa vie.
Cependant, elle ne veut pas se « suicider » car elle n'a pas choisi sa maladie ni sa mort. Elle veut simplement que quelqu'un l'aide à partir, elle souhaite mourir accompagnée.
Aux Pays-Bas, cette pratique est possible car inscrite dans la culture et encadrée par une Loi. Chez nous, le sujet suscite tout de suite de grands débats. L'article rapporte une hallucinante attaque contre les « soixante-huitards qui ne voudraient pas l'agonie »… Quelle aberration ! En clair, « tu enfanteras dans la douleur » et « tu mourras dans la douleur », c'est cela la philosophie ?
Pourquoi par ailleurs vouloir confier ce délicat sujet aux seuls médecins, obligés par le Serment d'Hippocrate à protéger la vie et à ne pas donner la mort ? C'est à la société entière de régler le problème.
à quetzal2012
De Squarepusher
looking for freedom... | 11H36 | 14/03/2008 |
Ce n'est pas si simple…son choix n'est pas simplement de mourir (dans ce cas elle aurait choisi le suicide) mais plutôt de demander à quelqu'un d'abréger ses souffrances…
Je trouve que c'est un peu plus compliqué que seulement réduire cela à une histoire de choix personnel, non ?
à quetzal2012
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 11H40 | 14/03/2008 |
@queztal2012,
la morale chrétienne a été sortie sur RTL :
http://romero2008.hautetfort.com/archive/2008/03/14/les-propos-indignes-…
et indigne JL Romero, qui demande le départ de Christine Boutin… mais cela ne semble pas émouvoir grand monde…
Fabien
http://menilmontant.noosblog.fr/
à FabiendeMénilmontant
De quetzal2012
enseignant précaire | 13H11 | 15/03/2008 |
merci très intéressant ! ! !
De bloozmarch
17H08 | 13/03/2008 |
Un cas particulier doit-il peser sur des principes, aussi dramatique soit-il, (voir la question des pédophiles récidivistes), un calvaire doit il fausser l » éthique d » une société civilisée, aussi insupportable puisse-t » il être, quand on voit les dérives totalitaires de tout un ensemble de régimes, de toutes obédiences, des plus libéraux aux plus religieux, des plus officiellement « de droite » aux plus officiellements « de gauche », la question est des plus douloureuses et des plus difficiles, surtout quand on a la double chance de pouvoir la poser, et de ne pas être partie prenante dans la douleur.
Mais, hélas pour ceux qui souffrent, les dérives potentielles qui menacent sont telles que le principe de précaution me paraît être, sur le plan de la société, le seul raisonnable, pour que dans le futur ce ne soit pas quelques cas dramatiques qui fassent la Une de nos journaux, mais de nombreux cas aussi dramatiques qui soient devenus la banalité oubliée de notre quotidien.
à bloozmarch
De z_ac
Escapé | 22H46 | 13/03/2008 |
Nous sommes tous(je l'espère) d'accord sur le fait que cette dame à le droit d'abréger ses souffrances d'une manière digne, mais au fond,
le débat porte plus sur l'adoption ou non d'une loi ayant trait à la légalisation de l'euthanasie ainsi que des conditions qui régiraient celle-ci.
Car, personnellement, je pense que les convictions religieuses n'ont pas à être invoquées pour justifier une quelconque opposition à cet acte. Tout être humain digne d'en mériter le nom ne peut qu'être d'accord sur le fait qu'un(e) de ses semblables dispose de la liberté de décider de son propre sort, dans des conditions aussi dramatiques que celle-ci bien entendu.
Le problème aujourd'hui se situerai plutôt sur le plan législatif que sur le plan éthique.
Cela n'engage que moi cependant.
à z_ac
De Pierre973
désanusseur de porcs | 01H44 | 14/03/2008 |
Bien vu ! Le problème c'est que notre Ministre de la Justice place le débat sur le plan de l'éthique, se refusant à envisager des injections létales qui sont contraires à notre droit.
La question qu'elle ne se pose pas, cette pauvre Ministre, c'est de savoir ce que le droit actuel propose aux personnes qui sont dans la situation de cette femme : mourir à petit feu dans des souffrances terribles liées à l'arrêt de tout traitement voire de toute alimentation. Cette situation est sordide.
Et l'éthique de notre droit ne peut-elle évoluer que pour dépénaliser les délits d'argent de nos patrons ? ? ? On vit vraiment des moments formidables ! ! !
D'autres pays ont su encadrer intelligemment cette euthanasie, de façon à éviter toute dérive. Un peu de volonté politique suffirait à prendre en compte ces quelques cas dramatiques et à éviter tant de souffrances pour ces femmes, ces hommes et leurs familles.
La rigidité intellectuelle ( ? ? ? ) de Mme Dati et des bien-pensants en la matière est une véritable insulte à la condition humaine.
à Pierre973
De z_ac
Escapé | 19H58 | 14/03/2008 |
Peut-être que notre gouvernement préfère éviter de « rompre » avec la bonne pensée qui caractérise ses électeurs.
La loi existe et est appliquée avec raison et humanité ailleurs, alors pourquoi la France serait-elle la seule à lui faire bloc, alors qu'elle se prévaut d'être le pays des droits de l'Homme.
Le débat doit enfin pouvoir trouver une issue.
En espérant qu'elle soit favorable à Chantal ainsi qu'à toutes les autres victimes de cette injustice.
De andelle
17H12 | 13/03/2008 |
Dans la mesure où la personne concernée a clairement exprimé son désir de terminer sa vie à plusieurs reprises et que la médecine ne peut plus rien pour la guérir, on ne voit pas au nom de quoi cela lui serait interdit. On ne voit pas au nom de quoi on lui imposerait cette torture.
Les pays voisins l'autorisent, pourquoi pas la France.
Dans la pratique, il arrive qu'on abrège les souffrance des malades discrètement ; ce serait tout de même mieux qu'il y ait une loi explicite au lieu de continuer dans cette hypocrisie.
De Eric citoyen
"Casse ta tv" c'est ta seule chance... | 17H15 | 13/03/2008 |
Bonjour à toutes et tous,
Que voulez vous ?
Fumer tue… c'est écrit sur les paquets de cigarettes…
Boire tue… c'est sur les bouteilles d'alcool…
L'hypocrisie règne en maitre dans notre société.
On peut donc se tuer à petit feu, par contre le droit de mourir dignement reste encore un crime passible des assises ?
C'est profondément abjecte… comme des tas d'autres choses !
Et ce n'est pas prêt de changer.
Reprenons le pouvoir.
Eric Citoyen en campagne
http://monmulhouse.canalblog.com/
à Eric citoyen
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 20H33 | 13/03/2008 |
Merci de rappeler l'hypocrisie de notre société Eric.
La seule chose que propose sarko c'est
- la visite d'un spécialiste, faut croire que les toubibs qui l'ont vu jusqu'ici ne sont pas compétents.
- la mise sous coma
Bravo la France ! Les pauvres n'ont pas d'argent pour se soigner et on trouvera des soins, des lits, pour ceux qui veulent en finir. Et on nous dit que la sécu est dans le rouge ?
- demande en toute conscience
- incurable
- grande souffrance
- 52 ans
Et on lui dit qu'elle ne rentre dans aucun critère de la loi ?
A tous ceux qui, au nom de l'église ou autre, veulent abandonner cette femme à cette souffrance dégradante, on ne vous remercie pas pour votre générosité et votre compassion.
à Les Chats
De Lole
10H48 | 14/03/2008 |
à Les Chats :
je n'avais pas fais gaffe que Sarko proposait la mise sous coma : c'est pas forcément idiot : j'ai entendu que dans les cas de longs comas, on pouvait cesser les soins palliatifs …
De el loco
éducateur spécialisé | 18H01 | 13/03/2008 |
c'est assez hallucinant ce que doit vivre cette dame actuellement
elle doit entendre des horreurs sur son compte ainsi Mme BOUTIN déclarais ce matin (en gros ) que ce n'était qu'un préjudice esthétique ! ! cela me laisse sans voie
l'élysé répond aujourd'hui (alors qu'elle as reçu le courrier de cette dame il y a déjà un moment) qu'elle doit faire l'objet d'une expertise scientifique pour savoir si on peu faire autres choses du point de vue médical comme si ses médecins n'avaient pas les compétences pour évaluer cela !
vraiment de qui se moque t'on ? quand on voie le visage de cet dame on comprend sa demande et la société doit y répondre positivement
c'est son corps, sa vie , son désir (le seul truc c'est qu'elle ne veut pas faire le geste de se tuer elle même ) ! et on lui refuserais cela ? de quel droit ? la société peut elle disposer de la vie de quelqu'un ?
dans mon travail il m'arrive régulièrement d'intervenir sur une tentative de suicide et si l'on empêche la personne de mettre fin à ses jours c'est qu'il est encore possible qu'elle puisse vivre convenablement mais ici c'est différent cette dame que lui reste t'il à vivre ?
j'ai vu mon père agoniser d'un cancer pendant plusieurs mois : il a alterné les phases d'espoir et de doute jusqu'au moment ou il a demandé à mourir dignement ! le pneumologue l'as alors plongé dans le coma et l'on a attendu qu'il meurt pendant deux jours ! et pendant ces deux jours il s'est réveillé deux fois. sans comprendre pourquoi il était encore vivant. et pour nous ses enfants, sa femme quel calvaire ! pourquoi cette famille devrait vivre ce que trop de famille vivent encore ? au nom d'une morale judéo chrétienne qui entend respecter l'individu mais finis par nier celui ci ?
j'espère sincèrement que la justice l'aidera et l'autorisera son médecin à l'aider à mourir dignement