Elle dit vouloir mourir. Sur les photographies diffusées par les médias, une femme fragile pose. Défigurée par une tumeur, elle regarde l'objectif. Quelques centimètres de son visage ont été épargnés. Le reste n'est plus que boursouflure monstrueuse.
Chantal Sébire a 52 ans. Elle a déposé une requête auprès du président du tribunal de grande instance de Dijon pour pouvoir « terminer sa vie dans le respect de sa dignité ». Elle souffre trop et attend de la justice qu'elle autorise un médecin à lui administrer la dose médicamenteuse qui la soulagera définitivement.
Nicolas Sarkozy, destinataire d'un courrier douloureux, a raisonnablement confié à des médecins de hauts niveau le soin de vérifier si toutes les ressources de la médecines étaient épuisées.
Sur son blog, l'ex secrétaire national UMP, Jean-Luc Roméro raconte le combat de Chantal Sébire :
« En attendant, Chantal souffre de plus en plus. Alors que je l'ai vu vendredi dernier, j'ai été frappé hier par la violence de ses douleurs. Alors que j'ai tant envie d'arrêter bien des combats inutiles, et me replier sur ma petite vie sans intérêt, son combat, son humour, sa générosité me bouleversent et m'obligent à agir à ses côtés pour qu'elle obtienne enfin le soulagement.“Cette femme diffuse un amour incroyable et c'est pourquoi il faut lui obtenir ce geste d'amour qu'elle réclame. Pour elle. Pour les siens.”
Jean-Luc Roméro renvoit à la lecture de l'argumentaire de l'avocat Gilles Antonowicz.
Gilles Devers, également avocat, clarifie d'emblée le débat : “Mourir n'est pas un droit”. Si, pénalement, se suicider n'est pas répréhensible, aider quelqu'un à mourir est puni par la loi car considéré comme un assassinat. Reste la question des soins palliatifs :
“Le législateur a confirmé les pratiques par la loi du 22 avril 2005 dont on retrouve les termes dans le Code de la santé publique aux articles L 1111-10 et suivants.‘Cette loi reprend les principes les plus anciens de la déontologie médicale : le médecin ne peut pas provoquer directement la mort ; en revanche et face aux situations difficiles, il doit conserver une attitude thérapeutique, c'est-à-dire agir là où il peut être efficace ; et lorsque le traitement direct de la maladie devient inefficace, il s'oriente vers le relationnel et la prise en charge de la douleur.’
Maître Devers rappelle alors un cas antérieur à celui de Chantal Sébire, celui de Diane Pretty : ‘Celle-ci demandait également l'autorisation que soit pratiqué un geste euthanasique. La Cour européenne des droits de l'homme avait rejeté cette demande.’
La loi à laquelle se réfère l'avocat-blogueur est également évoquée par Ça dérange. Dans son post, il l'estime dépassée. Il republie pour l'occasion un précédent texte rédigé pendant la campagne présidentielle :
‘Le procès aux assises de la Dordogne d'un médecin et d'une infirmière qui ont aidé à mourir une malade du cancer en phase terminale fait ressurgir ce problème dans l'actualité.Il s'agit en l'occurence d'euthanasie active puisque le docteur Tramois et l'infirmière agissante Chantal Chanel ont provoqué la mort de la malade par une injection léthale.
La question réapparaît donc dans l'actualité de savoir si la loi Leonetti n'est pas déjà dépassée et si, sous certaines conditions très encadrées, l'euthanasie active ne devrait pas être dépénalisée.’
Le blogueur rappelle les positions des uns et des autres. Celle, prudente, de Nicolas Sarkozy, pour qui ‘la fin de vie devait peut être être considérée du point de vue de la souffrance et de ses limites, plutôt que du point de vue des principes.’ Celle du PS, qui envisageait une ‘loi sur l'assistance médicalisée pour mourir dans la dignité’ et celle de François Bayrou, qui considérait alors la loi Leonetti suffisante.
Le blogueur, plutôt défaitiste, conseille à Chantal Sébire de se rendre à l'étranger : ‘ Allez en Suisse, madame, nos politiques ne bougeront pas…’
Ne leur parlez pas d'‘eutha-nazi’. Sur le blog conservateur, Le bal des dégueulasses, estimant que les structures de soins palliatifs pratiquent suffisamment bien la bonne euthanasie”, le blogueur se fait tranchant :
“Personnellement, je suis opposé à l'euthanasie de manière encore plus brutale qu'à l'IVG. Ne vous méprenez pas sur ce que je vais dire. L'IVG c'est souvent une (jeune) mère en détresse qui ne sait pas ce qu'elle fait, d'où les regrets fréquents.‘En revanche, l'euthanasie est quelque chose de beaucoup plus dramatique. Posons-le directement : un hôpital où l'on tue n'est pas un hôpital où l'on peut soigner. Soigner, prendre soin, care’ et pas ‘cure'.’
Dans un paragraphe accusateur, il pointe un certain mois de mai :
‘Les soixante-huitards veulent un monde aseptisé, un monde sans entre deux, un monde sans part maudite. Sexualité sans grossesse (et son corollaire la grossesse sans sexualité) et quarante ans plus tard, mort sans agonie.Ce n'est pas tant la souffrance qui les dérange, encore moins l'énigmatique atteinte à la dignité (se faire piquer comme un chien mourrant, c'est étonant comme dignité, non ? ). Ce qui les dérange dans leur idéologie, c'est l'agonie.’
Le blogueur de Nouvelles de Ruritanie demeure perplexe face à cette demande émanant d'une personne ‘consciente’. Chantal Sébire est, écrit-il, emblématique d'une époque de déresponsabilisation :
‘L'Occident christianisé condamne et réprime le suicide à rebours des Anciens païens’ qui magnifiaient Caton et Socrate. Le suicide n'a pas bonne presse, c'est la fausse solution des dépressifs et des adolescents…‘Les pouvoirs publics s'inquiètent de son taux important en France et loin d'être compris comme une acte de liberté, le suicide est vu comme un échec et souvent depuis Durkheim comme une pathologie sociale.
Plutôt que de réfléchir à une véritable dépénalisation du suicide et surtout de son aide, les militants de l'euthanasie veulent mettre en demeure les médecins de tuer leurs patients. Fini la démarche individuelle, il nous faut un dispositif socialisé, euphémisé… la mort coocoonée. L'injection douce plutôt que la corde, le pistolet ou la mort au rat.’
L'avis de Samuel, moins polémique, correspond à une opinion courante sur l'euthanasie :
‘Légaliser l'euthanasie, c'est faire sauter une digue, et prendre le risque de se retrouver avec des comportements abominables. Imaginez, dans les maisons de retraite, la toute vieille, qu'en finit plus de vibrer, et qu'on attend qu'elle crève, vu que c'est elle qui a l'oseille’, qu'on pousse à ‘choisir’ de partir sereinement. Parce qu'elle gêne, parce que la maison de retraite, ça coûte cher, et qu'il ne va rien rester en héritage. C'est sordide, mais des situations comme celle-là sont bien plus fréquentes qu'on ne le pense.‘Il y a aussi ces malades, qui sont parfois touchés par des passages à vide où la souffrance donne envie d'en finir définitivement, et qui finalement, surmontent la maladie et guérissent. Si l'euthanasie est légale, et même si elle est encadrée strictement, il y aura des dérives.’
Il suggère également le suicide. Plus simple et moins politique.
Entre la mort de Lazare Ponticelli, dernier poilu et cette demande d'euthanasie, pour Riton de Cannes, c'est la grande confusion, les curieux parallèles :
‘La juste mort demandée et cette vie terrible accordée. Je ne peux m'empêcher de me souvenir de mon grand-père qui me racontait sa guerre, toutes ses années passées, perdues, sa jeunesse volée, ses souffrances.Verdun, le chemin des Dames, il ne reste que sa médaille militaire, pieusement conservée, un numéro matricule et une vie gâchée. Et cette femme qui demande, qui supplie qu'on abrège ses souffrances, qu'on lui ôte cette vie qui n'en est plus une.
Qui sommes nous pour juger ? A-t-on demandé à tous ces hommes qu'on a envoyé à l'abattoir s'ils acceptaient cette sentence, s'ils étaient d'accord avec cette même loi qui les envoyait se faire tuer ? Des millions sont partis dans une certaine indifférence et une seule veut s'en aller que les passions sont déchaînées.’
Il appelle à respecter sa dernière liberté.




















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De el loco
éducateur spécialisé | 18H01 | 13/03/2008 |
c'est assez hallucinant ce que doit vivre cette dame actuellement
elle doit entendre des horreurs sur son compte ainsi Mme BOUTIN déclarais ce matin (en gros ) que ce n'était qu'un préjudice esthétique ! ! cela me laisse sans voie
l'élysé répond aujourd'hui (alors qu'elle as reçu le courrier de cette dame il y a déjà un moment) qu'elle doit faire l'objet d'une expertise scientifique pour savoir si on peu faire autres choses du point de vue médical comme si ses médecins n'avaient pas les compétences pour évaluer cela !
vraiment de qui se moque t'on ? quand on voie le visage de cet dame on comprend sa demande et la société doit y répondre positivement
c'est son corps, sa vie , son désir (le seul truc c'est qu'elle ne veut pas faire le geste de se tuer elle même ) ! et on lui refuserais cela ? de quel droit ? la société peut elle disposer de la vie de quelqu'un ?
dans mon travail il m'arrive régulièrement d'intervenir sur une tentative de suicide et si l'on empêche la personne de mettre fin à ses jours c'est qu'il est encore possible qu'elle puisse vivre convenablement mais ici c'est différent cette dame que lui reste t'il à vivre ?
j'ai vu mon père agoniser d'un cancer pendant plusieurs mois : il a alterné les phases d'espoir et de doute jusqu'au moment ou il a demandé à mourir dignement ! le pneumologue l'as alors plongé dans le coma et l'on a attendu qu'il meurt pendant deux jours ! et pendant ces deux jours il s'est réveillé deux fois. sans comprendre pourquoi il était encore vivant. et pour nous ses enfants, sa femme quel calvaire ! pourquoi cette famille devrait vivre ce que trop de famille vivent encore ? au nom d'une morale judéo chrétienne qui entend respecter l'individu mais finis par nier celui ci ?
j'espère sincèrement que la justice l'aidera et l'autorisera son médecin à l'aider à mourir dignement
De jimmyb
17H57 | 13/03/2008 |
J'avais un oncle que j'ai beaucoup aimé, à 57 ans, il a commencé à souffrir de la maladie d'Alzeimer, puis de Parkinson. Au bout de cinq longues années, il se faisait changer ses couches, il fallait lui donner à manger, tout doucement, de même pour boire car il faisait des fausses routes, il souffrait horriblement d'escarres car il ne pouvait plus se déplacer. Plusieurs fois il s'est trouvé en attaque cérébrale, et plusieurs fois un « médecin » l'a ranimé in extrémis. La nuit il hurlait parfois la seule phrase qu'il répétait inlassablement depuis des mois : « Je veux mourir, laisser moi mourir », il ne disait plus que cela, son esprit s'était focalisé sur la dernière chose importante, sans doute les derniers temps n'avait-il même plus conscience de ce qu'il disait. J'ai vu mon oncle pleurer la première fois que l'aide médicale l'ac changé et lavé. Je l'ai vu pleuré après chacune de ces attaques cérébrales lorsqu'il rouvrait les yeux sur le fait qu'il était toujours en vie. 5 ans de calvaire ininterrompu, pour un homme qui ne se reconnaissait plus dans une glace, mais que la douleur tordait dans son lit. Et il n'est pas mort seul, ma tante est morte d'épuisement en le soignant malgré l'aide que nous avons essayé de lui apporter, son cœur était trop fatigué. J'avoue que plusieurs fois, j'aurais voulu prendre son oreiller et le maintenir sur son visage afin de le soulager enfin. La, même une loi ne lui aurait pas permis de mourir, car il n'avait plus toute sa tête, et pourtant, n'aurait-il pas mérité qu'on le soulage de ce corps qui n'était plus qu'une douleur le condamnant à vivre ? Quelle faute avait-il commis pour être ainsi condamné à souffrir 5 longues années, au nom de quoi, pour quelle raison devait-il souffrir ?
De Servais-Jean 4591
HS | 18H22 | 13/03/2008 |
Entendu sur France-Info ou Inter cet aprés-midi ;
Christine Boutin s'est déclarée contre l'euthanasie de Chantal Sébire en arguant du fait que ce n'est pas sur des critères esthétiques que l'on peut demander la mort.
Deux médecins ont réagit trés violemment à ces propos.
De Mirzar
/ Genève | 18H46 | 13/03/2008 |
Pour une vision précise de la situation en Suisse :
1. le texte de la disposition pertinente du code pénal :
http://www.admin.ch/ch/f/rs/311_0/a115.html
2. les explications du département de Justice et police à ce sujet :
http://tinyurl.com/34mvm5
Bonne lecture
De le corvidé
En mission expiatoire | 20H36 | 13/03/2008 |
Merci,
Enfin du bon sens.
Cette inflation legislative est vraiment navrante. Nous en sommes rendu a un tel degré d'assistanat que c'en est désespérant.
A chaque problème = une loi. Etant donné que le nombre de problèmes est infini, on n'ose même pas imaginer la suite…
Avant, on laissait mourir et on aidait un petit peu à mourir. Cela se faisait en accord avec la famille (si cette dernière n'était pas d'accord, le médecin pouvait être accusé de meurtre - ce qui est grave. Donc le médecin pesait son geste et ne faisait pas n'importe quoi CQFD)
De alaixih
21H07 | 13/03/2008 |
La question est à t'on de droit de laisser quelqu'un souffrir le martyre au simple motif qu'on ne doit pas aider quelqu'un à mourir tout court ?
A quoi sert cette douleur ?
A rien.
Personnellement en tant qu'être humain je trouve qu'alors que quelqu'un a une maladie mortelle a court terme et souffre de douleurs intenses qui ne peuvent être atténuées d'aucune manière sauf la mise dans un coma artificiel suivi de la mort au bout d'une semaine ( belle hypocrisie ),ne pas accepter de l'aider à mourir est insupportable…
A tous ceux qui me disent que l'euthanasie c'est mal il est vrai que le suicide est beaucoup plus esthétique, une petite pendaison, un coup de fusil dans la tête c'est vrai c'est bien mieux…. C'est rapide à défaut d'être très propre…
Cette personne demande qu'on l'aide à mourir dignement. Je trouve cette demande légitime… Le reste n'est que jugement moral… Mais ceux qui jugent ces gens qui demandent la mort ont ils vraiment connu la douleur qu'aucun médicament n'atténue ? ? ?
Je ne crois pas. D'ailleurs je pense qu'ils ne sont pas capables de la moindre compassion.
Permettre à ces gens de finir dignement est un signe d'humanité. Trop de souffrances est inhumain.
Cette personne va mourir tout le monde le sait.
Elle accueillera la mort avec soulagement c'est certain.
La vie est sacrée mais pas à n'importe quelle prix. La douleur extrême et sans recours est un prix que certains peuvent ne pas accepter de payer… Je respecte ce choix.
Je pense qu'il est temps que la loi change.
Par ailleurs certains ne peuvent avec toute la bonne volonté du monde se suicider car ils n'en ont pas les moyens physiques. Ceux qui parlent de la possibilité de se suicider n'envisagent pas ce type de cas.
Et puis pour les médecins chacun fera selon sa conscience… Rien d'obligatoire….
De peace_and_love
20H45 | 13/03/2008 |
trop de souffrance n'est PAS inhumain, malheureusement, cela fait FONDAMENTALEMENT partie de notre condition humaine…Même si c'est trise,c'est comme ça… c'est comme la méchanceté,où a-t-on vu que « tout le monde il est beau tout le monde il est gentil » ? ? ? vous croyez vraiment que c'est comme ca dans la réalité ? Les hommes souffrent aussi, un point c'est tou. Ce n'est pas manquer de compassion que de le dire, par contre c'est manquer de jugeote de dire que ceux qui sont contre l'euthanasie ont un coeur de pierre…Ma grand mère aussi souffre d'alzheimer, c'etait une personne xtrmt fière et maintenanrt on liu change ses couches et elle a oublié que son mari était mort…C'est très douleureux pour tout le monde dans la famille mais ce n'est pas pour cela que je préfererais la voir mourir !
c'est en qq sorte comparable avec la chirurgie esthétique…IL ne fait pas être laid, on a plus le « droit » d'être laid…En gros tout ce qui est négatif chez l'homme, on commence de plus en plus à vouloir le bannir
je pense que ce serait affreusement dangereux que la loi change…
De Bebert Cassandre
22H20 | 13/03/2008 |
La société ne peut résoudre ce problème. Pas un législateur ne pourrait légaliser l'euthanasie… Et c'est une bonne chose…Légaliser l'euthanasie serait une catastrophe. Maintenant il y a des cas particuliers, des cas douloureux, et chacun ici tentera d'y apporter sa solution… ça fait vivre le débat mais ça ne le fait pas avancer. A situation exceptionnelle, choix exceptionnel ! Chacun doit prendre ses responsabilité. La justice sait se montrer bonne fille dans ces cas extrêmes, acceptons en le principe. Pourquoi toujours demander à la société de faire (l'assassinat assisté) ce que nous réprouvons de faire nous même. Par confort ? Par peur des conséquences ? Chaque jours des médecins soulagent leurs patients d'un futur inutile. Sans tapage, sans publicité, juste par humanité… Et c'est bien ainsi.
De Nonoche
11H43 | 14/03/2008 |
tiens, paf, je me réponds à moi-même, histoire d'avoir une conversation passionnante avec un interlocuteur de qualité ; ¬)
S'il y a une chose que le cas Sébire éclaire concernant l'euthanasie, c'est la nuance profonde qui existe entre le désir de mourir et le besoin de mourir. Mme Sébire peut mettre d'elle-même fin à ses jours, mais pour une raison ou pour une autre, elle ne le fait pas et préfère avoir recours à l'etat et aux médecins. De toute évidence, sa requête ne peut lui être accordée en aucun cas : si elle-même, la première intéressée, ne peut porter le poids d'un tel acte, au nom de quoi une autre personne le devrait-elle ? Si elle ne s'en sent pas capable elle-même, n'est-ce pas qu'il y a en elle quelque chose de plus impérieux que la souffrance qu'elle endure ?
Et arrivé à ce constat, comment décider du cas de quelqu'un qui ne peut pas se supprimer, mais qui fait tout autant appel à l'aide de l'etat et des médecins ? Si la personne avait eu la capacité physique de se supprimer, comment savoir si elle aurait été au bout de l'acte, et non juste se contenter de l'appeler de ses vœux ?
C'est bien simple : on ne peut pas savoir. A tous les étages, la question n'a aucune réponse.
De monika
ex secrétaire médicale | 12H54 | 15/03/2008 |
à Clarence
Le frère de mon mari a eu une maladie grave, au début de sa maladie il avait l'espoir de guérir et il luttait contre cette saloperie de maladie, cela a duré deux ans environ et puis son état s'est dégradé de jour en jour, nous lui rendions souvent visite et un jour je lui ai demandé comment il allait, il m'a dit : cela ira mieux dans 6 mois, il avait dû demander à son médecin le temps qu'il lui restait à vivre. Et oui il voulait partir, ne voulait plus vivre dans de telles conditions avec ses douleurs, ses anxiolitiques, sa morphine etc.. sachant qu'il n'y avait plus d'espoir de guérison. 6 mois après il allait mieux puisqu'il nous a quitté. Je pense que vous faîtes l'amalgame entre les personnes chez qui ont a découvert une grave maladie avec peut être espoir de guérison et qui luttent (comme vous le savez la maladie peut perdurer plusieurs années) et les personnes arrivant en fin de vie. Il ne faut pas tout mélanger.
Si la loi autorisant l'euthanasie est adoptée, toute personne se sachant en fin de vie et vivant dans d'atroces douleurs aura le droit de partir décemment mais on ne va pas euthanasier toute personne atteinte d'une maladie grave et qui même arrivant en fin de vie ne demandera pas à être euthanasiée. C'est une affaire personnelle : ou vous luttez jusqu'au jour de votre mort ou vous désirez partir avant et dignement.
De plus je ne pense pas que l'on puisse jouir encore des joies familiales lorsque vous êtes cloué au lit avec vos douleurs et en état de léthargie avec la morphine. J'ai malheureusement vécu cela avec mon amie. Elle se forçait à sourire pour certains évènements heureux (anniversaire de ses enfants et de son époux) mais je voyais bien dans ses yeux tristes qu'elle « trichait ». Certainement la peur de ne plus fêter l'anniversaire des siens.
Je suis pour l'adoption de cette loi autorisant l'euthanasie. Laissons le choix aux personnes en fin de vie de choisir librement leur départ s'ils le désirent ou de résister jusqu'au bout.
De Guillaume74
annecy | 10H58 | 16/03/2008 |
La question de l'euthanasie est très controversée et très problématique, tout le monde le sait.
Ce qui rend certains sujets problématiques, c'est que plusieurs domaines sont au coeur. Je m'explique, pour ce qui est du cas de l'euthanasie, le problème c'est que la sociologie, la politique, … s'en mêlent.
Dans l'article, Samuel dit « Si l'euthanasie est légale, et même si elle est encadrée strictement, il y aura des dérives. » On ne peut pas parler de légalisation je pense, de toute manière « l'euthanasie n'est pas légalisable » (Faut-il légaliser l'euthanasie ? de Hautecouverture), mais plutot d'assouplissement de la loi. De plus, dans son analyse, Samuel fait une erreur, car il ne peut pas y avoir tant de dérives que ça. Si vous parvenez à me démontrer que Chantal Sébire peut s'en sortir, je m'opposerai à son euthanasie, cependant, il s'agit d'une maladie incurable et dégénérative… Après un diagnostic de PLUSIEURS médecins, si le verdict est défavorable, et que le patient désire en finir, pourquoi attendre ? Ne répète-t-on pas assez que l'Homme est libre ?
Il s'agit vraiment de dernier recourt, (de nécessité ? ). Je pense que le patient qui ne peut pas s'en sortir, et qui cotoit la mort, du moins la limite quotidiennement a le sens des priorités. Nous pouvons lui faire confiance, s'il veut en finir, c'est qu'il le doit. Je ne dis pas qu'il faut légaliser l'euthanasie, juste accorder un peut plus d'importance à la morale, et moins peut etre à la politique… Le désir de vivre est le désir le plus fort, non ? Si une personne désire mourir plutot que de vivre, mais désire vraiment, ou plutot qui a besoin (le terme de désir est peut etre trop connoté…) il ne faut pas que ce soit passager, il faut que ça s'établisse dans le temps (ce qui est un problème lorsque l'on souffre), elle ne peut pas avoir tort. Essayez d'imaginez l'état d'esprit de quelqu'un qui désire davantage mourir plutot que vivre…