tribune

Avis de guerre froide sur un confetti de l'Europe, le Kosovo

Tout remonte à la fin du deuxième mandat de Bill Clinton, homme de paix qui, comme son prédécesseur Jimmy Carter, se vantait de ne pas avoir fait tuer un seul Américain dans des guerres inutiles. En 1995, alors que les massacres se poursuivent dans ce qu'il reste de la Yougoslavie, le sous-secrétaire d'Etat américain aux affaires bosniaques, Richard Holbrooke réussit, après une semaine de dures négociations, à faire signer à Dayton, dans l'Ohio, entre les présidents serbe (Slobodan Milosevic), bosniaque (Alija Izetbegovic) et croate (Franjo Tudjman) un accord qui met fin à trois ans de guerre, dont un sanglant siège de Sarajevo par des Serbes de Bosnie.

Un accord qui contrarie beaucoup la secrétaire d'Etat américaine, Madeleine Albright, d'origine tchèque, dont le père, ancien diplomate réfugié aux Etats-Unis, enseigne à l'Université du Colorado. (Condoleeza Rice, l'actuelle secrétaire d'Etat de George W. Bush, comptera parmi ses élèves). Madeleine Albright a été élevée dans la haine des « Rouges » et de tout ce qui rappelle, de près ou de loin, le communisme de son enfance. Elle considère la paix de Dayton comme un symbole de « l'Esprit de Munich » et un mauvais coup de Richard Holbrooke qui désapprouve sa diplomatie à la hussarde, et ambitionne de lui succéder à la tête du département d'Etat. Elle est surtout décidée à chasser celui qu'elle stigmatise comme « le dernier dictateur communiste d'Europe », Slobodan Milosevic.

« La guerre de Madeleine »

Pendant ce temps, l'atmosphère se fait étrange à Washington : malgré une prospérité économique qui ne se dément pas depuis neuf ans, la bataille au congrès pour la destitution de Bill Clinton fait rage. L'« Affaire Monica » défraye la chronique : non seulement le président a commis l'adultère avec une jeune stagiaire délurée, à la Maison Blanche de surcroît, mais encore, il a commencé par nier devant les juges ce délit épouvantable. Tandis que la presse rapporte en détails volontiers obscènes cette affaire privée, et que la pudique, puritaine et hypocrite Amérique se scandalise, un formidable éclat de rire parcourt la planète, mettant à mal la personne, quasi sacrée aux yeux de ses compatriotes, du président américain.

Bill Clinton a toujours dérangé l'Amérique conservatrice : un président, pur produit des années 1970, beau gosse, bon vivant, soucieux de justice sociale et très au fait des affaires du monde. Une méfiance qui se mue en haine féroce et qui se traduira par un raz de marée républicain aux élections de 1996, ce qui n'empêchera pas Clinton d'être confortablement réélu. Mais une haine qui touchera aussi sa femme, Hillary, qui déclare que l'affaire Monica a été mise en scène par l'extrême-droite pour décrédibiliser son mari.

A la recherche d'une revanche pour prouver que les Etats-Unis restent, malgré les turpitudes du président, maîtres de la paix et de la guerre, les conservateurs font bientôt de Saddam Hussein leur ennemi préféré. Ils reprochent à George Bush senior de ne pas avoir fini le travail en allant faire Saddam prisonnier à Bagdad lors de la « Tempête du désert » de 1991. Le président irakien multiplie les provocations et les premiers bombardements américains ne calment pas ses ardeurs. Le reste aura lieu sous le magistère de George W. Bush. On connaît la suite.

Pendant ce temps, Madeleine Albright poursuit son dessein qui est d'élargir les frontières de l'OTAN jusqu'aux frontières d'une Russie qui paraît en déliquescence. Elle va rendre visite aux troupes américaines de Bosnie en gilet pare-balles , multiplie les discours menaçants et se prépare pour ce que le Time appellera « la guerre de Madeleine ».

Un patron très photogénique pour l'UCK

En 1997, Slobodan Milosévic est élu président de la Serbie-Kosovo, et devient, pour ses compatriotes, le héros capable de garder l'intégrité du territoire historique. La guérilla kosovare s'est mise en place : financée par la diaspora kosovare et un puissant lobby à Washington, armée et entrainée par des spécialistes américains, elle entreprend de harceler une armée serbe, beaucoup mieux armée et forte d'une vieille tradition. Le « patron » de l'UCK est un jeune homme avantageux, Hachim Taçi, très photogénique dans son uniforme noir de guerillero. A ses côtés, un écrivain lucide et modéré, Ibrahim Rugova, qui sera élu président du Kosovo en 1992, mais, très affaibli par un cancer, mourra en 2006.

En octobre 1998, l'OTAN menace de bombarder les forces serbes si elles ne se retirent pas du Kosovo. Les Serbes font semblant d'obtempérer et les bombardements sont remis sine die, à la colère de Madeleine Albright

Les violences continuent et une nouvelle réunion est organisée à Rambouillet entre les représentants serbes, kosovars et l'OTAN. « Madeleine » arrive avec une imposante délégation et coiffée d'un chapeau de cow-boy. Elle fait un véritable numéro d'intimidation, traitant les Serbes avec grossièreté et cajolant les Kosovars. L'OTAN propose au président serbe d'envoyer pour trois ans 28 000 hommes au Kosovo. Milosevic accepte à condition que la force en question dépende de l'ONU et non de l'OTAN, et refuse qu'un référendum sur l'indépendance ait lieu au Kosovo plus tard. Les Anglais et les Français sont du même avis pour ce qui concerne le rôle de l'ONU, les Russes proposent leurs bons offices, mais les Américains écartent toutes ces hypothèses. La négociation s'enlise pendant plusieurs semaines, tandis que les alliés européens des Etats-Unis refusent de faire porter le chapeau de la crise aux seuls Serbes.

Madeleine Albright retourne à Washington furieuse et finit par extorquer à un Bill Clinton, démoralisé par les attaques dont il est l'objet, l'ordre de faire bombarder la Serbie pendant « deux ou trois jours » par des attaques très ciblées, « chirurgicales », seule façon, selon elle, de faire plier Milosevic et de redonner au président américain sa stature de dirigeant mondial.

Des frappes pas tellement « chirurgicales »

Les « frappes » selon la nouvelle terminologie, commencent le 24 mars 1999 et dureront onze semaines. Elles s'interrompront le 10 juin sur l'ordre express de Bill Clinton et contre l'avis de l'OTAN. Les infrastructures de la Serbie, du Kosovo et du Monténégro sont en ruines. Plusieurs milliers de Serbes et de Kosovars ont été tués. Des milliers de réfugiés ont fui les bombardements sur les routes, sous les caméras complaisantes de centaines de journalistes plus ou moins expérimentés, utilisant les services d'interprètes d'occasion.

Le résultat : une opinion occidentale persuadée que les réfugiés kosovars ont été victimes des seules horribles exactions de l'armée serbe. Laquelle armée, soigneusement camouflée, sortira triomphalement, pratiquement intacte du Kosovo, les trois doigts de la foi orthodoxe brandis en signe de victoire. Les citoyens serbes n'ont rien compris à la « correction » que les Américains et leurs alliés ont voulu leur infliger.

L'hebdomadaire britannique « The Economist » titre « Guerre ratée, paix ratée » et souligne « l'immoralité » du bilan provisoire de la « victoire » : 6 000 militaires , 2 000 civils serbes, plusieurs dizaines de milliers de Kosovars tués. Pertes alliées : aucune. C'est le triomphe de la guerre « à zéro morts » à l'américaine.

Aux Etats-Unis, les bombardements sur l'ex-Yougoslavie sont accueillis comme une juste croisade des démocraties contre un tyran sanguinaire. Quelques éditorialistes mieux informés font pourtant valoir qu'il s'agit d'un morceau d'Europe de très vieille culture, de populations dures à cuire, au passé séculaire de combattants irréductibles. D'ailleurs, les Allemands sont-ils jamais venus à bout de l'armée de Tito ? La machine à désinformer à fonctionné à plein à Bruxelles : chaque jour, le porte-parole de l'OTAN y a détaillé, devant un parterre de journalistes béats, l'excellence technique et le bien-fondé des raids menés essentiellement par des appareils américains et anglais, quelques français et italiens jouant les comparses.

Des « charniers » fournissent bientôt la justification des « bavures » trop criantes qui font l'actualité : les bombardements de convois de réfugiés kosovars, l'écrasement d'un train de voyageurs serbes sur un pont, la démolition de plusieurs autobus transportant des civils kosovars au marché, les vingt morts de l'immeuble de la télévision de Belgrade et, moins sanglant, mais diplomatiquement coûteux, le bombardement de l'ambassade de Chine à Belgrade et ses trois morts.

Un nouveau-né dans le besoin

Poursuivi par la vindicte américaine, Milosevic sera arrêté à Belgrade et transferré au « Tribunal international pour l'ex-Yougoslavie » à La Haye dont les organisateurs rêvent de rééditer les procès de Nuremberg qui, après la seconde guerre mondiale, envoyèrent les principaux dignitaires nazis à la potence. Mais, faute de témoins sérieux, le TIPY se révèle une pantalonnade, même pas capable d'inculper son principal accusé qui assure sa propre défense et succombe en prison à sa vieille maladie de cœur.

Huit ans après la « guerre ratée » du Kosovo, un président ultra-conservateur et très ignorant des réalités politiques du monde, a succédé à Bill Clinton. Il est entouré de nostalgiques de la guerre froide, comme le vice-président Dick Cheney et le ministre de la défense, Ronald Rumsfeld. Tandis que la Russie de Vladimir Poutine se refait une santé grâce au gaz et au pétrole et entend reprendre sa place sur la scène internationale, des bruits de bottes se font entendre à Washington. Bruits un peu dérisoires quand l'armée américaine est piteusement embourbée en Irak et qu'une formidable crise économique et financière menace les foyers américains.

C'est ce moment que choisissent les activistes kosovars, sous la houlette du premier ministre, Hachim Taçi, pour promulguer unilatéralement l'indépendance de leur petit pays, au risque d'une crise internationale : la Serbie tonne, la Russie gronde, les Etats-Unis s'en félicitent un peu mollement, l'Europe approuve en ordre très dispersé (le premier Européen à envoyer sa lettre de félicitation sera l'ultra-président français, Nicolas Sarkozy), mais les pays aux minorités agissantes, se taisent : l'Espagne, la Slovénie, la Grèce, la Slovaquie, la Roumanie, etc.

Sottement, le très pro-américain représentant de l'Union européenne, Javier Solana, menace la Serbie de se voir fermer les portes de l'UE si elle s'obstine dans son refus de l'indépendance du Kosovo. Auquel cas, bien sûr, il ne restera plus à Belgrade qu'à se tourner vers le pays-frère, la Russie ! Dans ce dangereux tohu-bohu, personne ne parle du principal problème du nouvel Etat : sans ressources naturelles immédiatement utilisables, sans cadres techniques ni politiques, menacé par la sécession possible de sa minorité serbe, qui nourrira le nouveau-né ?

11 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

  • Téléchargez votre photo sur votre page perso. Elle apparaitra à côté de vos réactions.
  • Merci de respecter la charte des commentaires, sans quoi nous nous réservons le droit de supprimer votre réaction.
  • Les commentaires sont fermés après quatre jours.
Portrait de Infovite

De Infovite

Plébéien. | 12H14 | 12/03/2008 | Permalien

Un confetti et l'Europe est à la… « fête » !
http://info-espress.over-blog.com/

Portrait de Numerosix

De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 12H31 | 12/03/2008 | Permalien

qui nourrira le nouveau-né ?

Les trafics en tous genre ..

Portrait de perverpepere

De perverpepere

13H37 | 12/03/2008 | Permalien

« Mais une haine qui touchera aussi sa femme, Hillary, qui déclare que l'affaire Monica a été mise en scène par l'extrême-droite pour décrédibiliser son mari.“beurk ! la bete immonde a encore frappe ! On note un faible certain pour l'ex premiere dame devenue candidate a la candidature.

‘financée par la diaspora kosovare et un puissant lobby à Washington, armée et entrainée par des spécialistes américains, elle entreprend de harceler une armée serbe, beaucoup mieux armée et forte d'une vieille tradition.Le patron’ de l'UCK est un jeune homme avantageux, Hachim Taçi, très photogénique dans son uniforme noir de guerillero”.Une facon de mettre le bordel dans les Balkans par le gouvernement US pourrait-on dire aussi.
Apres avoir soutenu les islamistes en Afghanistan dans les annees 80 contre l'Urss,les US ont fait exactement pareil dans ce coin de l'Europe avec les combatants Albanais/Kosovars musulmans.
Il y a manifestation collusion complete,au moins dans ce dernier cas entre des forces de confession musulmanes et les US.Dans quel but et jusqu'ou ?

Portrait de cooper59

à perverpepere Portrait de perverpepere De cooper59

pour la decroissance ! | 23H27 | 12/03/2008 | Permalien

Que l'affaire Lewinsky soit teleguidée par des ultra conservateurs n'est plus mis en doute par personne , y compris chez les republicains ! Vous avez du rater des episodes .

Portrait de skitout

De skitout

15H43 | 12/03/2008 | Permalien

Lol.
Soyons réaliste, les jeux géopolitiques sont à la fois monnaie courante, et indispensables pour que les pays maintiennent à la fois leur sécurité et leur influence. Cela a un cout humain, un cout financier, mais dans ce bas monde cela est indispensable.
Passons sur votre simplification, diabolisation, ou votre présentation favorable des agissements de Milosevic…
Revenons sur l'indépendance du Kosovo. Quelles sont actuellement les menaces géopolitiques pour nous occidentaux ? … La Russie. Une parmi d'autre. Mais une particulièrement inquiétante car avec une force croissante. L'indépendance est surtout un moyen de faire chier la Russie et de lui porter un coup important.
Cela fait chier la Russie car aucun pays n'a plus de régions séparatiste qu'elle (Tchétchénie, ingouchie, Daguestan, Tartarstan… et même la Siberie… j'en passe et des meilleurs). Bref cela contribue à mettre le souk a l'intérieur, et on est tranquille à l'extérieur, l'inverse du bio de danone.
Mais cela fait surtout chier la Russie car l'indépendance du Kosovo, malgré son acharnement contre , montre que la Russie sucks. On s'en fou. Cela casse sont image internationale de puissance qui monte. Cela montre qu'on peut lui dire fuck facilement et qu'elle peut rien faire (elle pas dit son dernier mot quand meme >>> potentielle guerre du gaz pour punir les européens ou invasion de l'ossetie du sud … : elle a encore de la ressource). Bref c'est quand meme une fissure dans son image, qui met a mal sa crédibilité internationale.
Finalement, cette crédibilité, elle en a besoin auprès de ses alliés pour prouver qu'elle sert a quelque chose. Justement l'indépendance du Kosovo pour le contraire, et que la Russie est incapable d'assurer la défense de ces alliés… Alors que l'Ukraine est entre 2 eaux, que l'ouzbekistan zieute sur l'Otan, et que le reste de l'Asie central -bastion pro russe- regarde dangereusement vers la Chine, l'indépendance du Kosovo est un coup majeur, un putain d'uppercut qui va laisser des traces. Et le prix a payer -subvention au Kosovo (de toutes façon il en aurait eu), petite presence militaire (qui peut etre utile), et genouille du coté des pays européens avec des mouvements autonomistes sans danger enorme (surtout dans le cadre europeen)- est dérisoire par rapport à ce mouvement qui embarasse réellement la Russie, et qui par la defend nos intérets stratégiques (influence, sécurité, indépendance plus tout le tralala économique)

Met en version simplifié et partial, votre article est trés bien ; )

Désolé pour l'orthographe mais la j'ai vraiment la flemme…

Portrait de ex-riverain

De ex-riverain

x | 19H42 | 12/03/2008 | Permalien

excitation des nationalismes et épuration ethnique pendant ou apres les conflits, création d´Etats dont on se demande s´ils sont viables économiquement, et si cette création ne constitue pas une violation du droit international…on a bien fait mumuse avec les Balkans, ce qui ne justifie pas les fautes réelles des dirigeants et parfois aussi des populations de cette région.
au passage, que devient l´uranium appauvri balancé sur les « nazis serbes “ ?
et que faire de la république serbe de Bosnie, cet Etat posé comme une plaie sur le territoire bosniaque ?
qu´on ne demande pas trop de ces gens des remerciements ensuite. ce serait un peu indécent.

Portrait de cooper59

De cooper59

pour la decroissance ! | 22H33 | 12/03/2008 | Permalien

Mme Bernheim , votre article est tellement juste que je l'ai lu deux fois ! ce genre d'analyse est rare , non pas qu'il soit difficile d'enqueter sur le sujet , mais il va un peu a contre courant de tout ce que l'on peux voir sur les medias habituellement ! j'ai le meme mepris (le mot est trop fort ? ) pour Calamity Allbright qui est conseillere d'un des deux candidats democrates , il faut dire que Obama comme Clinton se sont entourés d'une sacrée bande de rapaces , je ne sais pas s'il faut les qualifier de vautours ou de faucons . Bravo donc !

Portrait de V comme vendetta

De V comme vendetta

Ecrivain | 00H11 | 13/03/2008 | Permalien

L'Histoire racontée aux enfants, ou comment dans 20 ans on éduquera nos chers têtes blondes… Le caté du futur synthétisé en quelque phrases : cet article est en son genre un chef d'œuvre.

Superman Clinton, l'inculte Bush, les affreux neo-cons, tout y met, même la bouffeuse de rouge…

Les américains ont accordé l'indépendance du Kosovo pour déstabiliser l'Europe, la Russie et la Chine : une pierre trois coup, splendid shot ! tous les pays d'Asie, même le Japon, pourtant l'un des plus homogènes, ont condamné cette indépendance. Les minorités du monde entier vont s'agiter et demander la leur : pourquoi eux, et pas nous ? Tel sera la nouvelle Torah : bordel général assuré, révolution orange à tous les étages, plus ou moins financée par d'autres pays voisins : regardez le Karabakh qui commence en Georgie…

L'indépendance du Kosovo, c'est l'avenir : création ex-nihilo d'États, de frontières, de peuples. Mafias, trafics en tout genre, manipulations généralisées, corruptions, idéologies, religions : le baril de poudre au cœur de l'Europe, et tout ça au nom de la démocratie : démocratie, que de crimes en ton nom !

Portrait de julesretor

De julesretor

01H45 | 13/03/2008 | Permalien

Excellent article ! !

Mais on oublie une chose : le peuple, les gens…
J'y suis allé, au Kosovo. Dans le nord, la partie serbe… et les gens y sont charmants, comme vous et moi. Et ils ont souffert, et ils souffrent encore. Toute cette géopolitique n'a rien à foutre des sentiments et de la vie du commun des mortels. C'est triste.
Tout cela pour une présence militaire US avancée dans les Balkans et la sécurité d'un pipeline (Burgas, Bulgarie, vers Vlora, Albanie). Le pétrole… (l'or noir à 110$ le baril aujourd'hui) comme en Afghanistan (pipeline du Kazakhstan vers l'océan indien), et comme en Irak (là c'est pour un contrôle direct du pétrole…). Mais le peuple ne compte pas face à cela.
On vient de créer un nouvel Israël (plutôt sa problématique) en Europe. Va falloir l'assumer, ainsi que les conséquences indirectes, et pour longtemps. L'histoire en mouvement (et en direct)…

Portrait de parousnik

De parousnik

04H35 | 13/03/2008 | Permalien

11 mars 2008 (LPAC) – Le commandant en chef du CentCom (commandement américain pour la zone Asie centrale/Asie du Sud-Ouest/Corne africaine), l'Amiral William Fallon a donné sa démission mardi et annoncé sa retraite anticipée. Cette démission arrive au moment où un ancien conseiller de Donald Rumsfeld au Pentagone, Thomas Barnett – auteur de plusieurs livres promouvant la guerre préventive au nom de la mondialisation - publie un article dans Esquire Magazine visant à faire tomber Fallon. Bien qu'écrit sur la base d'interviews avec l'Amiral, l'article l'accuse d'insubordination, notamment pour avoir manifesté ouvertement son opposition à la politique d'attaque contre l'Iran venant de la Maison Blanche.

Des sources américaines dans le milieu du renseignement ont confirmé que cette démission a été orchestrée afin d'éliminer une des entraves à la faction Cheney et à sa politique de guerre permanente dans le Golfe et au Proche-Orient. Pour eux, ce n'est pas un hasard si cette démission intervient à 5 jours du voyage du vice-président Cheney dans la région.Un officiel haut placé et aguerri par des dizaines d'années d'expérience en Asie du Sud-Ouest a expliqué que tous les points chauds du coin se ravivent en même temps. Le Liban est sur le point d'exploser à cause des provocations en série de la part des saoudiens et des américains, et qui visent en réalité la Syrie et l'Iran ; le conflit israélo-palestinien s'intensifie et l'on s'attend à une invasion générale de Gaza par Israël d'ici au printemps/début de l'été ; le regain du déploiement américain en Irak provoque de nombreuses attaques contre les troupes US dans les régions sunnites. Pour cette source, toutes ces crises participent à l'opération britannique de « chaos contrôlé » au niveau régional. Elles s'intègrent également dans la plan général de déstabilisation britannique visant simultanément l'Asie du Sud Ouest, l'Asie du Sud, l'Afrique et l'Amérique du Sud.

Portrait de V comme vendetta

à parousnik Portrait de parousnik De V comme vendetta

Ecrivain | 09H16 | 13/03/2008 | Permalien

Oui, parousnik, la démission de Fallon est un acte géopolitique majeur : on aimerait avoir en français des articles de fond sur ce sujet, au lieu de psychologie sur les états d'âme de Bayrou & Co.

Rue 89, au travail !

Mais, parousnik : « opération britannique de “chaos contrôlé” au niveau régional » : êtes vous sûr que l'idée vienne des anglais ?

Je connais la théorie américaine sous-jacente au « Surge », qui vient plus d'ailleurs aux théoriciens français de la guerre contre-insurectionnelle anti-coloniale, (une rumeur voudrait que Bush se serait fait projeté en petit comité « la Bataille d'Alger » avant le « Surge »), la fameuse « asymetric warfare » aussi théorisée par des officiers de l'APL : auriez vous des infos sur des théoriciens anglais ?

Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89

Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)

Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)

En savoir plus

Accrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.

123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque

Connectez-vous pour entrer votre code