La violence faite à un territoire dans la République
Le 9 mars 2008, près d'une centaine de maires de la Nièvre et de l'Yonne n'auront pas organisé les élections municipales. Ils ne boycottent pas le suffrage universel, car ils en savent le prix, mais ils ont épuisé les voies habituelles du dialogue républicain. Ces maires renvoient ainsi à l'Etat qui les ignore le soin d'organiser le scrutin. Ils n'acceptent pas la suppression d'une maternité innovante et reconnue, et l'affaiblissement programmé de l'hôpital de Clamecy.
La force et la gravité de cet acte digne et symbolique n'échappe à personne, sauf peut-être à ses véritables destinataires, à un pouvoir lointain, indifférent, sourd aux vies quotidiennes, aux risques évidents, aux souffrances sociales. C'est un cri d'une France bien vivante, celle-là qui encaisse sans broncher les écoles qui ferment, les services publics qui s'éloignent et le mépris des bureaucraties dominantes. Ce dimanche, la coupe est pleine. Alors que la France rurale se repeuple, le désert médical s'installe ; il remet en cause les efforts de développement, la sécurité des personnes et provoque l'angoisse des plus anciens.
Les maires de ces villes et de ces villages, responsables et légalistes, se dévouent sans limites. Les praticiens des hôpitaux de proximité sauvent des vies sans gloire ni lauriers. La parole des uns et des autres doit être entendue. Elle est légitime et vraie.
A l'autre bout, le silence est assourdissant. Ministre de la santé en partance, cabinet en vacances, agence régionale d'hospitalisation impuissante. Demain, ailleurs, dans cent petites villes, des blocs de chirurgie, des maternités, des services d'urgence seront fermés, avec la même brutalité et aussi peu de débat. Comme à Clamecy, des solutions alternatives, sûres et peu coûteuses, seront évacuées d'un revers de main. Au Parlement, avec bien d'autres de tous horizons, je défends depuis des mois pour les hôpitaux de proximité le principe d'une modernisation négociée et créative, ouverte aux expérimentations, contre ces restructurations violentes et anarchiques. La crise générale de notre système de santé mérite mieux que des placebos et des simulacres.
Le mouvement des maires de la Nièvre, inédit par son ampleur, sera caricaturé, blâmé comme archaïque. C'est pourtant un message d'avenir. Il est moderne, par son humanité, par sa demande de sécurité et de proximité à la fois. Malgré les pressions qui déjà s'exercent, cette exigence ne s'éteindra pas avec les élections municipales. Il y a une France qui n'accepte pas de vivre au rabais, qui ne se laissera pas euthanasier sans réagir.
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non connue
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Cette violence là s'est introduite partout dans notre société, et ce que font ces maires mériterait plus de place dans les journaux et télés, mais bien sûr silence radio ; la France est tétanisée, les socialistes aussi, dont c'est le rôle de dénoncer ces violences ; j'ai toujours cru depuis mon enfance, que se ranger du côté des plus faibles était la vocation d'un homme de gauche. Je ne comprends plus rien à rien, à voir la couardise de tous ceux à qui nous avons confié les rènes de notre pays.Nous votons, et ensuite nous ne sommes plus maîtres de ce que nous avons confié à d'autres.Nos votes ne sont pas des dons désintéressés, ce sont de simples procurations que l'on devrait pouvoir dénoncer ; mais ce n'est pas demain la veille ! ! Ma déception est immense.




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