
Bienvenue à Bellevue, ex-cité « la plus insalubre d'Europe »
Dans cette cité de Marseille, dialogue à bâtons rompus avec Omar et ses « collègues ». Leur quotidien, leur rancoeur, leurs espoirs…
Cliquer ici pour voir le diaporama en plein écran.
(De Marseille) A chaque coup de mistral, une couche épaisse se soulève. Quelques feuilles mortes et des déchets légers : papiers gras, bouts de tissus, emballages noircis. Les arbres sont nus. A leurs branches, presque noué, un étonnant feuillage composé de morceaux de plastiques.
Après Villiers-le-Bel, on nous a dit : « Pourquoi vous ne venez que quand ça brûle ? “ On nous a aussi dit : ‘Il n'y a pas que Paris’. Alors je suis venue ici. Parc Bellevue, rue Félix Pyat, au cœur de la ville. Ici, on revient de loin. A la fin des années 1990, ce vaste ensemble de barres (près de 5000 habitants) avait la poisseuse réputation d'être la ‘cité la plus insalubre d'Europe’. Elle était alors noyée dans ses immondices, les habitants allant jusqu'à se débarrasser de leurs ordures depuis les fenêtres. Désormais, à l'entrée de la cité, trônent des containers de tri sélectif.
Mémoire du quartier, Tarek, gros monsieur affable qui vit là depuis 1963, dans l'un des immeubles qui n'ont pas été rénovés, raconte :
‘Ah, cette histoire de frigo ! Mais ça n'est arrivé qu'une fois en 1970. Un grand black s'était disputé avec sa femme et avait alors balancé son frigo par la fenêtre.’
Pétarade de couleurs, les murs de ces immeubles bas sont rouge criard, rose ou bleu électrique. Sur les terrasses, des mini-paraboles et de gros meubles. Le linge sur les balcons et les lourds rideaux oranges ou jaunes, à motifs vichy ou fleuris donnent des allures de village. Dessous, le béton est usé. Troué par endroit.
Derrière, de grandes barres neuves et blanches se dressent face à une aire de jeu soviétisante, inondée de soleil : un trou béant plein de sable, un unique toboggan et du béton. Plusieurs voitures sont garées en bas des barres. Elles sont occupées. Ici, les jeunes passent le temps dans leurs bagnoles plutôt que dans les cages d'escalier. Dehors, il ne pleut pas. Dehors, il fait 20° de soleil.
‘Nous, on crame pas notre cité’
Affalé au volant de sa Citroën Saxo blanche, Doc Saindou, 20 ans, veut que les choses soient claires :
‘Tu vois en face ? C'est jamais qu'un coup de peinture. A l'intérieur, c'est la mort. Y a plein de cafards.’
Il fait des clins d'œil à ses quatre ‘collègues’ installés dans la voiture voisine. Doc Saindou est cuisinier dans un restaurant chic des quartiers sud et rappeur. Il n'a pas envie de s'éterniser sur les problèmes de sa cité. Il vit ‘normalement, même si c'est la misère’. D'ailleurs, il a un son à faire écouter. Un morceau : ‘Gosse’. Il fouille dans ses disques et fini par en extirper un de la pochette d'un vieil album ringard. Il est légèrement gêné :
‘Ben quoi ? Ça fait quoi ? Elle chante bien Céline Dion.’

Le disque est lancé. Doc Saindou s'enfonce dans son siège, remet sa casquette rouge et bat la mesure d'un léger mouvement de la tête. De temps en temps, il agace nerveusement son diams à l'oreille :
A côté, ses voisins roulent des pétards. Ils écoutent Lim, un rappeur du 92, ‘un vrai dangereux’. Seul paysage, les grues des friches industrielles avoisinantes. Omar recrache sa fumée lentement avant de lâcher : ‘Ils vont tous nous enterrer dedans.’ Il montre le creux de l'aire de jeu. Ses potes acquiescent. Devant l'incrédulité provoquée par sa phrase, il rigole :
‘Oh, ça va. J'déconne. On fait du quad dans le bac à sable.’
L'engin vert pomme est garé quelques mètres plus loin. Ses potes se marrent.
Omar, Momo et Arthur ont 19 ans et autant d'années passées dans cette cité. L'un prépare un BEP routier parce que ‘c'est cool, tu conduits et t'es bien payé’, les autres ne font rien. Leur patron, dans le bâtiment, est parti à la retraite. Depuis, ils s'ennuient un peu mais pas question de la jouer banlieue parisienne. Ici, la violence est contenue :
‘C'est des conneries les émeutes à Paris. C'est leur passe-temps, ils n'ont rien à faire. Nous, on crame pas notre cité.’
Ils admettent les voitures brûlées, parfois. Ils admettent la délinquance. Ils admettent les relations ‘de colère et de haine’ avec les flics. Mais précisent que ce sont les petits de moins 18 ans ; ‘ils sont chauds’.
De chaque côté des ampoules
Il est près de 16h00. Ils ont les yeux rougis et la voix de plus en plus basse. Ils se livrent un peu. Ils racontent la vie de cette cité frontière. Entre les quartiers sud -‘ceux des Français dont on change les ampoules- et les quartiers nord -faudrait déjà en avoir, des ampoules, ici’.
Aziz, grand frère de 27 ans, rend les jeunes hilares en racontant une de ses livraisons au Prado : ‘J'te jure, l'ascenseur, j'aurais pu dormir dedans.’ Ici, ils ne connaissent que leurs ascenseurs crasseux qui n'ont jamais fonctionné. Pour eux :
‘C'est pas le quartier qu'il faut changer, c'est les mentalités. Les parents éduquent mal les enfants.’
Dans le ghetto, ‘on doit se ressembler’, avoue un roublard en jogging noir. La différence y est raillée. Personne ne veut aller voter. Une discussion s'enclenche : la politique, c'est un monde de corrompus, d'enveloppes et de budgets ponctionnés par des voleurs. ‘Dégoûté de Gaudin, il s'occupe que des riches.’ Un seul tentera un ‘il est bon Gaudin’. Les autres le regardent. Il se tait.

Les gars de Bellevue taguent des ‘nike la police’ sur leurs murs. Des ‘We don't need education’ rageurs. Quand ils voient une fourgonnette de flic rejoindre le commissariat tout proche, ils soupirent :
‘Ces mecs sont pas formés pour travailler ici. Regarde comme ils ralentissent. Mais regarde comme ils nous matent !
Ils se repassent Délinquant’, de Lim. Un peu à l'écart, un grand brun est l'un des rares de la bande à passer son bac. ‘S. Je vais être médecin.’ Il va partir, emménager quartier sud. Choukri, 17 ans, chuchote : ‘C'est le rap qui les tue tous ici.’
‘Les filles du quartier, elles veulent pas nous fréquenter’
A l'intérieur des immeubles neufs, en dépit des vitres cassées, l'air manque. Une puanteur douceâtre règne. Pas une boîte aux lettres qui ne soit défoncée. La lumière est grise. Sur les portes bleu pâle des appartements, des cadenas ou des planches de bois pour rattraper des serrures cassées. Ça a l'air mort ou fermé. ‘Non, c'est pourri mais c'est ouvert’, commente un habitant.
Derrière les portes, des ombres glissantes : les femmes. Elles ont le pas pressé dans les couloirs. Seules les mamans à poussette font des promenades du côté des commerces : des épiceries-rôtisseries, un Taxiphone, une boucherie, des cafés. Quand ils parlent des filles, les p'tits gars de Bellevue roulent d'abord des mécaniques. Ils ne disent pas ‘faire l'amour’. Ils disent ‘attaquer’. Plutôt à la frontière franco-espagnole, dans les bordels de la Junquera. Puis, ils regrettent :
‘Les filles du quartier, elles veulent pas nous fréquenter. Elles vont voir ailleurs.’
Pas assez bien pour elles. Ils pensent d'ailleurs n'être assez bien pour personne. Aziz claque des doigts et crache :
‘Tu crois qu'on en sort comme ça du ghetto ? Y a la vie de rêve. Ici, c'est la vie de cauchemar.’
Puis, sans plus de haine que ça, ils vont boire des coups.
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De Jonas2
Les mouches ne me trouveront pas as... | 19H40 | 10/03/2008 |
Une conjugaison de l'école du quartier avec des flics au mode impératif, la vraie vie comme un participe passé, l'ennui comme participe présent et des rêves inaccessibles comme futur désolé.
Magnifique ta ballade Zineb Dryeb.
à Jonas2
De Unstern
16H04 | 11/03/2008 |
L'article est documenté, bien écrit mais sans recherche d'effets gratuits ou de « pittoresque », bref respectueux de son sujet.
Ce qui frappe le plus, c'est la résignation tranquille de ces jeunes. Parce qu'ils sont nés là, ils pensent ne jamais s'en sortir…
Je me suis occupé quelque temps de jeunes à Vitry-sur-Seine (94). Bon, les cités de Vitry, ce n'est pas Sarcelles, ni La Courneuve, ni Marseille Nord, mais déjà à l'époque ça donnait à réfléchir. Paris était à moins de 5 km, mais la plupart des jeunes n'y étaient jamais allés avant leurs 16-17 ans. En revanche, ils passaient la plupart de leur temps libre dans le (petit) centre commercial de la ville, les plus grands préférant ceux de Créteil ou de Thiais, plus « classe ». Un autre post de ce forum évoque d'ailleurs le cas de gamins de Marseille Nord qui n'avaient JAMAIS vu la mer… ! ! !
Bref, quand on laisse les choses se faire, il se produit dans l'esprit de ces ados un formatage aussi précoce que radical : ils sont dans la merde et ils sont d'avance certains qu'ils ne s'en sortiront jamais.
C'est ici qu'on peut, je crois, relever une certaine ambiguïté, NON INTENTIONNELLE, dans cet article : cette « ballade » mélancolique et désolée nous propose de ces jeunes une image où ils se reconnaissent et où nous les reconnaissons trop facilement. D'où deux remarques :
1º. — Sans doute cette vision fataliste devait-elle être complétée/équilibrée par une enquête complémentaire sur ceux qui s'en sortent mieux : les sœurs ou les cousines (bref l'élément féminin) et aussi ceux de ces garçons qui ont un projet d'avenir (ce qui est tout à leur mérite mais ne signifie pas forcément qu'ils soient plus intelligents ni même plus bosseurs que les autres).
2º. — Je ne peux m'empêcher de comparer cet article avec l'interview vidéo de jeunes d'une banlieue sud de Paris (Cachan ? Bagneux ? ) publiée l'an dernier par Rue89. Certes aucun média n'est absolument « transparent », et l'image sans doute moins encore qu'un autre. Pourtant cette longue interview scindée en trois épisodes conférait à ces jeunes (d'une maturité étonnante, pour certains d'entre eux) et à leur parole une présence et un poids autrement convaincants que ceux de cet article. Et on se rendait compte que ces gamins étaient exactement comme les autres, sauf qu'ils n'avaient pas la chance de croire en eux-mêmes ni en leur avenir.
Bien sûr, on pourra objecter que c'est la présence de la caméra qui modifiait leur comportement et faussait ainsi le jeu. Mais je n'y crois guère…
De netchou
assis devant le clavier,m'sieur le ... | 19H54 | 10/03/2008 |
Malheureusement pour eux,cette image de leur quartier loin des cités et villas résidentielles,cette image donc c'est le vrai Marseille.Ce que l'auteur oublie de préciser c'est qu'à tout juste 2 kilomètres est en train de s'édifier un quartier de bureaux et de résidences « high standing“et même un des plus grands buildings d'europe ! Ces gars là,peu importe leurs origines,ils sont Français et Marseillais avant tout.C'est honteux de laisser des gens vivre ainsi,merci gaudin.Guérini,s'il avait un jour une chance d'être maire ne changerait rien.Maffieux aussi.Marseille,une ville que beaucoup éssayent de s'approprier mais qui demeurera toujours à ses habitants,ceux qui souffrent du soleil et du froid glacial porté par le mistral.
De bateausurleau
En éveil … | 20H11 | 10/03/2008 |
We don't need no education.
We don't need no thought control.
No dark sarcasm in the classroom.
Teachers leave those kids alone.
Hey, Teacher leave those kids alone !
All in all you're just another brick in the wall.
All in all you're just another brick in the wall.
La révolution viendra …
Ce qui s'est déjà produit peut se reproduire !
De Stephann
Etudiant Lyon | 20H15 | 10/03/2008 |
Ces jeunes ils ont la beauté et l'indolence de ceux qui vivent la misère comme une fatalité a l'échelle de plusieurs générations, comme si ils vivaient en Afrique, comme si ils étaient pécheurs au Cap Vert, au Venezuela ou à Cuba.
Le problème c'est qu'il habitent en France, à Marseille et que l'on ce fout vraiment de leur gueule…
Putain si au moins une petite poussière magique pouvait leur tomber au coin du nez, les fédérer, les obliger à défendre leurs droits, les envoyer en bataillons aux urnes….
Doc Saindou, tu me casses les couilles..
à Stephann
De AlainDeMars
21H03 | 10/03/2008 |
Salut Stephann,
T'as pas tout compris, je crois …
D'une, « la petite poussière magique » et « les bataillons aux urnes » il ne faut pas rêver
La vie dans ces citées n'amène pas trop à aller chercher une culture politique ; Déjà que pour le français « moyen » (ce n'est pas péjoratif), pour aller chercher une info objective il faut se lever de bonne heure …
De deux peut-être que Doc Saindou t'emmerde, mais la musique est peut-être une bonne soupape, en tout cas c'est mieux que de bruler sa cité ou des caisses !
En plus, si des messages peuvent passer, aussi pour envoyer « des bataillons aux urnes » c'est toujours ça.
@+
à Stephann
De aeros
22H43 | 10/03/2008 |
« Le problème c'est qu'il habitent en France » ? ? ?
le problème des glands comme toi, c est le coté tiers-mondiste !
si on donnait un passeport français à un cubain ou un vénézuélien, il serait bien content et se demanderait vraiment ce que ces glands à casquette à l envers espèrent : en fumant, « attaquant », crachant, avec leurs 3 mots de vocabulaire…etc
on récolte ce que l on sème…
il y a des cités ds le 13è arrt de Paris… je t invite à aller les visiter, elles st propres et « safe » !
c est la population qui fait la différence, le béton ne déprime que les dépressifs…
http://bombistan.blogspot.com/
à aeros
De Radadalamechantesorciere
Ensemble tout devient beurk | 10H12 | 11/03/2008 |
Jolies photos, jolies phrases, joli reportage. Tout est joli, même la misère…
Mais j'aimerais bien voir un journaliste qui aille dans une cité sans cette vision qu'on y trouve uniquement de la misère et du désespoir.
Une cité ce sont des gens qui vivent normalement, qui construisent une vie comme les autres, même s'ils n'ont pas beaucoup d'argent.
J'ai grandi dans une cité comme celle-là : un village avec ses mammas aux fenêtres, ses pères de famille allant au boulot, ses apéros sympas entre voisins, ses gosses jouant en bas des immeubles. Mais aussi ses délinquants, ses problèmes de bruit, de voisins qui s'engueulent, la vie normale quoi !
Pourquoi un jounaliste va-t-il systématiquement chez ceux qu'on appelle « les branleurs » ? Des mecs qui se plaignent en écoutant du rap et en fumant des pétards ? des casseurs ? Des fouteurs de merde ? Des mecs qui volent leur voisin et allument sa voiture ?
Ces gars-là sont des misérables, MAIS CA LEUR PLAIT ! Ils ne changeraient de vie pour rien au monde.
Surtout qu'ils ont de quoi se faire mousser quand des journaleux bobos viennent s'appitoyer sur leur sort. Et ils attirent les journalistes comme un tas de merde attire les mouches.
Je m'excuse, mais même si ce reportage est bien écrit, il ne reflète pas vraiment la réalité.
Les médias parlent tellement de la misère des gens des cités que, de nos jours, même ceux qui vivent normalement croient qu'ils sont dans la misère.
Le seul aspect positif du reportage, c'est ces deux jeunes qui veulent faire routier ou médecin. Mais on en parle comme s'ils étaient une aberration, une tache dans le paysage, alors que la plupart des gens des cités s'en sortent correctement et ne sont là que parce que le loyer n'est pas cher.
à Radadalamechantesorciere
De Zineb Dryef
(auteur)
Rue89 | 12H30 | 11/03/2008 |
Bonjour,
Pour aller dans une cité sans raconter la misère, il faudrait aller dans une cité décente. Les logements à Bellevue ne le sont pas.
Par ailleurs, il ne me semble pas décrire du désespoir. La vie, la situation économique fragile est vécue assez paisiblement. Les commerces sont ouverts, les jeunes vont boire un coup dans un café du coin etc. Mais l'ennui et le sentiment d'être stigmatisés, je ne l'ai pas inventé, ce sont les habitants de la cité qui le disent. Les jeunes qui interviennent ne sont pas des « fouteurs de merde ». Ils vivent là, expriment leurs doutes et leur ras le bol. Je ne vois pas absolument pas ce qui vous gêne.
à Zineb Dryef
De Radadalamechantesorciere
Ensemble tout devient beurk | 10H52 | 12/03/2008 |
Merci Zineb pour votre réponse.
Ce que je ne comprends pas, surtout que je suis moi-même issu d'une cité dans ce genre là, c'est que ces gens dont je parle ne font rien pour en sortir.
Utiliser son énergie pour s'en sortir au lieu de l'utiliser pour s'appitoyer sur son sort serait je pense meilleur pour tout le monde.
Si cet endroit n'est pas décent, pourquoi ne pas changer d'endroit ?
Je me rappelle que parmi ceux qui étaient à l'école avec moi, beaucoup sont partis de la cité dès qu'ils ont pu. J'en fais d'ailleurs partie (et je ne m'érige pas comme exemple de réussite).
Ces gens-là semblent attendre quelque chose qui ne vient pas ; mais si vous n'allez pas chercher le changement, vous pouvez toujours attendre qu'il vienne à vous, à mon avis vous allez attendre longtemps. Et l'aide ne viendra certainement pas d'un gouvernement de droite.
Habiter dans un endroit pareil doit être considéré comme provisoire et non définitif, même si vous êtes né dans cet endroit. La meilleure solution est d'en partir et aussi de rencontrer d'autres gens pour découvrir qu'on peut vivre autrement et mieux, même sans argent.
Je me souviens de mes camarades, certains sont restés et se contentent de RMI, aides sociales, TF1 et lamentations. D'autres ont des emplois, des petites entreprises, d'autres sont allé voir le monde, un qui a ouvert son restaurant en Afrique avec sa femme africaine, un reubeu qui est allé faire de la musique dans le sud et en Espagne. Personne n'est riche, moi non-plus (je suis saisonnier), mais tout le monde est heureux parce que tout le monde a trouvé quelque chose de mieux que la cité. Mais d'abord on a tous cherché et je vous garantis qu'on a tous bouffé de la vache enragée avant de s'en sortir comme ça.
à Radadalamechantesorciere
De marie 75
12H42 | 11/03/2008 |
la misère est plus belle au soleil ? ? ?
Pourquoi ce reportage, maintenant ?
à marie 75
De Zineb Dryef
(auteur)
Rue89 | 12H58 | 11/03/2008 |
Et pourquoi pas ce reportage maintenant ? Je ne comprends pas votre question.
à aeros
De Stephann
Etudiant Lyon | 23H16 | 11/03/2008 |
Le gland a vécu dans le 13ème et peut te dire que si la cité est propre, elle est aussi gangrenée par un communautarisme mafieux au sein duquel il ne fait pas bon être en bas de l'échelle.
Quant au cubain, il serait bien content effectivement…
C'est son petit fils dans 40 ans avec sa casquette à l'envers qui se demandera ce que son pays peut bien avoir à lui offrir.
Quant à toi, si tu récoltais ce que tu sèmes, tu boufferais de la merde.
à aeros
De suffren
09H46 | 12/03/2008 |
Entierement d accord On a jamais vu d emeutes de voitures brulees…etc dans le 13e Idem il y a bien longtemps avec les Italiens Portugais Polonais Espagnols et autres Ce qui confirme ce que vous dites a savoir que ce sont les populations qui font la difference
De JmlB
20H22 | 10/03/2008 |
Merci à Zineb Dryef pour ce reportage sans pathos ni voyeurisme.
La misère et l'exclusion ont du mal à se faire entendre, ces temps-ci, et porter les problèmes des laissés pour compte aux yeux de tous, de manière intelligente qui plus est, est plus que jamais nécessaire.
De skalpa
actif et militant ? | 21H03 | 10/03/2008 |
Samedi matin, j'étais au Havre…
J'ai eu l'occasion de me rendre au quartier des neiges, chicago, comme on l'appelle parfois.
Quartier enclavé, à l'écart du Havre, caché derrière le port, en total abandon…
Quelques jeunes essaient de maintenir du lien en créant une bibliothèque et en devenant animateurs professionnels.
Mais ils sont obligés d'appliquer la loi du quartier pour se faire respecter….
Des quartiers comme ça, il y en a plein en France, créés à l'arrache, sans penser à ce qu'ils deviendront avec des habitants laissés à l'abandon et qui n'ont que l'identité de ce quartier à défendre.
J'avais entendu un rap de gamins de 10 ans vivant là-bas : réaliste, défaitiste, pessimiste… A 10 ans, ils disent n'avoir aucun avenir si ce n'est le bizz.
La cour des miracles n'existe plus, il reste malheureusement des cités de la désillusion où même la consommation devient rare

http://kprodukt.blogspot.com
à skalpa
De nada
04H39 | 11/03/2008 |
Partout ! à bordeaux c'est pareil, d'un côté les quais rénovés avec son enfilade de magasins, de restos, de parkings, son bord de garonne si propre et entretenu qu'une foule y déambule sans jamais traverser le boulevard et constater à quel point le quartier est à l'abandon ! Détritus, poubelles en pagaille, véhicules entassés… D'ailleurs quand il a inauguré le nouveau tram, Juppé lui non plus n'a pas traversé le boul'.
On commence à soigner les façades parce que c'est la course, des mecs en costume cravatte font du répérage pour leurs clients friqués, mais les logements sont dans un état de délabrement pitoyable. Avec un maire comme Juppé c'est risible de constater que son côté écolo ne touche que les quartiers bourges… dans mon appart, j'ai beau réclamer des fenêtres à double vitrage, histoire que mes enfants est un peu chaud, depuis 5 ans rien ! une facture de gaz énorme et un loyer pas si modéré que ça ! J'ai pas de cafard, ni de rat, juste des souris que je menace gentiment de réprésaille si elle ne daigne pas élire domicile ailleurs ! Partir ? non, je l'aime mon quartier et sa population bigarrée.
à skalpa
De Thi0u
Etudiant en Statistiques et Traitem... | 13H34 | 11/03/2008 |
J'avais entendu un rap de gamins de 10 ans vivant là-bas : réaliste, défaitiste, pessimiste… A 10 ans, ils disent n'avoir aucun avenir si ce n'est le bizz.
Bas dit donc… être lucide déjà à cet âge, doué le gamin ^^ ; )
à Thi0u
De skalpa
actif et militant ? | 20H03 | 11/03/2008 |
Hé ouais, doué, mais qui a de fortes chances de finir comme ceux qu'il vante….
On ne dira jamais assez l'importance du milieu dans le développement de l'enfant ! ! !
Espérons qu'ils croiseront des personnes qui leur montreront autre chose !
De umanolo
21H09 | 10/03/2008 |
je voulais simplement saluer la beauté de ton reportage zineb, le choix, le style, les photos, le calme, le temps laissé à tes compagnons de route de sortir du discours de circonstance, tout cela tranche avec la langue automatique (visuelle ou linguistique)du journalisme. C'est souvent un acte esthétique, tel que celui-ci, qui permet d'ouvrir à l'altérité, à la complexité du monde qui nous entoure, et de le dégager comme objet d'étude, objet d'interet, sur lequel on peut agir. (encore un aspect de l'art ou de la relation non marchande en général que ne saisira jamais ce pauvre sarkozy).
je suis d'accord avec tous les commentaires, sauf peut-être avec stephann' : je trouve qu'il y a une hypocrisie et une erreur fondamentale à pousser à voter (souvent au nom de la démocratie qui n'est pas consubstancielle au vote). j'espère qu'avec les assoc, les petits partis, les volontés rassemblées, puis assemblées, des luttes pourront effectivement féderer, sur un mode de révolte fière cette fois, digne et positive, ouvrir une place au débat, à la dignité de l'idée et forger des revendications fortes et unitaires à la jeunesse ou aux travailleurs (éviter l'auto-stigmatisation banlieue), préalable nécessaire à ce qu'un quelconque parti de gouvernement s'interesse sincèrement et puisse redevenir ce qu'il ne devrait jamais cesser d'être en démocratie, un simple porte-parole, un porteur de mandat.
De devenson
21H53 | 10/03/2008 |
Je suis très heureux qu'on parle un peu de ce quartier. Le reportage est très bien mené. J'aimerais cependant juste parler de ma petite expérience.
Il y a peu encore, une enfant me racontait qu'un rat avait grignoté son cahier de correspondance. La bête s'était faufilée dans son sac. La petite avait peur la nuit. Les enfants amènent des cafards à l'école par leurs cartables. Certains y sont tellement habitués qu'ils les prennent tranquillement dans la main pour les mettre dehors. L'habitat est pour beaucoup insalubre et les logements surpeuplés.
Peu de choses sont faites pour aider ces quartiers, Gaudin préférant donner des sous aux beaux arrondissements. En témoigne l'école du coin évacuée d'urgence pour raison de sécurité il y a deux ans, ceci n'étant pas une exception dans notre belle ville. Ce n'est pas dans les quartiers Sud que pourrait se produire un tel scénario…
Si Bellevue et St Mauront ont des poubelles avec le tri sélectif (pour lequel ils n'ont jamais été vraiment sensibilisés soit dit en passant), le ramassage des poubelles reste un vrai problème, notamment dans les cités des quartiers Nord. Bellevue, Pyat et autres Belle de Mai ont l'avantage de ne pas être trop loin du centre. Mais d'ailleurs, combien de familles ont-elles été expulsées et relogées ces dernières années ? La population change depuis quelques temps. « Allez, m'sieur, on va rénover votre logement, mais il faut partir pour une cité des quartiers Nord… » Comme ça, le problème s'éloigne…
De karlM
21H53 | 10/03/2008 |
Merci pour ce reportage. Hélas, y a pas qu'à Marseille.
Par ailleurs, Sarko s'intéresse à vous…pour une semaine.
Relevé dans la presse :
Le maire de Marseille a également rendu publique une lettre de Nicolas Sarkozy qui annonce une série de mesures d'aide au développement économique et à la sécurité dans la cité phocéenne.
« Je n'ai pas voulu la rendre publique avant le premier tour, cela aurait pu faire manoeuvre », a-t-il dit.
Dans ce courrier en date du 6 mars, le Président de la République s'engage notamment à un renforcement des effectifs de la police nationale à Marseille, à apporter une aide financière pour le développement du port et pour celui des transports en commun en site propre.
Si l'UMP perd aussi la seconde ville de France, ça va jasé…alors à fond les magouilles.
De ex-riverain
x | 22H12 | 10/03/2008 |
un reportage trop ancré dans la banalité du quotidien pour supporter le format télé…ce qui fait sa valeur. merci beaucoup. de tres bonnes photos.
De The Coolcat
catastrophé depuis l'election de Sa... | 22H44 | 10/03/2008 |
Pourquoi publier un tel reportage juste avant le 2nd tour ! ! !
Ce documentaire est trop orienté. Comme par hasard, il se passe à Marseille où Gaudin risque d'être battu par Guerini.
Vous présentez les gens de ces cités comme des voyous :
- « Ils admettent les voitures brûlées, parfois. Ils admettent la délinquance. Ils admettent les relations “de colère et de haine” avec les flics. Mais précisent que ce sont les petits de moins 18 ans ; “ils sont chauds”.
-Les gars de Bellevue taguent des “nike la police” sur leurs murs. Des “We don't need education” rageurs. Quand ils voient une fourgonnette de flic rejoindre le commissariat
- “ L'un prépare un BEP routier parce que ‘c'est cool, tu conduits et t'es bien payé’, les autres ne font rien”
Pourquoi avoir choisi cet angle ? Pourquoi ne pas s'être intéressé plus longtemps au jeune qui va passer son bac S, à tous ceux de cette cité qui travaillent malgré la discrimination dont ils sont victimes sur le marché du travail ?
Si vous présentez ces jeunes comme des oisifs et des délinquants c'est uniquement pour inciter les fachos de Marseille à voter pour Gaudin. Faire peur aux gens ou leur faire croire que les jeunes des cités sont des fainéants pour qu'ils se rabattent sur un vote sécuritaire.
Je ne suis pas contre la liberté d'expression, au contraire, mais avec l'angle choisi par votre reportage, on se croirait sur Tf1 ou france2, les chaines du régime. C'est du réchauffé, on n'en mange tous les jours, alors, si rue89 s'y met aussi !
Ce reportage ne dit pas pourquoi on en et arrivé là ! On ne le dit jamais ! Ces jeunes pourraient et devraient constituer la force de notre pays. Donner leur le savoir, la connaissance pour qu'ils réussissent dans la vie. Pourquoi ne pas critiquer le désengagement de l'Etat et des maires de droite style Gaudin dans ces cités (suppression des subventions aux associations d'aides aux devoirs ou autre qui encadraient ces gamins, baisse des moyens et du nombres de profs dans les écoles ; collèges lycées), la suppression de la police de proximité qui permettait une meilleure compréhension entre les 2 cotés ?
Quand allez vous enfin vous intéresser à ces questions moins légères ?
Mais c'est clair, pour Sarko cela la foutrait mal que Marseille bascule à gauche après Paris, Lille et Lyon ! Alors tout est mis en oeuvre pour faire du pieds à l'extrême droite.
Les médias sont là pour ca !
à The Coolcat
De Arnaud Aubron
Rue89 | 23H38 | 10/03/2008 |
Nous taxer de Sarkozysme et d'arranger les affaires électorales du Président a au moins le mérite de l'originalité. Je vous en remercie.
Mais vous nous prêtez bien trop de malice. Si nous devions penser à toutes ces considérations avant de réaliser puis de diffuser un tel sujet, nous ne nous lancerions jamais. Pensez-vous sérieusement que ce reportage ait un arrière-fond électoral ?
Comme Zineb l'explique en introduction, on nous accuse régulièrement de ne pas sortir de Paris, de ne nous intéresser aux banlieues difficiles que lorsqu'elles flambent, voilà au moins deux écueils que Zineb a évité ici.
Quant à savoir s'il est trop « léger » de donner la parole à ces jeunes, de s'intéresser à leur quotidien, je vous laisse la responsabilité de ces propos. Notre responsabilité à nous est de donner la parole à ceux à qui on l'a confisquée. Et en ce sens, ce reportage me parait à moi un modèle du genre. Les médias sont là pour ça !
Relisez-le attentivement, avec un regard dépassionné, ouvert, je suis sûr que vous en conviendrez.
à Arnaud Aubron
De manu2005
La France tue en Afghanistan, en no... | 07H02 | 11/03/2008 |
Vu la publication successive de deux articles sur Apparu, vu la censure inadmissible par vous-même de mes réponses à celui-ci, oui, je confirme les doutes sur vos « réelles » arrière pensées politiques.
A moins qu'elles ne soient que financières.
En tout cas, il y a quelque chose de pas clair chez vous.
à manu2005
De Arnaud Aubron
Rue89 | 09H36 | 11/03/2008 |
Suspens… Rue89 est-il vendu au Sarkozysme ? Ecoutez, la seule réponse que je puisse vous apporter c'est que d'autres internautes croient dur comme fer que nous n'avons pour seul but que de nous en prendre à Sarkozy. Les deux soupçons croisés forment à mon sens un hommage à notre neutralité politique. Je vous en remercie donc.
à Arnaud Aubron
De manu2005
La France tue en Afghanistan, en no... | 10H08 | 11/03/2008 |
ben voyons… Du moment que la soupe se vend…
à Arnaud Aubron
De manu2005
La France tue en Afghanistan, en no... | 10H12 | 11/03/2008 |
Et en dohors de ça, comment expliquez vous la censure appliquée quand je réponds à Apparu, et pas appliquée quand je réponds à un quidam internaute ?
Deux poids, deux mesures ?
à manu2005
De Zineb Dryef
(auteur)
Rue89 | 12H34 | 11/03/2008 |
Bonjour,
Où avez-vous été censuré ? Je ne comprends pas là.