Il a suffi d'un incident hélas routinier -l'expulsion brutale de deux Gabonais en situation administrative irrégulière en France- pour ouvrir les vannes. Après le discours de Dakar de Nicolas Sarkozy, l'affaire de l'Arche de Zoé au Tchad, les rancoeurs accumulées par la politique française d'immigration, l'heure du grand déballage est-elle arrivée entre le continent noir et l'ancienne métropole ?
A la fois dans les commentaires de plusieurs articles de Rue89, dont le dernier sur le pied de nez d'Omar Bongo décidant de renvoyer en France tout Français en situation irrégulière au Gabon, mais aussi dans des contributions reçues de la part de Gabonais, il y a un côté déballage. Qui destabilise les Français peu habitués à voir l'Afrique rendre coup pour coup… L'état du débat, résumé en trois points.
La rupture impossible.
Nicolas Sarkozy avait promis la » rupture » là aussi, mais elle est mal partie avec son discours de Dakar, en juillet 2007, considéré comme paternaliste, voire raciste, par de nombreux Africains. Il est devenu le symbole, pour de nombreux Africains, de tous les reproches que le continent africain adresse à son ancien colonisateur, et de ce rapport d'amour et de haine, de bons sentiments et d'affairisme cru, qui caractérisent les relations entre ces deux mondes.
Deux livres ont déjà été écrits par des intellectuels africains pour répondre à cet improbable brûlot. Rue89 en a rendu compte, en soulignant que ces livres à charge » doivent être pris pour ce qu'ils montrent : la blessure ouverte par un discours à côté de la plaque » . L'un de ces livres a été sévèrement critiqué dans Le Monde, suscitant une réaction très violente des auteurs, qui, dans un droit de réponse qui circule sur l'Internet, s'en prennent au journaliste :
» Il a voulu se payer des nègres qui n'ont eu comme seul tort de vouloir défendre la dignité de l'homme africain dont le Président de la Patrie des Droits de l'homme dit qu'il « n'est pas assez entré dans l'histoire' »
Plusieurs » riverains » de Rue89, tel Azza, ont souligné, à propos de ce discours, que la mainmise française sur l'Afrique francophone post-coloniale est restée telle que :
» Si vous étiez Togolais, Camerounais, Congolais, ou Tchadien, sans pour autant haïr tous les Français (je vous assure que la plupart des gens que j'ai pu croiser en Afrique ou venant d'Afrique ont toujours été charmants avec moi), vous pourriez peut être montrer quelques signes de lassitude. Surtout en entendant le président français sortir des discours comme celui de Dakar » .
Au Cap, le 28 février, Nicolas Sarkozy a corrigé le tir, annonçant en particulier une remise à plat des accords de défense entre la France et un certain nombre de pays africains. Sur Rue89, l'africaniste Philippe Hugon se demande s'il s'agit d'une « rupture de ton ou d'un changement de cap ». Mais il conclut, relativement pessimiste :
» Il y a tout lieu de penser que le changement de ton, aussi important soit-il sur le plan symbolique, ne traduira pas une réelle rupture face aux contraintes de la realpolitik » .
Dans les commentaires d'un autre article analysant l'annonce du Président sur les accords de défense, Thierry Reboud s'interroge :
» Au-delà de la satisfaction qu'on peut éprouver à cette annonce, reste à déterminer les critères qui présideront à une nouvelle politique africaine.
Sous cet angle, deux questions se posent : quel intérêt la France peut-elle trouver à une politique africaine ? Mais surtout, quel intérêt les Etats africains et leurs dirigeants pourraient-ils avoir à poursuivre une coopération avec une France devenue plus sourcilleuse ?
Finalement, la question qui me vient à l'esprit est la suivante : une telle déclaration n'est-elle pas que le masque vertueux d'une pure et simple volonté de désengagement politique et militaire ? Une telle perspective indiquerait peut-être une salubre prise de conscience du gouvernement français, à savoir que notre pays n'a plus vraiment les moyens de s'offrir une politique néo-coloniale onéreuse et dont les bénéfices deviennent de moins en moins évidents. »
Peu de commentaires africains, à ce stade, de ce deuxième discours de Nicolas Sarkozy sur le continent. Comme si la crédibilité personnelle du chef de l'Etat était aussi basse en Afrique qu'ici… Notamment en raison de son attitude au Tchad, tant sur l'Arche de Zoé que pour sauver, même sans tirer un coup de feu, le régime guère reluisant d'Idriss Déby. Il y a pourtant là une porte entrouverte, dont il sera intéressant de voir si elle débouche réellement, sinon sur une improbable rupture, au moins sur un changement réel.
L'arrogance française.
L'affaire de l'Arche de Zoé, puis ces derniers jours les questions liées à l'immigration et aux rapports franco-gabonais, ont en revanche fait couler beaucoup d'encre. L'Arche de Zoé, d'abord, qui connait ces jours-ci de nouveaux rebondissements avec le refus du gouvernement français de payer les dommages et intérêts de 8 millions d'euros réclamés par le Tchad, avait déjà provoqué quelques poussées de fièvre.
Nous avions accueilli, sur Rue89, une contribution d'Ashanti, riveraine africaine, qui s'était interrogée à propos de l'affaire des humanitaires au Tchad :
» L'humanitaire serait-il le nouveau visage de la mission » civilisatrice » dont se croit investi le monde dit occidental ? Les ONG sont-elles les nouvelles vitrines officielles des « bonnes âmes » des pays riches qui y voient l'opportunité de s'acheter un coin de paradis quitte à bafouer volontairement les principes régissant les pays ? »
Cette question de l'arrogance française revient régulièrement. Après les missionnaires, les colons, les militaires, les coopérants et maintenant les ONG, le tout au nom d'une supériorité européenne et d'un universalisme mal digéré ? Dur à entendre pour une France qui se vit encore porteuse d'un » modèle » de civilisation, et qui reste solidement attachée à des valeurs qu'elle espère encore universelles…
Le débat provoqué par la réaction gabonaise aux expulsions d'étudiants, puis à la controverse née de la diffusion d'un reportage sur France2 sur la fortune d'Omar Bongo en France (à noter que Rue89 avait réalisé un dossier sur le sujet dès juin 2007) a pris un tour plus violent encore. Dans lequel la question de l' » arrogance » revient régulièrement.
Axel Ozangué, un journaliste de la presse privée gabonaise » , nous a ainsi adressé une longue tribune intitulée » les Etats voyous ne sont pas ceux que l'on croit » … Il écrit :
» Si un Etat voyou est celui qui est en rupture de ban avec les règles de la vie internationale, il n'y a aucun doute : la France, prétendue patrie des droits de l'homme, est sans exagération et incontestablement un Etat voyou » .
Il passe en revue les accords non respectés par la partie française, et ajoute :
» Et que dire en matière d'immigration ? Les Français sont traités comme des hommes au Gabon, un Etat civilisé. Quant aux Gabonais en France, il ne s'agit que de pauvres nègres, réduits au rang de bête sauvage, qu'on vient cueillir à l'aube et qu'on expédie comme des criminels menottés dans le premier avion en partance pour Libreville. Mais, au fond, quoi d'étonnant ? Celui qui a été une seule fois demander un visa au Consulat de France connaît parfaitement la morgue et le mépris qui caractérisent les agents consulaires français qui prennent un plaisir sadique à humilier les demandeurs de visas en exigeant les papiers les plus farfelus, avant de refuser le visas tout en ayant empoché au préalable les frais de visa qui ne sont pas remboursé » .
La France paye-t-elle aujourd'hui des décennies d'attitude au mieux condescendante, au pire arrogante et brutale, vis-à-vis de ses anciennes colonies ? Beaucoup de commentateurs semblent le penser, même si, côté français, on souligne aussi la responsabilité des dirigeants africains eux-mêmes, et certains refusent d'applaudir le geste de Bongo en raison de la personnalité plus que contestable du président gabonais. C'est là encore, une pierre d'achoppement entre les commentaires des Français et des Africains. Mais, quoi qu'il en soit, la France a quelques leçons de modestie à prendre…
Comment avancer ?
La question de la nature des régimes africains constitue un autre enjeu central. Et, quoi qu'ils pensent de leurs dirigeants, de nombreux Africains vivent mal les critiques émanant de l'ancienne puissance coloniale. Un mail reçu d'un Gabonais à Libreville nous affirme par exemple que :
» la majorité des Gabonais sont convaincus que l'actuelle camapagne médiatique contre Bongo est organisée et financée par ses propres amis français (avec à leur tête Bolloré) qui lui en veulent de remetttre en cause leur pillage personnel du Gabon au profit de la concurence chinoise. Et c'est triste que des journalistes « sérieux » se laissent embarquer dans une telle aventure. Car quelle est l'actualité des biens de Bongo en ce moment, alors qu'il en a acquis la plupart depuis des décenies au vu et au su de tous en France. »
On a vu sur Rue89 liver (single), un Gabonais, défendre son Président contre les agressions françaises, soulignant que les Gabonais veulent » laver leur linge sale en famille » .
» On a le Président que l'on veut, quarante ans de pouvoir ne nous fatigue pas, si ça fatigue les Francais nous en s'en fout, on est confiants.
Même agacement dans le long pamphlet d'Axel Ozangué disponible à titre de document :
» Il y a beaucoup d'hommes politiques, mais un seul homme d'Etat : Bongo Ondimba. Les vrais patriotes, au-delà des partis, ne peuvent que le suivre et s'il le faut, le moment venu, ils viendront lui servir de boucliers humains car à travers lui, c'est tout le pays qu'on veut recoloniser. Ceux qui ne l'auront pas compris, commettront une grave faute face à l'histoire. Ils iront grossir, dans les poubelles de l'histoire, la cohorte des maboules et des traîtres à leur pays. Et comme on dit, dans nos matitis, « affaire à bandit se règle en bandit » : face à un Etat voyou, il faut éviter d'être civilisé. A bon entendeur salut. »
C'est évidemment faire peu de cas de la nature du régime de Bongo, pur produit de la Françafrique, ou d'autres héritiers de cette politique néocoloniale comme le Camerounais Paul Biya, qui vient de faire tirer sur la foule s'opposant à une modification de la Constitution destinée à lui permettre de rester au pouvoir.
Dans le débat sur le Gabon, je répondais à liver (single) :
» Cher « jeune Gabonais », je ne partage pas votre indignation. Certes, le linge sale doit être lavé en famille, comme vous écrivez, mais une partie de ce linge sale se trouve en France. Là où vous faites erreur, c'est que ce qui est en cause, ce n'est pas Omar Bongo, c'est le système, tant en France qu'en Afrique, qui a permis à tous ces gens, Français et Africains, de s'enrichir sur le dos de leurs peuples. Personnellement, ces résidences des présidents du Gabon et du Congo Brazza, ce malheureux Congo Brazza mis en coupe réglée depuis des décennies, me choquent. Et ce que je conteste, c'est à la fois les hommes qui les possèdent, dont Bongo, Sassou…, mais aussi les Français qui ont rendu ce système possible et se sont sucrés au passage. Ce linge sale, hélas, est notre linge sale commun. En réagissant à ces critiques avec des arguments nationalistes, vous faites le jeu des prédateurs, de part et d'autre, qui couleront encore quelques jours tranquilles de la sorte. »
Il y a rarement eu des échanges aussi violents entre l'Afrique noire et la France. Longtemps, la parole a été confisquée par les régimes installés par Paris, et qui empêchaient toute expression libre. Il en va autrement aujourd'hui, ce qui permet certes ce déballage pas toujours agréable, mais aussi de pouvoir envisager de changer d'époque, de changer de relations. Cela vaut pour les Etats, à condition que Nicolas Sarkozy définisse clairement quelle politique africaine il veut, au-delà des (plus) belles paroles du Cap ; mais cela vaut aussi pour les sociétés, qui n'ont aucun intérêt à se laisser entraîner dans des dérives populistes (surenchère sur l'immigration) ou nationalistes (défendre Bongo contre l'agresseur). Vaste programme !



















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De Ivoire-Blog
Journaliste à Abidjan | 17H18 | 08/03/2008 |
Je n'étais pas d'accord avec Pierre Haski lorsqu'il disait que les dernières expulsions de Bongo étaient un miroir tendu à la France. Je ne suis pas d'accord avec ceux qui veulent aujourd'hui défendre ce kleptocrate. Je m'explique sur mon blog :
http://kouamouo.ivoire-blog.com
à Ivoire-Blog
De Pierre Haski
(auteur)
Rue89 | 17H22 | 08/03/2008 |
Je ne suis pas en désaccord avec ce que vous écrivez sur l'« anticolonialisme de pacotille » de Bongo… Je me plaçais du point de vue de l'opinion française, confrontée à une inversion des rôles, et je la trouvais plaisante. Merci de m'avoir fait découvrir votre blog, très intéressant. Je vous rajoute à notre blogroll !
à Pierre Haski
De compte supprimé 22
Lecteur écriveur | 20H29 | 08/03/2008 |
« Merci de m'avoir fait découvrir votre blog, très intéressant. »
Je confirme.
N'empêche, se faire donner la leçon par Bongo, ça vous signe le niveau de cynisme égocentrique de Sarko-Bollo-Guiaino and co.
à Pierre Haski
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 23H55 | 08/03/2008 |
Déballage ou non - et quoi qu'en pense l'Afrique - il y a des décision à prendre en France. Maintenant.
http://nouvellesociete.org/5170.html
Pierre JC Allard
à pierrejcallard
De Blaise11
I'm hard, but I'm fair. | 10H01 | 09/03/2008 |
Lesquelles ?
à Pierre Haski
De destribat
anti-corruption | 01H45 | 09/03/2008 |
Pierre, c'est une bonne idée d'ajouter Théophile à votre blogro.
Théophile est ancien correspondant du « Monde » à Abidjan qui a démissionné car ses articles ont été falsifiés. La bande à Stephen Smith écrivait eux-même des articles signait Théophile Kouamouo.
Je le lis souvent et je trouve qu'il a une vision juste des relations France-Afrique.
à Ivoire-Blog
De Marine 2012
Hymen troué par neuf hymen refait à... | 21H36 | 08/03/2008 |
Il y a des amalgames et raccourcis faciles dans cet article. L'Arche de Zozo c'est pas le gouvernement français, ça n'a rien d'officiel, et puis Dieu merci, ses membres sont incarcérés.
Il est enfin temps que l'Afrique montre qu'elle se suffit à elle-même et qu'elle n'a pas besoin des leçons de morale des bons penseurs de l'intelligencia française, d'autant plus que l'Afrique est le prochain continent sur la liste pour le boom économique après l'Asie.
Qui sait, les Européens se bousculeront peut-être pour émigrer vers l'eldorado africain, fuyant le chômage et la pauvreté en France d'ici une vingtaine d'années. Belle revanche de l'Histoire.
à Marine 2012
De Blaise11
I'm hard, but I'm fair. | 10H43 | 09/03/2008 |
Et si je vous dis qu'on aurait « peut-être » à s'octroyer la bonté d'une reconnaissance de pots cassés par quelques derrières d'éléphants blancs jadis et encore rompus à déambuler dans les chaumières africaines, à maugréer cela, vous allez me signer une lettre d'appartenance à l'ininitinlegistencia frâânçaise ? !
Ah c'est sûr, les amalgames et les raccourcis ça rend le débat zozo !
À recoudre avec des vieilles ficelles oratoires, pour nous dire que l'Afrique « se suffit à elle-même » parce qu'elle a l'heureux bonheur d'apprendre par un claquement d'aile de cigogne qu'elle est la prochaine sur la liste du grand boom, je ne suis pas aussi certain que vous sur la nature de celui-ci ainsi que la couleur de ladite cigogne.
« Une vingtaine d'années » = Fantasme très personnel et on ne remercie pas Dieu quand les criminels sont incarcérés, mais la Justice des Hommes.
Niiiiiiiaaaaaooooonnnn. On atterrit passenger 2012.
à Ivoire-Blog
De elarips
13H12 | 11/03/2008 |
merci Théophile.
De Venezuela
vit aux Pays-Bas | 17H55 | 08/03/2008 |
Très bon article. Ce que j'ai apprécié dans votre premier article, c'est que vous dites bien que Bongo pille son pays, mais qu'il n'est pas arrive tout seul au pouvoir et surtout qu'il ne s'y est pas maintenu tout seul.
Mais voila une phrase entendue au détour d'une information sur BBC World : « il n'y a jamais eu autant d'investisseurs prives au Congo, et ce malgré la guerre, car … c'est le pays le plus riche du continent africain ».
Lorsque je pourrais lire ou entendre ce genre de commentaires chez des journalistes français, je commencerai à les prendre au sérieux lorsqu'ils parlent de l'Afrique.
Contrairement aux Britanniques, la France veut toujours faire croire, qu'elle est en Afrique pour le bien des Africains, non elle est d'abord en Afrique pour son bien à elle.
Voila la raison principale du sentiment anti-français. Quelqu'un me disait même récemment « nous offrons a l'Afrique un développement partage alors que la Chine une fois qu'elle se sera servie, s'en ira sans rien laisser en contrepartie » (ben voyons ! )
En fait, nous commençons à voir des Africains qui s'expriment, car dans les années 70 beaucoup d'élites ont été tout simplement décimées lors des coups d'état et autres reprises en main.
à Venezuela
De Marine 2012
Hymen troué par neuf hymen refait à... | 16H52 | 09/03/2008 |
Bongo ? Congo ? Togo ? Non, Oscar Congo…Pardon ! Omar Bongo n'est pas le président du Congo, c'est le président du Gabon.
De Bon Scott
18H26 | 08/03/2008 |
Logiciel à changer
Monsieur, Madame,
Il y a six mois, j'ai changé ma version Chirac 2.0 par la version Sarkozy
1.0 et j'ai noté que le programme a lancé une application inattendue
appelée Maintenant-vous-allez-en-chier 1.0 qui a considérablement réduit les
performances de mon processeur.
Dans la notice, cette application n'était pourtant pas mentionnée. De plus,
Sarkozy 1.0 s'installe dans tous les autres programmes et se lance
automatiquement lors du lancement de n'importe quelle application,
parasitant l'exécution de celles-ci. Des applications telles que
liberté-d-expression 8.9 ou Vivre-ensemble 3.2 ne fonctionnent plus.
De plus, des programmes occultes (virus ? ) nommés Paranoia 11.5, Démagogy
7.0 et Autoritarism 9.5 se lancent de temps en temps et soit plantent le
système, soit font que Sarkozy 1.0 se comporte de façon totalement
inattendue.
Je n'arrive pas à désinstaller ce programme, ce qui est très embêtant,
surtout quand j'essaye d'exécuter l'application Joie-de-vivre 8.2. Par
exemple, la commande : /service-public.exe ne fonctionne plus. D'autres
utilisateurs de Sarkozy 1.0 m'ont fait part de l'existence d'applications
telles que T'as-tes-papiers Version 6.0 et Allez-zou-charter-bamako Version
3.4 liée à l'utilisation de Sarkozy 1.0 sur certains processeurs.
J'envisage de revenir à la version Chirac 2.0 que j'avais avant, mais cela
à l'air très compliqué. Que faire ?
Un utilisateur démoralisé.
Réponse de la Hot-Line :
Cher Monsieur,
Votre plainte est très fréquente chez les utilisateurs de Sarkozy 1.0, mais
elle est due le plus souvent à une erreur de conception de base. Beaucoup
d'utilisateurs passent de leur version Chirac 2.0 à Sarkozy 1.0 en pensant
que Sarkozy 1.0 n'est qu'un programme d'utilitaires destiné à prolonger les
fonctionnalités de Chirac 2.0. Il n'en est rien : Sarkozy 1.0 est bien plus
que cela, il s'agit d'un SYSTEME D'EXPLOITATION COMPLET conçu pour gérer
TOUTES vos applications.Il est entendu que le retour à Chirac 2.0 est
impossible.
Deux options s'offrent à vous :
1 - Vous décidez de conserver Sarkozy 1.0, et vous attendez 5 ans, au mieux,
avant d'opter pour un système d'exploitation plus satisfaisant et
performant. Dans ce cas, en ce qui concerne les programmes Démagogy 7.0 ou
Autoritarism 9.5, il faut savoir que ce sont des programmes d'ancienne
génération utilisés sous le système Vichy.1940, qui aujourd'hui connaissent
des problèmes de compatibilité. Des mises à jour de République-Française
bientôt téléchargeables devraient permettre de résoudre le problème. Evitez
cependant d'utiliser les touches Echap et Suppr trop souvent sous
Sarkozy1.0, car vous risquez de lancer des applications néfastes comme
C : /matraque-dans-ta-gueule.exe ou C : /prison-ferme.exe. Pour éviter ces
inconvénients, pensez à lancer régulièrement la commande
C : /manifestation-de-soutien-ump.exe pour tenter de stabiliser quelque peu
le système. ATTENTION : il va sans dire que les déceptions lors del'utilisation
de Sarkozy 1.0 risquent d'être nombreuses.
2 - L'autre solution est une restauration d'une partie du système. Il vous
faudra assez prochainement télécharger le patchVote-à-Gauche-aux-municipales
pour récupérer une partie des fonctionnalités de votre ordinateur et en
améliorer provisoirement les performances.
De Yakafersa
retraité consentant | 19H03 | 08/03/2008 |
@ Bon Scott
Il existe un émulateur pour Sarkosy 1.0. très efficace. On peut le telecharger sur http/www.P.S.fr.
Une fois sur le site allez sur la rubrique « rupture », puis sur trahison.
Cet émulateur relativise les fonctions de Sarkosy 1.0.et le rend plus stable, en brouillant les attaques de P.S.Fidèlité.
Mais attention à ne pas utiliser la fonction Bravitude qui bloque le système ! Ni celle Elephants.P.S. qui entraîne la désagrégation du disque dur.
à Yakafersa
De Venezuela
vit aux Pays-Bas | 19H06 | 08/03/2008 |
http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2261/articles/a368145-le_cada…
… Le PS est le parti interclassiste par excellence, c'est le métro à 6 heures du soir. Il regroupe des cadres, des patrons petits et grands, des bobos qui sont libéraux ; des ouvriers et des employés qui sont sociaux-démocrates ; des fonctionnaires et des enseignants qui sont jacobins ; des intellectuels, des artistes, des « communicants » qui sont gauchistes ! Une telle diversité est incompatible avec une ligne radicale ; l'axe de gravité du parti tend donc naturellement à se rapprocher du centre….
De Yakafersa
retraité consentant | 19H15 | 08/03/2008 |
Le grand déballage ne concerne pas que l'Afrique.
Voir l'article sur Agoravox
Une nouvelle « affaire des frégates de Taiwan » ?
Depuis quelques heures, des remous politiques internes au ministère de la Défense de Taiwan sont en voie de devenir un potentiel et gigantesque scandale international dont les conséquences peuvent s'étendre jusqu'au plus haut niveau de l'Etat français et générer aussi, en parallèle, une crise au niveau de l'Union européenne. Une information exclusive pour le moment d'Agoravox. A
à Yakafersa
De marie 75
10H48 | 10/03/2008 |
[Comment l'Union Européenne organise, d'une main, la destruction
systématique des agricultures vivrières africaines ; et, de l'autre main,
pourchasse ceux qui fuient la misère ainsi favorisée…]
Réfugiés de la faim
Par Jean Ziegler
Ecrivain, professeur à luniversité de Genève.
http://www.monde-diplomatique.fr/2008/03/ZIEGLER/15658
mars 2008 - Article inédit
La nuit était noire, sans lune. Le vent soufflait à plus de 100 kilomètres
à lheure. Il faisait se lever des vagues de plus de 10 mètres qui, avec
un fracas effroyable, sabattaient sur la frêle embarcation de bois.
Celle-ci était partie dune crique de la côte de Mauritanie, dix jours
auparavant, avec à son bord 101 réfugiés africains de la faim. Par un
miracle inespéré, la tempête jeta la barque sur un récif de la plage dEl
Medano, dans une petite île de larchipel des Canaries. Au fond de la
barque, les gardes civils espagnols trouvèrent les cadavres de trois
adolescents et dune femme, morts de faim et de soif.
La même nuit, quelques kilomètres plus loin sur la plage dEl Hierro, un
autre rafiot séchoua : à son bord, 60 hommes, 17 enfants et 7 femmes,
spectres titubants à la limite de lagonie (1).
A la même époque encore, mais en Méditerranée cette fois-ci, un autre
drame se joue : à 150 kilomètres au sud de Malte, un avion dobservation
de lorganisation Frontex repère un Zodiac surchargé de 53 passagers qui
probablement par suite dune panne de moteur dérive sur les flots
agités. A bord du zodiac, les caméras de lavion identifient des enfants
en bas âge et des femmes. Revenu à sa base, à La Valette, le pilote en
informe les autorités maltaises, qui refusent dagir, prétextant que les
naufragés dérivent dans la « zone de recherche et de secours libyenne ».
La déléguée du Haut Commissariat des réfugiés des Nations unies Laura
Boldini intervient, demandant aux Maltais de dépêcher un bateau de
secours. Rien ny fait. LEurope ne bouge pas. On perd toute trace des
naufragés.
Quelques semaines auparavant, une embarcation où se pressaient une
centaine de réfugiés africains de la faim, tentant de gagner les Canaries,
avait sombré dans les flots au large du Sénégal. Il y eut deux survivants
(2).
Des milliers dAfricains, y compris des femmes et des enfants, campent
devant les clôtures des enclaves espagnoles de Melilla et de Ceuta, dans
le Rif aride. Sur injonction des commissaires de Bruxelles, les policiers
marocains refoulent les Africains dans le Sahara (3). Sans provisions ni
eau. Des centaines, peut-être des milliers dentre eux périssent dans les
rochers et les sables du désert (4).
Combien de jeunes Africains quittent leur pays au péril de leur vie pour
tenter de gagner lEurope ? On estime que, chaque année, quelque 2
millions de personnes essaient dentrer illégalement sur le territoire de
lUnion européenne et que, sur ce nombre, environ 2 000 périssent en
Méditerranée, et autant dans les flots de lAtlantique. Leur objectif est
datteindre les îles Canaries à partir de la Mauritanie ou du Sénégal, ou
de franchir le détroit de Gibraltar au départ du Maroc.
Selon le gouvernement espagnol, 47 685 migrants africains sont arrivés sur
les côtes en 2006. Il faut y ajouter les 23 151 migrants qui ont débarqué
sur les îles italiennes ou à Malte au départ de la Jamahiriya arabe
libyenne ou de la Tunisie. Dautres essaient de gagner la Grèce en passant
par la Turquie ou lEgypte. Secrétaire général de la Fédération
internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, M.
Markku Niskala commente : « Cette crise est complètement passée sous
silence. Non seulement personne ne vient en aide à ces gens aux abois,
mais il ny a pas dorganisation qui établisse ne serait-ce que des
statistiques rendant compte de cette tragédie quotidienne (5). »
Pour défendre lEurope contre ces migrants, lUnion européenne a mis sur
pied une organisation militaire semi-clandestine qui porte le nom de
Frontex. Cette agence gère les « frontières extérieures de lEurope ».
Elle dispose de navires rapides (et armés) dinterception en haute mer,
dhélicoptères de combat, dune flotte davions de surveillance munis de
caméras ultrasensibles et de vision nocturne, de radars, de satellites et
de moyens sophistiqués de surveillance électronique à longue distance.
Frontex maintient aussi sur sol africain des « camps daccueil » où sont
parqués les réfugiés de la faim, qui viennent dAfrique centrale,
orientale ou australe, du Tchad, de la République démocratique du Congo,
du Burundi, du Cameroun, de lErythrée, du Malawi, du Zimbabwe Souvent,
ils cheminent à travers le continent durant un ou deux ans, vivant
dexpédients, traversant les frontières et tentant de sapprocher
progressivement dune côte. Ils sont alors interceptés par les agents de
Frontex ou leurs auxiliaires locaux qui les empêchent datteindre les
ports de la Méditerranée ou de lAtlantique. Vu les versements
considérables en espèces opérés par Frontex aux dirigeants africains, peu
dentre eux refusent linstallation de ces camps. LAlgérie sauve
lhonneur. Le président Abdelaziz Bouteflika dit : « Nous refusons ces
camps. Nous ne serons pas les geôliers de nos frères. »
Organiser la famine et criminaliser ceux qui la fuient
La fuite des Africains par la mer est favorisée par une circonstance
particulière : la destruction rapide des communautés de pêcheurs sur les
côtes atlantique et méditerranéenne du continent. Quelques chiffres.
Dans le monde, 35 millions de personnes vivent directement et
exclusivement de la pêche, dont 9 millions en Afrique (6). Les poissons
comptent pour 23,1 % de lapport total de protéines animales en Asie, 19 %
en Afrique ; 66 % de tous les poissons consommés sont pêchés en haute mer,
77 % en eaux intérieures ; lélevage en aquaculture de poissons représente
27 % de la production mondiale. La gestion des stocks de poissons dont les
déplacements seffectuent tant à lintérieur quà lextérieur des zones
économiques nationales revêt donc une importance vitale pour lemploi et
la sécurité alimentaire des populations concernées.
La plupart des Etats de lAfrique subsaharienne sont surendettés. Ils
vendent leurs droits de pêche à des entreprises industrielles du Japon,
dEurope, du Canada. Les bateaux-usines de ces dernières ravagent la
richesse halieutique des communautés de pêcheurs jusque dans les eaux
territoriales. Utilisant des filets à maillage étroit (interdits en
principe), elles opèrent fréquemment en dehors des saisons où la pêche est
autorisée. La plupart des gouvernements africains signataires de ces
concessions ne possèdent pas de flotte de guerre. Ils nont aucun moyen
pour faire respecter laccord. La piraterie est reine. Les villages
côtiers se meurent.
Les bateaux-usines trient les poissons, les transforment en surgelés, en
farine ou en conserves, et expédient du bateau aux marchés. Exemple : la
Guinée-Bissau, dont la zone économique abrite un formidable patrimoine
halieutique. Aujourdhui, pour survivre, les Bissagos, vieux peuple
pêcheur, sont réduits à acheter sur le marché de Bissau au prix fort
des conserves de poisson danoises, canadiennes, portugaises.
Plongés dans la misère, le désespoir, désarmés face aux prédateurs, les
pêcheurs ruinés vendent à bas prix leurs barques à des passeurs mafieux ou
simprovisent passeurs eux-mêmes. Construites pour la pêche côtière dans
les eaux territoriales, ces barques sont généralement inaptes à la
navigation en haute mer.
Et encore Un peu moins dun milliard dêtres humains vivent en Afrique.
Entre 1972 et 2002, le nombre dAfricains gravement et en permanence
sous-alimentés a augmenté de 81 à 203 millions. Les raisons sont
multiples. La principale est due à la politique agricole commune (PAC) de
lUnion européenne.
Les Etats industrialisés de lOrganisation de coopération et de
développement économiques (OCDE) ont payé à leurs agriculteurs et
éleveurs, en 2006, plus de 350 milliards de dollars au titre de
subventions à la production et à lexportation. LUnion européenne, en
particulier, pratique le dumping agricole avec un cynisme sans faille.
Résultat : la destruction systématique des agricultures vivrières
africaines.
Prenons lexemple de la Sandaga, le plus grand marché de biens de
consommation courante de lAfrique de lOuest. La Sandaga est un univers
bruyant, coloré, odorant, merveilleux, situé au cur de Dakar. On peut y
acheter, selon les saisons, des légumes et des fruits portugais, français,
espagnols, italiens, grecs, etc. au tiers ou à la moitié du prix des
produits autochtones équivalents.
Quelques kilomètres plus loin, sous un soleil brûlant, le paysan wolof,
avec ses enfants, sa femme, travaille jusquà quinze heures par jour et
na pas la moindre chance dacquérir un minimum vital décent.
Sur 52 pays africains, 37 sont des pays presque purement agricoles.
Peu dêtres humains sur terre travaillent autant et dans des conditions
aussi difficiles que les paysans wolof du Sénégal, bambarg du Mali, mossi
du Burkina ou bashi du Kivu. La politique du dumping agricole européen
détruit leur vie et celle de leurs enfants.
Revenons à Frontex. Lhypocrisie des commissaires de Bruxelles est
détestable : dune part, ils organisent la famine en Afrique ; de lautre,
ils criminalisent les réfugiés de la faim.
Aminata Traoré résume la situation : « Les moyens humains, financiers et
technologiques que lEurope des Vingt-Cinq déploie contre les flux
migratoires africains sont, en fait, ceux dune guerre en bonne et due
forme entre cette puissance mondiale et de jeunes Africains ruraux et
urbains sans défense, dont les droits à léducation, à linformation
économique, au travail et à lalimentation sont bafoués dans leurs pays
dorigine sous ajustement structurel. Victimes de décisions et de choix
macroéconomiques dont ils ne sont nullement responsables, ils sont
chassés, traqués et humiliés lorsquils tentent de chercher une issue dans
lémigration. Les morts, les blessés et les handicapés des événements
sanglants de Ceuta et de Melilla, en 2005, ainsi que les milliers de corps
sans vie qui échouent tous les mois sur les plages de Mauritanie, des îles
Canaries, de Lampedusa ou dailleurs, sont autant de naufragés de
lémigration forcée et criminalisée (7). »
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(1) Cf. El País, Madrid, 13 mai 2007 ; la nuit est celle du 11 au 12 mai.
(2) Le Courrier, Genève, 10 décembre 2006.
(3) Le 28 septembre 2005, des soldats espagnols ont tué cinq jeunes
Africains qui tentaient descalader la clôture électrifiée entourant
lenclave de Ceuta. Huit jours plus tard, six autres jeunes Noirs étaient
abattus dans des circonstances similaires.
(4) Human Rights Watch, 13 octobre 2005.
(5) La Tribune de Genève, 14 décembre 2006.
(6) Ce chiffre exclut les personnes employées dans laquaculture. Cf.
Organisation pour lalimentation et lagriculture (FAO), La situation
mondiale des pêches et de laquaculture, Rome, 2007.
(7) Aminata Traoré, intervention au Forum social mondial, Nairobi, 20
janvier 2007.
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ZPAJOL liste sur les mouvements de sans papiers
De LeGardian
indépendant | 19H22 | 08/03/2008 |
Immanuel Wallerstein s'entretient avec Thomas Wieder pour le Monde des Livres, 28 février 2008
L'universalisme européen, écrivez-vous, est « la dernière et perverse justification de l'ordre moral existant ». Pourquoi ?
Les Européens, ou les Occidentaux si vous préférez, sont convaincus qu'ils sont les seuls détenteurs de valeurs universelles. Pour moi, il s'agit d'une rhétorique du pouvoir qui sert à légitimer toutes sortes de politiques de type impérialiste. C'est le même dispositif rhétorique qui a été utilisé au XVIe siècle pour justifier l'évangélisation chrétienne, au XIXe siècle pour justifier la « mission civilisatrice » des puissances coloniales et au XXe siècle pour justifier le droit d'ingérence. Certes, la terminologie a évolué - la référence au christianisme a été remplacée par la référence aux droits de l'homme -, mais l'idée est la même. Rien n'a changé depuis le débat qui opposa Las Casas à Sepulveda au XVIe siècle. Hier comme aujourd'hui, l'enjeu est de savoir si nous pouvons nous immiscer dans les affaires des « barbares », voire introduire chez eux des valeurs que nous croyons universelles.
Le risque n'est-il pas de tomber dans un relativisme absolu ?
Je ne prêche ni le relativisme ni l'indifférence. Considérons le débat sur le droit d'ingérence. Las Casas nous invite à être prudents quand nous prétendons apporter aux autres des solutions. « Avant tout, ne pas nuire », dit-il. Il faut toujours se demander si notre intervention ne risque pas d'aggraver la situation plutôt que de l'améliorer. Pensez à l'Irak. Cette lucidité critique doit porter aussi sur les valeurs qui fondent nos actes. Prenons les droits de l'homme. Si vous relisez les textes écrits pendant la Révolution, vous verrez que les droits de la femme ne sont pas pris en compte. Si vous relisez la Déclaration universelle de 1948, vous constaterez que le problème du colonialisme n'est pas mentionné. Pourquoi rappeler cela ? Parce qu'avant de demander aux autres d'adopter tel ou tel modèle philosophique, politique ou économique, on doit s'interroger sur la valeur véritable du modèle, et donc sur ses limites.
Est-ce la condition pour atteindre ce que vous appelez un « universalisme authentiquement universel » ?
C'est une condition, mais pas la seule. Ce qu'il faut changer, c'est notre disposition d'esprit. Vis-à-vis de nous-mêmes comme vis-à-vis des autres. Senghor voulait que les hommes se retrouvent dans une sorte de « rendez-vous du donner et du recevoir ». J'aime cette formule. C'est sur cet idéal démocratique et égalitaire que l'on peut ébaucher un « universalisme universel ». Je pense, par exemple, qu'il faut reconnaître les droits des minorités et accepter tous les particularismes, linguistiques, sexuels, culturels, etc. C'est une idée qui dérange, notamment en France, mais je crois qu'on ne peut pas faire autrement. Sinon, que se passe-t-il ? Les individus et les groupes se sentent humiliés et ils entrent en conflit les uns contre les autres. Voyez ce qui s'est passé après le 11-Septembre : Ben Laden a accusé les Américains d'humilier les musulmans, puis les néoconservateurs ont accusé l'Irak d'humilier les Etats-Unis. Finissons-en avec la rhétorique de l'humiliation. La politique, c'est l'art du compromis et du dialogue. Si on élimine d'avance l'idée que l'autre a quelque chose de légitime à proposer, alors c'est l'échec assuré.
Immanuel Wallerstein, sociologue et historien, a été directeur d'études à l'EHESS et président de l'Association internationale de sociologie. Pionnier du Forum social mondial, il est engagé dans le mouvement altermondialiste. Il enseigne la sociologie à la Yale University et est le Directeur du Centre Fernand Braudel, University of Binghamton (Eta de New-York). Il est également chercheur permanent à la Maison des Sciences de l'Homme. Voir sa fiche sur Wikipedia.
à LeGardian
De Pierre Haski
(auteur)
Rue89 | 19H25 | 08/03/2008 |
merci, c'est très pertinent.
à LeGardian
De Blaise11
I'm hard, but I'm fair. | 12H54 | 09/03/2008 |
J'ai bien peur que cette belle analyse se heurte à la sacrosainte et implacable réalité des quotas ainsi qu'au cynisme de l'idéologie de décisionnaires peureux « du recevoir » mais friands « du donner ».
M'enfin, ça reste à n'en pas douter un terreau fertile pour un universalisme futur.
Bonne chance les intellos, y a du boulot !
De Mobile
19H43 | 08/03/2008 |
@ Bon Scott
Je vous fais « Commandeur » de l'Ordre de la gratification d'honneur. Je souhaite que ma dernière version de « Mini, si pâle 8.03. » fonctionne bien. J'ai téléchargé « Pod Pipôle », version 8.03.08. Mais, ça ne marche pas. J'attends la version 8.03.09.
De TARPON
20H31 | 08/03/2008 |
La verité est que les africains ont peur que la France ne les lache et que les frontieres se ferment les laissant seuls avec leurs tyrans.
D'un autre coté l'arrogance française est reelle mais s'explique par le ras le bol de voir l'Afrique s'abandonner à la facilité d'une post neocolonisation.l'africain veut une france acueillante et qui ferme sa gueule,on peut pas tout avoir.
à TARPON
De re-belle
mère au foyer | 23H47 | 08/03/2008 |
en afrique, les tyrans sont aux pouvoirs grace à qui ? ? ? ! ! ! …
c'est bien beau de les montrer du doigt, mais il faudrait mieux regarder nos gouvernements ! ! ! …
à re-belle
De destribat
anti-corruption | 02H35 | 09/03/2008 |
Tarpon a un problème de culture, de connaissance, je lui conseille de se former sur l'histoire des coup d'état en Afrique avant.
L'Afrique a deux principaux malheurs :
la richesse de son sous-sol
la naïveté des dirigeants africains francophones qui ont cru au mensonge du Général De Gaulle.
à destribat
De TARPON
16H09 | 09/03/2008 |
les africains sont la cause de leurs propres malheurs ,leurs tyrans sont leur propre choix entre deux tyrans ,le tchad en est devenu une caricature perpetuelle .Toute l'histoire de l'afrique precoloniale est le fondement de l'afrique d'aujourd'hui.Il suffit de mettre deux ethnies l'une en face de l'autre pour que le sang coule ,c'est ça l'afrique .Vous aviez quel age quand DE Gaulle est mort ?
à TARPON
De wamsaya
bête à poils | 04H35 | 10/03/2008 |
A quelle histoire de l'Afrique précoloniale faites-vous référence ? ? ? ? Lisez quelques ouvrages sur l'instrumentalisation et la construction des sentiments ethniques au Rwanda sous la règle Belge par exemple, c'est très évocateur quant-au prétendu atavisme des africains et leur propension quasi biologique à s'entre-tuer…Il ne suffit pas de lancer des imprécations, encore faudrait-il préciser votre pensée. Par ailleurs, on peut être né en 1900 et être beaucoup plus inculte sur ce qui s'est passé durant le siècle qu'à vingt ans avec un peu de culture. Comme disait Brassens « le temps ne fait rien à l'affaire… ». Beaucoup d'entre nous n'étaient pas nés à la mort de De Gaulle, et alors ? ? ? ?
à destribat
De MèreEvé
témoin | 17H51 | 09/03/2008 |
Certains dirigeants n'étaient pas naïfs mais ont été « placés », pour être plus précis.
Et on a fait taire ceux qui étaient moins naïfs.
A lire, et étonnez-vous qu'il n'ait trouvé aucun « grand éditeur » sur la place de Paris : Abel Goumba, ancien président du conseil en RCA juste avant l'indépendance (témoignage unique, car le président Abel Goumba, dès 1957, à l'entrée de l'application de la loi-cadre, dirigeait le premier gouvernement oubanguien comme l'ont été à la même époque, Gabriel Lusette au Tchad, Jacques Opangault au Moyen-Congo, Léon Mba au Gabon…) : « Les Mémoires & les Réflexions politiques du résistant anti-colonial, démocrate et militant panafricaniste, Abel Goumba » chez Ccinia Communications, accompagné de pièces d'archives édifiantes en annexe. Cet ancien médecin raconte comment on l'a empêché d'ouvrir dans des écoles un nombre suffisant de place pour former les futurs cadres du pays, comment on justifiait le salaire des fonctionnaires blancs démesurément supérieur à celui des Africains parce que les besoins en nourriture n'étaient pas les mêmes… Historique et rempli pourtant d'anecdotes, il se lit d'un trait et prouve mieux que beaucoup de discours le mépris de la France coloniale.
Goumba a aujourd'hui plus de 80 ans, il a passé beaucoup d'années en prison et pourtant on ne le connait pas comme Mandela.
De suffren
21H19 | 08/03/2008 |
Concernant l article d'Axel Ozangue je m etonne que sachant qu ils seront(dixit)« traites comme des betes sauvages » en France des milliers de Gabonais persistent a venirIls sont maso ou quoi ? Et puisque la France les traites si mal rien ne les empeche d aller voir ailleurs si l herbe est + verte Et puis d essayer de developper leur pays par eux meme au lieu de le confier systematiquement a des dictateurs fous qui detournent allegrement ttes les aides de l Occident Valable pour tte l Afrique Et nous avons grand tort de soutenir ces regimes pourris Partons de ce piege qu est L Afrique et faisons comme les autres etats occidentaux laissons les faire ce qu ils veulent
à suffren
De Lidenbrock
21H40 | 08/03/2008 |
Il vaut mieux lire ça que d'être aveugle (dixit ma grand-mère)… à moins que ce ne soit du nième degré ?
à Lidenbrock
De suffren
13H12 | 09/03/2008 |
J exprime une opinion contraire a un article Vous n etes pas d accord avec moi Ce qui est votre droit le + strict Mais croyez vous que c est en me repondant avec une phrase digne du cafe du commerce que l on fait un debat ? Je ne suis pas oblige de partager l avis de 90% des intervenants de ce site sur a peu pres tous les sujets comme c est le cas Je suis libre de mes opinions et je les exprime avec mes arguments Que vous les traitiez avec mepris n a aucun interet
à suffren
De wamsaya
bête à poils | 14H41 | 09/03/2008 |
On peut en effet avoir son avis,cela n'autorise pas tous les amalgames et à se complaire dans des clichés qui sont une insulte aux faits et à la réflexion. Pensez-vous que ces personnes soient en capacité de poser les choix informés qui leur permettraient de décider en toute connaissance de cause s'ils ont envie de venir tenter la traque policière dans nos « vertes prairies » ? La sociologie des migrations donne à voir des processus nettement plus complexes que vos grossiers raccourcis. Par ailleurs, encore une fois, on peut parler mais sur des faits s'il vous plaît : Togo, Congo Brazza, Tchad, Burkina,Gabon… pensez-vous vraiment que ce soient les peuples qui aient choisi, dans de grands élans masochistes nationaux, d'instituer leurs dirigeants respectifs et de les maintenir, parfois pour des décennies (bonjour Omar) ? Et la France ? Parlez d'accord, mais sachez de quoi vous parlez d'abord. Le monde n'est pas Disneyworld. Qui a dit que les peuples africains, dans leur grande majorité hélas, avaient le choix de leurs dirigeants, de leurs migrations, et de la politique économique menées par leurs états respectifs ?