
« Ce que je n'aurais pu faire dans la société qu'en jetant une bombe -ce qui m'aurait conduit à l'échafaud- j'ai tenté de le réaliser dans la peinture, en employant de pures couleurs sortant de leur tube. J'ai satisfait ainsi à ma volonté de détruire, de désobéir, afin de recréer un monde sensible, vivant et libéré. »
Savait-on que Maurice de Vlaminck avait été un anarchiste, un vrai, fervent libertaire et auteur de nombreuses professions de foi ? Une exposition au musée du Luxembourg, à Paris, est l'occasion de redécouvrir le maître du fauvisme.
Ses rouges vermillon nous mettent sur la voie : c'est bien une révolution de la peinture qu'a menée la bande de jeunes lions découverts dans une salle du Salon d'automne de 1905, et que le critique d'art Louis Vauxcelles qualifia, avec mépris, de « fauves ».
Il faut se précipiter dans le musée qui jouxte le Sénat et juger sur pièces. Vlaminck, mort il y a cinquante ans, n'a été que peu exposé. Un catalogue raisonné de ses œuvres fauves vient d'être publié par le Wildenstein Institute. C'est avec joie qu'on s'en met plein les yeux de cette fête de couleurs pures.
Il faut découvrir ses tableaux « en vrai », en trois dimensions, pour partager le plaisir que prenait Vlaminck à jouer avec la matière et les couleurs. On ne se souvenait pas que cela pouvait être aussi beau.
Le retour offensif de la couleur, une révolution picturale
Tout commence par un choc, nous dit Vlaminck, à la vue de la fameuse exposition des tableaux de Van Gogh en 1901, chez Bernheim-Jeune. Il cherche même à en acheter un, sans succès, faute d'avoir pu réunir 500 francs, une somme importante à l'époque.
|
A l'époque, le mouvement nabi a déjà « envoilé » les toiles, en dissolvant les couleurs, et l »impressionnisme a lui aussi chamboulé les codes. Et puis il y a ces jeunes gens, à la recherche d'autre chose.
De couleurs qui modèlent l'espace, sans souci de réalisme, ni de perspective, ni d'anciennes figures. D'aplats de couleurs pures, étalés au couteau même. Ces fauves, réunis à la faveur d'un bon mot, ne formaient pas une école ou un groupe, mais ont chacun à leur manière participé au retour offensif de la couleur, à la recherche d'une réalité authentique.
On dit que ce fut Matisse qui en fut à l'origine, mais Matisse aimait bien dire qu'il était à l'origine de tout. Vlaminck restera sédentaire à Chatou où il s'est installé, ne fera que peu de voyages, et ses couleurs chatoyantes, c'est à la nature des bords de Seine qu'on les doit. A partir de 1906, le marchand de tableaux Ambroise Vollard lui achète tout son atelier.
► Vlaminck, un instinct fauve, exposition au musée du Luxembourg, 19, rue de Vaugirard, Paris VIe - jusqu'au 20 juillet - lun. et ven. de 10h30 à 22h, mar., mer., jeu. et sam. de 10h30 à 19h, dim. de 9h à 19h - Rés. : 08-92-684-694 - 6€/11€ - plan.





















90
(Pour réagir, connectez-vous)
De Duvdevan
Juriste | 13H45 | 05/03/2008 |
L'exposition des oeuvres de Vlaminck a enfin lieu. On pourrait reprocher néanmoins à cette exposition un manque d'accessibilité pour les novices et des tarifs un peu trop élevés (12 euros de place et 4,50 euros d'audio-guide). La culture a un prix…
à Duvdevan
De Yann Guégan
Rue89 | 15H32 | 05/03/2008 |
Bonne remarque, je viens d'ailleurs d'ajouter les informations pratiques sur cette exposition à la fin du papier.
à Yann Guégan
De Natha
comédien | 15H47 | 05/03/2008 |
« à la fin du papier »
c'est rigolo de voir cette tournure arriver ici, c'est assez attendrissant. N'y voyez rien de sarcastique, ça m'a juste intrigué comme lapsus.
Je ne connaissais pas très bien Vlaminck, en revanche j'adore Van Dongen, dont j'invite chacun à voir les tableaux dans la collection du musée d'art moderne de Paris, partie gauche du palais de Tokyo, la visite des collecs est gratuite.
à Natha
De Yann Guégan
Rue89 | 22H17 | 05/03/2008 |
Je comprends votre réaction : -)
Mais « papier » est un terme du métier qui n'est pas utilisé qu'en presse écrite. On parle aussi de « papier radio »…
à Duvdevan
De pijdenuit
18H17 | 05/03/2008 |
je suis entièrement d'accord avec vous. La culture c'est pour les riches !
à pijdenuit
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 19H58 | 05/03/2008 |
Les musées sont gratuits le dimanche (ou seulement le 1er dimanche de chaque mois)
à Duvdevan
De Utilisateur désinscri
19H47 | 05/03/2008 |
vous plaisantez, 12 euros pour l'entrée, ce n'est pas cher tenant compte de ce que l'on voit/visite/apprend ; si vous allez en groupe (en famille ou avec des amis) vous pouvez avoir une réduction, tous les musées le font ; de toute façon, vous n'allez sûrement pas tous les jours voir une exposition, donc dire que 12 euros est un tarif trop élevé… en plus, l'organisation d'une exposition et le prêt des tableaux ne se font pas gratuitement ; je ne comprends pas ce que vous appelez « un manque d'accessibilité pour les novices » ; si je peux vous renseigner…
à Utilisateur désinscri
De athica
10H14 | 06/03/2008 |
« 12 euros pour l'entrée, ce n'est pas cher tenant compte de ce que l'ont voit/visite/apprend »
D'accord avec vous, c'est juste un peu plus cher qu'une place de ciné, enfin…si on habite à Paris ! ! ! !
Dommage pour les pauvres qui vivent en province…
à athica
De Utilisateur désinscri
10H29 | 06/03/2008 |
sûrement, vous avez raison, vivre en province vous coupe de certaines choses, mais…
le catalogue de l'exposition n'est pas cher ( 35 euros si mes souvenirs sont exacts) par rapport aux prix pratiqués lors des expositions (le prix tourne autour de 50 euros) ; ceci pour vous dire : pour vous consoler de ne pas pouvoir vous rendre à l'exposition, achetez le catalogue si vos moyens vous le permettent ; c'est ainsi que j'ai fait pour une exposition au musée Dini à Villefranche-sur-Saône (je ne pouvais pas y aller, le train + l'hôtel = trop cher pour moi)
à Utilisateur désinscri
De athica
10H45 | 06/03/2008 |
Je n'ai même plus les moyens de me payer un catalogue d'expo, alors je le demande au père noël ou pour mon anniversaire. Les expositions au palais du Luxembourg sont généralement bien organisées (pour celles que j'ai vu),et mettent très bien les oeuvres en valeur, alors c'est très frustrant de ne pas pouvoir y aller surtout que l'art c'est mon boulot (enfin si j'en avait un ! ).
à athica
De Utilisateur désinscri
12H02 | 06/03/2008 |
écoutez, moi non plus je n'ai pas les moyens (sans travail, petit chômage, la totale pour devenir folle ! ) ;
mais, ce que je vais faire, et avec plaisir, je vous offrirai le cataloque Vlaminck de l'exposition et vous l'enverrai ; alors, envoyez-moi votre adresse ; pour ne pas l'indiquer ici, vous pouvez m'envoyer un mail par l'intermédiaire de rue89
bien à vous
à Utilisateur désinscri
De athica
13H03 | 06/03/2008 |
Merci Marta vous êtes très gentille ! Mais c'est bientôt mon anniv » et ma maman va me l'offrir…
En fait j'ai de la peine quand je pense qu'il y a 7 ou 8 ans (déjà) j'étais simple étudiante avec un boulot d'étudiante et tout ce qui va avec, et avec une amie nous avons quand même pu nous payer 3 jours aux Pays Bas pour aller voir la restrospective sur Bosch. Aujourd'hui je n'ai même plus les moyens d'aller à Paris pour voir une expo : problème du pouvoir d'achat ! Enfin bon quand j'aurai retrouvé un emploi, je pourrai me re-faire plaisir !
Merci encore à vous.
à athica
De Utilisateur désinscri
19H28 | 06/03/2008 |
chère athica, c'est encore moi ;
si j'ai bien calculé, vous êtes encore jeune ( peut-être la trentaine ? ) donc la vie est devant vous ; ne baissez pas les bras ! surtout, gardez le moral en continuant de vous instruire, d'apprendre des choses nouvelles, de ne pas vous appitoyer sur vous-mêmes, combattez le destin, accrochez-vous à la vie ; vous dites que vous avez de la peine en pensant qu'il y a 7 ou 8 ans… et alors, c'est un beau souvenir, la retrospective de Bosch, et qui peut vous réchauffer le coeur dans des instants difficiles, tout comme un livre grave plein d'enseignement ;
je ne vous fais pas de la morale, juste un peu d'encouragement, moi-même j'ai passé des moments très, très durs mais je me disais toujours : il n'y a pas de problèmes dans la vie, il y a des solutions et il faut les chercher ; c'est comme un changement d'optique qui permet de voir les choses sous un angle positif et de réagir positivement
bien à vous
à Utilisateur désinscri
De athica
12H27 | 09/03/2008 |
Chère Marta,
votre message me touche et me remonte le morale (je viens de recevoir une réponse négative pour un emploi qui me plaisait beaucoup ! ). A la naissance de mon fils j'ai préféré m'occuper de lui plutôt que d'aller travailler et financièrement ça commence à se faire sentir ; mais si c'était à refaire je le referai. J'ai des projets pour les mois à venir et ne me laisserai pas abattre tant que je n'aurai pas exploré toutes les pistes…
Merci pour vos encouragements Marta
à athica
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 10H58 | 06/03/2008 |
« c'est juste un peu plus cher qu'une place de ciné »…
P't'être pour ça qu'on va plus à l'UGC ou au Gaumont ?
gardons nos 5 euros pour les salles arts & essais ou les festivals, parce que sinon…
à Duvdevan
De pikasso02
11H56 | 06/03/2008 |
Pas l'exposition des oeuvres de Vlaminck ! ! ! Celles de Vlaminck jusqu'à la guerre 14-18. Vlaminck a peint de nombreuses autres peintures entre 1918 et 1958 année de sa mort. Important je crois de noter !
De Ehim
ehim.over-blog.com | 13H53 | 05/03/2008 |
» Déclaration des Anarchistes accusés devant le Tribunal correctionnel de Lyon.
19 janvier 1883 (Procès des 66).
Ce qu'est l'anarchie, ce que sont les anarchistes, nous allons le dire :
Les anarchistes, Messieurs, sont des citoyens qui, dans un siècle où l'on prêche partout la liberté des opinions, ont cru de leur devoir de se recommander de la liberté illimitée.
Oui, Messieurs, nous sommes, de par le monde, quelques milliers, quelques millions peut-être - car nous n'avons d'autre mérite que de dire tout haut ce que la foule pense tout bas- nous sommes quelques milliers de travailleurs qui revendiquons la liberté absolue, rien que la liberté, toute la liberté !
Nous voulons la liberté, c'est-à-dire que nous réclamons pour tout être humain le droit et le moyen de faire tout ce qui lui plaît, et ne faire que ce qui lui plaît ; de satisfaire intégralement tous ses besoins, sans autre limite que les impossibilités naturelles et les besoins de ses voisins également respectables.
Nous voulons la liberté, et nous croyons son existence incompatible avec l'existence d'un pouvoir quelconque, quelles que soient son origine et sa forme, qu'il soit élu ou imposé, monarchique ou républicain, qu'il s'inspire du droit divin ou du droit populaire, de la Sainte-Ampoule ou du suffrage universel.
C'est que l'histoire est là pour nous apprendre que tous les gouvernements se ressemblent et se valent. Les meilleurs sont les pires. Plus de cynisme chez les uns, plus d'hypocrisie chez les autres !
Au fond, toujours les mêmes procédés, toujours la même intolérance. Il n'est pas jusqu'aux libéraux en apparence qui n'aient en réserve, sous la poussière des arsenaux législatifs, quelque bonne petite loi sur l'Internationale, à l'usage des oppositions gênantes.
Le mal, en d'autres termes, aux yeux des anarchistes, ne réside pas dans telle forme de gouvernement plutôt que dans telle autre. Il est dans l'idée gouvernementale elle-même ; il est dans le principe d'autorité.
La substitution, en un mot, dans les rapports humains, du libre contrat, perpétuellement révisable et résoluble, à la tutelle administrative et légale, à la discipline imposée ; tel est notre idéal.
Les anarchistes se proposent donc d'apprendre au peuple à se passer du gouvernement comme il commence à apprendre à se passer de Dieu.
Il apprendra également à se passer de propriétaires. Le pire des tyrans, en effet, ce n'est pas celui qui nous embastille, c'est celui qui nous affame ; ce n'est pas celui qui nous prend au collet, c'est celui qui nous prend au ventre.
Pas de liberté sans égalité ! Pas de liberté dans une société où le capital est monopolisé entre les mains d'une minorité qui va se réduisant tous les jours et où rien n'est également réparti, pas même l'éducation publique, payée cependant des deniers de tous.
Nous croyons nous, que le capital, patrimoine commun de l'humanité, puisqu'il est le fruit de la collaboration des générations passées et des générations contemporaines, doit être à la disposition de tous, de telle sorte que nul ne puisse en être exclu ; que personne, en revanche, ne puisse accaparer une part au détriment du reste.
Nous voulons, en un mot, l'égalité ; l'égalité de fait, comme corollaire ou plutôt comme condition primordiale de la liberté. De chacun selon ses facultés, à chacun selon ses besoins ; voilà ce que nous voulons sincèrement, énergiquement ; voilà ce qui sera, car il n'est point de prescription qui puisse prévaloir contre les revendications à la fois légitimes et nécessaires. Voilà pourquoi l'on veut nous vouer à toutes les flétrissures.
Scélérats que nous sommes ! Nous réclamons le pain pour tous, le travail pour tous ; pour tous aussi l'indépendance et la justice. »
http://ehim.over-blog.com
à Ehim
De brogilo
in angulo | 16H39 | 05/03/2008 |
Bonjour Ehim,
Je ne voudrais pas casser l'ambiance, ton texte sur l'anarchie est un beau texte, mais je tiens quand même à rappeler la visite officielle en Allemagne que fit Vlaminck en novembre 1941 à l'invitation de Goebbels et d'Arno Brecker.
Certes, il n'y alla pas seul, d'autres « dignes représentants de l'art français authentique » furent conviés.
Une dizaine de jours aux frais du Reich, ça ne se refuse pas.
Belmondo, Othon Friesz, Landowski, Dunoyer de Segonzac, Van Dongen, André Derain, pour ne citer que les plus célèbres d'entre eux, acceptèrent de se prêter ainsi à la propagande nazie.
Comme quoi les voies de l'anarchie sont impénétrables : on peut passer de l'explosion salvatrice de la jeunesse à une oeuvre croûteuse et brunâtre en l'espace de quelques décennies.
Autour de 1900, Vlaminck et Derain échangeaient toutes sortes de lecture du style : « Force et matière » de Ludwig Büchner ou « L'Unique et sa Propriété“de Kaspar Schmidt (Max Stirner), et collababorèrent à des revues telles que ‘L'assiette au beurre’ ou ‘Libertaire’.
Disons qu'ils ont fini tous les deux très loin de tout ça.
à brogilo
De Tiphainemmanuelle
optimisteparcequellelevautbien | 16H46 | 05/03/2008 |
merci pour le petit cours
pensez -vous que dans le cours d'histoire de l'Art que le ministre de la deséducation Nationale veut instituer en primaire on parlera de ce qui dérange ..
à Tiphainemmanuelle
De brogilo
in angulo | 17H39 | 05/03/2008 |
Non.
à brogilo
De Marlene Belilos
(auteur)
Journaliste | 11H47 | 06/03/2008 |
Bonjour Brogilo,
Contente de voir que vous êtes toujours attentif.
Pour le voyage d'automne, il faut savoir qu'un film a été fait sur ce suje, avec ce titre. Il a été co-produit par TV5 et diffusé sur cette chaîne, où je travaillais.
Maintenant pour l'expo, elle n'est pas tronquée, elle s'arrête à la fin de la 1ère guerre mondiale, à la fin de ce qui a été-comme vous le savez- la fin du mouvement fauve.
Merci pour toutes les précisions que vous amenez.
Marlène Belilos
Pour le prix des expos.. oui, il y a des solutions, amis du Musée…abonnements.. etc ; .
à Marlene Belilos
De brogilo
in angulo | 13H12 | 06/03/2008 |
Merci Marlène, c'est toujours un plaisir de vous lire. Vous savez porter un regard frais sur les choses.
à Marlene Belilos
De brogilo
in angulo | 14H28 | 06/03/2008 |
@ Marlène Belilos,
Me vient soudainemnt l'idée que le modèle de « La fille du rat mort » que vous mettez en exergue est le même que celui qui posa pour « La femme en chemise » d'André Derain.
Si j'étais fort comme Skalpa, je la mettrai en lien. A défaut on peut la retrouver sur Google Image.
Ces deux tableaux étant à rapprocher, me semble-t-il, de
« La femme au chapeau » d'Henri Matisse, de la même année.
(elle aussi on peut la retrouver sur Google Image).
à brogilo
De pikasso02
09H34 | 07/03/2008 |
Bonjour brogilo
qui est Skalpa, ça m'intéresse ! Merci.
à pikasso02
De brogilo
in angulo | 11H41 | 07/03/2008 |
Bonjour pikasso02
« qui est Skalpa, ça m'intéresse ! Merci. »
Skalpa était sur ce forum le 05 : 03 : 2008 à 18h57.
Une des particularités de ce monsieur est qu'il fait
passer des images dans ses commentaires.
Une technique qui nous serait bien utile à toi et à
moi pour étayer nos dires, quelques fois.
Imagine les reproductions conjointes de « La fille du
rat mort » de Vlaminck (906), de « La femme
en chemise » d'André Derain (1906), du « Portrait de
Madame Matisse » de Matisse (1905) + , bonus,
« La femme aux bijoux » de Picasso (1901) et
« Pierreuse, la main sur l'épaule“(1901) du même,
tout cela sur une même page, cela aurait sacrément
de la gueule…
Mimétisme en majesté ou je ne m'y connais pas ! ! ! ! !
à brogilo
De Utilisateur désinscri
11H58 | 07/03/2008 |
pardon, je m'y mêle - une très bonne idée qui intéresserait les autres aussi
pourquoi vus ne le proposez pas à Skalpa ?
bonne journée
à Utilisateur désinscri
De brogilo
in angulo | 12H29 | 07/03/2008 |
Cela a déjà été demandé à Skalpa qui a renvoyé les gens vers des sites expliquant comment faire. A l'époque, pris par le temps, je n'ai pas noté.
à brogilo
De brogilo
in angulo | 12H23 | 07/03/2008 |
A propos de mimétisme, de la rivalité qui en découle et de la violence inhérente à tout ça, je ne résiste pas à un dernier copié-collé : La description très « frappante » que fit Fernande Olivier de quelques-uns des protagonistes qui nous occupent, à l'époque du Bateau-Lavoir à Montmartre (qu'Apollinaire n'appelait pas pour rien Montmerde, je crois…)
Vlaminck prend une leçon de boxe.
Derain, Vlaminck et Braque formaient un trio étonnant et surtout important. Leur aspect faisait se retourner les passants. Très grands tous trois, les épaules larges, ils donnaient une rare idée de puissance physique.
Derain était le plus grand. Mince, élégant, le teint vif,les cheveux noirs, plaqués. D'un chic anglais, un peu voyant. Gilets de fantaisie, cravates de couleurs crues, vertes ou rouges. Toujours la pipe à la bouche, flegmatique, railleur, froid, raisonneur.
Braque, moins haut, tête puissante de nègre blanc, , épaules et cou de boxeur, le teint très brun, les cheveux noirs, frisés, les moustaches rasées, il était plus lourd. Une expression souvent voulue de brutalité, de grossièreté dans la voix, dans les gestes. Sans élégance, mais aisé dans d'amples vêtements de confection. Comme cravattes, de petites ficelles noires
aux noeuds lâches comme on en voit aux paysans normands. Un peu négligé ou voulant le paraître. Les traits marqués profondément et, comme je l'ai déjà dit, d'une intelligence subtile, s'adaptant très facilement,
méfiant adroit, rusé, en un mot, le vrai type du Normand.
Vlaminck était plus lourd, plus simplement lui-même. Massif, blond, presque roux. Expression assez brutale, têtue, l'air de quelqu'un qui sait où il veut aller. Des yeux bleus quelquefois naïfs souvent étonnés.
Très sûr de lui , il semblait stupéfait quand, à la fin d'une discussion, on lui prouvait qu'il se trompait.
Ancien coureur cycliste, il était très fort et se croyait naturellement invincible. Quand, sans argent, il était forcé de regagner Chatou à pied la nuit, il disait avoir eu quelques fois à se défendre, en chemin, contre des agresseurs et s'en être toujours tiré favorablement, par sa seule force physique.
Il niait l'adresse, la valeur de la boxe contre la seule force brutale, jusqu'au jour où Derain et Braque, qui boxaient assez régulièrement, lui infligèrent tour à tour une sérieuse défaite. Nous le rencontrâmes, quittant l'atelier de Derain, le nez comme une pomme de terre, en assez piteux état, mais absolument convaincu.
Picasso était attiré par la boxe. Il en aimait les combats qu'il suivait assidûment. Il aurait voulu boxer. Mais il détestait recevoir des coups, voire en donner. Il prît chez Derain une seule leçon, je croisd. Mais elle lui suffit pour toute sa vie.
Ils sortaient souvent tous les quatre, Picasso tout petit auprès d'eux. Mais, étant trapu, il donnait une impression de force physique, peu justifiée du reste. Picasso était fier d'être pris pour un boxeur, grâce à
ses trois compagnons.
En somme, Picasso, s'il a toujours désiré la gloire, la désirait pour une autre cause que celle qui le favorisait. Max Jacob ne disait-il pas de lui, un jour, qu'il aurait préféré la gloire d'un Don Juan à celle d'un artiste célèbre ? il aimait l'attention des femmes et s'en montrait très flatté, quelles qu'elles fussent, d'où qu'elles vinssent. Cela d'ailleurs lui suffisait souvent, car sa paresse naturelle, son horreur des complications, lui firent souvent abréger ses aventures.
Picasso et ses amis
Fernande Olivier.
à brogilo
De pikasso02
17H12 | 07/03/2008 |
Juste pour indiquer que Fernande Olivier fut la compagne de Picasso pendant six ans (1905-1911) Tous les lecteurs ne sont pas censés connaître cette Fernande Olivier.
à pikasso02
De Utilisateur désinscri
19H43 | 09/03/2008 |
et pourquoi employez-vous le démonstratif « cette » Fernande Olivier, elle n'était pas une chose, un objet