A debattre

Religion et droits de l'homme : le débat fait rage

Alors que le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies se réunit depuis lundi, et pour 4 semaines, à Genève, un manifeste signé par une série de personnalités tire à boulets rouges sur l'institution. Craignant que la diffamation des religions soit reconnue comme une forme de racisme, les signataires s'en prennent à Doudou Diène, l'expert onusien en charge du racisme.

Souvenez-vous. En 2001 dans la ville sud-africaine de Durban, la conférence de l'ONU contre le racisme donna lieu à des manifestations prônant la destruction d'Israël et à une déclaration de la société civile considérée comme antisémite. La conférence évita in extremis le naufrage par l'adoption à l'unanimité d'une déclaration finale et d'un plan d'action dont le contenu suscita le soulagement du gouvernement israélien qui s'était pourtant retiré des négociations, tout comme les Etats-Unis.

 
Un champs de mines
Comme de coutume aux Nations unies, la conférence internationale sur le racisme qui s'est tenue à Durban en 2001 est suivie par une réunion chargée de tirer le bilan des déclarations et actions annoncées. Cette nouvelle conférence doit se tenir en 2009. Le Conseil des droits de l'homme est chargé de préparer cette réunion au travers d'un groupe de travail piloté par la Libye.
Ces travaux donnent lieu à un bras de fer entre les pays occidentaux et les pays africains et islamiques, ces derniers étant majoritaires au Conseil des droits de l'homme. Les pays occidentaux dont la Suisse veulent s'en tenir à un bilan des textes et mesures adoptés en 2001. Les pays africains et islamiques veulent inclure de nouveaux thèmes comme le profilage au nom de la lutte antiterroriste, l'incitation à la haine raciale et religieuse ou la diffamation des religions.
La Suisse et les autres pays occidentaux considèrent que ces thèmes sont soit déjà couverts par les textes existants ou ne relèvent pas des droits de l'homme, comme la diffamation des religions.

Aujourd'hui, les esprits s'enflamment à nouveau avec la conférence de suivi de Durban prévue l'année prochaine et confiée au Conseil des droits de l'homme.

Des personnalités indignées

Dernier épisode de cet affrontement de plus en plus aigu : la publication dans la presse d »une tribune intitulée » L'ONU contre les droits de l'homme » et signée par une série de personnalités comme Elie Wiesel, Georges Charpak, Alain Finkielkraut ou Claude Lanzmann. Un manifeste lancé par la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA)

Le texte dénonce avec vigueur le Conseil des droits de l'homme (CDH) :

 » Par sa mécanique interne, les coalitions et les alliances qui s'y constituent, les discours qui s'y tiennent, les textes qui s'y négocient et la terminologie utilisée anéantissent la liberté d'expression, légitiment l'oppression des femmes et stigmatisent systématiquement les démocraties occidentales. Le CDH est devenu une machine de guerre idéologique à l'encontre de ses principes fondateurs » .

Les signataires s'en prennent aussi à Louise Arbour, Haut-commissaire aux droits de l'homme et tout particulièrement à Doudou Diène, rapporteur spécial de l'ONU sur les formes contemporaines de racisme en lui reprochant une série de propos.

Voile et laïcité

Le manifeste assure que :

 » Doudou Diène déclare d'ores et déjà qu'énoncer une critique contre le port de la Burqa [vêtement qui couvre l'entier du corps] constitue une agression raciste et que la loi française contre le port des signes religieux à l'école participe du racisme antimusulman, renommé islamophobie occidentale » .

Réponse de l'intéressé joint en Inde vendredi :

 » Cette information est tout simplement fausse. Dans mes rapports, j'ai écrit que la loi française interdisant le voile dans les écoles publiques était une mesure discriminatoire qui remet en question le droit garanti par les instruments internationaux des expressions de la liberté religieuse » .

Selon les signataires, Doudou Diène aurait également affirmé que » la laïcité est ancrée dans une culture esclavagiste et colonialiste » .

 » Je n'ai jamais dit une telle chose, s'indigne l'expert indépendant. Comme rapporteur spécial.

 » j'ai constaté que dans certains pays, la laïcité était pratiquée de manière absolue et contraire aux instruments internationaux et que certains groupes utilisent la laïcité pour s'opposer à l'expression de la liberté religieuse. Dans tous mes rapports, je préconise la recherche d'un équilibre entre liberté religieuse et liberté d'expression. J'ai toujours reconnu que la laïcité (séparation de l'Eglise et de l'Etat et neutralité de l'Etat par rapport aux religions) constitue un progrès très important » .

La critique des religions De manière plus générale, les signataires craignent la teneur des textes qui seront adoptés lors du forum Durban 2.

 » Si le blasphème devait être assimilé à du racisme, si le droit à la critique de la religion devait être mis hors la loi, si la loi religieuse devait s'inscrire dans les normes internationales, ce serait une régression aux conséquences désastreuses, et une perversion radicale de toute notre tradition de lutte contre le racisme, qui n'a pu et ne peut se développer que dans la liberté de conscience la plus absolue » .

Une crainte relativisée par Doudou Diène :

 » Nous avons été très attentifs à ne pas toucher au blasphème en lui-même. Ce que je dis, y compris dans le rapport que je vais présenter lors de cette session : la liberté d'expression doit être garantie comme fondement de la démocratie. Mais elle ne doit pas mener à l'incitation à la haine religieuse et raciale. Un énoncé qui figure très clairement dans le pacte international sur les droits civils et politiques, l'un des deux piliers de la charte internationale des droits de l'homme » .

Une conférence en péril

Reste que les négociations préparatoires à la conférence de suivi de Durban sont de plus en plus tendues. En cause : l'inclusion de la diffamation des religions comme nouvelle forme de racisme. Minoritaires au sein du CDH, les pays occidentaux s'y opposent, alors que les pays africains et islamiques demandent cette inclusion. Résultat : le Canada s'est retiré, tout comme Israël. Et la France menace de le faire.

Des retraits qui inquiètent Doudou Diène :

 » Devant la montée de toutes les formes de racisme dans le monde, que ce soit l'antisémitisme, le racisme contre les Noirs ou les nouvelles formes de discrimination raciale qui font suite au 11 septembre, il est absolument nécessaire de tenir une nouvelle conférence sur le racisme pour montrer que la communauté internationale se mobilise contre ce péril. En cas d'échec, les forces qui instrumentalisent le racisme auront le sentiment d'avoir la liberté d'agir » .

 

En partenariat avec SwissInfo.ch, et avec :

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Portrait de skalpa

De skalpa

actif et militant ? | 08H38 | 05/03/2008 | Permalien

Plus que jamais, il est temps, plus que temps que de défendre la laïcité, bien entendu pas forcément celle de Jules Ferry, qui il est vrai était un peu emprunt de colonialisme.
On ne peut se réfugier derrière le racisme afin de légitimer l'exploitation des femmes par certains religieux.
La foi apaise, la religion pèse, paraît-il. Etant athée, je ne sais si la foi apaise, tant mieux pour ceux dont c'est le cas, mais j'ai beaucoup d'indices me permettant de dire que la religion pèse dans de nombreux cas…

La foi est quelque chose de personnel, elle ne doit être imposée par aucun dogme.
Mon identité est peut-être marquée par une histoire chrétienne, mais ce n'est pas pour autant que je vais me réfugier derrière elle.

Une vraie liberté de penser est belle et bien individuelle et n'a pas besoin, surtout pas, d'être organisée par quelque pouvoir que ce soit !

http://kprodukt.blogspot.com

Portrait de bzit

à skalpa Portrait de skalpa De bzit

14H07 | 05/03/2008 | Permalien

Une société sans religion, c'est comme un bateau sans boussole.

Portrait de Sacha25

à bzit Portrait de bzit De Sacha25

16H10 | 05/03/2008 | Permalien

Oh, la belle métaphore
Une boussole est cet aiguille dont une extrémité, colorée en rouge, et qui est marqué N nous indique, en direction approximative du pôle géographique Nord, le pôle magnétique ……..Sud, bien entendu, (les pôles de même signe se repoussent). A la prochaine inversion des pôles magnétiques que nous attendons dans les 100 000 ans à venir, l'aiguille rouge, marquée N indiquera le pôle géographique Sud.
La boussole est donc cet instrument qui nous indique à peu près n'importe quoi et dont il faut se servir pour aller là où nous voulons aller

Il en va très exactement de même pour les religions,
à la différence près que les religions, ou plutôt les hommes (humains masculins) qui prétendent incarner la religion, nous disent là où ils veulent que nous allions, jusqu'à la prochaine inversion des pôles, bien sûr

Portrait de bzit

à Sacha25 Portrait de Sacha25 De bzit

17H18 | 05/03/2008 | Permalien

Je suis totalement d'accord avec le fait qu'il ne faut pas suivre aveuglément ce que disent les « hommes qui prétendent incarner la religion ». D'ailleurs, il faut être bien bête pour avoir besoin d'un intermédiaire pour interpréter une boussole.
Mais la boussole reste l'instrument qui a permis pendant des siècles aux navigateurs de trouver leur chemin, instrument sans lequel ils se seraient perdus en mer…

Portrait de Sacha25

à bzit Portrait de bzit De Sacha25

00H47 | 06/03/2008 | Permalien

Parce qu'ils avaient compris que ce n'était qu'un instrument
Mais continuons la métaphore.
Le dieu d'Abraham crée Adam et Eve nus et tout se passe bien, c'est écrit (sauf pour Abraham). Puis arrivent la pomme, le serpent et … révélation : quand le dieu d'Abraham a créé Adam et Eve nus, il a fait une c……e, c'est écrit et maintenant on le sait. Il faut modifier tout ça et donc il faut que ça se sache(pour modifier) sans que ça se sache (un dieu qui fait des c……es, c'est pas sérieux n'est-ce pas). La boussole, « qui vous ment » en réalité, n'a jamais prétendu être parfaite.
Et toute une civilisation qui tourne le dos au Nord (sa vérité originelle) et qui prétend le contraire.

Et voila pourquoi on peut se servir d'une boussole

Portrait de parousnik

à bzit Portrait de bzit De parousnik

02H03 | 06/03/2008 | Permalien

Sur un bateau il s'agit d'un compas

Portrait de parousnik

à bzit Portrait de bzit De parousnik

02H03 | 06/03/2008 | Permalien

Sur un bateau il s'agit d'un compas

Portrait de pablico

à skalpa Portrait de skalpa De pablico

18H59 | 05/03/2008 | Permalien

Si l'état à la malheur de se mêler de religion. On ne va jamais avoir la paix civile.

Portrait de pierrejcallard

à pablico Portrait de pablico De pierrejcallard

www.nouvellesociete.org | 00H19 | 06/03/2008 | Permalien

Clair. Une religion, par définition, met la foi au dessus de la raison. La raison ne peut donc plus jouer son rôle d'arbitre consensuel et les croyants descendent en découdre dans la rue, chacun convaincu qu'il a le bon droit pour lui. Ce qui est navrant, c'est qu'après toutes ces guerres de religions il ne subsistent pas que des non-croyants

http://geocities.com/newsociety_2000

Pierre JC Allard

Portrait de virginie78

à skalpa Portrait de skalpa De virginie78

Éteignez votre TV et apprenez à lir... | 19H16 | 05/03/2008 | Permalien

C'est gravissime ce qui se passe :
la laïcité est notre seul rempart contre les sectes qui attendent sur le pas de notre porte, c'est le seul rempart contre les religions intégristes, agressives, qui abusent, qui s'infiltrent dans les sphères du pouvoir , etc
c'est le seul rempart pour que un gniouf ne décide pas de nos choix de vie à notre place.

Renoncer à la laïcité c'est renoncer à rester debout comme un être humain et renoncer à faire nos propres choix .
C'est renoncer à transmettre notre propre système de valeurs à nos enfants car on le fera à notre place.

Portrait de repmi

De repmi

08H30 | 05/03/2008 | Permalien

Pourquoi tout mélanger .
La laicité la démocratie les droits de l'homme c'est pour tous
la religion,les croyances,les divinités c'est pour certains et dans la sphère privée……………point n'est alors de faire des lois sur les libertés individuelles
La raison contre la croyance ? non
La raison ou la croyance ? oui mais a l'aune de la liberté de chacun à penser

Portrait de Ellington

à repmi Portrait de repmi De Ellington

08H32 | 05/03/2008 | Permalien

Le problème est que la liberté de pensée du laic, n'est pas reconnue par le clerc, qui refuse par principe toute opinion autre que la sienne.

Portrait de Gosseyn

à repmi Portrait de repmi De Gosseyn

10H36 | 05/03/2008 | Permalien

Parce que les représentants temporels des religions ne sont déjà plus dans la sphère privée. Autoproclamé, dans la plsupart des cas, représentant des croyances des gens, ils détiennent ou veulent détenir un pouvoir sur les masses.

La laïcité, c'est également la protection des individus contre leur groupe d'origine : c'est permettre au chrétien, au juif, au musulman, etc. de rompre avec sa religion ou de la pratiquer hors des dogmes officiels.

Portrait de Ellington

De Ellington

08H31 | 05/03/2008 | Permalien

Le sujet est certes explosif et chaque mot doit être pesé. Les démocraties sont bien mal armées pour faire face aux intransigeances et intégrismes de toutes origines, religieux ou politiques. Comment concilier liberté (de culte, de réunion…) et préservation des droits laics ? Au nom de la liberté religieuse, certains groupes revendiqueront le droit à des pratiques que d'autres jugeront « liberticides ».

Les principes généraux des droits de l'homme (et de la femme) doivent rester supérieurs à toutes règles ou traditions (qu'elles soient religieuses ou communautaires) sous peine de sombrer dans une anarchie obscurantiste où chaque chapelle revendiquera sa propre « charia ».

Les politiques éclairés doivent avoir le courage de deféndre ces principes sans faiblesse, sans craindre de s'aliéner les fractions marginales des opinions qui de toute façon, ne leur en seront jamais reconnaissantes.

Portrait de DidierB63

De DidierB63

Devant un écran | 08H50 | 05/03/2008 | Permalien

C'est le serpent qui se mord la queue. On voudrait diminuer la liberté d'expression au nom des droits de l'homme.
Nous n'avons pas besoin d'un nouveau texte qui nous dise que l'incitation à la haine religieuse ou raciale ne peut pas être tolérée, même dans le cadre de la liberté d'expression.
Mais ce qui se profile est bien plus dangereux. Encore une instrumentalisation…
En tout cas, il y en a un qui doit jubiler, c'est celui qui nous proposais il y a peu une « laïcité positive ».

http://polemiquons.over-blog.com/

Portrait de gérare

De gérare

photographe | 08H51 | 05/03/2008 | Permalien

Doudou Diène est un crétin.
Oser dire que la laïcité est ancrée dans une culture esclavagiste et colonialiste,
c'est être à côté de soi même.
Les hommes qui sont payés pour réfléchir réfléchissent sous la pression des monothéismes.
Au nom de ces religions les êtres humains s'égorgent copieusement depuis des millénaires et cela est toujours dramatiquement d'actualité aujourd'hui.
Les religions sont incomprises et manipulées.
Normal,
l'homme est un manipulateur.
La laïcité est l'espace de liberté nécessaire pour installer notre croyance ou non.

Portrait de lautzig

à gérare Portrait de gérare De lautzig

12H19 | 05/03/2008 | Permalien

Doudou Diène afirme n'avoir pas dit cela.

« l'homme est un manipulateur. »

Cela vaut surement pour celui qui reprend un propos démenti j'imagine.

Portrait de athénaïs

De athénaïs

09H12 | 05/03/2008 | Permalien

Quand on fait l'amalgame entre la critique des religions et le racisme, on touche le fond !

S'il n'y avait pas la laïcité en France, la France serait un état catholique ! Ne nous voilons pas la face (sans jeu de mot…) Ce qui signifie que comme en Espagne sous les franquistes, en France on serait catholique ou rien !
La tolérance religieuse, l'accpetation del'athéisme sont les conséquences directes de la laïcité. Ceux qui combattent la laïcité combattent dans le même temps toute cette tolérance.
Connaissons nous un état qui associe sphère politique et religieuse qui soit religieusement tolérant ?
Il y a eu la France avec l'édit de Nantes, mais ça n'a pas duré.

Décidément, ils n'ont pas changé tous ces curés, mollahs et rabbins, ils restent les champions de l'obscurantisme.

Laissez nous blasphèmer en paix et allez soummetre vos âmes dociles ailleurs ..

Portrait de vraphel

à athénaïs Portrait de athénaïs De vraphel

infirmière | 14H27 | 06/03/2008 | Permalien

Bravo ! ! !

Portrait de marie 75

De marie 75

09H17 | 05/03/2008 | Permalien

zapatero, en espagne, gagne contre les cathos réac. Lire la tribune de genève

Portrait de Avril

à marie 75 Portrait de marie 75 De Avril

10H30 | 05/03/2008 | Permalien

…et reconnait en même temps la scientologie comme une religion.

Quelles différences entre une religion et une secte ? une stature, une histoire, bref une reconnaissance. Une volonté de ne pas blesser les religions officielles, face à des petits malins ou des illuminés qui ont décidé de se servir. Mais fondamentalement n'est ce pas la même chose ?

Portrait de Blaise11

à Avril Portrait de Avril De Blaise11

I'm hard, but I'm fair. | 13H11 | 05/03/2008 | Permalien

La secte est difficilement comparable avec la religion. La secte ne représente pas un courant de pensée. Et le mot secte est l'arbre qui cache la forêt de la manipulation mentale exercée avec une célérité diabolique par des malades pathologiques sur des individus en plein désoeuvrement mental et/ou social.
Les soit-disants courants de pensée qui les animent ne sont qu'un prétexte. Le débat sur les sectes se situent dans cette ambivalence.

Portrait de Thi0u

à Blaise11 Portrait de Blaise11 De Thi0u

Etudiant en Statistiques et Traitem... | 14H10 | 05/03/2008 | Permalien

Euh…

La religion est une secte « évoluée ». Les sectes s'en prennent aux personnes très faible psychologiquement. Tandis que les religions s'attaquent à celle plus résistante.

La manipulation mentale est peut-être moindre dans les religions, mais elle existe, et il suffit d'observer des moments de prière ou autre, pour voir comme cette manipulation marche du tonnerre.

L'une des plus aberrantes dérive sectaire/religieuse, sont les déclarations du pape sur le préservatif…

Portrait de Blaise11

à Thi0u Portrait de Thi0u De Blaise11

I'm hard, but I'm fair. | 16H05 | 05/03/2008 | Permalien

J'ai du mal à interpréter votre interjection du début mais je pense que nous sommes d'accord sur le fond.

Je voulais juste préciser que ce n'est pas en le comparant avec la religion que l'on arrivera à endiguer le phénomène des sectes. Je crois ferme en l'éducation laïque et la progression des attitudes des individus entre eux, attitudes regroupées sous le beau mot respect, pour pouvoir faire évoluer cette question (et bien d'autre encore)

Et en substance, pour avoir assister à des réunions sectaires et religieuses, je n'ai pas souvenir d'avoir pu observer une maladie mentale chez le prêtre manipulateur. Et pour finir, je ne nommerai personne, mais certains meetings politiques, par la teneur des discours, se rapprocheraient plus d'une secte que la religion ne le fait…

Portrait de Avril

à Blaise11 Portrait de Blaise11 De Avril

18H51 | 05/03/2008 | Permalien

Que nous soyons d'accord n'a malheureusement plus vraiment d'importance, Blaise. La distinction entre les sectes et les religions est visiblement de moins en moins d'actualité.

Pour prendre exemple sur la scientologie, cette dernière est une association culturelle en Argentine, au Mexique et en Colombie, un collège en Écosse, une religion aux États-Unis et en Espagne, peut célébrer des mariages (ce que les scientologues reconnaissent de fait comme une reconnaissance religieuse) en Afrique du Sud, en Australie, en Inde, en Italie, au Mexique, en Nouvelle-Zélande, au Portugal, en Suède, à Taiwan, en Tanzanie, au Venezuela et au Zimbabwe.

La Ville de Moscou refusant de l'enregistrer comme association religieuse a été condamné par la Cour européenne des droits de l'Homme (violation de l'article 11 sur liberté de réunion et d'association, de l'article 9 sur la liberté de pensée, de conscience et de religion).

Les religions sont des sectes qui ont réussi.

Portrait de Blaise11

à Avril Portrait de Avril De Blaise11

I'm hard, but I'm fair. | 12H40 | 06/03/2008 | Permalien

« Les religions sont des sectes qui ont réussi. »

« une secte est une religion qui n'a pas réussi. »

« La religion est une secte qui a réussi à faire croire qu'elle n'en est pas une »

Au-delà de leur aspect rhétorique, voici 3 commentaires qui ne peuvent pas se concevoir.
Bien que cela puisse paraître contestable pour des raisons évidentes « d'intervention divine », on peut parler de philosophie dans la religion mais absolument pas pour une secte. Au mieux nous pourrions parler de bricolage improvisé à partir de fragments philosophiques.
Je vais tenter de m'exprimer plus clairement : le problèmes des sectes ne peut pas être traité en comparaison avec la religion. Les phénomènes qui les caractérisent sont avant tout d'ordre médical. Si la société civile veut être pragmatique et efficace sur ce sujet, il faut le traiter politiquement par le Ministère de la Santé et, bien entendu, par le Ministère de l'Éducation Nationale dans une plus large mesure préventive.

À ce sujet, MAM voudrait concevoir une solution au sein de son Ministère… qui est celui de l'Intérieur. Étonnant de constater que de plus en plus de sujets relevant du médico-social, sont traités par ce Ministère, et ce depuis 2002.

Portrait de Lavrenti

à Blaise11 Portrait de Blaise11 De Lavrenti

13H05 | 06/03/2008 | Permalien

Votre argumentaire est fondé mais …

Prennons l'exemple du christianisme.

A l'origine petite secte parmis de nombreuses autres au sein du judaisme. Son evolution doctrinale, le contexte historique geographique et un ensemble d'autres elements qu'il ne m'appartient pas de developper ici lui ont permis de se developper et de devenir une religion toute puissante.
Il y a donc bien eu passage de l'état de secte juive, enricihissement, diversification, adaptation et consecration progressivement. Il n'y a aucune limite claire entre cette(ces) religion et la secte qu'elle fut si ce n'est son officialisation, sa notabilisation.

De la même manière une bonne partie des différentes sectes nées en europe apres la fin du moyen age sont maintenant bien implantées et considérées comme des religions partout dans le monde.

Même un bricolage ideologique sordide comme les mormons sont installés et intégrés.

Ce n'est donc pas au niveau des idées, de la philosophie ou de la doctrine que se fait la difference mais bien à celui de l'assise sociale et financiere.

Et si des caricatures comme le mandarom par exemple ne réussissent pas à se developper ce n'est pas simplement du à la pauvreté des concepts qu'ils vendent - ils n'ont rien à envier aux scientologues de ce coté là - mais à l'inneficacité ou à l'absence de leur proselytisme. En d'autre terme, si le marketing fonctionne on passe de l'état de secte à celui de religion quelles que soient les idées vehiculées, si ce n'est pas le cas on vegete.

Là encore rien à voir avec la nature des idées et tout avec la promotion de ces idées.

Portrait de Blaise11

à Lavrenti Portrait de Lavrenti De Blaise11

I'm hard, but I'm fair. | 14H28 | 06/03/2008 | Permalien

Merci pour ces précisions.

L'essentiel est que nous voulons enrayer à la racine ce qui peut (et ceux qui veulent) détacher l'homme de son libre arbitre (s'il est prouvé que l'on en a un)

Sans oublier que tout les courants et leur dieu avec ont à chaque fois été créés par la volonté de notre esprit, et qui lui, n'est point aux cieux…

Et je suis d'accord avec vous sur l'aspect marketing du prosélytisme. Mais alors comment une religion comme celle qui étudie la Torah et loin d'être connue pour son prosélytisme, est t'elle parvenue à se maintenir et se développer si ce n'est par la force d'attraction de son message ?

Portrait de Lavrenti

à Blaise11 Portrait de Blaise11 De Lavrenti

15H17 | 06/03/2008 | Permalien

Les religions ne sont pas limitées à leur proselytisme et je pense comme vous que leur contenu a une importance.

Toutefois je ne pense pas que ce soit la philosophie ou les idées véhiculées par ces organisations qui ont le plus d'incidence mais leur coherence, leur capacité d'adaptation et leur force sociale.

Je ne connais pas grand chose de l'histoire du judaisme mais celui ci s'est developpé en europe orientale et au moyen orient il y a plus de mille ans.

On peut donc supposer qu'un proselytisme juif a bien existé à ces epoques. Pour quelles raisons ce marketing a-t-il été efficace je ne sais pas mais il a bien fonctionné à une epoque.

Et je suppose - sans aucun element pour etayer cette supposition - que les normes sociales imposées par ce système ont été à la fois suffisemment solides et assez souples pour lui permettre de perdurer.

Ces elements de solidité qui permettent à un mouvement religieux de se maintenir dependent en grande partie, je suppose, de son environnement : la pennsylvanie et ses communautés religieuses existent depuis plus de trois siecles par exemple. Là encore la nuance entre religion et secte est inexistante.

Portrait de Blaise11

à Lavrenti Portrait de Lavrenti De Blaise11

I'm hard, but I'm fair. | 20H04 | 06/03/2008 | Permalien

Entendu.
Mais j'ai bien peur qu'une juxtaposition systématique du sectaire et du religieux dans les discours publics ne soit un gage de sérénité sociale.
Si nous ramenons ce débat à l'échelle d'une vie, comment ne pas heurter un individu dans sa foi ou sa croyance en le comparant à un sectaire, mot extrêmement négatif. Est-il possible alors d'avancer sur ce point dans la douceur, sans froisser les espérances de beaucoup ? Je ne pense évidemment pas.

Et inversement : en les mettant sur un même pied de comparaison (que ce soit en « bien » ou en mal), ne risque t'on pas de laisser une place aux mauvaises interprétations qui transfèreraient sur la secte une part de légitimité sociale acquise depuis longtemps par la religion ? jepense que nous partageons la même approche athéiste qui nous permettra de répondre simplement et sereinement à cette question. Mais ce que je redoute de découvrir, est d'une part et dans une moindre mesure : le sentiment des croyants, ou de ceux qui hésiteraient à rejoindre un mouvement religieux, et d'autre part mais avec beaucoup plus d'appréhension : le sentiment de ceux qui motiveraient une sympathie pour l'aventure sectaire et leurs raisons invoquées. Ce sont des terrains trop ardents, et dans ce cas-là et bien d'autres encore, je ne suis pas pour la politique du fakir.

C'est pour cela que j'insistais sur la nécessité de porter toute l'attention sur ceux qui reçoivent le discours, au sein de leurs propres contextes socio-médical, tout en s'appuyant sur nos institutions laïque pour solutionner et prévenir, autrement dit chercher un moyen de désacraliser l'enjeu en dépassionnant un maximum le débat. Je suis persuadé alors que l'on gagnerai en sérénité dans le traitement de ce problème. Et c'est malheureusement l'extrême inverse qui s'est produit ces deux derniers mois.

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