Vous vous souvenez sans doute de la croisade de Marc Fiévet. L'ancien indicateur des douanes avait raconté à Rue89, en décembre dernier, pourquoi et comment il voulait se voir réhabilité. Après 3888 jours passés en prison pour narcotrafic. Depuis ce mardi, il a planté son camping-car au pied du ministère des Finances. Objectif : un rendez-vous avec Eric Woerth.
Il est 9h00 du matin lorsque Marc Fiévet sort de son camping-car, garé juste devant le 1 boulevard de Bercy. L'entrée des ministres. L'ex-aviseur des douanes a plutôt le moral. Il termine son « narcotour », une grande virée en France, en Belgique et aux Pays-Bas, pour faire connaître son histoire et obtenir sa réhabilitation.
La veille, il était encore devant le siège de la direction nationale des douanes, à Montreuil, pour plaider sa cause auprès des haut-fonctionnaires. Accueil glacial. Seul le DRH a consenti à discuter dans le hall. Surtout, ne pas recevoir ce boulet qui distribue ses tracts à tour de bras.
La discussion commence, lorsque soudain, une voiture de police s'arrête. La patrouille a été alertée par sa hiérarchie. Ordre de contrôler les occupants du véhicule :
« J'ai l'habitude, mais en général, c'est plutôt les RG qui viennent. »
Petit contrôle d'identité et grande discussion pour convaincre ses interlocuteurs. Les policiers rigolent à son incroyable bagout :
A l'intérieur du camping-car, Fiévet a prévu de tenir un siège. Lit, cuisine, chauffage. Il a bien l'intention de se faire entendre au plus haut niveau : celui de l'actuel ministre du Budget, Eric Woerth. Mais aussi de sensibiliser les fonctionnaires du ministère à son problème et, plus généralement, à la question de la lutte contre les stupéfiants.
En quelques mois, Fiévet a pu rencontrer tout ce que la France compte de responsables politiques. Du PS au PC, en passant par l'UMP, jusqu'au président de la République. On l'oublie, mais Nicolas Sarkozy a été ministre du Budget sous Edouard Balladur (1993-95), juste après un certain Michel Charasse, l'homme dont Fiévet estime qu'il l'a « lâché » :
Evidemment, nous avons tenté de joindre le sénateur (PS) du Puy-de-Dôme et unique candidat à la mairie de Puy-Guillaume. Réponse de sa « permanence de campagne » :
« Il ne veut pas s'étendre sur le sujet. »
Une position qui a le mérite de la constance. Le 26 février, il refusait également de répondre à la moindre question sur le sujet. En public, car il a tout de même pris le temps de discuter cinq minutes avec l'ancien aviseur, dans un bureau à l'abri des regards. Mais sous l'oeil de la caméra de deux documentaristes, Olivier-Jourdan Roulot et Emmanuel Desbouiges, qui suivent la croisade Fiévet pas à pas :
En mai 2007, l'ancien ministre du Budget avait tout de même accepté de répondre aux questions d'un confrère de la Gazette de Thiers, qui nous a gracieusement autorisés à reproduire cet excellent entretien, où il confirme l'histoire de Fiévet. Son recrutement, son statut d'agent infiltré, ses qualités -« Il nous a permis de faire de très bonnes affaires“- et aussi sa dégringolade. C'est là que leur récit diverge : Fiévet accuse les gouvernements successifs, de droite comme de gauche, de ne pas l'avoir soutenu. Réponse de Charasse : 
‘Nous avons eu un accrochage sévère parce qu'il m'a reproché dans des livres et des interviews de l'avoir lâché. Je ne vois pas comment j'ai pu lâcher quelqu'un qui n'était plus sous mes ordres. Je n'ai jamais lâché personne. J'ai toujours fait libérer mes indicateurs, parfois par la force.’
Ce dernier point intrigue, mais Charasse ne va pas plus loin. Autre faille dans la défense de l'ancien ministre socialiste : sa relation avec ‘NS55’. Pourquoi a-t-il rencontré à plusieurs reprises Marc Fiévet, en catimini, dans son bureau de ministre à Bercy ? A court d'argument, il finit par lâcher, visiblement exaspéré :
‘J'en ai marre d'être mis en accusation. C'est un domaine couvert par le secret défense. Et vous savez bien qu'un ancien ministre n'a pas accès au secret défense. Je n'ai jamais lâché personne.’
► A lire : le blog de Marc Fiévet, le Narcotour de France.
► Article suivi : La croisade de Marc Fiévet





















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à ecor1
De Arnaud Aubron
Rue89 | 21H22 | 05/03/2008 |
C'est la version des autorités de plusieurs pays qui l'ont inculpé. Mais il s'en défend avec véhémence dans son livre et cite plusieurs témoignages à l'intérieur des douanes à son appui. De l'autre côté, je ne crois pas que quiconque ait donné de version très claire. Mais la Justice a tranché.
à Arnaud Aubron
De Marc Fievet
NS55 DNRED | 08H51 | 07/03/2008 |
N'étant pas mytho, j'ai toujours donné la seule version possible, celle de la réalité et du vécu !
La justice a tranché effectivement le 26 mai 2006 en déclarant que je n'étais pas un narcotrafiquant et que ma proximité avec ce monde obscur n'était la résultante que de mon action d'agent infiltré pour le compte des douanes françaises.
De Marc Fievet
NS55 DNRED | 08H12 | 07/03/2008 |
Palpé, vous dites !
Si javais palpé je serai mort aujourd'hui.
Les narcos que j'ai infiltré savent que je n'ai fait que mon action d'infiltré et que je ne me suis pas « enrichi ». Les fonds que j'ai été amené à recevoir dans le cadre de mes actions d'infiltration étaient destinés au financement des transports et de la mise en oeuvre de la logistique transport.
De turlututu
22H14 | 05/03/2008 |
Pas fatigués de ressasser les mêmes antiennes ? allez, quoi de plus normal que l'absence de morale dans une système sans morale ?
M.Fievet et l'Etat,n'est-ce pas les deux rives d'un unique marigot ? En clair, cette histoire n'est que le fruit d'un désaccord commercial entre un douteux honorable correspondant free lance et de non moins douteux honorables services tres « spéciaux ».
Les dits services chargés bien sûr de la défense des intêrets d'une encore plus douteuse République en voie de « bananisation » aigüe…
Ai-je été assez clair ?
à turlututu
De Marc Fievet
NS55 DNRED | 08H32 | 07/03/2008 |
Douteux ? Votre anonymat vous permet de lancer n'importe quel propos. Ayez le courage de publier cette affirmation sous votre réelle identité, je vous ferai sans mal condamner pour diffamation !
Suis-je assez clair ?
De perverpepere
22H48 | 05/03/2008 |
prohibition des drogues=foutage de gueule.
Ceux qui l'impose sont ceux qui en profite.Cet homme a ete naif et je le plains,sincerement.
De elarips
00H54 | 06/03/2008 |
Charasse avec un nom pareil il devrait le fumer(le charass)…au lieu de ce débiner.
à force de retourner sa veste il va ce retrouver le caleçon sur la tête…
De TromXuaSnoc
(informaticien) | 08H35 | 06/03/2008 |
Dommage que cet article soit bloqué par mon fournisseur d'accès (Orange)… Heureusement par un proxy en Norvège ça passe !
Habitant à Mayotte, je me rends compte que notre île sert de laboratoire. Bientôt en métropole, ça sera pareil ! Le contrôle de l'information, c'est le pouvoir ; mais je croyais que France-Télécom était privatisé …
à TromXuaSnoc
De Thi0u
Etudiant en Statistiques et Traitem... | 13H10 | 06/03/2008 |
Un proxy fr métropolitain marcherait aussi ; )
Moi qui croyait qu'ils (les censeurs) bloquaient des plages d'ip pour se faire plaiz. Ca m'étonne énormément que juste cet article soit « bloqué ».
De intrepide77
13H43 | 06/03/2008 |
il est courageux donc inconscient mr fievet , car dans les milieux qu'il a fréquenté à une époque ,on ne rigole pas avec le infiltrés surtout s'ils ne sont pas protégés .
attention en traversant !
à intrepide77
De Marc Fievet
NS55 DNRED | 08H20 | 07/03/2008 |
Intrepid77 confirme par ce commentaire qu'il ne connait absolument pas ce dossier.
Des fous ou des illuminés existent, c'est certain et, une protection n'a jamais été efficace à 100% !
Pour info, tous les narcos que j'ai infiltré lors de ma dernière action, eux, ont été relaxés ou pire n'ont jamais été poursuivis (je parle des chefs) pour les faits pour lesquels, moi, l'infiltré, j'ai dû plaider coupable sur les « conseils » des autorités françaises.
De elliot54
sarkophobe nauséeux | 15H14 | 06/03/2008 |
Pauvre homme. Mais quelle idée d'avoir fait confiance à un politicien !
à elliot54
De olivier p
face à la mer | 15H40 | 06/03/2008 |
M. fiévet me semble avoir été intégré par des fonctionnaires, puis encouragé par cet ex-ministre ; il ne me semble pas que toute relation de confiance avec des politiques soient des échecs, des impasses, des erreurs… il ne me semble pas que ces personnes (on parle actuellement des élus locaux, nombreux) soient plus mauvais ou vachement meilleurs que ce l'on constate pour d'autres activités humaines… elles n'ont pas le monopole de l'opportunisme, de l'incompétence ou de la lâcheté ;
Par ailleurs et pour cette histoire, il n'y a pas qu'un seul homme politique en cause, gauches et droites confondues part les alternances ;
ces questions de drogues s'inscrivent aussi dans une continuité de l'État français et de choix politiques plus ou pas du tout cohérents, de contradictions parfois salutaires et-ou dramatiques (je pense au vih et au vhc)…etc,
je crois que ce qui peut aussi retenir l'attention de cet ex-ministre est sa réflexion sur le secret-défense, et là… ce n'est plus une question de confiance
à elliot54
De Marc Fievet
NS55 DNRED | 08H25 | 07/03/2008 |
C'est ce qu'on appelle la naïveté !
Effectivement Michel Charasse n'a pas assumer le « service après-vente » de la politique courageuse et musclée qu'il avait promue lors de son passage à Bercy.
Il a transmis les dossiers à des successeurs qui ont fait l'inverse de ce qu'il avait fait !
Pour ces gens-là, la vie d'un homme n'a aucune valeur !
De nihilmer
03H17 | 07/03/2008 |
Sujet d'investigation passionnant, si l'investigateur s'affranchit de la subjectivité générée par les points de vue opposés et partiaux, dont on ne peut juger de la véracité des dires.
On ne rentre jamais dans l'espionnage, le contre- espionnage par hasard : soif d'adrénaline, de reconnaissance, de puissance, de moyens, de relations, soif de servir la patrie ? ? ?
Aussi peut-il arriver que les intérêts des commanditaires et des prestataires divergent à un moment donné dans l'exécution des contrats.
En outre, il peut également arriver que les commanditaires changent ou que le courage d'assumer certaines décisions viennent à manquer.
A cela s'ajoute les connivences collatérales de l'infiltré et du politique.
C'est bizarre de donner un avis sur un sujet pour lequel on a aucun éclairage et de se dire que des personnes vont tout de même perdre du temps à le lire, ainsi que tous ceux qui précèdent.