Martin Hirsch est un ministre à la croisée des chemins. Non pas tant, comme beaucoup d’autres, parce qu’il attend le verdict de l’Elysée sur un éventuel remaniement. Mais parce que s’il n’obtient pas les moyens de ses ambitions en tant que Haut commissaire aux Solidarités actives, il annonce qu’il démissionnera. Un chantage à la démission certes classique à l’approche de la bataille des arbitrages budgétaires qui s’annoncent sanglants; Mais s’il y a une certitude à propos de Martin Hirsch, c’est qu’il n’hésitera pas à le faire.
C’est un homme au profil atypique: énarque, issu de la gauche, mais surtout de la société civile avec ses dix années passées au sein de la Communauté d’Emmaüs à combattre la pauvreté. Son entrée au sein du gouvernement était une belle "prise" pour Nicolas Sarkozy dans sa politique dite d’ouverture. Mais la contrepartie, c’est l’obligation de résultats qui, seule, légitimait, à ses yeux, son acceptation de faire partie d’une équipe dans laquelle il ne compte pas beaucoup d’amis.
Lundi, Martin Hirsch a présenté son Livre vert sur le Revenu de solidarité active -le RSA-, qui ouvre le débat sur un dispositif destiné à réduire la pauvreté en France et à valoriser le retour au travail. Ce débat doit déboucher sur un projet de loi permettant la généralisation de ce nouveau système censé remplacer le RMI. Selon le Livre vert, le RSA devrait permettre à un million de personnes de repasser au-dessus du seuil de pauvreté. C’est à ses yeux l’anti-bouclier fiscal: un bouclier social. Mais pour cela, il faut des moyens.
Le problème c’est que, comme l’a dit le gouvernement, "les caisses sont vides"... Martin Hirsch a évalué les besoins de financement supplémentaires du RSA entre 2 et 3 milliards d’euros, une somme difficile à trouver en ces temps austères. D’où le forcing du Haut commissaire pour bien faire passer le message à Matignon et à l’Elysée à quelques semaines des premiers arbitrages. Avec à la clé, cette fameuse menace de démission.
Pour Martin Hirsch, tout remonte à son pari initial. Venu de la société civile, il a estimé que que le risque politique d’entrer dans un gouvernement de droite était jouable s’il s’accompagnait de résultats concrets dans la lutte contre la pauvreté. Sinon, il en sortira discrédité et affaibli, après avoir avalé beaucoup de couleuvres - certaines sur lesquelles il s’est exprimé publiquement, comme les tests ADN, ou les franchises médicales.
Lundi après midi, il est venu s’expliquer sur notre site, face à des internautes très critiques, prompts à l’accuser de trahison! Martin Hirsch leur a réaffirmé qu’il n’avait renoncé à aucune de ses convictions, mais il a ajouté: "Ce qui est clair c'est que je suis venu pour faire le RSA, pas au rabais, mais avec l'argent nécessaire." S’il ne l’obtenait pas, il ne s’est pas laissé d’autre option que de partir. C’est sa crédibilité personnelle qui est engagée.
► Edito diffusé mardi 4 mars sur Europe1. Retrouvez l'édito de Pierre Haski tous les mardi et jeudi à 7h42 sur Europe1, et en podcast en cliquant ici.

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On peut penser que Martin Hirsch est de bonne volonté,mais sa crédibilité est entamée en collaborant avec ce gouvernement sur les sujets que l'Abbé Pierre aurait vivement dénoncé. Pour exemple hier soir sur A2 le dossier des objets immobiliers de luxe en France des dictateurs africains, dossier immédiatement enterré par le gouvernement : un vrai scandale quand on sait que dans ces pays les gens crèvent de faim dans leur immense majorité. Et chaque fois qu'il s'agit de gros magots, le gouvenrement est dans la continuité politique du passé.
Je ne doute d'ailleurs pas une seconde qu'il remplacera Christine Boutin après les Municipales vu le Joker qu'il représente pour Sarkozy. n'empêche qu'il ne devrait pas trop nous la jouer naif.
Au milieu de ceux ayant jeté sans remords, aux orties leurs oripeaux de gauche pour venir parfois en rampant devant ce simili-monarque élu de la droite réactionnaire pour obtenir leur maroquin, M. Matin Hirsch a su préserver un semblant de cohérence symbolique, en refusant le titre de ministre, ainsi que le traitement correspondant.
Néanmoins même en affirmant être prêt à démissionner si son plan n’est pas financé, fallait il pour autant, sous prétexte d’efficacité que lui, le représentant des pauvres parmi ‘’les-pauvres-qui-se-prennent-en-charge’’ (Emmaüs) cautionne par sa présence dans ce gouvernement qui d’un coté flatte la richesse, la réussite individuelle,l’indulgence aux affairistes et de l’autre coté fait la chasse aux étrangers, décide de quotas d’expulsions à tenir coûte que coûte, crée des lois d’exception pour les récidivistes, soutient les municipalités chassant les SDF, etc… ?
L’Abbé Pierre, auréolé de son immense Humanité pragmatique, qui rayonne infiniment plus que celle de tous les prétendus saints de l’Eglise, aurait il approuvé cette proximité, cette caution donnée à ceux qui remplissent les camps de rétention ???
Permettez moi d’en douter fortement
pourquoi mettre en doute ou critiquer par défaut l'action d'un des seuls membres du gouvernement qui reste plutôt discret et concentré sur ce qu'il a à faire, et choisit de ne pas céder à la pitrerie, la gesticulation, voire la vulgarité, qui a gagné tous les autres (ex kouchner)? laissons lui au moins le temps de montrer si ce qu'il a construit donne des résultats - ça serait plutôt une bonne nouvelle s'il arrivait à démontrer qu'obtenir des résultats concrets et positifs est possible indépendamment du contexte global calamiteux du gouvernement.
ceci dit, si hirsch obtient effectivement un autre poste suite à un remaniement, on pourra se demander quelle est la part d'esbrouffe dans son chantage à la démission: quand on tient vraiment à faire ses preuves, on n'abandonne pas ses projets en court de route (avant les résultats) mais on les mène jusqu'au bout pour en assumer aussi les conséquences.
Sa crédibilité n'existe déjà plus, depuis qu'il a accepté d'entrer dans un gouvernement dont la politique est aux antipodes de ce que l'abbé Pierre et Emmaüs prônaient.
Le seul moyen pour lui de se re-crédibiliser, c'est que le RSA soit appliqué partout en France, et qu'il reçoive les moyens financiers voulus.
Pour le reste, tout honnête qu'il paraisse, son arrivée sur le chat de rue89 à 6 jours du premier tour des municipales m'apparait plus comme une opération de communication électorale que comme une explication de son engagement (ce qu'il aurait pu faire avant).
http://polemiquons.over-blog.com/
Je n´ai pas vu l´emission mais je trouve que Rue89 participe du culte des personalités d´une manière grossière avec ces tchats à l´interèt limité.
La collecte de ce discours peut se faire par beaucoup d´autre moyens.
J´ai lu ce matin sur france-info que Mr Hirsch a ouvert un site pour recueuillir les suggestions avant de boucler le plan. Ne rêvons pas, tout est dejà écrit. Heureusement que l´expert d´Angers existe alors... (Bravo Pat!)
Mr Hirsch est un farceur dans sa lutte contre la pauvreté et internet a bon dos.
On ne peut justifier l´injustifiable.