Bilan inquiétant de la prise en charge des femmes roms, dont seule une grossesse sur deux aboutit à une naissance.

La première moitié de la matinée ne s'est pas encore écoulée, mercredi, et Saveta est déjà la quatrième patiente rom que Jeanine Rochefort reçoit dans son cabinet, au centre de soins Médecins du monde de la Plaine-Saint-Denis, au nord de Paris.
En face du médecin généraliste à la retraîte, bénévole chez MDM, Saveta égraine : « Trois enfants et six avortements ». Ce décompte résonne un peu étrangement, comme si les IVG figuraient à leur place dans un impossible livret de famille.
Saveta a 42 ans, des courrones dentaires sur toutes les dents sauf les incisives, et les cheveux ramenés en chignon bas sur la nuque. Elle a aussi un sourire un peu triste : elle vient pour un traitement destiné à augmenter la fécondité. Elle fait ces injections depuis plus d'un an déjà, mais elle tergiverse :
« Je voudrais un autre enfant parce que les choses ne vont plus bien avec mon nouveau mari. Je ne lui ai pas donné d'enfants et c'est compliqué avec lui. J'hésite à continuer. »
Jeanine Rochefort poursuit son entretien, épaulée par une traductrice roumaine :
« Votre mari est-il violent ? “
Saveta dodeline de la tête. Son regard est à la fois doux et pas dupe, elle semble étonnée qu'on se pose la question. Le médecin, qui assure l'essentiel des consultations gynécologiques du centre, poursuit :
‘Vous savez, je n'ai jamais cru qu'un enfant pouvait résoudre des problèmes de couple. N'attendez pas des miracles du traitement non plus. Je suis très dubitative. Vous savez, si vous aviez le choix, je vous conseillerais plutôt de quitter votre mari, de cesser d'être dépendante. Mais vous n'avez pas le choix, alors c'est à vous de réfléchir.’
Affluence aux consultations gynécologiques
Les femmes roms consultent de plus en plus souvent pour des questions gynécologiques. Nombre d'entre elles s'adressent au CASO de Médecins du Monde à la Plaine-Saint-Denis, car un des grands terrains roms du département se trouve à proximité. Ce matin-là, une demie-douzaine de femmes roms se seront présentées. Au total, 60% des patients qui transitent par ce CASO sont d'origine roumaine, sachant que les statistiques ne distinguent pas les Roms parmi les Roumains.
Pour le CASO, cet afflux a impliqué d'adapter la prise en charge, depuis le début des années 1990. Notamment à destination des femmes : à l'occasion de la prochaine Journée de la femme, le 8 mars, Médecins du monde dresse un bilan inquiétant sur l'incapacité des structures de soin en France à accueillir les femmes de cette communauté.
Les chiffres sont spectaculaires : 17 ans pour l'âge moyen de la première grossesse, et près d'une femme sur deux (43%) qui a déjà avorté à 22 ans. Jeanine Rochefort enfonce le clou :
‘Souvent, ce n'est pas six ou sept avortements mais une dizaine, voire une quinzaine qu'elles ont déjà subi.’
Or, alors que MDM assure que ‘la pression policière’ et les vagues d'expulsion hypothèquent un peu plus encore le suivi de ces femmes qui ne sont que 10% à recourir à la contraception, les failles de la prise en charge par le système français ont parfois des conséquences tragiques.
Avortée malgré elle ?
Ainsi, Antoanetta Popescu, responsable de la mission Rom chez MDM, se souvient de son arrivée en région parisienne, il y a plus d'un an :
‘Sur un terrain rom, une femme me demande de lui traduire les papiers que lui a fournis le centre de santé où elle s'est rendue, enceinte, redoutant une fausse couche. Je lui traduit qu'il s'agit d'un rendez-vous pour une IVG. C'était terrible : la femme n'avait jamais demandé à avorter mais seulement voulu s'assurer, en consultant, que le bébé allait bien. A quelques heures près, elle avortait malgré elle.’
Lorsque MDM appelle le centre de soin, voilà la réponse qu'il aurait obtenu au téléphone :
‘Mais ces femmes là, elles ne parlent jamais français, comment voulez-vous qu'on se débrouille ? Elles n'ont qu'à venir avec un interprète ! Comme elles viennent souvent chez nous pour avorter, on a cru comprendre qu'elle ne voulait pas le garder.’
De fait, les problèmes de langue obèrent vraiment la communication avec ces patientes. Mais ces dernières parlent aussi le roumain et il existe un service de traduction gratuite par téléphone, accessibles aux hôpitaux publics. Au CASO de MDM, on vient même de systématiser la présence d'une traductrice -bénévole elle aussi- en consultation.
Préjugés et crispations
Médecins du Monde déplore le manque de bonne volonté de certaines structures à améliorer la communication avec ces femmes. Pour Jeanine Rochefort, les préjugés restent tenaces alors que ces femmes ne seraient finalement pas si rétives à un suivi médical. (Voir la vidéo)
MDM précise que la qualité de la prise en charge varie en fait considérablement d'un service à l'autre, parfois y compris au sein d'un même hôpital. A la maternité des environs, à l'hôpital Delafontaine de Saint-Denis, l'accueil serait carrément ‘calamiteux’. Le service en question n'a pas donné suite à nos demandes d'interview, alors que Jalila Bouzid, coordinatrice à Médecins du monde, nous raconte cette histoire qui remonte à ‘quelques mois’ :
‘Une femme qui avait déjà des enfants a accouché d'une petite fille à la maternité. Au bout de quelques heures, elle a voulu aller sur le terrain où était établie sa communauté, pour voir ses autres enfants et récupérer des vêtements pour le bébé. Elle est partie quelques heures, puis revenue. Le lendemain, elle fait de même : chez les Roms, la tradition des visites à la maman à la maternité est évidemment inexistante.Or, lorsque la femme est revenue, son bébé avait été placé ! Les services de l'hôpital avaient estimé qu'elle avait abandonné son enfant. Dans les registres, il avait été consigné qu'elle avait déjà abandonné un enfant deux ans plus tôt. En fait, on s'est rendu compte que son groupe avait été expulsé de son terrain et qu'elle avait suivi dans la précipitation !
Après des pressions de MDM et l'intervention du parquet, la mère a finalement récupéré son enfant. Mais cette anecdote illustre une nouvelle fois les carences de la prise en charge des femmes dans certaines structures de soin en France. Au moment où les ONG sur le terrain essayent justement de convaincre ces femmes que la contraception permet aussi de contrôler les naissances sans avoir recours à des IVG à répétition.
Accepter de revoir une femme pour trois ou quatre IVG’
Pour tordre le cou à ces crispations, certaines structures ont fait des efforts, note cependant MDM. C'est le cas du Planning famillial de l'hôpital Delafontaine. Médecin, Danièle Hassoun dirige le centre depuis dix ans. Elle a vu la fréquentation des femmes rom augmenter sensiblement. Elle confirme que le problème de la langue est immense mais a sensibilisé ses équipes sur l'approche culturelle :
‘C'est difficile de savoir où elles en sont, on n'a pas accès à leur dossier et parfois elles ne parlent pas un mot. Ca peut donner lieu à des quiproquos même si je n'ai jamais vu de femme avortée malgré elle.Le plus souvent, ce qui est complexe pour nous, outre de faire respecter les rendez-vous, c'est justement d'accepter ces femmes avec leurs pratiques et de savoir qu'on reverra la même patiente pour une IVG trois ou quatre fois.’
Au CASO de Médecins du Monde, Jeanine Rochefort, militante féministe dans les années 1960, affirme que les jeunes femmes ‘entre 15 et 20 ans’ sont de plus en plus sensibles à la contraception. Pour elle, c'est en améliorant leur accueil dans les structures de soin qu'on réussira à les convaincre pour de bon.





















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De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 14H29 | 02/03/2008 |
RFI a diffusé récemment un reportage sur l'accueil des sourds-muets dans les hôpitaux.
Un médecin, qui avait mis en place une consultation spéciale à Marseille, soulignait que cette ville était beaucoup plus ouverte que Paris à la nécessité d'organiser un accueil spécial pour cette catégorie de la population, en raison de la diversité culturelle des populations marseillaises.
On retrouve ici le même problème, à ceci près qu'un racisme plus ou moins diffus et implicite mène à des aberrations telle que décrite dans l'article, et qui fait songer, toutes proportions gardées, aux stérilisations contraintes qu'on imposait aux Etats-Unis, dans la 2e moitié du XXe siècle, aux femmes amérindiennes et afro-américaines.
Il s'agit bien d'un enjeu spécifique au « Black feminism », si on considère, avec Elsa Dorlin qui a publié la première anthologie de textes concernant ce mouvement (cf. http://terra.rezo.net/article699.html), qu'il s'agit d'une branche interne au féminisme qui refuse de séparer la problématique du sexisme avec celle du racisme.
à Network 23
De Djob
15H53 | 02/03/2008 |
Il faut arrêter de crier au racisme ou au sexisme à la moindre occasion et de faire des parallèles douteux avec des choses incomparables ; le fond du problème, c'est tout simplement un manque de moyens dans les hôpitaux dont les plus indigents et les moins informés, comme les femmes roms, sont forcément les premières victimes… « 'Misère,misère, pourquoi c'est toujours sur les pauvres gens que tu t'acharnes obstinément ? ' » chantait Coluche…
à Djob
De asozial
aus Berlin | 17H11 | 02/03/2008 |
mais racisme et sexisme ne sont pas dissociable de l'oppression de classe…
à Djob
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 18H39 | 02/03/2008 |
Manque de moyens, et manque d'attention aussi, non ?
Que signifie ce manque d'attention ? Que penser d'un médecin qui organise un avortement sans prendre le temps d'expliquer à sa patiente ce qu'elle allait encourir ?
Comme le dit le médecin interviewé, ce n'est certes pas une pratique systématique, cela n'en reste pas moins un cas réel.
Et comme le dit notre ami de Berlin, racisme & sexisme ont bien des rapports avec l'oppression de classe, c'est d'ailleurs pour ça que lorsqu'une femme réussit en politique, on considère souvent qu'elle n'est pas « réellement » femme… comme s'il fallait être homme pour faire de la politique, à l'heure même où on l'ouvre aux femmes.
On dit la même chose des femmes mathématiciennes, comme s'il serait impossible de faire des maths et de garder sa « féminité » (quelle que soit par ailleurs la manière dont on définit celle-ci).
à Network 23
De organe_dhonneur
20H59 | 03/03/2008 |
Pourquoi pas, mais vos exemples ne démontrent absolument pas le lien entre « oppression de classe » et sexisme ou racisme.
L'hopital est par définition un lieu où des tragédies se produisent au quotidien.
Le rapport entre un médecin et une femme échappe largement à ce que Marx aurait inclus dans l'oppression de classes (en imaginant que l'expression ait un sens aujourd'hui mais c'est une autre histoire).
à Network 23
De celine_auriolles
17H26 | 02/03/2008 |
« Une grossesse sur deux aboutit à une naissance »
Qui s'en plaindrait ? ! C'est déjà une naissance de trop !
à celine_auriolles
De Ireland
18H02 | 02/03/2008 |
Je suppose que c'est de l'humour… ? Noir alors…
à Ireland
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 18H25 | 02/03/2008 |
brunâtre
à leconcombrevert
De Avril
17H28 | 04/03/2008 |
chiasse, quoi. Qui tire vers le caca d'oie.
à Ireland
De celine_auriolles
18H47 | 02/03/2008 |
C'est ni de l'humour ni noir. C'est mon opinion et c'est rouge-brun.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Rouge-brun
à celine_auriolles
De Babalawo
docteur es "ju-ju" | 10H24 | 03/03/2008 |
« Le tronc d'arbre aura beau séjourner dans la rivière, il n'en deviendra pas un crocodile. »
à Babalawo
De compte supprimé 22
Lecteur écriveur | 11H23 | 03/03/2008 |
Mais cette dame est DEJA un (petit) crocodile !
à compte supprimé 22
De Akan
de Kumasi | 14H04 | 03/03/2008 |
@PMB
D'où le conseil qu'on donne chez nous :
« Traverse la rivière avant d'insulter le crocodile ».
à Akan
De Enguerrand
poubellier au Zimbabwe | 14H10 | 03/03/2008 |
Surtout que, comme on dit chez moi, « le dos de la pirogue ne dévoile pas le fond de la rivière »…
à Akan
De Babalawo
docteur es "ju-ju" | 14H58 | 03/03/2008 |
« Si tu as de la chance, traverse. Si tu as de la destinée, avance. »
à celine_auriolles
De Charles Mouloud
Bras gauche de la Vénus de Millau | 10H35 | 03/03/2008 |
Rouge, brun !
Bel autoportrait,tout en rejets organiques !
De Kokayad
15H09 | 02/03/2008 |
La question de l'accueil des femmes roms en hôpital renvoie à celle de l'accueil des roms en général.
A Lille, la question se pose avec insistance depuis plusieurs années. Côté mairie ou côté préfecture, on se renvoie la balle de façon malsaine.
Il y a un an, nous avions enquêté sur une famille dont le parcours symbolisait quelques difficultés rencontrées par ces populations (http://labrique.lille.free.fr/spip.php ? article60).
Plusieurs médias locaux se sont intéressés aux conditions d'accueil et aux expulsions des roms qui se sont succédés ces derniers mois sur Lille. Voir ici (http://interdits.net/interdits/index.php ? option=com_content&task=view&id…) ou ici (http://www.contre-faits.org/spip.php ? article67).
Plus généralement, l'Union Européenne n'est pas claire (ou trop selon les goûts) sur cette question (http://labrique.lille.free.fr/spip.php ? article364).
Enfin, sur le sujet de l'avortement, voici un appel à témoignage pour une enquête sur l'avortement. Merci de relayer cet appel.
Appel à témoignages
Pour son prochain numéro, La Brique se penche sur le dossier de l'avortement. Nous voulons voir dans quelle mesure ce droit est respecté en France et particulièrement dans la région. Plus de 3O ans après que la droite ait concédé sa légalisation, notamment face aux mouvements féministes de l'époque, il nous semble que cette lutte pour le droit des femmes à disposer de leur corps est toujours d'actualité face à la vigueur de certains courants idéologiques de droite en France ou ailleurs. L'avortement reste tabou, les mentalités réactionnaires continuent de culpabiliser les femmes et de rendre ce droit très précaire, comme la contraception demeure une question attribuée exclusivement aux femmes.
Pour cela, nous recherchons des témoignages de femmes de la région qui ont avorté ces dernières années dans le Nord-pas-de-Calais ou ailleurs, en France comme à l'étranger. Des témoignages qui pourront se faire anonymement par e-mail, ou en nous rencontrant. Afin de pouvoir être le plus exhaustif possible, nous avons besoin de nombreux témoignages, c'est pourquoi nous vous remercions d'avance de diffuser largement cet appel.
Le témoignage pourra préciser la date et le lieu de l'avortement, ses raisons, les rapports avec l'entourage (soutiens ou pressions de la part des ami-e-s, de la famille, du géniteur, etc.), les relations avec le personnel médical (médecins, anesthésistes, échographistes, aides-soignant-e-s, etc.) la façon dont il a été vécu (existence d'un suivi psy -ou non - ante ou post avortement, qualité de l'intervention et du personnel médical, « l'après-avortement », etc). Et toutes les précisions que les personnes voudront nous apporter.
Bien évidemment, toutes les réflexions ou les informations concernant l'avortement et la contraception en région (ou en France) seront les bienvenues !
Merci d'avance et à très bientôt…
L'équipe de La Brique
Pour nous envoyer des témoignages ou nous contacter :
Email : labrique.lille@free.fr
Tel : 09.54.12.57.12
La Brique, journal d'info de Lille et d'ailleurs
www.labrique.net
à Kokayad
De Xiaolin
17H20 | 02/03/2008 |
Je ne suis pas Rom, mais je ne vis pas dans un pays où l'avortement est tabou… Aussi : j'ai vu une amie, horrifiée à l'idée qu'elle pouvait être enceinte (le petit dernier avait quatorze ans) se traîner comme une loque pendant quinze jours puis revenir de l'hôpital heureuse, délivrée, rayonnante… Quand cesserons-nous de porter sur l'avortement un regard culturellement orienté ? Bien sur, il est également triste de voir à quel point certaines sociétés sont intolérantes par rapport à la contraception. En Chine, où la pilule est en vente libre, on raconte qu'elle rentrait stérile (mais pas l'avortement, et nombreuses sont celle qui avortent quatre ou cinq fois de suite pour pouvoirensuite avoir un enfant…) Au Japon, la pilule n'est autant que je sache toujours pas autorisée, et la majorité des femmes sont d'accord : absorber un produit chimique, jamais au grand jamais, mieux vaut avorter !
Tant de misère et de souffrance auto-infligée navre. Espérons que les hôpitaux français finiront un jour par retrouver les moyens en personnel et en temps de conseiller les femmes, roms ou autres, qui se pressent à leurs portes et ont besoin de conseils.
à Xiaolin
De freakfeatherfall
back to the primitive - fuck all yo... | 17H29 | 02/03/2008 |
@ xiaolin
si, la pilule est autorisée au japon, mais c'est assez récent et ça a pris quelques décennies !
il faut savoir que le viagra a été autorisé AVANT la pilule… apparemment la classe politique japonaise s'intéresse beaucoup plus au plaisir de l'homme qu'à la santé de la femme…
à freakfeatherfall
De Xiaolin
17H43 | 02/03/2008 |
Sur le contenu, on se rejoint, non ? Je me souviens de sondages auprès des femmes japonaises qui disaient que jamais, jamais, elles ne prendraient ce machin-là. Juste bon pour les occidentales, ô combien grossières et différentes…
De cooper59
pour la decroissance ! | 15H13 | 02/03/2008 |
« La Brique » ! voila un bon petit journal independant qui n'a pas de pub , avec des vrais articles d'investigation , pas d'abonnement a une agence de presse et la sincerité a chaque page ! je vous salue et continuez comme ça ! cooper de Lille . lecteur .
De cooper59
pour la decroissance ! | 15H15 | 02/03/2008 |
l'article est instructif C. L ! j'espere que y'aura du monde pour le lire .
De Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
15H20 | 02/03/2008 |
Catastrophique. Les bras m'en tombent de lire un pareil compte-rendu, on est proches de l'horreur.
De François Doutriaux
Juriste et enseignant chercheur | 15H32 | 02/03/2008 |
remarquable article, qui mériterait un bien plus grand retentissement, à l'heure où notre chef de l'étât donne des leçons sur « les priorités humanitaires » à des nations étrangères…
Pour ce qui est de Lille, ville que je connais bien pour des raisons familiales, le racisme à l'égard des roms est une « tradition » solidement ancrée, particulièrement au sein de la notabilité locale. Ce notamment du fait de son positionnement géographique, sur l'axe de déplacement de nombreuses populations migrantes issues d'Europe de l'est.
Les problématiques sociétales liées au Rom vont cependant bien au-delà de l'acceuil dans les structures sanitaires : l'absence extrêmement fréquente de scolarisation des enfants, leur exploitation dans le cadre de la mendicité, voire dans certains cas de la petite délinquance, est un probléme récurent peu ou pas traité par les pouvoirs publics.
Considérés comme des résidents temporaires, quant bien même leur installation est durable, on n'entend guère parler des roms que dans le cadre de la législation relative à l'acceuil des collectivités locales pour les populations migrantes…ou de la diabolisation habituelle de ces populations en matière de délinquance (notamment dans la PQR).
Un dossier « non prioritaire » de plus…
De Blaise11
I'm hard, but I'm fair. | 15H38 | 02/03/2008 |
Merci Rue89 d'informer là-dessus en France.
Car cette question des Roms est largement abordée en Europe Centrale, du fait de la position géographique et des horreurs qui y ont été commises envers cette communauté : les mêmes histoires d'avortement dans des hôpitaux publics et qui se terminaient en plus en stérilisation forcée et de masse.
Des procès retentissant ont eu lieu en Slovaquie et en Tchéquie.
Une chose très étonnante au début de l'article : « les statistiques ne distinguent pas les Roms parmi les Roumains ». Là c'est grave.
La première décision politique à prendre est de rectifier ce tir. Ce genre d'erreur fait le lit du racisme. Rom ne veut absolument pas dire roumains, c'est insensé.
à Blaise11
De françoise.V
p'tite lyonnaise | 16H20 | 02/03/2008 |
De mémoire, il me semble que l'UE a fait pression sur la Roumanie alors candidate à l'union pour que les passeports roumains ne mentionnent plus le terme Rom, jugé ethnique et discriminatoire…
Alors certe Rom ne veut pas dire roumain (d'autant qu'il y a aussi de nombreux Roms bulgares)mais on ne pas avoir une chose et son contraire…
Les classements ethniques font aussi le lit du rascisme… les Roms sont bien placés pour le savoir !
à françoise.V
De Blaise11
I'm hard, but I'm fair. | 18H28 | 02/03/2008 |
Vrai !
Merci de me contredire j'ai envie de dire. Mais je crois que mon amalgame partait d'un fol espoir placé dans la discrimination positive. Il est bon de rappeler les fondamentaux.
À noter que les Rroms, ce peuple sans frontière et sans nation, serait un bel exemple d'une pensée universaliste, il suffit pour cela d'observer la multiplicité d'origines des peuples qui en compose l'ensemble. Et c'est pour ça que parler de « jugé ethnique » paraît dérangeant car c'est implicitement reconnaître que c'en est une et une seule, alors qu'il s'agit en fait d'une multitude d'ethnies, pluriconfessionnelles de surcroit et parlant une langue commune.
à Blaise11
De mechante langue
20H09 | 02/03/2008 |
« À noter que les Rroms, ce peuple sans frontière et sans nation, serait un bel exemple d'une pensée universaliste.. »
Ah bon ?
Pouvez vous nous préciser l'universalité de la pensée roms .
L'organisation en tribus endogames , le machisme , la violence comme mode de fonctionnement .. vous trouvez que c'est un bel exemple ?
à mechante langue
De Blaise11
I'm hard, but I'm fair. | 21H12 | 02/03/2008 |
Ahhh ! Bon sang, les clichés.
Mais nan. « la violence comme mode fonctionnement » C'est pas des masochistes ou autre sadique. Mesurez vos propos. La misère est violente, point.
Et pour la pensée universaliste : je ne pars juste que d'un constat d'ouverture de ces individus au fil de leur histoire. « Voyage, assemblage, voyage, assemblage… » Ils ont une belle histoire ces gens. Mais comme elle se casse le nez à une fermeture sur soit des peuples européens, alors la mayonnaise a du mal à prendre. Constat.
Ensuite et comme le dit François, la recherche d'un bouc émissaire a toujours été cette sourde musique démagogique dont le politicien en est le chef d'orchestre et nos mutismes et surdités, les piètres interprètes. L'unique portée de la mesure ? l'Étranger !
Pourquoi vous n'arrivez pas à aller au-delà de ça ? On condamne sur ce forum la délinquance en col blanc, constante de plus en plus démocraticide, et irrémédiablement on nous ressort en porte-à-faux l'égoïsme désespéré pour soigner nos maux.
J'avoue que je cherche encore le sens de cette quête qui, elle, peut paraître à juste titre masochiste.
à Blaise11
De mechante langue
21H47 | 02/03/2008 |
« Mais nan. “la violence comme mode fonctionnement” C'est pas des masochistes ou autre sadique. Mesurez vos propos. La misère est violente, point. »
A un fait vous me répondez par une pirouette . La violence chez les roms n'est pas le resultat de leur exclusion mais c'est le contraire
« Et pour la pensée universaliste : je ne pars juste que d'un constat d'ouverture de ces individus au fil de leur histoire. “Voyage, assemblage, voyage, assemblage…” “
En quoi est ce un signe d'ouverture ?
‘Ensuite et comme le dit François, la recherche d'un bouc émissaire a toujours été cette sourde musique démagogique dont le politicien en est le chef d'orchestre et nos mutismes et surdités, les piètres interprètes. L'unique portée de la mesure ? l'Étranger ! ’
Ca c'est du pur cliché .
La création de bouc emmissaire est un phénoméne trés complexe trés subtil . Vous l'utiliser comme mot magique passe-partout , pour ne rien dire