Elu le 23 février grâce aux voix des indépendantistes, Gaston Flosse a présenté avant-hier à Tahiti son gouvernement qui comporte 15 ministres. L'occasion pour Rue 89 d'analyser le ressort nationaliste de cette alliance contre nature.
L'alliance improbable entre l'indépendantiste, Oscar Temaru, et le sénateur UMP, Gaston Flosse, pour gouverner la Polynésie est souvent présentée, par ses thuriféraires, comme la victoire du peuple indigène, le peuple ma'ohi. Contre le candidat de l'État français, des chinois et des « demi » (métis), Gaston Tong Sang.
Cette victoire constitue le point d'orgue d'une campagne électorale marquée notamment par des propos à caractère xénophobes et la concrétisation, sinon la cristallisation, d'un certain nationalisme tahitien.
En 2001, le parti indépendantiste d'Oscar Temaru, le Tavini Huiraatira, obtient près de 25% des suffrages exprimés aux élections territoriales. Sept ans plus tard, l'Union pour la démocratie, dominée très largement par le Tavini et dirigée par le même Temaru, remporte plus de 37% des voix. Aucune formation n'a progressé autant en si peu de temps.
Cependant, on ne peut résumer la montée du discours nationaliste à la seule progression électorale du camp indépendantiste. Car, l'autonomie, ou plutôt l'usage qu'en a fait son principal promoteur Gaston Flosse, a fait également le lit du nationalisme.
De l'autonomie à l'invisibilité de l'Etat
En 1984, ce proche de Jacques Chirac, grand défenseur des essais nucléaires et de la présence française dans le Pacifique Sud, obtient du gouvernement Mauroy un nouveau statut d'autonomie avec de nouvelles compétences pour la Polynésie mais aussi, et surtout, la reconnaissance de l'identité locale. Ce qui est alors un Territoire d'outre-mer peut désormais créer ses propres signes distinctifs « permettant de marquer sa personnalité dans les manifestations publiques et officielles aux côtés des emblèmes de la République ».
Sont ainsi créés un drapeau, un hymne, un sceau officiel et même un ordre de Tahiti Nui (le Grand Tahiti) comparable à la légion d'honneur. Avec un président, un gouvernement, une assemblée et des symboles propres, la Polynésie prend petit à petit toutes les apparences d'un État, auquel ne manque plus que la souveraineté.
Le dernier statut d'autonomie, celui de 2004, accélère ce processus puisqu'il fait de la Polynésie un pays d'outre-mer qui se gouverne librement et démocratiquement », prévoit la possibilité pour les « représentants » (les députés locaux) de voter des « lois du pays » (à caractère réglementaire uniquement) et cantonne l'État à ses missions régaliennes (justice, police, monnaie, défense). Dans l'ensemble ultramarin français, seule la Nouvelle-Calédonie dispose d'une autonomie aussi large.
L'effet pervers, explique le politologue Sémir Al Wardi, c'est que l'État s'est rendu « invisible voire exogène » à la Polynésie et à sa population. Ce dont a su profiter Gaston Flosse pour faire sien le développement économique de l'archipel -très inégal et incomplet au demeurant. L'historien Jean-Marc Regnault note aisi :
« A force de dire que le gouvernement de la Polynésie fait tout, finance tout, les gens ont fini par le croire. »
Au lieu de le contenir, la satisfaction des revendications statutaires et identitaires a donc favorisé l'éclosion d'un nationalisme porté, dès le départ, par les indépendantistes puis, progressivement, par une grande partie des autonomistes qui voit aujourd'hui d'un mauvais œil toute intervention du gouvernement central dans les « affaires intérieures » de la Polynésie.
Pied de nez à l'intervention du gouvernement central
Car paradoxalement, l'État persiste à vouloir intervenir dans la vie politique locale provoquant, à chaque fois, une levée de bouclier de ses adversaires. Christian Estrosi vient d'en faire l'expérience. Si l'on parle volontiers d'une « réconciliation du peuple ma'ohi », le rapprochement entre Flosse et Temaru représente surtout un véritable pied de nez -pour ne pas dire plus- au secrétaire d'État à l'outre-mer accusé d'avoir soutenu Gaston Tong Sang pendant la campagne électorale. Sémir Al Wardi poursuit :
« Il est vraiment regrettable de constater que l'État n'arrive pas à adopter une posture impartiale. Or, le nationalisme tahitien se nourrit précisément de l'incompréhension du jeu politique local et de la méconnaissance de l'esprit clanique. »
Depuis le 23 février, le Tahoeraa de Flosse et l'UPLD de Temaru sont unis pour gouverner la Polynésie. Même si elle est réelle, la soif de pouvoir des deux leaders n'explique pas tout. C'est bien le nationalisme, celui du « peuple ma'ohi », qui constitue le ciment de leur alliance.
Un rapprochement d'autant plus aisé maintenant que l'élite économique et culturelle a quitté le parti flossiste pour la formation de Tong Sang. Résultat, son électorat est devenu peu ou prou identique à celui de l'UPLD : populaire, marchant à l'affectif, souvent animé d'un sentiment antifrançais et -comme on l'a vu pendant la campagne- parfois antichinois. A terme, le camp Temaru peut même espérer siphonner l'intégralité de l'électorat du Tahoeraa et devenir ainsi un parti nationaliste, populaire… Et majoritaire.
Reste à savoir ce que va faire l'État face à une situation qu'il a lui-même favorisée. Une semaine après l'élection de Flosse à la présidence du Pays, l'Elysée n'a toujours pas réagi. Estrosi s'est contenté du minimum en « prenant acte » du retour aux affaires du « vieux lion ».




















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De DidierB63
Devant un écran | 11H13 | 01/03/2008 |
Peut on faire un rapprochement entre la Polynésie et la Corse, dans le domaine de la présence de l'état, des assemblées autonomes, etc ?
Et pour l'avenir ? Indépendance ?
http://polemiquons.over-blog.com/
à DidierB63
De thélonious
12H25 | 01/03/2008 |
Je dirais, pour ma part, que le nationalisme, partout, est ce stade infantile d'un fascisme en gestation.
La corse se distingue peut-être par la violence en acte de ce penchant, et par le côté pathético-comique des acteurs de cette mauvaise scène, qui seraient bien les plus embarrassés si l'on en venait à les prendre au mot et à leur donner ce qu'ils semblent réclamer mais qu'ils ne veulent à aucun prix.
L'article fait passer cette idée que le mauvais vent nationaliste occulte beaucoup de choses, et en particulier que la relative prospérité de ces lieux est due (au sens de liée, et au sens de la dette) à l'argent que l'état français veut bien continuer de distribuer - manne qui disparaitrait évidemment en cas d'indépendance effective.
Après, je ne saurais pas dire dans lequel de ces lieux l'agonie de la comédie politique est la plus flagrante.
à thélonious
De DidierB63
Devant un écran | 07H58 | 03/03/2008 |
Merci pour la réponse, ça me permet d'y voir un peu plus clair.
http://polemiquons.over-blog.com/
De vincicom
Responsable "informatique" dans une... | 11H20 | 01/03/2008 |
Je pari qu'il y aura une déclaration d'indépendance dans les 5 ans a venir …
Le gouvernement aurait du proposer des statuts a large autonomie mais aurait du, surtout, ajouter une clause : on vous donne l'autonomie MAIS vous ne pourrez jamais déclarer votre independance sans l'autorisation du peuple francais.
à vincicom
De kevangel
Chercheur | 14H57 | 01/03/2008 |
Et alors, quel serait le problème ? Qu'une île située à des milliers de km de la France soit indépendante, je ne vois pas ce qui est choquant. Je ne vois pas pourquoi ce serait au peuple français de décider de leur sort, on ne les connait même pas. Je pense que les polynésiens sont capables de décider tous seuls ce qu'ils veulent, dire le contraire est du colonialisme.
à vincicom
De Utilisateur désinscri
16H36 | 01/03/2008 |
la clause dont vous parlez, si elle était réalisée, ne serait que du chantage politique et imbécile qui ne tiendrait pas debout ; heureusement elle reste au stade de votre supposition !
une autonomie n'est pas quelque chose que l'on donne (comme un dessert après un repas) ; elle se négocie sur tous les plans, en accord avec le peuple concerné
le peuple français n'a à donner une autorisation de quelque manière que ce soit et à qui que ce soit
de quel monde obscure sortez-vous ?
De maxx
14H05 | 01/03/2008 |
en quoi la polynesie et la france aurait des interets communs ?
l'independance , c'est la fin d'un neo colonialisme
dans 5 ans ils sont independants , dans des 10 ce sera une dependance de l'australie comme la nouvelle caledonie , dans 15 ans ils deviennet anglophones
De Yannick Fer
Sociologue | 12H50 | 01/03/2008 |
Attention quand même aux stéréotypes qui affleurent dans cette description de la situation politique en Polynésie française. Notamment celui d'un vote forcément « affectif » car « populaire », associé à l'évocation de discours à caractères xénophobes. Les électeurs de l'UPLD sont aussi parfois des diplômés des classes moyennes, il arrive en outre qu'ils espèrent, plus que l'indépendance, une réelle démocratie !
Et de l'autre côté, nous aurions un vote intelligent, raisonné pour un candidat plus « évolué » ?
Certes, le vote UPLD et Tahoeraa joue en effet sur la mobilisation symbolique d'un « peuple maohi » dont les contours sont souvent difficiles à définir précisément, et peut ainsi encourager des réactions contre le popa'a (identifié à la colonisation) et le tinito (identifié au commerce et aux inégalités sociales).
Mais de là à attribuer un brevet de modernité ou d'intelligence au vote en faveur de Tong Sang et de son équipe…
De Yakafersa
retraité consentant | 13H02 | 01/03/2008 |
Gaston Floss, sénateur UMP…L'opportunisme ne l'étouffe pas. L'illustration de notre « système démocratique », ou comment s'enrichir en faisant de la politique ?
A vomir !
à Yakafersa
De Kereven
13H42 | 01/03/2008 |
Il s'est fait viré de l'UMP. Faut dire que Chirac n'est plus là pour le soutenir.
De TARPON
13H35 | 01/03/2008 |
On a eu notre gaston flosse,il sappellait Edgar faure.
De Utilisateur désinscri
16H16 | 01/03/2008 |
le problème principal est celui de la ré-élection de Gaston Flosse ;
après avoir été mis à l'écart (quelque chose comme des vacances forcées) il revient et prend de nouveau les rênes de la Polynésie française ! avec un passé comme le sien !
vu son âge et son statut il est tranquille jusqu'à la fin de ses jours même si Chirac n'est plus en situation de le protéger et de le soutenir (mais est-ce absolument sûr ? tous ces gens ont des bras longs) ;
ceci dit, comment vont évoluer la justice, la santé, l'économie du pays ?
Polynésiens, faites vous entendre sur ce site et dites-nous comment vous vivez cette élection surprise, comment voyez-vous votre avenir à court et à long terme ?
De Charles Mouloud
Bras gauche de la Vénus de Millau | 17H06 | 01/03/2008 |
Iaorana !
En 1968, je vivais à Tahiti.
A l'époque, sous la plage ,pas le moindre pavé !
Depuis, tout est bétonné.
Surtout les élections !
Autrefois les requins ne franchissaient qu'accidentellement la barrière de corail.
Aujourd'hui, ils bénéficient d'un pass VIP !
De survivant
18H26 | 01/03/2008 |
Le vieux lion a réussi à endormir les colons et les plus aisés de l'île et Temaru lui, a réussi à endormir les indépendantistes si on peut encore parler d'indépendantistes. Car un pourri qui se rallie à un autre pourri ça se vaut bien. Les deux protagonistes savent ce qu'ils font. Tout comme la corse Tahiti exige envers l'état centralisé une autonomie parlementaire tout en fonctionnant avec les deniers de la métropole. Pourquoi l'état n'a pas encore réagi et qu'Estrosi n'a fait que prendre acte de ces élections. Estrosi est allé négocier le chèque. En somme, Flosse en collaboration avec Temaru vendent à l'état la paix sociale de l'île.
De De Tombouctou à Rikitea
En transit perpétuel entre Tombouct... | 18H45 | 01/03/2008 |
Malheureusement pour la Polynésie française, Edgard Faure n'est pas comparable à Gaston Flosse,sauf sur un point, tous deux sont d'excellents politiciens.
Vivant en Polynésie française depuis 1973, ce n'est pas maintenant que le clivage polynésiens / chinois - européens s'est fait le plus sentir.
Il y a une vingtaine d'années, un homme politique à l'époqe indépendantiste et aujourd'hui autonomiste à la barbe blanche déclarait tranquillement à la télévision que le peuple tahitien allait reprendre sa place, et joignant le geste à la parole, se passant l'index sur la gorge, il déclarait que bientôt les Chinois seraient supprimés suivis des demis (métis) et des français.
Les esprits se sont apaisés. Le volcan retient sa lave meutrière.
Quant à Gaston Flosse, autant il a critiqué hier l'autonomie qu'il apparentait à la mort de la Polynésie française autant il sut pousser les limites de l'autonomie jusqu'en deçà de la ligne en pointillé qui nous sépare encore de l'indépendance.
L'indépendance pourle peuple de la Polynésie française, tout le monde en est d'accord, mais encore faut-il que cela soit viable. Oscar Temaru, Gaston Flosse, de très nombreux Chinois et Demis ont acquis suffisament de biens en Australie, Nouvelle Zélande, Chili, Californie, Chine et même en France pour n'avoir rien à craindre pour leur confort.
L'indépendance de la Polynésie française dans les quelques années à venir ramènerait la grande majorité de la population vers une vie plus saine tournée autour de la pêche et de l'agriculture pour ceux qui ont encore assez de terre à cultiver. Pour la majorité de la classe moyenne (fonctionnaires, employés) l'exemple de leur futur existe : le Vanuatu ex Nouvelles hébrides a précèdé la Polynésie dans l'immensité de l'océan qu'est l'indépendance pour une population de 250.000 habitants.
Malgré mes nombreuses années passées en Polynésie française, mes trois enfants « demis » jamais je ne me permettrais de juger le choix que le peuple polynésien fait en politique. Ce qui ne m'empêche pas de dire haut et fort combien la méthode utilisée par Gaston Flosse de reprendre le pouvoir est écoeurant, immoral et digne des pratiques de naguère dans les démocraties alors dites populaires.
Individuellement, chaque Polynésien, chaque Polynésienne mérite bien mieux.
De Heneptas
18H52 | 01/03/2008 |
assistanat, abus de biens sociaux, détournements divers, corruption, prévarication, clientélisme, népotisme, incompétence, xénophobie,…
la liste n'est pas exhaustive. on pourrait peut-etre ajouter assassinats crapuleux.
Oui, cela ressemble un peu à la Corse mais surtout à une République bananière !
J'espère juste que Zarko aura les c… de venir comme prévu, et de proposer un référendum d'autodétermination pour fin 2008. Juste pour faire un coup, comme il en a l'habitude !
La France n'a certainement plus besoin d'une danseuse polynésienne. Qui va pouvoir aller se vendre au plus offrant, si celui-ci concède d'etre aussi genereux que le méchant colon dont Messieurs Flosse et Temaru profitent bien.
Mais elle reste aussi co-responsable de la situation actuelle. Largons les amarres !
De bob44
20H11 | 01/03/2008 |
Je suis en phase avec l'analyse de notre sociologue…A l'UPLD, composée en quasi-totalité de Tavini aujourd'hui, il y a de nombreux « jeunes » diplômés…On peut prendre l'exemple de la fille d'Oscar Temaru qui vient de faire son entrée dans le gouvernement…Cette dernière est titulaire d'un master, niveau d'étude dont peu d'hommes politiques disposent en Polynésie. En revanche ces jeunes « cadres » sont toujours relayés au second plan comme en témoigne la photographie de la nouvelle assemblée alors qu'ils sont souvent bien plus qualifiés que leurs aînés.
En revanche, même si nombre de ces diplômés « bleu » ont fait leurs études à l'étranger (notamment en métropole) ils nourrissent curieusement comme leurs aînés un sentiment profondément anti-français..Je m étonne toujours que ces jeunes qu'il m'arrive de fréquenter et dont certains sont vraiment brillants, voit en l'Etat, et même la République, le mal absolu….
Je ne suis pas du tout Sarkozyste et suis le premier à reconnaître que l'Etat s'y est toujours mal pris en Polynésie et ce n'est pas l'interventionnisme et les discours paternalistes de ce cher Ch Estrosi qui risquent de me faire changer d'avis.. Mais je n'arrive pas à comprendre les raisons d'autant de rancœur…certes, il y a toujours un haut-commissaire, mais le pays à son président, son assemblée (où il n'y a pas un popa'a, même originaire de Tahiti), et les élus élaborent leurs propres lois…
Ces jeunes dénoncent avec raison les dérives de l'Etat mais ils acceptent sans broncher le discours passéiste de Temaru, le népotisme et l'amateurisme….Ils ne disent rien quant à la montée de la xénophobie alors qu'ils ont parfois des proches parmi les « chinois » et les « popa'a », et c'est en applaudissant des deux mains qu'ils voient Flosse prendre à nouveau le pouvoir en crachant sur la vox populi….
Monsieur le sociologue, si vous avez des réponses à mes interrogations, je suis preneur parce que là j en perd vraiment mon reo maohi…
Mauruuru
De Papapenu
niakue en vadrouille | 20H40 | 01/03/2008 |
Iaorana oe Christian Le Goff
Iaorana tout le monde,
Comme titre, j'aurai prefere « » le rebond de l'amour propre Maohi « » ou , « on n'insulte pas les Maohis' » en reponse aux insultes de Estrosi a l'encontre de ceux qui n'etaient pas « 'matures et intelligents' » car ces electeurs, plus de 56% n'avaient pas vote pour son poulain aux elections. Du jamais vu !
Ce rapprochement entre nos deux « 'Metua' » politiques est une benediction pour les Polynesiens- le 23 fev 2008, nous avons ouvertement rejete cet esprit de division entre le peuple Maohi entretenu par l'Etat depuis des decennies. Ce qu'il faut retenir dans cette alliance, c'est la sagesse d'un GRAND HOMME : Oscar Manutahi Temaru qui a su, pour le bonheur de notre peuple, empecher notre pays de devenir un DEPARTEMENT !
le 24 fev, les Maohis se sont reveilles CHEZ EUX mettant en echec les plans fomentes > rue Oudinot.
autonomie : voila ce que le dictionnaire me dit : en francais : Autonomie. Définition du dictionnaire. Liberté, indépendance morale et intellectuelle.
En anglais la definition : the right or power to govern
Nos deux Metua politiques ont suivi a la lettre un conseil du Peretiteni Sarkosy qui dit : « » A chaque époque ses solutions, mais ses solutions fortes, volontaires, déterminées''
qu'est ce qu'il va faire maintenant ?
le 24 fev, les Maohis se sont reveilles CHEZ EUX !
En conclusion , une citation du president de la Republique, Nicolas Sarkosy : « 'J'aime les gens, y compris dans un univers hostile. Il y a toujours une façon de se parler''
Nous aussi, on t'aime bien-donne nous un secretaire d'Etat qui nous dicte pas ce qu'on doit faire mais plutot quelqu'un qui ecoute et partage NOTRE avenir, un secretaire d'Etat qui offre sans nous deposseder.
fa'aitoito
www.tahitiradiococotier.com
De Papapenu
niakue en vadrouille | 21H01 | 01/03/2008 |
nous n'avons jamais ete anti-francais mais anti-Etat , oui ! -justifie ? certainement .
<
De Papapenu
niakue en vadrouille | 21H14 | 01/03/2008 |
bob44, no offense mais en visitant le site de l'assemblee de Polynesie, si tu ne trouves pas de noms de popa'a originaire de Tahiti ..euhh
' » mais le pays à son président, son assemblée (où il n'y a pas un popa'a, même originaire de Tahiti), et les élus élaborent leurs propres lois…
les lois qui arrangent l'Etat ne sont pas tributaires du pays car si c'etait le cas , Estrosi n'aura pas eu l'arrogance de rejeter l'avis de 44 elus sur 57 pour organiser les dernieres elections ! !
fa'aitoito
De bob44
23H18 | 01/03/2008 |
Papapenu, reconnais quand même que les Polynésiens ont relativement les mains libres pour décider de leur devenir et pour ce qui est d'Estrosi, je me suis exprimé sur son sujet plus haut…une tête d'oeuf !
Voila, quant à la « sagesse » d'Oscar Temaru, là dessus je ne te rejoins pas du tout. Il n'est ni Martin Luther King, ni Jean-Marie Djibaou…Oscar s'est juste fixé un but qu'il veut atteindre pour enfin entrer dans l'Histoire et ce quel qu'en soit le prix…
Fa'aitoito à toi et mes amitiés à mama Roro !
P.s : pour les popa'a à l'assemblée, je ne parlais pas des noms à consonnance métro, mais des popa'a nés en Polynésie sans pour autant être polynésien…En fait on en a eu un, L.Brigato…on peut en être fier (c'est sarcastique bien entendu…)
De Papapenu
niakue en vadrouille | 00H29 | 02/03/2008 |
Bob44, c'est la que reside le probleme qui fait un bloquage dans l'esprit stereotype des gens :
a/ Oscar Temaru n'a jamais essaye d'etre , ni d'imite MLK ou Djibaou - Temaru ,c'est Temaru qui au fil des annees, recolte de plus en plus de votes.
quand au but qu'il s'est fixe qui est la souverainete de notre pays , la encore, c'est le fond de commerce qui ont fait vivre les autres partis politiques ; « 'le jour ou on sera independant, on sera pauvre, les salaires seront tres bas , rien a acheter , on aura une vie miserable , etc ! ! helas, ce style de slogans politiques ne marchent plus !
si notre independance regroupait tous ces elements negatifs , je serai le premier a voter contre - Mais heureusement , nous avons une vision economique beaucoup plus prospere a achever que celle ou plus de 30% de la population a ete rejetee depuis des decennies -
bob44,je te cite : “” pour les popa'a à l'assemblée, je ne parlais pas des noms à consonnance métro, mais des popa'a nés en Polynésie sans pour autant être polynésien “”
sur le site de l'AP, tu vas en trouver plusieurs qui correspondent a ce critere- ceux qui voulaient vendre nos iles pour leurs interets personnels !
que ce nouveau gouvernement travaille afin que la population puisse beneficier des accomplissements-
''La suggestion consiste à faire dans l'esprit des autres une petite incision où l'on met une idée à soi.' » (V.Hugo)
cette petite suggestion offerte il y a plus de 30 ans par Oscar Temaru est devenue une institution parmi la population -
Fa'aitoito
De papacrabe
05H54 | 02/03/2008 |
L'état, en Polynésie française, s'il souhaite redorer un tant soit peu son blason, doit cesser d'utiliser la « légalité » de manière partisane et partiale.
Elle doit assurer un justice rapide et « aveugle », juste et impartiale. Elle doit assurer la formation des élus (à tous les niveaux : communes, assemblée, gouvernement) et assister les Polynésiens dans leurs missions, autrement que part un transfert de fonds massifs qui créent plus de problèmes qu'ils n'en règlent.
Sans justice, pas de démocratie. Cela, et cela seul doit être le point de vue de l'état. On en est loin, Flosse n'aurait pu devenir un tel potentat sans le soutien de gouvernements peu regardants, tacticiens, et pragmatiques (au pire sens du terme).
De même, l'état doit accepter de faire toute la lumière sur la période des essais nucléaires. Ouvrir ses archives aux spécialistes, déclassifier les dossiers.
Et encore, une fois, le véritable enjeu actuel pour la Polynésie est dans l'éducation et la formation. Les profs détachés pour 4 ans font un boulot superficiel, jouissent de leur coin de soleil, économisent tant qu'ils peuvent sur l'indexation magistrale qu'ils reçoivent, et cultivent l'à priori bien plus que les Polynésiens leurs taro.
Estrosi a cru qu'un sourire et que réciter la liste des archipels suffisait à faire de lui un popaanésien respecté, c'est totalement méconnaître cette culture qui cultive l'authenticité mieux que personne, et qui ne s'y trompent pas lorsqu'on souhaite les berner, d'une manière ou d'une autre. Même les magouilleurs maohi font leurs forfaits au grand jour, ce qui est beaucoup plus apprécié ici que des méfaits dissimulés, complexes, hypocrites. Ils ne sont pas dupes. Ils ne sont pas stupides.
La situation politique évolue. La démocratie s'installe en Polynésie, c'est un apprentissage complexe, et cela demande du temps et un véritable soutien désintéressé de la part de l'Etat. Ce n'est pas impossible. Et cela dépasse largement tous les clivages successifs qui secouent et perturbent la vie politique maohie : rétronomiste Vs dépendantiste ; lutte des classes ; communautarisme ; flosse Vs Anti flosse ; …
Encore une fois l'Etat doit prendre de la hauteur, faire le ménage, de manière juste, et former, former, former encore, en assurant un soutien technique pointu, durable, et non partisan.
La jeunesse polynésienne veut avant tout vivre en paix, se sentir respectée, et pouvoir agir pour son fenua (et on est loin d'un « nationalisme » tel qu'on le connaît en métropole). C'est sur elle qu'il faut s'appuyer pour donner à la Polynésie les moyens de son émancipation politique, culturelle et pourquoi pas économique.
Pardon d'être brouillon et virulent, entre passion et fatigue, il m'est difficile de faire mieux ce soir…
parahi,
Papacrabe
De papacrabe
05H59 | 02/03/2008 |
Et merci à Christian d'essayer encore d'apporter un éclairage sur la situation polynésienne. Je crois fermement que les démocrates de métropoles devraient s'intéresser beaucoup plus à ce qui se passe ici. Non pour donner des leçons, mais justement pour réduire leurs à priori et leurs idées reçues et pour réfléchir, avec les démocrates polynésiens, à la possible évolution, au possible développement, de ce petit bout de terres émergées au milieu d'un océan immense, et tumultueux.
De De Tombouctou à Rikitea
En transit perpétuel entre Tombouct... | 20H44 | 02/03/2008 |
Eé hé papapenu, tu veux un secrétaire d'Etat qui offre sans nous deposséder. Tu veux que l'Etat français continue à payer toutes les extravagances sorties du cerveau supérieur de nos deux metua sans limite, sans contrôle. Polynésien français oui, dans la limite de la monnaie garantie par l'Etat et d'un passeport d'une nation pour te permettre de faire ton schopping à Los Angelès ou en Nouvelle Zélande, polynésien pour tout le reste… Voila la position commune : la France paie, c'est normal, elle a des dettes envers le peuple polynésen, pour le reste on n'a pas besoin d'elle.
Ce sentiment a t'il toujours cours au Vanuatu ?
Faitoito papapenu
De De Tombouctou à Rikitea
En transit perpétuel entre Tombouct... | 04H07 | 03/03/2008 |
Papapenu, tu as la peau du talon bien lisse pour être un niakue en vadrouille…
Bonne continuation
De De Tombouctou à Rikitea
En transit perpétuel entre Tombouct... | 07H50 | 03/03/2008 |
Flosse exclu de l'UMP oui, mais il y a déjà longtemps qu'il ne payait ses cotisations (depuis qu'il n'était plus président - il aurait alors fallu qu'il paie sur sa propre poche : impensable)
Mais le président qui a présenté au parlement ce que le peuple français avait refusé par référendum a t-il agi très différemment de Flosse pour sa rééletion à la présidence de la Polynésie française ?
Y aurait-il deux poids deux mesures au sein de l'UMP ?
De cooper59
pour la decroissance ! | 09H26 | 03/03/2008 |
je suis pour l'independance de la Polynesie (tout court) pour des raisons evidentes , on en a parlé plus haut , toutefois je ne pense pas que cet attelage « Flosse Temaru » soit une bonne idée , Flosse a une mentalité de « parrain » et pas que la mentalité , je reste soft , et je suis pas sur que Temaru soit clairvoyant dans cette affaire , les interets des riches proprietaires seront renforcés et il risque de ne pas y avoir de changements notables ( je finis sur le mot « notables “)
De Bardamu
difficile | 11H04 | 03/03/2008 |
Il est évident que la France doit permettre aux polynésiens, aux réunionnais, néo-calédoniens, martiniquais et guadeloupéens d'être indépendants (s'ils le désirent vraiment bien sûr).
Très franchement, ces « confettis » de l'Empire colonial ne sont que de belles danseuses exotiques que la république entretient à coups de milliards d'euros, sans en retirer aucun avantage bien consistant ; si en plus de réprésenter un gouffre financier sans fond, les habitants ne veulent pas rester français et nous crachent à la figure, ce ne serait pas une perte.
à Bardamu
De HK
Anthro-politologue & Analyste Fonct... | 16H23 | 03/03/2008 |
Ce n'est pas la première fois que je lis des commentaires qui semblent considérés que les micro-états quelqu'ils soient sont des gouffres financiers pour les macro-états légitimes.
C'est un fait certain et clair au niveau des transferts financiers. Une réelle dépendance est crée, changeant les habitudes de vie.
Mais n'oubliez pas que ce n'est pas l'argent des « locaux » qui est investis dans les paradis fiscaux (NB : que la Polynésie Francaise n'est pas), mais bien celui des « blancs »..
Je ne pense pas que qui que ce soit crachent à la figure de l'autre. Certainement pas les gens qui trouvent leur intérêt dans ces colonies résiduelles..
Rajouter à cela l'aspect « base militaire » (les essais nucléaires francais en Polynésie francaise ou l'entierté du Pacifique Nord, dont certains états « souverains » voient l'entierté de leur politique extérieure assujetie à celles des Etats-Unis.
Et encore, la multitude de formes juridiques étatiques rendent ce genre de formes étatiques encore plus diversifiés et utiles pour les macro-état. Cf les « (un)incorpored territory des USA » ou les « self-governing autonomous » etc etc..
Ne soyons pas dupes, les macro-états ne perdent rien en conservant leurs mains-mises sur ces micro-états…à part leurs âmes ? : )