Depuis le début du mois, l'université de Poitiers est en ébullition. Le 9 février, Benoît Fleury, ex-chef du GUD, un groupuscule d'extrême droite, a été reçu major de l'agrégation en histoire du droit, lui permettant une affectation à la faculté de Poitiers. La présidence, soutenue par les étudiants et enseignants, se mobilise pour empêcher sa nomination. Une polémique qui relance un vieux débat : faut-il tenir compte de l'appartenance politique des professeurs d'université ? Sur la toile, les avis divergent. Radicalement.
Dans un communiqué publié lundi, le conseil demande au président de la République de s'opposer à l'affectation de Benoît Fleury à Poitiers. Les étudiants ont adressé une lettre à Nicolas Sarkozy :
« C'est ici le risque d'un trouble certain de l'ordre public. Certains perturberont ses cours, d'autres s'y opposeront. Cette probable polarisation idéologique et physique est susceptible de nous replonger dans des affrontements qu'a déjà connu cette ville dans les années 90.“Nous en appelons à votre réflexion, et demandons à ce que vous refusiez l'affectation de Benoît Fleury dans le corps professoral français.”
Un passé lourd, rejeté par l'université
Benoît Fleury a dirigé le GUD (Groupe union défense) à Assas. Un mouvement violent créé en 1968 et dissous en 2000, connu pour ses positions clairement racistes et antisémites. Dans une interview donnée à l'Echo des Savanes en 1999, celui qui se faisait surnommer “Lord”, clamait son idéologie “fasciste, au sens italien du terme”, estimant qu'il fallait “rayer Israël de la carte”, et revendiquant son admiration pour le national-socialiste belge Léon Degrelle.
Benoît Fleury est aussi un bagarreur. Ce qui lui vaut à plusieurs reprises l'exclusion d'Assas, pour injures racistes, antisémites et agressions. Il écope même de trois mois de prison en 1998, pour avoir attaqué d'autres militants d'extrême droite. Un passé lourd, que l'université de Poitiers rejette en bloc.
En 2000, le leader du GUD semble se calmer. Chargé de travaux dirigés à Rouen, puis maître de conférence à l'université de Montpellier I, ses condamnations sont amnistiées, ce qui lui permet de se présenter au concours pour l'agrégation d'histoire du droit. Chose faite, il se heurte désormais au refus du cercle universitaire.
Sur la pétition mise en ligne sur Internet contre l'affectation de Benoît Fleury, la faculté estime que son affectation “va à l'encontre des valeurs humanistes et républicaines défendues par l'institution”.
Douze professeurs de l'école ont de leur côté signé une déclaration publique, dans laquelle ils rappellent qu'ils ne remettent pas en cause la “souveraineté d'un jury de concours”, et font valoir leur attachement à leur “discipline et à son rayonnement” :
“La loi française, en accord avec le droit européen, réprime les actes et discours racistes, antisémites et négationnistes. Les enseignants d'une discipline à la fois historique et juridique doivent se sentir particulièrement responsables du respect de ces dispositions destinées à protéger la dignité humaine contre la haine et le mensonge”.
“L'hypocrisie de l'université”
L'appartenance politique comme critère pour affecter un prof dans une université ? Une vision qui ne fait pas l'unanimité. Pour Philippe Bilger, avocat général près de la cour d'appel de Paris, le passé politique de Benoît Fleury ne doit pas faire exception à la règle universitaire. Il dénonce sur son blog “Justice au singulier”, “l'hypocrisie” de la fac de Poitiers :
“Le président de l'université Jean-Pierre Gesson s'est fendu d'une déclaration qui constitue une merveille sur le plan de l'hypocrisie et de la défausse. (…) Abriter le droit, la liberté d'expression sous la morale, c'est les démonétiser, violer leur essence.‘Je préfère le roc des principes aux fluctuations des affinités dans ce domaine fondamental pour la démocratie. Honte sur Poitiers si Benoît Fleury n'y est pas affecté.’
Même son de cloche sur le blog Libertés Internet. Jacques Poumarede, professeur d'histoire du droit à l'université de Toulouse I, considère que les principes démocratiques doivent s'appliquer à tout le monde, dans un post intitulé ‘L'humanisme sélectif de l'université de Poitiers’ :
‘Bel exemple de l'hypocrisie bien pensante et de la démocratie à sens unique. (…) Si Fleury est amnistié et qu'il a cessé de propager des idéologiques racistes et violentes, de quel droit lui interdirait on de jouir des mêmes droits que tout autre diplômé de l'agrégation ? La Démocratie, c'est pour tout le monde, ou alors c'est pour personne…’.
La reconnaissance de l'extrême droite
Mais ce qui inquiète surtout les étudiants de Poitiers, ce sont les félicitations des groupes d'extrême droite à Benoît Fleury pour être sorti major du concours d'agrégation. Comme s'il était toujours l'un des leurs. A l'exemple du blog de ‘l'union des patriotes’, groupe d'extrême droite, qui présente ses ‘sincères félicitations’, à celui qu'ils appellent leur ‘camarade’ :
‘Bien connu de nos milieux comme un sympathique petit rat noir d'Assas à la fin des années 90, Benoît Fleury vient de démontrer, une fois de plus, qu'il avait de nombreuses aptitudes intellectuelles, n'en déplaise aux détracteurs bobo-libéralo-gauchistes, amateurs de poncifs débiles : il vient de réussir le très difficile concours d'agrégation de Droit et, excusez du peu, s'octroie même la première place, celle de major. Toute l'équipe d'Union des Patriotes te présente ses sincères félicitations, camarade ! .



















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à Chénine
De mechante langue
13H47 | 29/02/2008 |
« Cependant, si j'ai précisé que j'étais juriste ce n'est nullement afin de prétendre à une intelligence suppérieuure, mais seulement pour relever que je connaissait bien le domaine de l'histoire du droit. »
A la vue de votre contribution précedente il semble que vous ne connaissez strictement rien a l'histoire du droit
à Chénine
De DBL8
Retraité | 14H07 | 29/02/2008 |
Et en plus vous ne savez pas lire ! !
Ou ai-je parlé de proverbe ?
Mauvaise après-midi. (c'est un souhait pour vous, pas une constations, je précise pour vous évitez vous tromper, encore)
à DBL8
De jojo1er
16H42 | 29/02/2008 |
Wiki : « Un proverbe est une formule condensée et incisive qu'il ne faut pas se contenter de lire au premier degré car elle contient une morale ou une vérité d'expérience que l'on juge utile de rappeler. »
DBL8 : « une tête bien pleine c'est comme un pot de chambre, il ne faut pas la secouer, la merde éclabousse ! ! »
Jojo1er, …« CQFD »
à DBL8
De Marie SF
18H05 | 29/02/2008 |
Chenine n'a pas dû lire Montaigne et n'est pas en mesure de saisir le sens de votre « tête trop pleine ».
à Chénine
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 12H47 | 29/02/2008 |
Oh, il travaillera surement sur l'état d'exception, dans la lignée du juriste nazi Carl Schmitt…
qui serait, selon le Harpers, une source d'inspiration de John Yoo, le juriste américain qui a participé à l'élaboration du Patriot Act et qui défend la théorie de « l'exécutif unitaire » qui place l'exécutif au-dessus de tous les autres pouvoirs…
http://en.wikipedia.org/wiki/Unitary_executive_theory
http://harpers.org/archive/2008/01/hbc-90002226
Une période très intéressante à étudier, question « histoire du droit » et de l'état d'exception donc… Et le passé ne prend de sens qu'en fonction du présent…
à Network 23
De Alt-Z
Jeune délibéral. | 20H45 | 29/02/2008 |
Et vice versa.
A part ça, c'est mal de dénigrer l'histoire du droit. Il n'est de sotte connaissance.
à Chénine
De Zohar
13H01 | 29/02/2008 |
encore une fois, ridicule : ce sont tous des chercheurs, titulaires d'un doctorat, parfois d'une HDR, ayant le plus souvent (normalement…) publié dans des revues à comité de lecture. Peu comparable avec les 9000 candidats évoqués.
Vous n'avez pas du faire beaucoup de recherche en droit (je ne suis moi-même pas juriste), mais pour, le concours en question est « Histoire du droit des institutions »… et une grande partie des percées conceptuelles en sciences économiques (théorie des contrats, des incitations, des droits de propriété) sont issues de travaux d'historiens du droit. Il est vrai : anglo-saxons…
De cooper59
pour la decroissance ! | 09H57 | 29/02/2008 |
de toutes façons on a l'habitude de vivre a coté des fachos , y'en a meme qui sont pas passés par le GUD ou OCCIDENT et on les cotoient tous les jours ! moi j'en croise des que je mets le nez dehors : des fachos a kepis , des fachos a casquettes , des fachos dans la tv , a la radio , dans les stades , des fachos qui s'ignorent ou pas etc etc etc A la fac aussi ? ça alors ! et puis tous ces petits nazillons commencent au GUD et finissent a l'UMP ! tu parles d'un parcours !
De lioe
berlin | 10H11 | 29/02/2008 |
J ai beaucoup de mal a comprendre cette bronca au sujet de ce garcon.Il me semble que ce jeune homme est considere par ses pairs comme etant competent, et qu il etait apte a enseigneer.Son passe ne justifie pas cette levee de boucliers.Je suis sur que ses étudiants feront ce qu il faudra, si un jour il se mettait a deraper.Ou alors serait ce de la « prevention » ? on ne peut pas condamner quelqu un pour quelque chose qu il n a pas encore commis ! Et je m etonne que les detracteurs de la loi sur la retention(dont je suis)se déchaînent aujourd hui sur cette homme !
De yves C
informaticien quadra | 10H18 | 29/02/2008 |
Bonjour,
J'ai un peu de mal à comprendre l'attitude de l'université de Poitier (surtout de droit). Ce Monsieur a été condamné pour divers délits graves et a purgé ses peines ou a été amnistiées. Il s'agit donc d'un citoyen ordinaire qui a réussi un concours lui ouvrant droit à un poste. Que l'on n'apprécie pas (et j'en suis) que des gens qui ont professé de telles idées puissent enseigner est effectivement un souci mais c'est une prise de risque que la société doit prendre au nom des principes du droit.
C'est pour cela que je suis un opposant farouche de la rétention de sécurité et un soutien à ce monsieur dans l'obtention de son poste.
Dans les deux cas cela n'empêche pas une vigilance soutenue du comportement d'anciens condamnés.
On ne peut condamner quelqu'un pour ce qu'il est ou pour ses pensées ou idées mais seulement pour ses actes. C'est un principe fondamental qu'il faut appliquer partout et pas seulement quand cela nous arrange.
De stangrof
10H41 | 29/02/2008 |
si c'était un ancien d'extréme gauche maoiste,il aurait eu une augmentation !
quel cinema. : -)
De nanoblog
10H46 | 29/02/2008 |
Plutôt d'accord avec Didier B63 et Bloozmarch : la vigilance permanente me semble la seule solution raisonnable. Refuser la nomination d'un prof sur la base de ses seules idées, c'est pour moi aller à l'encontre même des principes de l'université. J'y vois (mais pour combien de temps encore ? ) une sorte de zone franche, la dernière sans doute, où même les idées les plus antidémocratiques doivent être reçues et débattues. Et leur confrontation avec des idées radicalement opposées (je ne sais plus qui évoquait la mauvaise réputation des étudiants marxistes ou trotskistes sur certains campus) ne se passe pas forcément si mal, pour peu que l'oscillation permanente du syndicalisme et de l'action collective étudiants entre l'agit prop » foutraque et bon enfant et le véritable débat d'idées se perpétue. Je me souviens (aïe, ça y est, je suis un vieux débris) de l'ambiance électrique à l'université de Toulouse I entre 1997 et 1999. Les leaders officiels ou officieux du collectif unitaire (structure aux contours flous rassemblant des antifascistes de tout poil, de l'Unef aux JRE en passant par la JCR) n'hésitaient pas alors à partir au carton face aux CRS durant les manifs anti-FN mais, dans le même temps, étaient tout à fait capables de débats posés et constructifs avec des professeurs dont le positionnement idéologique flirtait parfois avec l'extrême droite. Or ces professeurs comptaient parmi les plus intéressants et les plus respectés de la Fac, sans doute (mais c'est là un point de vue personnel) parce que leurs problématiques revêtaient souvent un tour polémique qui forçaient les étudiants à davantage utiliser leurs neurones. Si on bannit certaines idées des facs, où pourra-t-on alors y être confrontés ? Où apprendra-t-on à les connaître, donc à les combattre ? Sur le marché du travail ? Sur le zinc d'un troquet ? Il serait dangereux que le désormais sacro-saint principe de précaution s'applique aussi au domaine de la pensée, une idéologie xénophobe et violente n'étant jamais aussi dangereuse que lorsqu'elle est rampante car exclue du débat public. Alors oui, je souhaite que Benoît Fleury soit nommé, car j'ai encore foi dans l'intelligence et la vigilance de nos étudiants : ils sauront, j'en suis persuadé, faire de ce danger potentiel une richesse et une source de réflexion. Bref, faisons confiance à notre jeunesse française… (jeu de mots pourri, certes, mais vraiment trop tentant…)
à nanoblog
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 13H02 | 29/02/2008 |
Cette insistance à affirmer que les « idées » d'extrême-droite doivent être présentes dans l'espace public et débattues rationnellement est bien étrange.
Je ne remet aucunement en cause la nomination de ce prof (fallait pas l'amnistier ! ), mais de là à croire qu'on peut débattre « rationnellement » avec des gens qui n'acceptent pas les principes d'un débat raisonnable…
Le discours raciste (qui malheureusement déborde les limites de ceux qui s'affirment explicitement comme « sujets » racistes) joue bien davantage sur les affects, la peur, les métaphores (« vagues » d'immigration - tsunami pendant qu'on y est ! ), etc.
Rappelez-vous le contexte de la campagne de 2002 qui a propulsé JMLP au 2nd tour… des images, des fait-divers… mais peu d'arguments rationnels.
Certes, il y a, très rarement, des penseurs chez la droite ultra, qui sont d'ailleurs souvent plus intéressants que les bien-pensants de la droite bourgeoise, ressassant les mêmes clichés.
Mais c'est devenu rare de nos jours : pas tout le monde s'appelle Maurras, Léo Strauss ou Carl Schmitt…
Alors, certes l'épuration (qui a été bien légère ma foi, surtout quand on voit des Emile Dewoitine devenir président de l'Aérospatiale…) n'est plus à l'ordre du jour, et le bannissement, paraît-il, ne le serait pas non plus (sauf, bien sûr, pour ceux privés de titres de citoyenneté…), mais qu'on tolère (supporter, avec difficulté et dégoût) les gens d'extrême-droite, soit, mais leurs idées, en aucun cas !
Affirmer que leurs idées devraient être discutées rationnellement, c'est prétendre qu'un historien peut débattre avec un négationniste… Comme si les deux se placaient au même plan.
à Network 23
De nanoblog
14H18 | 29/02/2008 |
Network, merci pour vos contributions toujours très nuancées et documentées. Une courte réponse sur votre référence aux négationnistes. Je parle des universités comme de « zones franches » où toute idée, même la plus atroce, doit pouvoir s'exprimer, mais aussi comme du dernier lieu de recul vis à vis de la sphère médiatique et des « émotions » et des « peurs » qu'elle peut véhiculer, comme ce fut effectivement le cas en 2002.
Vous soulignez l'absence actuelle de « penseurs » d'extrême droite aptes à structurer un discours cohérent. Tant mieux, ai-je envie de dire : pour peu que l'on sache passer outre « l'émotion » médiatique, il est alors aisé de démonter leurs arguments au cours d'un simple débat et de les décrédibiliser. Forcer les extrêmes à s'exposer intellectuellement est le plus sûr moyen de les rendre inefficients. Et si une telle démarche est aujourd'hui plus que compliquée dans la sphère médiatique pour diverses raisons mercantiles que je ne détaillerai pas ici, elle me semble toujours essentielle et réalisable au sein de l'université.
Les semelles de rangers des groupes nazillons ayant maintes fois atterri sur ma tronche d'idéaliste forcené lors de mes années toulousaines n'ont pas suffi à me convaincre du contraire : je persiste à croire que l'on peut s'asseoir à une table avec un nazi, un négationniste, un intégriste religieux, un terroriste… et en retirer des clés de compréhension historique et sociale utiles à la formation de notre opinion, voire de notre conscience politique, deux choses dont, selon moi, l'université est un des lieux privilégiés d'incubation.
Comme a dit un jour un grand reporter du journal Libération : « Un poseur de bombes, c'est avant tout un poseur de questions. » Et l'université est l'occasion rêvée d'aller chercher les réponses, non ?
à nanoblog
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 17H03 | 02/03/2008 |
Salut Nano !
Discuter avec un Alain de Benoist me semble possible, et je crois même savoir qu'il peut vous parler de Marx en disant bien moins de conneries que beaucoup d'autres.
En revanche, discuter avec un skinhead me semble déjà beaucoup plus difficile… Il faut quand même accepter des bases communes pour instaurer un dialogue, dont celui d'utiliser des mots et des idées argumentées.
Mais il y a des gens en apparence beaucoup plus modérés qui sont tout à fait incapables d'un tel débat rationnel, vous ressortant bien vite les clichés de la reagan-o-mania…
Quand à l'université, elle est certes là pour réfléchir, mais un prof se doit d'avoir une posture neutre face à ses idées - ce qui inclut de ne pas en parler lorsque celles-ci n'ont rien à voir avec la matière étudiée.
Enfin, il est clair que le négationnisme ne représente pas une simple position parmi les diverses interprétations historiques possibles, mais plutôt la négation même de toute interprétation historique, en ce qu'il se place sur un plan 100% idéologique n'attachant aucune importance aux faits. En cela, il n'a rien à faire à l'université, si ce n'est en tant qu'objet d'études. Indépendamment de toute régulation juridique, l'Université ne saurait admettre de tels discours dans son enceinte, à moins de renier ce qui fait le fondement même de son existence.
PS : je ne suis pas sûr d'être totalement d'accord avec votre dernière citation, mais elle est quand même pas mal ! En tout cas, je ne sais pas s'il pose toujours des questions, mais il nous oblige à nous en poser…
De Sacha_H
. | 10H53 | 29/02/2008 |
Etudiant à Poitiers, premier moblisé par la venue de Benoît Fleury à Poitiers, j'aimerai saluer la démarche de rue 89 puisque nous les avions solliciter précedemment.
Loin de revenir sur le débat qui a lieu sur le forum, je voudrais simplement informer les lecteurs des dernières nouvelles.
L'avocat de Benoît Fleury a rédigé un communiqué de presse dans lequel il indique que son client a résolument changé et qu'il renie l'ensemble des idéologies qu'il avait soutenu au sein du milieu universitaire.
Dire que ce communiqué à emporter notre persuasion serait vous mentir. Toutefois, conformement à nos convictions politiques, notamment en matière de rétention de surêté et en raison de notre opposition à la doctrine « délinquant un jour, délinquant toujours », nous en prenons acte tout en soutenant la démarche du Président de notre Université dans sa lettre adressée au Président de la République dans l'optique de lui demander la non affectation de M.Fleury à Poitiers.
Nous tenons à exprimer notre circonspection quant à ce changement aussi « radical » ( passez moi l'expression) d'idéaux. Nous appelons par conséquent à la vigilance citoyenne à la fois quant aux propos tenus par ce Monsieur au sein de notre Université mais aussi quant au potentiel développement d'idées extrémistes et nauséabondes sur notre campus.
à Sacha_H
De Polydamas
11H11 | 29/02/2008 |
Ça y est, il a fait ce qui lui est demandé, mais même ça, ce n'est pas suffisant. C'est hallucinant de parti-pris et de mauvaise foi.
En outre, vous ne voyez pas que vous vous contredisez dans la même phrase. Vous dites que personnes n'est délinquant toujours, mais vous souhaitez quand même qu'il soit sanctionné.
Vous n'en avez pas marre d'être ridicule ?
à Polydamas
De Sacha_H
. | 11H29 | 29/02/2008 |
Ne faites pas l'amalgame je vous prie.
Tout ce que je dis est très cohérent dans la mesure ou sa non affectation releve des troubles que cela pourrait engendrer au sein du campus. Il ne s'agit pas là d'une sanction mais d'une mesure d'ordre public.
à Sacha_H
De Polydamas
12H23 | 29/02/2008 |
Pour les troubles, il faut sanctionner les fauteurs de trouble, à savoir, les étudiants qui perturbent les cours, pas Fleury, qui n'y est strictement pour rien…
à Sacha_H
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 13H15 | 29/02/2008 |
Sacha, d'abord vous devez savoir que l'immense majorité des contributeurs à ce forum partage votre amertume et votre dégoût.
Par contre, les méthodes employées, si elles sont compréhensibles d'un point de vue politique, ne le sont qu'à court terme.
L'appel à l'ordre public est des plus surprenant !
En gros, vous légitimez, insidieusement, des arguments qui pourraient très bien se retourner contre l'affectation de n'importe quel prof un peu « déviant ». Je ne parle pas seulement des « gauchistes », mais simplement de toute personne à qui la « gueule » ne revient pas à d'autres.
Cela ouvre donc la porte à toute sortes de discriminations (« raciales » - mot qui devrait être banni du code juridique français, mais cette proposition a été rejetée par l'UMP -, sexistes ou de genre), au nom de l'ordre public.
Exemple : on pourrait prétendre que l'affectation d'un prof homosexuel susciterait des troubles à l'ordre public.
Sur ce débat, difficile je vous l'accorde, je vous invite à consulter le débat interne au féminisme outre-atlantique, à propos des « hate speech ».
cf. en particulier Judith Butler, « Le Pouvoir des mots. Politique du performatif » (2004), et les passages concernant le débat avec Catharine Mc Kinnon, l'arrêt RAV vs St-Paul (à propos des croix du KKK brûlées dans les quartiers Afro-Américains), et l'analyse du rap.
L'appel à la loi et le rappel à l'ordre n'est peut-être pas la meilleure méthode pour lutter contre la gangrène.
Bon courage !
à Sacha_H
De mechante langue
13H54 | 29/02/2008 |
Ce que vous ecrivez est tout simplement delirant et d'une hypocrisie assez repoussante .
Le facho dans cette histoire , c'est vous.
Je me pince pour ne pas hurler de rire quand vous dites qu'il faut refuser cette personne pour les troubles que provoqueraient ça présence : mais c'est a se tordre . J'imagine que vous demandez l'exclusion des etudiants grévistes qui on occupé les fac ?
De Xiaolin
10H53 | 29/02/2008 |
En tant que « bobo-libéralo-gauchiste », j'aurais tendance à penser que si, il devrait obtenir ce poste. Le GUD, j'en ai pourtant rencontré quelques éléments du temps de mes études, on n'était pas copains et parfois j'en avais des frissons dans le dos. Mais 1/ce monsieur a droit, comme tout un chacun au bénéfice du doute. Peut-être s'est-il amendé ? Cela se voit. Qui ne connaît au moins un ancien de Gauche prolétarienne passé au chiraquisme ? Dans l'autre sens, c'est moins sûr, mais je fréquente moins aussi. 2/Vous ne préféreriez quand même pas qu'on l'envoie enseigner dans un lycée ? Les étudiants sont grands, ils sauront faire preuve de vigilance. Nous avons toujours su quels profs étaient fachos, il suffisait de les tenir à l'oeil, voire d'éviter leurs cours pour les moins courageux. 3/Peut-être effectivement a-t-il l'étoffe d'un bon prof, capable de tenir sa langue et de garder pour lui ses opinions le temps d'un cours ? 4/Il ne faut jamais, jamais laisser à de telles personnes l'opportunité de se positionner en martyres !
De hichamhami2
assistant d'éducation à Toulouse | 11H01 | 29/02/2008 |
Bonjour
je suis tout à fait contre le fait que l'on empêche ce monsieur d'exercer. Si on l'a amnistié , il doit bien y avoir une raison.
Et quand bien même , ce serait complètement faux-cul de dire que cet homme ( extrêmiste ) ne doit pas enseigner… si vous saviez le nombre de prof hyper fachos mais qui savent se taire… vous auriez peur…
Et ne vous inquiétez pas , dans l'amphi de Mr FLEURY tous les étudiants ne seront pas forcément obnubilés par l'obtention de leur diplôme , il y aura aussi les RG… TOUS ses cours seront surveillés.
Bien bonne journée !
à hichamhami2
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 13H18 | 29/02/2008 |
Les RG surveilleraient les cours de profs « suspects ».
Ou c'est faux, et tant mieux !
Ou c'est vrai, et c'est vraiment inquiétant pour notre démocratie…
D'ailleurs, je croyais que les RG n'avaient plus comme mission de surveiller les partis politiques. Bien sûr, on sait tous que c'est faux…
De Chénine
11H13 | 29/02/2008 |
Sans déconner, un mec qui prend le régime fasciste italien comme exemple ça peut que être un clown. Mais en aucun cas un danger… à part peut être pour nos zygomatiques !
à Chénine
De N A F
en territoire apache | 07H18 | 01/03/2008 |
un mec qui prend le régime fasciste italien comme exemple ça peut que être un clown.
lu la presse ces derniers temps ?
au hasard le programme de « democrates italiens »
en passe d etre élus
j ai pas fait de droit moi , mais je sais qu au
moins une loi recente française a pour ancetre
une loi redigée par des jurites eminents Allemands
et signée A H chancelier du reich
vos clown sont tristes
De Manoplas
en los madriles | 19H52 | 29/02/2008 |
Je suis assez partagée.
C'est assez délicat de ne pas tomber dans ce que l'on dénonce. Cela me fait horreur de savoir qu'un ancien du GUD, avec ses idées (dont on ne sait pas s'il s'est repenti) pourra enseigner.
Mais en même temps, légalement il est autorisé à enseigner.
Là où la direction de Poitiers a raison, c'est que cela risque d'être bien agité pendant ses cours, car je ne pense pas que beaucoup d'étudiants soient prêts à accepter ça.
Personnellement, je ne l'accepterais pas, même si je me dis que le professeur a les compétences pour être là où il est et enseigner, chacun sa vision de l'intelligence.
Malheureusement, si on ne peut nier des capacités intellectuelles, à quoi servent-elles si elles doivent servir à propager la haine, le racisme, et autres formes dérivées de l'ignorance et de l'incompréhension ?
Comment des étudiants étrangers, de différentes confessions, différentes origines peuvent-ils venir tranquilles dans une salle de classe où le professeur aurait dit (il n'y a pas si longtemps), qu'Israël devrait être rayé de la carte ? Qu'il admire le fascisme à l'italienne, celui qui imite les macaques dans les stades de foot dès qu'ils voient de la couleur, ceux qui brandissent la pureté du sang, des concepts de race ?
Alors, si la loi et les principes démocratiques permettent à ce professeur d'enseigner, je pense qu'il faudra beaucoup de vigilance de la part des élèves et du corps enseignant.
Même s'il est vrai aussi que des profs racistes et antisémites au final, il y en a déjà.
Cela m'étonnerait que le gouvernement réponde favorablement à la requête de la direction de l'université de Poitiers, on se souvient de la police à la fac en novembre, alors si on nous envoie les CRS, les contrôles, les dénonciations des leaders de certains syndicats étudiants… C'est dans l'air du temps, l'air rance.
De Ano-Nyme
delateur privé | 11H26 | 29/02/2008 |
C est génial …
quand des gens s inquiètent de voir un facho bien violent enseigner dans une université vous les taxez d intolérance ….
Vous avez deja vu le GUD à l oeuvre ?
Ca ne dois pas être le cas ….
Au minimum ce personnage devrai s expliquer sur sa position …Rappelons quand même que les idéologies antisémite et raciste sont punies par la loi …
Peut être un principe de précaution devrai s appliquer a ce personnage …
Quand à penser qu il ait pu changer ça me rappelle la phrase de Sarkosi … » J ai changé «
à Ano-Nyme
De Sacha_H
. | 11H38 | 29/02/2008 |
à nous aussi justement : )
à Sacha_H
De lioe
berlin | 11H57 | 29/02/2008 |
Que ce Mr ait change ou pas, n est pas le probleme.Tant que cet homme n a rien dit ou fait des choses reprehensible dans l exercice de ses fonctions, il doit pouvoir enseigner.
C est a vous Sacha ainsi que l administration de votre universite d etre vigilant sur les propos ou comportements que pourrait tenir ce monsieur.Et si j ai bien compris vous le serrez