Contestation de la mémoire de la Shoah: gare au défouloir!

Le grand scoop du dîner du CRIF avait été l’annonce, par le président de la République, de sa volonté de confier à la rentrée 2008 à chaque élève de CM2 la mémoire de l’un des 11 000 enfants juifs de France victimes de la Shoah. On a assez parlé et écrit sur le sujet, mais maintenant qu’un peu d’eau a coulé sous les ponts, il n’est pas inutile d’y revenir à tête reposée. Il n’est pas certain que l’initiative de Nicolas Sarkozy soit de nature à faire effectivement reculer l’antisémitisme. On peut même craindre le contraire dans un climat où les esprits sont prêts à s’enflammer pour moins que cela. On connaît le ressentiment qui s’est enraciné dans certaines couches de la population à l’endroit des juifs, personne ne peut plus le nier, et il se manifeste ici et là par des actes de violence et d’antisémitisme banalisé. Même si l’on constate fort heureusement ces temps-ci une accalmie notable, à laquelle la moindre médiatisation autour de l’antisémitisme, de la part des institutions juives, a probablement contribué. Ne pas attiser la concurrence des victimes Ce nouveau mode de commémoration obligatoire des victimes juives, imposé d’en haut dans les établissements scolaires, outre qu’elle enfermerait encore plus les juifs dans le rôle de victimes, risque d’être interprété comme un gage supplémentaire qui leur serait donné dans la société française. Ceci attiserait la concurrence des victimes, tout en nourrissant des aigreurs chez ceux qui considèrent que cette société ne leur donne pas la place à laquelle ils aspirent. Aujourd’hui où construction identitaire va de pair avec mémoire de souffrance, on ouvre ainsi la voie aux pires excès. Désormais, chaque groupe d’ayant-souffert, et ils sont nombreux, pourra exiger de faire porter le poids de son passé aux écoliers. Maintenant celui des enfants victimes de la Shoah, demain celui des victimes du génocide arménien, puis des colonisés, des esclaves… L'inculcation de la culpabilité Nous voici donc tous chargés de la culpabilité de tous les crimes ou injustices commis par nos prédécesseurs, comme si la généalogie de chaque enfant était à jamais indissociable de ces terribles méfaits. Cela ne peut que se révéler fort préjudiciable à un pays que notre Président souhaite moderniser, donc porter vers l’avenir. Qu’a-t-il donc fait, cet élève de CM2, pour devoir traîner un poids si lourd? Lui inculquer la culpabilité par l’émotion ne peut en outre que nuire à la transmission authentique de la mémoire d’un cataclysme comme la Shoah. Qu’on le lui enseigne comme tous les autres génocides et catastrophes historiques, qu’on le lui explique par des faits, et même par des témoignages, mais surtout qu’on lui épargne d’être écrasé par cette charge qu’il est incapable d’assumer à un tel âge. L'émotion est plus fugitive que la connaissance N’oublions pas que l’émotion est fugitive et qu’en revanche la connaissance marque davantage et plus durablement les esprits. Et à tout prendre, il serait probablement bien plus pédagogique de lier ce qui est arrivé hier aux enfants juifs à ce qui peut arriver aujourd’hui aux enfants sans papiers qu’on s’ingénie à expulser du pays adopté par leurs parents et où ils séjournent parfois depuis de longues années. Même si cette comparaison a ses limites et doit être maniée avec prudence, je ne vois guère, pour le coup, de meilleur moyen de mieux faire comprendre comment ces victimes juives innocentes ont été prises dans les filets de politiques meurtrières. L’indifférence n’y avait pas été étrangère. Le rappel à l'ordre de Simone Veil Certes, au musée Simon Wiesenthal de Los Angeles ou au Musée de l’Holocauste de Washington, les visiteurs endossent la mémoire d’une victime pendant leur visite. Même si le procédé est de la plus haute morbidité, du moins cette visite n’a-t-elle rien d’obligatoire et on a à tout moment la possibilité de l’interrompre. Nous ne sommes pas d’éternels coupables, et nos enfants encore moins. La déclaration faite à L’Express par Simone Veil, 48 heures après celle de M. Sarkozy, a donné le la. Tous pouvaient désormais d’une seule voix condamner le projet présidentiel. À l’exception de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et de Serge Klarsfeld, la majorité des institutionnels juifs eux-mêmes l’ont fait, y compris le grand Claude Lanzmann. Il faut comprendre ce dernier : comment imaginer un instant qu’une autre initiative puisse se substituer à son film pour pérenniser la mémoire des enfants juifs tués dans l’esprit des écoliers? Un souvenir personnel Voilà qui me rappelle septembre 2000, lorsque j’avais publié dans Libération un article intitulé "La Shoah comme religion". Ce texte me valut, pendant des années, d’être poursuivie par Claude Lanzmann et ses amis, et d’être mise à l’index par les représentants des institutions juives et par beaucoup de mes coreligionnaires qui considéraient ce que j’avais écrit comme un sacrilège. Maintenant, curieusement, tout le monde s’y met. Même certains socialistes, après avoir approuvé dans un premier temps les propos de Sarkozy, craignant peut-être de froisser les juifs des médias à l’approche des élections municipales, ont fini par prendre leurs distances. Bien sûr après l’interview de Simone Veil. Peut-être y a-t-il un temps pour tout. Du côté institutionnel juif, on peut comprendre les craintes suscitées par la lubie de M. Sarkozy, susceptible de créer une vraie hostilité à l’endroit des juifs, d’autant que le tabou de la Shoah a sauté depuis quelque temps déjà, et qu’il ne prémunit plus contre l’antisémitisme. Quant aux autres, le sentiment généralisé de trop-plein de mémoire de la Shoah les a autorisés à critiquer l’initiative, laquelle avait en outre l’avantage de donner une arme de plus à l’antisarkozysme ambiant. Cette confusion peut se révéler problématique dans l’avenir. Le danger du défouloir En outre, la contestation, désormais banalisée, de cette mémoire imposée, même si elle est en soi légitime pour les raisons que j’ai évoquées, pourrait bien attirer des esprits mal intentionnés, enclins à s’y engouffrer comme dans un défouloir. Or ni la Shoah, ni sa mémoire, ni la mise en cause des excès de cette mémoire ne doivent devenir des défouloirs. C’est un point sur lequel il convient de se mettre d’accord. En revanche, et c’est sans doute un aspect positif de la situation présente, le temps des mémoires est peut-être enfin bel et bien révolu, parce qu’on craint sérieusement qu’elles n’envahissent tout l’espace public. Voilà qui serait de bon augure, et ouvrirait l’ère de l’histoire, seule capable à la fois de désacraliser ces mémoires et d’en assurer la pérennité sans l’émotion. La meilleure façon d’éviter leur instrumentalisation et d’endiguer la vague d’oubli qui les guette. Un pari dont le temps nous dira s’il peut être effectivement gagné.


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Infovite | Plébéien.
12H11 28/02/2008

"Désormais, chaque groupe d’ayant-souffert, et ils sont nombreux, pourra exiger de faire porter le poids de son passé aux écoliers. Maintenant celui des enfants victimes de la Shoah, demain celui des victimes du génocide arménien, puis des colonisés, des esclaves."
Mais pour le colonialisme toujours pas de repentance...
http://info-espress.over-blog.com/

 
Gotch | ancien de la banque
12H21 28/02/2008

Justement, se repentir ne peut concerner que ceux qui ont mal agi... Sinon, c'est parfaitement inapproprié!

 
Infovite | Plébéien.
12H46 28/02/2008

Ceux qui agissent mal sont donc toujours les autres?
Une "histoire" exemplaire et pas de "mémoire".
Un passé, un présent,un futur... "heureux"

 
12H51 29/02/2008

Pas moins de 4 articles en même temps à la une sur le même sujet. Pas la peine de se demander pour qui roule Rue 89.

 
00H42 01/03/2008

A lire un bon papier de Daniéle Mitterand sur ce sujet:

http://danielle-mitterrand.blog.lemonde.fr/

 
FabiendeMénilmontant | journaleux - blogueur
19H39 01/03/2008

Il y a bien eu, sur Paris Première, le 16/02/2007, Marion Cotillard qui remettait en doute l'accident de Couche, les attentats du 11 septembre (2001) et l'homme qui a marché sur la lune…

Et News de Stars, Marianne et l'Obs en ligne ont plongé… près la cérémonie des Oscars. D'abord on encense, ensuite on brûle.

Fabien
http://menilmontant.noosblog.fr/

 
12H13 28/02/2008

« chaque groupe d’ayant-souffert »
il aurait fallut rajouter « putatif »
Car rare, voire même souvent, nuls n'ont connu les souffrances dont ils se prétendent porteur. D'où découle qu'ils ne sont en rien détenteur d'une « mémoire », mais seulement d'un récit donc forcement partial et partiel.

 
PMB | Lecteur écriveur
12H39 28/02/2008

« Il serait probablement bien plus pédagogique de lier ce qui est arrivé hier aux enfants juifs à ce qui peut arriver aujourd’hui aux enfants sans papiers qu’on s’ingénie à expulser du pays adopté par leurs parents et où ils séjournent parfois depuis de longues années. Même si cette comparaison a ses limites et doit être maniée avec prudence, je ne vois guère, pour le coup, de meilleur moyen de mieux faire comprendre comment ces victimes juives innocentes ont été prises dans les filets de politiques meurtrières. L’indifférence n’y avait pas été étrangère. »

- Effectivement ce serait choquant de mettre à égalité le départ vers la mort et retour vers le pays d’origine (même si pour plusieurs c’est un retour vers des maltraitances* voire pour certains la mort). Mais il faut bien dire et redire que dans les deux cas ça s’est fait avec des fonctionnaires qui obéissaient à des ordres d’un gouvernement légal. La loi est la loi, certes, mais pour autant elle n’est pas ipso facto juste et morale. Voyez tous ceux qui, désobéissant aux lois de Vichy, sont devenus des Justes.

« Même certains socialistes, après avoir approuvé dans un premier temps les propos de Sarkozy, craignant peut-être de froisser les juifs des médias à l’approche des élections municipales, ont fini par prendre leurs distances ».

- Alors ça, on l’oublie trop vite. Tout occupés que nous sommes (et moi donc !) à faire du Sarkobashing, nous oublions de demander des comptes à Hollande (et à Royal, qui a commencé sur le même registre mais viré de bord plus vite – plus politiquement que le grand (pas) méchant mou). On s’y met ?

« Houhou, François, chiche que tu viens chatter ici comme Prada Dati ! Même pas cap, eu ! »

* Au fait, Rue89, que devient la famille Raba ?

[edit] Si on lit ici et là les comptes rendus sur le début de la commission, si on compare la déclaration de la présidente de la Maison d'Enfants d'Izieu et celle de Mr Darcos, on observe un écart aussi large que la culotte de Entier Roussos. Il est visible que Darcos essaie tout (ou est prié de le faire à grands coups de Guéant, non, de poing dans les côtes) pour sauver le jeune Nicolas S. du ridicule.

 
15H39 28/02/2008

Et pas seulement aux enfants sans papier.

Vous parle-t-on souvent des enfants palestiniens et de leur tragédie ? (oui, je sais, tous d'abominables terroristes lanceurs de pierres..)

 
Sylvie Martin | matheuse
16H39 28/02/2008
 
18H18 28/02/2008

est-il vraiment necessaire de vous repondre?

avez-vous entendu parle de "la plus grande prison a ciel ouvert" 1.5 millions de detenus......

 
Sylvie Martin | matheuse
18H35 28/02/2008
 
00H09 29/02/2008

''Je ne savais pas que dans les prisons, même à ciel ouvert, les prisonniers disposaient d'artillerie et tiraient contre leurs voisins ou contre la ville où se trouve la centrale qui leur fournit l'électricité.''

Ca pourrait ressembler à la description d'un certain ghetto en pologne, non ?

 
leconcombrevert | entier !
00H34 29/02/2008

Non.

Il manque les rails des chemins de fer vers la solution finale.

Et pleins d'autres choses.....

 
21H33 28/02/2008

Vingt-six Palestiniens, dont six enfants, ont été tués depuis mercredi 27 février dans des raids israéliens dans la bande de Gaza. AFP.
------
Agés respectivement de 10, 12, 13 et 15 ans, les quatre enfants jouaient au football près de Djabalia, au nord de la ville de Gaza, lorsque le projectile les a fauchés, portant à 26 le nombre des victimes des frappes israéliennes en 48 heures. Reuters.

 
Quinine | traducteur et amoureux des chats
06H20 29/02/2008

Pour Alan.Smithee et Deborah :
Il s'agissait de petits terroristes en puissance qui s'apprêtaient, une fois la partie de foot terminée, à aller lancer des pierres contre les chars et les véhicules de patrouille israéliens. Vous avez l'air de vous marrer, comme ça, mais je ne sais pas si vous avez une idée de ce que ça coûte de refaire la peinture d'un Merkava, et je ne vous parle pas des tarifs que pratiquent les carrossiers.
D'ailleurs, c'est la faute aux parents des petits terroristes, qui font rien que les envoyer se faire tuer pour toucher des indemnités du Fatah. Si, si, c'est vrai : c'est le représentant du Likoud en France qui l'a dit un jour* sur France-Inter, alors...
_____________
*En 2000, je crois, au journal de 13 heures, mais je serais bien incapable de vous donner la date exacte. Ça doit pouvoir se retrouver.

 
13H05 29/02/2008

Toujours la compassion aussi sélective alan smithee? C'est le portrait de l'ancêtre au bérêt à l'oméga qui doit sûrement vous inspirer: il y a du Philippe Henriot dans votre discours. Vous auriez fait fureur (führer?) sur Radio Paris vous aussi à une époque.

 
Quinine | traducteur et amoureux des chats
06H22 29/02/2008

Bonjour, Deborah,
Je me suis permis de vous répondre un peu plus haut, en même temps qu'à Alan.Smithee.
Cordialement

 
12H48 28/02/2008
 
Sylvie Martin | matheuse
16H06 28/02/2008
 
PMB | Lecteur écriveur
17H55 28/02/2008

1. Les lois qui ont permis d'envoyer les Juifs et les autres dans les camps étaient des lois démocratiques.

2. "Un chef d'entreprise dira "le droit du travail ne me plaît pas, alors je ne l'applique pas". Cet homme a monté son entreprise, il y a investi temps et argent. Comment ses employés pourraient-ils avoir autre chose que de la reconnaissance à son égard?"

En général, un chef d'entreprise qui n'applique pas le droit du travail, c'est pour payer ses ouvriers moins cher, les faire travailler plus longtemps ou sans contrat ou avec des CDD infiniment renouvelés, les licencier à la tête du client, etc. Jamais pour les payer plus cher ou les faire travailler moins.

Et vous connaissez des ouvriers assez masos pour n'avoir "autre chose que de la reconnaissance à son égard" ?

Tenez, pour vous remercier, une chanson des Charlots :

http://www.paroles.net/chanson/18302.1

PS J'ajoute que je ne fraude pas, je respecte le code de la route, et je paie mon petit voisin qui vient tailler ma haie au prix qu'il demande.

 
Sylvie Martin | matheuse
18H04 28/02/2008

"Les lois qui ont permis d'envoyer les Juifs et les autres dans les camps étaient des lois démocratiques."

Ah bon? Pouvez-vous me donner la date du vote de ces lois par le Parlement français?

 
18H40 28/02/2008

c'est étonnant cette fixation sur cette période vichyste qui occulte celle qui a précédé et qui ne semble pas vous émouvoir.
par exemple :

12 novembre 1938, décret portant création de centres spéciaux pour la rétention d'étrangers indésirables.

Qui était au gouvernement ?

 
leconcombrevert | entier !
18H48 28/02/2008

Monsieur alan.smithee, voulez vous dire que le régime de Vichy n'avait rien de bien particulier? Que tout était la faute au front commun, cela s'entend. Allez, vous en avez encore beaucoup de blagues de ce niveau? Gardez les pour vous.

 
18H50 28/02/2008

encore une fois vous ne savez pas lire !
Où ai-je écit une telle chose ?

 
leconcombrevert | entier !
18H55 28/02/2008

Alors, dans quel but posez vous cette question? Dites le, expliquez vous, cela m'évitera d'avoir à deviner ce que vous voulez dire.

 
19H02 28/02/2008

des camps ont été ouverts
des femmes, des hommes, des enfants y ont été enfermés.
iis n'étaient pas juifs.
la France n'était pas en guerre.

j'en ai assez de cette compassion sélective. point.

 
leconcombrevert | entier !
00H54 29/02/2008

Loin de moi de ne pas vouloir honorer la mémoire de ceux, communistes, socialistes, anarchistes, démocrates espagnols et du monde entièr qui se sont battus contre les fascistes du général Franco et ses alliés allemands et italiens pour la république et la liberté espagnole et qu'on a enfermés dans ces camps lorsque ils on cherché refuge en France.

http://www.acer-aver.fr/
http://tinyurl.com/33wp62

Loin de moi de ne pas vouloir honorer la mémoire de ceux, communistes, socialistes, anarchistes, démocrates, juifs, peintres, écrivains, philosophes, amis de la liberté allemands qui ont fuit l'Allemagne et l'Autriche pour se retrouver enfermé dans ces camps français.

C'est ce que vous vouliez dire ?

 
leconcombrevert | entier !
18H34 28/02/2008

Chere Sylvie Martin,

je ne pense évidemment pas que la shoah et les mesures d'éloignement d'étrangers "sans papiers" de notre temps puissent etre mises sur un plan.

Par contre le souvenir et la connaissance du passé devraient nous sensibiliser et aiguiser notre regard sur le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui.

Je me souviens d'avoir été très choquée un jour par cette scène "anodine" dans la rue:

Plusieurs personnes, précédés et suivis de plusieurs agents de police en uniforme; visiblement des étrangers, des parents accompagnés de leurs enfants, tous portant des sacs et des valises, marchant les visages graves, inquiets, allant d'un pas fatigué je ne sais ou, vers quel destin.

Tout en sachant qu'il s'agissait là certainement dans la vie de ces gens d'un évenement dramatique, mais bien sur infiniment moins tragique que la déportation vers les camps nazis, comment passer à coté de ces gens sans etre profondement ému?

Comment ne pas ressentir l'envie de protéger ces étrangers et surtout leurs enfants qui n'y sont pour rien si leurs parents n'ont pas les papiers en règle.

Comment ne pas s'insurger que les procédures administratives qu'ont à subir les "sans papiers" et les lieux de détention ont si peu changé depuis le temps quand l'état s'en servait pour se "débarrasser" des réfugies en provenance de l'Allemagne nazie.

Tout en gardant à l'esprit les proportions on ne peut pas dissocier le passé et le présent.

 
Sylvie Martin | matheuse
18H56 28/02/2008

Cher leconcombrevert,

Bien sûr qu'on peut avoir envie de protéger ces étrangers et leurs enfants. Je ne le nie absolument pas, mais ce que je conteste, c'est que dans un pays démocratique, non seulement on lutte par des moyens illégaux contre des lois qu'on désapprouve, mais qu'en plus, on tente de montrer que cette lutte est exactement aussi justifiée que celle des français qui ont protégé ou simplement n'ont pas dénoncé les Juifs pourchassés sous l'Occupation. Les Français, nommés ou anonymes, qui ont bien agi, pendant cette affreuse période, prenaient des risques énormes, et nous leur devons une immense reconnaissance, parce qu'ils ont sauvé des gens, et qu'en même temps ils ont rendu un peu de son honneur à la France.

Si on n'aime pas le traitement des étrangers sans papiers, il y a lieu de se poser plusieurs questions:

- pourquoi l'expulsion des étrangers sans papiers est-elle si populaire parmi nos concitoyens?

- est-ce que ce qui nous choque est le fait de l'expulsion ou la manière d'expulser?

- si des familles s'installent en France avec leurs enfants et sans papiers, tout en sachant très bien qu'elles sont dans l'illégalité, qui fait prendre un risque aux enfants? Les familles ou le gouvernement français?

- si on est contre l'expulsion des enfants sans papiers, est-ce que cela veut dire que toute famille scolarisant des enfants en France a droit ipso facto à être régularisée en France?

- est-ce que soutenir une telle proposition ne revient pas à faire des enfants des boucliers vivants pour des adultes? Sommes-nous prêts à gérer le chantage que cela peut représenter?

Je ne supporte plus le sentimentalisme qui préside au débat sur les sans-papiers. Si on pense que la France doit accueillir tous ceux qui frappent à la porte, il faut le dire, et il faut l'assumer, et il faut penser les conséquences. Mais se prendre pour un résistant ou un Juste des nations parce qu'on s'oppose aux expulsions d'enfants de sans-papiers, cela me semble relever plus du guignol que de la réflexion politique.

On ne fait pas plus de bonne littérature que de bonne politique avec des bons sentiments.

 
PMB | Lecteur écriveur
19H29 28/02/2008

"si des familles s'installent en France avec leurs enfants et sans papiers, tout en sachant très bien qu'elles sont dans l'illégalité, qui fait prendre un risque aux enfants? Les familles ou le gouvernement français ?"

Ces familles font exactement ce que vous feriez si vous étiez à leur place, et en supposant que vous êtes une bonne mère : leur donner une vie meilleure que celle du pays où ils vivent, où parfois ils sont en danger. Croyez-vous une seconde que ces gens, venant dans un pays où ils savent qu'on les traitera comme des chiens, le font à la légère ?

- "Ceux qui frappent à leur porte" : savez-vous, madame, que certains de ces gens sont là depuis des années, travaillent depuis des années ? utnt je neuis pas choqué qu'on empêche des gens de venir,sauf cas vital, autant je susi chqoué qu'on chase des gens installé&s depusi longtemps, et quon le fasse de façon déshonorante. Mais peut-être n'êtes-vous pas au courant, peut-être refusez-vous d'être au courant...

- Quand la famille de Mr Sarkozy a frappé à la porte de la France, qu'auriez-vous fait ?

- Vous nous reprochez notre sentimentalisme. Descendez donc de l'escalier de vos beaux principes, allez sur le terrain voir comment ça se passe réellement, comment travaillent les gens qui aident les sans-papiers, vous verrez si c'est de l'ouvroir pour dames; vous verrez si ces gent se contentent de parler comme vous et moi le faisons. Sentimentalisme ? Vous, on ne risque pas de vous reprocher quelque sentiment.

 
Sylvie Martin | matheuse
20H00 28/02/2008

Mon cher et excellent PMB,

vous avez droit à vos sentiments, j'ai droit aux miens. Et mes sentiments, travaillant avec ma raison, me disent qu'en encourageant l'immigration de clandestins en France, on joue un tour de cochon à l'immigration immédiatement précédente, qui peine à sortir la tête de l'eau, ainsi qu'aux non immigrés les plus pauvres. On fait baisser les salaires réels, parce que les clandestins ne sont pas en position de revendiquer.

On pourrait peut-être assumer socialement ce type de transformations sociales si l'économie française était dynamique et fortement créatrice d'emplois. Elle ne l'est pas.

Est-ce que vous assumez ce type-là de conséquences, et est-ce que vous avez un moyen de rendre plus dynamique l'économie française? Ou est-ce que vous comptez sur les "dames d'œuvre" pour nourrir les malheureux? Et où serait leur dignité dans ce cas?

 
PMB | Lecteur écriveur
21H32 28/02/2008

S'il vous plaît, relisez-moi, je n'encourage pas l'immigration clandestine actuelle, je suis pour pour qu'on l'empêche.

Pour la situation de l'économie, je vous renvoie aux propositions de la Commission Sarkozy-Attali.

Je suis contre toute forme d'assistanat. D'ailleurs, je remarque que tous les cas connus actuels concernent des gens qui travaillent. Dernier en date : une femme qui travaillait dans une maison de retraite, interpelée en pleine séance de travail avec une personne âgée. Mauvais pour la dignité de tous, non ?

 
Sylvie Martin | matheuse
22H35 28/02/2008

Mon cher PMB, je vous ai relu, et je ne crois pas avoir trouvé dans votre précédent commentaire un refus de l'immigration clandestine.

Il est certain que les clandestins doivent travailler, puisqu'ils ne peuvent toucher aucune prestation sociale.

Pour rendre le débat plus intéressant, vous pourriez essayer d'écrire ce que vous aimeriez qu'on fasse vis à vis des sans papiers.

Quant au rapport de la commission Attali, il paraît en mauvaise voie d'application...

 
PMB | Lecteur écriveur
23H36 28/02/2008

Sylvie Martin écrit : "je ne crois pas avoir trouvé dans votre précédent commentaire un refus de l'immigration clandestine".

Pas étonnant, c'était illisible ! Et je ne peux plus éditer ! Je le refais :

Autant je ne suis pas choqué qu'on empêche des gens de venir, sauf cas vital, autant je suis choqué qu'on chasse des gens installés depuis longtemps, et qu'on le fasse de façon déshonorante.

(Remontez voir la VO : la honte !)

Ecrire ce que j'aimerais qu'on fasse aux sans-papiers ? Très simple (hé oui !)

Régulariser tous ceux qui vivent depuis longtemps ici, y ont fondé famille, travaillent, s'y sont intégrés. Souvenez-vous du petit Ivan : 16 de moyenne en classe au bout de seulement deux ans en France ! S'il faut des gens courageux, volontaires et intégrés, en voilà, non ?

Donc : les polygames et les fondamentalistes (j'ai bien dit les fondamentalistes, pas les musulmans), retour à l'envoyeur.

 
Sylvie Martin | matheuse
01H39 29/02/2008

Mon cher PMB,

je serais assez d'accord avec vous sur votre programme, mais j'aimerais que vous donniez quelques précisions, en raisonnant comme si vous étiez président ou premier ministre.

Renvoyez-vous les polygames qui séjournent régulièrement ou seulement les clandestins? De même pour les fondamentalistes?

Quel serait pour vous le temps nécessaire pour prouver son intégration? A qui confieriez-vous la responsabilité d'enquêter pour savoir si vos critères sont respectés - en particulier pour juger si quelqu'un est fondamentaliste?

Quelles mesures prendriez-vous pour faire partir les gens ne remplissant pas vos conditions? Comment vous assureriez-vous que, si expulsion il y a, celle-ci est effectuée dans des conditions dignes, sans violence ni humiliation?

Que feriez-vous si vous trouviez en face de vous un comité s'opposant à l'expulsion de la famille Z, alors que vos services ont fait une enquête qui indique que cette famille est là depuis six mois et n'a pas vocation à rester?

A supposer que l'on ne puisse plus raisonnablement expulser des sans-papiers présents depuis plus de quelques années, par exemple cinq ans, est-ce que vous enverriez des bataillons de fonctionnaires faire la chasse aux étrangers sans papiers présents depuis moins de cinq ans, pour les expulser?

Et que feriez-vous des immigrants sans papiers qui sont venus en payant très cher des passeurs, et qui se retrouvent quasiment réduits en esclavage pendant la période de remboursement de leur dette?

Je vous pose ces questions, parce que, la politique étant un art tout d'exécution, il me semble que la gestion du problème est formidablement difficile.

 
00H13 29/02/2008

"On fait baisser les salaires réels, parce que les clandestins ne sont pas en position de revendiquer."

Hormis le fait que "salaires réels"...ça ne veut rien dire (mais ça à l'air sérieux, bravo!), vous croyez vraiment que les salaires n'augmentent pas parce que certaines entreprises payent des "sans-papiers" qui ne revendiquent pas?? Vous ne vivez visiblement pas dans le monde des mal-payés pour le travail qu'ils font.

Dans la grande distribution parisienne, un chef de rayon gagne pour 70 heures de boulot, 1500 euros brut (pour les bien lôtis)! La faute aux sans papiers???

 
Sylvie Martin | matheuse
01H44 29/02/2008

Et pourquoi le chef de rayon reste-t-il à faire ses 70 heures de boulot pour gagner 1500 euros brut?

Est-ce que par hasard, cela aurait à voir avec la concurrence sur la marché du travail? Et avec le faible nombre d'emplois?

Sinon, comment expliquez-vous cette situation?

 
Di | mère déchaînée
10H42 29/02/2008

Facile! Parce que l'entreprise (et les actionnaires) pour laquelle il bosse s'en met plein les poches! De la même façon que les compagnies pétrolières n'ont jamais fait autant de bénéfices depuis que le prix du baril monte!

 
leconcombrevert | entier !
19H46 28/02/2008

Alors je me suis sans doute mal exprimée:

Je ne mets pas les deux sur un meme plan. Loin de là, parce que les enjeux ne sont pas comparables, ni du coté des victimes, ni du coté des "défenseurs" et parce que - en principe - nous nous trouvons dans un état de droit démocratique qui permet certains recours dont on osait meme pas rever jadis. Vous avez tout à fait raison sur ce point.

Je suis aussi loin de penser que la France ou l'Europe doivent accueillir tous les "étrangers" du monde. Par contre la facon de faire laisse à désirer ... . Et je pense que en souvenir de la shoah on devrait s'y prendre avec plus d'égard et plus de respect pour les personnes. C'est tout.

Ce que j'ai donc voulu dire c'est que la portée de la mémoire de la shoah va loin au delà du souvenir d'un évenement du passé qui ne concernerait que Juifs, Allemands nazis, Francais collaborateurs et résistants ou Justes d'une facon "communautariste", à l'exclusion donc de ceux qui ne se reconnaissent pas parmi ces dénominations. C'est à cause de la porté universelle de la Shoah que j'ai du mal à comprendre ceux qui nous expliquent qu'on peut "passer à autre chose", que "le temps du souvenir est revolu", qu'on en parle trop, etc..

Sans vouloir confondre passé et présent, le temps de la memoire n'est pas revolu , parce que passé et présent sont liés par la connaissance de l'histoire et par la superposition des images issus des récits familials et de la lecture des pages des livres d'histoire qui constituent notre identité.

 
Sylvie Martin | matheuse
20H02 28/02/2008

Merci. Là, je crois qu'on se retrouve.

 
leconcombrevert | entier !
23H06 28/02/2008

Ouf, j'avais peur qu'il ne me restait plus qu'à me refugier dans l'algèbre pour m'exprimer n'étant pas douée ni pour la littérature ni pour la politique ...

 
Di | mère déchaînée
10H08 29/02/2008

D'accord! Et quand aurons-nous des journées de commémoration pour le peuple autochtone des Amériques que nous avons massacré par millions à la hache?

 
lioe | berlin
23H49 28/02/2008

Bonsoir Sylvie(si je peu permettre de vous appeler pas votre prenom)

Vous posez une serie de questions auxquelle je vais modestement essayer de repondre.

"pourquoi l'expulsion des étrangers sans papiers est-elle si populaire parmi nos concitoyens?"
-Cela montre surtout que les discours populistes depuis 2002 font leur effets.Ces discours qui ont reussit a faire croire aux Francais que les seuls responsables de la situation de la France etaient les clandestins et pour certains, les etrangers(les "reguliers"

" si des familles s'installent- si des familles s'installent en France avec leurs enfants et sans papiers, tout en sachant très bien qu'elles sont dans l'illégalité, qui fait prendre un risque aux enfants? Les familles ou le gouvernement français?"
-PMB repond parfaitement a la question, on ne quitte jamais son pays,ses amis les siens avec plaisir(meme si c est pour la France)les parents que vous stigmatisez font a mon sens exactement ce que ferrait de bons parents

"Je ne supporte plus le sentimentalisme qui préside au débat sur les sans-papiers"
- Je trouve cette derniere phrase particulierement choquante, je vous rappelle que vous parler d etres humains qui pour la grande majorite ne sont pas des criminels dont le seul tort est d essayer de vivre de maniere décente.Et n est ce pas aussi ce sentimentalisme que l on veut inculquer aux enfants de France(ne vous meprenez pas sur ma derniere phrase mon but n est pas de comparer avec la shoah)
Vous traites les gens de guignols, Madame vous basez votre argumentaire sur le respect de droit dans une democratie, je vous invite a respecte la liberte de penser et d expression dans une democratie pour ces "guignols"

 
Sylvie Martin | matheuse
01H23 29/02/2008

Mon cher Iloe,

Il y a bien longtemps qu'on entend des discours populistes, et étant près de la soixantaine, je suis au regret de les avoir entendus depuis plusieurs dizaines d'années. J'ai tendance à prendre mes concitoyens pour des gens raisonnables, qui sont, au moins de temps en temps, capables de décider en fonction de ce qu'ils perçoivent comme leurs intérêts.

Plutôt que d'accuser les démagogues, je préférerais qu'on se demande pourquoi les étrangers sans papiers sont vus comme beaucoup plus menaçants que, disons, il y a vingt ans. J'ai donné mon explication: je pense que cela a beaucoup à voir avec le faible dynamisme économique de la France.

La réponse de PMB sur les circonstances dans lesquelles on quitte son pays ne me convainc pas. J'ai l'immense privilège d'avoir eu trois grands parents sur quatre qui ont immigré en France à l'âge adulte, et les histoires que j'ai entendues sont autrement plus compliquées.

Quant aux guignols, relisez-moi bien, s'il vous plaît: je dis que ceux qui se prennent pour des résistants ou des Justes des nations parce qu'ils aident des sans-papiers me paraissent plutôt comiques. Les gens courageux qui cachaient des Juifs ou des résistants sous l'Occupation risquaient leur vie - c'est là toute la différence.

Et puis ne confondez pas "sentimentalisme" avec "sentiments". Le sentimentalisme est manipulateur, il empêche de penser en donnant la priorité aux sentiments sur la raison. Il faut que les deux participent à la formation d'une opinion, sinon on est mal.

 
11H26 29/02/2008

Toute cette parenthèse illustre la subtilité entre assistanat et solidarité, appartenance tribale et appartenance à l'humanité et une des bases des problèmes actuels.
Quelle voie l'humanité va-t-elle choisir, cette fois-ci ?

(La voie religieuse actuelle me parait un sanglant échec)

 
Quinine | traducteur et amoureux des chats
16H08 28/02/2008

Bonjour, Madame Benbassa,
Êtes-vous vraiment sûre que «le temps des mémoires [soit] révolu» et qu'«une vague d'oubli [les] guette» ?
Ne pensez-vous pas que de tels événements sont foncièrement impérissables et que seuls les oublient ceux qui le veulent bien ?

 
16H55 28/02/2008

Ben-Ami Koller, au nom de tous les siens qu’il n’a pas connus
19 Février 2008 | tribune de genève

Pour votre prochain séjour à Paris ne manquez pas l’exposition que la captivante Galerie Pierre Marie Vitoux consacre aux œuvres récentes d’un peintre majeur de l’art contemporain, Ben-Ami Koller.
Comme le metteur en scène Roman Polanski a réalisé le chef-d’œuvre de sa vie avec «Le Pianiste» en faisant monter en mémoire la révolte du Ghetto de Varsovie, Ben-Ami Koller a créé le sien avec sa série «Auschwitz». Il a fallu toute une vie d’homme, toute une vie d’artiste pour parvenir à ce sommet. Un sommet qui fait partie d’une chaîne alpestre. Car Ben-Ami Koller peut en envisager d’autres. Son chemin vers lui-même et les siens, avec leurs ombres lumineuses, est loin d’être achevé. Mais c’est une étape décisive que le peintre vient de franchir.

Cette exposition ne contient pas d’autres mots que ceux-ci: «A tous les miens que je n’ai pas connus». Et tout est dit, l’essentiel étant évoqué (invoqué?) par les œuvres présentées à la Galerie Vitoux. Né en 1948 à Oradea (Roumanie), Ben-Ami Koller n’a donc pas pu vivre avec ses grands-parents déportés vers Auschwitz par le système antisémite des nazis. Mais il porte leur présence. Une présence qu’il a suffisamment mûrie en lui pour qu’elle puisse prendre forme sur la toile. Dès lors, Ben-Ami Koller n’illustre pas la souffrance des martyrs de la Shoah, il ne la re-présente pas, il est cette souffrance. C’est elle qui s’inscrit dans le tableau comme une inaliénable partie de son être. Cette distance - source de malaise pour celui ou celle qui regarde les scènes de la Douleur majuscule – se voit ainsi abolie. La femme et l’homme qui contemplent l’un des tableaux de la série «Auschwitz» se trouvent placés en position de témoin et non pas de voyeur.

La démarche de Ben-Ami Koller se situe à l’opposé de celle choisie par l’écrivain Jonathan Little et de ses «Bienveillante». Pour ce dernier, la complaisance qu’on lui reproche souvent n’est pas une faute puisqu’elle fait partie de son propos. Il lui fallait étaler l’ignominie froide de son anti-héros et le spectacle de l’horreur pour aller jusqu’au bout de ce qu’il voulait dire.
Si Ben-Ami Koller avait pris ce parti, il serait allé à fin contraire de ce témoignage qu’il nous fait vivre. En évitant toute complaisance, il donne à ses œuvres une vérité qui puise sa force dans la pudeur. Le peintre restitue le cri silencieux des martyrs, sans concession mais sans la moindre once de spectacle. En ce sens, Koller fait un acte de vie qui va bien au-delà d’un réquisitoire.

Jean-Noël Cuénod, correspondant à Paris

La Galerie Pierre Marie Vitoux est située dans une petite venelle du Marais, tout près de la place du Marché Sainte-Catherine, au 3, rue d’Ormesson (Paris IVe), métro Saint-Paul. Pour tous renseignements, se référer au site: http://www.galeriepierremarievitoux.com
L’exposition de Ben-Ami Koller se tiendra jusqu’à samedi 1er mars.

On peut aussi visiter le site de l'artiste à cette adresse:

http://www.benamikoller.com

 
17H00 28/02/2008

La faute à qui tout ça !! et La Panf qui en rajoute avec le jumelage de Paris et Jérusalem. Faut pas charrier quand même ils cherchent les histoires ces gens-là !

On est triste pour tous ces gens qui sont morts dans la souffrance quels qu'ils soient, quelle que soit leur couleur, nationalité, etc.
Mais on est aussi très triste pour tous ces gens qui dorment dehors, qui n'ont rien à manger et qui souffrent des brimades, de l'indifférence et aussi des coups de gens complètement débiles qui profitent de leur faiblesse. D'autant plus que maintenant on va les chasser avec du répulsifs comme des animaux et ce avec l'accord de la secrétaire aux droits de l'homme Rama Yade! C'est aussi ça la vie actuelle.
Alors si en plus les enfants qui ne sont pas tous nés à Neuilly avec une cuillère en argent dans la bouche et qui ont déjà beaucoup de problème doivent supporter le martyr et la mort d'un enfant c'est trop dur!

Oui bien sûr on compatit mais il y a déjà tellement de détresse en France...

 
Soh
19H41 28/02/2008

Oui véro, il y a un moment où on se demande si, en France la commémoration du génocide du passé ne sert pas seulement à se blanchir, et à faire oublier les ignominies qu'on commet aujourd'hui.

Ce que commet la France aujourd'hui contre des enfants (renvoyés avant d'avoir posé un pied sur le sol français, ou bien séparés de leurs parents), de jeunes majeurs, des femmes et des hommes fragiles que la police terrorise et tabasse, est innacceptable.