Coup de coeur

Yeasayer, des Américains apocalyptiques à Paris

Yeasayer à Paris (photo: Cian Traynor)

Parmi des dizaines des groupes américains qui envahissent Paris en ce moment, le nom de Yeasayer, dont les mélodies sont grandioses et les lyriques épiques, sort du lot.

Le quartet de Brooklyn a un style éloigné du son newyorkais incarné par The Strokes. Au contraire, les chansons de Yeasayer sont complexes. Des couches d'instruments et d'harmonies sont délicatement posées les unes sur les autres - créant une ambiance absolument transcendente.

Ces derniers mois, on parle de plus en plus d'eux, en des termes élogieux. Leur premier concert à Paris a produit un show digne de la réputation qu'ils sont en train de se construire.

Etant donné que Yeasayer privilégie le thème de l'apocalypse sur son album « All Hour Symbols », le debut du spectacle est plus tranquille qu'une fin du monde typique. Les chansons « Tightrope », « waves et worms » introduisent graduellement et de manière hypnotique le son de Yeasayer, dont le grand pari est d'intégrer des musiques africaines, indiennes et même celte sans s'approcher au genre honni de « world music ».

Mais c'est avec « Wait for Summer » que Yeasayer plonge les auditeurs dans un univers irrésistiblement jubilatoire. Une chanson qui transporte au coeur d'un été lointain et exotique.

Le momentum augmente avec 2080, une chanson apocalyptique mais optimiste malgré elle, qui a attiré l'attention des critiques et qui a fait de Yeasayer les enfants préférés de Pitchfork et de Brooklyn Vegan. Des lamentations du chanteur Chris Keating sur l'état du monde, sont complétées par de beaux flashes d'optimisme. Des paroles comme « It's a new year, I'm glad to be here, it's the first spring, so let it sing » laissent les auditeurs avec un fort sens de carpe diem.

Un dernier coup d'énergie marque la fin du concert avec Red Cave. La répétition du chant « In my short life I have had so many people I deeply care for » évoque les moines bouddhistes. Ajoutez à celà des instruments qui évoque un son indien, et les auditeurs sont transportés vraiment « high ».

Non contents de faire passer son message dans la salle du Nouveau Casino, le groupe passe la soirée a « évangéliser » les passants parisiens avec leur propre « Concert à Emporter ». En fin de soirée leur message est passé de la rue Oberkampf jusqu'aux coins oubliés de la ville.

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