Le projet polémique de Nicolas Sarkozy sera-t-il finalement vidé de sa substance ? Les membres de la mission mise en place sur le sujet ne parlent plus de « faire porter » aux élèves de CM2 la mémoire d'une jeune victime de la Shoah. Mais Xavier Darcos défend toujours la mesure.
Les seize membres de la mission, créée après la polémique suscitée par la proposition du chef de l'Etat, se sont réunis pour la première fois mercredi. A la sortie, plusieurs membres ont laissé entendre, devant la presse, que la proposition présidentielle était abandonnée.
Quelques heures plus tard, sur RTL, Xavier Darcos a expliqué que le souhait de Nicolas Sarkozy était maintenu, et qu'il se « ferait dans le contexte d'une classe et non pas d'un élève séparé qui devrait porter seul la mémoire d'un enfant particulier ».
Peu avant, l'un des sages réunis au ministère de l'Education nationale, le cinéaste Claude Lanzmann avait pourtant constaté, comme s'il s'agissait d'une évidence, que l'idée de parrainage d'enfants victimes de la Shoah, était abandonnée. La présidente de l'Association de la maison d'Izieu Hélène Waysbord-Loing, qui dirige la mission, a elle-même parlé d'assouplissement de la mesure.
Quels seront les changements ? Les seize membres sont restés flous, se bornant à mettre l'accent sur un travail pédagogique. Simone Veil, qui avait qualifié la proposition du Président d' »inimaginable,insoutenable et injuste, est parvenue à ses fins. Elle a évoqué un enseignement plus précis qui incomberait aux enseignants :
Rien de très nouveau, donc : depuis 2002, l'histoire de la Shoah est déjà enseignée en primaire. Le ministre de l'Education, Xavier Darcos, ne semble d'ailleurs pas juger utile d'associer des psychologues au projet.
Faute d'annonces concrètes, les seize membres chargés d'étudier la question ont préféré insister sur leur désir de mieux enseigner l'histoire du génocide aux enfants.
Les querelles d'hier semblent oubliées. Avant la réunion, l'avocat et écrivain Serge Klarsfeld, qui avait le premier loué l'initiative du Président, s'était d'ailleurs dit prêt à travailler avec Simone Veil.
Hélène Waysbord-Loing doit rendre des propositions dans deux mois. Malgré le climat d'apaisement qui régnait lors de la première réunion de sa mission, on voit mal comment elle pourra trouver une solution de conciliation sur une question aussi sensible.













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Ce soir sur i-télé, j’ai vu une responsable de la Fondation pour la mémoire de la Shoah. Elle expliquait qu’elle avait d’abord été contre l’idée de faire porter à chaque enfant la mémoire d’un enfant juif mort et qu’elle était toujours plutôt contre. Elle expliquait aussi qu’en lisant les commentaires sur les blogs, elle avait été choquée, et qu’elle avait ressenti à quel point l’enseignement de cette histoire-là était toujours nécessaire.
Ensuite, toujours sur i-télé, j’ai vu Serge Klarsfeld. Il maintenait que l’idée était bonne. Mais surtout il a dit quelque chose qui m’a beaucoup étonnée et qui me fait penser que c’est sans doute lui qui a soufflé cette idée à Sarkozy.
Il a dit que l’idée que la mémoire des enfants de déportés morts soient assumées [il a dit ce mot: assumées] par les élèves de CM2 est toujours retenue.
Assumer? que des enfants de CM2 assument la mémoire d’enfants morts? assumer quoi? assumer la monstruosité des nazis et des collabos fascistes qui tuaient les enfants? Je ne comprends pas.
Selon le dictionnaire ( http://www.academie-francaise.fr/dictionnaire/ ) :
ASSUMER v. tr. XVe siècle. Emprunté du latin assumere, « prendre (pour soi), recevoir », d’où « se charger de ».
Prendre sur soi, prendre à son compte. Assumer une fonction. Assumer une charge. Assumer un risque. Assumer la responsabilité d’un acte. Par ext. Assumer ses actes, en accepter les conséquences. Assumer sa condition. Assumer ses limites. Pron. S’assumer, se reconnaître pour ce qu’on est.
Aujourd’hui ce mot, assumer, s’utilise généralement dans le sens d’assumer ses responsabilités.
Les enfants de France aujourd’hui, qui ont des origines diverses, n’ont aucune responsabilité à assumer dans les choix politiques détestables des français des années 1940.
Monsieur Serge Klarsfled a poursuivi toute sa vie les responsables nazis. Il a perdu des membres de sa famille à cause des nazis. J’admire sa ténacité. Il a eu raison. Mais là, je ne suis pas d’accord. On ressent comme une sorte de haine dans cette idée de forcer les enfants à « assumer » ce que des monstres ont fait il y a 68 ans aux enfants juifs, comme si on voulait que les enfants d’aujourd’hui souffrent aussi.
Cela crée un malaise.