La Cour de cassation déboute Sarkozy de sa demande

Le président de la Cour de cassation donne une leçon de droit à Nicolas Sarkozy : on ne revient pas sur une décision du Conseil constitutionnel. Mais il "accepte le principe d’une réflexion" sur la rétention de sûreté.


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DidierB63 | Devant un écran
10H33 26/02/2008

Ben oui, on lui a dit à Nicolas. Les décisions du CC s’appliquent à tous, même à lui.

Ceci dit, dans le Parisien d’aujourd’hui, il insiste. « Ce que je n’accepte pas, c’est quand on dit : ça vaut pour l’avenir, ça ne vaut pas pour le passé. » « Je tiens à l’affirmer je ne céderai pas, le principe de précaution doit s’appliquer aux victimes » dit-il entre autres choses.

Il est tenace, un vrai pitt bull.

http://polemiquons.over-blog.com/

 
athica
10H52 26/02/2008

« La Cour de Cassation donne une leçon de droit à Nicolas Sarkozy »
Il est pourtant avocat le p’tit président non?

 
Numerosix | Prisonnier dans le village global
11H05 26/02/2008

Oui . Et il est forcement moins inculte que ce qu’ il affiche .

C’est encore plus inquiétant…

En vrai il n’ aime peut être pas que Jonhy Hallyday , Enrico Macias et Christian Clavier , si ça se trouve ..

Il a surement lu des livres aussi , du temps de ses mises au placard..

Lesquels ?

 
trankzen | Je ne suis pas un anxyolitique
11H13 26/02/2008

Ne commettez pas l’erreur (comme trop de gens) de penser que le statut d’avocat implique forcément de connaitre l’intégralité du droit français.

En tant que président en revanche, il doit sans doute savoir qu’il ne peut outrepasser le conseil constitutionnel, et qu’il se doit d’observer strictement le principe de séparation des pouvoirs.

 
françoise.V | p'tite lyonnaise
12H59 26/02/2008

Tout juriste, avocat ou pas, doit connaitre les grands principes du droit…
L’étude du droit constitutionnel (1ère année)est obligatoire…

 
yom | Travailleur indépendant (parfois de sa v...
16H03 26/02/2008

Et ceux qui ont mis 8 ans et + à décrocher leur capacité ont largement eu le temps d’étudier les grands principes du Droit en large et en travers.

 
lioe | berlin
10H58 26/02/2008

Evidemment qu il insiste.Une idee poupuliste soutenu par 80% des Francais dont 65% veulent l application immediate.

 
trankzen | Je ne suis pas un anxyolitique
11H16 26/02/2008

juste une question, ces chiffres, ils ont une source?

On n’est vraiment que 20% à etre contre l’idée de remettre en prison des gens qui ont purgé leur peine?

 
pene-r
11H35 26/02/2008

source:
http://www.lefigaro.fr/actualites/2008/02/25/01001-20080225ARTFIG00616-l…

Dans l’article du figaro il y a le lien vers les questions du sondages. c’est moyen crédible comme enquête il me semble mais bon quand on lit les questions après les résultats difficile d’être objectif ;-)

Noter aussi que en tout début du texte de loi il est dit que la rétention n’est applicable « que si la juridiction la prévue » ce qui exclurait toute possibilité de rétroactivité.

si j’ai bien compris c’est cet amendement qui propose la rétroactivité:
http://ameli.senat.fr/amendements/2007-2008/158/Amdt_78.html
(à confirmer)

 
françoise.V | p'tite lyonnaise
13H14 26/02/2008

Ce sous-amendement du 30 janvier est retoqué avec la décision du Conseil, et en effet la dite décision limite la rétroactivité, mais…
décision politisée et alambiquée + diplomatie incongrue du président de la Cour de Cass + émotionnel + sarko = méfiance!

 
lioe | berlin
11H58 26/02/2008

difficile d y croire, mais c est exactement ca, juste 20%

 
yapadebug
13H11 26/02/2008

Ne vous laissez pas abuser par ces sondages. Sur les 80% qui approuvent la rétention de sureté, combien ne savent même pas de quoi il s’agit vraiment ? 75 % ?

 
lioe | berlin
13H32 26/02/2008

A la limite,que les 75% ne sachent pas de quoi il s agit vraiment n est en fait pas si important.Ce qui compte et qui est inquietant c est qu ils approuvent quand meme

 
Motomo
13H13 26/02/2008

Un sondage c’est une réponse non circonstanciée à une bête question, c’est tout. Si on vous dit : voulez-vous libérer les criminels qui sont encore dangereux après leur peine ? Vous dites : non, je ne préfère pas…

Si on vous dit : voulez-vous violer le principe de la non rétroactivité des peines, vous direz non là aussi. C’est tout.

La question est ailleurs : la non rétroactivité en matière pénale est garantie par la CEDH et le pacte des droits civils et politiques de 1966 sans compter une convention européenne de 1987.

La loi française sera sanctionnée devant les juridictions françaises en raison de la primauté du droit international, et devant la Cour européenne des droits de l’homme.

Tout dépend de savoir si l’enfermement prévu après la peine est une autre peine ou une mesure de sûreté. Et encore.

Bataille de nuances à venir mais enfermer un type, sûreté ou pas, ca ressemble furieusement à une peine, sauf quand il est dément.

Sarko le sait et il s’en fout. Ca ne marchera pas et il faut un autre coupable : la Cour de cassation a bien le profil : des juristes cacochymes en dehors des réalités. C’est parfait.

Et lui, il revêtira son rôle préféré : la victime des conservatismes, lui qui veut tant vous protéger contre les archaïsmes. Soutenez-le, que diable !!

L’important est de faire sa pub avant les municipales : un homme, un vrai, qui prend ses responsabilités contre les arguties juridiques stériles.

La politique de Sarko : du show pour des cons. C’est ce qui marche le mieux.

 
trankzen | Je ne suis pas un anxyolitique
14H27 26/02/2008

J’ai pas l’habitude de dire ça mais:
« Mod parent up. »

 
Motomo
14H54 26/02/2008

Euh, ça veut dire ?
Vous appelez le modérateur à la rescousse ?
Vous avez mal quelque part ?

 
abcd | retraitée
17H54 26/02/2008

Exact les sondages peuvent, s’ils sont bien ciblés, faire dire ce qu’on veut, et à qui on veut et cela peut être dramatique; j’ai 62 ans, et je n’ai jamais été sollicitée par un sondage de ma vie, autour de moi non plus (et nous sommes des gens ordinaires, d’une intelligence ordinaire, vivant au milieu de gens ordinaires, le bon sens près de chez nous,Bac +2 à bac +10; mes enfants rigolent (dont un fils qui a fait des études Maths Statistiques) et chaque fois que je m’insurge contre des sondages vaseux, politiques ou autres je m’entends dire: tu ne fais pas partie d’un échantillon représentatif .. alors sondez les échantillons représentatifs pendant qu’ils regardent Mireille Dumas ou Delarue ou Plus belle la vie, et vous obtenez des réponses sous le coup de l’émotion. Par contre si vous prenez le temps d’expliquer à tous ce que la réalité de la loi couvre, et surtout qu’il est grave d’accepter de revenir sur une loi quand cela vous arrange, et que le jour où une autre loi vous paraitra meilleure et que d’autres voudront la retoquer, ce sera le règne de l’arbitraire, tout le monde peut le comprendre et les réponses seront à la hauteur.Mais actuellement, avec les annonces qui se succèdent sans arrêt, les infos sont noyées dans un bourbier qui profite aux plus malins.

 
lioe | berlin
11H12 26/02/2008

Le principe de precaution! En voila un beau principe, qui avait effraye la terre entiere avant la guerre Irakienne, et en particulier la France(principe d ailleur dont on voit les resultats)et qui aujourd hui est plebiscite.On parle de victimes de boureaux alors que c est une democratie tout entiere qui est mis en peril.
Guerre preventive, retention pour les gros delinquants pourquoi pas demain pour la petite delinquance, ou pire encore.
Cette idee est condamnable non pas par ce qu elle est mauvaise,mais par ce qu elle peut entraine comme derives et atteintes a la liberte et aux droits de l homme.

 
FREDERIC 67
13H00 26/02/2008

mais ce principe de précaution n’est applicable qu’en matière d’environnement ! et de santé et il permet d’éviter la mise sur le marché de produit dangereux pour la santé animale, végétale, humaine

l’humain n’étant pas un produit, un objet on ne peut lui appliquer ce principe ou alors par précaution éliminons dès la naissance ou avant toute personne ayant le gène de dangerosité il en avait un peu parlé déjà non ?

 
lioe | berlin
13H29 26/02/2008

J ai utilise ce terme de « principe de precaution » parce que NS lui meme l avait utilise comme moyen de comparaison(au cas ou les idiots comme moi n auraient pas compris ce qu etait son nouveau projet)
Et ce que vous dites a la fin de votre post est tout a fait juste, et c est cette derive la que j essaie de denoncer.

 
Beeks
11H42 26/02/2008

en gros le président de la Cour de Cassation lui a dit « casse toi… » mais lui il l’a fait avec classe il ne lui a pas donné une leçon de droit (il lui faudrait des cours) mais de politesse et de civisme c’est Xavier Darcos qui doit etre content si le president de la cour des comptes pouvait lui donner une leçon de calcul se serait sympa pour les français

 
françoise.V | p'tite lyonnaise
13H31 26/02/2008

Je pense qu’il faut réserver la politesse aux personnes aptes au moins à la comprendre: pour sarko, il vaut mieux des coups dans le museau…
Accepter de réfléchir sur la mesure sans remettre en cause la décision du conseil est peut-etre un exercice de diplomatie, mais je suis à peu près sure que pour sarko c’est une demi-victoire!

 
Les Chats
00H27 27/02/2008

- « ..pour sarko, il vaut mieux des coups dans le museau… »

http://www.podcastsinenglish.com/

En français :
http://translate.google.com/translate?hl=fr&sl=en&u=http://www.podcastsi…

 
machinchose
12H01 26/02/2008

Si je peux me permettre la cours donne aussi une leçon de droit à Rachida Dati la plus incompétente ministre de la justice depuis… depuis… depuis toujours probablement ainsi qu’à tout l’UMP qui venait nous expliquer doctement que non non pas du tout.

La droite française, par electoralisme renoue depuis quelques temps avec ces vieux démons médiocres pendant que la gauche française pour les même raisons renoue avec sa tradition de lacheté et de faiblesse.

terrifiant révélateur que cette loi là.

 
elisa33
13H45 26/02/2008

Rétention de sûreté: le député Carayon réclame un référendum.

Le député UMP Bernard Carayon a plaidé lundi pour l’organisation d’un référendum sur la rétention de sûreté si le premier président de la Cour de cassation, saisi par Nicolas Sarkozy, « ne trouve pas de solution juridique » pour permettre une application immédiate de cette mesure.

« Si la décision du Conseil constitutionnel est compréhensible juridiquement, elle ne l’est ni humainement ni politiquement. Le président de la République, élu par les Français pour leur garantir leur sécurité, a parfaitement raison de vouloir les mettre à l’abri des criminels aujourd’hui emprisonnés, et demain libérés sans contrôle », estime-t-il dans un communiqué.

« Si le premier président de la Cour de cassation ne trouve pas de solution juridique à cette menace, il ne reste qu’une solution politique au président de la République pour surmonter la décision du Conseil constitutionnel : c’est de recourir à l’arbitrage du peuple français par référendum », affirme l’élu du Tarn.

« La décision du peuple français est supérieure à la décision du Conseil constitutionnel », ajoute M. Carayon.

Publié le 25 février 2008 à 17h07 http://www.ladepeche.fr/article/2008/02/25/437276-Retention-de-surete-le…

 
Les Chats
00H18 27/02/2008

Un référendum ? Alors qu’on nous a refusé celui de l’Europe ? Pffff
Sarko est tellement buté qu’il va faire du forcing à tous les niveaux.

 
Les Chats
00H22 27/02/2008

En envoyant mon message cette page c’est affichée :
http://rue89.com/flag_content/add/240372/comment ???

 
marie 75
18H38 26/02/2008

FRANCE / Le président perd son bras de fer juridique sur la rétention de sûreté

Encore un revers pour Sarkozy

JOELLE MESKENS
mardi 26 février 2008, 11:31 

PARIS
DE NOTRE ENVOYÉE PERMANENTE

Les criminels dangereux déjà condamnés ne pourront pas être placés en rétention de sûreté. Seuls pourront éventuellement être enfermés à vie ceux qui ne sont pas encore jugés. La loi phare de Nicolas Sarkozy ne pourra pas être rétroactive. La Cour de cassation s’est implicitement rangée, lundi, derrière l’avis du Conseil constitutionnel. Son premier président, Vincent Lamanda, tout en acceptant de réfléchir à la question, a fait savoir au chef de l’Etat qu’il ne contredirait pas les Sages. Nicolas Sarkozy l’avait sollicité après une censure partielle du texte, la semaine dernière.

Logiquement, l’enfermement à vie des criminels dangereux ne devrait donc pas être possible avant quinze ans. Car c’est seulement après avoir purgé leur lourde peine que ces détenus pourraient être placés indéfiniment dans des structures spécialisées.

Pour Nicolas Sarkozy, c’est un sérieux revers. Après de dramatiques faits divers, le président entendait faire de cette loi un dispositif clé pour protéger les victimes. Mais privée de rétroactivité, la disposition est en quelque sorte vidée de sa substance.

Le contenu même de la loi et le bras de fer juridique qu’elle a suscité ont soulevé une sérieuse polémique. La gauche et la magistrature sont montées au créneau pour dénoncer la tentative de coup de force du président pour détourner l’avis du Conseil constitutionnel, considéré comme la clé de voûte du droit français.

Les passes d’armes qui s’en sont suivies sont presque aussi musclées que les insultes du week-end dernier, au salon de l’agriculture. La porte-parole de l’UMP, Nadine Morano, a accusé la gauche de prendre « le parti des assassins contre celui des victimes ». Réplique immédiate du député socialiste Julien Dray : « Nadine Morano, elle, prend le parti de la bêtise. »

La controverse est d’autant plus vive qu’elle concerne un sujet éminemment sensible (les crimes sexuels sur mineurs) et touche aux principes fondamentaux du droit français. « Nous sommes dans une période sombre pour notre justice », estime l’ancien ministre socialiste de la justice Robert Badinter. « Le conseil constitutionnel a retiré une partie du venin de la loi mais a tout de même validé le principe de détention pour dangerosité, hors toute commission d’infraction. Nous passons d’une justice de responsabilité à une justice de sûreté. » Pour l’ancien garde des sceaux, qui avait fait voter l’abolition de la peine de mort en 1981, la nouvelle loi équivaut à enfermer un homme « pour ce qu’il est et non pour ce qu’il fait ».

Des arguments jugés incompréhensibles par certains. Dans un éditorial retentissant paru dans Le Figaro d’hier, Etienne Mougeotte, ancien numéro deux de TF1 devenu directeur de la rédaction, s’insurge contre ceux qu’il qualifie de « déontologues ». « Une démocratie repose sur l’Etat de droit, mais le premier des droits du citoyen ordinaire est d’être protégé des psychopathes et des déviants. L’Etat de droit s’impose à tous ; que Messieurs les assassins commencent », écrit-il. Des lignes qui font repenser à la fameuse phrase de Roger Gicquel au « Vingt heures » de TF1, en 1976, après le meurtre du jeune Philippe Bertrand par Patrick Henry : « La France a peur. »

Nicolas Sarkozy savait-il, en sollicitant la Cour de cassation, qu’elle refuserait de contredire les Sages ? En fin connaisseur du droit, certainement. Mais l’essentiel était peut-être pour lui de jouer l’opinion contre les institutions. Autrement dit de montrer que son volontarisme était intact mais qu’on l’empêchait de le déployer. Une stratégie qu’il avait déjà suivie lorsqu’il n’était encore que candidat à l’Elysée et qu’il avait reproché aux juges de ne pas être assez sévères. Une sorte de pari pour endiguer la chute vertigineuse de sa popularité ?