Enquete

Médecine du travail : une réforme contre les abus du Medef

Après avoir révélé avec France Inter comment la médecine du travail finance le Medef, Rue89 dévoile aujourd'hui le projet de réforme initié par le gouvernement. Mandaté par le Premier ministre, le Conseil économique et social (CES) présente ce mardi son projet. Une « vraie réforme », a promis le ministre du Travail Xavier Bertrand, mais il attendra les élections municipales pour la présenter.

Une avalanche de démentis, mais pas la moindre contestation factuelle. C'est ainsi que le Medef et certains services de santé au travail mis en cause ont réagi à notre première enquête, qui mettait en évidence un financement occulte de certains comités territoriaux du Medef. En particulier par le biais d'opérations immobilières, d'emplois fictifs, de frais et avantages indus.

La présidente du Medef, Laurence Parisot, interrogée sur LCI, niait alors ces accusations :

« Il n'y a pas d'affaire au Medef ! Dans les services de médecine au travail, il y a des commissions de contrôle. Qui est majoritaire dans ces commissions de contrôle ? Les organisations syndicales…
-Donc vous balayez d'un revers de main cette critique ? -Non, je ne balaye pas d'un revers de main, je pense que ce dont on est en train de parler est pas avéré, pas démontré. Point. »

Tout en admettant : « S'il y a des pratiques qu'il faut abandonner, on va les abandonner. » Pour mémoire, Laurence Parisot a toujours refusé de répondre à nos questions.

Xavier Bertrand dans un cocktail : « Nous allons nous occuper de cette affaire »

Hasard des rendez-vous européens, trois jours après la publication de notre enquête, le ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité se rend à Berlin pour une rencontre entre partenaires sociaux allemands et français. Au cours d'un cocktail, Xavier Bertrand interroge un responsable syndical français, feignant l'ironie : « Qu'est-ce que c'est que cette histoire de financement du Medef… ? “ Stupeur et étonnement du syndicaliste. Sourire du ministre : ‘Ne vous inquiétez pas’, poursuit-il, ‘nous allons nous occuper de cette affaire’.

Rentré à Paris, Xavier Bertrand demande à la Direction générale du travail un rapport d'audit complet, en particulier sur la situation dans les Hauts-de-Seine, où les dérives sont un peu plus nombreuses qu'ailleurs.

Dans la foulée, le 20 décembre, le Premier ministre François Fillon demande un rapport à la section Travail du Conseil économique et social. Objectif : ‘Approfondir la modernisation en cours des structures de la médecine du travail et de ses liens avec les autres activités de la prévention.’ La date de rendu est fixée à la ‘fin du mois de février 2008’.

Le Medef organise sa contre-attaque via une note confidentielle

En coulisse, un discret organisme lance la contre-attaque. Le Centre interservices de santé et de médecine du travail (Cisme) est une sorte de fédération des services de santé au travail. Il en rassemble 300, sur un total de 943. Dans une note confidentielle, envoyée au cabinet du ministre et diffusée uniquement à ses adhérents, Gabriel Paillereau, directeur du Cisme, reconnaît les fameuses ‘pratiques’ :

‘Il serait déraisonnable d'affirmer que rien de suspect n'a pu se produire dans le passé ou que tout est parfait aujourd'hui ; il faudrait en effet conduire une enquête qui ne correspond ni à notre mission ni aux moyens dont nous disposons.’

Et voici, selon Gabriel Paillereau, la véritable nature de ces dérives :

‘Nul ne peut nier qu'il y ait eu dans le passé des détournements de fonds dans certains services interentreprises de santé au travail, comme il y en a dans n'importe quel autre secteur d'activité.

Fait de salariés indélicats, profitant d'une position privilégiée (directeur, comptable) au sein de leur service pour en tirer des avantages personnels, de tels détournements, inacceptables, représentent fort heureusement un phénomène marginal.

Poursuivis par les services employeurs, les salariés concernés ont fait l'objet de sanctions, disciplinaires (licenciement) et pénales (emprisonnement) dans les cas les plus graves.’

En résumé, tout cela est le résultat de dérapages individuels anciens et le reste n'est qu'affabulations. Ce n'est pas tout : les représentants du Medef entament alors une campagne de représailles contre certaines de nos sources.

Des médecins du travail, qui ont osé dénoncer ces pratiques illégales, sont sanctionnés par leur direction. Une opération dénoncée par le président du syndicat CFE-CGC des médecins du travail, Bernard Salengro. (Voir la vidéo)


L'agrément des services et leur contrôle font polémique

Très vite, le Conseil économique et social ainsi que le cabinet du ministre du Travail, commencent à consulter les partenaires sociaux. Pour les médecins, le coeur du problème se situe en amont de l'activité des services. Pour fonctionner, ils ont obligation d'obtenir un agrément délivré par la direction du travail. Or, même si le service ne répond pas aux critères de l'administration, l'agrément finit toujours par être délivré.

Deux rapports successifs, de l'IGAS en 2004, puis le rapport Conso-Frimat en 2007, ont constaté ce dysfonctionnement. Le nouveau rapport du CES, dont nous dévoilons ici les propositions, parle de ‘graves manquements, révélateurs d'une définition insuffisante et des missions et des objectifs des services de santé au travail’.

Autre point de convergence entre les syndicats : le renforcement des mécanismes de contrôle. Si des commissions de contrôle paritaires (avec les syndicats) existent depuis la dernière réforme, leur action n'a jamais été vraiment efficace. Sur ce point, tous les témoignages se rejoignent, comme celui d'André Causse, médecin du travail dans l'Essonne depuis 35 ans. (Voir la vidéo)


La CGT fait son mea culpa

Si les organisations patronales (Medef et CGPME) ont toujours eu la main sur la médecine du travail, les syndicats ont sans doute péché par manque d'intérêt pour ces questions et par manque de moyens.

Jean-François Naton dresse un constat clair : la CGT a ‘abandonné le terrain’ : ‘On a laissé la main au Medef, dit le conseiller fédéral, sur la politique des structures de santé au travail.’ Une forme de mea culpa qui vise aussi à appuyer les demandes de réforme portées par la confédération.

Pour la CGT, il faut agir en deux temps : d'abord regrouper l'ensemble des services au niveau national dans le cadre d'une ‘agence’ ; puis réorganiser tout le système au niveau de la région. ‘Sans ambiguités, l'échelon régional, précise Jean-François Naton, est celui qui est pertinent en terme de force militante.’(Voir la vidéo)

Le projet du CES : une cotisation unique pour les employeurs

Après avoir consulté l'ensemble des partenaires sociaux, le Conseil économique et social a préparé un projet de réforme qui sera adopté mercredi en séance plénière. Dans l'avant rapport que nous nous sommes procurés, les membres du CES avancent plusieurs pistes :

  1. Changer les modalités de cotisations des employeurs, qui ‘doivent être profondément modifiées’. Aujourd'hui, chaque service détermine lui-même ses cotisations. Le projet : établir un taux unique de cotisation qui permettrait de mutualiser l'ensemble du dispositif. Et les sages du CES de citer l'exemple de la Mutuelle sociale agricole (MSA).

  2. Revoir la procédure de l'agrément en instaurant un examen en deux temps : d'abord une ‘certification’ délivrée par la Haute autorité de santé, puis un agrément qui serait délivré par l'administration ou par les Cram (Caisse régionale d'assurance-maladie).

  3. L'enjeu de la gouvernance et du bon fonctionnement des services seraient garantis par deux acteurs : la Sécurité sociale qui interviendrait au niveau national, vraisemblablement par le biais de la CNAM. Avec une déclinaison au niveau… régional, impliquant les Cram. Mais tout cela reste flou.

  4. Rajeunir la profession qui connaît un vieillissement accéléré (50 ans de moyenne d'âge). Cela risque de poser problème avec les départs en retraite des médecins issus du baby-boom. Actuellement, ils sont 6 500 pour une population de 15 millions de salariés. Il faut revaloriser le métier. ‘Si la médecine du travail a un passé, conclut le rapport, les médecins du travail ont un avenir !

Nous avons sollicité le ministre du Travail pour commenter ces projets. Le ministre ne répondra pas, nous a fait savoir son service de presse, tant qu'il consulte les partenaires sociaux.’ Pour une réforme visiblement déjà bouclée.

Lire aussi :
Médecine du travail, l'autre caisse noire du Medef
Caisse noire du Medef : Parisot n'a pas sérieusement contre-enquêté
Caisse noire du Medef : syndicats et artisans montent au créneau

37 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de jac le rat

De jac le rat

aventurier | 00H22 | 26/02/2008 | Permalien

Voilà un article clair et net, bravo !
Faut démasquer les voleurs droits dans leurs bottes.
Bref, ya du boulot…

Portrait de Alain Provist

à jac le rat Portrait de jac le rat De Alain Provist

12H33 | 26/02/2008 | Permalien

Excellent article d'investigation.
Sur ce sujet, il faudra bien un jour expliquer pourquoi il n'y a pas de médecine du travail dans l'Education Nationale alors que les enseignants sont au contact des enfants et des adolescents quotidiennement. Une aberration de plus.

Portrait de SKEPTYKY

De SKEPTYKY

00H51 | 26/02/2008 | Permalien

RIEN A RAJOUTER , le medef a tous les droits dans la medecine du travail et si un medecin du travail pousse le bouchon trop loin ,ils en changent ! POURQUOI LES SYNDICATS ONT LAISSE LE MEDEF AGIR AINSI ? ONT SAIT CE
qu'il vaut ! ! pire qu'eux tu meures ! ! CETTE AFFAIRE SERAS
VITE ETOUFFEE ! ! ! foi de skeptyky ! !

Portrait de skalpa

De skalpa

actif et militant ? | 06H49 | 26/02/2008 | Permalien

Enfin, une bonne nouvelle… Enfin, on dirait….

http://kprodukt.blogspot.com

Portrait de Infovite

De Infovite

Plébéien. | 06H58 | 26/02/2008 | Permalien

Pas encore de vaccin contre le goût du fric ?
Pour l'instant uniquement du… dégoût !
http://info-espress.over-blog.com/

Portrait de Elleif

De Elleif

07H29 | 26/02/2008 | Permalien

bizarre,
une réforme de la médecine du travail par un ministre de droite. sans débat public.
Pourquoi tirer des conclusions sans avoir suscité une enquête au pénal ou par l'IGAS ?
Pourquoi abandonner précipitemment le contrôle de l'Etat (les DRTEFP) sans s'interroger sur les raisons limitant le contrôle des DRTEFP hors du champ comptable ? et plutôt que le confier à l'inspection du travail statutairement plus indépendante ?
pourquoi ne pas remettre en cause le passage à 2 ans des visites périodiques alors que la santé des salariés au travail va plus mal (ex : stress) ?
Oublier de soulever les nombreux oublis d'envoi à la visite des CDD ?
pourquoi ne pas poser le problème des atteintes à l'indépendance commises par les patrons sur les avis contraignants ? et oublier de correctionnaliser de tels faits ?
Et pourquoi ne pas remettre en cause le système des services autonomes dans lesquels le médecin du travail est salarié du patron dont il suit les salariés ?

LES MEDECINS DU TRAVAIL DOIVENT PASSER DANS LE SERVICE PUBLIC (comme le sont déjà les médecins inspecteurs du travail) pour garantir leur indépendance.

Précipitation bien bizarre sur un sujet soulevant à la fois les travers du « paritarisme », celui de la souffrance des salariés au travail, celui de l'indépendance, celui du service public (tiens, le ministère du travail et celui de la santé sont en cours de démolition… dans l'indifférence générale ; absolument générale).
Bref un sujet vraiment politique (cad avec des analyses et réponses différentes selon droite/gauche). Oui, mais il y'a les municipales. Alors.

Portrait de bdm

De bdm

07H58 | 26/02/2008 | Permalien

Bravo, belle enquête journalistique. Ce qu'on attend de Rue89.

Portrait de cooper59

De cooper59

pour la decroissance ! | 08H15 | 26/02/2008 | Permalien

de l'investigation ! bravo ! un petit peu a la fois on nous devoile la machine Medef . là ou il y a de l'argent il y a de l'immoralité , l'un ne va pas sans l'autre et la veritable utopie c'est de croire que l'on peux moraliser une societé entierement batie sur le fric . et nous le faire croire est une escroquerie . bravo rue89 .

Portrait de DidierB63

De DidierB63

Devant un écran | 08H33 | 26/02/2008 | Permalien

Eh bien là, je dis bravo. C'est comme ça que je les aime, les enquêtes.
Rondement menées, exposant clairement les faits. Et bien douloureuses pour les escrocs.

Cette pauvre Laurence Parisot, elle voit tout son financement disparaitre petit à petit. Le MEDEF aura-t-il des fins de mois difficiles ?

http://polemiquons.over-blog.com/

Portrait de cooper59

De cooper59

pour la decroissance ! | 08H38 | 26/02/2008 | Permalien

Parisot va devoir vendre son institut d sondages pour finir le mois ! impitoyable !

Portrait de pomme53

De pomme53

Médiation | 10H04 | 26/02/2008 | Permalien

Les temps sont dûrs pour Laurence PARISOT patronne du MEDEF qui ne goûte guère de s'expliquer des accusations très graves d'un possible financement occulte de son organisation via des opérations qui fleurent bon le détournement d'argent public !

Mais le plus comique, c'est encore Xavier BERTRAND notre Ministre bon tein, à la voix suave et doucereuse,qui,pensant venir au secours de Laurence, feint d'ignorer cette affaire, comme s'il n'était pas informé en temps réel de tout ce qui se passe au MEDEF,et qui n'a pas trouvé mieux que de demander à un syndicaliste ce qu'il en était de cette affaire de financement du MEDEF ? ! Une façon d'introduire sur le ton de la plaisanterie, l'idée d'une éventuelle responsabilité ? Quel humour ce Xav !

Pourtant, depuis 2002 on a du mal à croire que tout ceci est passé inaperçu ! Surtout dans le département « vedette » des Hauts de Seine qui a défrayé plus d'une fois la chronique ! ?
Enfin,rassurons-nous, not'bon Ministre du travail va diligenter un audit, ou un rapport ou une enquête ; qu'importe, cela permettra de gagner du temps, comme d'habitude…C'est fou le temps qu'on perd à gagner du temps dans ce pays ? !

Portrait de zbigniew

De zbigniew

11H17 | 26/02/2008 | Permalien

Article intéressant, comme toujours. Une réserve sur la fin : il est question depuis presque vingt ans de la « crise démographique » de la médecine du travail, et de la nécessité de revaloriser la profession. Sans que rien n'ait jamais été fait.
Plutôt qu'un relèvement du numerus clausus ou des passerelles vers cette profession, ce qui semble plus plausible, c'est un recentrement du système autour des IPRP (intervenants en prévention des risques professionnels), qui eux, pourront être recrutés plus facilement. Cela signifie un bouleversement de la mission de la « santé au travail », puisqu'il ne s'agira plus de « prévenir toute altération de la santé du travailleur du fait de son travailleur », mais de gérer et évaluer les risques dans l'environnement de travail - à la limite, parfois, sans vraiment avoir à rencontrer de salariés individuellement.
Par ailleurs, il aurait été bon de connaître aussi l'opinion du SNPST (syndicat national des professionnels de la santé au travail), et pas seulement celle de la CFE-CGC, qui n'est pas la seule force d'opposition au Medef sur ce dossier.

Portrait de marie 75

De marie 75

11H40 | 26/02/2008 | Permalien

article du jeudi 26 août 2004 (07h55), publié sur bellaciao par Patrice Bardet, militant Ufict-CGT, salarié de la Sécu :

Médecine du Travail : quand un syndicat approuve un « décret MEDEF »

Partie intégrante de la « refondation sociale » du MEDEF, la réforme de la médecine du travail reçoit l'aval d'un syndicat de salariés qui y voit Des évolutions positives pour la santé des salariés.

Un décret, publié le 30 juillet au Journal officiel, prévoit notamment
le plafonnement à 450 du nombre d'établissements par médecin du travail à temps plein (200 à 300 actuellement), à 3.200 du nombre annuel d'examens médicaux, et à 3.300 de l'effectif de salariés placés sous surveillance médicale (2700 actuellement).
La visite médicale portée à deux ans (1 an actuellement), sauf pour certaines catégories professionnelle « à risque », dont la liste est « à négocier » (sic ! )
L'obligation de complémentarité des médecins du travail avec d'autres professionnels de santé (non protégés, soumis de fait à l'employeur La CGC, pourtant signataire avec le CFDT et la CFTC de l'accord de 2001 dénonce la prévision de suppression de 1000 postes de médecins du travail ! La CGT dénonce Un décret estival paralysant davantage la médecine du travail. Même le Conseil de l'Ordre des Médecins le dénonce !

Après les mauvais coups de la réforme de la Sécu par Douste Blazy, globalement approuvée par la CFDT, ce gouvernement à la solde du MEDEF s'attaque à la prévention des maladies professionnelles, déjà largement sous-déclarées !

On assiste à une explosion des maladies professionnelles : cancers, maladies chroniques dues aux toxiques chimiques ou physiques, stress, troubles musculo-squelettiques.

Alors que le risque Amiante a été nié par les employeurs, de même celui des éthers de glycol, on accroît la charge de travail de chaque médecin de 30%, et la médecine du travail, pourtant de la responsabilité de l'Etat, reste entièrement sous la coupe des employeurs (ce que dénoncent les rapports 2003 et 2004 de l'IGAS). Les quelques strapontins offerts aux syndicats, qui devront « se mettre d'accord pour leur désignation » (sans référence à leur représentativité, la CFTC a donc autant de poids que la CGT) dans les conseils d'administration des Services de Santé au Travail ne peuvent faire illusion : ce sont les délinquants, les patrons, qui sont aux commandes, avec l'aide de certains syndicats (comme à la Sécu, ou à l'UNEDIC et dans tous les organismes paritaires) !

Imagine-t-on un code pénal élaboré par les criminels et les voleurs ? Imagine-t-on la prévention des crimes et délits confiée à ces mêmes criminels et voleurs ? Imagine-t-on de leur confier la reconnaissance du rôle de « victime » ?

Et bien, c'est ce qui se passe pour la Santé au travail : ce sont les patrons qui dictent les règles du jeu, qui battent la cadence des galériens, …et les ouvriers qui crèvent ! Ce sont les patrons qui peuvent mettre en concurrence les Services de Santé au Travail, licencier un médecin du travail, décider de son déplacement !

686 accidents mortels, 34 517 maladies professionnelles reconnues, 331 décès suite à maladie professionnelle (96 en 1996), 24 220 incapacités permanentes reconnues (10 120 en 1996) en 2001. 1 000 000 de victimes potentielles de l'amiante !

C'est criminel ! A-t-on jamais vu un patron en prison ?

Patrice Bardet, militant Ufict-CGT, salarié de la Sécu
--------------------------------
Pour plus de connaissances :

Une démédicalisation de la santé au travail se profile

Un décret torpille la médecine du travail

fichiers joints :
manifeste du 11 juin 2004 « Si le décret MEDEF sort.. » du SNPMT et de la SMT
communiqué de presse du 19 août 2004 du Syndicat National Professionnel des Médecins du Travail
page 1 du n°12 du Journal des Médecins du Travail « Paritarisme : une gestion qui d'avère en pratique inéquitable » (si quelqu'un peut trouver la suite de l'article…)

Site du SNPMT (ca a changé de nom depuis, mais vous avez le lien pour suivre)

Portrait de matou

à marie 75 Portrait de marie 75 De matou

médecin du travail | 20H06 | 28/02/2008 | Permalien

Bravo ! excellente synthèse !

Portrait de pissefroid

De pissefroid

râleur velléitaire | 11H51 | 26/02/2008 | Permalien

ça m'a toujours étonné de voir les patrons responsables de la médecine du travail, c'est comme si les automobilistes géraient les agents de la circulation.

Portrait de Les Chats

à pissefroid Portrait de pissefroid De Les Chats

En grève du zèle contre le nettoyeu... | 20H33 | 26/02/2008 | Permalien

Et bien moi aussi râleur ; -)
On retrouve le même cas dans les mairies, la médecine du travail et je crois aussi le service social, dépendent du DGRH.
C'est comme autrefois dans certaines usines si vous êtiez consulté par le médecin de l'usine c'était gratuit.
Ce rattachement devrait être interdit ça me parait évident, être juge et parti devrait être interdit dans n'importe quelle situation.

Une loi pour VOUS LA GAUCHE ! !

Portrait de montagnard

De montagnard

11H53 | 26/02/2008 | Permalien

Tout à fait d'accord avec Elleif. En tant qu'inspecteur du travail je peux témoigner de la bonne adéquation des propositions faites par ce commentaire au gros pbm de gestion de la santé qu'à la France : il est urgent de rendre les médecins du tvl enfin indépendants des employeurs !
Par contre le voir réaliser maintenant serait très très étonnant…
pourtant il y a urgence quand on voit l'explosion des maladies professionnelles (déclarées par les médecins traitants et non pas les méd du tvl, qui connaissent pourtant les risques professionnels eux ! : bizarre, vous avez dit bizarre…), des Accidents du travail non déclarés, le stress croissant, …
Merci à rue 89 de ne pas lâcher l'affaire !

Portrait de JC.H

De JC.H

Poitiers | 11H57 | 26/02/2008 | Permalien

Je partage la réserve de zbigniew. La réforme annoncée a toutes les chances d'entériner et d'accentuer l'évolution en cours : on va remplacer les médecins du travail par des techniciens du risque. 1/ la santé des salariés en tant qu'individus sera nettement moins prise en considération. 2/ le technicien sera beaucoup plus sous la dépendance de la direction des organismes de médecine du travail

Portrait de talog

De talog

11H58 | 26/02/2008 | Permalien

Voila un exemple d'amalgame qui est terrifiant. Il n'y a aucun lien entre les supposées malversations et cette nouvelle réforme, initiée, malheureusement et c'est bien désolant, par le déficit du nombre de médecins. On peut tout critiquer, la Médecine du Travail comme le reste mais il faut rester honnête et ne pas voir partout et toujours de la magouille. C'est étonnant et désespérant lorsqu'on travaille dans un domaine de voir celui-ci caricaturé. Dernier point : vous accordez au Medef beaucoup plus d'importance qu'il n'en a au sein des Services de Santé au Travail.

Portrait de clive

De clive

12H06 | 26/02/2008 | Permalien

Le MEDEF est toujours présenté comme interlocuteur unique, mais est-t-il vraiment représentatif ?
La question est récurrente pour les autres, pas pour lui….

Portrait de re-belle

De re-belle

mère au foyer | 12H14 | 26/02/2008 | Permalien

en france ! ! ! …
les victimes du travail c'est un non-problème ! ! ! …

chantons tous ensemble : « madame la marquise,tout va tre bien, tout va tres bien ! ! ! … » (ironiquement)

DE LA POUDRE AUX YEUX ! ! ! …

ils veulent redorer leur blason pour les municipales, n'oublions point que le revers est aussi sombre, sale et souillé ! ! ! …

comme ils nous assombrissent
comme ils nous salissent
comme ils nous souillent
NOTRE AVENIR ET CEUX DE NOS ENFANTS ! ! ! …

ON VEUT UN TRAVAIL POUR VIVRE, MAIS PAS MOURIR POUR LE TRAVAIL ! ! ! …

1936 ! ! ! …on les a mis dans les oubliettes ? ? ? ! ! ! …

Portrait de Network 23

De Network 23

identité perdue dans mes papiers | 12H29 | 26/02/2008 | Permalien

Effectivement, avec les heures sup & la dégradation continuelle des conditions de travail, la réforme par en bas du code du travail, le non-soutien accordé aux inspecteurs du travail qui se font tirer dessus par des zozos, les suicides, amiante & autres scandales à venir, des médecins du travail, il va en falloir pour que les salariés puissent continuer à se rendre au boulot chaque matin.

Mais vu les périodes d'intermittence, de chômage où on continue à bosser, mais gratos, de stages non rémunérés mais quasi-obligatoires, des « médecins du chômage », on va aussi en avoir besoin !

Et si tout simplement on faisait respecter le code du travail, on arrêtait les cadences infernales, on mettait un frein à l'humiliation du salarié (CNE quand tu nous tiens ! liberté pour le harcèlement ? ), on cessait la chasse aux chômeurs, et on mettait en place un revenu minimum universel ?

Ca relancerait la croissance, de donner du pouvoir d'achat, ca abîmerait un peu l'idole du Travail (famillle-patrie), et ça permettrait de produire des choses vraiment intéressantes, au lieu de construire des joujoux toxiques…

Portrait de peuapeu

De peuapeu

13H31 | 26/02/2008 | Permalien

Bravo à Rue89 et à ses interlocuteurs de l´article !

Portrait de Eliott

De Eliott

14H27 | 26/02/2008 | Permalien

C'est le fonctionnement même de la médecine du travail qui doit être remis en cause.

Trop de médecins du travail ne font pas leur travail en raison de la peur de représailles de leur employeur.

Portrait de matou

à Eliott Portrait de Eliott De matou

médecin du travail | 00H48 | 28/02/2008 | Permalien

C'est bien vrai !

Portrait de YoshiL7

De YoshiL7

14H41 | 26/02/2008 | Permalien

Avec tous ces dossiers au MEDEF, ne serait il pas temps que le MEDEF nettoye un peu devant sa porte… quand ca merde, on vire le responsable en général… alors, quand est ce que quelqu'un osera demander le départ de la baronne vu le nombre de dossiers qui s'accumulent et dont elle réfute la véractié ? elle fait si peur que cela ?

Portrait de survivant

De survivant

16H23 | 26/02/2008 | Permalien

IUMM, caisses de congés payés du BTP, médecine du travail hop ! Un petit coup d'éponge avec la dépénalisation du droit des affaires l'article 432-11 du code pénal passe du même coup à la trappe. Parle plus bas car l'on pourrait bien nous entendre. 53% des électeurs ont élus le parrain du medef et de la corruption bravo !

Portrait de par- ping

De par- ping

17H50 | 26/02/2008 | Permalien

Quel terrible et triste dossier ,mais merci à rue 89 et à france inter d'avoir débusquer ce lièvre et suscité de nombreux commentaires tous plus intéressants les uns que les autres ,espèront que cela sera suivi d'effets,mais peut on compter sur notre » angélique » madame Parisot qui n'en a plus pour longtemps à vivre si j'en juge par une surdité prononcée ,elle n'entend jamais rien,une cécité évidente ,elle ne voit jamais rien ,de grandes difficultés respiratoires quand elle répond aux questions des journalistes,et une tétanie musculaire notable devant les caméras ,aurait elle manqué la visite de médecine du travail ,je lui conseille d'aller vite consulter .
Ah ! pas facile madame Parisot d'être chef de gang.

Portrait de par- ping

De par- ping

18H55 | 26/02/2008 | Permalien

excusez moi de taper l'incruste mais je viens de relire ceci dans l'article

Et voici, selon Gabriel Paillereau, la véritable nature de ces dérives :

« Nul ne peut nier qu'il y ait eu dans le passé des détournements de fonds dans certains services interentreprises de santé au travail, comme il y en a dans n'importe quel autre secteur d'activité.

“Fait de salariés indélicats, profitant d'une position privilégiée (directeur, comptable) au sein de leur service pour en tirer des avantages personnels, de tels détournements, inacceptables, représentent fort heureusement un phénomène marginal.

‘Poursuivis par les services employeurs, les salariés concernés ont fait l'objet de sanctions, disciplinaires (licenciement) et pénales (emprisonnement) dans les cas les plus graves.’

ce monsieur nous dit en substance que si tout est pourri en ce beau royaume de France c'est la faute de ‘salariés indélicats

saligauds de salariés !

bon, ils ont été punis ,mais alors pourquoi c'est toujours aussi pourri ?

Portrait de Les Chats

à par- ping Portrait de par- ping De Les Chats

En grève du zèle contre le nettoyeu... | 21H41 | 26/02/2008 | Permalien

- « ils ont été punis ,mais alors pourquoi c'est toujours aussi pourri ? »

Vous pouvez répéter la question ? : -))

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