Les leçons politiques du regard mélancolique de John Rambo

Le personnage cinématographique de John Rambo est fréquemment sous-estimé sous l’effet d’un anti-américanisme primaire.

Le premier épisode, réalisé par Ted Kotcheff, pouvait aussi se lire comme une critique sociale de l’hypocrisie notabiliaire dans une petite ville américaine, refoulant les marginaux comme les dégâts du Vietnam hors du champ de vision de son ennui quotidien. Et cette apparition initiale d’un anti-héros déglingué au cœur de la prétendue Civilisation se terminait en pleurs dans les bras d’un colonel; le virilisme se ramollissant jusqu’à retrouver les voies de son humanité dans sa part « féminine » de fragilité. Les deux films suivants ont caricaturé Rambo en porte-drapeau justement guignolisé d’un militarisme reaganien.

Le dernier-né de la saga redonne des couleurs décalées au traumatisé du Vietnam. Rambo arbore au départ le masque d’une dureté désenchantée aux relents nihilistes. Puis, après la confrontation avec les massacres de la dictature birmane et les balbutiements de la résistance, son regard exprime une mélancolie infinie mettant en tension le poids inéliminable du tragique et la nouvelle percée d’un sens de la dignité humaine. Si la mise en scène est trop souvent alourdie par les gros sabots d’un monde en noir et blanc, le regard de l’acteur Stallone suggère de bien autres complications, à l’écart du conservatisme étriqué du citoyen Stallone(supporter du Républicain John McCain!).

Le sarkozysme : un produit politique déjà périmé sur le marché médiatique?

Ce faisant, une série B hollywoodienne draine avec elle une gravité politique qu’on chercherait en vain dans les pitreries de la politique officielle française. Le m’as-tu-vu sarkozyen, après avoir un court moment fasciné les gazettes, suscite de plus en plus de sifflements du côté des spectateurs, relayés jusqu’aux organes de presse « amis » du pouvoir. Dans la quête médiatique incessante du « nouveau », à partir des attentes stéréotypées du journalisme dominant, le sentiment blasé du déjà-vu perce rapidement. La vitesse de rotation des produits politiques apparaît grandissante dans les supermarchés de la communication. Leur démonétisation s’accélère dans une course-poursuite frustrante vers un neuf vieilli précocement.

Un tout petit monde : journalistes et anti-journalistes

Les modes propres aux critiques superficielles des médias (des « connivences » cachées au « storytelling »), qui marchent si bien dans les milieux journalistiques eux-mêmes, montrent tout particulièrement ici leurs faiblesses. Elles oublient que les messages sont filtrés par des publics diversifiés (et on a ainsi pu observer que le roc de l’électorat sarkozyste –les plus de 60 ans– a souvent peu apprécié « la belle histoire » du remariage quasi-immédiat avec « la belle Carla »). Mais également que les médias peuvent mordre la main des maîtres économiques ou politiques du moment (Jean-Marie Messier ou Nicolas Sarkozy) dans l’emballement de dynamiques qui leur sont propres et cependant leur échappent. Ne perdons pas de vue l’autonomie du champ journalistique, aurait rappelé Pierre Bourdieu!

Toutefois les journalistes et leurs critiques (les anti-journalistes sont souvent tout contre ceux qu’ils dénoncent) préfèrent se raconter des contes de Noël sur la toute-puissance supposée de leur petit monde (auquel participent les discours sur les « connivences » et le « storytelling », où ils mirent négativement leurs propres fantasmes de pouvoir). Ils n’apprécient guère, par contre, qu’on fasse d’eux, de manière davantage réaliste, des marionnettes d’un conformisme corporatiste, de préjugés simplistes et de logiques pavloviennes. Sur ce plan, vedettes du 20 h de TF1 et de France 2, rédacteurs du Figaro et de Libération, comme cracheurs du Plan B, convergent plus souvent qu’on ne le croit habituellement.

Mélancolie radicale contre mélancolie aseptisée

Peut-être qu’un journalisme d’un nouveau type, afin de résister aux automatismes de l’air du temps, devrait se faire plus mélancolique, à la manière de John Rambo. Pourquoi ne pas inventer une nouvelle alliance entre des traditions critiques issues du passé et des possibilités futures, contre la répétition marchande d’un présent infiniment décevant?

Rien à voir ici avec « la gauche mélancolique » sur laquelle BHL termine son dernier opuscule, Ce grand cadavre à la renverse. Chez notre préparateur en béchamel para-philosophique, la mélancolie est transformée en acquiescement conservateur aux « lois » du capitalisme. Or, pour la mélancolie radicale d’un Walter Benjamin, il ne s’agit pas d’émousser les luttes émancipatrices, mais de les lester de la force des impasses passées, des voix des vaincus d’hier et des dangers inscrits dans les mouvements erratiques de l’histoire, et cela contre l’optimisme béat des progressismes naïfs. Un passage d’une chanson de Charles Aznavour, Non, je n’ai rien oublié, résume magnifiquement cette inspiration mélancolique: « Et mon passé revient du fond de sa défaite »…

« De défaite en défaite jusqu’à la victoire » répond, comme en écho, l’exergue du beau film de Carmen Castillo sur le Chili des espoirs révolutionnaires et de leur sanglante répression, Rue Santa Fe.

Politiques, journalistes et plus largement citoyens auraient donc intérêt à freiner mélancoliquement les glissades politico-médiatiques du présent. Et si le visage buriné de John Rambo comme le sourire de Carmen Castillo pointaient de telles possibilités? Pour ne pas baisser les bras d’une utopie raisonnée face à un présent s’éternisant, sans pour autant recommencer les erreurs passées…


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15H21 25/02/2008

L’Agence de presse refuse de publier les résultats d’une enquête Marianne-CSA l’Appel du 14 février. Par crainte de faire de la publicité à notre journal.

Qu’est-ce qu’une information ? Voilà une question qui se pose en permanence dans l’exercice du métier de journaliste. Elle se pose avec une acuité et un esprit de responsabilité bien plus grands lorsque l’on pratique le journalisme dans une agence de presse : selon que l’AFP (puisqu’il s’agit bien d’elle) reprend ou pas une donnée, elle dispose du pouvoir exorbitant de lui donner ou de lui dénier le statut d’information. Normalement, l’AFP considère un sondage comme une information : l’agence publie chaque année les résultats de centaines de sondages. A-t-elle raison ou tort de le faire systématiquement ? En tout cas, son réflexe a créé une attente parmi ses sources, celle de voir reprendre un sondage publié dans la presse. Voilà pourquoi, dès vendredi, les dirigeants de Marianne ont contacté les journalistes en charge du service politique de l’AFP : notre hebdomadaire allait publier samedi un sondage sur l’Appel publié la semaine passée dans Marianne, appel qui a suscité la polémique toute la semaine, nombre de dignitaires sarkozystes hurlant à «la chasse au Président» (François Fillon), au «fascisme» (Roger Karoutchi) ou à un «procédé stalinien» (Yves Jego). Compte tenu de cette avalanche de déclarations, n’était-il pas intéressant de savoir ce qu’en pensaient les Français ? Ce sondage était-il indigne ? N’avait-il comme seule fonction, comme l’a déclaré un journaliste de l’AFP, de faire la pub de Marianne » ? Ce n’est certes pas la première fois que l’AFP boycotte des informations de l’hebdomadaire Marianne ou du site Marianne2.fr. Mais cette fois-ci, les responsables de l’AFP passent du simple conformisme à la mauvaise foi. On ne sait pas si le sondage du CSA fait la pub de Marianne. On devine facilement, en revanche, à qui le silence de l’AFP fait la publicité.

QUESTION - Vous savez qu’un « appel pour une vigilance républicaine », a été signé par diverses personnalités. Cet appel réaffirme l’attachement de ces personnalités au principe républicain, à la laïcité, à l’indépendance de la presse, à une politique étrangère digne, européenne et soucieuse de l’indépendance nationale. Il fait part « du refus de toute dérive vers une forme de pouvoir purement personnel confinant à la monarchie élective ». Il a été signé par 17 personnalités politiques de Gauche, de Droite et du Centre dont Ségolène Royal, Dominique de Villepin et François Bayrou… Êtes-vous très favorable, assez favorable, assez opposé ou très opposé à cet appel ?

- Favorable 69 % (dont Très favorable 21 % Assez favorable 48%)

Opposé 22 % (dont Assez opposé 15 % Très opposé 7 %)

NSP 9 %

Total 100

Lundi 25 Février 2008 - 00:18 Marianne

-http://www.marianne2.fr/L-AFP-boyco…

 
16H19 25/02/2008

Sarkozy congratule les bigots

carte postale du jour (d’après le soir, belgique) :
« Sarkozy congratule les bigots

lundi 25 février 2008, 13:19
« Nicolas Sarkozy, chanoine honoraire de la basilique St-Jean de Latran à Rome, a fait parvenir un message de « félicitations » à quatre diacres catholiques traditionalistes qui y ont été ordonnés samedi. Un message ravivant une polémique de plus à l’actif du président français.
Ce message a été lu à la fin de la cérémonie d’ordination de quatre diacres – deux Français, un Italien et un Polonais – par l’abbé Philippe Laguérie, supérieur de l’institut traditionaliste du Bon Pasteur, a précisé un témoin.
Mgr Laguérie a précisé que le président français a « confié le soin à son chef de cabinet » de souligner combien il avait été « sensible » à la nouvelle de ces ordinations et de transmettre « personnellement tous ses voeux et ses félicitations aux futurs diacres ».
Le Bon Pasteur, dont le siège est à Bordeaux, est une structure créée par le pape Benoît XVI en septembre 2006 pour ramener les disciples de l’évêque intégriste Marcel Lefebvre dans le giron de l’Eglise catholique.
La France est un des bastions des Lefebvristes qui célèbrent la messe en latin dite « tridentine » et refusent les enseignements du concile Vatican II sur la liberté religieuse et le dialogue inter-religieux.
Avant de réintégrer l’Eglise catholique avec l’institut du Bon Pasteur, l’abbé Laguérie a été de 1984 à 1997 le curé de l’église Saint-Nicolas du Chardonnet à Paris, occupée illégalement par les intégristes depuis 1977.
Nicolas Sarkozy s’était déplacé le 20 décembre dernier à Rome pour recevoir le titre de chanoine d’honneur de St-Jean de Latran, la cathédrale du pape, une distinction purement honorifique accordée aux rois et présidents français depuis Henri IV au 17e siècle.
Le discours qu’il avait prononcé à cette occasion a provoqué une vive polémique en France. Sarkozy y a exalté les « racines chrétiennes de la France » et évoqué « les souffrances » provoquées chez les catholiques par la mise en oeuvre de l’instauration de la laïcité avec la loi de 1905. »

De : le soir

 
PMB | Lecteur écriveur
16H31 25/02/2008

Le chef de cabinet en question est Melle Mignon, dont les positions tradi-cathos influencent beaucoup NS. Enfin, influencent ses discours, pas ses actes, qui sont ceux d’un pécheur de haute volée, entre autres : l’orgueil (je-je-je), l’envie (les stylos et les montres), la luxure (avec Carla, pour l’instant), la colère (cassez-vous tous les cons).

 
17H13 25/02/2008

Mais cette fois-ci il « bénit » des intégristes!
Et la loi de 1905, il s’assoit dessus?

 
15H37 25/02/2008

25 février 2008 - 14:26 swissinfo
Ce n’est pas une réflexion politique … mais des faits!

Les prix alimentaires flambent en France

Paris - Les prix alimentaires flambent en France. L’Institut national de la consommation a constaté des hausses atteignant près de 50% pour certains aliments entre fin novembre et début janvier.

De 31% à 45% d’augmentation pour les spaghettis, 17% à 40% pour les yaourts, 10% à 44% pour le jambon, « ça n’augmente pas, ça flambe ! », lit-on dans cette étude à paraître dans le magazine « 60 millions de consommateurs ». « Grandes marques, premiers prix ou marques de distributeurs, aucun type de référence ne semble épargné, même si toutes ne brûlent pas avec la même ferveur », écrivent les auteurs.

Pour le secrétaire d’Etat à la Consommation, Luc Chatel, la répercussion sur les prix d’une partie de la hausse des matières premières agricoles n‘« est pas complètement anormale ».

« Ce qui est anormal, c’est que certains industriels et certains grands distributeurs utilisent cet événement mondial comme alibi pour passer des hausses complètements injustifiées », a-t-il expliqué sur la chaîne de télévision « France 3 ». « Distributeurs et industriels se partagent le gateau au détriment du consommateur. »

SDA-ATS

 
18H23 25/02/2008

Sarkozy :

« Pour etre president, il faut etre calme »

« Je serais le president du pouvoir d’achat »

Bon, il n’y as plus qu’a appeler Rambo pour qu’il nous en debarasse….

 
skalpa | actif et militant ?
21H04 25/02/2008
 
Christobal Colon | Scandalisé à 999%
20H09 26/02/2008

J’aime beaucoup cet article sur le fond, un tout petit peu moins sur la forme.

Je pense qu’il aurait fallu démarrer avec Rambo pour rapidement le lâcher et s’appuyer davantage sur plusieurs autres, - même brievement, références cinématographiques passées et présentes afin de mieux illustrer cet interessant concept de « mélancolie radicale » , comme un regard-réaction ( pour ma part ).