France Monde est née : ensemble, le pire devient possible

C'est donc décidé. Alain de Pouzilhac troque la présidence de France 24 pour celle de France Monde, structure voulue par le président Nicolas Sarkozy et censée concrétiser la « recomposition » de l'audiovisuel public extérieur français. L'Elysée a annoncé son choix mercredi 20 février 2008, et proposé dans un même élan à Christine Ockrent de devenir la directrice générale de cette nouvelle société.
Depuis, on ne parle plus que de « l'affaire Ockrent ». Entendez, le malaise que suscite la nomination de l'épouse du ministre des Affaires étrangères comme numéro 2 de la nouvelle société mère de France 24, Radio France Internationale (RFI) et TV5 Monde.
Faire valoir, à moindre frais, « la vision française » de l'information
Motif affiché : Mme Ockrent est l'épouse du chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner. Avoir à la tête des médias français traitant prioritairement de l'actualité internationale la compagne du porte-voix politique de la France sur cette même scène internationale, pose indéniablement problème. Mais, focalisée sur la journaliste, la polémique escamote l'essentiel, qui est la raison d'être de France Monde : faire valoir, à moindre frais -la holding va évidemment réduire la masse salariale des trois entreprises-, « la vision française » de l'information dans un monde où domine « le point de vue anglo-saxon ».
C'est de cette très politique « vision », que découlent les nominations de Mme Ockrent et M. de Pouzilhac. A Madame, cette « grande signature », comme la qualifie M. de Pouzhilac, le rôle de caution journalistique, comme l'entendent les maîtres de notre époque. C'est-à-dire : une caution-spectacle. Il convient donc qu'elle appartienne au monde nullement représentatif des vedettes de la profession.
Elle doit donc forcément être passée par la télévision, donc bénéficier d'émoluments forcément indécents -pour 5 minutes de billet hebdomadaire, France 24 verserait 120 000 euros annuels à Mme Ockrent, selon LePoint.fr (16 janvier 2008). L'énormité des salaires a son importance : elle garantit l'appartenance à un groupe très restreint, enlève tout sens à l'exercice de la profession et aiguise, quasi mécaniquement, la fréquentation et le goût du pouvoir. Mme Ockrent est de ce point de vue un « bon produit », capable, à l'occasion, d'égarer la polémique sur la si commode voie de garage de l'offense sexiste (on cherche tout bonnement à la réduire à une « femme de »).
Journalistes « spécialistes » contre techniciens « polyvalents »
Pendant ce temps-là, le pire prend racine. Le big boss de France Monde est un publicitaire, un homme que ne choquait sûrement pas le fait d'être PDG de France 24, détenue pour moitié par TF1. Un homme, qui s'enorgueillit de diriger une chaîne regardée par des décideurs.
Quand une campagne de pub de la chaîne évoque notamment « les décideurs algériens » qui la regardent (ou s'y contemplent ? ), on s'interroge : France 24 en Algérie : combien de divisions ? Un homme, dont les propos, le 24 octobre 2007, dans le quotidien Le Monde, exposent bien les valeurs.
Rejetant l'idée d'une fusion France 24-RFI caressée par certains, M. de Pouzhilac oppose les journalistes « spécialistes » de RFI aux « polyvalents » de France 24. Spécialiste, explique-t-il, cela signifie journaliste incapable, en reportage, d'autonomie technique, voire linguistique. Bref, laisse-t-il entendre, inadaptable au monde moderne de l'information.
Tout l'inverse du journaliste type de France 24. Lui, fait-il dire au journaliste du Monde qui l'a écouté -de façon bien sage, d'ailleurs-, « maîtrise intégralement et de manière autonome l'ensemble du processus de production des contenus d'information ». Ainsi va la polyvalence, aux yeux de M. de Pouzilhac, qui cultive, à dessein, la confusions entre des critères techniques et des savoirs (régionaux ou thématiques) qui caractérisent une « spécialisation », journalistique ou autre d'ailleurs.
En d'autres termes, pour le PDG de France Monde, un journaliste n'est pas professionnellement requis pour interroger pour tenter de faire comprendre ce dont il témoigne. Il doit d'abord, sinon uniquement, surfer, le plus vite possible, sur l'écume de ce qui fait l'actualité du moment.
Propos de banal diffuseur d'informations, d'autres –à l'Elysée, à Matignon, au Quai d'Orsay ? - établissant la ligne éditoriale. Ce qui compte, c'est la fonctionnalité/rentabilité du salarié journaliste : il fabrique un produit fini, étiqueté « information », dans les formats impartis. Il le fait, bien sûr, dans des délais toujours plus courts, et, affaire là encore de simple technicité, de façon à pouvoir être aussi bien diffusé à l'écran que posté sur le Web (et plus, si affinité sonore ? ). Le directeur Internet de France 24, M. Stanislas Leridon, s'est chargé d'enfoncer le clou, sur Rue89.
L'ouvrier-journaliste (Sarkozy aime les ouvriers) était ainsi défini. Le voilà maintenant prêt à pointer à la « news factory » (Sarkozy raffole des usines) que France Monde promet de mettre en place.
Un audiovisuel « public » extérieur « aux ordres de », sous emballage de « réforme »
Et nous progressons encore vers l'essentiel, vers le plus grave. Cette confusion technique/savoir ne gêne nullement M. de Pouzilhac. Parce qu'elle dit à quel point sa « culture d'entreprise » (on pourrait, j'en suis convaincu, dire aussi bien sa culture politique voire sa culture tout court) et sa « philosophie » consistent en un mépris des savoirs, de la pensée.
Réfléchir, voilà l'archaïsme. On imagine presque la caricature qu'il peut avoir en tête du journaliste spécialiste : voûté, entre deux âges sinon un peu plus vieux encore, vite essoufflé, quand les jeunes et « multiusages » reporters polyvalents volent littéralement de point chaud en grand événement sur toute la planète. Le spécialiste est gris (avec des lunettes ? ), donneur de leçons sans doute, ennuyeux à coup sûr, passif parce que vissé sur un siège et réduit au « jus de crâne », comme on aime à dire en ce temps de mode anti-intellectuelle. Stop cliché, monsieur le président de tout l'audiovisuel extérieur de la France ! Il y a pire encore. Car, très vraisemblablement, M. de Pouzilhac n'a-t-il nullement conscience de ses outrances. Insultes au savoir, préjugés condescendants : il parle, sans le moindre accent, la langue dominante. Celles des battants, des gagnants, qui ont « dîné sept ou huit fois ensemble et encore davantage déjeuné » avec le président de la République. C'est à cette aune qu'il mesure ses « compétences » et ses « talents ».
Alors, oui, les nominations de Mme Ockrent et de M. de Pouzilhac sont préoccupantes. Parce que conformes à la « vision » qu'a M. Sarkozy des médias, « serviteurs de », bon gré, mal gré, et au sein desquels les « femmes de », « maris de », « enfants de » ont tous leur place. Et on sent poindre pour l'audiovisuel « public » extérieur, le « aux ordres de », qu'on aurait pu croire enterré. Et qui revient, sous emballage de « réforme », de « modernisation » et de « rupture ». Forcément.
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De lioe
berlin | 11H18 | 22/02/2008 |
C est beau le piston en Allemagne cela porte un nom
« la vitamine B »
à lioe
De Pierre-Guy-Raoul Namassepamousse
11H33 | 22/02/2008 |
Oui, ça sert de partir en vacances avec le Petit Timonier…
à Pierre-Guy-Raoul Namassepamousse
De sevinilud
en liberté surveillée | 17H28 | 22/02/2008 |
Du haut de ces pyramides, tes esclaves te contemplent…
à lioe
De Abdelkrim Bourguignon
Bras Gauche de Jeanne Calmant | 13H54 | 22/02/2008 |
Dans le Royaume de Sarkozie Occidentale, le couple Kouchrent (contraction de Kouchner-Okrent) forment le Cheval de Troie des intérêts de Messire.
à Abdelkrim Bourguignon
De Gallifrey
www.olivierpanza.com | 11H41 | 23/02/2008 |
Je pense simplement qu'il s'agit, comme les sortie sur dieu et la religion, d'un écran de fumé pour que l'on parle de Sarkozy autrement qu'au travers de ses mauvais sondage.
Sarkozy est mauvais seul, il lui faut une polémique, ou quelqu'un à affronté pour être bon.
C'est ce qu'il tente de faire maladroitement.
En cherchant a faire parler d'autre chose que des sondages qui baissent et qui baissent, le seul resultat, sera une autre baisse dans les sondages…
http://olivierpanza.blog.ca/
à lioe
De Dan51
16H36 | 22/02/2008 |
Exact !
Et de telles magouilles seraient impensables dans ce pays qui a connu propagande et dictature.
Les citoyens y sont bien plus conscients et n'acceptent pas l'inacceptable.
à lioe
De bidule
09H22 | 23/02/2008 |
Mme Ockrent se dit humiliée….je souhaiterais que l'on m'explique comment quelqu'un de « vendue “ puisse de plus se sentir ‘ humiliée ?
A mon avis il y a longtemps qu'elle s'est humiliée ou avilie toute seule !
à bidule
De aumusee
en direct de l'élysée Montmartre | 18H11 | 23/02/2008 |
On parle, on vante son professionnalisme : ce n'est qu'un mot…
Elle se sent humiliée par les « ménages » qu'elle va faire ? Point du tout ! ! ! !
Et pourtant ?
Elle n'est pas allée rejoindre son B. K. en Egypte, qui faisait la teuf avec le sarkopilami : uniquement parce que cela faisait jaser…
Humiliée ? Mon oeil. Et son mini boulot à 120 000 euros pour une rubrique de 3 minutes ? Elle en est fière ?
Je retiens mes mots. Je deviendrais grossier.
Mais qui est grossier dans son comportement « professionnel » ?
De toutes façons, nous sommes dans une institution (ce n'est bientôt plus une République) bananière. Tout se met en place petit à petit.
Aille…. aïe aïe
De marie 75
11H18 | 22/02/2008 |
La nomination de Christine Ockrent à France Monde fait grincer des dents
le temps (suisse)
FRANCE. Diriger l'audiovisuel extérieur de l'Hexagone en étant la compagne du chef de la diplomatie provoque le débat.
Caroline Stevan
Vendredi 22 février 2008
La reine Christine à la tête de France Monde. La nouvelle n'en finit pas de faire jaser. Christine Ockrent a été nommée mercredi directrice générale de la future holding qui réunira Radio France Internationale (RFI), TV5 et France 24 - Alain de Pouzhilac ayant été désigné président. Or elle est la compagne du ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner. « Que fera-t-elle lorsqu'il faudra rendre compte d'une visite du ministre à l'étranger ? On est en pleine république bananière », tempête Carole Petit, représentante du Syndicat national des journalistes (SNJ) pour l'audiovisuel public.
Christine Ockrent balaie la crainte du conflit d'intérêt. « Cela fait trente-cinq ans que je suis journaliste. J'ai prouvé tout au long de mon parcours professionnel mon indépendance et mes compétences. J'aime à penser que le président m'a choisie pour cette raison », répond-elle au Temps. « On ne remet pas en cause ses capacités, répond le SNJ, c'est une question de crédibilité. » Un argument repris par la CFDT et la Société des journalistes de RFI. Pour le chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy, le fait que la future holding dépende de Matignon et non du Quai d'Orsay évite tout malentendu.
« Jusqu'à dimanche, j'étais responsable du seul magazine politique hebdomadaire de France 3, en lien direct avec l'information politique. On ne m'a jamais reproché le moindre manquement », précise encore la journaliste vedette. En septembre dernier, cependant, la direction de France 3 a regretté que la dame ait animé une conférence à l'université d'été du Medef, le mouvement des entreprises de France - un « ménage » comme on dit dans le jargon des médias. En décembre, c'est le séjour du couple Ockrent-Kouchner à Charm el-Cheikh, là où le duo Sarkozy-Bruni passait justement ses vacances, qui avait suscité un certain émoi.
Vitrine pour l'Hexagone
Le président s'est énormément investi sur le dossier de l'audiovisuel extérieur, qu'il a qualifié d'« enjeu majeur pour l'influence de la France et la diffusion de sa langue ». Une vitrine, dès lors en lien direct avec les agissements du ministre des Affaires étrangères. « On peut faire confiance aux journalistes de France Monde pour traiter l'information de manière objective. Et à Christine Ockrent pour ne pas entraver leur travail », tempère Frédéric Maillard, président du collectif Démocratie et Communication. « Cette nomination est tout à fait logique, Christine Ockrent n'a jamais fait autre chose dans sa carrière que de défendre les intérêts du pouvoir politique ou économique », dénonce de son côté Pierre Carles, auteur du célèbre documentaire pamphlet sur la connivence entre les dirigeants et les médias Pas vu pas pris.
Lorsque Dominique Strauss-Kahn était devenu ministre de l'Economie en 1997, Anne Sinclair avait quitté 7 sur 7, l'émission dominicale qu'elle animait sur TF1. Béatrice Schönberg, elle, avait renoncé à la présentation du Journal télévisé (JT) de France 2 pendant la dernière campagne présidentielle, étant l'épouse de Jean-Louis Borloo, alors ministre de l'Emploi, de la cohésion sociale et du logement. Marie Drucker, compagne de François Baroin, ministre de l'Intérieur et de l'aménagement du territoire de mars à mai 2007, avait également abandonné temporairement Soir3.
Christine Ockrent refuse la comparaison : « Je sais penser toute seule. J'appartiens à cette génération de femmes qui se sont battues pour cela. J'ai été la première à présenter le JT, la deuxième à diriger L'Express… J'attends le moment où l'on parlera de “l'homme de” et non plus seulement de “la femme de”. J'attends le moment où l'on demandera à Monsieur de démissionner. »
« C'est un faux débat, assure Carole Petit. Cela n'a rien à voir avec le sexisme. Les questions seraient identiques si l'époux de Michèle Alliot-Marie était journaliste et nommé à la direction d'une chaîne de télévision française. » La polémique est d'autant plus virulente que l'ère Sarkozy a apporté une certaine confusion des genres. Les intrusions de l'Elysée dans la sphère médiatique semblent se multiplier, tandis que les journalistes eux-mêmes admettent une certaine complaisance, tournant parfois à l'autocensure.
à marie 75
De Pierre-Guy-Raoul Namassepamousse
11H39 | 22/02/2008 |
1 - Bonne idée demandons à « Monsieur de démissionner ».
2 - Elle « sait penser toute seule ». Bien. Et pas Marie Drucker ni Béatrice Schönberg ?
à marie 75
De quetzal2012
enseignant précaire | 12H11 | 22/02/2008 |
Et voilà un verrou de plus ! ! ! , Okrent qui revendique sa capacité à l'indépendance et nous sort la carte du féminisme, non ce n'est pas parce que vous êtes une femme que l'on se méfie, vous seriez un homme que nous aurions la même crainte…
Le fait est que votre mari est ministre et a montré combien « il était de gauche » en passant de l'autre côté tout simplement parce qu'il n'y avait à enjamber que l'humiliation (cf Victor Hugo)…
Le fait est que votre émission « duel » s'avère être une propagande insidieuse pour le libéralisme à outrance en fustigeant l'extrême gauche et n'a rien d'un débat politique…voir vos propos plus qu'orientés à propos d'un retour à la morale !
Le fait est que vous étiez présente (avec votre mari) à l'anniversaire du roi bouffon et que vous faîtes partie de sa cour…
OUI, on se méfie tout simplement parce que les gens sont de moins en moins dupes
réfléchissons :
http://alternativealaconstipationdelapensee.blogspot.com
à quetzal2012
De messaoud13
12H32 | 22/02/2008 |
Personne pour poser la vraie question : quels intérèts se cachent derrière cette dame pour controler la ligne éditoriale de France 24 ?
à messaoud13
De toto_a_la_plage
19H39 | 22/02/2008 |
elle fait partie des youg leaders de la faf, non ?
bush-erie en vue !
http://www.french-american.org/srt/extra/flb/minisite/show ? location.id : =…
à messaoud13
De charlotte cordier
21H24 | 22/02/2008 |
certainement à la botte des gens du pouvoir , pour porter la bonne parole
à quetzal2012
De Alabama
09H01 | 23/02/2008 |
« Le fait est que vous étiez présente (avec votre mari) à l'anniversaire du roi bouffon et que vous faîtes partie de sa cour… »
écrivez- vous avec raison, ce à quoi la dame répondit avec un « faux-cul-isme “ à la hauteur des arguments féministes utilisés pour masquer son ambition exacerbée :
‘je n'ai fait qu'y passer.’
Toute la duplicité est dans cette réponse.
à marie 75
De TARPON
12H38 | 22/02/2008 |
Si au moins Ockrent se distinguait par ses qualites professionnelles.Cette soit disant ex de CBS dont personne la bas ne se souvient ne peut en aucun cas occuper ce poste surtout connaissant l'attirance maladive de son compagnon pour les cameras.Tele KOUCHNER est née.
à marie 75
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 13H21 | 22/02/2008 |
@Marie75,
je vois que tu n'étais pas passée là
http://menilmontant.noosblog.fr/mon_weblog/2008/02/la-nomination-d.html
sans rancune !
c'est toujours dispo à 2h du mat…
Fabien
http://menilmontant.noosblog.fr/
à marie 75
De re-belle
mère au foyer | 14H20 | 23/02/2008 |
RESISTANCE ! ! ! …
http://fr.youtube.com/watch ? v=vrA9zvqXW-I
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 11H22 | 22/02/2008 |
Le monde s'en fout d » Ockrent : il regarde MTV !
Now look at them yo-yo's, that's the way you do it
You play the guitar on that MTV
That ain't workin », that's the way you do it
Money for nothin » and your chicks for free
à Numerosix
De Brain Washin
11H55 | 22/02/2008 |
ça serait pas Dire Straits ! ! !
De mikolaj1971
11H32 | 22/02/2008 |
Voici ce qu'écrit le quotidien autrichien « der standard » le 21/02/2008.
Sarkozy baut seine Medienkontrolle aus
Freundin von Außenminister Kouchner wird Chefin des Auslandsrundfunks
Die Pariser Medien standen noch nie im Ruf übertriebener Unabhängigkeit von der Politik. Gewiss sind die Zeiten vorbei, als der Innenminister das Inhaltsverzeichnis der Abendnachrichten täglich auf seinem Bürotisch vorfand. Aber nach wie vor wählt weiterhin der Staatspräsident jene TV-Journalisten aus, die ihn persönlich interviewen dürfen.
Nun geht es aber nicht nur um die Ausgrenzung kritischer Journalisten, sondern um Freunderlwirtschaft an der Spitze des französischen Auslandsrundfunks. Dieser wird aus den öffentlich-rechtlichen Fernsehsendern TV5-Monde und France-24 sowie aus Radio France Internationale (RFI) gebildet. Diese drei Sender werden nun auf Betreiben von Präsident Nicolas Sarkozy zu einer gemeinsamen Holding namens France Monde zusammengelegt. Allein schon der Umstand, dass der Staatschef persönlich diesen Entscheid fällte, sorgte in Paris für einigen Unmut.
Am Mittwoch ging Sarkozy aber noch einen Schritt weiter und ernannte mit der Person von Christine Ockrent auch gleich die Generaldirektorin dieser ins Ausland ausgestrahlten Programme. Die bekannte 63-jährige Journalistin ist fachlich unbestritten. Sie kennt Sarkozy bestens : Neben Carla Bruni gehörte sie zu den wenigen Privatgästen, die zu Weihnachten zur groß inszenierten Ägypten-Reise des Präsidenten geladen waren. Aber vor allem ist Ockrent seit Jahrzehnten die Lebensgefährtin von Bernard Kouchner, dem Außenminister Frankreichs.
Dies führt nun selbst in Paris zu einem Aufschrei der Empörung. Die Mediengewerkschaft SDJ protestierte am Donnerstag, Interessenkonflikte seien damit programmiert. Eine Vertreterin erklärte, der französische Auslandsrundfunk werde unter Ockrent „his master's voice« , also die Stimme des Meisters : „Das wäre, wie wenn der Freund von Condoleezza Rice Voice of America leiten würde.“ Sarkozy baut damit seine Medienkontrolle weiter aus und greift immer direkter in die medialen Abläufe ein.
Dabei bemühte sich der relativ junge Sender France-24 – der CNN zum Vorbild hat und neben französischen auch englische Programme sendet – seit seiner Schaffung durch Ex-Präsident Jacques Chirac um eine objektive Berichterstattung. RFI informierte in den vergangenen Jahren über zahlreiche Verwicklungen der französischen Außenpolitik in seinen westafrikanischen Ex-Kolonien. So auch im Tschad, wo die französische Diplomatie unter Kouchner kräftig mitmischt. Ob RFI unter Ockrent weiterhin Licht in dieses wenig transparente Vorgehen bringt, ist zumindest fraglich. (Stefan Brändle aus Paris/DER STANDARD, Printausgabe, 22.2.2008)
à mikolaj1971
De marie 75
11H44 | 22/02/2008 |
le matin (suisse) :
Christine Ockrent : « Que voulez-vous ? Que je divorce ? »
Epouse du ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, Christine Ockrent affirme avoir toujours mené sa vie professionnelle de manière indépendante.
La journaliste juge injuste et humiliant d'être ramenée au seul statut de « femme de »
Gaëlle Cajeux - 21/02/2008
Le Matin
Peut-on continuer à exercer son activité journalistique en toute indépendance lorsqu'on est marié avec un membre du gouvernement ? Le débat est relancé en France, suite à l'annonce, mercredi, de la nomination de la journaliste Christine Ockrent au poste de directrice générale de France Monde.
Les syndicats de la nouvelle holding - qui regroupe TV5 Monde, France 24 et Radio France internationale - contestent vivement ce choix, avançant que l'arrivée de l'épouse du ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, « à un poste de cette nature porterait gravement atteinte à la crédibilité du groupe ». « Quelle indépendance et quelle image pour France Monde ? » ajoutent-ils, en rappelant que Bernard Kouchner est le ministre de tutelle de la radio RFI. Des inquiétudes et des critiques largement reprises par les médias tricolores.
Habituée à ce genre d'attaques, Christine Ockrent, qui a toujours refusé d'« abdiquer », affirmant mener sa « vie professionnelle de manière indépendante », répondait hier dans Libération : « Ce projet m'excite, alors, que voulez-vous ? Que je divorce ? » Et ajoutait au micro de RTL : « Pour les femmes de ma génération, le fait d'être périodiquement ramenée à ce statut de “femme de”, en niant son identité, ses compétences, son parcours professionnel, franchement je trouve ça injuste et humiliant, et moi, j'attends le moment où on parlera de “l'homme de” et où on lui demandera de sacrifier son identité, ses compétences, son parcours, pour faire des bouquets de fleurs. »
Président du Conseil suisse de la presse, Dominique von Burg soutient la journaliste. « Mme Ockrent semble tout à fait capable d'endosser cette fonction. Cette histoire me gêne, car elle pose la question du statut de la femme. Est-ce qu'on aurait fait une telle polémique si son mari avait été journaliste et elle ministre ? » Pour lui, il est clair que l'on recherche plus « les incompatibilités » chez les femmes. « Or, dans un cas pareil, c'est à la personne elle-même de déterminer si elle est libre ou non dans son travail. » Daniel Cornu, spécialiste de l'éthique de l'information et médiateur des publications Edipresse Suisse, explique que, selon le « Livre de style » du Monde, il y a conflit d'intérêts lorsque l'activité professionnelle touche quelqu'un de proche qui a une fonction d'autorité. « Or, dans ce cas, elle n'est pas journaliste, mais directrice générale. La limite est fine, mais cela posera moins de problèmes que si elle était présentatrice du journal, par exemple. » Pour sa défense, Christine Ockrent précise d'ailleurs que son rôle au sein de France Monde ne sera pas d'animer les séances de rédaction, mais de « veiller aux contenus, d'essayer de les enrichir, d'améliorer l'offre » en apportant son expérience.
Dans ce sens, Daniel Cornu tient encore à souligner : « Mme Ockrent est reconnue comme une grande professionnelle. Elle est assez intelligente pour prendre ses distances dans les situations qui pourraient s'avérer problématiques, conflictuelles. Cela étant, il aurait sans doute été préférable que le choix se porte sur quelqu'un d'autre… »
Justement, pour les voix contestataires, sa nomination relève du copinage, du piston. « Cette critique me paraît ridicule, rétorque Dominique von Burg. S'il s'agissait d'une journaliste de troisième zone, on pourrait se poser la question du piston. Mais, là, elle a tout à fait les compétences pour le poste. »
Que pense l'intéressée de cette attaque ? « Ça ne me fait pas rigoler, confiait-elle sur RTL. Mon nom est Christine Ockrent. Ça fait trente-cinq ans que je fais ce métier, j'ai passé dix ans dans les chaînes américaines, j'ai été la première femme à faire le 20 heures, la deuxième à diriger L'Express. Alors, quand on me dit : “C'est la femme du ministre des Affaires étrangères”, je me retourne et j'ai envie de dire : “Bonjour, madame.” Comme elle le confiait hier sur la TSR, la compagne de Bernard Kouchner juge donc ce procès “déplacé” par rapport à son parcours et vis-à-vis des journalistes avec lesquels elle va travailler.
A 64 ans, la reine Christine, qui va quitter France 3 et son émission “Duel sur la 3”, se sent déjà chez elle à France Monde. “Je crois qu'il y a de quoi faire du bon boulot.”
Celles qui ont dû s'éclipser
Les polémiques qui ont atteint les femmes journalistes françaises mariées ou en couple avec des hommes politiques ne sont pas nouvelles. La preuve par trois.
Anne Sinclair : En 1997, elle a cessé de présenter son magazine politique “Sept sur sept” sur TF1, car son époux, Dominique Strauss-Kahn (socialiste), avait été nommé ministre dans le gouvernement de Lionel Jospin. Dix ans plus tard, elle a également arrêté son émission hebdomadaire “Libre cours” sur France Inter à la suite de la nomination de son mari à la présidence du Fonds monétaire international (FMI) en septembre 2007.
Béatrice Schoenberg : Epouse du ministre Jean-Louis Borloo, elle a cessé de présenter le 20 heures de France 2 depuis février 2007, en pleine campagne présidentielle.
Marie Drucker : Le 13 décembre 2006, la petite amie de François Baroin, ministre de l'Outre-mer du gouvernement de Dominique de Villepin, a annoncé son retrait de l'antenne, dès février 2007, dans la perspective de la campagne électorale présidentielle. Elle présentait “Soir 3” sur France 3. Elle a repris l'antenne fin août 2007.
“Polémique légitime”
“Christine Ockrent est une grande professionnelle. Mais, même si elle entend être objective, elle sera toujours suspecte. Son ministre de mari est censé faire la politique française dans le monde, et sa rédaction devra rendre compte. On se réjouit du prochain reportage critique sur la politique africaine de la France ! La polémique est donc légitime.
En France, on est allé vraiment très loin dans la collusion entre politique et médias. Et Sarkozy est passé maître en la matière”
Romaine Jean, journaliste et productrice d'“Infrarouge”
“Une grande dame”
“Je la connais depuis très longtemps. C'est une grande journaliste et une grande dame. Il n'y a aucun doute sur ses compétences pour assumer ce genre de postes, mais je ne peux pas me prononcer sur sa nomination. Pour moi, la question la plus importante dans cette histoire est celle du sort de TV5 Monde. Cette chaîne est un bijou, la vraie concrétisation d'une francophonie intelligente. Et je crains qu'elle ne se dilue dans ce grand ensemble que sera France Monde.”
Xavier Colin, journaliste à la TSR
“Femme de : un problème”
“Etre la première femme à présenter le JT français, c'est une référence. Christine Ockrent est une excellente professionnelle. Mais, par ailleurs, je pense qu'à France Monde, dans certains cas, pour certains sujets, sa position de ‘femme de ministre’ posera problème.”
Esther Mamarbachi, présentatrice du “19 : 30” sur la TSR
à marie 75
De compte supprimé 22
sans importance | 12H00 | 22/02/2008 |
»« Christine Ockrent précise d'ailleurs que son rôle au sein de France Monde ne sera pas d'animer les séances de rédaction, mais de “veiller aux contenus, d'essayer de les enrichir, d'améliorer l'offre” en apportant son expérience. » »
Mais c'est bien là que tu vas pouvoir agir, ma Cricri ! Certains chouinent que le danger aurait été que tu soies présentatrice : n'importnavak, une présentatrice n'étant qu'une potiche lisant des textes écrits par d'autres !
Bon, Pierre-Guy Raoul Patacaisse ; -) a raison : que ton faiseur de bouquets démissionne, ça nous fera des vacances (sauf au PS : chiche qu'il y reviendrait). Mais ça ne trompera personne : tu continueras à réciter les mantras sarkoziens.
à mikolaj1971
De TARPON
12H42 | 22/02/2008 |
Qu'est ce qu'ils ont les autrichiens contre les Belges ?
à mikolaj1971
De elle-vessia
artiste visuelle | 13H52 | 22/02/2008 |
Merci pour la traduction !
à mikolaj1971
De Art-35_Constitution-1793
Pour une Republique Bonsensiste!! | 16H03 | 22/02/2008 |
Die Stimme des Meisters : (souvenez vous le petit chien a coté du gramophone)
Un bon diagnostique qui n'est pas étonnant, les autrichiens ont plus de mémoire et d'expérience que nous, chez nous ça n'a duré que 5 ans et tout le monde politique semble avoir oublié : Maréchal nous Voila !
à mikolaj1971
De SB68
16H38 | 22/02/2008 |
Traduction SVP, y'a des non germanophones dans le lectorat (dont moi ! )
à mikolaj1971
De Dan51
16H40 | 22/02/2008 |
Excellent. Le journal autrichien relève également les vacances communes du couple Ockrent/Kouchner avec Sarkozy et Bruni à Noël en Egypte.
Les journaux allemands sont assez critiques… et ne sont pas dupes eux non plus…
à Dan51
De TARPON
17H11 | 22/02/2008 |
c'est le covoiturage
à mikolaj1971
De graindsel
18H34 | 22/02/2008 |
OK ! c'est bien connu, en France tout le monde parle « autrichien » Merci.