
C'est un policier formateur qui sonne l'alarme : depuis des mois, le ministère de l'Intérieur rogne sur les formations au Taser X 26. Les utilisateurs du « pistolet à impulsions électriques » sont censés apprendre à le manier en deux jours, là où son constructeur en préconise plutôt quatre. La raison ? Le coût de la formation et la nécessité d'équiper au plus vite les policiers. Promesse de Sarkozy !
5000 pistolets à impulsions électriques bientôt en service
Il a frappé à la porte de Rue89 « parce que la hiérarchie n'écoute pas vraiment les remontées d'information ». Formateur spécialisé au tir, ce policier nous a longuement expliqué pourquoi, à son avis, « un quart à un tiers des fonctionnaires n'ont pas une formation assez longue » pour utiliser correctement cette arme de quatrième catégorie. Or, il y a urgence : le ministère de l'Intérieur a commandé 5000 pistolets Taser X 26, 1100 ont déjà été livrés à la police, 600 à la gendarmerie. L'objectif est d'en avoir un par véhicule.
Petit retour en arrière : en septembre 2005, Nicolas Sarkozy assiste à une démonstration du Taser. Deux dards reliés par un fil électrique développent un arc de 50000 volts qui, aux dires de tout ceux qui l'ont essayé, provoque une « douleur atroce ». En agissant sur le système nerveux, il tétanise les victimes. Séduit par cette arme « à létalité réduite » (un point discuté par Amnesty International), le ministre de l'Intérieur lance un plan d'équipement rapide des forces de l'ordre. Nicolas Sarkozy veut aller vite. En tout, 5000 Taser doivent être mis en service chez les policiers et les gendarmes.
« Une discussion rude avec le ministère de l'Intérieur »
Antoine Di Zazzo, le directeur général de Taser France, ne cache pas son embarras :
« La discussion a été rude avec le ministère de l'Intérieur, ça a été une grande bagarre, car il y a un minimum de choses à savoir avec ces outils de troisième génération. La formation est un point clef. »
Un discours qui colle parfaitement à l'argumentaire commercial de la société. Taser, dit-elle, c'est :
« L'arme anti-bavure par excellence. »
A condition de respecter les préconisations d'emploi du fabricant. D'après Di Zazzo, il faut au moins quatre jours pour bien connaître le « produit » et ses effets. La formation consiste notamment à faire essayer le pistolet sur les stagiaires eux-mêmes… « A ceux qui ne veulent pas, on recommande de ne pas l'utiliser. »
Taser recommande une formation en quatre jours…
Quel que soit le pays et les forces de l'ordre, Taser préconise une formation en quatre jours avec briefing technique et questionnaire à choix multiple, pour la partie théorique. Puis, pour la partie pratique, au moins trois tirs : un tir statique sur cible, un autre sur cible mouvante (avec une cartouche inerte) et un dernier tir de simulation sous « stress intense », filmé pour bien analyser les réactions du stagiaire. Antoine Di Zazzo est clair :
« Le minimum, c'est trois tirs, mais au cas où le stagiaire en rate un, nous recommandons d'en faire d'autres, jusqu'à huit tirs. S'il n'y arrive toujours pas, alors il ne faut pas l'autoriser à utiliser le pistolet. »
Le ministère de l'Intérieur confirme, par la voix du commissaire divisionnaire Christophe Fichot, chef du bureau Etudes de la direction générale de la Police nationale, que la formation au Taser dure deux jours pour « les simples usagers ». D'après notre formateur, sur ces deux jours, la moitié du temps est passée à apprendre l'aspect réglementaire de l'arme. Autrement dit, comment rédiger un procès-verbal dans les formes… Car le Taser est limité au strict cadre de la légitime défense. La fiche d'emploi (voir document) prévient d'ailleurs les policiers :
« Tout usage abusif, c'est à dire non strictement nécessaire et/ou disproportionné, expose l'utilisateur à des poursuites pénales et des sanctions administratives. »
« Mais, le plus important, ajoute le commissaire Fichot, c'est de contrôler les effets du tir, comme la chute de l'individu. Ce n'est pas la question du nombre de cartouches utilisées. » Et de jurer que le coût de la formation n'a jamais conditionné son contenu.
Entre 27 et 37 euros la cartouche
Pourtant, le prix des cartouches de Taser n'est pas tout à fait anodin. Trois modèles différents sont facturés : 27 euros pièce pour la cartouche d'entraînement, 32 euros pour la cartouche « opérationnelle » et 37 euros pour la « longue distance ». Le directeur général de Taser France précise que le ministère de l'Intérieur a acquis 12000 cartouches de simulation, soit une moyenne de cinq cartouches par pistolet.
Dans sa phase expérimentale (de janvier 2004 à fin 2006), le Taser a fait l'objet d'une évaluation de la place Beauvau. Une centaine de cas d'utilisations diverses ont été décortiqués, grâce à la caméra intégrée dans la poignée de l'appareil. En dehors du cas de Virginie Barruel, une étudiante abusivement « tasée » à Lyon en 2005, le ministère de l'Intérieur ne reconnaît aucun dérapage.
Les chiffres de la société sont même beaucoup plus « performants » : dans 92% des usages, la visée laser a suffi à calmer l'individu agité, dans 6% le crépitage (le « clac-clac » annonçant le tir) a été dissuasif et dans 2% des cas il a fallu que les fonctionnaires tirent les dards.
Si personne ne doute de l'efficacité de cette arme, son usage laisse perplexe le spécialiste du tir qui forme ses collègues en deux jours :
« Cela revient à donner une voiture de sport à quelqu'un en lui disant : “Vous n'utilisez que la première et la deuxième vitesse, pas les autres'.”
Un avertissement sans frais, en attendant la bavure… Et Antoine Di Zazzo d'enfoncer le clou lorsqu'il évoque le cas de la gendarmerie :
« Avec eux, pas de souci, ce sont des militaires, ils ont mis les moyens et leurs moniteurs ne dévient pas d'un mot par rapport à nos préconisations. »

























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De Colonel Fabien
www.get_anxious.com | 00H54 | 19/02/2008 |
Une arme efficace et sans danger… Belle utopie.
Si c'est une arme, c'est qu'elle est dangereuse.
Et c'est certainement l'objet des deux jours de formations que manquent aux forces de l'ordre.
Ayant quelques connaissances dans le milieu policier, je sais par exemple que le tonfa nécessite une formation spéciale sous forme de stage et qui est sanctionné par un brevet d'aptitude.
Ce brevet ne dédouane en aucun cas son possesseur d'être responsable de ses actes et notamment de l'utilisation de cette nouvelle arme à sa disposition.
Des armes comme le flash-ball ou le taser devraient aussi nécessiter un formation spécifique (et non automatique) sanctionnée par un brevet d'aptitude (qui confirmerait les connaissances techniques, les compétences pratiques et la faculté de discernement des titulaires) et surtout, la dotation de telles armes ne saurait se faire sans la responsabilisation de ceux qui en auraient l'usage.
De même que les munitions « en caoutchouc », on ne devrait y avoir recours qu'en cas d'ultime recours (je rappelle que « Ultima Ratio » est la devise gravée sur chaque arme du RAID). Tout abus devrait être sévèrement punis.
Or, comme on a pu le constater depuis que ces armes sont en circulation, les conditions de leur utilisation laissent sérieusement à désirer.
Si vous cherchez flashball sur un moteur de recherche, vous verrez quantité de témoignages vidéos des « exploits » de nos forces de l'ordre…
Pour résumer, ce n'est pas l'arme en elle-même qui est en cause (elle diminue considérablement les risques mortels par rapport aux armes à feu classiques, c'est un fait) mais bien les conditions de son utilisation.
De Servais-Jean 4591
Retraité | 01H32 | 19/02/2008 |
Le taser étant une arme de quatrième catégorie, son utilisation doit être soumise aux mêmes règles que les armes classées.
Chaque usage doit faire l'objet d'un rapport circonstancié et devrait être soumis à l'approbation de la Justice.
En aucun cas cette arme classée ne doit être confiée à une autre personne qu'un gendarme ou un policier nationnal. Et surtout pas les municipaux !
Si un formateut est venu dire son désarroi à rue89 c'est bien qu'il a peur de ce qui risque d'arriver et que personne dans sa hiérarchie ne l'écoute.
Il est vrai qu » aussi bien Sarkozy qu'Alliot-Marie n'écoutent pas grand monde ! Mais c'est une autre histoire.
De alexandre-villeneuve
www.referencement-blog.net | 02H15 | 19/02/2008 |
Bonjour à tous,
Evidemment, le Taser est moins dangereux qu'une arme à feu.
Mais le problème c'est qu'autant un policier a peu de chance de tirer un jour avec son arme, autant il semble pouvoir sortir son Taser quand bon lui semble.
Bon exemple sur cette vidéo hallucinante*, où elle est utilisé sur un étudiant loin d'être agressif, lors d'une conférence de John Kerry :
http://fr.youtube.com/watch ? v=6bVa6jn4rpE&eurl=http://www.ziki.com/fr/re…
* Hallucinante aussi par la non-réaction des étudiants. En France, je n'aurai pas donné cher de la peau de ces cow-boys.
De CAROLINE75
avocat | 09H44 | 20/02/2008 |
En lisant tous ces commentaires, je vois que la désinformation de mini groupuscules fonctionne mieux que le bon sens.
13 000 vies sauvées et plus aucune blessures sérieuse d'un côté comme de l'autre.. Mai certains tirent profit de bavures de la police. Alors bien sur les armes anti bavures tel que le TASER ça fait désordre dans leurs arguments.. Que devient Besancenot depuis qu'il essaie d'échapper à la justice après ses propos sur le TASER on ne l'entends pas beaucoup…