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A cause de l'Irak, l'armée US offre des bonus pour recruter

L'armée américaine a tellement de mal à recruter de nouveaux soldats qu'elle est sur le point d'offrir des incitations à couper le souffle aux jeunes bacheliers qui s'engageraient : un bonus de 40000 dollars (28000 euros) utilisable pour l'achat d'une maison ou pour démarrer une entreprise à la fin de leur contrat.

Cette mesure fait suite à une baisse constante des critères de recrutement rendus nécessaires par la difficulté croissante à trouver des candidats : l'armée a accepté plus de jeunes n'ayant pas fini leur scolarité, plus de repris de justice, plus de personnes obtenant de mauvais résultats aux tests d'aptitude.

La nouvelle incitation n'en est pas moins dérangeante pour trois raisons :

La durée

A un moment où l'armée tente d'accroître ses effectifs sur le long terme (le Secrétaire à la défense Robert Gates a autorisé le recrutement de 65000 hommes de plus au cours des prochaines années), ce bonus va attirer, ou du moins générer, des recrues à court terme. Vu que l'argent leur est effectivement donné à la fin de leur contrat, ils n'auront aucune incitation à se réengager, et encore moins de faire carrière dans l'armée.

Bonus contradictoires

Ce bonus pourrait militer contre une autre série d'incitations qui avaient été adoptées pour tenter de conserver dans l'armée des sous-officiers qui quittent en masse. L'armée a récemment offert une prime de 30000 dollars aux capitaines qui se réengageaient. Ils avaient apprécié, mais ils pourraient être déçus de constater que l'armée donne encore plus à de simples soldats.

Regardez ce que le blogueur » Kip » (un capitaine ayant servi en Irak et en Afghanistan) écrit sur le site Abu Maqawama :

 » Et un doigt dans le cul pour tous les capitaines »

 » Vous avez lu cette nouvelle ? Vous, capitaine de l'armée américaine. Vous vous demandez ce que vous valez aux yeux de l'armée ? Et bien, moins qu'un simple soldat. Comment vous vous sentez avec vos 30000 dollars maintenant ? (…) »

Allons nous assister à une course au bonus entre les différents échelons de l'armée, ou au départ de gens comme » Kip » ?

Les dangers de la monétisation

Il y a, de plus, un danger supplémentaire à monétiser de la sorte l'engagement dans l'armée. Bien sûr, une force composée de volontaires doit être bien payée, surtout quand cela implique autre chose que » apprendre un métier » ou » tout ce que vous pouvez espérer » (comme le disait un slogan de recrutement avant le 11 Septembre…), mais aussi se battre et même mourir à la guerre. Tous les bons sous officiers que j'ai rencontrés sont mal à l'aise lorsque la conversation vient sur ce terrain : ils répondent, à mon avis sincèrement, qu'ils ne sont pas dans l'armée pour l'argent. Ils apprécient de bonnes compensations, mais ils resteraient dans le civil s'ils voulaient gagner plus. Augmenter les bonus va attirer à l'armée ceux dont la motivation première est l'argent, et qui n'ont pas la capacité d'en gagner autant dans la vie civile.

La vérité est que l'armée est dans un sale état, et le restera tant que les Etats-Unis n'auront pas retiré les troupes d'Irak.

En novembre dernier, le Secrétaire à la défense Gates s'est rendu à Fort Hood, dans le Texas, pour rencontrer des soldats et leurs familles et parler avec eux de l'avenir de l'Irak. La nuit précédente, dans un discours devant la Chambre de commerce, il avait confié :

 » Les gens qui encouragent les jeunes à rejoindre les rangs de l'armée sont moins positifs qu'avant. Y compris les pères qui étaient jusqu'ici la base du recrutement. Jusqu'à ce que nous atteignons une situation où rejoindre l'armée ne signifiera pas automatiquement aler en Irak, nous aurons un problème. »

Voilà pourquoi Gates et d'autres responsables militaires voudraient continuer à retirer des troupes d'Irak après le mois de juillet, lorsque les cinq brigades qui avaient été envoyés en renfort ( » the Surge » ) sont censées partir. Ils craignent qu'à moins que les troupes continuent à partir, lentement, graduellement, l'armée ne soit mal en point car de plus en plus d'hommes partiront et il y aura moins de candidats pour les remplacer.

Mais voilà le problème. Une semaine plus tard, Gates se rendait en Irak, où les commandants américains lui disaient qu'ils pouvaient effectivement retirer cinq brigades de plus d'ici à la fin de 2008, laissant dix brigades sur place. S'ils en recoivent l'ordre, ils peuvent le faire. Mais, ont-ils aussitôt ajouté :

 » Ne nous demandez pas de sécuriser la population irakienne avec une force si petite, et l'armée irakienne n'est pas encore capable de prendre notre place. »

Résultat : au début du mois, Gates a annoncé une » pause » dans la réduction des effectifs en Irak après le mois de juillet. Ce qui signfie, même s'il ne l'a pas dit, que les problèmes de recrutement de l'armée vont se poursuivre, avec le désespoir des pères.

C'est assurément une des raisons de ce bonus de 40000 dollars. Il reste à savoir quel scénario causera le plus problèmes : un afflux de candidats qui n'étaient pas précédemment intéressés par l'armée, ou pas assez de candidats malgré l'incitation financière ?

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2 commentaires sélectionnés

Portrait de riverain désinscrit

De alan.smithee

14H38 | 19/02/2008 | Permalien

« Les guerres, ce sont des gens qui ne se connaissent pas et qui s'entretuent parce que d'autres gens qui se connaissent très bien ne parviennent pas à se mettre d'accord »
Paul Valéry (écrivain 1871-1945)

Portrait de Perplex

De Perplex

15H41 | 20/02/2008 | Permalien

Le coût total des guerres en Irak et en Afghanistan pourrait atteindre 2 400 milliards de dollars d'ici 2017, selon un rapport officiel du Bureau du budget du Congrès américain (CBO) publié mercredi 24 octobre. Selon ce rapport, les dépenses pour les guerres pourraient atteindre 1 700 milliards de dollars, auxquels il faudrait ajouter 705 milliards pour payer les intérêts d'emprunts, que le gouvernement américain devrait encore contracter d'ici à 2017.C'est la première fois que le CBO prend en compte les intérêts des emprunts relatifs aux dépenses engagées pour la guerre.

On oublie systématiquement, lorsqu'on parle de ces coûts, de signaler qu'il s'agit ni plus ni moins d'un transfert de fonds, des poches des contribuables américains vers les poches des propriétaires des industries sollicitées, fabricants d'armes, pétrolières, fournisseurs de services, etc.
Ces compagnies appartiennent à ceux qui soutiennent, inspirent et dirigent les Néo-conservateurs, tant aux Etats-Unis que dans le monde.

Comme le disait Eisenhower, les milliards de dollars du budget de la défense américain sont le résultat d'un « détournement » des autres budgets « sociaux »… Les millions d'américains vivant en dessous du seuil de pauvreté le doivent à la priorité donnée depuis des décennies au lobby militaro-industriel. Les tensions et dangers du monde actuel en sont aussi la résultante : car la moitié de ce budget, s'il était consacré au développement des économies arriérées, contribuerait largement à déminer de nombreux conflits régionaux. Des dizaines de millions d'humains, dans de très nombreux pays, verraient avec reconnaissance les Usa si, au lieu de donner la priorité à la vente d'armes, à l'installation de bases militaires, et au pillage de matières premières, ils organisaient le développement et la coopération.

Dépenses militaires en hausse, budgets sociaux et aide au développement en berne ; nous voici revenus au niveau des dépenses de « la guerre froide ». plus de 956 milliards de $ sont consacrés aux dépenses militaires dans le monde, soit 152 $ pour chaque habitant de la planète. C'est 10 fois plus que les sommes que les pays riches accordent à l'aide au développement des pays pauvres. La France qui arrive en 3 ème position parmi les pays les plus dépensiers en matière d'armement, prévoit de consacrer 22% de son budget national aux crédits militaires, en hausse de 4,3% sur l'an dernier. La part pour la modernisation de l'armement nucléaire est également en augmentation. Faut-il sacrifier les budgets de l'éducation, de la culture, de la recherche, du logement, … pour construire un second porte avions, un 5 ème sous-marin, un nouveau missile nucléaire ? Pour parer à quelles menaces ? Pour faire face à quel ennemi ? Il faut en finir avec ce vieil adage éculé qui continue d'affirmer « si tu veux la paix prépare la guerre » ; avec les résultats calamiteux que l'on connaît.

L'Europe a bien des difficultés, depuis dix ans à donner un contenu social a son union : les projets de « charte » sociale restent vagues, ou bien sont rejetés en » annexe » aux traités, les directives sont essentiellement consacrées à démanteler le droit du travail au lieu de le rendre constitutif du droit de la concurrence. Que signifierait, dans ce cadre, de rendre l'Europe de la défense plus « essentielle » que l'Europe sociale ? Imiter les Usa, et détourner les budgets sociaux déjà insuffisants ? Donner à notre tour, au monde pauvre, l'image du choix de la force et de la guerre en priorité par rapport au développement ?

J'avoue être très inquiet des projets de notre gouvernement en matière de sécurité et de défense et des récents propos de M. Kouchner, appelant à se « préparer au pire », à une « guerre » contre l'Iran, propos doublés d'une véritable croisade pour faire adopter des sanctions contre l'Iran, « séparées des sanctions aux Nations unies ».
Cette attitude rompt avec la stratégie engagée jusqu'alors avec nos partenaires européens, qui différait de celle de George Bush, partisan de la manière forte avec l'Iran. Ce brusque alignement de la diplomatie française est d'autant plus stupéfiant que dans son rapport récent, l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) estime avoir franchi « un pas en avant significatif » concernant les inspections et la transparence des programmes nucléaires iraniens. Passer outre l'Onu et mettre en cause les efforts de l'AIEA, fragilisent les négociations en cours et le système de sécurité international.

La prolifération nucléaire menace la survie de l'humanité. Seul un processus global de désarmement nucléaire peut répondre à ces risques de prolifération. C'est à cet effort urgent que la France doit se consacrer. Menacer d'une guerre sous prétexte de manquements au Traité de non-prolifération, quand la France contrevient elle-même à ce Traité en poursuivant de nouveaux programmes nucléaires militaires, est un crime contre la raison, la justice et la paix.
Dans le même temps, notre gouvernement appel à une intégration plus poussée de la France et de l'Europe dans l'Otan, à augmenter les ventes d'armes et à accroître les dépenses militaires des pays de l'Union européenne. Ces politiques vont accentuer la militarisation des relations internationales, relancer une nouvelle course aux armements et nous entraînent vers les pires confrontations.

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