
Alors que la Commission européenne souligne les progrès de la qualité de l’emploi des femmes, l’organisation European Professional Women Network, pointe quant à elle le manque de visibilité des femmes dans les conseils d’administration. Aussi bien dans le monde de l’entreprise que dans la sphère politique, les inégalités subsistent.
Si les femmes continuent de tenir un rôle primordial dans la croissance européenne, les inégalités par rapport aux hommes subsistent. Paradoxalement, malgré un niveau d’études plus élevé, les femmes touchent un salaire inférieur de 15% à celui des hommes.
Autre ombre au tableau: leur accès aux postes de décision. Seul 33% des dirigeants d’entreprise sont des femmes. Pire, seul 3% des conseils d’administration des plus grandes sociétés sont présidées par des femmes.
La question de la maternité reste l’un des freins à la progression de carrière. La preuve par le taux d'emploi des mères de jeunes enfants, qui n'est que de 62,4 %, contre 91,4 % pour les pères.
Pour l’économiste Hélène Périvier, auteure du livre "Le Deuxième âge de l’émancipation", la différence de salaires entre les hommes et les femmes, s’explique dans la majorité des cas par un écart du temps de travail: les femmes travaillent moins que les hommes. Le choix de filières moins rémunératrices expliquerait aussi cette inégalité:
La maternité pèse sur l’emploi des femmes et stimule celui des hommes
A HEC, le programme "Women in leadership" est dédiée à l’insertion des femmes dans l’entreprise. Son objectif: atteindre 40% de femmes au sein du programme d’ici trois ans. A travers des conférences, des tables rondes, Valérie Gauthier, créatrice de la filière, pose la problématique des femmes au niveau exécutif:
"La part des femmes dans ce groupe de travail est passée de 16 à 29%. La moyenne d’âge du MBA étant de 29 ans, la question de la maternité pose problème. Nous travaillons sur cette problématique pour leur faciliter l’accès aux postes de responsabilité."
La maternité représente en effet l’un des freins majeurs à l’accès aux postes de décision. Pour Hélène Périvier, sur les quarante dernières années, les femmes sont rentrées dans le salariat, alors que les hommes ne se sont pas davantage intégrés dans le milieu familial:
"D’une manière schématique, les femmes internalisent les contraintes familiales et s’interdisent l’accès aux postes de responsabilité, alors que les hommes s’investissent davantage dans la sphère professionnelle, pour subvenir aux besoins de sa famille."
Dans l’Europe à la traîne, la Norvège est une élève modèle
Sur les 300 entreprises européennes, seules trois sont dirigées par des femmes. Un chiffre inférieur à celui de nos voisins d'outre-atlantique, puisque 13 des 500 plus grandes entreprises américaines ont une femme à leur tête.
Pourtant, depuis l’année 2000, 12 millions d'emplois nouveaux ont été crées dans l’union européenne et les femmes ont su saisir le créneau: elles occupent 7,5 millions d’entre eux. Ce qui leur permet désormais d’atteindre un taux d’emploi équivalent à 57,2%.
Le fossé s’est installé entre les pays du nord et ceux du sud de l’Europe. Selon l’étude EPWN, les pays scandinaves font figure de bons élèves en Europe. En Norvège, un conseil d’administration est composé à 28,8% de femmes, contre seulement 4% pour l’Espagne, et à peine 2% pour l’Italie. Le succès des pays scandinaves vient d’une législation et d’une politique concrète en faveur de la parité homme-femme. La Norvège a adopté en 2004 une loi, qui prévoit la dissolution des sociétés qui ne parviendraient pas à atteindre l’objectif fixé de 40% de femmes dans les conseils d’administration, avant le 1er janvier 2008. Une première mondiale. Et une avancée, selon Marie Claude Peyrache, vice-présidente du réseau EPWN:
"Les pays qui mettent en place des quotas font des bonds qualitatifs et quantitatifs en ce qui concerne la place des femmes dans l’entreprise. A partir du moment où l’on franchit le seuil de 30% de femmes lors des conseils d’administration, on devient opérationnel."
La politique, un monde masculin
Si la loi sur la parité du 6 juin 2000 a permis une augmentation du nombre d'élues dans les assemblées, la politique reste un milieu où les hommes sont majoritaires. A l’exemple de la capitale, qui compte seulement trois femmes maires sur les vingt arrondissements. Ce que déplore Françoise de Panafieu, candidate UMP à la mairie de Paris:
"La politique a été pensée par les hommes et pour les hommes. On ne pourra avancer que grâce à une loi. En tant que femme politique, on se sent toujours obligée de faire nos preuves dans tous les domaines, bien plus que les hommes. Il est temps d’obtenir une égalité de traitement. Il ne s’agit pas de féminiser la société à outrance mais de trouver un équilibre juste."
L’inégalité homme-femme se retrouve aussi sur la Toile: selon une étude de l’EPWN, sur 100 personnes, tous les hommes sont "googlelisés", contre seulement 28% des femmes. La croissance actuelle du nombre de femmes dans les conseils d’administration laisse calculer que la parité ne s’obtiendra qu’en 2065.
► "Le Deuxième âge de l’émancipation" de Dominique Méda et Hélène Périvier - éd. Seuil, coll. La République des idées, 2007 - 110p., 10,50€.

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Formidable ce dessin de Serge Bloch!
@Guillemette,
Je suis d'accord. Le dessin est très bien (je ne savais pas de qui, merci). Mais le reste, je n'ai pas appris grand-chose, sinon qu'on m'avait 'menti' de tois ans en me disant "dans cinquante ans"…
Existe-t-il une science exacte ?
Fabien
http://menilmontant.noosblog.fr/
La parité en 2065 ? Au niveau professionnel peut-être. Les inégalités professionnelles sont visibles car quantifiables et donc on en parle encore. On peut alors plus facilement en prendre conscience et lutter contre.
Par contre, quand je regarde ailleurs, l'inégalité subsiste bien, d'autant plus invisible que les femmes y participent, voire y consentent.
Il n'y a pas pire inégalité que celle qu'on ne voit même pas.
L' espoir fait vivre, mais en 2065, j' admirerai cette parité de l' au-delà !!!! Déception quant à la concrétisation de cette belle utopie. Excellent le dessin ainsi que l article.
Ce n'est pas si sur. la progression sociale, n'a rien de mathématique, il faut compter sur le retour des vieilles valeurs religieuses, des vieilles valeurs machistes.
Je ne suis pas sur que ma petite fille ait droit au chapitre égalitaire. Dommage.
Pouvez vous approfondir la notion de "chapitre égalitaire", svp?
droit au chapitre de la parité.
Avec les assauts des cathos sur le droit à l'avortement au sein de l'europe (voire par exemple en Italie http://www.lemonde.fr/europe/article/2008/02/13/italie-silvio-berlusconi... ) et le retour des valeurs décomplexé anti-laïc ou autre de la droite avec en arrière pensée le retour des femmes au foyer, je trouve que la parité en 2065 c'est vraiment optimiste.
Il y a aussi le monde syndicale et associatif. En 1998, lors de la première édition des rencontres intersyndicales femmes devenues annuelles, une militante s'exprimait en des termes. Le choix de s'investir dans le militantisme, qu'il soit syndical ou associatif, est le même pour les hommes et les femmes, ce sont les contraintes qui ne sont pas les mêmes. Les femmes veulent s'investir, avoir du pouvoir, des responsabilités, elles ont aussi envie de faire autrement, différemment du modèle qui leur est imposé depuis des années et des années, ce fonctionnement monolithique avec une seule parole d'homme qui n'entend pas celle des femmes. Cette manière de militer autrement, de prendre des responsabilités autrement, c'est quelque chose qui n'est pas entendu, que ce soit dans les structures, associations syndicales ou politiques. Les femmes travaillent différemment, elles vivent leurs conditions de vie au travail"complètement différemment" et pas forcément spécifiquement. Lorsqu'on aura entendu ce " différent", cet autrement, en découleront des modes de fonctionnement qui seront autres.
Lors de l'édition 2004 de femmes en résistance, Nathalie Guillemain, déléguée CGT, membre du collectif CGT femme mixité, constatait pour sa part, que le mouvement syndical a été créé par des hommes pour des hommes, c'est pourquoi il est très difficile pour une femme d'obtenir que l'organisation syndicale s'occupe des questions d'égalité. Elle a participé aux négociations de la loi de 2001 sur l'égalité professionnelle qui, dans les faits, n'est toujours pas appliquée en France. Aujourd'hui, 47% des salariés sont des femmes dont 85% travaillent dans de petites entreprises sans syndicat. Elles subissent le temps partiel, le travail précaire et la surexploitation. Beaucoup de femmes sortent diplômées des universités mais l'éventail de leurs professions est beaucoup plus étroit que celui des hommes.
tout sur la parité homme-femme!!!...
souvent c'est loin du compte meme si il y a des avancées!!!...
http://www.educ21.com/paritehf.asp
Vous trouvez que les sociétés vont mieux , globalement, depuis 30 ans que la parité hommes/femmes progresse ?
Alors la parité absolue un jour , oui , c'est un objectif important . Mais n' oublions pas les autres problèmes qui font que ça merde ..
Parce que le jour du 50/50 absolu dans les conseils d' d'administrations capitalistes , on sera pas plus avancés , si on ne change pas le capitalisme , il y aura autant d'esclaves des deux sexes aussi !
J'adhère!!!
La parité dans la connerie,c'est ce que veulent les femmes... Mesdames proposez nous un autre mode de développement, vie, fonctionnement au lieu de vous calquer sur l'attitude primaire du mâle moyen d'entreprise.
Rien n'est plus moche qu'une working girl aux dents longues. On s'en fout de savoir que les femmes sont prets à renier leur humanité comme les hommes ou à se gargariser de puissances et se satisfaire de fausses victoires.
Le féminisme archaique est une catastrophe. La parité une lacheté.
Pourquoi toutes ses femmes restées petites filles veulent-elles avoir un pénis?
Votre texte est un étalage de stéréotypes assez curieux.
Monsieur, comment peut-on proposez un autre mode de vie et de fonctionnement que celui que le mâle dominant impose à la société où les femmes vivent? Peut-on imaginez un instant que les "nègres" à l'époque de l'esclavage se disent "on en a marre. On va dans les bois faire une autre société sans esclave et on va le revendiquer". Beaucoup furent pendus pour moins que cela et l'esclavage continua. Alors est-ce en faisant un camps de femmes que le sexisme n'existera plus ?
Par ailleurs depuis quand est-ce aux victimes de proposer une autre situation? Imaginez "oui, elle s'est fait violée, mais elle n'avait qu'a être ailleurs que dans un bar". Belle esquive pour déculpabiliser la responsabilité des hommes dans le sexisme et le viol, n'est-ce pas? Même en mini-jupe, même nue, même dans un barre, une femme garde le droit de dire non. Dans cet exemple, c'est quoi proposer une autre situation ? Est-ce "porter une robe longue, être cloitrée à la maison, ou dans un couvent? Bref ce genre d'excuse est emprunt d'un sexisme à peine caché.
"Rien n'est plus moche qu'une working girl aux dents longues.?" Ok si vous partagez cette attribution de mocheté aux mecs aux dents longues aussi.
"Le féminisme archaique est une catastrophe."
Pourquoi et en quoi? En quoi est-ce une catastrophe?
Et enfin, savez-vous que bien des féministes sont contre la parité? Puisque c'est donner arbitrairement (par pitié?) ce qu'elles devraient obtenir naturellement?
"La parité une lâcheté".
La formule est belle et je suis d'accord, mais peut-être pas pour les mêmes raisons. La parité en tant qu'obligation est un non-sens. Mais avouez que si, sur une longue période, le taux des femmes n'atteint jamais 50%, alors c'est qu'il y a du sexisme. L'absence de sexisme, c'est quand, sur une longue période, sur un grand nombre d'élections, ce taux approche le même pourcentage qu'il y a de citoyennes dans la population. La parité est un indicateur du sexisme, un objectif à long terme, mais ne doit pas être une obligation car il sous-entend que les femmes ne sont pas capables, compétentes, etc... de l'obtenir autrement (et c'est du sexisme).
"Pourquoi toutes ses femmes restées petites filles veulent-elles avoir un pénis?" Je n'aime pas l'approche freudienne et en l'occurrence, je trouve qu'une telle phrase affirme encore du sexisme puisque le mâle a naturellement (le pouvoir) ce que les femmes n'ont pas mais désirent. Donc, si j'en crois votre implicite, les femmes sont victimes du sexisme mais c'est de leur faute encore. Elle n'ont qu'à pas faire comme les hommes et à vouloir leur pénis ou leur pouvoir. Il est certain qu'une femme bien soumise (à la maison, qui fait la popote à son mari et qui élève ses gamins), attirera moins les remarques sexistes que celles qui osent revendiquer une autre vie. Mais c'est pourtant là où le sexisme est le plus fort non ? Bref, à vous croire encore, mieux vaut être coupable que victime.
Enfin, de manière globale, j'ai eu l'impression à lire votre texte que vous eussiez aimé que les femmes restent féminine et ne cherchent pas à jouer aux hommes. Bref, qu'il faut respecter le partage des rôles. Mais en même temps, croire qu'il y a un rôle à l'un plus qu'à l'autre, c'est par définition du sexisme.
"La question de la maternité reste l’un des freins à la progression de carrière" mais heureusement pas à celle de l'humanité...
Néanmoins,tant que la maternité sera perçue comme un "frein",la conduite des sociétés sera en roue "libre"!
http://info-espress.over-blog.com/
On peut en effet s'interroger sur "la question de la maternité". Comme répondait l'autre: oui, - mais quelle est la question?
Si la question est: "en avoir ou pas?" (en se gardant bien de préciser quoi que ce soit), on peut affirmer tranquillement, comme un décret tombé d'on ne sait où: c'est "l’un des freins à la progression de carrière". Affirmation docte, mais gratuite, - et qui frise la charade.
Qu'ensuite, on invoque "La preuve par le taux d'emploi des mères de jeunes enfants" - comme on prouvait à peu près jadis l'existence de Dieu -, le lecteur a du mal à suivre.
Pour que les chiffres avancés comme "la preuve" (taux d'emploi: que 62,4 % de mères de jeunes enfants, contre 91,4 % de pères) soient significatifs et parlent d'autre chose que d'eux-mêmes, il faudrait ne pas s'en tenir à l'écart mère/père, et plutôt comparer avec un écart témoin femme/homme (sans maternité/sans paternité).
Sur ce point, le silence (ou le biais?) des chiffres mis en vedette, en dit long sur "la" norme: une femme "normale", c'est moins une femme qui travaille... qu'une maman-à-enfants- qui-fait-aussi-carrière.
Plus loin, encore: "La maternité représente [en effet?] l’un des freins majeurs à l’accès aux postes de décision." N'en dirait-on pas autant de la féminité? À moins qu'une femme qui n'est pas mère perde un peu du statut paritaire et dignitaire de "la maternité".
Morale paritaire, en forme de sauve-qui-peut planétaire: après les enfants, les mères d'abord ? Comme si en 2065 nous allons manquer de bras sur cette planète...
Il s'agit de "frein" à la progression de carrière. Il y pas mort d'homme, ou de femme, considérant la valeur intrinsèque de la notion de carrière...
Comme il est question de 2065, je poste ce texte de Victor Meunier, extrait de « La Science et les savants en 1867 », IV, p. 253 à 258, Paris Germer-Baillère, Libraire-Editeur, 1868.
En 2 siècles il y a eu certes des progrès mais il reste du chemin à parcourir l'émancipation des femmes, toutes les femmes, et celle de tous des hommes...
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LES FEMMES DOCTEURS - MISS ELISABETH BLACKWFVL.
Le Journal de Boston nous apprend que les médecins de cette ville viennent d’organiser une ligue contre l’admission des femmes dans la profession médicale. « Aux écrits dirigés contre cet envahissement les faits succèdent » écrit la susdite feuille, et elle ajoute qu’après une longue discussion, « la Société de médecine du comté de Philadelphie a résolu à l’unanimité que la dignité professionnelle s’oppose à ce que les membres de cette compagnie donnent aucun encouragement aux dames médecins et, consentent à se trouver en consultation avec aucune d’elles. »
Ces résolutions intolérantes donnent une assez haute idée des progrès que l’institution contre laquelle elles sont dirigées a faits dans ces derniers temps aux Etats-Unis. New York possède depuis plusieurs années déjà une Académie de médecine entièrement composée de dames. Boston a son collège médical féminin : The New England medical college. Les chaires en sont occupées par des dames qui toutes ont conquis le grade de docteur. C’est une dame qui démontre les opérations obstétricales. C’est encore une dame qui dirige les travaux anatomiques. Au Collège est annexé un hôpital pour les femmes et les enfants.
L’Angleterre et la Russie ont suivi l’exemple des Etats-Unis. On cite entre autres madame Garetta, obtenant du Collège médical de Londres un diplôme qui lui permet d’exercer la profession médicale. Saint-Pétersbourg comptait il y a trois années trente jeunes filles, qui suivaient les cours de son école de médecine.
Ce mouvement qui embrasse aujourd’hui les deux mondes a été créé par une dame anglaise de naissance (elle est née à Bristol) et que l’émigration a faite américaine. Son père, chargé d’enfants, s’expatriant avec tous les siens, était allé chercher la fortune aux Etats-Unis ; il y trouva une mort prématurée. L’aînée des orphelines, miss Elisabeth Blackwell, toute jeune encore, se trouva être le seul appui de neuf personnes. Elle ne s’en effraya point. Dès cette époque elle avait formé le dessein d’étudier la médecine. L’ambition d’élargir le champ de l’activité féminine, la conviction que dans beaucoup de maladies le ministère d’une femme serait préférable à celui de l’homme : tels étaient ses mobiles. Mais elle s’interdit d’obéir à ce que nous pouvons aujourd’hui appeler sa vocation avant d’avoir rempli dans toute leur étendue les devoirs que lui imposait sa situation de chef de famille. Elle ajourna donc son projet jusqu’au temps où ses enfants, je veux dire ses frères et ses sœurs, seraient en état de se passer d’elle. Elle ouvrit une pension, la dirigea pendant sept années et ne se retira qu’après avoir assuré l’avenir de chacun des siens.
On se rappelle combien l’entrée de mademoiselle Blackwell dans la famille d’Esculape excita dans notre heureux pays la verve caustique des écrivains de la presse médicale. Une femme docteur ! quelle intrusion ! et je ne suis pas certain que vous même, Madame (si une dame me fait l’honneur de me lire), vous trouviez parfaitement raisonnable que les femmes, après avoir, dans ces dernières années, usé de tant de chapeaux de formes différentes, essaient à la fin du bonnet de docteur. Je reconnais d’ailleurs qu’il y a ici matière à discussion, mais on m’accordera que la critique ne serait ni sérieuse ni équitable si, de l’exemple excentrique que mademoiselle Blackwell a donné aux personnes de son sexe, on séparait l’exemple héroïque que cette jeune mère de neuf enfants adoptifs a donné à tout le monde.
C’est en 1843 qu’ayant rempli jusqu’au bout les devoirs qu’elle s’était imposés, cette femme remarquable se jugea libre de disposer d’elle-même comme elle l’entendait.
Mademoiselle Blackwell se mit aussitôt à l’étude du grec, et du latin ; elle y consacra deux années. Lorsque, ses études littéraires étant achevées, elle se présenta aux cours publics, l’accès lui en fut interdit. Cet obstacle, étant prévu, ne pouvait la décourager ; elle eut recours à des maîtres particuliers. C’est le docteur Allen qui lui enseigna l’anatomie. Sa persévérance et le respect qu’elle inspirait finirent par lui ouvrir la Clinique de l’hôpital Blockey de Philadelphie. Plus tard, elle fut admise à suivre les cours du Collège médical de Genève à New York. Elle subvenait à ses dépenses et aux frais de ses examens en donnant des leçons d’anglais et de musique.
C’est dans cette dernière ville qu’en 1849 mademoiselle Blackwell fut reçue docteur. Sa thèse inaugurale roulait sur les maladies des gens de mer. La Faculté trouva cette œuvre assez remarquable pour décider qu’elle serait imprimée à ses, frais. L’année suivante, la doctoresse visita l’Angleterre où elle reçut l’accueil le plus distingué. Elle vint à Paris, comptant suivre nos cours si libéralement ouverts à tout le monde, les femmes exceptées. On y mit la condition inacceptable, honteuse, honteuse, pour ceux qui la posaient, que mademoiselle Blackwell prendrait le costume masculin. Elle put cependant sans déguisement étudier à l’hôpital de la Maternité les maladies des femmes et des enfants.
Nous avons eu l’honneur de la revoir parmi nous en 1859. A cette époque New York possédait depuis trois années déjà une académie de médecine, exclusivement consacrée au sexe féminin. Plusieurs femmes intelligentes et courageuses, marchant sur le s traces de mademoiselle Blackwell, avaient à leur tour conquis le diplôme de docteur. Une de ses sœurs, mademoiselle Emilie, était du nombre. Mademoiselle Elisabeth Blackwell n’était donc plus seule, et elle avait un mérite inappréciable ; elle avait réussi. Aussi excita-t-elle un véritable enthousiasme, lorsqu’au mois de juin de l’année précitée, elle ouvrit à Londres un cours public. Ce cours avait pour but de mettre en relief les avantages que la profession médicale offre aux femmes capables intellectuellement et moralement de l’embrasser, et l’étendue des services qu’elles peuvent rendre dans l’exercice de la médecine. A peine la première séance était-elle terminée, qu’une des assistantes convoquait chez elle un meeting pour y discuter la proposition de fonder un hôpital école ; lady Byron, veuve du grand poète, offrait de contribuer à l’œuvre par le don d’une maison ; une autre dame était prête à verser immédiatement une souscription de 5,000 livres (125,000 fr.), et à fournir une rente annuelle de 300 livres. La réception de madame Garetta au grade de docteur prouve que ce beau feu n’a pas été un feu de paille.
Je ne suis pas de ceux qui y trouvent à redire. Je crois bien avoir lu tout ce qui a été, écrit contre les femmes médecins, la critique ne m’a pas converti. Plus j’y réfléchis, plus je suis persuadé, au contraire, que mademoiselle Blackwell a ouvert aux femmes capables de hautes études une carrière où elles s’engageront avec profit pour les autres et pour elles-mêmes. Je ne vois aucune raison non pour que cette carrière leur soit interdite, cela va de soi, mais pour qu’elles se défendent à elles-mêmes d’y entrer. Cela soit dit uniquement pour qu’on ne m’accuse pas d’éluder une question réputée délicate, car l’espace me manquerait pour la traiter.
La seule conclusion que, pour le moment, je veuille tirer de ce qui précède, c’est qu’après les succès obtenu, par la grande doctoresse américaine et ses imitatrices déjà nombreuses, dans une sphère d’études d’un ordre aussi élevé que la médecine, il devient tout à fait superflu de démontrer que l’aptitude scientifique n’est pas l’attribut exclusif de l’homme. Les faits parlent. Je les enregistre avec, satisfaction, mais sans m’en exagérer la valeur : je n’avais pas attendu qu’ils se produisissent pour être convaincu que les deux sexes ne forment pas deux espèces. Si éloquents qu’ils soient, ils ne m’apprennent rien. Ce qui, au contraire, me parait nouveau, et plein d’enseignement, c’est le goût qu’un si grand nombre de femmes, et un nombre rapidement croissant, témoignent de nos jours pour les choses de la science. Elles soutiennent de leurs deniers l’Association scientifique pour l’avancement des sciences ; elles honorent ses réunions de leur présence, ce qui explique pourquoi ces réunions sont si courues ; elles ont fait le succès des conférences de, la Sorbonne, du Conservatoire de musique, de l’Athénée. Voilà le nouveau, et l’une des plus grandes nouveautés du siècle. Peut-être aurai-je l’occasion de dire comment, à mon avis, c’est-à-dire dans quel sens et de quelle heureuse façon l’accession des femmes à la science influera sur les tendances de celle-ci et par suite sur l’avenir de la société.
ben dans le syndicalisme, je gagnais 7000 francs de moins que mon homologue masculin alors que je parlais 4 langues et que j'avais quelques diplomes de plus et que je justifiais de meilleurs résultats. On m'a répondu madmae vous avez un mari qui travaille....
Ben à l'époque, mon avocat n'a pas voulu évoquer la question aux prud'hommes... cela date de 1996. No comment
La parité en 2065? Avec ou sans discrimination positive?
Parce que sans discrimination positive, ça sera plutôt 2100, non?
Pour parler plus sérieusement... J'ai travaillé 14 ans pour la filiale française d'une boite suédoise.
Il y a 6 ans, elle s'est fait taper sur les doigts parce qu'il n'y avait pas assez de femmes chez les cadres supérieurs et directeurs.
Alors, la DG a nommé des femmes... comme on le lui disait. Enfin, celles qui étaient disponibles, bien sur.
Et l'entreprise s'est retrouvée avec un paquet d'incompétentes sur les bras car elles n'étaient pas promues pour leur capacités supposées, mais parce qu'elles étaient des femmes.
Quant aux salaires, si ma mémoire est bonne, il devait y avoir une différence de 30 à 50% suivant les postes. Pour réaliser ce tour de force, on se contentait de recruter en interne, des "promotions". Après, les minimas de l'accord interne d'entreprise faisait le reste.
Alors, attention ! Mon but n'est pas de dire que les femmes sont inférieures aux hommes.
Non, globalement, nous avons les mêmes capacités.
Mais établir des quotas est d'une stupidité effarante, car on se contente du quota et on veille bien à le respecter (pour ne pas être en infraction avec la loi)
Bien sur, ce sont des hommes qui sont chargés de veiller au respect de ces quotas, devinez le résultat.
http://polemiquons.over-blog.com/
Vous avez bien raison.
Je suis pour l'égalité mais contre les quotas obligatoires. Si j'osais, je dirais que les quotas, c'est le remède aux symptômes visibles de la maladie qu'est le sexisme. Ça n'empêche pas le sexisme. Ça ne le soigne pas. Ça le cache juste.
Quand je vais voir un médecin, j'aime à ce qu'il soigne plus la maladie que les symptômes.
Au delà de cela, il est vrai que les "quotas" ou taux de féminisation sont le meilleur indicateur du sexisme, si, et seulement si, on ne les trafique pas pour dire "youhou, nous dans notre boite on n'a pas de sexisme". Ce trafic est nul et c'est nul pour trois raisons:
- C'est juste du slogan, de l'apparence (mais il est vrai que dans notre société occidentale, l'apparence est ... si importante).
- C'est nul car le sexisme que l'on apprend jour après jour, à l'école, à la fac, à la maison, dans la rue, en boite, au travail, à la maison, etc... ne disparait pas comme par magie en rentrant chaque matin dans une entreprise X.
- C'est nul car un quotas tout seul ne signifie rien. C'est du non-sens. C'est même de la dictature. Imaginons qu'au prochaine élection, il faille 50% de maires qui soient des femmes. C'est ridicule. Par contre statistiquement (sil n'y avait pas de sexisme) sur une longue période (dizaine ou vingtaine d'années), le taux de féminisation des maires devraient approcher ce 50%. S'il ne l'approche pas, alors il y a sexisme.
Coup de bol : on m'a dit que, d'après "Mars emmerde Vénus", l'une des principales qualités des femmes... c'est la patience.
Pas de raison de se presser.
PARADOXE : DE PLUS EN PLUS DE FEMMES TRAVAILLENT , DE PLUS EN PLUS DE TRAVAILLEURS PRÉCAIRES....DONT 85% D'EMPLOIS PEU RÉNUMÉRÉS !
NE PARLONS PAS DES EMPLOIS QUI SE FÉMINISENT , ILS SE SONT COMPLETEMENT DÉVALORISÉS ! QU'EST -CE QUI CLOCHE ?
(CECI DIT ,JE CONSTATE QUE LES LECTEURS DE RUE 89 SEMBLENT GLOBALEMENT SENSIBLES À CE PROBLÈME ET C'EST RÉCONFORTANT)
Combien de femmes sont diplomees du superieur: unpaquet
Combien pretendent entrer ds les C.A.:un paquet
Combien sont pretes a laisser enfants et menage (en se contentant de laegislation en vigueur sur la grossesse) a un mari qui gagnera sensiblement moins qu'elle:mystere et boule de gomme
Il est bon de penser qu'il y- a un mystere a la condition feminine, au moins cela leur donne un
Voyager oui, s'engager non!
Ça me laisse encore un p'tit peu de temps pour savoir ou est donc rangé ce fichu aspirateur !OUFfffffffff...
La société française n'arrive pas à évoluer avec l'égalité de l'embauche, de l'emploi, du salaire entre les hommes et les femmes.
En début de carrière lors des entretiens d'embauche, on vous demande si vous avez l'intention de vous marier, de faire des enfants...
En milieu de carrière, toujours durant les entretiens d'embauche, on vous demande quels âges ont vos enfants,
A la quarantaine, lorsque vous souhaitez défendre un salaire correct, on vous traite de senior, que vous êtes trop chère et si par bonheur/malheur c'est selon ! vous êtes mariée avec un mari qui bosse, on vous dit que comme vous n'êtes pas un cas social donc vous pouvez revoir vos prétentions !
Bonjour Caroline.
Je relève :
" Aussi bien dans le monde de l’entreprise que dans la sphère politique, les inégalités subsistent. "
Il est bien vrai que la présence d'un plus grand nombre de femmes à la tête des entreprises.
humaniserait le milieu...
... nous en avons la preuve avec Madame Parisot, Madame de Bétancourt : il n'est qu'à voir tous les efforts qu'elles font pour améliorer le sort des salariées.
Quant à la sphère politique : Madame Thatcher, Madame Rice nous prouvent qu'avec les femmes tout change.
Cordialement.
J.C.M.