Le directeur de la rédaction des Echos, Erik Izraelewicz, devait rester en poste pendant deux ans, selon les accords signés par le nouveau propriétaire Bernard Arnault. Il a finalement signé ce mardi matin avec La Tribune, et est revenu très vertement sur les conditions de son départ à 15 heures, devant la rédaction des Echos :
« J'ai craqué. Je voulais intensément rester, mais j'ai compris qu'on ne voulait pas de moi. Bernard Arnault ne pouvait pas me virer. Comme il est intelligent, il a adopté une autre stratégie : il a cherché à me dégoûter. Ils [la direction de LVMH, représentée aux Echos par Nicolas Beytout, ndlr ] ont voulu me piéger. Ils y sont parfaitement arrivés.
Mes relations avec Nicolas Beytout sont parfaitement exécrables. J'ai découvert la face cachée de Nicolas Beytout : perversité, arrogance, mépris, mauvaise foi.
Depuis six mois, j'encaissais. Il empiétait sur le territoire du directeur de la rédaction. Il veut devenir de plus en plus le « super directeur de la rédaction'.
C'était un piège. Une éthique minimale n'est même pas respectée. »
Erik Izraelewicz a ensuite déclaré avoir « mille exemples » d'interférences de Nicolas Beytout, directeur général de LVMH Médias, dans les aspects rédactionnels du journal : négociations de partenariats avec d'autres médias, déjeuners avec des cadres de la rédaction…
Ces déclarations semblent confirmer la piètre idée qu'a Bernard Arnault de l'indépendance d'une rédaction.
En fin d'après-midi, après une rencontre avec Nicolas Beytout, les journalistes réunis en assemblée générale ont voté la grève à une large majorité (106 pour, 41 contre, 2 blancs et 2 nuls), afin de « manifester leur défiance ». Dans un communiqué :
« Ils constatent que le nouvel actionnaire et la nouvelle direction, qui s'y étaient pourtant engagés, n'ont pas réuni les conditions susceptibles de permettre au directeur de la rédaction de poursuivre sa mission en toute indépendance. »
Le quotidien ne paraîtra pas mercredi, et le site Internet ne sera pas mis à jour.
► Mis à jour à le 12/02/2008 à 19h35 après les résultats du vote de l'assemblée générale des Echos.


























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De François Doutriaux
Juriste et enseignant chercheur | 18H26 | 12/02/2008 |
On ne saurait trop conseiller à monsieur Izraelewicz de consulter un avocat spécialisé afin de poursuivre son employeur pour harcélement moral, que les faits décrits caractérisent à l'évidence.
Ceci étant, et une fois de plus, aucune poursuite ne sera engagée, de crainte des conséquences professionnelles.
Cela explique certainement pourquoi 150 000 actions prudhommales seulement sont intentées chaque année dans un pays qui compte plus de 26 millions de salariés…
Ceci étant, il est urgent d'assouplir le code du travail (en cours) et de supprimer 20% des juridictions prud'hommales (fait).
La France, patrie des droits et libertés fondamentales ^^
De RichardTrois
19H19 | 12/02/2008 |
Eh bien, oui, bientôt, Les Echos vont ressembler au Figaro qui lui-même commence à ressembler très fortement à TF1.
Le tout commence à chaque fois par une vague de licenciements, histoire de bien museler ceux qui ont la chance de garder leur gagne pain.
Le Figaro : « piètre exemple de journalisme » dixit un professeur de Harvard
http://www.lepost.fr/article/2008/02/09/1096411_le-figaro-pietre-exemple…
De alan.smithee
19H58 | 12/02/2008 |
M. Izraelewicz ?
est-ce le même qui écrivait le 02/01 : « Un dispositif de protection a été mis en place à cet effet [contrer les risques de conflits d'intérêts] . Il est en cours de finalisation entre le nouveau propriétaire et la Société des journalistes des “ Echos ” et sera rendu public. Nous pourrons donc informer nos lecteurs avec la même indépendance qu'au cours des années récentes “
totalité de l'article :
http://www.lesechos.fr/info/analyses/4666888.htm
De Pictulo 23785
20H08 | 12/02/2008 |
Quand on sait qu'au Figaro, la rédac regrette Beytout depuis l'arrivée de Mougeotte, on imagine ce qu'ils endurent.
De ker
22H32 | 12/02/2008 |
Les journalistes vivent enfin ce que nous vivons depuis plus de dix ans. Esperons que ca les fassent pencher enfin a gauche. On peut toujours rever.