Une nuit d'affrontements entre l'Union syndicale des travailleurs kanaks et exploités (USTKE) et les forces de l'ordre à Nouméa en Nouvelle-Calédonie, a fait des dizaines de blessés le 17 janvier.
Pas de morts comme lors de la prise d'otages d'Ouvéa en 1988, mais des jets de pierres, côté manifestants, et des tirs de flashballs et de gaz lacrymogènes, côté policiers. Une vidéo diffusée par l'USTKE montre des policiers postés sur un pont, tirant sur des manifestants en contrebas :
Quinze syndicalistes sont toujours détenus à la prison du Camp-Est et seront jugés le 22 février. Le résultat du durcissement d'un conflit social qui oppose, depuis octobre 2007, l'USTKE, syndicat indépendantiste, à la direction de Carsud, la société de transports en commun de Nouméa appartenant au groupe Veolia, et qui a commencé avec le licenciement pour vol d'un salarié.
Depuis deux semaines, Gérard Jodar, président de l'USTKE, vit retranché avec une centaine de sympathisants au siège du syndicat à Nouméa. Il est recherché pour « participation à un attroupement armé après sommation de se disperser », « violences avec arme sur agent de la force publique » et « dégradation sur des biens d'utilité publique ».
Rue89 l'a interviewé, lundi, alors qu'il venait de renoncer à prendre l'avion pour la France pour assister aux obsèques de sa mère, décédée samedi à Lyon.
Pouvez-vous nous décrire la situation actuelle ?
Ça fait quinze jours que j'habite dans le siège du syndicat, 24 heures sur 24. Nous avons construit un campement à l'extérieur du bâtiment, avec des syndicalistes qui se relaient. Il y avait des policiers autour du siège jusqu'à vendredi, aujourd'hui, on en les voit plus.
La réaction des Kanaks est extrêmement réconfortante : des gens apportent de la nourriture et nous organisons des tournois de pétanque pour recueillir des fonds pour les grévistes.
Quinze militants sont en détention provisoire depuis un mois à la prison du Camp-Est. Ils ont refusé d'être jugés en comparution immédiate sans avocat, et doivent attendre la fin des vacances judiciaires. De la fin de l'année à mi-février, les fonctionnaires partent souvent en vacances en France. C'est comme ça, on est une colonie ici.
Je sais que le procureur de la République [Robert Blaser, ndlr] me fait rechercher parce que je ne me serais pas rendu aux auditions, mais je n'ai reçu aucune convocation, contrairement à ce qu'il avance. Les membres du tribunal sont complètement partisans.
Lui, ça fait huit ans qu'il est ici, qu'il se prépare une retraite dorée. Il a des amis politiques dans la majorité de droite, et il n'est plus capable de faire preuve d'impartialité. Nous sommes une bête à abattre pour lui : une organisation syndicale indépendantiste qui vient de créer un parti politique, le parti travailliste [en novembre 2007, ndlr].
Que s'est-il passé exactement dans la nuit du 16 au 17 janvier 2008 ?
|
Le 16 janvier au soir, nous avons décidé, en assemblée générale, de lancer une grève générale. On voulait s'installer devant les grilles de Carsud. Le haut-commissaire [Yves Dassonville, lire encadré] a envoyé le GIPN et des gardes mobiles, qui ont fait une intervention musclée.
Ils disent avoir fait des sommations, mais ils ont tiré des flashballs à bout portant, et des lacrymos. Ils ont blessé beaucoup de militants. Selon eux, j'aurais donné l'instruction de matraquer les forces de l'ordre. Mais ça aurait été suicidaire ! Imaginez 200 policiers qui débarquent à deux heures du matin ! Les gens sont partis et ont commencé à jeter des pierres. Je comprend tout à fait leur réaction, la responsabilité en incombe uniquement à l'Etat. Dix militants ont été interpellés sur les lieux, cinq la semaine suivante. On est plutôt dans une petite dictature que dans une démocratie.
Pourquoi un tel emballement dans un conflit social lié à un simple licenciement ?
Carsud n'a pas respecté un protocole d'accord qui prévoyait la proposition d'un emploi à ce salarié licencié, au plus tard en octobre 2007. Malgré deux mois de débrayage, la direction de Carsud refusait de négocier.
Le conflit a été déplacé sur le terrain politique par les partis de droite, qui sont inquiets de la montée du parti travailliste. Nous aurons des élus aux municipales dans plusieurs communes. Veolia aura désormais du mal à obtenir des marchés aurpès des collectivités territoriales. Ce que les partis de droite et l'Etat font aujourd'hui, radicalise les positions dans le pays.
La situation est très tendue. C'est le grand mutisme : l'Etat, les partis politiques, les syndicats ne disent rien et attendent de voir les évènements. Mais si l'Etat continue les arrestations, c'est sûr qu'il y aura des réactions violentes sur le terrain : les militants ne l'acceptent plus.
Nous, nous voulons revenir à une situation plus saine et calme et inciter Veolia à négocier.
Est-ce la peur de vous faire arrêter qui vous a dissuadé de prendre l'avion aujourd'hui, comme prévu, pour assister aux obsèques de votre maman à Lyon ?
Non, malgré le décès de ma maman et le deuil, je reste ici avec mes camarades, qui sont bien vivants et dans des difficultés extrêmes pour montrer à l'Etat français qu'on ne se laissera pas faire.
Le procureur de la République a dit qu'il me laisserait partir si je prouvais que ma mère était bel et bien décédée. On ne joue pas avec la parole des gens ! Je ne m'imagine pas dire ça pour me sauver ! Ce n'est pas lui qui décide si je vais ou non à l'enterrement de ma maman.



















74
(Pour réagir, connectez-vous)
à papaye plus très verte
De Louise Fessard
(auteur)
Etudiante en journalisme | 00H47 | 12/02/2008 |
Puisqu'on parle beaucoup de berceaux dans ces commentaires, il est un peu bas d'écrire que la « journaliste » en question en serait restée à la Nouvelle-Calédonie de 1988, puisqu'elle n'avait n'avait même pas quatre ans à l'époque.
« Il serait trop difficile en quelques lignes de résumer les conflits en Nouvelle-Calédonie, conflits qui n'ont bien souvent de syndicaux que le nom. »
C'est trop compliqué, n'en parlons pas ?
Je ne vois pas en quoi le fait que l'USTKE ait mené une grève douteuse contre Holcim justifie le mode d'intervention des forces de l'ordre dans le conflit Carsud.
Vous n'êtes pas d'accord avec la version des faits de Gérard Jodar, c'est votre droit le plus élémentaire. Mais en l'occurrence, c'est un des acteurs principaux du conflit Carsud et il est normal que nous lui donnions la parole.
à Louise Fessard
De because...
01H04 | 12/02/2008 |
>>Puisqu'on parle beaucoup de berceaux dans ces commentaires, il est un peu bas d'écrire que la « journaliste » en question en serait restée à la Nouvelle-Calédonie de 1988, puisqu'elle n'avait n'avait même pas quatre ans à l'époque.<<
le temps ne fait rien à l'affaire, quand on est… journaliste, on est journaliste.
vous citez la grotte d'Ouvéa plutôt que l'accord de Nouméa et le destin commun, cela a un sens politique.
>>C'est trop compliqué, n'en parlons pas ? <<
vous aurez remarqué que les calédoniens qui vous répondent ne vous reprochent pas d'en parler, mais la façon dont le sujet est traité, ce qui est très différent.
>>Je ne vois pas en quoi le fait que l'USTKE ait mené une grève douteuse contre Holcim justifie le mode d'intervention des forces de l'ordre dans le conflit Carsud.<<
Parlons de l'intervention.
Connaissez-vous Normandie ? c'est là où est Carsud.
Zone d'entreprises, pas une zone de manifestation. les gens qui étaient là n'étaient pas là pour manifester. les manifs ont lieu dans la ville, pas à Normandie (c'est ce qui s'est produit quand ils ont manifesté contre les incarcérations : en ville).
Que faisaient ces gens en pleine nuit ? est-ce qu'ils investissaient l'entreprise ?
C'est ce que racontent les Nouvelles : les troupes USTKE ont tenté de rentrer, et le haussaire a envoyé des renforts. Il n'y avait que peu de flics sur place, au départ.
le haussaire, en agissant rapidement, a empêché une occupation des lieux.
Personnellement, je regrette que les membres de l'USTKE soient en préventive. mais l'action du haussaire a été efficace. Son boulot, c'est l'ordre public. si on conteste cela, on conteste aussi que la seule violence légitime en démocratie est celle de l'état, et on considère quelque part que la violence de l'USTKE est légitime, elle.
>>Vous n'êtes pas d'accord avec la version des faits de Gérard Jodar, c'est votre droit le plus élémentaire. Mais en l'occurrence, c'est un des acteurs principaux du conflit Carsud et il est normal que nous lui donnions la parole.<<
qui vous a reproché de donner la parole à monsieur Jodar ?
à because...
De Louise Fessard
(auteur)
Etudiante en journalisme | 01H31 | 12/02/2008 |
« le temps ne fait rien à l'affaire, quand on est… journaliste, on est journaliste. »
Je suis bien d'accord et je n'affirme pas le contraire. Mais c'est peu fort de café de me présenter comme une vieille passoire qui en serait restée à la Nouvelle-Calédonie de 1988. J'ai découvert la prise d'otage d'Ouvéa et les Accords de Nouméa, dix ans plus tard au lycée, comme la plupart des lycéens.
à Louise Fessard
De mechante langue
11H53 | 12/02/2008 |
Etre journaliste c'est quand meme travailler un peu . C'est s'informer , différencier les faits des commentaires , les mettre dans un contexte et ne pas vouloir tromper son monde .
De xicoïa
01H45 | 12/02/2008 |
Vous vous souvenez du début du mail d'inscription a rue 89 ?
« Cher(e) xicoïa,
Merci de votre inscription au site Rue89 et de votre confiance dans notre
démarche : marier l'expérience de journalistes professionnels avec la culture
de l'Internet.'
Ah ! Je me suis risqué a l'exercice participatif, avant qu'il ne faille s'identifier pour intervenir. Mais la place de simple lecteur s'impose à la lecture de certains articles.
La promesse était belle (voir ci dessus).
L'amateurisme tu le journalisme, et c'est dans le respect de l'essence même du mot information que le journalisme prend tout son sens.
Non seulement nous voulons être informé dans le sens de la remonté d'un évenement, mais informé dans le sens de celui qui sait qui en est avisé, documenté. 1er sens du mot.
Nous n'avons plus de presse en france et ça ne vas pas s'arranger.
Pour en revenir au sujet, le jour ou un journaliste pourra impunement parler du système clientelliste, et corrompu des possessions Françaises en général nous pourrons dire que nous serons de retour en démocatie.
De nicogé
le colporteur | 01H46 | 12/02/2008 |
le diable est dans les « détails » ?
pour un licenciement, c'est la grève. c'est la solidarité qu'ont connu mes grand-parents, et que mes parents voient disparaître.
en métropole, pour un licenciement : les autres se disent « chouette, je vais pouvoir faire des heures supplémentaires » ou « oui, mais bon, il a quand même blablabla ».
pour moi ce « détail » change toute ma vision de l'affaire (que je connais très mal par ailleurs).
et puis franchement, je ne vois pas en quoi l'article serait partial : en tout cas pas plus que les commentaires de droite, qui auraient été plus élogieux sans doute si l'article était moins impartial mais conforme à leurs dogmes.
De because...
01H54 | 12/02/2008 |
>>Mais c'est peu fort de café de me présenter comme une vieille passoire qui en serait restée à la Nouvelle-Calédonie de 1988. J'ai découvert la prise d'otage d'Ouvéa et les Accords de Nouméa, dix ans plus tard au lycée, comme la plupart des lycéens.<<
comment voulez-vous que je sois au courant de votre parcours scolaire ? d'ailleurs ce n'est pas mon problème, vous auriez fait une thèse d'état sur l'accord de Nouméa que cela ne changerait rien à l'affaire, à savoir le choix de votre accroche et de la « référence ».
ce choix est celui de l'ustke : raccrocher le conflit récent à un imaginaire « Ouvéa ».
je ne fais que l'analyse du discours.
Ca marche en métropole, puisque les gens ne sont pas informés et peuvent en rester à des clichés.
Pour autant, l'article aura été utile car des calédoniens ont pu apporter un éclairage sur ce qui se passe. C'est là un grand avantage de la presse sur le net, qui permet - quand le commentaire est libre - d'apporter des correctifs ou des compléments.
Alors merci à Rue89 pour cette liberté d'expression.
De FdT
En pleine décroissance | 02H06 | 12/02/2008 |
Il est grand temps soit d'accompagner ces dernières colonies françaises reliquat d'un autre âge vers l'indépendance, soit de les traiter de la même manière que n'importe quelle autre région de France en faisant respecter les lois de la République et en évitant de gérer les conflits sociaux en utilisant des méthodes coercitives datant de la période coloniale. Il faudrait aussi éradiquer la corruption locale instaurée par une élite politico-économique composée de mafieux se comportant comme de véritables tyranneaux de village.
à FdT
De xicoïa
02H19 | 12/02/2008 |
J'ajouterais juste qu'il serai temps de donner la parole aux Kanakes, non syndiqués libre de pensée, victimes de cette élite mafieuse, aussi bien » Caldoche », « Calédonnienne », « Néo-Calédonnienne »,… que Kanakes.
Le manichéisme n'est pas de mise sur le caillou.
De NING
03H18 | 12/02/2008 |
IL EST BON DE RAPPELER LES REGLES DE BASE DU COLONIALISME ;
C'EST LA REGLE DES 3'M » , A savoir ;
1er M = Militaires
2eme M = Missionnaires
3eme M = Marchands
1) on envoie d'abord la force brutale pour « casser'
physiquement la civilisation locale existante
2) on envoie les religieux pour “casser” les croyances
existantes et reformater les cerveaux des peuples
indigenes
3) quand tout est “reformate” selon la » patrie
lointaine et bienveillante », les MARCHANDS PEUVENT
ENFIN SE PARTAGEAIENT LE GATEAU LOCAL
RIEN N'A CHANGE SURTOUT AVEC estrOZY/sarkOZY
à NING
De mechante langue
11H35 | 12/02/2008 |
Mais par contre vous ne semblez avoir aucun probléme pour soutenir un syndicat maffieux .
Si c'est ça votre lutte anti-coloniale, si votre alternative au colonialisme c'est le clientelisme maffieux …non merci
De rainette
04H41 | 12/02/2008 |
Il est très mal venu de comparer les évènements de la grotte d'Ouvéa avec un mouvement syndicaliste comme celui-ci, c'est totalement hors propos, (et pour avoir vécu ces « évènements ») l'amalgame me fait frémir.
J'apprécie votre site, vous félicite de cette belle initiative et vous lance de grands bravos. Mais attention… il est des sujets délicats, qui exigent de ne pas être traités à la légère.
De grâce ne contribuez pas à embrouiller les cervelles métropolitaines qui manifestement, n'ont aucune connaissance de l'histoire de cette île pour la plupart d'entre elles, et la réduisent volontiers au si facile schéma habituel.
De Petelo
09H15 | 12/02/2008 |
Un syndicat qui défend des voleurs, au mépris des travailleurs (les autres, pas les siens bien sûr) et dont les accointances avec certains politiques sont évidentes, on connaît, parce qu'on a déjà vu.
Partiques mafieuses, incontestablement…
De jissé
Ingé retraité | 09H23 | 12/02/2008 |
« Rainette » j'aime bien.
Le pseudo.
« Née » il y a 7 heures.
On va être à cours de biberons.
Ces évènements remontent à près d'un mois.
Sans cet article de « Rue89 » PERSONNE n'en aurait rien su ! ! Ni rien vu ! !
Vous pourriez au moins les remercier !
Personnellement, je le fais.
Merci et bravo à rue89
Et d'où nous vient cet afflux aussi soudain que « spontanné » de Caldochie ? ?
« Voilà une question qu'elle est bonne » ? (Coluche)
NON ? ?
Jissé
à jissé
De because...
10H07 | 12/02/2008 |
>>Sans cet article de « Rue89 » PERSONNE n'en aurait rien su ! ! Ni rien vu ! ! <<
En France, peut-être, en Calédonie croyez bien que les gens sont au courant. Vous n'avez droit qu'à un petit bout de cette histoire, vous.
>>Et d'où nous vient cet afflux aussi soudain que « spontanné » de Caldochie ? ? <<
Comme personne ne parle jamais de la Calédonie, quand un article sort, ça se remarque, même d'ici. Quelques contributeurs, ce n'est pas grand chose par rapport à la population disposant du net. S'il y avait opération commando, ça se verrait un peu plus.
En plus l'USTKE a lancé l'opération Zoreilles, et inonde le net depuis 15 jours. Il faut d'ailleurs féliciter sa représentante en France pour sa grande activité. A partir de là on pouvait s'attendre à ce que la presse, notamment la presse en ligne, prenne un peu le relais.
Si vous croyez que les gens qui ont répondu ici font partie d'un vaste complot caldoche, libre à vous bien entendu.
à jissé
De rainette
10H45 | 12/02/2008 |
Bonjour Jissé,
Il m'avait semblé avoir été prolixe quant à la nature même de ce site, qui mérite des encouragements, je le répète. Quant à remercier pour le dit article, ben non… sans en faire une affaire d'état, les propos qui y sont tenus relèvent de l'erreur journalistique, et nous avons tous appris combien les amalgames peuvent parfois être dangereux.
Pour ce qui est de l'information, il faut parfois aller la chercher soi-même ; )
Et comme le dit « because » il est si rare que l'on parle du caillou, qu'une ligne suffit à attirer notre attention.
> Et d'où nous vient cet afflux aussi soudain que « spontanné » de Caldochie ? ?
J'aime cette île, j'y ai grandi, tout simplement.
à rainette
De jissé
Ingé retraité | 20H39 | 12/02/2008 |
Rainette :
« j'aime cette île, j'y ai grandi, tout simplement ».
Cela se comprend parfaitement.
Bien que n'y étant jamais allé.
Tout aussi compréhensible - là après être allé y travailler - (après l'indépendance) que la nostalgie des « pieds -noirs » ayant dû quitter l'Algérie ..
Où beaucoup y étaient nés et n'étaient pas tous des « gros colons », loin de là.
Il est des « tournants » de l'histoire qui, un jour, deviennent inéluctables.
Plus près de la Calédonie : Sur BFM-TV (LVMH) aux infos de ce midi, les autorités australiennes présentaient leurs excuses aux aborigènes pout tout ce qu'ils leur avaient fait subir ..
@plouche
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nouvelle-Cal%C3%A9donie
De mechante langue
11H29 | 12/02/2008 |
Je suis effaré par la médiocrité de cet article .
Pour avoir quelques liens avec de calédoniens (et pas du coté « colonialiste ») je reste stupéfait par l'inculture ou la mauvaise foi partisane .
Lustke a plus a voir avec le syndicat des camioneurs américain tenu par la maffia qu'avec une quelconque lutte sociale .
Et je ne suis pas moins effaré par certaines réactions qui par naiveté ou par esprit de systéme embrayent joyeusement et son pret a croire a n'importe quel mensonge
De rhp
13H15 | 12/02/2008 |
Pour ma part, lecteur métro inculte en la matière, je ne trouve absolument pas le ton de l'article engagé mais relativement sobre comparé aux commentaires lapidaires et sans construction qui lui sont faits !
Certains d'entre vous reprochent une accroche qui cite Nouméa or il me semble que le FNSKE faisait jadis partie intégrante du mouvement et partie du FLNKS, il est par ailleurs naturel, de faire des comparaisons sans pour autant faire des assimilations ! (en métropole 95 est comparé à 68 et 2005 à 1995)
Pour le reste de l'article, il s'agit d'une interwiew, repprochez vous à l'auteure de ne pas en avoir transformé la substance ? ? ? Cette journaliste aurait elle du arranger les réponses ? ? ?
Mais où va t-on ?
Que les propos tenus par le représentant de FNKSE ne soient pas votre tasse de thé est votre droit, mais que vous accusiez une journaliste d'impartialité pour avoir reproduit les propos d'un syndicaliste ne vous honnore pas et ne crédite en rien vos idées !
Les journalistes devront ils ne plus interroger le patron du Medef ou de la CGT sous peine d'étre impartiaux, devront ils écrire leurs réponses ? ? ?
à rhp
De mechante langue
13H38 | 12/02/2008 |
« Les journalistes devront ils ne plus interroger le patron du Medef ou de la CGT sous peine d'étre impartiaux, devront ils écrire leurs réponses ? ? ? »
Mais qui vous a dit le contraire ? Mais des références douteuses , des ommissions et des racourcis étranges , une absence totale de pédagogie , ce n'est pas du journalisme !
à mechante langue
De rhp
15H49 | 12/02/2008 |
Il s'agit d'un interwiew et non d'un article de fond traitant l'ensemble du problème, ca me semble d'une évidence grotesque.
Cet interview est tout juste mis en situation, rien de plus, vous êtes tous tombés dans le piège d'une lecture trop rapide qui vous fait préter les propos de l'interviewé à l'auteure de l'article !
Il me semble que vous devriez passer par une relecture, quelles références douteuses ? ? ? quelles ommissions ? ? ? quels racourcis ? ? ? Quelle pédagogie ? ? ?
Doit on expliquer qu'il existe le Medef chaque fois que l'on donne la parole à la CGT ou que Sarkozy existe chaque fois que l'on interroge Ségolène ? ? ?
à rhp
De rainette
14H27 | 12/02/2008 |
Bonjour rhp,
> il est par ailleurs naturel, de faire des comparaisons sans pour autant faire des assimilations ! (en métropole 95 est comparé à 68 et 2005 à 1995)
Le fait que vous trouviez cela naturel confirme bien le malentendu.
Sous prétexte que ces 2 évènements aient eu lieu en Nouvelle-Calédonie ne justifie en rien une telle comparaison, autant quantitativement que dans la nature des faits. C'est extrêmement réducteur d'un point de vue journalistique d'y voir un quelconque rapprochement, que la journaliste n'a pu d'ailleurs elle-même expliquer. Car si c'était juste « pour donner une référence ou un repère », à quoi doit-on se référer au juste ? A un conflit politique ? Une rebellion sociale ? Un mouvement indépendantiste ? Quel est le fil d'ariane ? Que diable cela doit-il nous évoquer ? Je pose la question.
Pour le reste je n'ai pas grand chose à ajouter si ce n'est que l'article aurait mérité d'être davantage développé, car il tombe un peu comme un cheveu sur la soupe pour qui n'est pas au courant du pourquoi du comment, mais il a au moins le mérite d'exister et d'être constructif.
à rainette
De Louise Fessard
(auteur)
Etudiante en journalisme | 19H26 | 12/02/2008 |
La comparaison avec la grotte d'Ouvéa avait justement vocation à montrer que la situation avait bien évolué depuis 1988 : on ne parle plus de balles réelles mais de gazs lacrymos. Peut-être mal amenée et donc mal comprise, la comparaison peut sembler malheureuse.
De Papapenu
niakue en vadrouille | 13H59 | 12/02/2008 |
Iaorana tout le monde,c'est vrai que Rue89.com donne a l'outre-mer( ! ! ) l'ocassion d'etre parmi les news en metropole .
Merci a C.Le Goff, j. Martin , D. Servenay , pour leurs articles sur la vie dans nos iles.
tous ces articles sont reunis sur
http://rue89.com/tahiti
Mauruuru Rue89.com
Fa'aitoito
De yakiha
16H01 | 12/02/2008 |
Il s'agit de colonialisme
Effectivement le raccourci avec Ouvéa est rapide et plutôt inapproprié. Le fait d'opposer noirs et blancs l'est tout autant.
En revanche, je m'interroge sur ce qui définit une situation de colonisation ou non.
A partir du moment ou les kanak ont ce sentiment d'être colonisés, d'être spoliés de leur richesse, qu'il ont l'impression que les métropolitains & caldoches bénéficient d'avantage de promotions qu'eux, ne peut on pas parler de colonisation ?
Lorsqu'un kanak à qui l'histoire familiale rappelle en permanence les violences subies par sa famille par les occupants français, voit que les occupants (ou du moins leur descendance) est toujours là et bénéficie d'un meilleur traitement que lui, n'a-t-il pas le droit de se sentir opprimé.
Lorsqu'un kanak se prend plusieurs mois de prison ferme pour avoir été en possession de 2 grammes d'herbe, ne peut on pas s'interroger sur la justice calédonienne, voire française ?
Lorsque des membres du GIGN viennent cagoulées et armés pour interpeller des syndicalistes a la maison devant leurs enfants, que 15 militants sont incarcérés depuis un mois pour avoir manifesté, n'y a-t-il pas lieu de se demander si c'est bien de la France dont il s'agit ?
Quant aux Nouvelles Calédoniennes, elles ont peut-être raison sur le montant de la transaction proposée au militants de l'USTKE. Mais ce journal a pris pour habitude de diffamer les kanak, notamment syndicalistes, en hésitant pas a les qualifier d'alcooliques, violents avant tout procès.
Ce journal est un véritable torchon manquant de toute façon sur la plupart des sujets d'objectivité., sa crédibilité est donc nulle.
L'histoire du Caillou pourrait ressembler à celle de nombreux pays africains, qui depuis ont retrouvé leur indépendance.
Si le Caillou n'apportait rien à la France, sur le plan économique (ZEE , nickel), elle ne rechignerait pas tant à le lâcher.
A tous ceux qui diront que sans la France, la Kanaky n'est rien, n'a rien, je dirai que le sujet n'est pas là, c'est une histoire de dignité, de souveraineté.
à yakiha
De because...
20H09 | 12/02/2008 |
>>Il s'agit de colonialisme<<
de quoi parle-le-t-on ? du conflit Carsud ?
en quoi le licenciement du salarié, suivi de la grève de l'an dernier, et de la reprise de la grève cette année, c'est du colonialisme ?
le mot magique « colonialisme » ne justifie pas tout et n'importe quoi de la part de certains.
Récemment un élu a été condamné pour violence conjugale. personne n'a parlé de colonialisme.
>>Lorsque des membres du GIGN viennent cagoulées et armés pour interpeller des syndicalistes a la maison devant leurs enfants, que 15 militants sont incarcérés depuis un mois pour avoir manifesté, n'y a-t-il pas lieu de se demander si c'est bien de la France dont il s'agit ? <<
1/ il s'agit d'événements postérieurs à la vidéo, n'est-ce pas. ce n'est pas ça qui déclenche le conflit, c'est sur la toute fin.
2/j'ai déjà dit mon opposition à ces mesures de préventive, je ne suis pas d'accord avec ce qui a été demandé par le procureur et décidé par les juges.
3/ on ne peut passer sous silence les violences dont les membres de l'USTKE se sont rendus coupables. Il y a eu, sur les personnes et sur les biens, des menaces.
à because...
De yakiha
10H31 | 13/02/2008 |
Because
Ce que je veux dire, c'est que lorsqu'on se sent colonisé, on ne réfléchit pas de la même façon que lorsqu'on ne l'est pas. On a le sentiment de n'avoir rien à perdre, d'être prêt a prendre tous les risques. Du coup des violences, des menaces ne sont rien si elles peuvent permettre d'accéder à la liberté.
Je ne dis pas que je cautionne, mais je comprends que des gens soient prêt à tout pour se débarrasser de ce qu'ils considèrent comme un oppresseur. La logique est différente, comme dans toutes les luttes anti coloniales, la violence devient malheureusement un moyen nécessaire. Il ne faut ni la passer sous silence ni la sortir du contexte.
à yakiha
De because...
11H05 | 13/02/2008 |
>>Du coup des violences, des menaces ne sont rien si elles peuvent permettre d'accéder à la liberté.<<
>>La logique est différente, comme dans toutes les luttes anti coloniales, la violence devient malheureusement un moyen nécessaire.<<
là on est très loin du conflit Carsud.
Car enfin, institutionnellement, nous sommes quasiment dans un statut d'état associé.
Le droit de vote pour les lois de pays est réservé aux calédoniens
le transfert des compétences va se poursuivre, et c'est heureux.
il y a l'emploi local, qui de manière implicite ou explicite favorise les calédoniens, et plus particulièrement les kanaks. la préférence nationale, elle existe en Calédonie.
la décolonisation institutionnelle, elle est faite.
dire le contraire, parler des colonies comme jadis, c'est insultant pour ce pays et ce qu'il a été capable de faire.
notre problème, c'est générer des élites océaniennes.
il les faut, dans les entreprises notamment.
cela prend du temps, mais on y arrivera.
à because...
De because...
08H37 | 18/02/2008 |
communiqué de la LDH en calédonie
La LDHNC, ayant été publiquement interpellée au sujet du conflit USTKE/CarSud et de sa répression, tient à faire savoir qu'elle n'est pas intervenue pour les raisons suivantes :
1°) Ce conflit a pour base des questions de licenciements. Abusifs ou non, ceux-ci relèvent du droit du travail, qui n'a rien de colonial puisque de la pleine compétence du Territoire et récemment rédigé avec l'accord de toutes les parties concernées.
Dans le conflit CarSud/USTKE, des négociations ont eu lieu et un protocole d'accord a été signé. On ne peut que regretter son opacité car, ainsi, on ne sait pas qui ne le respecte pas ;
2°) Justifiée ou non, la dispersion policière d'un attroupement, armé ou non, s'est déroulée dans les formes légales et, comme toutes les manœuvres du genre, avec des moyens en rapport avec la résistance prévue et rencontrée. Si des atteintes au droit des personnes se sont produites, elles doivent être portées à la connaissance du Tribunal et jugées ;
3°) La LDHNC demande une stricte et bonne application de la loi. Elle demande aux juges de situer les choses dans le contexte d'un pays en voie de décolonisation. A cause des seules parties engagées dans cette affaire, des familles sont dans une situation désastreuse. Il convient de les considérer humainement et de les aider ;
4°) La LDHNC est et restera attentive à toute atteinte aux Droits de l'Homme ou aux grands principes de la démocratie dans cette affaire comme dans tout autre ;
5°) Faire de ce conflit et de sa répression une affaire coloniale relève de l'ignorance :
- ici de ce qui se passe en France dans les conflits syndicaux,
- en France de ce qui se passe ici dans la vie politique.
Le peuple autochtone en tant que tel n'est nullement attaqué ni même menacé dans les faits récents. De son côté, le peuple français doit mieux se renseigner et continuer de soutenir l'Accord de Nouméa, qui est une obligation constitutionnelle en France et ici.
A l'heure où la décolonisation entre dans une phase décisive avec la sortie de terre d'une usine métallurgique dans la Province Nord et avec de prochains transferts de compétence significatifs au niveau du Territoire, la LDHNC appelle tous les partisans de l'Accord de Nouméa à rester vigilants. Sa bonne application, ni somnolente, ni précipitée, doit aller dans le sens de l'intérêt général, de la lutte contre les inégalités et de la solution pacifique des problèmes sociaux.
Le Président Elie Poigoune et le Bureau de la LDHNC
De yakiha
16H15 | 12/02/2008 |
y a beaucoup de reportages sur le sujet et d'articles sur le site Web de RFO avec notamment des vidéos sur les affrontements : http://nouvellecaledonie.rfo.fr/article298.html
ou sur le retranchement de Jodar
http://nouvellecaledonie.rfo.fr/article305.html