Viande de boeuf, papiers peints, posters, les jeunes designers ne limitent plus leur terrain de jeu. Toute matière devient prétexte à réflexion, à transformation.
Le boeuf se retournerait-il dans son abattoir s’il voyait ce que de jeunes étudiants en design ont fait de lui ? Pas sûr. Dans le but de promouvoir les différentes races de viande, 22 étudiants de l’ESAD, la fameuse école de design de Reims, ont accommodé la bête à toutes les sauces. Car cette école possède une formation unique en France, un enseignement de design culinaire. Petit aperçu du résultat lors de l’exposition des travaux à la Grande Epicerie du Bon marché. L’occasion d’entendre aussi les divergences entre un boucher amoureux de la bonne bouffe et une démarche artistique :
Autre décor, autre ambiance. Ces deux-là ne sont guère plus âgés, 25 et 26 ans, diplômés depuis quelques années. Leur travail est graphique à l’extrême, épuré et en même temps fouillis. Surtout, la démarche de Philippe Rossetti et Simon Pillard reflète celle de toute une génération : créer un mélange de mémoire, d’héritage, de culture pop, de jouets, de télé, de littérature. Bref, un joyeux mix d’art, de régression et d’humour :
Le nom de ce duo, Munchausen, référence là encore au passé réinventé, au jeu et à la fantaisie, vous est peut-être inconnu. Ses créations, en revanche, ont été louées, étalées, recopiées. En entamant un travail sur du vinyle adhésif, ils ont lancé la mode du sticker. Un énorme lustre baroque, en trompe l’oeil, a fait leur renommée. Jusqu’à overdose :
Conséquence attendue, ces messieurs s’orientent désormais vers une démarche de plus en plus artistique, avec des pièces uniques, où l’on ne se concentre plus seulement sur un concept, mais aussi sur une réalisation artisanale. L’esprit, lui, reste le même, ludique et hétéroclite :










En notant les commentaires pour leur pertinence, vous en facilitez la lecture. Les moins bien notés se replient d'eux-même mais peuvent s'ouvrir d'un clic. Pour pouvoir commenter et noter, merci de vous inscrire. Les commentaires sont fermés après sept jours. Pour en savoir plus, lire la charte des commentaires.
Un peu d’ humour et de créativité dans ce monde trop sérieux, ça fait du bien, ne laissons pas tout le monde prendre tout trop au sérieux tout le temps, respirons, sourions, vivons !
Le fait est que les bataillons de graphistes formés chaque année se cherchent de nouveaux supports devant l’avarice roublarde et inculte des entreprises françaises. J’y ai entendu infiniment plus de mépris que d’intérêt.
Les britanniques ont réalisé une exposition mémorable et mobilisatrice, « Britain Can Make It ", qui rassembla des industriels et des designers de tout le pays, organisée par le ministère du commerce et de l’industrie (ou quelque soit le mot dont on l’affuble là-bas) et le tout nouveau Council of Industrial Design, devant le constat que la fiabilité des produits britanniques ne suffirait plus pour les vendre à l’avenir. Le design fut déclaré " d’importance cruciale pour l’industrie ». Il y eu près d’1 million et demi de visiteurs et lança véritablement le design anglais. C’était en…1946 !
Lien BCMI sur Designing Britain