Nouvel Obs: la plainte de Sarkozy est "inquiétante"

Guillaume Malaurie, directeur de la rédaction, répond aux questions de Rue89 sur "l'affaire" du SMS envoyé à Cécilia.

Nicolas et Cecila Sarkozy, le 6 juin au G8 en Ecosse (Chris Wattie/Reuters)

"C'est un dépôt de plainte sans précédent dans l'histoire des relations entre un président de la République et la presse." Guillaume Malaurie, directeur de la rédaction du Nouvel Observateur, réagit à la plainte déposée la veille par Nicolas Sarkozy à l'encontre du site de l'hebdomadaire, pour avoir fait état d'un SMS adressé à son ex-femme Cécilia.

"Si tu reviens, j'annule tout." Tel serait le contenu du SMS que le chef de l'Etat aurait envoyé à son ancienne épouse huit jours avant son mariage, selon un article publié mercredi sur NouvelObs.com. Article dans lequel le site s'interroge:

"Quelle est la part de vengeance et de provocation vis-à-vis de Cécilia dans l’attitude de Nicolas Sarkozy ces dernières semaines?"

Mais pour Guillaume Malaurie, la plainte correspond d'abord à une "stratégie politique". Alors que "le Président est dans un climat de fragilité énorme", il contre-attaque en s'en prenant à la presse, la semaine où les trois principaux news magazines titrent "Le Président qui fait pschitt..." (Nouvel Observateur), "La déception" (L'Express) et "Ce qui Cloche" (Le Point):



Cette stratégie "se voit par le relais d'un certain nombre de ministres qui aujourd'hui ont décidé de taper sur les médias", continue-t-il. L'interview de Rama Yade ce vendredi ne peut que lui donner raison. Au micro de RTL, la secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères et aux Droits de l'homme s'en est violemment pris aux journalites, dans leur globalité, parlant même de "charognards":

"Ce qui me frappe, c'est l'extrême violence des attaques contre le président de la République. Des attaques personnelles, ciblées, que je trouve indignes, infamantes. On a l'impression de voir des charognards qui ont humé l'odeur de leur proie et qui fondent sur lui, qui s'acharnent, parce que moi je trouve que c'est une véritable chasse à l'homme. (...) Ces gens qui veulent la peau de Nicolas Sarkozy, sont des gens qui veulent leur revanche parce qu'ils n'ont pas accepté qu'il préside aux destinées de ce pays."

En plus de ressentir une "extrême violence", le directeur de la rédaction de l'hebdomadaire estime que la procédure est "baroque et compliquée" car le "président de la République est lui dans une position où il n'est pas possible d'investiguer sur son cas". Nicolas Sarkozy userait de "méthodes d'intimidation qui sont formidablement inquiétantes":



"On ne nous attaque pas sur la vie privée ou la diffamation", mais "l'utilisation frauduleuse de quelque chose qui existe", relève Guillaume Malaurie, qui indique aussi que le parquet n'a toujours pas donné suite à la plainte pour "faux, usage de faux et recel". Si la justice suit la logique du chef de l'Etat, elle devra donc chercher à établir l'existence -ou non- de ce SMS. Ce qui revient à chercher quelles sont les sources du Nouvel Observateur.

Paradoxal pour un Président qui, lors de sa conférence de presse du 8 janvier, promettait un texte sur la protection des sources journalistiques. Parce que, expliquait-il:

"Un journaliste digne de ce nom ne donne pas ses sources. Chacun doit le comprendre, chacun doit l'accepter. (...) Il m'arrive d'être mitigé sur le respect d'une certaine déontologie professionnelle de certains de vos confères, je ne l'ai jamais caché et je l'assume. (...) [Mais] je préfère les excès de la presse à l'absence de la presse."

Concernant ce SMS, le directeur de la rédaction de l'hebdomadaire précise qu'"il peut y avoir plusieurs témoins qui en ont été dépositaires et qui connaissent son contenu":



Preuve est faite une nouvelle fois de "l'exhibitionnisme du privé" dans la vie politique, ce qui "fait en sorte qu'aujourd'hui on a du mal à s'y retrouver", analyse Guillaume Malaurie, pour qui ce mélange des genres est "revendiqué par le Président de la République depuis maintenant huit mois":



Le site du Nouvel Observateur avait publié son scoop aujourd'hui contesté dans la catégorie "People". Le papier relatant le dépôt de plainte contre le site du magazine apparaît lui dans la rubrique "Médias & Pouvoirs".

Addendum le 10/02/2008 à 12h00: le parquet de Paris a annoncé l'ouverture d'une enquête préliminaire à la suite de la plainte pour "faux" par Nicolas Sarkozy contre le site NouvelObs.com.


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Par matht
16H10    08/02/2008

Il serait temps qu'enfin tout le monde se réveille !!!
Nicolas Sarkozy est coupable de foutaise et usage de foutaise.
La simple lecture de l'article 441-1 du code pénal sur le faux et son usage prouve que le fondement de la plainte est complètement fantaisiste. Il est nécessaire que le faux ait "pour objet ou qui peut avoir pour effet d'établir la preuve d'un droit ou d'un fait ayant des conséquences juridiques". Ce qui n'est absolument pas le cas si ce n'est que le simple article de presse (certes attaquable sur le fondement de la diffamation, si ce qui est relaté est faux, mais pas pour sur le fondement du faux et usage de faux !).
N'est-ce pas une grave tentative d'intimidation des journalistes et une manipulation de l'opinion (puisque la plainte n'aboutira pas...) ?
En tout cas, certains commencent à parler de Nicolas Sarkozy comme du Président de la République qui fait Pschiiit !
Il se pourrait bien qu'on parle très bientôt de Nicolas Sarkozy comme l'avocat qui fait Pschiiit (...lorsque sa plainte sera classée sans suite comme manquant de fondement).

 
16H10    08/02/2008

S'il ne porte plainte que sur la première partie de l'article, ça veut dire que la seconde est vraie ... ?

Citation :

"Pendant son mariage, le chef de l’Etat est apparu à plusieurs témoins moins heureux qu’on aurait pu l’imaginer. Il était même particulièrement tendu lorsque Catherine Pégard, à l’issue de la cérémonie, lui a soumis un communiqué. Il l’a renvoyé dans les cordes : 'Pas besoin de communiqué, tous ces cons, j’en ai rien à foutre' lui a-t-il lancé".

Ca c'est de l'info !

http://lesmots.freelatitude.net

...

 
Par René B.
16H28    08/02/2008

Ceux qui veulent la chute de Sarkozy commence à bien comprendre que le défaut de la cuirasse du guerrier c'est l'affectif. Attaquez sa fonction, sa politique, pas de problème, il riposte, il argumente, il peut convaincre. Attaquez sa personne? Il perd les pédales, injurie, poursuit, se venge.
Sarkozy veut être le meilleur, le plus aimé, l'élu. il n'aime pas être plaqué.
Dans la mesure où les électeurs se sont, en majorité, fait séduire, il nous reste les femmes pour venir à bout du bonhomme et nous en débarrasser.
Plus que jamais, la femme est l'avenir de l'homme...

 
16H29    08/02/2008

La presse française est dorénavant irrécupérable.

L'article en question passe de "aurait envoyé "
à
"le président de la République a adressé un SMS à son ex épouse en forme d'ultimatum [...] lui a-t-il écrit".

Avant d'analyser l'éventuel comportement de N.Sarkozy - chaque chose en son temps -, pourquoi ne pas s'interroger sur la limite que vient de franchir la presse ?

au mieux il y a "faux et usage"
au pire "vol et recel"

 
Par guerzit
16H32    08/02/2008

Il avait ajouté sur son SMS : "C'est quelqu'un qui m'a dit que... tu m'aimais encore"

 
Par Erka
16H36    08/02/2008

Quand on vois les horreurs que son ex femme sort sur lui (cf. les recents ouvrages, que je n'ai pas lu mais dont les "bonnes pages" sont plutot acides), il faut etre completement debile pour envoyer des messages comme ca dans une situation pareille, et pire, quand on est president de la republique!!! Il est evident que le premier truc que cette femme (pas franchement respectable et delicate, a premiere vue) aura fait est de brandir le petit mot pathetique devant ses copines et d'en ricaner sur l'air du "il est vraiment grave".
La source, elle est pas dure a trouver, c'est ca qui va etre rigolo...

 
Par didasko
00H08    09/02/2008

lu à l'instant sur yahoo ...
L'association Reporters sans frontières (RSF) s'est inquiétée vendredi de la plainte pour "faux, usage de faux et recel", déposée par le chef de l'Etat. "Le chef de l'Etat poursuit sur la base du code pénal, alors qu'il aurait très bien pu engager des poursuites civiles pour atteinte à la vie privée", déclare RSF dans un communiqué.

Me Richard Malka, avocat entre autres de "Charlie Hebdo" et spécialisé dans le droit de la presse, a pour sa part qualifié cette procédure de "gravissime". "La signification de cette démarche est extrêmement grave. Il n'y a que dans les sociétés dictatoriales que l'on applique les délits de droit commun aux journalistes", a-t-il dit à l'Associated Press.

Cette plainte "vise à terroriser les journalistes" pour que s'arrêtent les atteintes à l'intimité de la vie privée du chef de l'Etat. "Mais qui a allumé la mèche?", a lancé Me Malka avant de regretter que "le président ait recours à ce type de procédé pour une histoire de vie privée. Il n'y a plus de dignité".

De son côté, Me Emmanuel Pierrat, également spécialisé dans le contentieux de la presse, considère que cette plainte est "à la fois inattendue et extrêmement bien calculée". Déporter, selon lui, le débat sur le "terrain du faux est fait pour éviter l'effet boomerang d'une procédure pour atteinte à le vie privée qui aurait nécessité un débat public".

 
Par Alexandre
01H41    09/02/2008

Médiocrité du Nouvel Obs

Au lieu d'accepter un dérapage correspondant à publier une information visiblement non vérifiée, non recoupée, à caractère diffamatoire et susceptible de semer le trouble non seulement dans l'image publique mais aussi sur sa vie privée, le rédacteur en chef crie à l'attaque sur la liberté de la presse et à l'écran de fumée médiatique.

Comme si le dossier du Nouvel Obs sur le président qui "Pschitt" était si dérangeant..non mais de qui se moque-t-on..

Aucune remise en question, aucune excuse, rien..c'est une réaction de minable.

Je ne suis pas sarkozyste mais en l'occurrence il a eu raison et j'espère que le Nouvel Obs le paiera cher.

Quand on ne se comporte pas en journaliste il faut s'attendre à ne pas être traité en journaliste et en criminel de droit commun.

Publier cette pseudo information était scandaleux, avoir cette réaction est scandaleux.

Honte au Nouvel Obs.