Quand, au micro d’une radio de grande écoute, la secrétaire d’Etat chargée des "Droits de l’homme" s’en prend aux médias, sans distinction, en parlant des "charognards", il y a de quoi s’inquiéter.
Surtout quand, pendant ce temps, le président de la République attaque un journal au pénal, le Nouvel Observateur, ce que n’ont jamais fait ses prédécesseurs.
Surtout lorsque tout cela arrive après qu’un journaliste, Guillaume Dasquié, a subi une perquisition doublée d’une garde à vue, sur une plainte du ministère de la Défense, en vue de lui faire avouer quelles sont ses sources. L’émotion suscitée par cette affaire a été telle que Nicolas Sarkozy a dû promettre un renforcement de la protection des sources.
Surtout si l’on se souvient qu’une autre perquisition, en mai, a été conduite dans les locaux du Canard enchaîné dans le cadre d’une enquête liée à l’affaire Clearstream.
Surtout si l’on prend la mesure du contexte général, étrange, dans lequel les proches amis du chef de l’Etat, Arnaud Lagardère (le "frère"), Martin Bouygues (le parrain du fils), Bernard Arnault (le témoin de mariage), Vincent Bolloré (le voyagiste), qui figurent tous au top 15 des plus grandes fortunes de France, contrôlent une grande partie des médias.
L’affaire du "SMS" est sérieuse. Peu importe le contenu de l’article de l’Obs visé par Nicolas Sarkozy (il évoque le contenu supposé d’une correspondance privée): lorsqu’on attaque la presse, on ne commence jamais par les articles irréprochables, et le "confidentiel" de l’hebdo ne l’est pas (même si nous nous en sommes nous même fait l’écho). Ce qui est grave, dans cet épisode du règne Sarkozy, c’est la volonté d’intimidation des médias.
Lorsque le chef de l’Etat, lui-même juridiquement irresponsable dans l’exercice de ses fonctions, attaque un journal en justice, c’est, par nature, une novation dangereuse. Une façon de poser des limites à la liberté de la presse et, ce faisant, d’écorner une démocratie que le Président veut pourtant "irréprochable".
Pascal Riché






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« l’affaire du SMS » puisqu’il convient désormais de l’appeller ainsi, illustre assez bien la situation politico-médiatique actuelle de la France.
Que Nicolas Sarkozy mette à mal la « jurisprudence » présidentielle n’est pas étonnant, le gouvernement à bien aboli nombre des pratiques instituées précédement (jurisprudence Beregovoy, Jospin, etc..) et la défense de la constitution française qui incombe au président n’est manifestement pas l’une de ses priorités.
Vous oubliez également dans votre inventaire récent les propos tenus lors de la conférence de presse à Monsieur Joffrin (à la fois incroyablement arrogants sur la forme et terriblement stupides sur le fond, Nicolas Sarkozy illustrant dans le meilleur des cas sa connaissance pour le moins limitée des sciences politiques), les nombreuses esclandres avec des journalistes étrangers, les pressions exercées sur paris match avec les conséquences que l’on sait pour monsieur Genestar, etc…
Vous oubliez également l’incroyable complaisance de la presse à son égard lors de la campagne présidentielle (le « destin en marche » de Paris Match), les dix couvertures du Point en moins de deux ans (pour quatre consacrée à Royale), la surmédiatisation de sa vie privée, etc..), alors même qu’il a traité les médias avec un mépris hallucinant (ainsi des épisodes relatifs à Beaufils, de Challenges, dont il n’avait pas aimé le numéro « pourquoi sarko fait-il peur? », Demorand, de France Inter (« vous êtes aussi bon journaliste que l’on me l’a dit… vous êtes le contraire de cette journaliste russe [assasinée deux jours plus tôt], courageuse, qui voyait tout : vous ne voyez rien !) ou même D’arvor (j’ai regardé le journal où vous avez interviewé (c’est un grand mot!) mme royal, et l’art avec lequel elle n’a répondu a aucune de vos questions)…).
Vous oubliez également les menaces (le « je m’en souviendrai! » répété deux fois à un Algalarrondo, du nouvel obs, pointé de l’index, aprés leur numéro « sarko secret », les propos tenus au rédacteur du parision qui avait évoqué ses déboires conjuguaux « moi aussi, je sais des choses sur votre vie privée… Moi aussi, je pourrais en dire des trucs… », etc…).
Vous oubliez les propos hallucinants tenus par des élus UMP sur le journal libération, principal « journal d’opposition » ces dernières semaines.
Vous oubliez la crise actuelle de la presse en générale et du monde en particulier, qui n’est pas inintéressante au regard de la situation générale des médias. Le récent scandale du Figaro au regard de Monsieur Rocard. L’introduction de journalistes dans l’équipe rapprochée de l’élysée, paiement sans doute pour services rendus.
Et surtout l’omniprésence médiatique de l’ex candidat et désormais président depuis prêt de deux ans.
C’est là que le bât blesse.
Monsieur Sarkozy a orchestré avec maestria une campagne de communication extrêmement efficace. Il a instrumentalisé les médias, alliés (pour la plupart) ou adversaires (pour un petit nombre) afin d’apparaître au centre de tous les débâts. Il a occupé l’espace médiatique comme personne, personnel politique ou non, avant lui.
Cette stratégie se retourne à présent contre lui, chose prévisible et prévue de fait par de nombreux observateurs. Elle n’est pas nécessairement à l’honneur de la presse, qui brûle ce qu’elle a adorée, les yeux rivés sur les sondages d’opinion et les chiffres de vente.
Quelle est sa réaction?
Les sondages ne sont plus commentés (pour la première fois en dix ans, ils ne constituent plus une « question de fond » des conférences de presse), il attaque un journal en justice pour des révélations sur une vie privée qu’il surmédiatise depuis des mois…et sa secrétaire des droits de l’homme (on peut goûter l’ironie de la chose) est lachée sur la meute des « charognards »
Le probléme n’est pas de faire à Sarkozy un procés en Stalinisme ou en Nazisme. Il n’est pas celui qui a fait de la France la seule démocratie du monde présentant une telle concentration sur le plan des médias de masse (5 groupes industriels possédent plus de 75% des médias français, dont deux « marchands de canon » et deux groupes dont l’activité est intimement liée à l’étât), un phénoméne qui inquiéte nos voisins depuis plusieurs années.
Il est simplement celui qui a le mieux perçu et utilisé cette situation, et a su s’aliéner les bonnes graces des dirigeants qui président à l’écrasante majorité de la communication médiatique.
Le retournement actuel de la presse (à relativiser, puisque TF1, le Figaro, France 2, la presse people et la majorité de la presse régionale reste asservie à sa brillante stratégie médiatique) en est une conséquence directe.
On ne peut mépriser et humilier une corporation entière sans en payer le prix tôt ou tard, et bien que la curée soit lancée (le président qui fait pschiit, la déception, ce qui cloche, etc…), nul ne sait combien de temps elle durera. Il importe donc d’en profiter, manifestement dans l’urgence…
Les médias ont fait l’élection de monsieur Sarkozy.
En refusant de rapporter la réalité de ses propos et de son programme, en acceptant de l’installer au coeur de la machine médiatique, en ne mettant pas à mal l’image de réformateur qu’un homme au coeur du pouvoir depuis quinze ans tentait d’imposer, en s’abstenant d’analyser le discours et le projet de société pour se consacrer à l’homme et à la fascination qu’il suscite manifestement…
La nouvelle stratégie offensive de Nicolas Sarkozy est sans doute une erreur : loin d’intimider la presse, elle ne fera probablement qu’attirer l’attention des électeurs sur le malaise grandissant de la profession face à ce systéme. Ce retour à la « candidature permanente » risque de ne pas prendre, car Nicolas Sarkozy n’est plus candidat, il est élu.
Il était par ailleurs inévitable que le Nicolas Sarkozy mythique (celui que les français ont élus, celui que les médias ont contribués à créer) soit rattrapé tôt ou tard par le Nicolas Sarkozy réel (et le contraste est saisissant).
Reste que sur le plan juridique, et sur le plan des principes fondamentaux de la république, des libertés fondamentales qui garantissent le respect de la démocratie, cette violation est salutaire.
Salutaire parcequ’elle force enfin, depuis quelques semaines, les médias à mettre en avant la réalité des soutiens du sarkozysme.
Salutaire parceque la presse reprend un rôle critique qui aurait du toujours être le sien.
Salutaire parceque l’on peut espérer que les français réalisent enfin (mais un peu tard) et se promettent qu’on ne les y reprendrait plus…
J’invite donc notre président, ses conseillers, son gouvernement et son parti politique à bafouer le plus vite possible et de la manière la plus voyante possible les principes sur lesquels est fondée notre république : la liberté et l’indépendance de la presse en tant que garantie d’un vote éclairé et en toute connaissance de cause…
Si cela ne suffit pas à éveiller les consciences, il est à craindre que rien ne le fasse…
Cette « info » concernant le SMS : c’est pour dire quoi?
Qu’il épouse Carla mais qu’il aime encore Cécilia? Qu’il se venge du désamour de Cécilia en se mariant avec une nana qui lui ressemble étrangement physiquement?
Qu’il est une « girouette » en amour et donc probablement aussi en politique?
Peut-être tout cela.
Mais … quelle réaction disproportionnée!
Combien d‘« egos » a-t’il fallu calmer? Celui de Carla et le sien?
Mais qui joue avec les medias depuis tant d’années, et qui s’y est mis récemment et avec quelle vertueuse bonne grâce en appelant son pote C.Barbier de l’EXPRESS pour qu’on parle d’elle après le « flop » de son dernier disque…quand elle arpentait les allées de Disneyland…?
Le problème, ce sont les sondages qui le descendent, les trois « unes » de magazines qui le plombent - parce que son action politique est déplorable, pour ne pas dire très inquiétante- et le fait que sans doute, ça sent le roussi non loin de ses fesses et qu’il se débat tant qu’il peut.
Si les journalistes avaient eu le cran de quitter sa conférence de » presse spectacle c’est moi le plus mieux » (sous-entendu : »et je vous emmerde »), il aurait plus de respect pour eux, car il n’existe pas sans eux.