La révolution des disquaires numériques: du 2.0 dans ma stéréo

La saison de la chasse aux téléchargements illégaux est officiellement ouverte, et les majors, obsédées par la répression, semblent refuser la réalité: toute l’organisation du secteur musical -distribution, marketing, production- est en pleine révolution.

Les associations de producteurs, avec à leur tête l’IFPI (International federation of the phonographic industry) récoltent le soutien des gouvernements européens pour imposer aux fournisseurs d’accès Internet de rejoindre leur camp dans la grande bataille contre le piratage. Après avoir mené une guerre stérile aux sites facilitateurs de "partage" de contenus (napster, e-mule, mininova, pirate bay, tous encore en ligne ou transformés), l’industrie se lance dans la surveillance des utilisateurs. La prochaine étape sera-t-elle d’obliger les français à acheter un CD par mois?

Les nouveaux disquaires numériques

Imaginez un logiciel capable d’analyser les titres que vous aimez, ceux que vous possédez et ceux que vous écoutez le plus souvent sur votre lecteur MP3, de comparer votre profil avec celui d’autres utilisateurs, et de vous suggérer une série de nouveaux artistes et albums susceptibles de vous plaire… et en prime de vous mettre en contact avec les utilisateurs ayant un profil similaire au votre. Quel disquaire saurait vous connaître et vous conseiller aussi exhaustivement et précisément? Les nouvelles plateformes d’écoute et de vente de musique en ligne, grâce à d’ingénieux algorithmes et filtres informatiques le peuvent; et leur audience ne cesse de croître! Last.fm, Deezer.com, Ilike.com, au total plus de 20 millions de visiteurs uniques (sans compter MySpace) visitent tous les mois ces nouvelles plateformes musicales, qui conjuguent conseils personnalisés et dimension sociale. Pour ces auditeurs, ces sites font office de radio, de jukebox, de borne d’écoute, de magasin et de CDthèque tout en un.

La perle rare n’est qu’à quelques clics

Evidemment, en personnalisant ainsi le conseil, en le rendant facile, interactif et poussé, on ouvre de nouvelles possibilités et de nouveaux leviers à la curiosité. Les petits artistes indépendants, en particulier, ont ainsi des chances multipliées de rencontrer leur public. Habituellement recalés en fond de rayon des grands magasins, les indépendants trouvent ici de nouvelles possibilités de mise en avant. Ainsi fonctionne
Jamendo, plateforme radicalement engagée dans la promotion des artistes indépendants, dont les morceaux sont proposés en téléchargement gratuit, légal et illimité: déjà 330000 artistes et 5000 heures de musique accessibles à tous!

Face à un tel foisonnement, difficile de se repérer en l’absence de marques, labels, ou éditorialisation de quelque sorte. Chacun est appelé à faire son propre tri, à devenir découvreur de talent.

A nouveaux circuits de distributions, nouvelles structures de financement

Le mélomane curieux a donc de quoi s’occuper plus que de raison grâce à ces nouvelles vitrines numériques. Et si la découverte ne lui suffit plus… il peut maintenant se lancer dans la production: grâce à spidart, chacun peut participer au financement des artistes inscrits sur le site, à la mesure de ces moyens et de sa conviction (à partir de 10 euros): le site agrège les contributions des amateurs pour produire les artistes sélectionnés. En cas de bénéfices, le site les partage avec l’artiste, et le(s) producteur(s). Les indépendants ont donc, eux aussi, les moyens de se passer des maisons de production institutionnelles.

Et on imagine bien la crise existentielle que traversent ces dernières: les grandes stars les délaissent (cf. le coup de maître de Radiohead à l'hiver 2007) et les petits artistes s’organisent de mieux en mieux pour se passer d’elles. Pourtant, il y a bien d’autres réponses que la répression et le déni face à cette révolution technologique. Des réponses qui, jusqu’à maintenant, n’ont été que timidement explorées par les majors qui ont pourtant la notoriété, la légitimité et les moyens pour mener la transformation de cette industrie.

A la question d’un journaliste qui demande ce que l’arrivée du numérique a changé dans le fonctionnement de sa maison de disque, Universal, Pascal Nègre répond en exposant ses nouvelles techniques marketing mais finalement révèle que "fondamentalement rien" n’a changé. C’est là que l’industrie perd le contact avec la réalité des utilisateurs: pour eux, tout à changé.


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16H06 08/02/2008

Qu'auront comme avantage, en retour, les FAI, pour "faire la chasse" aux internautes qui téléchargent ?
Vont-ils prendre le risque de perdre des clients pour faire plaisir aux producteurs ?
Il fut un temps où on enregistrait une chanson sur K7 dès qu'elle était annoncée à la radio et personne ne s'en émouvait...
Sur CD, ça change quoi ?

En ce qui concerne les films téléchargés, si nous achetons un lecteur-graveur de DVD et prenons un abonnement satellite, on peut enregistrer un nombre infini de films et les copier sur PC à l'infini...

Il m'est arrivé de télécharger et sans avoir mauvaise conscience !
Une série comme "Les Rois maudits" de 1972... à qui cela peut-il nuire quant à la création ?
"La caméra explore le temps...etc"

J'ai lu que certaines chansons étaient téléchargées dès leur sortie dans les "bacs".
Mais on nous les passe, telles des scies, à longueur de journée sur les ondes !
Si j'enclanche mon enregistrement sur cassette, je risque quoi ?????

J'aimerais qu'on m'explique la différence...

 
Infofar | Technophile citoyen
13H56 09/02/2008

Les modalités de filtrage des internautes ne sont pas encore gravées dans le marbre. Il est sûr que les FAI n'ont absolument aucun intérêt a collaborer avec les ayant droits, et c'est pour cela que le rapport Olivennes prévoit une procédure judiciaire et la mise en place d'une « Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet » qui recueillera les plaintes des producteurs et contraindra les FAI a collaborer pour la riposte graduée.
C'est cette haute autorité, composée de 6 personnes nommées par le gouvernement, qui décidera du type de surveillance sur le trafic internet et les adresses IP des internautes. Pour sûr, ce comité aurait plu à G.Orwell...

 
Blaise Lapoisse | gonz'poilu
12H55 09/02/2008

Admettons que je télécharge, comme je possède déja des quantités de musique sur vinyl, CD quand Mr Nègre ou ses sbires voudrons me poursuivre il leur faudra apporter la preuve du délit et donc inventorier ma discothèque ? Puisque le téléchargement des oeuvres que l'on possède déja est légal étant assimilé à la copie privée .
Au moyen d'un huissier qui viendra camper dans mon salon pendant 3 jours ?
Je dirai comme Joey Starr : "j'en ai la fente qui suinte" à l'idée de faire découvrir à ce brave huissier l'extase sidérante du death metal finnois .
Autrement allez voir du côté de www disqueenfrance.com , site de l'industrie phonographique existant depuis plusieurs années, qui est supposé annoncer les nouveautés du disque, à l'onglet "sorties" il n'y a qu'une page blanche, vide au point qu'on se demande pourquoi ils maintiennent le site en cet état qui les dessert et ne ferment pas tout bonnement l'item ?
tout le reste du site est consacré à la réjouissante analyse de la plongée abyssale de leurs ventes depuis 15 ans .
Ces gens sabotent leur boulot et viennent nous accuser de leur savonner la planche .

 
déluge | menuisier
10H10 14/02/2008

Avoir "la fente qui suinte" en écoutant du death metal finnois... L'expérience est séduisante.

 
Propergol | Etudiant francais en Allemagne
18H27 08/02/2008

Ils la savonnent eux-mêmes la planche..

Je suis bien navré de le constater, mais des Beatles à nos jours, les majors les plus riches sont ceux qui me paraissent avoir été les plus attirés par le fric plus que par la création.

Aujourd'hui rien n'a changé. Au lieu de se bouger les f**** pour faire évoluer le monde de la musique et sa distribution, ils tremblent et gardent l'oeil avant tout sur leur chiffre d'affaire.

Ce qui pénalise même les petits labels qui, à défaut de se lancer complètement dans le 2.0, sont très soucieuse du côté créatif de leurs artistes.

J'ai bossé deux mois cet été dans un petit label comme ça, qualité de musique incroyable, des gens passionnés, des experts du son et du message à faire passer, mais galérant comme des chiens pour faire passer auprès des grands distributeurs de musique leurs artistes.

 
Colonel Fabien | www.get_anxious.com
23H38 08/02/2008

Saviez-vous que sur 10 disques produits, 1 seul est suffisamment rentable pour couvrir les frais des 9 autres ?
Le risque à moyen terme, c'est que les majors se concentrent sur des "valeurs sûres" et que les labels indépendants aient encore plus de mal à se faire entendre. Il restera toujours la solution du Net avec la vente directe des artistes aux auditeurs (comme Radiohead avec son dernier album où l'on fixait soi-même le prix d'achat de l'album; mais bon, n'est pas Radiohead qui veut) ou les sites comme MySpace...
Mais pour un Artic Monkeys, un Justice ou un Kamini, combien d'artistes indépendants ne verront jamais le jour ?
C'est peut-être une phase importante de l'évolution de l'industrie musicale (et audiovisuelle en générale, le problème se pose aussi pour le cinéma à l'heure où les séries télé cartonnent), où seuls les plus forts restent.

 
01H40 09/02/2008

Le risque à moyen terme, c'est que les majors se concentrent sur des "valeurs sûres" [...]

Trop tard : c'est déjà fait.

 
Infofar | Technophile citoyen
14H06 09/02/2008

Internet ne représente pas que la possibilité de vente directe à la façon de Radiohead. C'est, à mon avis, justement l'occasion de "voir le jour" pour des artistes indépendants de plus en plus nombreux: allez sur jamendo.com ou spidart.com et vous écouterez justement des artistes qu'aucune major ne juge "rentable" et qui n'auraient jamais été jusqu'à vos oreilles sans la révolution numérique et la passion des entrepreneurs qui ont crée ces sites.

 
Colonel Fabien | www.get_anxious.com
21H22 09/02/2008

On en revient au système des labels et des majors.
Pour qu'un artiste vive de son art et de sa passion, il doit encore passer par eux pour commercialiser ses créations (puisque la diffusion est assurée par le Net).
Ce n'est que la première étape de cette révolution.
Les artistes qui veulent (et peuvent) s'affranchir du système en passeront par là.
Plus d'intermédiaire qui vous dit quoi faire et comment le faire (et se sucre largement au passage).
On propose directement sa création à ceux que cela intéresse et ils en fixent la valeur.

 
keumar | Indé
01H59 10/02/2008

Vous en êtes encore à penser que les majors et les indés sont dans le même sac...

Vous ne comprenez toujours pas que la plupart des labels indépendants ont été crées par des artistes.

Vous continuez à faire semblant de croire que les artistes peuvent s'affranchir de tout soutien...

En fait vous voulez juste avoir de la musique gratos non?..;

 
déluge | menuisier
10H14 14/02/2008

En voilà un article interressant à publier: Une recension des sites dans le genre que vous évoquez, des radios en ligne. Bref de quoi s'orienter pour des gens comme moi, très interressés par ces offres alternatives mais un peu démunis dans les arborescences de la toile.

 
13H08 09/02/2008

ben voyons !! pour quand le Monsanto de la musique !? s'il doit rester une zone de liberté absolue , que ce soit le web et basta !!! Resisrance !!!

 
12H06 13/02/2008

Nous avons lu avec attention cet article, ici on travaille à une petite idée qui est entrain de faire son chemin et qui pourrait apporter une solution à la chute des ventes, la musique interactive, l'utilisateur achète un titre au format .ivs (le .mp3 est devenu un objet gratuit) et il peut performer son titre et en faire des versions à l'infini sur notre player car le fichier ivs contient la chanson sous forme de pistes séparées pour chaque instrument chaque voix etc. l'utilisateur peut ajouter un instrument ou en enlever en temps réel ou faire une intro qui dure plus longtemps, en fait l'utilisateur va performer son titre favori pour en faire une version unique qui lui est propre, y imprimer sa personnalité, de plus le system utilise la webcam de l'ordinateur donc il va pouvoir faire cela en live sur MSN ou Skype et enregistrer son clip au format mp3 ou avi. Les mouvements de l'utilisateur devant une web cam suffisent à controler le titre, il suffit de danser légerement car chaque partie de l'image controle une partie de la chanson. Les premiers artistes ont signé avec ce nouveau label technologique et la première version beta du logiciel d'ici 1 mois maximum.

 
déluge | menuisier
10H16 14/02/2008

Bravo!