La sidérurgie, une machine à gonfler les fortunes privées
L'histoire d'amour qui lie l'Etat français et le secteur sidérurgique est ancienne. La prestation remarquée de Nicolas Sarkozy ce lundi 4 février sur le site de Gandrange en est une nouvelle manifestation.
L'usine de Gandrange, appartenant à Arcelor (plus précisément à Usinor), a été cédée en 1999 au groupe indien Mittal pour un franc symbolique. Le trust français Arcelor, numéro un mondial de l'acier, devait être racheté le 25 juillet 2006 par le même Mittal pour 26,9 milliards d'euros.
Depuis le début des années 70, l'Etat s'était pourtant dépensé sans compter pour Arcelor et le secteur sidérurgique français. Principal propriétaire de l'une de ses deux grandes composantes, Sacilor, la famille de Wendel -dont sont issus notamment Antoine Seillière, Françoise de Panafieu ou une partie de la famille Schneider - a ainsi largement bénéficié de la générosité de l'Etat. Dès 1978, alors qu'Usinor-Sacilor licenciait 22 000 salariés, l'Etat reprenait à son compte 22 milliards de francs de dettes du groupe. Le président français, qui autorisait cette généreuse intervention, était également apparenté, par son épouse, à la famille Wendel.
Des subventions par centaines de milliards
L'alternance politique ne devait pas modifier cette ligne de conduite: la nationalisation du groupe, entre 1978 et 1982, devait effacer le reliquat des dettes des "maîtres de forge" (et notamment du groupe Wendel) au détriment des finances publiques. Entre 1975 et 1987, le secteur sidérurgique enregistra 80 milliards de francs de pertes (couvertes par l'état pour l'essentiel) et englouti plus de 100 milliards de subventions publiques.
Les "plans acier" de 1977 et 1982 auront, de manière remarquable mais aux prix d'investissements financiers publics colossaux et de massives suppressions d'emplois (130 milliards de francs et 100 000 suppressions de postes en vingt ans), restauré la rentabilité de la sidérurgie en apurant son passif et en multipliant par trois sa productivité. Ce, pour le plus grand bénéfice du secteur privé.
En effet, le groupe est privatisé à vil prix (à peine dix milliards de francs) dés 1995 par Alain Juppé, non sans que l'Etat n'eût préalablement pris à sa charge le reliquat de ses dettes. Les actions sont en grande partie acquises par des fonds de pension (plus de 30% de l'ensemble).
Les grands actionnaires (les petits porteurs ont tout perdu lors de la recapitalisation du groupe par Alain Madelin en 1986) ont donc généré des fortunes considérables à trois reprises : lors de la nationalisation du groupe, puis lors de sa privatisation, quinze ans plus tard, et enfin lors du rachat par Mittal après dix ans de consolidation. Ce bien évidemment sans tenir compte des bénéfices secondaires pour les chantres de cette privatisation (ainsi des 325 000 stock options liquidées par Francis Mer, PDG du groupe).
Un cadeau pour Mittal
Le rachat du groupe Arcelor par Mittal est emblématique: pour moins de 27 milliards d'euros, le groupe indien devient le numéro un mondial de l'acier et s'offre le produit de 20 milliards d'euros d'investissements de fonds publics français. Des investissements que les actionnaires privés se sont avérés incapables de protéger contre une OPA hostile d'un industriel étranger. Peut-être la valorisation de leurs portefeuilles d'action (valeur doublée en cinq mois, plus de 4 millions d'euros de stock options pour le seul PDG du groupe, monsieur Dollé) n'est-elle pas totalement étrangère à cette incapacité.
Un intéressant symbole de notre temps en effet que celui d'un secteur industriel "sauvé" d'une crise catastrophique pour un coût faramineux, assumé presque intégralement par le contribuable français, sans que les salariés en bénéficient à aucun moment (75% des emplois du secteur ont disparus) et donc pour le seul bénéfice des principaux actionnaires. Chaque salarié de la sidérurgie licencié aura coûté à l'état français plus d'un million de francs.
mutualiser les pertes, privatiser les gains
Quand bien même elle apparaît en totale contradiction avec le dogme fondateur de la pensée économique actuelle (l'efficacité économique du secteur privé par opposition à la gabegie du secteur public), cette classique succession nationalisation/privatisation a permis de transférer des milliards d'euros des caisses de l'état vers des patrimoines privés qui, chose étonnante, furent souvent ceux des grandes fortunes française.
On peut y voir l'application d'un axiome moins connu du capitalisme moderne : mutualiser les pertes, privatiser les gains.
Et aujourd'hui?
Le 16 janvier 2008, la direction du groupe Mittal annonce la fermeture partielle du site de Gandrange et le reclassement intégral des 595 employés dont les postes vont être supprimés. Une enveloppe de formation de 20 millions d'euros est dégagée par Mittal pour garantir ce reclassement. L'usine de Grandange déclare 36 millions d'euros de pertes en 2007 (3,6% de son chiffre d'affaire), 20 millions en 2006. Parallèlement, le groupe Mittal a investi 30 millions d'euros en 2007 (et prévoit d'en investir 65 millions en 2008) pour la modernisation du site de Florange, également dans le bassin lorrain et considéré comme plus adapté au développement de l'activité du groupe.
Le 28 janvier, Lakshmi Mittal, président du groupe Arcelor-Mittal, est reçu à l'Elysée par Nicolas Sarkozy. Ce dernier semble satisfait des engagements pris par le groupe indien : discussion avec les syndicats sur une éventuelle solution alternative jusqu'en avril et garantie qu'aucun licenciement sec n'est envisagé. En effet, tous les salariés concernés se verront proposer un emploi alternatif sur un autre site du groupe, pour l'essentiel dans le bassin lorrain. On rappellera que Lakshmi Mittal ne fait en cela que se soumettre à la législation sociale française: dans un groupe international de cette taille et dégageant de semblables bénéfices, un licenciement sec est impossible du fait de l'obligation de reclassement des salariés concernés par un licenciement économique. Cette obligation est en effet appréciée au niveau du groupe dans son ensemble, et non du seul site.
30 milions de plus sans contrepartie
Le 4 février, Nicolas Sarkozy effectue, sous les feux des caméras, une brève visite (45 minutes) aux salariés de l'usine de Grandrange. Il y annonce son intention de financer "tout ou partie" des investissements qui "auraient du être faits depuis longtemps sur le site et qui n'ont pas été faits". Le coût de ces investissements, connu de Nicolas Sarkozy, est évalué à environ 30 millions d'euros.
Notre président se propose donc de financer, à hauteur de 30 millions d'euros et sans aucune contrepartie, la modernisation d'une usine appartenant à un groupe industriel étranger.
Est-il judicieux d'investir une telle somme dans une structure dont la valeur était estimée en 1999 à un franc symbolique et qui dégage 56 millions d'euros de déficit sur la période 2006-2007?
Rupture dans la continuité
Est-il légitime que l'état français finance les investissements industriels qu'un acteur privé se refuse à assumer, d'autant plus lorsque cet acteur est une société étrangère qui déclare 5 milliards de dollars d'excédent pour l'exercice 2007 et prévoit d'investir un milliard de dollar dans la production sidérurgique en Egypte en 2008?
Est-il justifié que l'état intervienne dans la réorganisation d'une entreprise privée qui ne va supprimer aucun emploi sur le territoire national, étant établi que rien n'empêchera cette entreprise de fermer ultérieurement l'usine, et qu'une éventuelle contribution de la société concernée se fera par définition au détriment de sa politique d'investissement sur d'autres sites du même bassin d'emploi?
Est-il approprié de contrarier les autorités communautaires de la concurrence en soutenant financièrement l'activité du numéro un mondial et européen du secteur, ce quelques jours seulement après que la Commission européenne ait rappelé à l'ordre le gouvernement français (le plus mauvais élève européen en matière de gestion des finances publiques) en l'invitant à renforcer "considérablement" sa lutte contre les déficits publics afin d'équilibrer ses comptes dés 2010?
Quelles que soient les réponses à ces questions, monsieur Sarkozy apparaît sur ce terrain comme un homme de rupture dans la continuité.
Continuité de la pratique qui consiste pour l'état à dégainer le chéquier en faveur du secteur sidérurgique, ou en tout cas de ses actionnaires (car cet argent n'aura sans doute d'autre effet que d'enrichir le groupe Mittal, notamment si l'usine est finalement fermée ou revendue après d'éventuels investissements publics), au premier signe de panique médiatique.
Rupture en ce qu'il introduit une pratique relativement novatrice pour l'Etat en subventionnant à fonds perdus des entreprises étrangères ultra bénéficiaires.
Le prix du redressement dans les sondages
Nicolas Sarkozy aura quoi qu'il en soit bénéficié d'une couverture médiatique exceptionnellement rentable sur le plan social pour moins de 45 minutes de présence, alors même qu'il est fort malmené sur ce terrain ces temps derniers. Le "dévissage" de sa popularité dans l'opinion publique, et notamment dans les milieux ouvriers, n'est sans doute pas étranger à ce soudain besoin de visiter le site de Gandrange, ainsi qu'au fracassant virage antilibéral qui l'a accompagné.
Si le redressement de notre président dans les sondages est à ce prix, on aurait mauvaise grâce à le lui refuser.
Que sont, après tout, 30 millions d'euros au regard des 20 milliards investis par l'état français pendant vingt ans pour le bénéfice final d'un groupe industriel étranger et de quelques grands actionnaires privés?
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Le comportement de Sarkozy est aberrant ,aberrant car toute entreprise en difficulté peut ainsi pretendre à un financement sans contrepartie de l'etat donc du contribuable.
IL faut plutot croire à un reveil brutal d'un president qui moins d'un an apres son election est rejeté par une majorité de français ,un president plus à ses affaires qu'aux affaires ,un president qui commence à faire figure d'imposteur face aux difficultés sociales et qui fait n'importe quoi .
si Sarkozy veut se refaire une image ,il n'a qu'à demander à Bollore d'investir dans la siderurgie .
Il se pourrait que cette visite fût l'arbre qui cache la forêt. En effet, il est plus facile de soutenir médiatiquement une seule usine plutôt que de lancer une politique capable de rendre plus compétitive l'industrie française.
Un seul qualificatif pour ces politricards :
FUMIERS !!!
Y-a-t-il besoin d'argumenter ?
Et les cgt-istes applaudissaient Sarko au moment de ce passage télé...
Merci pour cet article, ça c'est du journalisme, du vrai, on en redemande...
exact, et bravo pour Rue89 ! Dommage que ces vérités ne soient pas plus largement portées par les médias .... à la botte de .... mais, bon réjouissons nous, la chanson des beattles est diffusée dans l'espace et Carla va sortir un nouvel album !
Merci de rappeler que Françoise, la fille de deux ministres, est la cousine du baron Ernest-Antoine !
Il est bon, parfois, de le dire.
Surtout à l'approche des élections, lorsque sa proposition d'octroyer 300 € pour les gardes d'enfants à tous (contre actuellement une aide modulable, dénommée PAPADO, peut aller jusqu'à 400 €) ferait perdre 100 €/mois à 75 % des ménages parisiens, ceux qui gagnent moins de 4160 € de salaire.
Fabien
http://menilmontant.noosblog.fr/
Quelle est l'aide moyenne ? Plutôt que de nous parler que du maximum, ce serait plus intéressant.
Et prenez vous en plutôt aux députés, élus par le peuple, qui votent les réformes, pas à ceux qui les proposent.
Papier très intéressant. Je l'attendais...
Les annonces à l'emporte-pièce de Nicolas Sarkozy relèvent d'un clientélisme porté au plus haut niveau de l'État. Déclarations vibrionnantes à défaut de toute perspective globale, de stratégie et de vision d'ensemble.
La ritournelle reste par ailleurs la même : préjudices publics, profits privés...
Bravo et félécitation pour cet article que je vais garder. Merci encore
C'est une habitude du patronat français. Quand ils gagnent ils empochent, quand ils perdent, ils couinent et le contribuable paye. Elle est pas belle la vie de patron ?
Je ne suis pas contre le fait que l'état intervienne pour éviter des licenciements, ça relève de l'intéret général, une fermeture d'usine peut-être une catastrophe économique pour un territoire. Mais alors il faut nationaliser, ou, tout au moins, récupérer l'aide fournie quand l'entreprise refait des bénéfices, en prenant des participations par exemple. Eponger les dettes d'une entreprise sans contrepartie, c'est tout simplement du détournement de fonds publics.
Je suis consternée!!!
Encore un exemple du clientèlisme, de la démagogie de l'autre (j'ai désormais si peu de respect pour lui, si tant est que j'en ai jamais eu, que je ne peux plus dire ou écrire son nom).
Encore un exemple de l'utilisation de l'argent public à son profit, ou plutôt au profit de son image. A votre avis, avec ces 30 millions, il espère gagner combien de points d'opinion favorable?
En plus, la France va se mettre l'ensemble des partenaires européens encore un peu plus à dos. Comme si on avait besoin de cela.
Je suis consternée, en colère. Je suis plutôt quelqu'un de modéré, mais je ne supporte plus sa façon d'agir. Il nous prend tous pour des débiles, il n'a que mépris pour tout le monde sauf pour lui.
Il est arrogant, méprisant, vulgaire. J'ai vraiment honte.
Pour rappel, en language psychiatrique,on appelle ça un pervers narcissique.
De mes années des sciences-éco au lycée, m'était restée la notion qu'à l'état Providence s'opposait le régime de régulation capitalistique (vie et mort d'entreprise selon les règles du marché). J'associais à l'état Providence l'approvisionnement en subvention ainsi que la justice sociale tandis qu'au régime libéral j'associais réactivité et enrichissement des entreprises et des actionnaires.
Or votre article explique une contradiction qui me semble être un illustre parjure : les milliards injectés dans les sites de production de Lorraine, bref, dans la sidérurgie française, auraient en réalité servi les actionnaires majoritaires plus que les entreprises et leurs employés.
Je suis donc sidéré que l'état Providence ne soit qu'une notion décharnée habitée aujourd'hui par la pire des vilainies : l'abus des valeurs fondatrices de l'autorité de l'Etat et la transformation celui ci en pantin animé par le dessein d'interêts privés. Avec polichinelle et le gendarme réunis dans la personne de Sarkozy, et je ne sais quels groupes d'influences qui tirent le ficelles entre eux et la couette à eux.
Finalement, le jeune homme naïf que je suis s'amuse de voir le groupe indien au nom prédestiné forcer les choses. Mon seul regret est qu'à ma connaissance, Mittal n'ait pu faire la leçon à l'ancien empire colonial qu'est la Grande Bretagne. Peut-être Thatcher avait elle anticiper ces temps de rigueur et fait le ménage elle même... alors que le coq couard, sous couvert de grand mots et de milles milliards, saborde le navire. Comment nous expliqueront-ils que la ruine est providentielle : par une référence à l'univers des romantique du XIX siècle ? Je ne suis pas de ceux là, malheureusement.
"Etat providence" et "capitalisme". Dans le genre orienté ! Votre prof n'était il pas communiste ? ;)
Vous pouvez aussi rappeler que pendant tout ce temps des tas de gens ont eu un boulot, boulot qu'ils auraient surement tous perdu si rien n'avait été fait. Et qu'à l'heure actuelle, qu'on investissent de l'argent publique pour préserver ces emplois ou qu'on le donne à des chômeurs et des pré retraités ne changera pas grand chose.
Qu'en pensez vous ?
Bon article, indiscutablement.
C'est toujours bon de rappeler grâce à quelles oeuvres de longue haleine il n'y a "plus d'argent dans les caisses", et pourquoi ce sont toujours les mêmes qui doivent passer sous les fourches caudines.
Socialisation des dettes et privatisation des bénéfices : un des principes fondamentaux de la ploutocratie dictatoriale qui a sapé les bases de la République.
Leurs ancêtres l'appelaient la Gueuse. Depuis deux siècles, à force d'être de toutes les compromissions et de tous les accords extérieurs pour contourner les institutions, avant de les contrôler, ils croient avoir achevé leur oeuvre. Le Réveil sera d'autant plus brutal...
Delenda Carthago
Bravo pour cette explication de texte trés instructive.
Le pire c'est que ce n'est pas avec cela que Nicolas 1er va remonter dans les sondages.
Quelle imposture cette election 2007...on avait le choix entre la peste et le cholera...comme quoi le "politique" n'est pas en si mauvais état qu'on le dit, et qu'il arrive encore à nous ni....
Ce pauvre Sarko, il ne sait plus ou il en est,il fait tout et n'importe quoi !
Dernier "Scoop" sur le site du nouvelObs il aurait envoyé un texto à son ex " si tu reviens, j'arrête tout" info béton selon un pilier du nouvelObs !
C'est fou la vie qu'il mène, et le tragi-comique qui en découle ....
"Financement de 30 millions d'euros et sans aucune contrepartie ...." le lendemain matin C.Lagarde a désavouer les propositions du locataire de l'élysée !
Ce type et dangereux !
Y a des gens qui fondent leur idée de la politique sur des infos people douteuse ... Et ils votent !
Et où on retrouve le Medef, Wendel, Seillières et De Panafieu.
Au moins, on sait où Sarkozy prend ses ordres quitte à renoncer à son voyage de noces et à se faire rouler par Mittal.
Les salariés apprécieront la belle Sarcochonnerie.
il se fait rouler par mittal comme il s'est fait rouler par tous les chefs d'états chez qui il croyait récupérer des contrats ... pour exemple les contrats fabuleux de kadafi !!!
il joue les cadors mais passe pour un vrai con qu'il est auprès des autres pays ... et nous le fait bien payer en retour.
mais quand les français vont-ils se réveiller ?
Juste pour info le rôle premier du Président n'est pas de vendre des trucs, s'il ne le fait c'est pour donner un coup de pouce aux compagnies, composés de français si forts pour juger et faire mieux que les autres. Si vous êtes si balaise faites vous embaucher par airbus et allez vendre des avions. Il est tellement mauvais vous devez forcément faire mieux.
Kadhafi on ne lui a pas vendu grand chose mais on lui a rien acheté, donc je vois mal en quoi "il s'est fait rouler" ? Quand on va voir les allemands et qu'on leur vend rien on se fait rouler aussi ? Quand un dignitaire étranger vient on lui achète plein de trucs ?
Si la balance est déficitaire en France c'est surtout parce que les Français sont pas foutus de faire un minimum pour acheter français et donner une bonne image de notre pays. Mais si ça les soulage de tout mettre sur le dos du président et ne pas comprendre pourquoi la situation ne se rétablie pas d'elle même ...
Au sein du comité des forges, puis de l'UIMM et au MEDEF, la famille Wendel a toujours tiré les ficelles dans l'ombre auprès de tous les gouvernements depuis le 19ème siècle. Elle a même su se partager entre 1870 et 1918 entre la France et l'Allemagne en protégeant ses usines situées des 2 cotés de la frontière de cette période (en Moselle allemande et en Meurthe et Moselle Française)
Pour infos, ni en 1914/1918, ni en 1939/1945 les usines de la famille Wendel n'ont été bombardées ou endommagées et leur production n'a jamais cessé pendant ces 2 guerres !!!
Si au 19ème siècle cette famille, tout comme les Schneider avec lesquels elle est liée, a su faire bénéficier ses ouvriers d'avancées sociales indéniables, notamment il faut le souligner grace aux incitations du 1er ministre allemand Bismark (hé oui!!!) les descendants, avec à leur tête le baron Seillières ont bien tourné le dos à ce paternalisme qui fidélisait les ouvriers, en devenant de purs financiers indifférents au sort des personnels des entreprise qu'ils achètent ou vendent au gré de leurs intérets.
Merci pour votre article.
Tout ceci est énervant : nous allons financer des investissements qu'un groupe industriel ne veut pas faire alors qu'il en a les moyens, et qui en plus n'avait rien demandé !
En outre, comme vous l'avez écrit, les ouvriers étaient reclassés, ils ne perdaient donc pas leur emploi... gaspillage d'argent public au profit d'une image médiatique qui s'effondre.
Où est la "rupture" annoncée? A moins que cela ne soit un exemple de la "politique de civilisation" ? Je m'y perds un peu, dans la valse des concepts cache-misère.
Et pendant ce temps, des petites entreprises se cassent la gueule chaque jour mais personne ne les entend appeler au secours...
Les ouvriers reclassés! parlons en, car ceux qui éventuellement seraient mutés à l'usine de Florange risqueraient de reculer pour mieux sauter!!!
Car ce site ex Sollac et également menacé au moins en partie avec la fermeture probable du Haut Fourneau et donc des suppressions d'emplois à la clef.
Non l'industriel n'a rien demandé. Lui tout ce qu'il veut c'est fermer l'usine. Ce sont plutôt les employés et les syndicats qui demandent.
Quel remarquable article, si éclairant ! Du grand journalisme, bravo.
Decidement, c'est une tre bonne semaine pour rue89 avec une nouvelle fois une contribution de grande qualitee.
On entends souvent les couche sociales les plus aisees se plaindre de cet etat providence, qui a a leur yeux tout les defaut: Il soit disant leur vole leur argent durement gagne pour le distribuer a une bande de feignasse que l'on encourage de ce fait a rien faire.
Pourtant, qui sont les principaux beneficiares des prestation sociales? Se sont bien sur les entreprise et les riches. Les entreprises, on leur offre de subvention a l'enbauche, des emplois subventione, etc. Cela leur permet de payer du personel a tres bas prix. Les autre prestation sociales finnissent aussi dans leur poches. A quoi servent les APL si ce n'est a maintenir le prix des loyer eleves pour le plus gand bonheur des proprietaire?
En fait, leur credo semble etre "Des sous pour les riches!"
Non leur credo c'est "prendre aux pauvres pour donner au riches". L'anti-Robin des Bois, en quelque sorte...
Dérobin des bois, en quelque sorte...
tous ces sous qui appartiennent au peuple, et comme les riches n'en ont pas encore assez, il leur a concocté en plus un beau bouclier fiscal et un beau cadeau fiscal.
et si ces fonds avaient servi pour boucher les trous, déficit public, sécu etc... mais non ils préfèrent encore piquer dans la poche de ceux qui ne peuvent rien dire.
Ok. Très facile à vérifier. Y a qu'a arrêter les prestations sociale et on verra qui râlera. L'employeur qui paye le double des salaires en charges, les cotisations, le bail, les impôts, etc ... Et qui va redevenir compétitif ?
Ou l'employé qui va se retrouver sans soins, sans retraite, sans services, et probablement sans boulot car il va se faire virer et qu'il devra payer pour qu'on le représente au tribunal ?
Et sans appartement, merci de me le rappeler.
A votre avis ?
Je crois que le président n'a pas les "Cojones" nécessaires pour faire ce job.
D'un coté il milite pour un monde libéral, il veut nous faire signer la Déclaration des Droits des Patrons et des Entreprises, il veut un marché libre, un droit du travail minimal et le moins d'intervention d'état possible. Soit ! Imaginons qu'il ait raison...
Mais d'un autre coté, Mittal pète, il amène le papier toilette lui même.
Et il veut utiliser l'argent public français pour aider un groupe industriel privé étranger...
C'est à n'y rien comprendre.
Mais c'est sa signature, on sait que c'est bien lui.
Il travaille à chaque fois pour que son image ne souffre pas, flattant les uns puis les autres, mais pas pour que la France se porte mieux; juste pour que lui soit tranquille.
En fait, non, reflexion faite, je crois que ce n'est pas un problème de "Cojones". C'est un problème d'ambition !
Avant, il voulait devenir président. Maintenant, il l'est, mais il ne sait pas quoi faire avec !
http://polemiquons.over-blog.com/
"Avant, il voulait devenir président. Maintenant, il l'est, mais il ne sait pas quoi faire avec !"...
Ca m'évoque une réflexion prononcée par (soi-disant)un de ses proches, relatant le fait que son ambition se limitait à remplir son carnet d'adresses, durant son quinquennat et le faire "fructifier" dès son "retour programmé" dans le privé. Ceci expliquerait celà.
"Et il veut utiliser l'argent public français pour aider un groupe industriel privé étranger..."
Rassurez vous les subventions existaient bien avec le mandat du Président.
Et non le président ne veut bien sûr pas ternir son image. Il n'a pas multiplié les radars, aligné les retraites, et fait passer quelques réformes qui ont fait grincer des dents, comme la ratification du traité de Lisbonne. D'ailleurs il n'est jamais sur le devant de la scène, et prend un fusible à chaque fois ! Vous n'avez pas remarqué combien de ministres ont été remercié. Ah non ? Normal, c'était de l'ironie ;)
Excellent article. Très bien de rappeler une des règles d'or du capitalisme : la nationalisation des pertes et la privatisation des profits!
Quant à ce Sarkozy : c'est une catastrophe!
Excellent article très clair et bien documente. La démonstration est imparable notre président se fait de la publicité avec l'argent des français en vue des prochaines élections. C'est la seule raison a cette position d'investissement à perte dans un groupe étranger qui fait des bénéfices. Le tout pour repousser de quelques mois le "dégraissage".
Et pendant se temps on crée des taxes a tour de bras qui grèvent le budget des ménages. Et pendant ce temps on augumente de 0.5% le salaires des fonctionnaires pour 2008.
les municipales,lui font dire et faire n'importe quoi comme d'habitude,ne soyons donc pas étonné il poursuit son chemin sans horizon ni but precis.demain il va dire le contraire et après demain le contraire du contraire, voila la reforme de la politique décomplexée.
Essayons d'être juste:
reprenant le paragraphe 3 deuxième alinéa : " sans que les salariés en bénéficient à aucun moment "
n'est pas tout à fait exact.
Les départs en disponibilité à 50 ans et les prétraites ont été bien négociés par les syndicats et les pouvoirs publics (CGPS Convention Générale de Protection Sociale);
Par ailleurs beaucoup de bonne volonté et compétences sociales (PS) aidées par le contribuable ont permis la réindutrialisation de certain bassin (voir POMPEY).
Un travail de longue haleine, 20 ans, qui se concrétise par l'emploi de plus de 4000 personnes, effectif des Acièries de Pompey lors de sa fermeture en 86.
une simple question
n'est il pas possible de renflouer la siderurgie avec cette lamentable caisse noire le l'IUMM ?
C'est la dernière fois que je poste cette adresse, mais je vous en supplie, lisez ça, je me mets à genoux, les mains jointes et vous propose de venir chez pour vous le lire à voix haute si vous avez la flemme.
S'il vous plaît, s'il vous plaît.
Et si Rue 89 fait un article là dessus, là, je cours tout nu sur les champs élysées.
http://www.onpeutlefaire.com/articles/ajh-01-la-dame-de-conde.php
Chiche !
Claude
oui, mais sans CRS, parce qu'il paraît que les flashball font quand même de gros hématomes
Ca fait toujours moins mal que les balles réelles.
Et c'est comme ça que vous comptez nous donner envie d'y aller ? Sans même nous dire de quoi ça parle ? Juste pour qu'on améliore les statistiques et que google le référence quoi ? Alors non, vous pouvez continuer à supplier ;)
Je partage votre opinion, monsieur Maujean,en ce que les 40 000 emplois "préservés" (sur 140 000 à 160 000 selon les estimations) ont effectivement bénéficié des largesses de l'état dans le secteur sidérurgique.
Ceci étant, la quasi intégralité de ce secteur redevenu rentable grâce à l'intervention de l'état ayant basculé dans le giron d'un groupe étranger, l'immense majorité (75 à 85%) des emplois ayant disparu, et le coût par emploi maintenu avoisinant les 3 millions de francs, il me paraît extrêmement délicat d'écrire que les salariés ont réellement bénéficié des deux plans aciers ainsi que de la nationalisation/privatisation.
L'investissement d'une part minime de ces montants colossaux aurait pu (du?) créer sur la même période 40 000 emplois pour un coût dérisoire en comparaison.
Quant au redressement du secteur, il aura triplement bénéficié à une poignée d'actionnaires privés, qui auront incontestablement capté à leur bénéfice l'immense majorité des efforts consentis par l'état, pour finalement renforcer la fortune d'un groupe industriel étranger.
Il en aurait été tout autrement si la privatisation avait été effectué dans d'autres circonstances (10 milliards de francs de produit pour 130 à 180 milliards d'euros d'investissements sont une sinistre plaisanterie) et avait au moins permis de maintenir dans le giron national un secteur actuellement en pleine expansion.
Je ne critique pas tant la nationalisation (bien que celle-ci ait été réalisée dans des conditions inacceptables, privilégiant les intérêts mercantiles des maîtres de forge sur celui des dizaines de milliers de salariés licenciés) que la "privatisation honteuse" réalisée par monsieur Juppé en 1995.
Cela évoque la proposition de cession pour un franc symbolique de Thomson Multimédia au coréen Daewoo, de sinistre mémoire, et tant d'autres scandales industriels ou finançiers qui ont emaillés ces dernières décennies.
On ne peut pas, à mon sens, considérer qu'un tel investissement de fonds publics a bénéficié aux salariés au regard du bilan actuel (secteur amputé de la majorité de ses effectifs salariés, perte pour la France d'une entreprise de premier rang mondial, bénéfices colossaux pour quelques hedges funds et grandes fortunes privées).
Ceci étant, les salariés "survivants" ont effectivement bénéficié des miettes de cet investissement.
Une question pertinente mais n'ayant pas de réponse serait de savoir combien d'emplois le secteur sidérurgique français compterait aujourd'hui si l'état s'était abstenu de toute intervention...et quel serait l'étât des fortunes des actionnaires ayant bénéficié de ses largesses.
"Une question pertinente mais n'ayant pas de réponse serait de savoir combien d'emplois le secteur sidérurgique français compterait aujourd'hui si l'état s'était abstenu de toute intervention...et quel serait l'étât des fortunes des actionnaires ayant bénéficié de ses largesses."
En réponse problable : 0 personnes dans le secteur métallurgique, et certains riches seraient un peu moins riches.
Mais il n'est pas sur que l'argent employé pour autre chose aurait changé quoi que ce soit ou ait donné un meilleur "rendement"
Le probleme majeur c'est que personne n'est comptable de l'argent public. As t'on jamais vu un technocrate s'être fait virer pour avoir dépassé de 100 % le budget initial (et je ne parle pas des politiques ...): trop d'intervervenants tue la responsabilité
Je suis assez d'accord. On ne peut pas dire : 30 million sont investis, donc 10 pour les salariés, 20 pour les actionnaires ... Lancer une entreprise peut lancer une production de richesse, tout comme ça peut être vain. Enfin vain, en attendant la seule certitude c'est que quelques emploi sont préservés.
Par contre je ne suis pas d'accord. Les TPG (comptables) sont responsables. La seule difficulté c'ets que ça ne sert à rien de leur tapper sur les doigts car ce ne sont pas eux qui ordonnent les dépenses. Et les ordonnateurs ne sont pas ceux qui suivent l'investissement, qui veillent à son bon emploi, etc ... Personne ne rend de compte, personne ne s'investit. Et quand on a l'idée de réformer la fonction publique c'est la révolution. Et on attends quoi ? un miracle ?
Effectivement, la privatisation par Juppé était bien pire encore que la nationalisation initiale qui pourtant avait été faite dans des conditions invraisemblables, permettant aux actionnaires de maintenir une grande part de leur fortune alors qu'en réalité ils étaient virtuellement ruinés (merci Giscard!)
Et bravo pour votre article.
Trés bien
Il fallait le dire
municipales 2008, Waterloo de l'UMP et du sarkonapoléon. N'oubliez pas au mois de mars
Juppé : il va se faire laminer (pas par des sidérurgistes, mais par les électeurs) aux municipales; idem pour la Panaf qui est déjà rouleau compressée par les 83% d'électeurs parisiens favorables à Bertrand, l'actuel Président de Paris.
Quant au Sarko, les sidérurgistes lui ont dit qu'ils le jugeraient sur les résultats (prudents...la confiance n'est plus là) et lui aussi va se faire laminer aux municipales, tellemnt l'UMP va se prendre un branlée. Je ne lui donne pas 3 mois pour être si bas dans les sondages qu'il va pouvoir chercher du pétrole !
Enfin, on savait déjà auprès de qui Sarko touchait ses pots de vin...
...et pourtant, ça continue ! on est pas loin d'un nouveau mai 68...