Et si les étudiants notaient leurs profs?

Plusieurs écoles proposent aux étudiants d’évaluer leurs enseignants. Un principe que le rapport Attali veut généraliser.


A la bibliothèque de la fac d'Orsay (Flore-Aël Surun/Tendance floue).

La loi sur l’autonomie des universités adoptée cet été prévoyait de les évaluer. La commission Attali veut aller plus loin, en proposant aux étudiants de noter leurs enseignants. Déjà pratiquée dans plusieurs écoles et facultés, le système pourrait se généraliser.

Valérie Pecresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a relancé l’idée, exprimant sur Radio Classique sa volonté de « généraliser l’évaluation des enseignants », ce qu’elle considère « non pas comme un outil de sanction, mais un outil de pilotage ».



Si l’évaluation de l’enseignement est déjà pratiquée dans certaines grandes écoles et universités, celle des enseignants eux-mêmes est une idée plus nouvelle. Selon un chargé de mission de la commission Attali, il s’agit d’avoir « une idée du niveau de satisfaction des élèves de manière assez objective, pour obtenir de meilleurs éléments sur la qualité des enseignants ».

« C’est une idée inadaptée à l’exercice du métier »

Problème: comment déterminer si un prof est bon ou mauvais? Frédérique Rolet, porte-parole du Snes, syndicat du second degré, parle de « fausse bonne idée »:

« L’attente des élèves de ce qui fait un ‘bon prof’ est très variable. Un jeune n’est pas forcément en mesure de savoir quels sont les meilleurs moyens d’atteindre les objectifs fixés à l’enseignant.

« Les choses doivent se faire en concertation. Evaluer chaque enseignant individuellement n’a pas de sens. C’est une idée inadaptée à ce qu’est l’exercice et l’objectif du métier. »

Côté étudiants, on regrette que l’évaluation actuelle des enseignants se fasse uniquement sur leur travail de chercheur. Ainsi, pour Jean-Baptiste Prévost, nouveau président de l’Unef:

« La prise en compte de l’investissement pédagogique dans l’évolution de carrière de l’enseignant doit rester une priorité pour améliorer le système. »

Il considère que rien n’a été fait pour inciter l’enseignant à s’investir dans ses cours:



A Sciences-Po, l’évaluation des profs « fait partie de la culture de l’école »

Les pays anglo-saxons pratiquent facilement l’évaluation du personnel enseignant par les étudiants. En France, c’est le cas de quelques grandes écoles et universités. A l’université Pierre-et-Marie-Curie (Paris VI), à la fin de chaque semestre, les étudiants remplissent une grille d’évaluation. Environ 40% d’entre eux y répondent.

Pour le président de l’université, Jean Charles Pomerol, « la notation des enseignants est un raccourci médiatique. Le processus d’évaluation doit porter sur l’ensemble des paramètres de l’enseignement ».

A Sciences-Po Paris, l’évaluation de l’enseignement « fait partie de la culture de l’école. C’est un outil de discussion assez objectif. Mais il est compliqué de demander aux étudiants d’évaluer une personne », selon Laurent Bigorgne, directeur-adjoint de l’école. Si tous considèrent que ce système d’évaluation est bénéfique, élèves comme professeurs regrettent son côté arbitraire.

La question est aussi l’un des enjeux du « livre vert » de la commission Pochard (sur l’évolution du métier d’enseignant), remis lundi au ministre de l’éducation, Xavier Darcos. Le rapport prévoit un système de « regards croisés » entre inspecteurs et chefs d’établissement.


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15H23 06/02/2008
 
16H15 06/02/2008

oui notons nous les uns les autres. Pour l’entreprise, j’ ai connu la note annuelle pour le salarié, et l’enquête d’opinion du salarié versus l’entreprise (une grande manipulation du reste).
Mais j’ai envie de noter, ma femme, mes enfants, mes voisins, la police, la mairie. etc.. notons nous les uns les autres.. c’est super, comme çà on mettra une note sur nos rancœurs, et cela fera peut être baisser l’agressivité.
On ne dira plus: je vais te casser la gueule, mais je vais te saquer à ta prochaine note!!!

(ce post, c’est une réaction sur la forme et non le fond… bien sur)

 
Propergol | Etudiant francais en Allemagne
16H21 06/02/2008
 
16H23 06/02/2008
 
karghyl | informaticien, Paris
16H38 06/02/2008

Et vous avez besoin d’une note pour « dire aux gens comme vous les admirez, comme ce qu’ils font est génial, comme tel article est vraiment bien » ?

Je trouve ça bizarre quand même… Vous savez qu’on peut le dire avec des mots, on peut s’adresser aux gens en leur disant par exemple : « ce que tu fais est génial, ton article est vraiment bien ».
Essayez, vous verrez, ça n’est pas si dur, c’est un peu comme un état d’esprit.

Et puis pour la reconnaissance, j’imagine que les profs sont plus contents lorsqu’ils voient qu’un élève a vraiment compris quelque chose, a progressé, vient leur dire que le cours était intéressant. Ou même lorsque l’élève leur dit que quelque chose ne va pas et pourquoi.

Plutôt qu’une note… ce sont des rapports humains

 
17H00 06/02/2008
 
Yaka | (rouage du privé, puis du public)
18H04 06/02/2008

Les choses ne sont pas aussi simples. La notation est dangereuse pour les élèves : trop dure, elle peut les démotiver. Trop bonne, elle peut leur laisser penser qu’ils sont des dieux. Imaginez maintenant le prof qui fait son possible au travail, mais qui parce qu’il a une année difficile, un décès, des enfants qui arrivent etc. se prend un 7/20 par ses élèves… Ca atteint le moral dans un métier déjà culpabilisant. De quoi se mettre en arrêt maladie avant d’intégrer un poste administratif, comme beaucoup. Après tout, ce serait une réaction assez logique dans une perspective de remise en question. Personnellement, je suis exigeant avec mes élèves qui m’apprécient bien plus avec un an de recul qu’à chaud. Je ne pense pas que noter à chaud soit très fiable.
Il serait pourtant si facile de passer pour le prof copain qui met des bonnes notes, qui donne des tuyaux sur les contrôles à venir (Darcos lui même l’a fait à Périgueux quand il était en lycée), d’oublier de corriger des erreurs…
Il y a (une très petite minorité) des collègues qui donnent les réponses aux gamins lors des évaluations nationales, ce qui permet à des établissements de doper leurs résultats. Encore un peu, et c’est l’école des fans qui nous attend.
J’ai toujours pensé que les inspecteurs, plutôt que de passer une fois tous les 4, 5, 6 ou 9 ans, devraient être aux côtés des enseignants pour les aider à progresser, secondés par leurs conseillers pédagogiques .

 
12H24 07/02/2008

quand l’université sera privée … alors on fera noter les profs par « les cochons payants »….
De la rentabilité de l’investissement financier ….

Dans la formation continue … quand peu à peu le privé a tout bouffé, aux dépens de l’université des Greta and co… On a appliqué ce système.
L’évaluation cela se nomme!
Une belle idiotie qui oblige l’enseignant à plaire s’il veut voir son contrat renouvelé.
Il faut plaire!!!!

 
14H14 07/02/2008

Entièrement d’accord avec Yaka, c’est au professeur de noter les élèves et pas l’inverse. Si l’on fait l’inverse une relation malsaine risque de s’établir ou certains élèves leaders d’opinion et perçues comme tels seraient ménagés par les professeurs et autres facheuses compromission de la part des professeurs.

En revanche je pense qu’il est possible d’évaluer le travail des professeurs autrement que par les élèves en faisant par exemple un contrôle en début d’année pour évaluer le niveau des élèves par apport au programmes antèrieures dans une matière X et une évaluation en fin d’année qui évaluerait la maitrise du programme de l’année avec des QCM simples. La progression entre les deux moyennes évalueraient ainsi assez justement la progression des élèves et ainsi le mérite du professeur que l’on ne peut juger que par rapport à cela et non le « ressenti » d’ados pubères (je les aime bien mais je les connais un peu et j’en ai été…).

En revanche au délà du bac, ou les élèves deviennent nettement plus responsables quant à leur avenir, il pourrait y avoir un mélange des deux. En tout cas on pourrait concevoir une notation des élèves après 18 ans.

 
kestiontoi | travailleur forcé
23H00 06/02/2008

Et les ministres par les fonctionnaires de leur mistères? Et les patrons par ses employés?
Et puis après que fait-on???

 
Jean-Benoît | Etudiant en communication
01H05 07/02/2008

Un professeur a besoin d’un retour de la part de ses étudiants, si tenté que cela l’intéresse. Je suis confronté chaque jour, dans le cadre de mes études, à des intervenants qui demandent à avoir un avis concernant leurs prestations. Certes tu peux jouer les réactionnaires concernant ce projet, mais comprend que les enseignants, eux aussi, on besoin de connaître l’avis qu’on les étudiant de la discipline dispensée.

 
moravagine | Observateur désabusé
08H26 07/02/2008

Ben c’est pas gagné pour toi Jean-Benoit les études en communication avec une telle sauvagerie sur l’orthographe et la grammaire…
 Rires….

 
C. Creseveur | scénariste
17H06 06/02/2008
 
19H54 06/02/2008

Je propose que l’on note les professeurs ,ainsi que les gendarmes et les blogueurs.
Je propose même qu’ils soint notés comme içi:
1 point = naze
2 points = inutile
3 points = utile
4 point = pertinent
5 points = top

Je propose qu’à 2 points le professeur soit placé en garde à vue 48 h, ainsi que le gendarme et le blogueur .

Seul problème…qui va les garder ?
Et qui va dénoncer l’excès de connerie sur Rue89 ?

 
23H27 07/02/2008

Je suis favorable aux notes. Les situations les plus accablantes sont celles où les interlocuteurs n’ont pas de comptes à rendre. Vous avez tous connu ce genre de chose. L’assurance qui refuse de vous couvrir, les SAV qui se renvoient la balle l’un, l’autre. Un bureaucrate qui perd votre dossier ou vous dit qu’il est 16h55 et qu’il ne peut pas vour prendre parce que ça ferme à 17h et que même si c’est urgent il peut rien pour nous. Etc. Et vu qu’apparemment il faut pas compter sur la diligence de la hiérarchie …
Et on peut prendre exemple sur ce qui se fait ailleurs.
Exemple : aux USA sur les camions un panneau indique le numéro de téléphone de la société de transport, en invitant les automobilistes à donner leur avis sur la conduite du routier. Est ce que c’est pour ça où juste parce que eux sont moins c***, mais j’ai pas vu de conduite irrespectueuse ou dangereuse de la part de routiers durant tout mon séjour. Alors qu’il suffit de faire un parcours un peu long pour se rendre compte qu’en France c’est pas aussi rose.

Mon expérience en tant qu’étudiant c’est que même passé 18ans beaucoup trop d’étudiants sont des gamins qui ne prennent rien au sérieux et n’ont aucun sens des responsabilités. En fait c’est exactement les mêmes qu’au lycée (et franchement c’est souvent aussi valable après les études !). Je n’ai pas connu le service militaire, peut être que ça les calmait. Mais c’est plus le cas ! Alors quelle peut être la valeur des notations dans de telles conditions ?

Alors je veux bien que ces notes existent, pour être un indicateur, mais pas qu’elles soient contraignantes. N’oublions pas que les profs doivent noter les élèves et que si il y a un tel rapport de force, inévitablement on va en arriver à un monnayage.

Et franchement les propositions Attali … y a des idées, mais tout n’est pas à prendre tel quel.

 
DidierB63 | Devant un écran
15H39 06/02/2008

Je pense que c’est une fausse bonne idée.

Noter les professeurs ? Et pourquoi faire? Quelle serait la finalité de cette notation ?
A part flatter l’ego surdimensionné de quelques étudiants, je ne vois pas ce que cela pourrait apporter à l’enseignement.

Ce qui serait cohérent, ça serait d’annoncer que ces notes serviraient à l’évaluation du prof, et auraient donc une influence sur les salaires, mais je serais totalement contre.

C’est à la hiérarchie des professeurs d’évaluer, de noter, pas aux élèves. Pourquoi ne pas imaginer dans ce cas que les élèves puissent élire leurs professeurs ?

Si il s’agit de repérer les mauvais profs, les inspecteurs et les chefs d’établissements sont parfaitement capables de les repérer. Si ils ne le sont pas, c’est eux qu’il faut remplacer.

Ce genre d’annonce ressemble assez à ce qui ce fait en ce moment en matière de réforme. On oppose un groupe de personnes à un autre, on tente de supprimer un « avantage » d’un groupe en prétextant que c’est l’autre groupe qui y oblige.

Regardez la réforme des régimes spéciaux de retraite ; on l’a faite non pas pour sauvegarder le système de retraite par répartition mais parce que les salariés du privé trouvaient injuste les privilèges des agents de la RATP, SNCF, etc…

Si le gouvernement (ou Mr Attali et ses amis) souhaitent imposer la rémunération au « mérite » des professeurs, qu’ils se debrouillent seuls pour trouver des critères qualitatifs et quantitatifs.
Mais qu’ils ne mèlent pas les étudiants à tout ça!

Donc, non à la notation des profs par les étudiants.

http://polemiquons.over-blog.com/

 
15H44 06/02/2008
 
15H52 06/02/2008
 
16H10 06/02/2008

Peur du changement?

 
18H37 06/02/2008

:D hé hé, vous voulez vous faire passer pour Obama ?

Vite vite, cassons tout, ça nous fera du changement ! On est pas assez fliqué ? Et bien on a qu’à s’auto-fliquer, suivant les critères de chacun !

Vous n’avez que des mauvaises notes ? pan !
Les TP de dissection puent ? pan !
Vous fumez ? pan !
Votre prof de linguistique est trotskyste ? pan !
La cantine est dégueulasse ? pan pour tous !

C’est bien dans l’air du temps, tout ça. Vous pensez que les notes ministérielles vont empêcher Sarkozy de virer ou garder qui il veut ? C’est de la poudre de perlinpinpin à destination des foules.
Pour votre cas, ce sera une autre histoire, quand on vous installera un service clientèle. Parce que finalement, la morale de l’histoire est qu’on a tous des clients, non ? Merci Milton Friedman.

 
11H28 07/02/2008

Peur d’être mal noté(e)?

 
09H10 07/02/2008

De toute façon, on peut en discuter mais j’ai pas l’impression qu’on aie notre mot à dire.
Si ils ont envie de généraliser, on peut manifester mais ça changera rien

 
17H00 06/02/2008

Parce que vous croyez que les professeurs ne se remettent pas en question ? Entre les réformes permanentes, le contact direct avec les élèves dans les classes (un face à 25 à 35 élèves), la nécessité de se former et de se cultiver en permanence, je ne sais pas s’il existe beaucoup de métiers où l’on soit aussi souvent et aussi longtemps soumis à l’évaluation. J’ai trente ans de métier et je n’ai cessé de passer des concours, des vacances à préparer mes cours, des week-end à corriger mes copies. Et chaque heure de cours est un nouveau défi où il faut conquérir une classe. Si les élèves ne nous notent pas ils nous évaluent en permanence et nous obligent à être plus performants et efficaces.
Bien sûr, il y a quelques personnes qui s’aperçoivent qu’elles ne sont pas faites pour ce métier ou qui connaissent des difficultés passagères et qui, de fait, n’assument pas leur tâche convenablement. Ces cas particuliers nuisent à l’image du métier mais ils sont largement minoritaires (on ne parle jamais de tous les trains qui arrivent à l’heure).
Ce qui me gêne dans l’idée de faire noter les professeurs par les élèves, c’est d’une part le risque démagogique d’autre part la pertinence des critères. Le professeur aura-t-il une bonne note parce qu’il met justement de « bonnes notes » à ses élèves quels que soient leurs niveaux, parce qu’il est « cool », bien rasé, bien habillé, parce qu’il ne donne pas trop de devoirs ou au contraire beaucoup de photocopies, parce que ses appréciations trimestrielles sont « gentilles »… ? J’y vois un risque de dérive assez grave et contrairement à vous, je pense qu’un étudiant majeur est plus à même qu’un collégien d’évaluer la qualité de son enseignant au-delà d’une impression purement affective. On n’enseigne pas une matière pour être élu, pour progresser dans les sondages, pour être aimé des élèves mais pour les faire progresser. Hors le travail intellectuel suppose une contrainte et donc une forme d’exigence morale qui ne va pas de soi: l’enseignant voit l’objectif à long terme de cette discipline quand l’enseigné ne voit souvent que le dérangement immédiat à son confort. rappelez-vous l’élève de 6e qui traite de « connard » son professeur parce que celui-ci exige que son travail soit fait. Faudra-t-il un jour que les enfants notent leurs parents ? C’est faire bien peu confiance à des gens qui ont fait de longues études et choisi un métier qui n’est déjà pas des mieux considérés et des mieux rémunérés.
Si les élèves doutent de leur école n’est-ce pas parce que la société doute de ses professeurs. Pourtant je puis vous assurer que sans le dévouement de nombreux professeurs, cette société irait beaucoup plus mal. Bon j’arrête là pour laisser la place aux autres….

 
17H14 06/02/2008
 
17H34 06/02/2008

Je ne suis pas fondamentalement en désaccord avec vous et je ne suis pas non plus « candide » sur ce métier. Je sais bien que les « bons » professeurs ne sont pas suffisamment reconnus et que certains « mauvais » (termes réducteurs)font malheureusement des dégâts en toute impunité mais je persiste à dire que cette conception de la notation me semble pernicieuse. Le rapport enseignant-enseigné n’est pas une relation de vendeur à consommateur, de prestataire de service à payeur. Elle est non seulement une relation d’adulte à enfant ou adolescent mais de celui qui enseigne à celui qui apprend. Ce n’est donc pas une relation de stricte équivalence égalitaire. Apprenons plutôt aux élèves à apprécier l’école au lieu d’en faire des consommateurs et des commentateurs.

 
18H04 06/02/2008

Je suis d’accord sur ces points, mais comment faire?
Je me dis que ces notations pourraient permettre d’ouvrir le débat et de donner l’impression aux élèves qu’ils ne subissent pas uniquement les profs et l’éducation mais qu’ils peuvent également en débattre mais effectivement si la plupart des profs ne jouent pas le jeu du débat et y voit qu’une sanction de leur hiérarchie ou une vengeance des élèves c’est clair que ça va pas faire avancer le schmilblick

 
kestiontoi | travailleur forcé
23H17 06/02/2008

Evaluation.
Quel joli mot! Très professionnel!mais sur quels critères? Doit-on aussi évaluer la personne qui évalue sur ses capacités à évaluer?
Ensuite que fait-on de l’évaluation?
Que fait-on de la personne victime d’une mauvaise évaluation?
Mériter ou ne pas mériter? Voilà la question à la mode?
Et le fayotage, doit-il faire aussi l’objet d’une évaluation?

 
Le Yéti | yetiblog.org
18H44 06/02/2008

Les élèves de collège, noter leurs profs ??? Non, mais ça va, la tête ? Je vois assez bien les mômes de sixième (onze/douze ans) sanctionner leurs profs ! J’imagine aisément le topo dans les ZEP des banlieues difficiles. J’entrevois la panade, même dans les lycées : une mauvaise note à un devoir de maths, et vlan que je te torche le prof avec un zéro infâmant de compétence ! On nage en plein délire !

Et les « profs violents et alcooliques » ??? les profs « dépressifs » ???? Sûr que ça court les bahuts et menace nos chères têtes blondes ! Ce n’est plus du délire, mais de la folie furieuse !

 
19H26 06/02/2008

Alors je suis assez surprise de votre réaction, c’est assez méprisant je trouve pour les élèves de ZEP
J’ai grandi dans un quartier pauvre mon collège craignait à l’époque (cela s’est certes encore degradé depuis - j’ai 31 ans) et je maintiens que à l’époque tout le monde était capable de savori quel prof était très bon et quel prof était très mauvais (je vous accorde un flou pour les milieux de gamme !)
Après je redis que on n’échappe pas à l’hystérique qui allume certains profs mais encore une fois d’un point de vue note moyenne en relatif, ca ne serait pas visible

Ensuite pour les profs alcooliques et depressifs excusez moi mais je ne dis pas que ç’est la majorité mais comme dans le reste de la population malheureusement c’est extrêmement courant, rien que de ma pauvre expérience: j’ai eu 4 profs depressifs (donc souvent absents), deux profs absents environ 3 mois par an, et 3 profs alcooliques (donc souvent absents)
ce n’était pas une vue de l’esprit d’une ado mais un vrai problème.
Alors je ne crois absolumment pas qu’il y en ait plus qu’ailleurs seulement c’est peut être plus visible car le systeme de l’éducation nationale et l’emploi garanti peut être permet davantage d’arrêt maladie que le système privé et pourquoi pas d’ailleurs, seulement à la fin ce sont les élèves qui en paient les conséquences

et encore une fois pour être parfaitement hônnete, ce sont surtout les élèves défavorisés qui en souffrent le plus car les autres dont je faisais partie (même si mes parents n’avaient pas d’argent mais consacraient la quasi intégralité de leur budget aux études de ma soeur et moi) les parents compensent par des cours particuliers (eux même enseignés par de très bons profs !!)
Dans mon ex personnel, mes parents ont compensé pendant longtemps les lacunes d’une prof de physique alcoolo que j’ai eu 3 ans de suite par des cours particuliers.

 
Le Yéti | yetiblog.org
00H03 07/02/2008

« C’est assez méprisant je trouve pour les élèves de ZEP. »

Visiblement, vous n’avez jamais fichu les pieds dans une ZEP. Personnellement, je travaille TOUS LES JOURS avec les enseignants des écoles, de collèges et de lycées. À la ville, à la campagne, dans les ZEP… Les élèves de ZEP sont en très grandes souffrances, mais cela n’en fait ni des petits anges, ni des jurés du corps enseignant. J’imagine la tête des enseignants en ZEP quand ils vous lisent ! Inconscience !

Le tissu d’énormités que vous êtes capable de sortir est proprement sidérant.
Je vous cite : « tout le monde (les élèves) était capable de savoir quel prof était très bon et quel prof était très mauvais. »
Et plus loin : « j’ai eu 4 profs depressifs (donc souvent absents), deux profs absents environ 3 mois par an, et 3 profs alcooliques (donc souvent absents) »
Donc, TOUS les élèves sont « capables de savoir » ce qui est bien, mais la majeure partie des profs (9 pour vous toute seule, on est pas loin d’une majorité) consistent en des demeurés, fainéants, dépressifs ou ivrognes.

Vous êtes malade, Madame. Et dangereuse. L’univers que vous décrivez n’existe que dans vos fantasmes, ne reflète que votre peur effroyable du monde réel qui vous entoure. Ce monde réel ne va certes pas bien, même très mal, mais votre délire est encore infiniment plus inquiétant et contribue à l’enfoncer.

 
17H13 07/02/2008

TOUS les élèves ont eu des profs pourris, parfois à forte dose ( même en école d’ingénieur). Et pour ces profs que peut-on faire ? se taire et foirer son année.

«Vous êtes malade, Madame. Et dangereuse»
Et vous terriblement impoli. Théoriquement on apprend la politesse à l’école ? Un prof mauvais vous a traumatisé sans doute…

 
whale1938 | Retraité EN
18H31 06/02/2008

L’élève de 6ème qui vient de traiter son prof de « connard » aurait ainsi la poosibilité, en sus des 48 heures de garde-à-vue, de lui coller un zéro pointé, avec la bénédiction de son père, cela va de soi.

 
SiDi | Etudiant en informatique
21H00 06/02/2008

Ca inciterait des personnes à avoir la meilleure « image », qui correspond rarement au meilleur enseignement.

 
sorry | panseuse
23H03 06/02/2008

y’en a ras le bol de ces idées toutes faites sur les enseignants. J’ai été prof 18 ans, ma fille est au collège, et il n’est pas difficile de constater que un max de prof font leur boulot avec conscience et énergie, arrêtons de leur tirer dessus à tout bout de champ, et surtout n’inversons pas les rôles : le prof enseigne et évalue (il note les résultats de ses élèves, selon des critères dictés le plus souvent par l’Education Nationale), et l’élève est là pour apprendre à apprendre, à réfléchir, à analyser, et je pense que des collégiens n’ont pas la maturité pour « noter » leurs professeurs.

 
Dominique MAMERE | Professeur d'Histoire-Géographie) (dmame...
15H53 06/02/2008
 
DidierB63 | Devant un écran
16H14 06/02/2008

Ce que je veux mettre en avant, c’est la responsabilité de chacun dans son métier.

Faire noter les profs par les étudiants, c’est se donner une porte de sortie pour justifier un décision qu’on a du mal a assumer.

Comme une petite augmentation, un licenciement, que sais-je?

Avant de chercher des moyens extérieurs pour justifier une décision, il faut avoir le courage de la prendre et d’en assumer la responsabilité.

C’est pour cela que je pense que cette idée n’est pas bonne.

 
16H25 06/02/2008

Je suis d’accord sf que tout le débat consiste là à considérer oui ou non la hiérarchie par le haut des professeurs capables de juger de leurs qualités
Moi je considère que non donc je suis à l’aise avec cette idée de notation qui permettra d’avoir des élèments forts pour justifier la décision

il s’agit pas de se « backer » ou de lâcheté mais juste de capacités rationnelles à porter un jugement
les inspecteurs après une heure d’écoute d’un cours en sont parfaitement incapables

 
17H08 06/02/2008

Avez-vous été inspectée?Moi oui,en tant qu’enseignante…De moi-même,j’ai évalué les bons et les mauvais inspecteurs mais je ne demande pas qu’on les note,pas plus que les chefs d’établissement auxquels il est pourtant question de donner plus de pouvoir notamment celui d’intervenir sur l’enseignement des professeurs,ce qui n’est pas leur rôle.L’avancement au mérite existe,contrairement à ce qu’on veut nous faire croire.Je crois aussi que la notation des professeurs par les élèves EXISTE.Les »bons »profs ont de bons rapports avec les élèves,en gros,dans le premier et le second cycles;ils ont du respect.Dans le supérieur,les mauvais profs voient leurs cours désertés,et je ne crois pas qu’ils s’en tirent impunément…En résumé,il y a peu d’alcooliques etc chez les profs,pas plus qu’ailleurs.Il y a quelques profs excellents et la majorité est constituée de gens qui font sérieusement leur travail mais qui ne sont pas bien payés pour leur niveau d’études et qui sont en première ligne de tous les maux de la société dont ces élèves noteurs sont l’expression.Alors d’accord sur la notation par les élèves si ont peut noter aussi leur notation!

 
17H23 06/02/2008

Je ne crois pas à l’idée que les bons profs ont de bons rapports avec leurs élèves , c’est pas si simple vous pouvez être un prof excellent et froid et pour autant avoir aucune relation avec vos élèves tandis que le prof cool et sympa qui passe son cours à discuter lui aura de bonnes relations c’est vraiment pas à cela que l’on peut juger un prof et je crois bien que les élèves ne sont pas naifs sur ce point et cela transparait dans les notations sans doute.

Quant au fait qu’il y ait autant d’alcolos chez les profs qu’ailleurs , je n’ai aucun doute sur cela mais le débat c’est pas ça c’est qu’un mauvais prof qui continue à sévir cela a des conséquences beaucoup plus lourdes que si le mec au bureau de poste se bourre la gueule tous les jours ou si la secrétaire de mon bureau est sous amphétamines

Après que la majeure partie des profs soit excellents et qu’ils aient zero reconnaissance on est d’accord, mais pas sur la solution visiblement

 
23H15 06/02/2008

Par bons rapports j’entends l’essentiel,à savoir que ces professeurs peuvent faire de l’enseignement,pas de la garderie,qu’ils ont le plaisir de NOTER que leurs élèves progressent et qu’ils n’ont pas de problèmes de discipline.S’ils ont un naturel expansif,ils encouragent les élèves à venir parler à la fin du cours,sinon ils se contentent de faire en sorte que la classe soit un lieu de respect collectif.J’ai connu tous les cas de figure,des élèves qui apportent des fleurs,qui vous invitent au resto(dans les lycées bourgeois,en fait!!!ou en classes prépa)jusqu’aux élèves qui ne sont pas à l’aise dans leurs études et ne vous accablent pas d’affection quand vous les avez accablés de mauvaises notes mais qui font,comme on dit,la part des choses.Comme prof,les élèves me trouvent »gentille »,c’est un minimum,mais je suis contente quand ils me trouvent compétente.Comme dans toutes les professions,difficile de toute façon de faire l’unanimité…
Je n’ai jamais dit que les « bons »profs(reconnus par les inspecteurs et les chefs d’établissement qui ne vivent pas sur une autre planéte que les élèves)avaient »zéro reconnaissance ».A la retraite,à diplôme égal, cela peut faire une différence de plus de 500euros par mois!!!Enfin,lisez mieux,je n’ai pas dit que tous les professeurs étaient excellents,ni même la majeure partie.Dans votre boite tous les salariés sont excellents?Vous vous notez combien?

 
geubeul1 | edité sur fils2prof.over-blog.com
16H32 06/02/2008

archétype de prof de droite … euh du modem pardon
branche réformiste du snalc???
non juste, un prof d’histoire qui a mal à sa profession et à l’image qu’on lui renvoie de lui même.

un :peut être une amélioration salariale

deux :arrêter de croie les articles des echos pour une vérité absolue

trois:reconnaitre que le capitalisme connait des crises et que ces crise sont caché par une bonne guerre en général

quatre: que votre investissement en temps est énorme et que si votre voisin ne fait pas autant que vous c’est soit qu’il est plus performant soit qu’il est incapable.. mais un prof comme ça finit par faire ds stages aux 3 épis sous lexomil: personne ne survit a 28 gamins suréxités à qui ont ne donne pas cours!!!

http://fils2prof.over-blog.com/article-16365761.html

 
karghyl | informaticien, Paris
16H45 06/02/2008

« Mais bien-sûr, c’est sûrement la hiérarchie qui suit les cours. Et ils savent sûrement mieux dire à la place des élèves s’ils ont compris les cours ou pas. »

Est-ce que recueillir les avis des élèves, leur niveau de compréhension, implique de rentrer dans un système de notation.

« L’école est bien faite pour enseigner, l’objet c’est l’élève. »

Effectivement, donc pourquoi noter le prof ??

 
22H22 06/02/2008

Je suis entiérement d’accord MADAME , d’ailleurs je propose pour abonder dans votre sens que le bébé qui est également le premier concerné note le sein de sa mère ou la qualité de son biberon .

 
Lucius Sergius | Citoyen
23H51 06/02/2008

« Cette évaluation est anonyme, que je sache. »

Parfaitement, « anonyme », comme les lettres du même genre.
Et bien dans le même esprit.

Tout est vraiment bon pour démolir les catégories qui leur déplaisent, « là-haut »…

Je vois très bien comment pourra évoluer ce genre de système dans des coins de type Clochemerle où tout le monde se surveille et se jalouse, où déjà la petite lettre bien dégueulasse dans le dos aux inspections, voire plus haut, est un sport local (et pas du tout rare).
Visiblement il y a déjà des « géniteurs d’apprenants » qui sont très demandeurs dès les plus petits niveaux. Peut-être déjà le genre à aller mettre son nez dans les établissements pour des raisons très extérieures aux problèmes scolaires.

« Lui il a une trop grosse voiture : saqué », « Lui il a battu ton père à la course annuelle du village : saqué », « Elle elle est pimbèche (traduire : plus belle que la mère qui n’a pas pu la cocufier) : cassée », « lui il est pour la liste opposée à la nôtre aux municipales : atomisé », etc…
Le tout avec campagne organisée sur « radio-trottoir », ça aurait une certaine classe.

Pour compléter il faudra aussi faire noter les parents par les profs, « anonymement » et dans le même esprit, bien-sûr. Histoire que l’ambiance soit encore plus respirable. Ah bon, dans ce sens là ça n’est pas possible ?…

« Le fascisme ne passera » pas qu’on braillait à une époque.
Et bien dites-donc, les temps changent. Et il y en a qui ne semblent pas dérangés par l’odeur…

Delenda Carthago

 
Les Ln au carré | démocrates sociales convaincues
15H30 06/02/2008

Mon souci n’est pas de savoir comment les profs sont évalués mais si ça peut réellement servir à quelque chose…

Les enseignants d’universités ont une mission double: l’enseignement et la recherche. Qu’ils soient des chercheurs est fondamental car ils ne sont pas là pour faire de la vulgaristion, il se doivent donc d’avoir un pied dans la recherche.
Par contre, ils ont la même formation et la même évaluation que les autres chercheurs (CNRS et autres). Alors qu’il y ait des problèmes est prévisible: ils ne sont pas formés à l’enseigmenent!

Des évaluations, pourquoi pas, mais à quoi serveraient-elles vraiment si elles ne sont pas suivies par des formations permettant à l’enseignant d’apprendre à « bien » enseigner?

 
16H16 06/02/2008

« Des évaluations, pourquoi pas, mais à quoi serveraient-elles vraiment si elles ne sont pas suivies par des formations permettant à l’enseignant d’apprendre à « bien » enseigner? »

A ce que je sache, on ne devient pas enseignant en claquant des doigts ! Les profs font des études pour le devenir, ils apprenent donc à enseigner. Ils n’avaient qu’à écouter!

Et je suis complêtement pour une rémunération au mérite!

 
Les Ln au carré | démocrates sociales convaincues
16H27 06/02/2008

Non justement! T’es formé à enseigner quand tu es en collège et lycée mais pas en universités! Pour les grandes écoles je ne me pronomce pas, ce n’est pas ma formation.

PS: je suis dans la filière qui permet d’accéder à ce type de postes! De plus mon père est prof d’univ (Maths) et ma mère était prof de lycée (Maths aussi, à la retraite). Et NON! Ce n’est pas la même chose, ni la même formation!

 
00H49 07/02/2008

C’est un tout petit peu plus compliqué que ça.

Les doctorants peuvent suivre des formations pour apprendre à enseigner. Ces formations existent dans plusieurs universités et sont, parfois, rendues obligatoires pour les doctorants moniteurs. Les moniteurs ont un contrat de 3 ans passé avec un établissement public d’enseignement supérieur où ils doivent donner un certain volume horaire d’enseignement (la quantité varie en fonction du type de cours donné: un cours magistral vaut plus de temps qu’un TD, un TD vaut plus de temps qu’un TP) à des étudiants.
Mais tous les étudiants ne sont pas moniteurs… Pour dire les choses simplement : il n’y a pas assez d’argent pour payer tout le monde ou de cours à donner dispo. La majorité des doctorants sont donc vacataires. Un vacataire va donner des cours de temps en temps (tout un semestre pour un groupe d’étudiants en TP par exemple, ou des remplacements). Il peut même aller jusqu’à faire autant d’heures qu’un moniteur. Selon les universités, le vacataire peut suivre en option une formation à la pédagogie.

Au final, le moniteur suit généralement une formation à la pédagogie mais pas forcément le vacataire. Cependant, rien ne remplace l’expérience : ce magnifique face à face avec les étudiants…

Juste une remarque : pour pouvoir candidater à un poste de maître de conférence, il faut d’abord avoir été qualifié *après* un doctorat. La qualification passe par une évaluation de la qualité et de la quantité des travaux de recherche *ET* par la diversité des thèmes enseignés et la quantité horaire d’enseignement. Un docteur doit donc avoir enseigné pour être qualifié…

 
15H31 06/02/2008

Tel que c’est mis en place le feedback ne va pas à l’enseignant mais à son responsable. L’objectif est surtout d’être à la mode et de singer l’enterprise. « C’est pour piloter et non pour sanctionner » = pipo de mme hec. Le nouveau dada des directeurs, c’est d’avoir des outils de visibilité, des tableaux de bords, pour piloter. Surtout, avoir des instruments de mesure, c’est rassurant et ça fait sérieux auprès des tutelles. L’AERES, la CTI sont très contentes quand c’est mis en place.
Après, sur le fond, ce que ça mesure… l’essentiel est de faire illusion pour plaire aux instances d’évaluation et que la presse puisse en parler. Ca plaira aux parents des enfants qui se demandent où faire leurs études.

- et j’ai été manager en entreprise avant d’être enseignant-chercheur, je vends mon école dans les salons, c’est mon quotidien.

 
Dominique MAMERE | Professeur d'Histoire-Géographie) (dmame...
15H59 06/02/2008

Bah oui, il faut bien mesurer l’efficacité de profs et d’une école. Si l’enseignement n’est pas bon, on perd son temps, autant aller à la pêche. Et puis il faut bien faire la différence entre les bonnes écoles et les moins bonnes. Qui veut mettre son fils dans une école de piètre qualité ?!! Pour ces écoles de piètre qualité, avec ces évaluations elles ont conscience où le bas blesse, et peuvent trouver des solutions. Sans évaluations, aucun moyen de prendre des mesures pour améliorer la prestation de l’enseignant.