Roumains, Polonais, Bulgares… Ils sont près d'une centaine à squatter le long du périph parisien. Dans la misère la plus totale.
Sa voiture garée en contrebas du périph, porte de la Villette, un homme regarde ses enfants jeter, en sautillant, des draps troués et des sacs débordant d'ordures dans de petites baraques en bois. Il fume sa cigarette sans rien dire. Il les a amenés là pour ça. « C'est des Gitans qui dorment là ! “, crache-t-il pour s'expliquer. Il n'est manifestement pas le seul à considérer cette succession de quinze maisonnettes de fortune comme une décharge à ciel ouvert : une presque butte d'ordure pourrit ici.
Entre Paris et Pantin, ils sont près d'une centaine de Roumains, Polonais et Bulgares à vivre de part et d'autre du boulevard périphérique. Des Gitans pour qui, croit-on, cette vie dans la boue est un choix.
Appuyées contre un long mur bétonné, les minuscules cahutes des gitans sont construites avec des planches de bois. Ce sont leurs murs. Les toits sont aussi faits de bois. Contre la pluie, des objets lourds (vélos, matelas, bouts de ferraille) fixent de fines bâches bleues. Les portes sont closes. Des cadenas, des chaînes de vélos ou du fil de fer les verrouillent. Les petites vitres encastrées laissent entrevoir les intérieurs grossiers. Au mieux, un lit. Généralement, un matelas en mousse, un tabouret et l'immanquable réchaud avec casserole.
‘Avant ? On était ailleurs…’
L'une des baraques est restée ouverte. Elle est plus grande que les autres : deux pièces. Près de la fenêtre, un pot de tournesols fanés. Sur le canapé usé, une couverture est en boule. De petites chaises sont placées autour. Une porte sépare ce living de la chambre. Un imposant moustachu en sort. Béret et blouson de cuir, il éteint sa cigarette. Sa vieille femme, foulard sur la tête et gilet de laine, le suit.
Ils vivent là avec leurs deux filles adolescentes. Lui, travaille dans ‘la ferraille’. Il n'en dira pas plus. Sa très relative aisance, sa bicoque plus grande que les autres, il la doit à son statut. Ici, il est un peu le chef. Respecté par les autres hommes du campement, c'est lui qui prend la parole ou intime le silence lorsqu'il s'agit de répondre aux questions. Ses deux filles, cheveux longs et doudoune noire, ne sont pas plus bavardes. Elles parlent espagnol.
‘On est roumaines. On habite ici depuis dix mois. Ca fait longtemps. Avant ? On était ailleurs…’
De l'autre côté du boulevard, près d'un tunnel où sont stationnées des voitures fracassées qui servent aussi de maison aux plus démunis, des gamins courent. Ils quémandent des pièces ou un bonbon. Ils s'appellent Ici, David et Anton. Ils disent aller à l'école. Anton, 13 ans, garde la tête baissée et les poings serrés dans son blouson de cuir marron auquel est accroché un petit papillon de tissu. Seul le plus jeune, Ici, 8 ans, est capable d'écrire son prénom et celui des grands. Très vite, ils oublient la question et se remettent à jouer bruyamment.
” Qu'ils retournent chez eux cette racaille ! » apostrophe une vieille dame qui promène ses trois chiens. Imperturbables, les gamins continuent de rire et de parader sur leurs vélos. Ils vivent en face de ce terrain de jeu improvisé.
De la merde, partout
Derrière une grille sur laquelle sèchent des couvertures, des bicoques de bois et quelques campings car. Le sol est boueux, le spectacle chaotique. De la merde, partout, sur plusieurs mètres de terre, rend désormais inutile l'accès aux deux cabines mobiles de toilettes échouées au fond du terrain. Des fauteuils éventrés partout. Des poussettes et des ordures larguées sur les branches des arbres. Des miroirs cloués aux troncs. Des débris de verres par terre.
Comme en face, les toits sont formés par des bâches fixées par des objets improbables. Comme en face, des tuyaux rouillés fument. A l'intérieur des baraques, des poêles ont été installés pour tenir chaud.
Debout, près de la porte de son Mobil home, une jeune fille fait signe. Elle veut raconter son histoire. Au-dessus de la poignée, un autocollant réclame » Un toit pour tous. » Cedra a 20 ans et le corps déjà fatigué. Elle parle bas, son bébé, Narjiss dort. Il a 1 an. La bobine douce et souriante, elle parait à la fois gênée et fière de son intérieur. Humiliée de vivre dans cette étroitesse. Regonflée d'avoir astiqué chaque recoin de son foyer. Elle n'a rien pu contre les énormes trous au plafond, menaçant de s'élargir. Son petit radiateur ne peut rien contre le froid ni l'humidité. Elle garde les bras croisés, sauf pour ajuster sa longue jupe à motifs écossais avant de dire qu'elle ne veut pas rester là :
« C'est difficile pour mon bébé. Pour l'eau, je dois aller au robinet, près du métro. C'est mieux que les hôtels ici, mais je veux partir. »
Pour avoir une vraie maison. Elle n'en a jamais eu. Pas même en Roumanie, où vit toujours son père. Sa mère est morte. Cedra est donc partie. Son mari, épousé en France, travaille. Elle ne sait pas bien où. Certains employeurs viennent le démarcher, dehors, là où jouent les enfants : « Une femme lui donne 10 euros pour vider des poubelles. »
Elle est la seule femme à être là ce dimanche matin. Les autres sont au marché. Cedra n'y va pas, elle n'a pas les moyens. Parfois, elle récupère ce qu'il reste des étals. Elle rigole quand on lui demande si elle a des amis : » C'est quoi, ça » ?
Attente de papiers
Un épais nuage de fumées. Un diable plein de bières. Voici les hommes. Une bouteille à la main, ils parlent fort. Un peu à l'écart, un type à bonnet vert sirote en silence. Il attend ses papiers. Il attend façon condamné : il n'a accompli aucune démarche administrative. Machinalement, il pousse du pied un tas d'ordures. Sous les boîtes de conserves, un livre de la la poétesse polonaise Wislawa Szymborka. Elle a écrit un jour :
» Je frappe à la porte de la pierre
- C'est moi, laisse-moi entrer.
- Je n'ai pas de porte, dit la pierre. »
► Photos : Audrey Cerdan.





















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à belaragoth
De Fuel_Injected
18H46 | 04/02/2008 |
Bah, faut envoyer vos « jolies notes » à ces messieurs attila/tsarkoziza, si ça se trouve ; vous rentrez au gouvernement de mr fion !
De elvis
19H16 | 04/02/2008 |
on ne dit pas « gitans » mais gens du voyage.
enfin, ces personnes ont beaucoup d avantages que d autres n ont pas. rmi, pas d impot sur le revenu, foncier, taxe d habitation, cmu ou ame, …
en effet, quand on a une bmw ou autres, on est a meme de se demander d ou vient de telles resources quand on gagne le rmi. cela est une idee de raciste !
je pense qu il faudra, comme le fait le gournement avec le traite europeen, d'ouvrir ,sans demander l avis a qui que ce soit, toutes les frontieres du monde. tout cela pour eviter l economie souterraine. mais developpement de l esclavagisme !
a vous lire
à elvis
De jissé
Ingé retraité | 20H06 | 04/02/2008 |
Elvis.
Je vous cite :
« On ne dit pas “gitans” mais “Gens du voyage'.”
Uniquement en français ! !
Hors vous semblez vouloir abolir les frontières ..
On ne dit pas que vous “Enc.. les mouches”, mais que vous “sodomisez les diptères”.
C'est plus convenable ..
En français ..
http://www.dhennin.com/kusturica/v2/gitans_fr.html
à jissé
De Fuel_Injected
21H28 | 04/02/2008 |
@jissé,
tu m'as tellement fait rire que j'ai décidé de créer l'association des enculeurs de mouche !
De caro
délinquante avérée | 20H37 | 04/02/2008 |
Pour connaître les Rroms, rien ne vaut un petit voyage sur leur site :
http://lesrroms.blogg.org/
Si les livres d'histoire en parle pas ou peu, on peut rappeler que les Rroms ont, eux aussi, été génocidés par les nazis. Leur génocide s'appelle SAMUDARIPEN.
C'est un peuple qui appelle notre respect. Je ne suis pas sure qu'il ait été indemnisé par les autorités allemandes, reconnaissant le génocide.
Partout où passent les Rroms, ils sont chassés, harcelés. Ils ne vivent pas « comme nous » ? et alors ? il n'y aurait donc qu'un seul mode de vie occidental à imposer à tout le monde ?
Et si on leur demandait simplement ce qu'ils veulent ?
à caro
De compte supprimé
retraité | 10H15 | 05/02/2008 |
ce qu'ils veulent ?
Mais ton argent bien sûr, rien que ca ! ! !
De Bardamu
difficile | 21H49 | 04/02/2008 |
Très sympa votre remake de « Borat » !
De caro
délinquante avérée | 22H42 | 04/02/2008 |
un peu de musique ? un riverain a déjà évoqué le film LATCHO DROM, voyage à travers le monde des gitans.
Ceux de Paris, sont sans doute des Roumains
http://www.youtube.com/watch ? v=BQn6Qb-9mD8
mais il y a ceux d'origine espagnole
http://www.youtube.com/watch ? v=4afys-ZpSxk&feature=related
égyptienne
http://www.dailymotion.com/video/xf4f4_latcho-drom-legypte
turque
http://www.dailymotion.com/related/3240716/video/xf7fj_latcho-drom-la-tu…
Les Rroms, les Gitans, les Tziganes sont indissociables de la musique.
Doit-on les laisser dans la boue ?
De Wiecha
01H05 | 05/02/2008 |
Bonsoir
Merci pour cet article.
Dommage que beaucoup de commentaires émanent de gens qui ne connaissent rien et jugent sur les « on dit “.
J'habite le 19ème, pas loin de la Porte de la Villette.
Alors quelques précisions
- les bons français qui nous tapent des délires sur les méchants étrangers ont de la merde dans les yeux : le nombre de SDF français dans le quartier est au moins aussi important que celui des Roms : il suffit d'aller vérifier sur les quais à Crimée et à Corentin Cariou. Et ceux là, ils ont aussi choisi la misère comme mode de vie ?
- ‘ils font mendier leurs enfants qui ne vont pas à l'école : ils ne risquent pas d'aller à l'école car la mairie du 19ème refuse de les reconnaitre comme habitants et les mairies limitrophes aussi. Donc oui, les femmes mendient AVEC leurs enfants, et ce sont bien les leurs, les fantasmes à deux balles, ça va cinq minutes
- ils ne travaillent pas : alors là c'est pareil, avant de causer on observe et je conseille à chacun d'aller par exemple devant les magasins de bricolage en gros pour le bâtiment à Pantin et sur le périph : ils y découvriront de pittoresques marchés aux esclaves.
- ils nous prennent nos aides sociales : ben non, rassurez vous, ils n'ont plus le droit à rien. Même quand ils sont de la communauté européenne, le RMI leur est interdit alors qu'ils sont légalement ici. Cette mesure, d'abord prise par le Conseil Général de gauche en 2005 a été reprise par la loi l'année dernière, et des gens qui commençaient à s'intégrer, à sortir de la précarité grâce au boulot extraordinaire des travailleurs sociaux, notamment des permanences parisiennes d'accueil pour les SDF y sont retombés.
Tant mieux ça fait moins d'impôts ? Ben non, parce que l'absence de toute protection sociale les jette dans les bras des marchands d'esclaves, ils sont obligés d'accepter des boulots au noir, et quand les employeurs payent zéro charge , qui en paye plus ? Bah nous évidemment.
Et le pompon du commentaire le plus débile à celui qui leur reproche de ne pas payer la taxe foncière pour un bout de terrain vague.
-ils aiment vivre comme ça : bah oui, bien sûr, il y a des races d'êtres humains qui aiment les rats, le froid, et voir leurs gosses avec la tuberculose. Tout ce que je peux répondre là dessus, c'est qu'on ne s'abaisse pas à répondre à des horreurs pareilles, on combat ceux qui les profèrent. Je signalerais cependant que des centaines de bons français vivent désormais à l'année dans les campings d'Evry ou plus loin, et qu'il est manifeste qu'il s'agit d'un problème de logement et pas d'un gout immodéré pour la marginalité et la vinasse.
En tout cas , si jamais un gouvernement se décide à expulser les imbéciles et les pisse-vinaigres de ce pays, je sais pas si ça videra les bidonvilles, mais ça allègera sacrément les forums !
PS : au fait, tous ces bidonvilles dans ce coin du périphérique vont bientôt disparaitre : en effet, il y a un projet conjoint Mairie de Paris-Plaine commune ( ZAC Porte d'Aubervilliers ). Ce projet prévoit la construction d'un centre commercial, d'immeubles de bureaux et d'immobilier de prestige. C'est ICADE, un des plus gros consortiums immobiliers de France, responsable du déconventionnement de dizaines de milliers de logements sociaux ( déconventionnement égal hausse des loyers ) qui se taille la part du lion, avec une infime partie de HLM.
Dans cinq ans les bidonvilles auront disparu, mais aussi tout l'habitat bon marché de la zone concernée, et vu le nombre de demandes de logements actuellement non satisfaites, les habitants actuels confrontés aux congés pour vente n'auront pas d'autre choix …que les campings du fin fond de l'Ile de France. Sédentaire d'aujourd'hui, nomade stigmatisé de demain ?
à Wiecha
De babacar
08H54 | 05/02/2008 |
Merci pour votre commentaire, parce qu'entre « les Gitans ne travaillent pas et roulent en Mercedes » et « les Gitans sont gentils et font de la bonne musique », tout cela devenait désespérant…. Dommage que sur un site comme Rue 89 nous en soyons à de tels lieux communs, et j'attends avec « impatience » de lire que les Noirs savent danser ou que les sudaméricains vendent de la cocaîne suite à un article sur les immigrés de là ou d'ailleurs….
à Wiecha
De meg
09H49 | 05/02/2008 |
Merci pour votre commentaire.
La fiche wikipédia sur les Rroms indique que les gouvernements européens et les « gadjé » en général, ne comptabilisent plus comme Rroms, les Rroms qui se sont sédentarisé, intégré et ont un niveau de vie convenable. Du coup on se retrouve avec des statistiques faussé et une vision érroné de ces populations visible seulement par les aspects les plus dramatiques et confortant les stéréotypes sur les Rroms.
à Wiecha
De Dominic1949
22H57 | 05/02/2008 |
Merci pour ce commentaire, je partage tout à fait votre opinion. J'ai du mal à lire tous les posts, on navigue en plein surréalisme. Que des français ignorent encore que chaque jour des gens meurent de faim ou de froid dans ce pays comme dans tous les autres me révolte, parce qu'ici dans ma campagne du Ploukistan bas-normand, je le vois presque tous les jours ( et ce sont le plus souvent des français ). Pourtant il n'y a pas foule ici. Alors, à Paris…. Vous avez raison, il y a beaucoup de gens qui ont de la merde dans les yeux, et la télé n'arrête pas d'en rajouter une couche.
De Quincy
Quincy, retraité | 04H07 | 05/02/2008 |
En temps que petites gens a part payer nos impots et faire l'aumone a l'occasion, dans le RER ou a la sortie des marchés ou ils vendent leurs journaux nous ne pouvont pas faire grand chose . Certains plus talentueux alertent l'opinion avec leurs plumes, leurs écrits . Les pouvoirs publics (police, gendarmerie canalisent vaille que vaille tous ces malheureux . Mais il faut dire aussi que les roms les gitans sont fiers de l'être, ils sont libres, et veulent le rester . L'évolution pour eux cela passe par la possession d'une belle caravane, payée en espèces, tout en espèces, pas de banques, la liberté est à ce prix, on n'accepte pas la société des gadjos on est même plutot contre . Dans ce cas l'évolution, la réussite sociale, l'intégration réussie cela se fait dans la durée, par l'exemple . Celui qui dans ce milieu a la capacité de servir d'exemple est socialement utile . Quelle structure formera des educateurs parlant leur langue, aptes a vivre comme eux pour les sortir presque a leur insu ,d'une misère qu'ils subissent avec une impuissance résignée et les dirige vers les combines et larcins
qui les marginalisent toujours plus
De lesenfantsdedonquichotte
association | 04H50 | 05/02/2008 |
Les tentes reviennent !
Mobilisation Nationale le 21 février à Paris
Paris, le 29 janvier 2008
COMMUNIQUE DE PRESSE
Politique pour les personnes sans abri et mal logées
Oui, Monsieur le Premier Ministre,
nous sommes déçus
et nous voulons continuer à négocier !
Ce n'est pas sans raison que le Premier Ministre a considéré ce matin qu'il était normal que
les associations soient déçues, à l'issue de sa rencontre avec elles. Effectivement, les 27
associations de solidarité engagées depuis le 18 décembre dans la définition d'une politique
publique à l'égard des personnes sans abri et mal logées, font part de leur déception devant
les propositions du Premier Ministre.
Les associations considèrent que ces propositions ne sont pas de nature à améliorer
radicalement les conditions de vie des personnes sans abri et mal logées, qu'elles ne sont
pas en mesure de fluidifier l'ensemble de la chaîne qui va de l'hébergement au logement.
Cette insuffisante mobilisation de l'Etat face à un problème aussi grave est inacceptable.
Le Premier ministre a pourtant réaffirmé ce matin qu'il reprenait à son compte les
orientations des associations, à savoir :
- engager une politique de prévention pour interrompre les processus qui conduisent
à la rue ;
- aider les personnes sans abri à sortir de la rue ;
- appliquer la loi sur le droit opposable au logement.
Mais les moyens annoncés ne permettront pas de mettre en œuvre ces orientations.
Au moment de passer aux actes, le gouvernement se dérobe.
Ainsi :
- Alors que le nombre de logements insalubres à traiter est de 600.000, le Premier
Ministre annonce un plan de réhabilitation de 100.000 logements en 4 ans.
- Alors que des milliers de personnes vivent à la rue et qu'il faudra du temps pour
résorber la crise du logement, aucune création de place d'hébergement n'est
programmée.
- Alors que les objectifs 2007 de création de logement social prévu dans le Plan de
cohésion sociale n'ont pas été atteints, on ne décèle aucune volonté politique de tenir
les engagements de 2008. Les associations attendaient un signal plus fort pour une
augmentation sensible du logement social et des mesures qui annoncent une rupture.
- Alors qu'elles constituent un mode de logement alternatif particulièrement adapté
aux besoins de certaines personnes, l'objectif de création de maison-relais reste celui
du Plan d'action renforcé pour les personnes sans abri (PARSA) et les délais de
réalisation sont sans cesse allongés.
A l'issue du travail effectué depuis le 18 décembre, les associations ont évalué l'effort
financier pour initier une véritable rupture dans la politique de l'hébergement et du logement
à plus de 1,5 milliard d'euros pour l'année 2008. Avec les 250 millions annoncés ce matin, le
compte n'y est pas.
Les associations reconnaissent toutefois un changement de méthode et un effort réel sur
des points importants : établir pour la première fois un diagnostic partagé de la situation,
mieux connaître les besoins des personnes, se fixer des objectifs à long terme, se donner
les moyens d'évaluer les actions engagées, renforcer le rôle des préfets, etc. Mais cela reste
insuffisant.
C'est pourquoi les associations de solidarité demandent au gouvernement de compléter
immédiatement ses mesures. Elles lui demandent d'afficher en actes une réelle volonté
politique pour en finir avec le scandale des personnes à la rue et mal logées.
D'ores et déjà, les associations annoncent
une première mobilisation nationale
le jeudi 21 février 2008.
Les associations signataires :
Association des Cités du Secours Catholique,
Association Emmaüs,
Centre d'Action Sociale Protestant (CASP),
Collectif Les Morts de la Rue,
Croix-Rouge française
Emmaüs France,
Enfants de Don Quichotte,
Fédération d'Aide à la Santé Mentale Croix-Marine,
Fédération des Associations pour la Promotion et l'Insertion par le Logement (FAPIL),
Fédération de l'Entraide Protestante,
Fédération nationale des Centres Pact Arim,
Fédération nationale Habitat & Développement,
Fédération Nationale des Associations d'Accueil et de Réinsertion Sociale (FNARS),
Fédération Nationale des Associations Solidaires d'Action avec les Tsiganes et les Gens du voyage
(FNASAT-Gens du voyage),
Fondation Abbé Pierre,
Fondation de l'Armée du Salut,
Fédération française des Equipes Saint Vincent
France Terre d'Asile,
Habitat et Humanisme,
Les petits frères des Pauvres,
Les Restaurants du Cœur,
Mouvement ATD (Aide à Toute Détresse) Quart Monde,
Secours Catholique,
Union Nationale des Amis et des Familles de Malades Psychiques (UNAFAM),
Union des professionnels de l'hébergement social (UNAFO),
Union Nationale pour l'Habitat des Jeunes (UNHAJ),
Union Nationale Interfédérale des Œuvres et Organismes Privés Sanitaires et Sociaux (UNIOPSS)
à lesenfantsdedonquichotte
De pedro66
informaticien bon à rien | 11H50 | 05/02/2008 |
Fait plus court …..
Merci
à lesenfantsdedonquichotte
De compte supprimé
retraité | 20H18 | 05/02/2008 |
tu me fais pleurer ! ! ! !
De FdT
En pleine décroissance | 07H17 | 05/02/2008 |
D'une part le malheur de ces populations c'est que leur mode de vie traditionnel n'est pas compatible à notre société marchande faisant hypocritement l'éloge de la libre entreprise alors que cette dernière est hautement régulée par tout un arsenal législatif.
Par le passé ces gens vivaient d'artisanat qu'ils vendaient à la manière des marchands itinérants. Or de nos jours l'environnement économique ne permet plus cela. De plus culturellement le travail salarié est considéré comme un asservissement.
D'autre part le cas de ces Tziganes que nous voyons en France est en fait différent. En effet n'oublions pas non plus que sous les régimes communistes d'Europe de l'Est ils étaient sédentarisés et employés dans la fonction publique et les usines d'Etat, or après l'effondrement du communisme de nombreuses usines ont fermé, ou ont été privatisées…et les Tziganes se sont retrouvés sans travail faute d'être réambauchés ailleurs car en Roumanie par exemple on n'embauche pas les Tziganes considérés comme sales, intrinsèquement puants, non fiables, attardés mentaux et j'en passe… Ce sont ces gens là que nous retrouvons maintenant chez nous. Répétons-le à l'origine ces gens étaient sédentarisés et travaillaient mais se sont retrouvés renvoyés de leur travail. Dans leur pays d'origine ils subissent une discrimination et un racisme épouvantable. J'ai pu entendre ce que peuvent dire des Roumains de leur compatriotes Tziganes et je vous assurent que cela n'a rien à envier des discours dégradants les plus anti-sémites et anti-noirs que peuvent tenir nazis et membres du Klu Klux Klan.
Les gens du voyage n'ayant pas encore été sédentarisés sont un trésor culturel européen dans le sens qu'ils représentent la dernière population d'homme « libres » n'ayant pas été commplètement assimilé à la société de consommation. Il est fascinant de voir de quelle manière ces populations ont réussi à survivre dans un environnement social et économique s'opposant à eux. Ceci dit ils payent le prix lourd de leur marginalisation. Ils ont une espérance de vie moindre que tout autre groupe, l'alcoolisme fait des ravages…
à FdT
De pedro66
informaticien bon à rien | 13H34 | 05/02/2008 |
Snif,
sortez les mouchoirs , c'est tellemnt triste ….
C'est encore la faute des français qui ont colonisé la Roumanie et qui doivent payer pour cela .
et donc accueillir et entretenir tous les Roms qui déboulent ici …
Hallucinant de débilité
De FdT
En pleine décroissance | 07H37 | 05/02/2008 |
Un commentaire m'a fait penser à une idée pour former une association dont la vocation serait d'aider ces gens à gérer plus efficacement leur quotidien difficile. Leur vie est épouvantable mais il pourraient y apporter des améliorations d'eux mêmes avant que d'autres ne se préoccupent d'eux. Par exemple prenons l'anecdote des WC où la merde déborde de partout. Ne pourrait-on pas éduquer ces gens en leur expliquant que si personne se soucie de leur sort eux peuvent néamoins agir afin d'éviter d'en arriver à une telle extrêmité ? La solution est simple : il suffit de se munir de sauts et d'aller vider la merde dans la bouche d'égôut la plus proche avant que les WC débordent. Cette corvée est certes peu agréable mais une alternatives autrement plus rationnelle que d'attendre de se retrouver avec des centaines de kilos d'excréments répandus un peu partout.
En fait je me demande si à force de vivre dans un environnement hostile et méprisant ces gens n'auraient pas fini par abandonner une partie de leur dignité. On connait ce phénomène psychologique où un individu à force d'être méprisé devient lui même convaincu de son peu de valeur. N'oublions pas que l'estime de soi provient en partie du reflet que donne autrui de nous, or lorsque ce reflet est négatif nous nous construisons alors une image négative de notre être et même si cela devait être totalement injustifié.
De Bardamu
difficile | 09H12 | 05/02/2008 |
Il suffit d'aller en Roumanie pour voir les châteaux que se font construire les « parrains » de ces pauvres gens, grâce au trafic du cuivre volé, entre autres, véritable marché organisé par des ferrailleurs véreux, c'est pour cela d'ailleurs qu'on ne peut plus laisser une couronne de cuivre sur un chantier la nuit en France…
Alors, pitié, arrêtez d'évoquer la mythologie des « Gens du voyage », l'exotisme des « Fils du vent », et autres carabistouilles (en vous lisant on croirait que Claire Bretécher a écrit les dialogues ! ) : il s'agit très prosaïquement d'exploitation, d'esclavage moderne, de filières faisant transiter de la chair humaine d'un pays à l'autre.
La leçon à tirer, c'est qu'il faut bien sûr aider ces gens qui sont des victimes (même consentantes) mais surtout tarir cette immigration clandestine qui alimente les bidonvilles et déchire encore un peu plus le tissu social.
Si vous voyez une autre solution, merci de m'instruire.
à Bardamu
De meg
10H38 | 05/02/2008 |
« tarir cette immigration clandestine »
les Rroms ne sont pas des immigrés clandestins mais des membre de la communauté européenne.
« ces gens qui sont des victimes (même consentantes) »
Ah les victimes consentantes !
Consentantes pour vivre dans la misère, la saleté, la tuberculose…
« la mythologie des “Gens du voyage”, l'exotisme des “Fils du vent”, et autres carabistouilles »
Votre culture est serieuse, rien à voire avec les mythes et les carabistouilles de ces « victimes consentantes », quant à l'exotisme…
Sinon pour les solution par exemple on pourrais favorisé les profs itinérants pour instruire les enfants, on pourrais donner des moyens à l'inspection du travail pour poursuivre et condamner les employeurs illegaux, fournir le RMI, favoriser l'alphabétisation des adultes, installer plus d'endroit dans les villes pour qu'ils puissent vivre convenablement, voire pour la secu si le medecin « referant » ou d'autres lois sont à reviser. Il doit y avoir beaucoup d'autres choses à faire, mais cela demande des moyens et la volonté collective d'agir en faveur des Rroms. Avec l'ambiance actuel en France j'ai du mal à croire que leur condition s'améliorera.
De jlk
compositeur | 09H15 | 05/02/2008 |
En complément de cet article très intéressant, je vous conseille particulièrement l'émission de France Culture « Sur les docks » dont le sujet est cette semaine : « Les gens du Voyage » : tziganes, gitans.. Ecoutez les raconter leur vie, leur histoire…
L'émission d'hier, « L'hiver des Tziganes – Souvenirs nomades » était très émouvante. Ce Cycle dure toute la semaine.
on peut écouter ou réécouter en ligne.
en prime, le lien : http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/sur_docks/
Ah merci le service public
De pesta
SDF dans l'est | 09H44 | 05/02/2008 |
Triste
De guerzit
Incomprenant majeur | 11H02 | 05/02/2008 |
Les gitans, roms, tziganes sont sutout un peuple marqué par l'idée de la fatalité. Ils vivent ainsi car c'est leur destinée. Ils aimeraient changer de vie mais ne peuvent refuser cette dernière.
De dirdir
11H59 | 05/02/2008 |
on parle de deux choses différentes : il ya effectivement des Roms qui conservent un mode de vie nomade (et chaque commune de plus de 5000 habitants a une obligation légale de fournir une aire d'installation).
Mais ici, il ne s'agit absolument pas d'un « mode de vie incompatible au nôtre » ! Comme nous, ces familles veulent un toit qui ne fuit pas, du chauffage, un boulot, ne pas vivre dans la merde. Ce ne sont pas des nomades, ce sont des gens poussés à l'exil par la misère (sans parler qu'être Rom en Roumanie, Bulgarie, c'est pas toujours la fête…), et leur situation est à comparer à celle des bidonvilles d'après-guerre qui entourainet les villes. Rien à voir avec une « aire pour les gens du voyage » !
à dirdir
De meg
17H56 | 05/02/2008 |
« (et chaque commune de plus de 5000 habitants a une obligation légale de fournir une aire d'installation). »
la loi a changé depuis 2003, les communes de plus de 5000 habitants n'ont plus cette obligation.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_sur_la_s%C3%A9curit%C3%A9_int%C3%A9rieu…
« le délit d'installation illicite sur une propriété privée ou publique “au moyen d'un véhicule automobile”. Dans ce cas, les forces de l'ordre peuvent confisquer le véhicule en cause et suspendre le permis de conduire de l'auteur des faits pour une durée maximale de trois ans ainsi que des peines de 6 mois de prison et d'une amende de 3.750 euros. Jusqu'à présent, l'expulsion d'un terrain occupé sans autorisation ne pouvait être décidée que par un tribunal. »
De berangere
psychologue | 12H17 | 05/02/2008 |
Mais si, ils sont des « nôtres » même si c'est autrement.
Ils ont faim , is aiment avoir chaud, leurs histoires d'amour ressemblent aux nôtres, ils pleurent la mort de leurs enfants,et leurs larmes sont salées, ils ont peur et leurs cauchemars durent 24 heures sur 24.Et si, parfois ils vivent dans la « merde » c'est que la nôtre, est hygèniquement stockée.N'importe quelle hospitalisaton permet de réaliser à quel point nous ne sommes pas de purs esprits.
Le probléme est ; comment pouvons-nous accepter que des nôtres vivent dans de telles conditions et par quels absurdes hypocrisies décidons-nous que c'est leur faute.Si, de temps en temps, cela nous empêchait de dormir au chaud et le ventre plein,si nos regards s'humanisaient, si nos 4x4 et nos rollex avaient honte, les gitans auraient le droit d'apporter, c'est vrai aussi, leurs codes et leurs rêves, nous en avons bien !
De compte supprimé 22 janvier
12H31 | 05/02/2008 |
Photo retouchée avec Aurélien Einthoven ?
De romi45
découvre l'information | 14H49 | 05/02/2008 |
Je vais dire un truc affreux,
mais deja des gens qui travaillent, ont des papiers ne trouvent pas de logements et son pour les plus chanceux hebergé pour les plus malchanceux a dormir dans le metro.
il y a beaucoup de boulot avant d'arriver a faire disparaitre toute la misere ici.
Cdlt
De Lole
15H17 | 05/02/2008 |
Berangere,
Votre texte est joli et sans aucun doute vous êtes humaniste, du moins ds vos propos. Et je trouve cela plutôt bien. Mais vous êtes certainement aussi un peu naïve. Qd vous dites les gitans : cela dépend desquels on parle. Il y a ceux décrit dans cet article, et oui c'est de la vraie misère, comment rester insensible ? Mais il y a également les gitans plus « classiques » que l'on voit dans les camps itinérants. Et là, n'en déplaise à beaucoup de gens de gauche, (dont je fais partie…) oui on voit souvent des caravanes super chers et des voitures de luxes. En l'occurrence je pense qu'ils ont beaucoup plus de 4x4 & rollex que le français moyen. Et oui, cela est certainement obtenue d'une façon illégale. Et donc, il est compréhensible (j'ai pas dis normal) que beaucoup de gens soient choqué et réagissent.
Personnellement j'ai beaucoup de mal à me faire une opinion. J'aime bien l'aspect « romantique » des gens qui voyagent, qui chantent, qui ont une histoire, ect. Mais je ne cantonne pas ma vision uniquement à cela.
Je ne suis pas partisan des « y vit pas comme moi, il est bizard celui la » et des « qu'est-ce qu'il la qu'est-ce qu'il est il a une drôle de tête ce gars la… ». Ceci dit je n'aime pas spécialement les voyous, je n'aime pas les gens qui regardent sans arrêt de travers et qui ne respectent pas les autres et le matériel. Je dis cela car souvent après un départ de camps, c'est un gros cirque, et beaucoup de choses sont cassées. Ex : ils se servent d'une bouche à incendie pour s'alimenter en eau, mais à leur départ ne prennent pas la peine de la fermer ou de la réparer, et l'eau coule à flot. (c'est du vécu). On peut être marginal et itinérant, mais pourquoi dégrader ?
Cela a souvent était un sujet tabou à gauche (et l'est encore) : il est très difficile de parler du sujet sans
obtenir des grosses réactions, très stéréotypées. Pour ma part je pense que le gitant n'est pas un voyou, mais qu'il y a qd même malheureusement beaucoup… N'importe quel commissariat voit ses statistiques de vols/cambriolages augmenter qd un camps est à proximité. Les trafics de voitures volées : ils sont souvent impliqués ; ect. Cela choque, et je le comprends, la population. Tout cela pour dire, que parler de ce sujet, travailler sur des solutions, c'est bien, et important. Mais occulter les aspects négatifs, c'est partial, et du coup cela attise le ressentiments chez les autres. Ce n'est pas pour rien que la droite et surtout le FN ont réussi à piocher ds de voix ds les milieux populaires (et pas seulement). Si on a un discour claire et juste, on peut peut être faire avancer les choses un peu mieux non ?
Voilou voilou.
PS : excuser les fautes, pas l'temps de me relire… : )