Etienne Chouard : « On se fout de nous » avec le traité européen
Réunis en Congrès, les 907 députés et sénateurs doivent voter, ce lundi après-midi à Versailles, la révision de la Constitution préalable à la ratification du traité européen de Lisbonne. Promoteur du » Plan C » (écrire nous-mêmes une Constitution d'origine Citoyenne), Etienne Chouard, qui avait été l'un des animateurs du non pendant la campagne référendaire de 2005 sur la » Constitution européenne » , nous livre ici sa colère.
Ce qui se passe en France est consternant : les acteurs publics français -parlementaires, ministres, juges- violent sans vergogne le peuple qu'ils sont censés représenter, en lui imposant par voie parlementaire les institutions antidémocratiques qu'il vient de refuser expressément par référendum. On se fout de nous. Et quand la Constitution les gêne, ils la modifient. Eux-mêmes. Et sans référendum ! On se fout de nous.
Les médias complices
Ce viol est rendu possible sans déclencher de révolte grâce à la complicité active des soi-disant » sentinelles du peuple » : les journalistes, censés surveiller et dénoncer les abus de pouvoir, ne remplissent pas leur mission, pourtant vitale pour la démocratie, et dissimulent un coup d'Etat sous la chape de plomb d'un silence coupable. A la télévision, aucun débat, aucune mise en scène des conflits, aucune publicité donnée aux opinions dissidentes ; rien que des jeux, des variétés, des réclames et la chronique judiciaire des faits divers en guise d'information.On se fout de nous.
Le référendum de 2005 avait suscité dans le pays un vif débat qui a servi de révélateur pour des milliers de citoyens comme moi qui faisaient confiance à leurs représentants pour construire le rêve européen et défendre l'intérêt général. Ce révélateur de 2005 a montré une véritable trahison de nos élites qui, sous couvert de la construction européenne, depuis cinquante ans, vident la démocratie de toute réalité et s'affranchissent eux-mêmes de tout contrôle populaire. On se fout de nous. Cette révélation de 2005 est confirmée en 2008 par le viol caractérisé que constitue l'adoption par voie parlementaire du traité de Lisbonne, copie mal maquillée du Traité établissant une Constitution pour l'Europe.
Quelques horreurs supplémentaires
Ce n'est pas tout : j'ai découvert, depuis l'époque du référendum, quelques horreurs supplémentaires.
► En 2006, j'ai compris que le cœur nucléaire de nos impuissances était très probablement la création monétaire, incroyablement abandonnée aux banques privées par l'article 104 du Traité de Maastricht. Et ce hara-kiri monétaire qui est probablement une source importante de toutes nos impuissances politiques, au lieu d'être débattu tous les soirs à la télévision, n'est même pas connu des journalistes professionnels (pourtant, ce côté pro des journalistes de métier nous est souvent présenté comme un gage irremplaçable de compétence et d'honnêteté, une qualification nécessaire pour éviter les errances de l'amateurisme dangereux qui règne partout sur Internet). On se fout de nous.
► En 2007, une autre découverte confirme la direction que prenait mon analyse : l'éclairage précieux des années 30, fourni par les travaux d'Annie Lacroix-Riz, permet de prouver les intrigues gravissimes des industriels et des banquiers contre les institutions républicaines et contre la démocratie.
En un mot, nous n'en sortirons jamais si nous attendons que nos élus nous proposent eux-mêmes une solution : d'abord, ils sont trop dépendants de ceux qui rendent possible leur élection (via les médias subordonnés) et qui, de plus, sont juges et parties dans le processus constituant et ont un intérêt personnel à notre impuissance politique : nous devons donc prioritairement nous réapproprier le processus constituant pour remettre les élus sous contrôle et reprendre la maîtrise publique de la monnaie.
Le révélateur du débat de 2004-2005
Quand Fabius a dit qu'il allait voter non, à l'automne 2004, ça m'a interpellé, réveillé, et j'ai lu son livre, puis celui de Strauss-Kahn, qui était intéressant aussi mais qui parlait d'autre chose : DSK soulignait les avancées -incontestables- du TCE par rapport à la prison de Nice, mais sans répondre aux graves accusations de Fabius : illisibilité d'un texte interminable truffé de renvois et de chausse-trappes ; politique économique figée au plus haut niveau du droit ; politique monétaire anti-inflation condamnant l'Europe à un chômage de masse ; coopération renforcées quasiment interdites et révisions constitutionnelles quasiment impossibles, illégitimité de la Convention Giscard, etc.
Le dialogue de sourd (sans » s » ) commençait : les » ouiistes » ne voulaient déjà pas entendre que les avancées (réelles) sur lesquelles ils louchaient ne compensaient en rien les aspects objectivement épouvantables de ce texte supérieur. Ils n'ont d'ailleurs jamais répondu à ces reproches depuis : ils ont l'art de parler d'autre chose pour ne pas répondre point par point.
J'ai lu le TCE, attentivement, et cette lecture attentive m'a inquiété au plus haut point. J'ai réalisé que Fabius n'avait pas vu d'autres vices, plus graves encore : confusion des pouvoirs dans les mains des exécutifs sur des domaines importants et listés nulle part ( » actes non législatifs » et » procédures législatives spéciales » que j'appelle, moi, » lois sans Parlement » , c'est plus clair) ; étroite dépendance des juges pour leur carrière envers les exécutifs alors que leur pouvoir est immense ; totale impuissance des citoyens entre deux élections ; totale irresponsabilité politique de quasiment tous les acteurs ; révision constitutionnelle impossible avec les peuples mais faciles sans référendum ( » procédure chèque en blanc » , donc) ; etc.
Au passage, je souligne que, depuis, j'ai eu encore quelques surprises supplémentaires dans les institutions européennes : d'abord, l'immunité judiciaire à vie de tous les fonctionnaires européens, je dis bien » à vie » (je me demande bien ce que ces gens font de si grave pour avoir besoin d'une telle protection, unique au monde à ma connaissance).
Une incroyable découverte, en 2006
L'abandon aux banques privées de la création monétaire est sans doute la source principale de nos impuissances politiques, mais, surtout, j'ai découvert un fait majeur dont aucun journaliste ne parle jamais : l'abandon définitif, scellé au plus haut niveau du droit -sans débat public-, l'abandon par les Etats de la création monétaire, au profit exclusif des banques privées.
L'article 104 du Traité deMaastricht, qui devrait être notre ennemi prioritaire à tous, le symbole cardinal de la trahison de nos propres représentants, la source principale de notre impuissance politique maladive étant notre soumission financière, mais soumission voulue ! Telle un véritable sabordage monétaire.
Je ne sais pas comment les banques privées ont fait pour obtenir ce privilège extravagant de la part de (tous) nos gouvernants, mais je trouve cela profondément révoltant. Il faut lire Maurice Allais, -prix Nobel d'économie, un puits de science, un spécialiste de la monnaie et un courage impressionnant pour lutter de front à la fois contre les multinationales et contre les banques-, il faut lire Allais pour comprendre que les banques se comportent (parce qu'on les y autorise) comme des faux-monnayeurs et que cela nous ruine !
Cette affaire nous coûte en France environ 80 milliards d'euros par an, une paille… et depuis 1973, date où cette interdiction a commencé en France, par la volonté du banquier Pompidou assisté par Giscard, la dette publique n'a fait que croître au point d'asphyxier l'Etat et de menacer les services publics ; et le chômage suit la même pente que la dette ! Je suis sûr que ce chômage est lié à cette dette ; il me semble qu'on pourrait au moins en débattre.
Et c'est précisément cette ruine, et l'impuissance qui en découle, qui sont verrouillées au plus haut niveau par l'article 104 de Maastricht, sans débat. C'est difficile à repérer parce que l'article 104 ne dit pas » les États ne peuvent plus créer leur monnaie mais doivent désormais toujours l'emprunter auprès d'acteurs privés qui facturent aux Etats des intérêts ruineux sans aucun risque et sans autre travail que celui de surveiller les remboursements… »
Cette formulation honnête serait trop claire et déclencherait assurément une révolution. Non, ce que dit l'article 104, c'est » les Etats et autres autorités publiques ne pourront plus jamais emprunter auprès de leur Banque centrale » , ce qui est proprement incompréhensible pour le commun des mortels : pour comprendre ce que l'article 104 veut dire, il faut savoir que c'est comme ça que les États créent (créaient) de la monnaie, en empruntant auprès de leur Banque centrale (éventuellement sans jamais rembourser, c'est une modalité possible, mais surtout sans jamais payer aucun intérêt).
Et c'est ça qui est désormais interdit, sans débat, sans avouer l'enjeu, en refusant même d'en parler sérieusement, alors que ça nous coûte les yeux de la tête, de plus en plus chaque année par le jeu diabolique des intérêts composés… On en est rendu aujourd'hui à une dette qu'on n'arrive même plus à rembourser en capital car le paiement des seuls intérêts assèche toutes nos marges de manœuvre : les intérêts de la dette publique en France dépassent 40 milliards par an, 40000 millions chaque année !
Revenus sans cause versés sans contrepartie à des rentiers, sans nécessité. C'est une honte. Cette ruine programmée des Etats (et l'Etat, c'est nous tous, bien sûr) n'est pas une fatalité : c'est une volonté politique et cette volonté politique n'a rien à voir avec l'intérêt général. A l'évidence, elle pourrait changer. Attention à ne pas se tromper de débat : je ne dis pas qu'il faut créer plus de monnaie, il faut en créer autant, mais il faut que ce soit la banque centrale indépendante qui la crée, et pas les banques privées, ce qui va réorienter le revenu de l'intérêt vers les caisses publiques au lieu des caisses privées.
Je ne dis pas non plus qu'il faut que les gouvernements ou les parlements puissent créer la monnaie : c'est un organe indépendant n'ayant rien à espérer d'une élection qui doit avoir ce pouvoir, pour qu'il ne soit pas tenté d'abuser de la création monétaire par clientélisme démagogique. Il n'y a donc aucun risque d'inflation supplémentaire dans cette réappropriation publique de la monnaie ; il est simplement question de retirer aux banques privées une source considérable d'enrichissement sans cause, pour rendre cette ressource à la collectivité. C'est urgent.
En n'organisant aucun débat sur ce thème essentiel, on se fout de nous. Pour en finir avec ce résumé sur le hara-kiri monétaire de l'article 104, il n'est pas inutile de préciser que, quand on commence à lire la littérature sur le sujet, on découvre que les humains ont compris depuis longtemps qu'ils ont un problème avec la monnaie (et surtout avec ceux qui l'accumulent et qui font métier d'en gérer la rareté artificielle) et que nos aïeux ont mené des centaines d'expériences de monnaie » parallèles » ou » libres » (souvent » fondantes » pour dissuader l'accumulation confiscatoire), à travers le monde et les époques.
Alors, écoutez bien : on dirait (je le dis sans avoir encore de réelle certitude sur ce point, je lis beaucoup, je progresse, mais si nous avions des débats contradictoires et publics sur tous ces points, nous progresserions tous très vite ! ) que toutes ces expériences, toutes, à chaque fois que les hommes reprennent le contrôle de la création monétaire et rendent la monnaie suffisante dans une région, à chaque fois, le chômage et la misère disparaissent dans les mois qui suivent, l'activité générale reprend à vive allure. Ce n'est pas tout à fait inintéressant, n'est-ce pas ? Et inversement, chaque fois que la Banque centrale vient y mettre son nez, en interdisant cette monnaie libre abondante et en réimposant sa monnaie officielle (rare et chère), le chômage revient… Ça ne mérite pas un petit débat, ça ?
On pourrait au moins vérifier sérieusement et mener/publier des études approfondies, de nouvelles expériences, non ? A moins qu'il n'y ait quelqu'un qui ait un intérêt personnel puissant à ce que le chômage perdure… Parce que c'est formidable, le chômage, quand même, pour les industriels et les banquiers : ça rend docile, le chômage, et à tous points de vue, c'est bon pour les profits… Y aurait-il donc quelqu'un qui fasse passer cet intérêt puissant avant l'intérêt général ?
Là, je vois venir un de ces sagaces analystes qui n'ont qu'un argument, un seul, aussi léger que l'air : » Ouais, on connaît : encore un paranoïaque qui croit à la théorie du complot ! » Fin de la réflexion, les neurones du sagace ont fait leur boulot, y'a plus d'argument, circulez ! A l'évidence, cette » réflexion » est le degré zéro de l'argumentation. On se fout de qui ?
Une autre découverte importante, en 2007
On peut répondre à cette accusation de » paranoïa » (lancée commodément contre tous ceux qui analysent et dénoncent les intrigues des très riches pour conserver leurs privilèges) en signalant le travail considérable d'une historienne courageuse ; ce que prouve Annie Lacroix-Riz est important pour comprendre ce qui nous arrive : l'éclairage formidable des années 30 qui sert à prouver les intrigues déplorables des industriels et des banquiers contre les institutions républicaines.
Le lien entre nos institutions -malhonnêtes dès leur constitution, de façon à bien verrouiller l'impuissance politique des salariés- et les intrigues des banques privées -qui sont capables, pour nous asservir, de voler la création monétaire à la collectivité, et même, comme en 1940, de contraindre les représentants politiques à livrer le pays à des bourreaux qu'elles ont fait naître de toutes pièces dans les années 30-, est pour moi la découverte bouleversante de l'année 2007. On commence à avoir des preuves que le cauchemar des banquiers, c'est que les salariés (80% de la population active) échappent à leur emprise et luttent victorieusement pour augmenter leurs salaires…
C'est cette obsession viscérale des salaires chez les banquiers que démontre Annie Lacroix-Riz dans ce livre important qu'est » Le choix de la défaite » (et la vidéo l'accompagnant) : chacun peut y découvrir un sabordage historique de la République dont la preuve formelle apportée par l'historienne pour les années 30 met en lumière (et permet d'enfin comprendre) le même choix, le même sabordage (pour les mêmes raisons : tenir en cage les salaires), à travers la construction européenne ardemment voulue et imposée par des banquiers et des industriels, à commencer par Jean Monnet, idole des eurolâtres, mais qui sent le souffre…
Cauchemar de banquier : des salariés dotés d'institutions leur permettant de se défendre financièrement… une République, quoi… l'horreur absolue de tous les rentiers du monde… Dans la lumière crue des années 30 révélées depuis peu par Annie Lacroix-Riz, l'article 104 de Maastricht en particulier, mais également toutes les institutions de l'UE en général, se montrent sous leur vrai jour, un jour qui n'a pas grand-chose à voir avec l'intérêt général, semble-t-il : une arme décisive concédée aux plus riches pour affaiblir les Etats européens et asservir les peuples, une fausse démocratie imposée en douce pour le compte d'une oligarchie. Rien de neuf sous le soleil : on se fout de nous. Objectivement, avec les institutions de l'Union européenne voulue par les banquiers, nos suffrages ne comptent presque plus pour rien. Ils ont construit une démocratie factice, sans nous pendant cinquante ans, et même maintenant contre nous !
Confirmation en 2008 de ce que 2005 avait révélé
Le coup de force de la voie parlementaire montre au grand jour que nous sommes dans les mains d'une bande de voleurs violeurs : nous sommes en cleptocratie. Alors, que faire ?
Ils disent que le traité de Lisbonne n'est pas une Constitution, que c'est un simple traité, et que les gouvernements sont donc parfaitement habilités à signer les traités. Comment répondre à ces arguments ? Comment montrer que les gouvernements ne sont pas légitimes dans la construction européenne ?
Voilà mon angle d'attaque à moi : ce texte est un traité, à l'évidence, ET c'est aussi une Constitution, et c'est justement notre problème, le cœur de l'escroquerie, parce qu'on n'écrit évidemment pas une Constitution par voie de traité puisque, d'une part, nos représentants ne sont pas propriétaires de la souveraineté populaire qu'ils ne font qu'incarner temporairement et qu'ils ne peuvent absolument pas transmettre sans nous, sous peine de haute trahison, et d'autre part, ils sont à la fois juges et parties dans le processus constituant, ce qui les rend profondément suspects et illégitimes.
Les parlementaires les ministres et les juges sont évidemment en conflit d'intérêt quand ils se proclament » constituants » . Rousseau le redoutait et le présageait, mais déjà à Athènes, on avait vu le piège et on faisait écrire la Constitution par un étranger… Coïncidence ? Cette modalité antique a donné la seule vraie démocratie au monde où le peuple contrôlait vraiment quotidiennement les hommes qu'il plaçait au pouvoir.
C'est Goethe qui disait : » Tout a déjà été pensé ; l'important est d'y penser à nouveau. » Ce texte, comme les autres, est une Constitution de fait, indépendamment de l'étiquette que veulent bien lui coller ses auteurs (un fiole de poison n'est pas moins dangereuse quand on lui retire son étiquette) ; ce texte est une Constitution par la nature des règles qu'il porte, parce qu'il institue des organes producteurs de normes obligatoires et donc dangereuses (un Parlement, un gouvernement, des juges, une hiérarchie de normes, des procédures…).
Rappelons qu'une Constitution est un acte de défiance qui sert à protéger le peuple des abus de pouvoir (cf. Benjamin Constant, Montesquieu et tous les libéraux qui n'avaient qu'une idée en tête -et ils avaient bien raison, on le confirme aujourd'hui- pour protéger les libertés individuelles : c'était de limiter et d'affaiblir les pouvoirs, notamment en séparant les pouvoirs). Chaque citoyen devrait apprendre ça à l'école, et ne jamais l'oublier : une Constitution sert à affaiblir les pouvoirs, à les contrôler tous, notamment -mais pas seulement- en les séparant : diviser pour affaiblir.
Ce que j'affirme haut et fort, c'est qu'on n'écrit pas les Constitutions par voie de traité : les citoyens devraient refuser que les hommes au pouvoir écrivent eux-mêmes les règles du pouvoir. Ce n'est pas aux parlementaires ni aux ministres ni aux juges d'écrire ou de modifier la Constitution car ils ont un intérêt personnel à notre impuissance politique, ils sont à la fois juges et parties dans le processus constituant et ils trichent, naturellement.
La Constitution de fait qui fonde l'UE est donc profondément illégitime car elle résulte d'un abus de pouvoir. Solution : avant de séparer les pouvoirs constitués (législatif, exécutif, judiciaire, et j'ajoute médias d'information qu'une bonne Constitution devrait sûrement prendre en charge aujourd'hui) et pour rendre possible cette séparation des pouvoirs constitués, il faut, tout à fait prioritairement, séparer le pouvoir constituant des pouvoirs constitués, il faut que ce ne soit pas les mêmes hommes : il ne faut surtout pas que les constituants écrivent des règles pour eux-mêmes, la clef de nos malheurs est là. Par négligence, par indifférence, par paresse, par renoncement, nous laissons écrire la Constitution par les seuls hommes qui ne devraient surtout pas l'écrire…
Donc, pour que cesse enfin cet abus de pouvoir de nos élus qui s'arrogent le droit d'écrire et réviser eux-mêmes la Constitution, nous ne devons rien attendre des pouvoirs en place, qui ne feront rien, à l'évidence, dans un sens qui irait contre leur intérêt personnel : tous ces gens vont tout faire pour continuer à écrire et modifier les constitutions sans nous, en nous privant de l'essentiel, c'est-à-dire du référendum d'initiative populaire (l'institution la plus dangereuse pour eux). Non, c'est à nous et à nous seuls, et sans rien attendre de nos parlementaires, d'imposer un processus constituant honnête, sans eux.
Et un processus constituant honnête, c'est une Assemblée constituante, bien sûr, mais surtout pas élue comme d'habitude, parce que si ce sont les partis qui nous imposent leurs candidats -partis qui sont des machines à prendre et à garder le pouvoir, et qui sont donc des repaires d'hommes de pouvoir-, on va encore avoir des hommes de pouvoir qui écrivent les règles du pouvoir et on n'en sortira pas. Non, il faut que l'Assemblée constituante soit tirée au sort : en effet, TOUT VAUT MIEUX QUE LA SITUATION ACTUELLE, qui est la pire qui puisse être puisque des hommes écrivent des règles pour eux-mêmes, en ayant un intérêt personnel contraire à l'intérêt général.
C'est ça le cœur de toutes nos difficultés, et qui devrait surgir dans le débat public si nous avions davantage de bons journalistes, inquiéteurs des pouvoirs, sentinelles du peuple. C'est donc à nous de nous passer le mot, avant d'être assez nombreux pour finalement l'imposer : ce n'est pas aux hommes au pouvoir d'écrire les règles du pouvoir, on n'écrit pas les constitutions par voie de traité, il nous faut une Assemblée constituante tirée au sort et nous exigeons de valider son projet (ainsi que toute révision ultérieure) par référendum.
Clairement, on a encore du chemin à faire pour sortir de ce que j'appelle » la préhistoire de la démocratie » . Ce que Giscard lui-même, dans Le Monde du 26 octobre 2007, a affirmé de ce traité de Lisbonne devrait amener les 16 millions d'électeurs qui ont voté non à descendre dans la rue : c'est le même traité que le précédent, illisible, et s'il est compliqué, Giscard dit que c'est sciemment, pour rendre impossible le référendum, pour » faire avaler » le texte aux Français…
Giscard dit aussi que tout ce qui tenait à cœur aux Conventionnels en 2004 se retrouve dans le traité de Lisbonne, sauf que c'est dans un ordre différent. Ma conclusion est celle-ci : tout cela arrive parce que ceux qui écrivent les règles les écrivent pour eux-mêmes et qu'ils trichent. Ce que va faire le Congrès ce lundi est grave, et personne n'en sait rien. Décidément, on se fout de nous.
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à Quinine
De ThomasLefebvre
Rapatrié | 20H39 | 04/02/2008 |
Si vous savez mettre des accents circonflexes via un clavier qwerty, faites moi signe…
à ThomasLefebvre
De Quinine
traducteur et amoureux des chats | 05H32 | 05/02/2008 |
1) Un clavier Azerty, ça se trouve, même au Royaume-Uni. Et sur les claviers Qwerty, il y a des traits d'union.
2) Les codes ASCII ne sont pas faits pour les chiens.
3) N'importe comment, claviers et codes ne feront rien à l'affaire, à en juger par cet aveu extrait de vos propres commentaires autour d'un article dans lequel vous prétendiez faire croire que le TCE et son clone, le Traité de Lisbonne, défendaient les valeurs de gauche (l'italique est de moi) :
« Merci d'avoir corrigés mes fautes (il en reste, hélas..)Et oui, je suis un social traitre sans complexe. Je suis naturellement en complet désaccord avec votre analyse : la création de richesse ne se fait pas systematiquement sur “l'exploitation” mais généralement sur l'interdépendence. »
Pour résumer : je me fiche que vous ayez ou non de l'orthographe, mais évitez de vous défausser en critiquant celle des autres. D'autant que c'est assez révélateur d'un système de pensée et d'argumentation un peu vacillant.
à Quinine
De ThomasLefebvre
Rapatrié | 09H20 | 05/02/2008 |
Un peu susceptible sur votre orthographe, peut-etre ? « Et sur les claviers Qwerty, il y a des traits d'union. » Ah, et on fait comment avec un trait d'union pour avoir un accent circonflexe ou avec un code ASmachien ? Je veux dire, dans un post comme celui-ci pas dans un fichier Word ? Car pour le moment je ne peux faire que du accent aigu (Alt Gr + e). Enfin bref, continuez autant que cela vous amuse a écrire que je n'ai pas de systeme d'argumentation. Cela semble vous faire grand bien de vous défouler, continuez, donc. C'est naturellement tres gentil de votre part mais a la fin, on aimerait bien savoir de quoi je me défausse. Ici ou dans un autre fil ? Si tant est que je mérite autant d'attention. Oui, le traité de Lisbonne respecte les valeurs de gauche. Allez-y, en quoi le traité ne respecte pas les valeurs de gauche ? Le traité offre des opportunités a la gauche européenne d'etre plus efficace, c'est un fait.
à ThomasLefebvre
De Quinine
traducteur et amoureux des chats | 10H32 | 05/02/2008 |
Heureusement que vous ne l'êtes pas, vous, chatouilleux du côté de l'orthographe, parce que ça vous démangerait salement.
Alors, dans l'ordre :
« On fait comment avec un code etc. ? » : ben, on se renseigne.
Pour les traits d'union, on les place là où ils devraient être.
Pour le reste :
1) Je n'ai nul besoin de me défouler, merci de vous occuper exclusivement de votre ego : y a du boulot.
2) Vous vous défaussez, ici comme ailleurs : a) en ne conservant chez vos contradicteurs que les arguments auxquels vous pouvez tenter de répondre et en passant à la trappe tous les autres ; b) en présentant comme vérité d'évangile des arguments que vous avancez sans appuyer le moins du monde vos propos (tiens, encore un : « Le traité offre des opportunités a la gauche européenne d'etre plus efficace, c'est un fait. » ; voilà, l'oracle a parlé, y a rien à ajouter.) ; c) en affichant vis-à-vis de vos contradicteurs (et là, je ne parle même pas de moi) un mépris ironique qui en dit long sur votre état d'esprit.
Sur ce, je vous laisse pérorer et assener vos (contre-)vérités aussi longtemps qu'il vous plaira.
à ThomasLefebvre
De toots
void | 16H56 | 04/02/2008 |
A mon tour,
« Heureusement que les banques centrales ne peuvent etre utilisées pour emprunter pour rembourser la dette des Etats : suffit de regarder le Zimbabwe qui suit cette politique avec le succes que l'on connait pour voir ou ca mene. »
Argument absolument partiel. Vous confondez la politique choisie avec les moyens à porté de main.
La question n'est pas de savoir si une politique d'emprunt à tout bout de champ est bonne ou non, mais de savoir si le controle de l'économie par le peuple est effectif ou non, indépendament de la politique choisie.
Enfin, la comparaison avec le Zimbabwe est mal choisie, pourquoi ne parlez-vous pas des USAs et de leur consomation dopée à coup d'emprunts, emprunts tous garantis par le dollard, monnaie dominante depuis 50 ans ?
Romain
à toots
De ThomasLefebvre
Rapatrié | 21H02 | 04/02/2008 |
« pourquoi ne parlez-vous pas des USAs et de leur consomation dopée à coup d'emprunts, emprunts tous garantis par le dollard, monnaie dominante depuis 50 ans ? »
Et bien parlons en. Oui, la politique de consommation des Etats-Unis est « dopée a coup d'emprunts garantis par le dollard ». Et vous trouvez que ca marche bien ? Au contraire, l'indépendance de la BCE assure une stabilité a la croissance de l'UE. Pour 2008, on parle de recession aux EUA alors que l'on ne parle que d'une croissance faible pour la zone euro : l'indépendance de la BCE permet d'avoir des économies plus stables. Si on suivait ce que veut Sarko sur la BCE, c'est a dire une baisse des taux, on aurait immédiatement speculation sur l'immobilier, la cause des turbulences actuelles ; une hausse de l'inflation et une baisse du pouvoir d'achat. Du coup, vaut mieux écarter la BCE du pouvoir politique, nan ?
à ThomasLefebvre
De jojo1er
09H51 | 05/02/2008 |
Si vous vouliez bien apprendre à dissocier hausse de l'inflation et baisse du pouvoir d'achat vous nous montreriez que vous avez beaucoup progressé en économie.
Moi je sais pourquoi vous vous maintenez dans l'erreur en tout point, vous prenez pour travail de réflexion celui que vous faites et qui se traduit juste par une volonté que vous semblez avoir de vouloir vous convaincre que tout est simple et que les règles économiques du monde se résument à deux ou trois équations simplistes à un seul voire deux opérateurs….
Jojo1er, une fois pour toute l'inflation ne suffit pas à conditionner le pouvoir d'achat.
à ThomasLefebvre
De Pas lolo
fasciné | 11H03 | 05/02/2008 |
« l'indépendance de la BCE assure une stabilité a la croissance de l'UE »
Pour sur, ils essaient de stabiliser. Au point qu'ils prennent en garantie des titres pourris des banques espagnoles, 53 milliards d'euros au Q4 2007.
http://ftalphaville.ft.com/blog/2008/02/01/10637/where-is-the-pain-in-sp…
Vous devriez lire bloomberg, le wall street journal ou le financial times parfois. C'est généralement plus écairant que les blogs bruxellois et ca remet en perspective les mirifiques réussites des économies anglaises, irlandaises ou espagnoles de ces dernières années.
à ThomasLefebvre
De Étienne_Chouard
(auteur)
Plan C = écrire nous-mêmes notre Co... | 02H07 | 10/02/2008 |
Thomas,
Je vous ai connu plus aimable et plus convaincant.
Vous êtes en train, je trouve, de descendre au degré zéro de l'argumentation.
Voyons cela un peu en détail :
Vous commencez par dire : « Etienne Chouard qui appelait il y a peu a la lutte armée »… Ben voyons… Vous prenez vos rêves pour des réalités, mon cher Thomas : ce serait commode pour vous que je sois violent, pour déprécier mon analyse à bon compte… Pas de chance : ce que j'ai dit, et que vous déformez de façon malhonnête, c'est que « la violence obstinée des élus contre leur propre peuple est une cause objective de guerre civile », ce que je maintiens et ce que je déplore au plus haut point, évidemment, alors que vous affirmez que je le souhaite… C'est de la médisance malveillante, une méthode de tricheur.
Vous continuez dans le ragot de caniveau en disant : « boveiste qui préfere désormais faire ses alliances avec les villieristes du MPF »… Votre « analyse », Thomas, se réduit ainsi à une bouillie qui tente de tout salir par amalgame : qu'un de vos adversaires écoute avec attention et intérêt une idée d'un camp différent, et le voilà étiqueté par vous « allié de ce camp », ce qui sera commode plus tard pour le discréditer par contagion.
En guise de réflexion, vous nous présentez une espèce de fatras trafiqué… C'est dommage, car j'ai lu de vous, naguère, des pensées intéressantes. Mais alors là, je ne sais pas ce que vous avez, vous êtes nauséabond.
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Sur l'article 104, vous n'avez manifestement pas tout compris : l'Espagne et l'Irlande, que vous présentez souvent comme des exemples de réussite du libéralisme, sont aidées depuis des années par des subventions abondantes — vous n'en parlez jamais, bizarrement —, subventions européennes considérables qui peuvent s'analyser pour le pays bénéficiaire, il me semble, comme de providentielles créations monétaires, permanentes et gratuites [alors que la seule création monétaire que nous laissent ici nos banquiers gouvernants est composée presque intégralement de monnaie temporaire (à rembourser) et coûteuse (avec intérêts)] : ces deux pays bénéficient donc précisément de la mesure centrale que les meilleurs économistes (à mon goût) défendent pour sortir l'humanité de la misère.
Vos propres exemples jouent donc contre vos thèses, il me semble (mais je peux me tromper, bien sûr).
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Il n'y a rigoureusement rien de francocentré dans ma critique de l'article 104 (devenu l'article 123 du traité de Lisbonne) : ce que je dis de l'article 123 vaut pour tous les pays du monde : tous les peuples sont bien fous de se laisser voler la création monétaire par les individus les plus riches. Ce processus de vol au plus haut niveau est universel, comme est universelle la solution : la création monétaire doit revenir à la puissance publique, partout sur terre, sous contrôle honnête.
Cette réflexion est de portée mondiale.
Vous visez mal.
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Vous dites : « Heureusement que les banques centrales ne peuvent etre utilisées pour emprunter pour rembourser la dette des Etats : suffit de regarder le Zimbabwe qui suit cette politique avec le succes que l'on connait pour voir ou ca mene. » Pourriez-vous, Thomas, nous donner quelques précisions sur la politique monétaire du Zimbabwe, s'il vous plaît ? Ce pourrait être très intéressant, en effet. Je ne connais pas ce cas et je pressens là une chance de progresser. Que voulez-vous dire ?
Mais vous m'avez mal lu, je crois : il n'est pas seulement question de rembourser la dette passée de l'État ; il est surtout question de cesser à l'avenir d'accumuler cette dette sans raison ; il est question de reprendre aux banques privées un enrichissement sans cause (environ 80 milliards d'euros par an, 80 000 millions d'euros chaque année, et l'année suivante encore, payés de notre sueur et de nos privations à des rentiers sans aucun autre mérite que celui d'être déjà riches), et de rendre à la collectivité une ressource qu'elle n'aurait jamais dû perdre.
Mais l'intérêt des banquiers semble passer pour vous avant l'intérêt général ; chacun ses priorités, je vous laisse les vôtres. Je n'ai pas encore lu de vous un seul argument qui tienne la route sur le sujet de la monnaie (ce que disent les néolibéraux de la monnaie est d'ailleurs proprement inepte : on se pince pour se réveiller quand on lit que les plus « grands » d'entre eux prétendent que les mécanismes monétaires sont sans effet sur l'économie réelle).
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Vous m'attribuez un « point Godwin » (une sorte de décoration pour exagération outrancière) pour le seul fait de rapprocher (avec Annie Lacroix-Riz qui s'appuie sur des milliers d'archives ; que présentez-vous, de votre côté, comme pièce à conviction ? ) la construction européenne ardemment voulue et imposée par les banquiers pour se débarrasser de la République, et le réarmement de l'Allemagne nazie avant guerre ardemment voulu et imposé par les banquiers pour se débarrasser de la République… Encore une « pensée interdite », pour vous, semble-t-il, que la simple évocation des années 30, de l'occupation et de la collaboration scandaleuse entre nos élites (restées impunies depuis) et les nazis : un blasphème pour votre dogme ? Cela vous gêne-t-il qu'on remarque que de nombreux ressorts de la dernière guerre soient encore bien tendus ?
Donc, vous m'attribuez un point Godwin (que je mérite peut-être, qui sait) ; c'est amusant parce que vous-même, quand vous reprochez à tous ceux que vous voulez discréditer d'avoir été, une fois au moins, d'accord avec telle ou telle idée des communistes ou des royalistes ou que sais-je encore, vous êtes devenu vous-même un des plus célèbres collectionneurs de points Godwin de l'Internet français : vous passez votre temps à exercer une espèce de « Police de la pensée », par exagération et amalgame déloyal avec ce que vous considérez manifestement comme des « pensées interdites ». On est dans l'anathème contre une pensée blasphématoire, avec des pestiférés de la pensée qu'il ne faudrait jamais approcher sans se salir soi-même ; vous vous comportez en ce moment comme un membre du Parti de Big Brother, un de ces « Espions » qui travaillent au « Ministère de la Vérité » et qui traquent les « pensées dissidentes », hétérodoxes, non conformes…
Je suis en train de relire très attentivement, crayon à la main, « 1984 » d'Orwell, d'où ces multiples références : ça colle très bien, c'est intéressant. Ce livre est comme une grosse « loupe » qui sert à comprendre l'évolution du pouvoir actuel. Je n'y avais rien compris à 18 ans ; je le trouve lumineux aujourd'hui.
Relisez votre première phrase, c'est digne d'une chasse aux sorcières : vous relevez de façon malintentionnée : « Il a un jour soutenu Bové », gniark gniark…, « Il a été une fois d'accord avec un ami de de Villiers », hé, hé… « Il est altermondialiste », beeerk… « Il a fait campagne avec le Mouvement pour la France » pouaaaak… « Il a fait alliance avec le parti du charter républicain », bouuuu…
Tout ça, c'est du mensonge merdique, Thomas, de la déformation, de l'exagération éhontée, du Godwin au carré.
Pour moi, la place de ce type de pensée est dans le caniveau.
Je trouve ça calamiteux et pour vous dire la vérité je trouve ça indigne de vous, car je sais que vous avez — je les ai lus — des traits d'intelligence et d'humanité : que vous arrive-t-il, Thomas ?
On vous sent haineux et du même coup particulièrement malhonnête.
Je le regrette parce que j'ai parfois progressé à vous lire.
Pas ces temps-ci.
Malgré tout, je garde l'espoir de renouer un échange à peu près normal avec vous, parce que d'une part, les humains ne sont jamais tout noirs ou tout blancs, et d'autre part, ils changent avec le temps et progressent très souvent. J'espère vous retrouver comme je vous ai connu il n'y a pas si longtemps : critique mais respectueux, très bien documenté, donnant plein de liens pour progresser, exigeant mais compréhensif, taquin mais sans méchanceté… C'était bien…
Sans rancune, de toutes façons.
Étienne.
De ChtiMarseillais
14H25 | 04/02/2008 |
Cet article convainquant démontre bien l'imminente nécessité d'élaborer de nouveaux contre-pouvoirs mieux organisés et plus dynamiques pour donner une chance aux citoyens de désamorcer les puissantes connivences entre les responsables politiques, les décideurs économiques et les médias.
Comment échapper à la dépendance totale aux principaux pouvoirs économiques que nos dirigeants veulent sceller dans de plus en plus de carcans législatifs en s'efforçant de détruire les services publics et de construire une réelle inégalité de satisfaction des besoins fondamentaux, comme l'accès à des services médicaux qui permettent davantage que la simple survie ou un système éducatif qui ne serve qu'à préparer une main d'œuvre dépourvue de sens critique et corvéable à merci ?
De Aity7
14H28 | 04/02/2008 |
J'aime bien Etienne Chouard,
Ce que je regrette c'est son antiparlementarisme viscéral digne des années 30.
Je suis de gauche et n'apprécie certainement pas Sarkozy, mais il avait été très clair lors de la campagne présidentielle. Il ferait adopter un minitraité reprenant l'essentiel du précédent en matière institutionnelle sans la partie III, et ce, par voie parlementaire.
Si nos concitoyens avaient voulu un nouveau référendum, ils auraient voté Royal au deuxième tour.
J'ajoute que monsieur Chouard, ne veut pas, et n'a jamais voulu comprendre que l'UE c'est 27 pays, et que tous n'ont pas le même avis que lui (ce qui est aussi le cas en France : ) ). Forcément le nouveau traité ne pouvait être très différent du premier.
Alors, oui, j'aurais préféré un référendum, mais la constitution de la Vème République (adoptée par référendum) autorise le vote parlementaire.
C'est aussi ça la démocratie.
à Aity7
De vincicom
Responsable "informatique" dans une... | 14H36 | 04/02/2008 |
« Si nos concitoyens avaient voulu un nouveau référendum, ils auraient voté Royal au deuxième tour. »
Non, pas du tout ! Je voulais un référendum, mais quand on second tour on me demande de choisir entre Sarkozy le manipulateur et Royal l'incompétente … je fait le choix d'un Sarkozy globalement plus proche de mes idées !
à vincicom
De toots
void | 17H04 | 04/02/2008 |
« Non, pas du tout ! Je voulais un référendum, mais quand on second tour on me demande de choisir entre Sarkozy le manipulateur et Royal l'incompétente … je fait le choix d'un Sarkozy globalement plus proche de mes idées ! »
Pourriez-vous préciser un peu plus quelles idées de Sarkozy vous ont convaincues ?
à Aity7
De yapadebug
14H52 | 04/02/2008 |
« Si nos concitoyens avaient voulu un nouveau référendum, ils auraient voté Royal au deuxième tour. »
Faux. Sarkozy avait dit qu'il ferait adopter un « mini-traité » portant seulement sur le fonctionnement des institutions européennes, pour débloquer l'Europe (qui était bloquée parait-il). Au lieu de ça, en fait de mini-traité, c'est l'ensemble du traité refusé en 2005 qu'il fait adopter (dixit Giscard, l'auteur du premier traité). C'est donc une parole non tenue et un coup de force.
à yapadebug
De Avril
22H08 | 05/02/2008 |
oui d'autant plus qu'il a laissé croire lors du fameux débat avec Royal qu'il ne reviendrait pas sur le non au référendum, que c'était acquis.
à Aity7
De charlotte cordier
15H27 | 04/02/2008 |
si nos concitoyens avaient voulu un nouveau reférendum ……….ils auraient voté Royale
mais il faudrait déjà qu » un minimum de citoyens puissent comprendre ce qu'il en est de ce traité , et il faut dire que c « est quand meme tres compliqué et qu'il faut avoir une grande conscience politique pour s » y interesser un tant soit peu
perso , j » ai porté plainte aupres de la cour européenne des droits de l'homme, pour demander un référendum
le problème de ce traité , c » est qu'il est encore tres , tres liberal , alors que ce liberalisme est entrain de nous emmener dans le mur
dérégulons , dérégulons ……….
à Aity7
De toots
void | 17H03 | 04/02/2008 |
« Si nos concitoyens avaient voulu un nouveau référendum, ils auraient voté Royal au deuxième tour. »
Donc, votre choix de candidat se résume à une seule idée par candidat ?
à Aity7
De jojo1er
10H00 | 05/02/2008 |
« Ce que je regrette c'est son antiparlementarisme viscéral digne des années 30. »
FAUX : Étienne fustige à chaque fois qu'il en a l'occasion le peu de pouvoir laissé aux parlementaires dans le texte qu'il combat.
Jojo1er, prière de lire avant de critiquer, sous peine de raconter n'importe quoi.
à Aity7
De Étienne_Chouard
(auteur)
Plan C = écrire nous-mêmes notre Co... | 02H58 | 10/02/2008 |
Réponse @ Aity7 (Argenteuil)
Vous me dites :
« J'aime bien Etienne Chouard, Ce que je regrette c'est son antiparlementarisme viscéral digne des années 30. »
Mais qu'est-ce que vous racontez ?
J'ai toujours dit que nous avions besoin de parlementaires, de médiation, de représentation…
Par contre, je soutiens mordicus — et qui peut me contredire ? — que tout pouvoir doit absolument être limité par un contre-pouvoir, et que ce n'est pas aux hommes au pouvoir d'écrire la Constitution (où doivent être précisément programmés les contre-pouvoirs), en aucun cas et à aucun prix, car il sont — dans cette occurrence précise — en situation de conflit d'intérêt évident : quand un parlementaire (ou un ministre ou un juge) participe à une Assemblée constituante, il est à la fois juge et partie : il écrit des règles pour lui-même, il écrit lui-même les limites de son propre pouvoir.
Il va tricher car il a un intérêt personnel à notre impuissance politique.
Un enfant peut comprendre ça.
Et seuls des membres de partis (candidats au pouvoir, plus ou moins directement) peuvent soutenir le contraire (avec une assez compréhensible mauvaise foi).
Êtes-vous membre d'un parti, Aity7 ?
Cette malhonnêteté inévitable des « députés constituants » est, à mon sens, la cause majeure — et évidente ! — de notre impuissance politique à tous.
Nous avons besoin de représentants, certes, mais nullement de représentants hors contrôle et irresponsables.
Nous avons besoin d'eux, évidemment, mais surtout pas pour écrire la Constitution.
Pour nous protéger contre les abus de pouvoir, il faut d'abord et très prioritairement séparer le pouvoir constituant des pouvoirs constitués.
Et c'est cette séparation initiale qui, seule, rendra possible, ensuite seulement, une véritable séparation des pouvoirs constitués entre eux.
Lire dans cette thèse (que je développe telle quelle depuis trois ans) un « antiparlementarisme viscéral digne des années 30 », c'est manquer de discernement, c'est même ne pas savoir lire du tout.
On peut y voir aussi une petite touche de mauvaise foi : o)
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Vous dites ensuite : « Sarkozy (…) avait été très clair lors de la campagne présidentielle. Il ferait adopter un minitraité reprenant l'essentiel du précédent en matière institutionnelle sans la partie III, et ce, par voie parlementaire. »
Aity7, vous ne tirez pas les conséquences de vos paroles :
• Il a promis un mini traité. Est-il mini ? Non. Donc il a menti.
• Il a promis un traité simplifié. Est-il simplifié ? Non. Donc, il a encore menti.
• Il a promis de réconcilier les tenants du oui avec les tenants du non ? Le traité de Lisbonne est le même que le TCE. Donc il a encore menti et il viole carrément ceux qui avaient voté non au traité qu'il impose de force.
• Il a promis qu'il n'y aurait plus de partie III ? La partie III a-t-elle disparu ? Non, elle est encore en vigueur, cachée. Donc il a encore menti.
Celui que vous défendez — homme « de gauche » que vous êtes (vous me faites rire) — est donc, à l'évidence, un fieffé menteur.
Et vous avec.
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Vous dites enfin :
« Monsieur Chouard, ne veut pas, et n'a jamais voulu comprendre que l'UE c'est 27 pays, et que tous n'ont pas le même avis que lui »
Que savez-vous, Aity7, de ce que pensent les autres Européens ?
On ne leur a jamais rien demandé.
Là-bas aussi, dans la plupart des cas, les voleurs de pouvoir livrent leur peuple, sans référendum, aux banquiers et aux industriels.
Après des milliers d'heures à bosser sur le sujet, j'estime en effet aujourd'hui que l'UE a été voulue ardemment PAR des banquiers et des industriels et POUR des banquiers et des industriels, ça se voit partout ; ce projet n'a absolument rien à voir avec l'intérêt général, sauf en façade pour le décor ; on nous a volé notre beau rêve européen et on a déjà vidé le suffrage universel de tout pouvoir. Maintenant qu'il n'y a plus aucun moyen de résister, il se pourrait bien que le pire soit devant nous. J'espère me tromper.
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Vous dites enfin : « C'est aussi ça la démocratie. »
Tu parles…
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: o)
Étienne.
PS : vous avez commencé par affirmer que vous êtes « de gauche », mais vous avez oublié les guillemets ; o)
De vincicom
Responsable "informatique" dans une... | 14H32 | 04/02/2008 |
Le salut viendra peut-etre d'IRLANDE ! Seul pays qui fait un référendum ( certe obligatoire, mais tellement plus démocratique ) et si le non l'emporte, ce sera la défaite des connards de Bruxelles, euh, de l'Europe de Bruxelles !
à vincicom
De LG240
15H59 | 04/02/2008 |
Bah, ils feront revoter les irlandais si ils ne votent pas bien du premier coup…
De Propergol
à bord du Head Hunter | 14H38 | 04/02/2008 |
Aity :
La constitution va autoriser le vote parlementaire…à partir d'aujourd'hui.
Et non je ne vais pas voter à un candidat aux présidentielles uniquement pour une action qu'il promet de faire. Je n'ai pas voté Sarkozy, mais Royal, et je ne l'ai pas fait sur l'angle du seul traité Européen.
D'autre part, ressortir l'argument « on est 27 donc 27 avis différents qu'il faut respecter » est ici hors de sujet. Monsieur Chouard pointe ici de dangereuses lacunes qui concernent tous les Européens (immunité des fonctionnaires, banques privées s'occupant du pouvoir monétaire, actes législatifs etc..).
J'ai l'impression que la majorité des commentateurs a lu le texte en diagonale…
à Propergol
De Aity7
14H59 | 04/02/2008 |
Depuis 1958 la constitution de la Vème République propose deux modes de révision constitutionnelle ainsi que deux modes d'adoption des traités, la voie parlementaire et la voie référendaire. Les français, en adoptant la constitution de la Vème république (lors d'un référendum), ont accepté le fait que le président de la république ait le choix entre ces deux possibilité.
à Aity7
De Quinine
traducteur et amoureux des chats | 15H49 | 04/02/2008 |
Ils n'ont peut-être pas accepté que le président de la République s'assoie sur les résultats d'un référendum parfaitement valable pour la simple raison qu'il entend se soumettre au diktat d'une Union européenne ultra-libérale. Et si on s'asseyait sur les résultats de la présidentielle, hmm ?
à Aity7
De gana
17H10 | 05/02/2008 |
Le mandat principal d'un Président de la république est d'être garant des institutions et de la constitution de la France.
Manifestement les transferts de souveraineté dans le traité de Lisbonne sont très nombreux. De plus, ce traité instaure à l'echelle de l'Europe des pouvoirs constituants (qu'on l'appelle ou non « constitution » n'y changera rien). Enfin, c'est de l'aveux même de beaucoup de ses promoteur, un frère jumeaux du défunt TCE, rejeté parles français il y a 3 ans, et non un « traité simplifié ».
Le président actuel n'est donc pas dans son rôle, il outrepasse ses fonctions et son mandat. L'esprit démocratique, ce serait soit le référendum, soit d'élire une assemblée spécialement pour ce mandat particulier. Les pouvoirs constituants et les transferts de souveraineté importants qui y figurent font que ce traité n'est pas un traités comme les autres, il ne s'agit pas d'un banal traité commercial, n'est ce pas évident ?
à Propergol
De Laurent
Indépendant | 16H07 | 04/02/2008 |
« immunité des fonctionnaires » (…) « J'ai l'impression que la majorité des commentateurs a lu le texte en diagonale… »
En effet, j'ai bien l'impression certain feraient bien de bucher un peu plus le(s) texte(s) : http://www.ena.lu/
à Propergol
De jojo1er
10H05 | 05/02/2008 |
Une diagonale en pointillés alors….et encore, bien espacés…
Jojo1er, …ou alors il y a eu des coupures publicitaires.
De parousnik
14H39 | 04/02/2008 |
Organisons de grandes manifestations pour réformer et abolir les priviléges et les régimes spéciaux de retraite de tous les élus. Il faut en finir avec les magouilles parlementaire… Ils vident vos poches et remplissent les leurs.
De clive
14H44 | 04/02/2008 |
Cet article, en plus de mettre l'accent sur des points essentiels non débattus, a aussi l'avantage de révéler l'agressivité et le bloc de certitudes des ouiouistes…
Personnellement je serais pour mettre en débat, avec analyses contradictoires et argumentées, non seulements les inrrêts versés aux banques privées, l'article 104, l'immunité à vie, mais aussi les 9,3% de François Ruffin.
Tout cela arrive un peu tard quand même, le traité sera signé aujourd'hui, non-débattu et express-ratifié discrètement dans la nuit de mercredi…
à clive
De Laurent
Indépendant | 15H59 | 04/02/2008 |
« l'immunité à vie »
Et bien voilà encore l'exemple d'un énorme mensonge dans le but de torpiller le nouveau traité. C'est dans le même ordre d'idée que le plombier polonais… Les fonctionnaires disposent d'une immunité concernant leurs fonctions et couvrant la période de leurs fonctions. Rien de plus.
Il faut lire, avoir l'esprit critique et éviter, tel un spéctateur de TF1, de prendre argent comptant ce qu'on peut lire sur Internet (les textes sont ici : http://www.ena.lu/). Il est temps que le citoyen français s'informe et éviter de colporter les désinformations et les ragots.
Notez que le texte de 1965 devait être complétement abrogé par le TCE… Mais bon, je ne suis qu'un ouiouiste amer, j'ai donc surement tort et Chouard a forcement raison !