Tribune

Etienne Chouard : « On se fout de nous » avec le traité européen

Réunis en Congrès, les 907 députés et sénateurs doivent voter, ce lundi après-midi à Versailles, la révision de la Constitution préalable à la ratification du traité européen de Lisbonne. Promoteur du » Plan C » (écrire nous-mêmes une Constitution d'origine Citoyenne), Etienne Chouard, qui avait été l'un des animateurs du non pendant la campagne référendaire de 2005 sur la » Constitution européenne » , nous livre ici sa colère.


Ce qui se passe en France est consternant : les acteurs publics français -parlementaires, ministres, juges- violent sans vergogne le peuple qu'ils sont censés représenter, en lui imposant par voie parlementaire les institutions antidémocratiques qu'il vient de refuser expressément par référendum. On se fout de nous. Et quand la Constitution les gêne, ils la modifient. Eux-mêmes. Et sans référendum ! On se fout de nous.

Les médias complices

Ce viol est rendu possible sans déclencher de révolte grâce à la complicité active des soi-disant » sentinelles du peuple » : les journalistes, censés surveiller et dénoncer les abus de pouvoir, ne remplissent pas leur mission, pourtant vitale pour la démocratie, et dissimulent un coup d'Etat sous la chape de plomb d'un silence coupable. A la télévision, aucun débat, aucune mise en scène des conflits, aucune publicité donnée aux opinions dissidentes ; rien que des jeux, des variétés, des réclames et la chronique judiciaire des faits divers en guise d'information.On se fout de nous.

Le référendum de 2005 avait suscité dans le pays un vif débat qui a servi de révélateur pour des milliers de citoyens comme moi qui faisaient confiance à leurs représentants pour construire le rêve européen et défendre l'intérêt général. Ce révélateur de 2005 a montré une véritable trahison de nos élites qui, sous couvert de la construction européenne, depuis cinquante ans, vident la démocratie de toute réalité et s'affranchissent eux-mêmes de tout contrôle populaire. On se fout de nous. Cette révélation de 2005 est confirmée en 2008 par le viol caractérisé que constitue l'adoption par voie parlementaire du traité de Lisbonne, copie mal maquillée du Traité établissant une Constitution pour l'Europe.

Quelques horreurs supplémentaires

Ce n'est pas tout : j'ai découvert, depuis l'époque du référendum, quelques horreurs supplémentaires.

► En 2006, j'ai compris que le cœur nucléaire de nos impuissances était très probablement la création monétaire, incroyablement abandonnée aux banques privées par l'article 104 du Traité de Maastricht. Et ce hara-kiri monétaire qui est probablement une source importante de toutes nos impuissances politiques, au lieu d'être débattu tous les soirs à la télévision, n'est même pas connu des journalistes professionnels (pourtant, ce côté pro des journalistes de métier nous est souvent présenté comme un gage irremplaçable de compétence et d'honnêteté, une qualification nécessaire pour éviter les errances de l'amateurisme dangereux qui règne partout sur Internet). On se fout de nous.

► En 2007, une autre découverte confirme la direction que prenait mon analyse : l'éclairage précieux des années 30, fourni par les travaux d'Annie Lacroix-Riz, permet de prouver les intrigues gravissimes des industriels et des banquiers contre les institutions républicaines et contre la démocratie.

En un mot, nous n'en sortirons jamais si nous attendons que nos élus nous proposent eux-mêmes une solution : d'abord, ils sont trop dépendants de ceux qui rendent possible leur élection (via les médias subordonnés) et qui, de plus, sont juges et parties dans le processus constituant et ont un intérêt personnel à notre impuissance politique : nous devons donc prioritairement nous réapproprier le processus constituant pour remettre les élus sous contrôle et reprendre la maîtrise publique de la monnaie.

Le révélateur du débat de 2004-2005

Quand Fabius a dit qu'il allait voter non, à l'automne 2004, ça m'a interpellé, réveillé, et j'ai lu son livre, puis celui de Strauss-Kahn, qui était intéressant aussi mais qui parlait d'autre chose : DSK soulignait les avancées -incontestables- du TCE par rapport à la prison de Nice, mais sans répondre aux graves accusations de Fabius : illisibilité d'un texte interminable truffé de renvois et de chausse-trappes ; politique économique figée au plus haut niveau du droit ; politique monétaire anti-inflation condamnant l'Europe à un chômage de masse ; coopération renforcées quasiment interdites et révisions constitutionnelles quasiment impossibles, illégitimité de la Convention Giscard, etc.

Le dialogue de sourd (sans » s » ) commençait : les » ouiistes » ne voulaient déjà pas entendre que les avancées (réelles) sur lesquelles ils louchaient ne compensaient en rien les aspects objectivement épouvantables de ce texte supérieur. Ils n'ont d'ailleurs jamais répondu à ces reproches depuis : ils ont l'art de parler d'autre chose pour ne pas répondre point par point.

J'ai lu le TCE, attentivement, et cette lecture attentive m'a inquiété au plus haut point. J'ai réalisé que Fabius n'avait pas vu d'autres vices, plus graves encore : confusion des pouvoirs dans les mains des exécutifs sur des domaines importants et listés nulle part ( » actes non législatifs » et » procédures législatives spéciales » que j'appelle, moi, » lois sans Parlement » , c'est plus clair) ; étroite dépendance des juges pour leur carrière envers les exécutifs alors que leur pouvoir est immense ; totale impuissance des citoyens entre deux élections ; totale irresponsabilité politique de quasiment tous les acteurs ; révision constitutionnelle impossible avec les peuples mais faciles sans référendum ( » procédure chèque en blanc » , donc) ; etc.

Au passage, je souligne que, depuis, j'ai eu encore quelques surprises supplémentaires dans les institutions européennes : d'abord, l'immunité judiciaire à vie de tous les fonctionnaires européens, je dis bien » à vie » (je me demande bien ce que ces gens font de si grave pour avoir besoin d'une telle protection, unique au monde à ma connaissance).

Une incroyable découverte, en 2006

L'abandon aux banques privées de la création monétaire est sans doute la source principale de nos impuissances politiques, mais, surtout, j'ai découvert un fait majeur dont aucun journaliste ne parle jamais : l'abandon définitif, scellé au plus haut niveau du droit -sans débat public-, l'abandon par les Etats de la création monétaire, au profit exclusif des banques privées.

L'article 104 du Traité deMaastricht, qui devrait être notre ennemi prioritaire à tous, le symbole cardinal de la trahison de nos propres représentants, la source principale de notre impuissance politique maladive étant notre soumission financière, mais soumission voulue ! Telle un véritable sabordage monétaire.

Je ne sais pas comment les banques privées ont fait pour obtenir ce privilège extravagant de la part de (tous) nos gouvernants, mais je trouve cela profondément révoltant. Il faut lire Maurice Allais, -prix Nobel d'économie, un puits de science, un spécialiste de la monnaie et un courage impressionnant pour lutter de front à la fois contre les multinationales et contre les banques-, il faut lire Allais pour comprendre que les banques se comportent (parce qu'on les y autorise) comme des faux-monnayeurs et que cela nous ruine !

Cette affaire nous coûte en France environ 80 milliards d'euros par an, une paille… et depuis 1973, date où cette interdiction a commencé en France, par la volonté du banquier Pompidou assisté par Giscard, la dette publique n'a fait que croître au point d'asphyxier l'Etat et de menacer les services publics ; et le chômage suit la même pente que la dette ! Je suis sûr que ce chômage est lié à cette dette ; il me semble qu'on pourrait au moins en débattre.

Etienne Chouard

Et c'est précisément cette ruine, et l'impuissance qui en découle, qui sont verrouillées au plus haut niveau par l'article 104 de Maastricht, sans débat. C'est difficile à repérer parce que l'article 104 ne dit pas » les États ne peuvent plus créer leur monnaie mais doivent désormais toujours l'emprunter auprès d'acteurs privés qui facturent aux Etats des intérêts ruineux sans aucun risque et sans autre travail que celui de surveiller les remboursements… »

Cette formulation honnête serait trop claire et déclencherait assurément une révolution. Non, ce que dit l'article 104, c'est » les Etats et autres autorités publiques ne pourront plus jamais emprunter auprès de leur Banque centrale » , ce qui est proprement incompréhensible pour le commun des mortels : pour comprendre ce que l'article 104 veut dire, il faut savoir que c'est comme ça que les États créent (créaient) de la monnaie, en empruntant auprès de leur Banque centrale (éventuellement sans jamais rembourser, c'est une modalité possible, mais surtout sans jamais payer aucun intérêt).

Et c'est ça qui est désormais interdit, sans débat, sans avouer l'enjeu, en refusant même d'en parler sérieusement, alors que ça nous coûte les yeux de la tête, de plus en plus chaque année par le jeu diabolique des intérêts composés… On en est rendu aujourd'hui à une dette qu'on n'arrive même plus à rembourser en capital car le paiement des seuls intérêts assèche toutes nos marges de manœuvre : les intérêts de la dette publique en France dépassent 40 milliards par an, 40000 millions chaque année !

Revenus sans cause versés sans contrepartie à des rentiers, sans nécessité. C'est une honte. Cette ruine programmée des Etats (et l'Etat, c'est nous tous, bien sûr) n'est pas une fatalité : c'est une volonté politique et cette volonté politique n'a rien à voir avec l'intérêt général. A l'évidence, elle pourrait changer. Attention à ne pas se tromper de débat : je ne dis pas qu'il faut créer plus de monnaie, il faut en créer autant, mais il faut que ce soit la banque centrale indépendante qui la crée, et pas les banques privées, ce qui va réorienter le revenu de l'intérêt vers les caisses publiques au lieu des caisses privées.

Je ne dis pas non plus qu'il faut que les gouvernements ou les parlements puissent créer la monnaie : c'est un organe indépendant n'ayant rien à espérer d'une élection qui doit avoir ce pouvoir, pour qu'il ne soit pas tenté d'abuser de la création monétaire par clientélisme démagogique. Il n'y a donc aucun risque d'inflation supplémentaire dans cette réappropriation publique de la monnaie ; il est simplement question de retirer aux banques privées une source considérable d'enrichissement sans cause, pour rendre cette ressource à la collectivité. C'est urgent.

En n'organisant aucun débat sur ce thème essentiel, on se fout de nous. Pour en finir avec ce résumé sur le hara-kiri monétaire de l'article 104, il n'est pas inutile de préciser que, quand on commence à lire la littérature sur le sujet, on découvre que les humains ont compris depuis longtemps qu'ils ont un problème avec la monnaie (et surtout avec ceux qui l'accumulent et qui font métier d'en gérer la rareté artificielle) et que nos aïeux ont mené des centaines d'expériences de monnaie » parallèles » ou » libres » (souvent » fondantes » pour dissuader l'accumulation confiscatoire), à travers le monde et les époques.

Alors, écoutez bien : on dirait (je le dis sans avoir encore de réelle certitude sur ce point, je lis beaucoup, je progresse, mais si nous avions des débats contradictoires et publics sur tous ces points, nous progresserions tous très vite ! ) que toutes ces expériences, toutes, à chaque fois que les hommes reprennent le contrôle de la création monétaire et rendent la monnaie suffisante dans une région, à chaque fois, le chômage et la misère disparaissent dans les mois qui suivent, l'activité générale reprend à vive allure. Ce n'est pas tout à fait inintéressant, n'est-ce pas ? Et inversement, chaque fois que la Banque centrale vient y mettre son nez, en interdisant cette monnaie libre abondante et en réimposant sa monnaie officielle (rare et chère), le chômage revient… Ça ne mérite pas un petit débat, ça ?

On pourrait au moins vérifier sérieusement et mener/publier des études approfondies, de nouvelles expériences, non ? A moins qu'il n'y ait quelqu'un qui ait un intérêt personnel puissant à ce que le chômage perdure… Parce que c'est formidable, le chômage, quand même, pour les industriels et les banquiers : ça rend docile, le chômage, et à tous points de vue, c'est bon pour les profits… Y aurait-il donc quelqu'un qui fasse passer cet intérêt puissant avant l'intérêt général ?

Là, je vois venir un de ces sagaces analystes qui n'ont qu'un argument, un seul, aussi léger que l'air : » Ouais, on connaît : encore un paranoïaque qui croit à la théorie du complot ! » Fin de la réflexion, les neurones du sagace ont fait leur boulot, y'a plus d'argument, circulez ! A l'évidence, cette » réflexion » est le degré zéro de l'argumentation. On se fout de qui ?

Une autre découverte importante, en 2007

On peut répondre à cette accusation de » paranoïa » (lancée commodément contre tous ceux qui analysent et dénoncent les intrigues des très riches pour conserver leurs privilèges) en signalant le travail considérable d'une historienne courageuse ; ce que prouve Annie Lacroix-Riz est important pour comprendre ce qui nous arrive : l'éclairage formidable des années 30 qui sert à prouver les intrigues déplorables des industriels et des banquiers contre les institutions républicaines.

Le lien entre nos institutions -malhonnêtes dès leur constitution, de façon à bien verrouiller l'impuissance politique des salariés- et les intrigues des banques privées -qui sont capables, pour nous asservir, de voler la création monétaire à la collectivité, et même, comme en 1940, de contraindre les représentants politiques à livrer le pays à des bourreaux qu'elles ont fait naître de toutes pièces dans les années 30-, est pour moi la découverte bouleversante de l'année 2007. On commence à avoir des preuves que le cauchemar des banquiers, c'est que les salariés (80% de la population active) échappent à leur emprise et luttent victorieusement pour augmenter leurs salaires…

C'est cette obsession viscérale des salaires chez les banquiers que démontre Annie Lacroix-Riz dans ce livre important qu'est » Le choix de la défaite » (et la vidéo l'accompagnant) : chacun peut y découvrir un sabordage historique de la République dont la preuve formelle apportée par l'historienne pour les années 30 met en lumière (et permet d'enfin comprendre) le même choix, le même sabordage (pour les mêmes raisons : tenir en cage les salaires), à travers la construction européenne ardemment voulue et imposée par des banquiers et des industriels, à commencer par Jean Monnet, idole des eurolâtres, mais qui sent le souffre…

Cauchemar de banquier : des salariés dotés d'institutions leur permettant de se défendre financièrement… une République, quoi… l'horreur absolue de tous les rentiers du monde… Dans la lumière crue des années 30 révélées depuis peu par Annie Lacroix-Riz, l'article 104 de Maastricht en particulier, mais également toutes les institutions de l'UE en général, se montrent sous leur vrai jour, un jour qui n'a pas grand-chose à voir avec l'intérêt général, semble-t-il : une arme décisive concédée aux plus riches pour affaiblir les Etats européens et asservir les peuples, une fausse démocratie imposée en douce pour le compte d'une oligarchie. Rien de neuf sous le soleil : on se fout de nous. Objectivement, avec les institutions de l'Union européenne voulue par les banquiers, nos suffrages ne comptent presque plus pour rien. Ils ont construit une démocratie factice, sans nous pendant cinquante ans, et même maintenant contre nous !

Confirmation en 2008 de ce que 2005 avait révélé

Le coup de force de la voie parlementaire montre au grand jour que nous sommes dans les mains d'une bande de voleurs violeurs : nous sommes en cleptocratie. Alors, que faire ?

Ils disent que le traité de Lisbonne n'est pas une Constitution, que c'est un simple traité, et que les gouvernements sont donc parfaitement habilités à signer les traités. Comment répondre à ces arguments ? Comment montrer que les gouvernements ne sont pas légitimes dans la construction européenne ?

Voilà mon angle d'attaque à moi : ce texte est un traité, à l'évidence, ET c'est aussi une Constitution, et c'est justement notre problème, le cœur de l'escroquerie, parce qu'on n'écrit évidemment pas une Constitution par voie de traité puisque, d'une part, nos représentants ne sont pas propriétaires de la souveraineté populaire qu'ils ne font qu'incarner temporairement et qu'ils ne peuvent absolument pas transmettre sans nous, sous peine de haute trahison, et d'autre part, ils sont à la fois juges et parties dans le processus constituant, ce qui les rend profondément suspects et illégitimes.

Les parlementaires les ministres et les juges sont évidemment en conflit d'intérêt quand ils se proclament » constituants » . Rousseau le redoutait et le présageait, mais déjà à Athènes, on avait vu le piège et on faisait écrire la Constitution par un étranger… Coïncidence ? Cette modalité antique a donné la seule vraie démocratie au monde où le peuple contrôlait vraiment quotidiennement les hommes qu'il plaçait au pouvoir.

C'est Goethe qui disait : » Tout a déjà été pensé ; l'important est d'y penser à nouveau. » Ce texte, comme les autres, est une Constitution de fait, indépendamment de l'étiquette que veulent bien lui coller ses auteurs (un fiole de poison n'est pas moins dangereuse quand on lui retire son étiquette) ; ce texte est une Constitution par la nature des règles qu'il porte, parce qu'il institue des organes producteurs de normes obligatoires et donc dangereuses (un Parlement, un gouvernement, des juges, une hiérarchie de normes, des procédures…).

Rappelons qu'une Constitution est un acte de défiance qui sert à protéger le peuple des abus de pouvoir (cf. Benjamin Constant, Montesquieu et tous les libéraux qui n'avaient qu'une idée en tête -et ils avaient bien raison, on le confirme aujourd'hui- pour protéger les libertés individuelles : c'était de limiter et d'affaiblir les pouvoirs, notamment en séparant les pouvoirs). Chaque citoyen devrait apprendre ça à l'école, et ne jamais l'oublier : une Constitution sert à affaiblir les pouvoirs, à les contrôler tous, notamment -mais pas seulement- en les séparant : diviser pour affaiblir.

Ce que j'affirme haut et fort, c'est qu'on n'écrit pas les Constitutions par voie de traité : les citoyens devraient refuser que les hommes au pouvoir écrivent eux-mêmes les règles du pouvoir. Ce n'est pas aux parlementaires ni aux ministres ni aux juges d'écrire ou de modifier la Constitution car ils ont un intérêt personnel à notre impuissance politique, ils sont à la fois juges et parties dans le processus constituant et ils trichent, naturellement.

La Constitution de fait qui fonde l'UE est donc profondément illégitime car elle résulte d'un abus de pouvoir. Solution : avant de séparer les pouvoirs constitués (législatif, exécutif, judiciaire, et j'ajoute médias d'information qu'une bonne Constitution devrait sûrement prendre en charge aujourd'hui) et pour rendre possible cette séparation des pouvoirs constitués, il faut, tout à fait prioritairement, séparer le pouvoir constituant des pouvoirs constitués, il faut que ce ne soit pas les mêmes hommes : il ne faut surtout pas que les constituants écrivent des règles pour eux-mêmes, la clef de nos malheurs est là. Par négligence, par indifférence, par paresse, par renoncement, nous laissons écrire la Constitution par les seuls hommes qui ne devraient surtout pas l'écrire…

Donc, pour que cesse enfin cet abus de pouvoir de nos élus qui s'arrogent le droit d'écrire et réviser eux-mêmes la Constitution, nous ne devons rien attendre des pouvoirs en place, qui ne feront rien, à l'évidence, dans un sens qui irait contre leur intérêt personnel : tous ces gens vont tout faire pour continuer à écrire et modifier les constitutions sans nous, en nous privant de l'essentiel, c'est-à-dire du référendum d'initiative populaire (l'institution la plus dangereuse pour eux). Non, c'est à nous et à nous seuls, et sans rien attendre de nos parlementaires, d'imposer un processus constituant honnête, sans eux.

Et un processus constituant honnête, c'est une Assemblée constituante, bien sûr, mais surtout pas élue comme d'habitude, parce que si ce sont les partis qui nous imposent leurs candidats -partis qui sont des machines à prendre et à garder le pouvoir, et qui sont donc des repaires d'hommes de pouvoir-, on va encore avoir des hommes de pouvoir qui écrivent les règles du pouvoir et on n'en sortira pas. Non, il faut que l'Assemblée constituante soit tirée au sort : en effet, TOUT VAUT MIEUX QUE LA SITUATION ACTUELLE, qui est la pire qui puisse être puisque des hommes écrivent des règles pour eux-mêmes, en ayant un intérêt personnel contraire à l'intérêt général.

C'est ça le cœur de toutes nos difficultés, et qui devrait surgir dans le débat public si nous avions davantage de bons journalistes, inquiéteurs des pouvoirs, sentinelles du peuple. C'est donc à nous de nous passer le mot, avant d'être assez nombreux pour finalement l'imposer : ce n'est pas aux hommes au pouvoir d'écrire les règles du pouvoir, on n'écrit pas les constitutions par voie de traité, il nous faut une Assemblée constituante tirée au sort et nous exigeons de valider son projet (ainsi que toute révision ultérieure) par référendum.

Clairement, on a encore du chemin à faire pour sortir de ce que j'appelle » la préhistoire de la démocratie » . Ce que Giscard lui-même, dans Le Monde du 26 octobre 2007, a affirmé de ce traité de Lisbonne devrait amener les 16 millions d'électeurs qui ont voté non à descendre dans la rue : c'est le même traité que le précédent, illisible, et s'il est compliqué, Giscard dit que c'est sciemment, pour rendre impossible le référendum, pour » faire avaler » le texte aux Français…

Giscard dit aussi que tout ce qui tenait à cœur aux Conventionnels en 2004 se retrouve dans le traité de Lisbonne, sauf que c'est dans un ordre différent. Ma conclusion est celle-ci : tout cela arrive parce que ceux qui écrivent les règles les écrivent pour eux-mêmes et qu'ils trichent. Ce que va faire le Congrès ce lundi est grave, et personne n'en sait rien. Décidément, on se fout de nous.

274 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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à kawouede Portrait de kawouede De SiDi

Kitten ! | 19H30 | 04/02/2008 | Permalien

Une constitution écrite quasiment en temps de guerre, qui remplaçait une démocratie parlementaire. Surprenant.

C'est bien le seul point ou le Führer peut se prévaloir d'une quelconque ressemblance avec De Gaulle : il renforce ses pouvoirs. Et pas parce qu'il pense que ça aidera son pays, mais parce qu'il est convaincu que ça l'aidera lui.

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à Salmuek Portrait de Salmuek De SiDi

Kitten ! | 19H28 | 04/02/2008 | Permalien

L'ignorance craSSe est une bien malheureuse ennemie de la Démocratie. Surtout lorsqu'elle est accompagnée par la démogagie et par l'absence de débat.

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De glaurent

ingénieur info | 13H04 | 04/02/2008 | Permalien

« Ce texte, comme les autres, est une Constitution de fait »

Non monsieur Chouard, ce texte est un traité ayant exactement la même valeur juridique que tous les précédents, ce qui vous est à chaque fois répété mais que, précisément, vous ne voulez pas entendre (parce que cela ferait tomber trop de vos arguments).

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à glaurent Portrait de glaurent De Propergol

à bord du Head Hunter | 14H25 | 04/02/2008 | Permalien

Hello monsieur le bien-pensant,
Juste pour vous dire qu'un texte qui définit la séparation des pouvoirs, ca s'appelle juste une constitution..

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à Propergol Portrait de Propergol De glaurent

ingénieur info | 18H06 | 04/02/2008 | Permalien

Oui, mais non.

Une constitution, d'un point de vue juridique, ça se fait avec une assemblée constituante (entre autres détails comme ça).

Le TCE, comme le traité de Lisbonne, a la même valeur juridique que les précédent traités, point. Il n'a pas le pouvoir accru d'une Constitution, pour la bonne raison que ça n'en est pas une, ni dans sa rédaction (tout le monde est d'accord), ni surtout dans sa portée. Et beaucoup du coté du « non » affirment le contraire (Fabius encore récemment), soit par incompétence, soit par mensonge.

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à glaurent Portrait de glaurent De SiDi

Kitten ! | 19H32 | 04/02/2008 | Permalien

Assemblée constituante : un truc du genre : Les trois cinquièmes des élus de l'Assemblée et du Sénat ?

Obscurantisme, quand tu nous tiens !

Et le « tout le monde est d'accord »… la pensée unique n'est pas encore légitimée par la loi en France.

Et je ne suis pas d'accord ; )

Portrait de glaurent

à SiDi Portrait de SiDi De glaurent

ingénieur info | 21H51 | 04/02/2008 | Permalien

> Assemblée constituante : un truc du genre : Les trois cinquièmes des élus de l'Assemblée et du Sénat ?

http://fr.wikipedia.org/wiki/Assemblée_constituante

Quant à « la pensée unique », ici c'est « les media, le pouvoir et les élites conspirent contre le petit peuple ». Et plus généralement, c'est l'argument ultime pour faire avaler les plus belles couleuvres à ceux qui n'attendent que ça.

Portrait de R.L.

à glaurent Portrait de glaurent De R.L.

22H32 | 04/02/2008 | Permalien

Pas une constitution dans sa portée ? !
Vous êtes un comique !
Par exemple, il valide le passage du commando de petits secrétaires du traité de Rome (57) à celui de Commissaires Européens au pouvoir exhorbitants qu'ils se sont progressivement octroyés, sans être élus démocratiquement…
Tout règlement aussi insignifiant qu'il soit est supérieur aux constitutions de chaque pays…
La Partie III est toujours là mais cachée par de multiples renvois.
Une nouvelle couche des droits de l'homme, souvent secondaires, annihile les déclarations antérieures bien plus importantes.

Manifestement, vous n'avez pas lu le traité dit simplifié ni le projet constitutionnel.
Sans compter que vous démentez alors les déclarations de tout ce qui compte de pompeux en Europe : de V.G.E. au Financial Time…

Portrait de louise2

à R.L. Portrait de R.L. De louise2

01H51 | 05/02/2008 | Permalien

Je ne comprends pas : de quoi parlez vous ?

1.Vous dites : « Par exemple, il valide le passage du commando de petits secrétaires du traité de Rome (57) à celui de Commissaires Européens au pouvoir exhorbitants qu'ils se sont progressivement octroyés, sans être élus démocratiquement… » Quels petits secrétaires ?
Comment les Commissaires européens« s'octroient-ils » des pouvoirs ? depuis le Traité de Rome, les pouvoirs des Commissaires (il n'y a jamais eu de « petits secretaires » ) sont de plus en plus encadrés
- par le Conseil européen des chefs d'Etats et de gouvernements créé par l'acte unique en 1986. Ce « petit conseil informel » est devenu alors le vrai moteur politique de l'Union. C'est lui qui demande à la Commission de faire des propositions sur tel ou tel sujet. C'est lui (« nos » gouvernements, « nos » chefs d'Etat élus) qui a décidé la stratégie de Lisbonne (dont il y aurait beaucoup à dire d'ailleurs.. ). Si on n'est pas d'accord, c'est à eux qu'ils faut s'adresser et s'ils vous disent (comme d'autres) que « c'est la faute à Bruxelles et à la Commission », traitez les de menteurs !
- par le Parlement devant qui désormais la Commission est responsable et qui peut obliger les Commissaires à démissionner.
Cela n'existait pas en 1957

2.Vous dites : « Tout règlement aussi insignifiant qu'il soit est supérieur aux constitutions de chaque pays »
Non. Mais lorsque les Etats (nos chefs d'Etat élus) signent un Traité et qu'il est ratifié, comme tous les Traités, sa mise en oeuvre est obligatoire et peut nécessiter une révision des Constitution parce que nos chefs d'Etat l'ont décidé « en notre nom ».
Oui, lorsque des Etats décident, depuis 1957, de créer un espace commun (économique puis politique) ils décident que les lois qu'ils approuvent au niveau européen (Conseil et Parlement) devront s'appliquer sur leur territoire.

Je comprends qu'on soit contre ce mécanisme de création d'un espace législatif commun, européen, partagé mais alors il faut choisir des représentant nationaux qui soient contre la construction européenne. Il y en a, à droite, comme à gauche…

Portrait de Quinine

à glaurent Portrait de glaurent De Quinine

traducteur et amoureux des chats | 14H58 | 04/02/2008 | Permalien

Ajoutons que « Traité constitutionnel » ou « Traité instituant une Constitution pour l'Union européenne » sont les expressions officielles définies par l'Union européenne elle-même… Dès lors que le Traité de Lisbonne est une copie à l'identique du Traité constitutionnel, il correspond donc bien à une Constitution.
Quand Magritte peint une pipe qu'il accompagne de la légende « Ceci n'est pas une pipe », on parle de talent ; lorsque les partisans du Traité de Lisbonne et de l'Union européenne ultralibérale disent que le TdL n'est pas une Constitution, on parle de mauvaise foi.

Portrait de glaurent

à Quinine Portrait de Quinine De glaurent

ingénieur info | 18H10 | 04/02/2008 | Permalien

Ça n'est pas parce que ce *traité* porte le terme « constitution » dans son appellation qu'il en est juridiquement une (et c'était sans doute une erreur de communication que de l'appeler ainsi).

Je répète : le TCE et le traité de Lisbonne ont la même valeur juridique que les précédents.

Portrait de Quinine

à glaurent Portrait de glaurent De Quinine

traducteur et amoureux des chats | 18H57 | 04/02/2008 | Permalien

Bon, ben, si les mots n'ont plus de sens, vous êtes pêcheur de perles et mécanicien à Vesoul, et je suis plombier et boulimique de mésanges. À mon tour, je répète : le coup de la pipe qui n'en est pas une, chez Magritte, c'est du talent ; le coup de la Constitution qui n'en est pas une, chez les partisans du TdL, c'est de la mauvaise foi. Si vous n'aimez pas « mauvaise foi », vous pouvez remplacer par « arguties juridiques qui ne servent qu'à noyer le poisson ».

Portrait de glaurent

à Quinine Portrait de Quinine De glaurent

ingénieur info | 21H57 | 04/02/2008 | Permalien

Non, la mauvaise foi est de votre coté, et cela justement parce que les mots *ont* un sens. Le terme « constitution » a un sens juridique précis, auquel ce *traité* ne correspond pas.

Mais cela fait tomber des arguments comme « graver le libéralisme dans le marbre », « trop complexe », « trop long », et donc vous ne voulez pas le voir.

Portrait de tseaparis

à glaurent Portrait de glaurent De tseaparis

18H04 | 06/02/2008 | Permalien

@glaurent
vous risquez d'avoir un retour à la réalité factuelle de ce traité très pénible lorsque vous constaterez au quotidien futur votre erreur d'interprétation du texte. Si vous l'avez lu.

Portrait de Étienne_Chouard

à glaurent Portrait de glaurent De Étienne_Chouard (auteur)

Plan C = écrire nous-mêmes notre Co... | 23H25 | 09/02/2008 | Permalien

Glaurent,

On ne progresse jamais mieux que dans la contradiction.

Je vous remercie donc pour votre franchise.

Vous me dites : « Non monsieur Chouard, ce texte est un traité ayant exactement la même valeur juridique que tous les précédents, ce qui vous est à chaque fois répété mais que, précisément, vous ne voulez pas entendre (parce que cela ferait tomber trop de vos arguments). »

D'après vous, il suffirait de répéter que je me trompe pour le démontrer ? Une simple affirmation ou une simple accusation vaudrait argument ?

Et bien non. J'ai très sérieusement étayé ce que j'affirme (relisez mon document « Une mauvaise constitution… »), en articulant ma pensée propre avec celle de constitutionnalistes renommés et, si je suis (naturellement) prêt à tout moment à changer d'avis devant un bon argument contraire, je reste sur mes positions devant des injonctions comme la vôtre.

Au plaisir de vous lire si vous avez du nouveau : o)

Étienne.

Portrait de savant

à glaurent Portrait de glaurent De savant

21H45 | 10/02/2008 | Permalien

ben oui depuis que la cour de Luxembourg a décidé que les traités européens prévalaient sur les constitutions des Etats memebres et que les Cours constitutionnelles des Etats se sont inclinées (certaines ont résisté un peu France et Allemagne, les traités européens sont des super constitutions.
Mais ils ignorent la séparation des pouvoirs, le contrôle des décisions par le peuple, l'indépendance des juges (nommés à terme et renouvelés par l'exécutif) et même l'égalité des citoyens devant la loi puisque les fonctionnaires européens ont droit à un statut particulier (plus protecteur que celui des diplomates ! ! ! )
Bref, monsieur l'ingénieur, relisez les traités ET les décisions de la Cour de luxembourg !

Portrait de Vê

De

13H07 | 04/02/2008 | Permalien

Merci Etienne Chouard pour cette explication et ce mouvement d'humeur.

Depuis quelque temps je me disais, mais que fait Rue89 ? , et comme vous je réalise (hélas depuis longtemps), que les médias,sont vraiment affiliés aux gens de pouvoir !

J'ai voté non au traité de Maestricht, non au référendum, pour les raisons que vous invoquez et malgré pétitions et autres manifestations, je me sens dépossédé de mon droit constitutionnel.

J'ai écrit ce matin même au Parti Socialiste qui n'a su me répondre que par un copié/collé de leur décision…

Ceux là peuvent faire une croix sur mon vote aux municipales et autres élections !

S'il en est ainsi , le peuple n'a plus qu'une seule alternative pour reprendre le contrôle de la République, la révolution, qui ne sera certainement pas pire que la paupérisation annoncée…
Et cela est inscrit dans la Déclaration des Droits de l'Homme…

Quand à Samuel, révisez votre orthographe…

Salutations révolutionnaires.

Portrait de Salmuek

à Portrait de Vê De Salmuek

16H07 | 04/02/2008 | Permalien

Alors là vous me vexez !
10 ans qu'on me harcèle sur mon orthographe défaillante, que toute argumentation, texte ou autre que j'écris est renvoyé avec un seul et unique argument lapidaire : « révisez votre orthographe ».
Je cours donc me cacher et rejoindre les miens, les illettrés.
ca veut faire peuple, mais ça tient au respect des conventions dites donc ! La constitution comme le traité sont écris sans faute d'orthographe je vous l'assure. Pourtant ça ne me suffit pas pour les soutenir. Que voulez-vous, j'attache plus de respect au fond qu'à la forme., comme monsieur Chouard d'ailleurs dont la forme et déplorable reconnaissez le …
Bref je m'encarbistouille là.
C'est que je suis vexé …

Portrait de Vê

à Salmuek Portrait de Salmuek De

17H16 | 04/02/2008 | Permalien

Rien que pour « je m'encarbistouille là » vous me faites rire et je suis désolé de vous avoir vexé…

Cela dit, je suis du peuple ce qui ne m'empêche pas de faire attention à l'orthographe…

Les « maitres » ou « maitresses » nous l'ont inculqué avec moult punitions variées et diverses ( ce qui leur vaudraient plusieurs années de prison de nos jours) et cela m'est resté comme un réflexe, idiot certes…l'écriture étant « la science des ânes » selon la formule consacrée de mon défunt ascendant.

Aujourd'hui ce « peuple » est trahi par les élus, peuple illetré ou non…

Portrait de hoshiko

à Portrait de Vê De hoshiko

18H06 | 04/02/2008 | Permalien

Ce n'est pas possible ! !

Arrêtez de vous poser en roi de l'orthographe, la vôtre n'est pas parfaite !
Je suis aussi du peuple, de gauche et polyglotte au passage, mais « maîtres » et « maîtresses » prennent un accent circonflexe, merci pour eux.

Ps : moi, on ne m'a pas tapé sur les doigts (ou ailleurs) pour me l'inculquer cette « science des ânes » (peut-être « science des ânes », mais au moins on se comprend grâce à elle).

Portrait de CyrilM

à Portrait de Vê De CyrilM

18H50 | 04/02/2008 | Permalien

(désolé pour la digression)

N'oubliez pas qu'un pourcentage non négligeable de la population est dysléxique (et j'en fait parti), c'est un trouble dans l'apprentissage du langage (et donc de l'orthographe) qui a différents degrés de gravité et qui n'est pris en compte que depuis peu de temps chez nos enfants. Ecrire un texte, assez rapidement, sans faute d'orthographe pour un dislexique est chose impossible et l'effort qui pourrait être fourni pour supprimer toutes les fautes est disproportionné quand ce texte est voué à être publié dans un forum de discussion.
Donc faire des fautes d'orthographe ne signifie pas que nous sommes forcément illétré (j'ai lu la recherche du temps perdu quand j'avais 20 ans : -)) ni même totalement stupide (j'ai une thèse en sciences cognitives : -)) voire inscolarisable (j'ai fait l'ENS Paris : -)) ceci uniquement à titre d'exemple et sans aucune prétention autre que celle d'avoir réussi à surpasser les conséquence de mon déficit.

je suis pleinement solidaire avec tous les fauteurs d'orthographes et quant à moi il y a longtemps que je ne me vexe plus, j'assume pleinement.

Portrait de catalaburro

à Portrait de Vê De catalaburro

01H21 | 08/02/2008 | Permalien

ILLETTRE ET NON ILLETRE
AU COIN…VE
vous me le copierez 100 fois

Portrait de hoshiko

à Portrait de Vê De hoshiko

17H58 | 04/02/2008 | Permalien

Cher Vê,

Que je ne sois pas d'accord avec vous sur ce Traité n'est même pas mon propos.

On ne fait pas de réflexions sur l'orthographe de quelqu'un quand on écrit soi-même « Maestricht » au lieu de « Maastricht » et qu'on fait un anglicisme « comme vous je réalise » au lieu de « comme vous je me rends compte ».

Portrait de janpoleroy

à hoshiko Portrait de hoshiko De janpoleroy

01H53 | 05/02/2008 | Permalien

Et on reprant pas quéq'un en fesan pareille queue lui !

Portrait de Eric citoyen

De Eric citoyen

"Casse ta tv" c'est ta seule chance... | 13H08 | 04/02/2008 | Permalien

Bonjour à toutes et tous,

Oui, on se fout… avec TCE, mais aussi avec tellement d'autres choses…

Mais il faut croire qu'ils ont raison de le faire puisque rien ne bouge !

Bésitos.

Eric Bloggeur Mulhousien

http://monmulhouse.canalblog.com/

Portrait de janpoleroy

à Eric citoyen Portrait de Eric citoyen De janpoleroy

02H05 | 05/02/2008 | Permalien

Si rien ne bouge, ce peut-être parce que tout le monde ne perçoit pas la potentielle dangerosité de ce texte.
Je crains bien que celle-ci ne se manifeste que très progressivement dans le temps et qu'à la longue, nous ayons quelque peu « oublié » notre inertie d'aujourd'hui. C'est un lieu commun de dire que les peuples ont la mémoire courte… et il ne faut pas compter sur notre presse « aux ordres » pour nous la rafraîchir, ce qui est normalement l'une de ses fonctions !

Portrait de Anthropia

De Anthropia

13H14 | 04/02/2008 | Permalien

La question posée par Chouard est juste. Mais par où prendre la solution ? On ne peut pas tout remettre à plat, nous n'en avons le pouvoir qu'au moment des élections.

Pourtant, il y a une question qui se pose : notre réponse au référendum n'a-t-elle aucune valeur juridique ? Ne peut-on engager une action juridique pour faire respecter le non ? Car l'avis du peuple compte, et nous avons voté sur un texte qui n'est quasiment pas modifié.

On nous rétorque que lors des élections, les Français ont voté pour un mini-traité via Sarkozy. Oui mais il n'était pas précis, et on ne nous avait pas dit que le mini-traité était le même que l'autre en illisible.

Il y a donc pour la première fois iatus entre le pouvoir du peuple et le pouvoir des représentants du peuple. Le premier ne doit-il pas être supérieur au second ? Ne peut-on plaider cela ?

http://anthropia.blogg.org

Portrait de SiDi

à Anthropia Portrait de Anthropia De SiDi

Kitten ! | 20H06 | 04/02/2008 | Permalien

Le groupe GCR (PCF, Verts et apparentés) a proposé il y a quelques semaines une telle loi à l'assemblée, rejetée à 38 voix près, je crois.

Souvenez-vous bien de cela : un député de plus ou de moins ce n'est pas rien ! Chacun est soit un démocrate soit un despote. Un cumular est rarement sur les bancs de l'Assemblée et donc ne représentera pas bien le peuple.

Un non-cumular, un démocrate, ou un vote blanc. Ca devrait être un réflexe pour les législatives, ça éviterait ce genre de situation.

Portrait de louise2

à Anthropia Portrait de Anthropia De louise2

11H32 | 05/02/2008 | Permalien

Vous posez une vraie question Anthropia elle en ouvre plusieurs

- Tout d'abord la légitimité de la représentation parlementaire ne peut pas, ni juridiquement ni politiquement, être considérée comme inférieure « en droit » à la légitimité d'une consultation directe. Nous vivons dans des démocraties représentatives, on peut (et beaucoup l'ont fait avec raison) y être opposé au nom de la démocratie directe mais alors on change de système. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas critiquer et interpeller nos élus mais qu'il faut, je crois, garder la tête froide et ne pas glisser vers l'antiparlementarisme.
- Le référendum est-il une forme de « démocratie directe » et en quoi a-t-il plus de légitimité que la représentation ? Que devient « le peuple » lorsqu'il est ramassé en masse sous un pourcentage majoritaire ? Le référendum est un curieux mélange des genres. Son introduction dans notre Constitution ne me semble pas le fait d'une avancée foudroyante de la démocratie directe. Les constitutionnalistes rassemblés par de Gaulle sous la houlette de Michel Debré avaient une toute autre chose en tête (tu parles d'une Constituante ! Mais passons) : asseoir la légitimité du Président et de sa politique sur une autre base que celle de la représentation parlementaire et à son détriment. Logique plébiscitaire plus que démocratique, je pense. Cela dit, le référendum peut avoir des vertus mais ne le mettons pas tout en haut de la légitimité politique.
- De façon plus générale (sans rapport direct avec votre question), il me semble que le mot « représentation » change de sens : il ne s'agit plus d'admettre que les élus « représentent » le peuple, parlent en son nom, « sont » le peuple politique mais que la composition des Assemblées devrait pour « représenter » le peuple lui ressembler de plus en plus, être « un échantillon représentatif » de la population. Nouvelle avancée démocratique ou nouvelle avancée de la mise sur le marché de la politique ? Je n'en sais fichtre rien, je m'interroge.

Cela dit, j'étais pour un référendum sur le Traité de Lisbonne, non pour lui donner « plus » de légitimité mais au nom du parallélisme des formes et surtout parce que je considérais que le choix (annoncé) de Sarkozy alimenterait l'antiparlementarisme, la démagogie anti européenne, le dégoût de la politique, autant d'éléments dont se nourrit le néolibéralisme. C'est ce qui motive mes interventions sur ce forum. La présidence de Sarkozy, comme celle de Berlusconi, ouvre des boulevards à la démagogie.Méfiance, méfiance.

Portrait de all

De all

13H19 | 04/02/2008 | Permalien

Je n'ai pas pu lire jusqu'à la fin, Étienne Chouard. Toujours vague, confus, aussi imprécis qu'à l'habitude. Dans votre théorie du complot vous auriez pu rajouter « sioniste » pour être en accord avec la frange de l'extrême gauche pétaino-boviste que vous représentez. Mais votre compère Thierry Meyssan a dû déjà vous le suggérer.

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